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Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Mêmes règles pour tous ?
Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Contempteur de l’encyclopédie participative depuis déjà plusieurs années après avoir participé à sa fondation, Larry Sanger vient d’en être banni pour avoir demandé de l’aide en dehors du site pour influencer son contenu.

Larry Sanger est l’un des cofondateurs de Wikipédia et même de son ancêtre plus élitiste, Nupedia. Mais après plus de 25 ans d’existence, il vient d’être banni de l’encyclopédie. La page de son profil indique « Cet utilisateur est actuellement bloqué », et ce avec une durée de validité indéterminée.

Cela fait des années que Larry Sanger critique Wikipédia. L’année dernière, il se réjouissait que les Républicains ouvrent une enquête sur de supposés biais anti-Israël de Wikipédia. Elon Musk avait annoncé son projet de Grokipedia quelques semaines après, prolongeant ces critiques.

Accusé d’avoir biaisé la discussion en démarchant à l’extérieur

Mais en 2021, il accusait déjà la version anglophone d’être trop pro-démocrates en ne citant pas, par exemple, le regard des républicains à propos de Joe Biden. « Tout le monde sait désormais que Wikipédia exerce une grande influence dans le monde. Il y a donc un jeu très vaste, sordide et complexe qui se joue en coulisses pour que l’article dise ce que certains veulent qu’il dise », affirmait-il à l’époque.

C’est justement à propos de ce genre de jeu d’influence qu’il a été accusé de jouer par la communauté anglophone de Wikipedia.

La note indiquant son blocage sur son profil renvoie vers une discussion où Larry Sanger est accusé d’avoir appelé sa communauté sur des sites extérieurs (notamment X) pour peser en sa faveur sur les discussions en cours sur Wikipédia. Ce procédé, appelé « démarchage » sur le site participatif, est considéré comme incorrect s’il est fait de manière massive, biaisée, en direction d’une audience partisane, ou de façon secrète.

Un des messages de Larry Sanger posté sur X le 9 juin est cité, ainsi qu’un autre du 19 juin. Dans la discussion ci-dessous, on peut voir qu’il est tout à fait conscient qu’il joue avec les règles :

Après plusieurs jours de discussions, la sentence est tombée : « Il existe un consensus clair en faveur d’une exclusion de la communauté de l’utilisateur User:Larry Sanger. Les participants s’accordent généralement à dire qu’il s’est livré à des activités de démarchage en dehors du wiki et qu’il n’est pas ici pour contribuer de manière constructive à l’élaboration de l’encyclopédie ». Certains ont notamment retenu qu’en envoyant ces appels à ses plus de 91 000 followers sur X, il faisait du « bourrage d’urne ». La note explique aussi que « de nombreux rédacteurs partagent par ailleurs une vive inquiétude quant au fait que ses agissements pourraient être interprétés comme des appels à la divulgation d’identité ».

Un projet de diversité intellectuelle ou de malhonnêteté intellectuelle ?

La discussion qui a déclenché tout ça portait sur la proposition de créer un projet officiel de Wikipedia de « diversité intellectuelle » que soutenait Larry Sanger et pour lequel il avait déjà développé un outil appelé PolicyScanner. Il présentait ce projet comme « un groupe de personnes qui s’accordent à dire que la politique de Wikipédia devrait être, à bien des égards, plus accueillante envers un ensemble de contributeurs beaucoup plus diversifié sur le plan intellectuel ; à ce titre, nous pouvons mener ensemble de nombreuses actions, un peu comme un club de réforme », ce qui revient notamment à amener plus de contributeurs proches des Républicains, si on suit les critiques que Larry Sanger lance depuis des années.

Les débats étaient vifs sur le sujet. Il affirmait que ce projet s’adressait « à une immense communauté de wikipédiens actuels et potentiels — tous ceux qui ont été systématiquement écartés par des pratiques et des politiques qui marginalisent ceux dont les points de vue sont systématiquement exclus de Wikipédia ». Ce à quoi un des wikipédiens lui a répondu  :« D’après ce que je peux constater, les seuls points de vue  » systématiquement exclus de Wikipédia » sont ceux dont la fausseté peut être démontrée. Cela ressemble moins à un « projet Wikipédia sur la diversité intellectuelle » qu’à un « projet Wikipédia sur la malhonnêteté intellectuelle » ».

Récidive

Mais ce n’est pas la première fois que Larry Sanger est accusé de « démarchage » sur Wikipédia. Ilyas Lebleu, un administrateur de la Wikipédia anglophone, a expliqué à 404 Media que Larry Sanger avait déjà été averti il y a deux mois pour un comportement similaire.

« Larry a tenté de présenter le débat communautaire comme un processus pseudo-juridique, en avançant une liste d’ « accusations » et de « chefs d’accusation » formulés par des « procureurs », au lieu d’un débat communautaire ouvert », explique-t-il à nos confrères.

« Wikipédia est devenue plus que jamais une anarchie où règne la loi de la rue », a de son côté répondu Larry Sanger à 404 Media, ajoutant : « Lors de ce simulacre de procès au cours duquel une foule m’a évincé, les administrateurs de Wikipédia ont montré qu’ils ne semblaient pas accorder d’importance à des détails tels que les chefs d’accusation formels, la désignation d’un procureur, les règles élémentaires de bienséance, la distinction entre le ministère public et le juge, un jugement impartial, etc. Ils ne disposent d’aucun système approprié, si ce n’est celui de mobiliser une foule pour faire appliquer de manière sélective leur méli-mélo de règles vagues ».

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Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Mêmes règles pour tous ?
Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Contempteur de l’encyclopédie participative depuis déjà plusieurs années après avoir participé à sa fondation, Larry Sanger vient d’en être banni pour avoir demandé de l’aide en dehors du site pour influencer son contenu.

Larry Sanger est l’un des cofondateurs de Wikipédia et même de son ancêtre plus élitiste, Nupedia. Mais après plus de 25 ans d’existence, il vient d’être banni de l’encyclopédie. La page de son profil indique « Cet utilisateur est actuellement bloqué », et ce avec une durée de validité indéterminée.

Cela fait des années que Larry Sanger critique Wikipédia. L’année dernière, il se réjouissait que les Républicains ouvrent une enquête sur de supposés biais anti-Israël de Wikipédia. Elon Musk avait annoncé son projet de Grokipedia quelques semaines après, prolongeant ces critiques.

Accusé d’avoir biaisé la discussion en démarchant à l’extérieur

Mais en 2021, il accusait déjà la version anglophone d’être trop pro-démocrates en ne citant pas, par exemple, le regard des républicains à propos de Joe Biden. « Tout le monde sait désormais que Wikipédia exerce une grande influence dans le monde. Il y a donc un jeu très vaste, sordide et complexe qui se joue en coulisses pour que l’article dise ce que certains veulent qu’il dise », affirmait-il à l’époque.

C’est justement à propos de ce genre de jeu d’influence qu’il a été accusé de jouer par la communauté anglophone de Wikipedia.

La note indiquant son blocage sur son profil renvoie vers une discussion où Larry Sanger est accusé d’avoir appelé sa communauté sur des sites extérieurs (notamment X) pour peser en sa faveur sur les discussions en cours sur Wikipédia. Ce procédé, appelé « démarchage » sur le site participatif, est considéré comme incorrect s’il est fait de manière massive, biaisée, en direction d’une audience partisane, ou de façon secrète.

Un des messages de Larry Sanger posté sur X le 9 juin est cité, ainsi qu’un autre du 19 juin. Dans la discussion ci-dessous, on peut voir qu’il est tout à fait conscient qu’il joue avec les règles :

Après plusieurs jours de discussions, la sentence est tombée : « Il existe un consensus clair en faveur d’une exclusion de la communauté de l’utilisateur User:Larry Sanger. Les participants s’accordent généralement à dire qu’il s’est livré à des activités de démarchage en dehors du wiki et qu’il n’est pas ici pour contribuer de manière constructive à l’élaboration de l’encyclopédie ». Certains ont notamment retenu qu’en envoyant ces appels à ses plus de 91 000 followers sur X, il faisait du « bourrage d’urne ». La note explique aussi que « de nombreux rédacteurs partagent par ailleurs une vive inquiétude quant au fait que ses agissements pourraient être interprétés comme des appels à la divulgation d’identité ».

Un projet de diversité intellectuelle ou de malhonnêteté intellectuelle ?

La discussion qui a déclenché tout ça portait sur la proposition de créer un projet officiel de Wikipedia de « diversité intellectuelle » que soutenait Larry Sanger et pour lequel il avait déjà développé un outil appelé PolicyScanner. Il présentait ce projet comme « un groupe de personnes qui s’accordent à dire que la politique de Wikipédia devrait être, à bien des égards, plus accueillante envers un ensemble de contributeurs beaucoup plus diversifié sur le plan intellectuel ; à ce titre, nous pouvons mener ensemble de nombreuses actions, un peu comme un club de réforme », ce qui revient notamment à amener plus de contributeurs proches des Républicains, si on suit les critiques que Larry Sanger lance depuis des années.

Les débats étaient vifs sur le sujet. Il affirmait que ce projet s’adressait « à une immense communauté de wikipédiens actuels et potentiels — tous ceux qui ont été systématiquement écartés par des pratiques et des politiques qui marginalisent ceux dont les points de vue sont systématiquement exclus de Wikipédia ». Ce à quoi un des wikipédiens lui a répondu  :« D’après ce que je peux constater, les seuls points de vue  » systématiquement exclus de Wikipédia » sont ceux dont la fausseté peut être démontrée. Cela ressemble moins à un « projet Wikipédia sur la diversité intellectuelle » qu’à un « projet Wikipédia sur la malhonnêteté intellectuelle » ».

Récidive

Mais ce n’est pas la première fois que Larry Sanger est accusé de « démarchage » sur Wikipédia. Ilyas Lebleu, un administrateur de la Wikipédia anglophone, a expliqué à 404 Media que Larry Sanger avait déjà été averti il y a deux mois pour un comportement similaire.

« Larry a tenté de présenter le débat communautaire comme un processus pseudo-juridique, en avançant une liste d’ « accusations » et de « chefs d’accusation » formulés par des « procureurs », au lieu d’un débat communautaire ouvert », explique-t-il à nos confrères.

« Wikipédia est devenue plus que jamais une anarchie où règne la loi de la rue », a de son côté répondu Larry Sanger à 404 Media, ajoutant : « Lors de ce simulacre de procès au cours duquel une foule m’a évincé, les administrateurs de Wikipédia ont montré qu’ils ne semblaient pas accorder d’importance à des détails tels que les chefs d’accusation formels, la désignation d’un procureur, les règles élémentaires de bienséance, la distinction entre le ministère public et le juge, un jugement impartial, etc. Ils ne disposent d’aucun système approprié, si ce n’est celui de mobiliser une foule pour faire appliquer de manière sélective leur méli-mélo de règles vagues ».

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Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

There might be an alternative
Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

Le secrétaire général de l’ONU inaugure une initiative sur la transparence environnementale de l’IA et appelle globalement les secteurs polluants et les États à accélérer leurs actions pour faire face au changement climatique.

Alors que l’Europe est frappée d’une canicule historique, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, appelle l’industrie de l’IA à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux. Il a lancé une AI Environmental Transparency Initiative, dédiée à obtenir ces informations, et a appelé les sociétés du secteur à recourir à des énergies renouvelables.

« Le chaos climatique s’accélère devant nos yeux » a-t-il déclaré à Londres, tandis que la crise énergétique alimentée par la guerre au Moyen-Orient « démontre la folie d’un monde dépendant aux hydrocarbures ». Ces deux crises peuvent « sembler différentes. Mais elles partagent la même origine destructrice : les énergies fossiles. »

Côté data centers, des appels à accroître le recours aux énergies fossiles

Quelques jours plus tôt le représentant du lobby européen des centres de données Lex Coors déclarait qu’il fallait ouvrir le débat du recours aux énergies fossiles pour alimenter les data centers européens. Selon lui, si l’Europe continuait de chercher à remplir ses objectifs climatiques, elle serait nécessairement dépassée par les États-Unis et la Chine en matière d’intelligence artificielle. L’autre alternative serait de passer par le recours au gaz, notamment.

Une étude de l’ONU publiée début juin constate que l’industrie des centres de données consomme plus d’électricité que quasiment tous les pays du monde : seulement dix en consomment plus. Or, dans le monde, l’essentiel de cette consommation repose sur de l’énergie fossile, participant à la fois à aggraver la crise énergétique actuelle et la crise climatique plus globale.

Autant d’eau qu’1,3 milliard de personnes d’ici 2030 ?

En pleine London Climate Action Week, le secrétaire général de l’ONU a inauguré une initiative dédiée à la transparence du secteur. Si plusieurs d’entre elles indiquent, sur des bases de volontariat, travailler à recourir à des solutions solaires ou (le plus souvent) nucléaires pour alimenter leurs infrastructures, l’essentiel utilise pour le moment toutes les solutions qu’elles peuvent trouver. Dans le cas de xAI, cela comprend aussi l’installation non autorisée de générateurs au gaz.

D’ici 2030, les secteurs de l’IA et des data centers qui leur permettent de fonctionner « pourraient utiliser plus d’énergie que tous les pays sauf cinq, et autant d’eau que le volume nécessaire pour répondre aux besoins de base des 1,3 milliard de résidents d’Afrique subsaharienne en un an », a encore alerté António Guterres. Si, en France, le secteur repose assez peu sur l’eau pour refroidir ses serveurs, il en va autrement du reste du monde, comme l’illustrait l’enquête Dirty Data, à laquelle Next a pris part.

L’ONU le déclare désormais clairement : la question de la consommation énergétique ne suffit pas à comprendre les effets concrets de l’expansion des centres de données sur les populations. Selon les régions, celle-ci peut aussi se traduire par des pressions accrues sur les ressources en eau ou encore sur les territoires. Les deux tiers des centres de données que l’industrie prévoyait de construire au premier trimestre 2025 sont par exemple supposés être installés dans des zones subissant déjà des stress hydriques.

L’appel d’António Guterres à l’adresse de l’industrie de l’IA se fait dans un contexte plus global d’urgence à adapter la vie économique pour faire face au changement climatique. Comme de nombreux spécialistes du sujet le rappellent ces derniers jours (et depuis des années, notamment via les travaux du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), l’adaptation à la situation climatique impose de prendre des décisions politiques de long terme. Quant à inverser le réchauffement climatique, cela implique de passer à de vraies logiques de sobriété, voire de renoncement. À ce titre, Antonio Guterres souligne que « chaque émetteur majeur doit accélérer son action (…) et chaque pays doit surperformer sur ses engagements ».

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Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

There might be an alternative
Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

Le secrétaire général de l’ONU inaugure une initiative sur la transparence environnementale de l’IA et appelle globalement les secteurs polluants et les États à accélérer leurs actions pour faire face au changement climatique.

Alors que l’Europe est frappée d’une canicule historique, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, appelle l’industrie de l’IA à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux. Il a lancé une AI Environmental Transparency Initiative, dédiée à obtenir ces informations, et a appelé les sociétés du secteur à recourir à des énergies renouvelables.

« Le chaos climatique s’accélère devant nos yeux » a-t-il déclaré à Londres, tandis que la crise énergétique alimentée par la guerre au Moyen-Orient « démontre la folie d’un monde dépendant aux hydrocarbures ». Ces deux crises peuvent « sembler différentes. Mais elles partagent la même origine destructrice : les énergies fossiles. »

Côté data centers, des appels à accroître le recours aux énergies fossiles

Quelques jours plus tôt le représentant du lobby européen des centres de données Lex Coors déclarait qu’il fallait ouvrir le débat du recours aux énergies fossiles pour alimenter les data centers européens. Selon lui, si l’Europe continuait de chercher à remplir ses objectifs climatiques, elle serait nécessairement dépassée par les États-Unis et la Chine en matière d’intelligence artificielle. L’autre alternative serait de passer par le recours au gaz, notamment.

Une étude de l’ONU publiée début juin constate que l’industrie des centres de données consomme plus d’électricité que quasiment tous les pays du monde : seulement dix en consomment plus. Or, dans le monde, l’essentiel de cette consommation repose sur de l’énergie fossile, participant à la fois à aggraver la crise énergétique actuelle et la crise climatique plus globale.

Autant d’eau qu’1,3 milliard de personnes d’ici 2030 ?

En pleine London Climate Action Week, le secrétaire général de l’ONU a inauguré une initiative dédiée à la transparence du secteur. Si plusieurs d’entre elles indiquent, sur des bases de volontariat, travailler à recourir à des solutions solaires ou (le plus souvent) nucléaires pour alimenter leurs infrastructures, l’essentiel utilise pour le moment toutes les solutions qu’elles peuvent trouver. Dans le cas de xAI, cela comprend aussi l’installation non autorisée de générateurs au gaz.

D’ici 2030, les secteurs de l’IA et des data centers qui leur permettent de fonctionner « pourraient utiliser plus d’énergie que tous les pays sauf cinq, et autant d’eau que le volume nécessaire pour répondre aux besoins de base des 1,3 milliard de résidents d’Afrique subsaharienne en un an », a encore alerté António Guterres. Si, en France, le secteur repose assez peu sur l’eau pour refroidir ses serveurs, il en va autrement du reste du monde, comme l’illustrait l’enquête Dirty Data, à laquelle Next a pris part.

L’ONU le déclare désormais clairement : la question de la consommation énergétique ne suffit pas à comprendre les effets concrets de l’expansion des centres de données sur les populations. Selon les régions, celle-ci peut aussi se traduire par des pressions accrues sur les ressources en eau ou encore sur les territoires. Les deux tiers des centres de données que l’industrie prévoyait de construire au premier trimestre 2025 sont par exemple supposés être installés dans des zones subissant déjà des stress hydriques.

L’appel d’António Guterres à l’adresse de l’industrie de l’IA se fait dans un contexte plus global d’urgence à adapter la vie économique pour faire face au changement climatique. Comme de nombreux spécialistes du sujet le rappellent ces derniers jours (et depuis des années, notamment via les travaux du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), l’adaptation à la situation climatique impose de prendre des décisions politiques de long terme. Quant à inverser le réchauffement climatique, cela implique de passer à de vraies logiques de sobriété, voire de renoncement. À ce titre, Antonio Guterres souligne que « chaque émetteur majeur doit accélérer son action (…) et chaque pays doit surperformer sur ses engagements ».

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Le Sénat appelle à la création d’un règlement « DSA 2 » ambitieux

Qui, aujourd’hui, rêve de l’an 2100 ?
Le Sénat appelle à la création d’un règlement « DSA 2 » ambitieux

La délégation à la prospective du Sénat propose de clarifier les notions d’éditeur et d’hébergeur, afin de pouvoir sanctionner les plateformes ayant amplifié de fausses informations. Elle invite les responsables politiques à cesser de dénigrer les figures d’autorité, ainsi que les décisions de justice. Elle relance aussi les propositions des États généraux de l’information de 2024 dont l’adoption a été empêchée par le départ de Rachida Dati du ministère de la Culture.

Après avoir posé les termes du débat concernant notre rapport à l’autorité et à la vérité, puis décliné quatre scénarios plus ou moins anxiogènes à l’horizon 2050, une étude consacrée au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 » par la délégation à la prospective du Sénat propose une liste de recommandations « favorisant l’avènement du scénario du sursaut démocratique » sur ceux du « ministère de la post-vérité » d’un Trump-like ou de l’« asservissement de l’Occident » par les multinationales de la Big Tech’.

La première peut surprendre. Afin de « défendre l’école de la République », et plus particulièrement de « protéger l’intégrité physique du personnel enseignant », elle propose en effet de renforcer les services de santé scolaire. L’objectif serait de détecter les élèves en souffrance psychique qui pourraient avoir des comportements violents, et leur permettre de bénéficier d’une prise en charge psychologique de qualité sur le long terme.


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Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Technosolutionnisme magique
Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Les esprits s’échauffent à la Chancellerie, et ce n’est pas uniquement à cause de la canicule. Au lendemain de la publication du pré-rapport de la mission d’inspection chargée de faire la lumière sur l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a annoncé « un choc numérique » au ministère de la Justice.

« Zéro papier d’ici six mois » : l’annonce de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a de quoi étonner. Le ministère de la Justice n’est donc pas complètement numérisé et connecté ? Le traitement de la plainte pour viols sur mineure visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna, a mis en lumière plusieurs défaillances de la justice, comme l’a pointé le pré-rapport [PDF] de la mission d’inspection (la version définitive est attendue le 5 septembre, avec une étape intermédiaire le 10 juillet).

Courrier mal trié

Est notamment mise en cause la communication entre le parquet de Toulouse, qui s’était dessaisi du dossier au profit de celui d’Auch : la procédure a été transmise par courrier postal avec un scellé, sans envoi en parallèle d’une version dématérialisée. Alors que c’est tout à fait possible, et cela aurait permis d’accélérer la prise en compte rapide de la procédure.

Ce d’autant qu’une fois à Auch, cette procédure a été mal triée et n’a pas été enregistrée comme urgente. « La procédure prioritaire qui aurait dû être enregistrée le jour de son entrée au [Bureau d’ordre pénal] a été classée dans le stock des affaires à enregistrer sans caractère d’urgence, en raison d’une erreur de tri, par un service affecté d’un retard important d’enregistrements de procédures papier », explique le rapport. Le parquet de Toulouse n’a pas insisté sur le caractère prioritaire du dossier – pas de coup de fil ou de courriel.

Interrogé par France Info, Gérald Darmanin promet « un choc numérique au ministère de la Justice ». Un « choc » qui a commencé « depuis un an » affirme-t-il, avant d’expliquer que les deux juridictions possèdent bien des boîtes email, et que les parquets de Toulouse et d’Auch ont internet, « je tiens à vous rassurer ». Seuls deux tribunaux sur 160 étaient numérisés à son arrivée au ministère en 2024, indique-t-il aussi, contre la quasi-totalité aujourd’hui.

Un des problèmes qui se pose à la Justice, c’est le manque de moyens, et le garde des Sceaux ne le cache pas : « ce n’est pas si facile que ça avec les moyens que m’a donnés le président de la République ». Une manière polie de pousser l’Élysée à prendre ses responsabilités… « On a encore entre 20 et 30 % de papier dans les juridictions », déplore-t-il encore.

L’IA à tout faire

Une autre solution : faire appel à l’IA. « On va tout scanner [avec] l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ». L’IA peut-elle raisonnablement être la réponse aux difficultés du ministère ? Il est permis d’en douter, ne serait-ce que pour les problèmes de sécurité des données que cette technologie pose.

Gérald Darmanin en convient d’ailleurs, en notant aussi que les données de la Justice sont « très sensibles » et qu’il n’est pas question de les stocker ailleurs qu’en France. Mais il n’en démord pas : « Il faut des outils informatiques modernes qui répondent à la façon dont l’IA est utilisée par les avocats ou les notaires ou les citoyens ».

Sébastien Lecornu a présenté mi-juin la feuille de route de l’État pour intégrer l’IA dans les rouages de l’administration. Le ministère de la Justice va pouvoir accéder aux technologies « les plus avancées » développées par le ministère des Armées.

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Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Technosolutionnisme magique
Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Les esprits s’échauffent à la Chancellerie, et ce n’est pas uniquement à cause de la canicule. Au lendemain de la publication du pré-rapport de la mission d’inspection chargée de faire la lumière sur l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a annoncé « un choc numérique » au ministère de la Justice.

« Zéro papier d’ici six mois » : l’annonce de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a de quoi étonner. Le ministère de la Justice n’est donc pas complètement numérisé et connecté ? Le traitement de la plainte pour viols sur mineure visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna, a mis en lumière plusieurs défaillances de la justice, comme l’a pointé le pré-rapport [PDF] de la mission d’inspection (la version définitive est attendue le 5 septembre, avec une étape intermédiaire le 10 juillet).

Courrier mal trié

Est notamment mise en cause la communication entre le parquet de Toulouse, qui s’était dessaisi du dossier au profit de celui d’Auch : la procédure a été transmise par courrier postal avec un scellé, sans envoi en parallèle d’une version dématérialisée. Alors que c’est tout à fait possible, et cela aurait permis d’accélérer la prise en compte rapide de la procédure.

Ce d’autant qu’une fois à Auch, cette procédure a été mal triée et n’a pas été enregistrée comme urgente. « La procédure prioritaire qui aurait dû être enregistrée le jour de son entrée au [Bureau d’ordre pénal] a été classée dans le stock des affaires à enregistrer sans caractère d’urgence, en raison d’une erreur de tri, par un service affecté d’un retard important d’enregistrements de procédures papier », explique le rapport. Le parquet de Toulouse n’a pas insisté sur le caractère prioritaire du dossier – pas de coup de fil ou de courriel.

Interrogé par France Info, Gérald Darmanin promet « un choc numérique au ministère de la Justice ». Un « choc » qui a commencé « depuis un an » affirme-t-il, avant d’expliquer que les deux juridictions possèdent bien des boîtes email, et que les parquets de Toulouse et d’Auch ont internet, « je tiens à vous rassurer ». Seuls deux tribunaux sur 160 étaient numérisés à son arrivée au ministère en 2024, indique-t-il aussi, contre la quasi-totalité aujourd’hui.

Un des problèmes qui se pose à la Justice, c’est le manque de moyens, et le garde des Sceaux ne le cache pas : « ce n’est pas si facile que ça avec les moyens que m’a donnés le président de la République ». Une manière polie de pousser l’Élysée à prendre ses responsabilités… « On a encore entre 20 et 30 % de papier dans les juridictions », déplore-t-il encore.

L’IA à tout faire

Une autre solution : faire appel à l’IA. « On va tout scanner [avec] l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ». L’IA peut-elle raisonnablement être la réponse aux difficultés du ministère ? Il est permis d’en douter, ne serait-ce que pour les problèmes de sécurité des données que cette technologie pose.

Gérald Darmanin en convient d’ailleurs, en notant aussi que les données de la Justice sont « très sensibles » et qu’il n’est pas question de les stocker ailleurs qu’en France. Mais il n’en démord pas : « Il faut des outils informatiques modernes qui répondent à la façon dont l’IA est utilisée par les avocats ou les notaires ou les citoyens ».

Sébastien Lecornu a présenté mi-juin la feuille de route de l’État pour intégrer l’IA dans les rouages de l’administration. Le ministère de la Justice va pouvoir accéder aux technologies « les plus avancées » développées par le ministère des Armées.

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En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?

DystopIA générative
En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?

Cherchant à imaginer où en sera notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050, la délégation à la prospective du Sénat hésite : modèle trumpien des « faits alternatifs » ? Un monde dominé par les fantasmes d’humanité « augmentée » des prophètes des Big Tech’, où la réalité « n’a plus d’intérêt » face aux mondes virtuels ? Ou un « sursaut démocratique » qui ferait suite à une intense fatigue informationnelle engendrée par l’incapacité à distinguer le vrai du faux… mais un tantinet bisounours ?

Les médias d’opinion et de « réinformation », partisans des théories du complot et mercenaires de la désinformation, descendants de Donald Trump et Elon Musk, parviendront-ils à consolider leurs coups d’État sur la « post-vérité » au point qu’une grande partie de la population, immergée dans des mondes « virtuels » collant à leurs fantasmes, perde la notion même de « réalité » ?

Après avoir posé les termes du débat (voir notre premier article) concernant notre rapport à l’autorité et à la vérité, la délégation à la prospective du Sénat revient, dans une trentaine de pages de son rapport consacré au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 », sur quatre scénarios d’anticipation à l’horizon 2050.

Relevant clairement de la politique-fiction, ils s’inspirent par contre des dérives illibérales et autoritaires en cours aux États-Unis notamment, et de l’influence grandissante des Big Tech’. Ce pourquoi ils reposent sur deux variables : le degré d’autorité politique des dirigeants des démocraties occidentales, et la liberté de recherche de la vérité et de l’information, en cherchant à anticiper ce qui sera considéré comme plus ou moins acceptable d’ici 2050, eu égard à la fenêtre d’Overton.

Les quatre axes susceptibles d’améliorer ou d’altérer notre rapport à la vérité

Le rapport souligne cela dit en préambule que « la principale inconnue dans ces quatre scénarios est la survenue d’une guerre de haute intensité », alors que « les états-majors occidentaux anticipent une nouvelle guerre menée par la Russie sur le territoire européen d’ici 2030 ».

Le choix d’illustrer ces quatre scénarios par des images bas de gamme générées par IA, et donc de l’ « AI slop », est par ailleurs un marqueur signifiant révélateur du niveau quelque peu caricatural de ces projections prospectives. Leur lecture n’en reste pas moins instructive eu égard aux lignes de front auxquelles nous sommes d’ores et déjà confrontés en matière de rapport à l’autorité et à la vérité.

Les enseignants peuvent lire dans le cerveau des gens, et les dénoncer aux autorités


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Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

To be or not to be online
Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

Temps d’écran, usages scolaires et loisirs du numérique, recours aux réseaux sociaux comme aux jeux vidéo pour sociabiliser, voire s’informer… pour accompagner les familles, le CLEMI et l’UNESCO publient le guide « Grandir dans un monde connecté ».

« Grandir dans un monde connecté, ça s’apprend. » Tel est le titre du guide publié par le CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information en charge de l’éducation aux médias et à l’information dans le système éducatif, jusqu’à la fin du secondaire.

Composé avec l’aide de 37 chercheurs, accessible en français, en anglais et en espagnol, le guide propose d’aider les parents à naviguer dans une variété de sujets susceptibles d’agiter les vies familiales, de la gestion du temps d’écran au recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en passant par la protection face aux cyberviolences et des outils pour affûter l’esprit critique.

En 112 pages, le guide cherche à équiper parents et éducateurs qui se « sentent souvent mal outillés pour accompagner les enfants et les jeunes dans l’usage des technologies numériques, d’une manière qui favorise leurs droits tout en les protégeant des risques ». L’enjeu est de taille : 44 % des adolescents accèdent aux réseaux sociaux avant l’âge légal de treize ans, plus de quatre sur cinq les utilisent au quotidien et 83 % déclarent y avoir été exposés à au moins un risque numérique, rappelle en préambule le ministre de l’Éducation.

L’exemple des adultes et la nécessité du mouvement

Logiquement, on y retrouve diverses propositions qui résonnent avec les débats politiques et légaux du moment. Alors que les parents se sentent « partagés entre leur devoir de protection et la place incontournable qu’occupent les outils numériques dans la vie quotidienne », pour reprendre les mots du directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le premier chapitre se penche sur la gestion du temps d’écran : « faut-il limiter, interdire ou négocier ? »

Au fil des pages, le guide est agrémenté de témoignages collectés par le gouvernement brésilien auprès d’enfants et d’adolescents de 43 municipalités. Ainsi de cette réflexion simple, mais qui demande aux adultes de s’interroger sur leurs propres pratiques numériques : « Quand les adultes donnent l’exemple, c’est plus facile pour nous de comprendre ce qu’on nous demande. »

Outre évoquer le rapport aux différents écrans et aux applications qui se trouvent dessus – le guide suggère notamment d’identifier les différences de pratiques liées à l’école et celles au loisir, et d’établir des temps dédiés en fonction de chaque usage –, le guide s’intéresse aux effets collatéraux de la connexion des plus jeunes. 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’elle est une « condition essentielle pour grandir en bonne santé ». Et de recommander diverses pratiques pour inciter au mouvement.

Le numérique comme espace de sociabilité et d’information

Le document incite par ailleurs les adultes à approcher les différents usages numériques avec nuance. Le jeu vidéo, par exemple, réunit les dimensions de réseau social, de commerce en ligne (avec ses effets de mode et ses demandes de monnaie virtuelle, payable en euros bien réels) et d’espace de créativité. Pour mieux approcher ces diverses dimensions, le Clemi et l’Unesco incitent les parents à jouer « ne serait-ce qu’une fois » avec leurs enfants, pour créer la confiance et faciliter les discussions.

Les réseaux sociaux, eux, sont autant d’espaces de sociabilité que d’information (la principale source en la matière pour 44 % des 18 - 24 ans). Comme le relève un récent rapport du Reuters Institute, le recours aux chatbots d’IA générative pour s’informer grimpe aussi, même s’il est encore loin derrière la consommation de vidéos publiées sur des réseaux comme TikTok, YouTube ou Instagram.

À ce titre, les échanges sur le fonctionnement du journalisme, celui des réseaux sociaux sur lesquels l’information circule, les manières de repérer de la désinformation, sont autant de sujets aussi utiles pour aiguiser le sens critique que pour éviter les manipulations. Il en va de même pour tout ce qui relève de l’exposition sur les réseaux sociaux, souvent autant le fait des parents, et de pratiques comme le sharenting (partage de photos des enfants en ligne, alors que ceux-ci sont trop jeunes pour y consentir pleinement), que de leurs enfants.

Cas pratiques et sensibilisation des parents

Les enjeux que posent les compagnons IA, très plébiscités par les adolescents, sont ainsi détaillés, de même que les nouveaux visages du cyberharcèlement (qui passe notamment, aussi, par le recours à l’IA générative). Clemi et Unesco fournissent plusieurs listes de signaux à repérer pour prendre soin de la santé mentale des plus jeunes et aider les parents à protéger leurs enfants des risques numériques – y compris de la cyber pédocriminalité.

En s’appuyant sur de nombreux cas pratiques, le guide se veut une bibliothèque d’outils à même d’aider les adultes à naviguer les aléas de l’éducation au numérique.

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Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

To be or not to be online
Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

Temps d’écran, usages scolaires et loisirs du numérique, recours aux réseaux sociaux comme aux jeux vidéo pour sociabiliser, voire s’informer… pour accompagner les familles, le CLEMI et l’UNESCO publient le guide « Grandir dans un monde connecté ».

« Grandir dans un monde connecté, ça s’apprend. » Tel est le titre du guide publié par le CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information en charge de l’éducation aux médias et à l’information dans le système éducatif, jusqu’à la fin du secondaire.

Composé avec l’aide de 37 chercheurs, accessible en français, en anglais et en espagnol, le guide propose d’aider les parents à naviguer dans une variété de sujets susceptibles d’agiter les vies familiales, de la gestion du temps d’écran au recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en passant par la protection face aux cyberviolences et des outils pour affûter l’esprit critique.

En 112 pages, le guide cherche à équiper parents et éducateurs qui se « sentent souvent mal outillés pour accompagner les enfants et les jeunes dans l’usage des technologies numériques, d’une manière qui favorise leurs droits tout en les protégeant des risques ». L’enjeu est de taille : 44 % des adolescents accèdent aux réseaux sociaux avant l’âge légal de treize ans, plus de quatre sur cinq les utilisent au quotidien et 83 % déclarent y avoir été exposés à au moins un risque numérique, rappelle en préambule le ministre de l’Éducation.

L’exemple des adultes et la nécessité du mouvement

Logiquement, on y retrouve diverses propositions qui résonnent avec les débats politiques et légaux du moment. Alors que les parents se sentent « partagés entre leur devoir de protection et la place incontournable qu’occupent les outils numériques dans la vie quotidienne », pour reprendre les mots du directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le premier chapitre se penche sur la gestion du temps d’écran : « faut-il limiter, interdire ou négocier ? »

Au fil des pages, le guide est agrémenté de témoignages collectés par le gouvernement brésilien auprès d’enfants et d’adolescents de 43 municipalités. Ainsi de cette réflexion simple, mais qui demande aux adultes de s’interroger sur leurs propres pratiques numériques : « Quand les adultes donnent l’exemple, c’est plus facile pour nous de comprendre ce qu’on nous demande. »

Outre évoquer le rapport aux différents écrans et aux applications qui se trouvent dessus – le guide suggère notamment d’identifier les différences de pratiques liées à l’école et celles au loisir, et d’établir des temps dédiés en fonction de chaque usage –, le guide s’intéresse aux effets collatéraux de la connexion des plus jeunes. 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’elle est une « condition essentielle pour grandir en bonne santé ». Et de recommander diverses pratiques pour inciter au mouvement.

Le numérique comme espace de sociabilité et d’information

Le document incite par ailleurs les adultes à approcher les différents usages numériques avec nuance. Le jeu vidéo, par exemple, réunit les dimensions de réseau social, de commerce en ligne (avec ses effets de mode et ses demandes de monnaie virtuelle, payable en euros bien réels) et d’espace de créativité. Pour mieux approcher ces diverses dimensions, le Clemi et l’Unesco incitent les parents à jouer « ne serait-ce qu’une fois » avec leurs enfants, pour créer la confiance et faciliter les discussions.

Les réseaux sociaux, eux, sont autant d’espaces de sociabilité que d’information (la principale source en la matière pour 44 % des 18 - 24 ans). Comme le relève un récent rapport du Reuters Institute, le recours aux chatbots d’IA générative pour s’informer grimpe aussi, même s’il est encore loin derrière la consommation de vidéos publiées sur des réseaux comme TikTok, YouTube ou Instagram.

À ce titre, les échanges sur le fonctionnement du journalisme, celui des réseaux sociaux sur lesquels l’information circule, les manières de repérer de la désinformation, sont autant de sujets aussi utiles pour aiguiser le sens critique que pour éviter les manipulations. Il en va de même pour tout ce qui relève de l’exposition sur les réseaux sociaux, souvent autant le fait des parents, et de pratiques comme le sharenting (partage de photos des enfants en ligne, alors que ceux-ci sont trop jeunes pour y consentir pleinement), que de leurs enfants.

Cas pratiques et sensibilisation des parents

Les enjeux que posent les compagnons IA, très plébiscités par les adolescents, sont ainsi détaillés, de même que les nouveaux visages du cyberharcèlement (qui passe notamment, aussi, par le recours à l’IA générative). Clemi et Unesco fournissent plusieurs listes de signaux à repérer pour prendre soin de la santé mentale des plus jeunes et aider les parents à protéger leurs enfants des risques numériques – y compris de la cyber pédocriminalité.

En s’appuyant sur de nombreux cas pratiques, le guide se veut une bibliothèque d’outils à même d’aider les adultes à naviguer les aléas de l’éducation au numérique.

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« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Un petit boulot pour les robots
« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Le géant chinois du commerce en ligne JD.com veut remplacer ses centaines de milliers de livreurs par des robots. Richard Liu, fondateur et président du groupe, ne veut cependant laisser personne « sans manger ni travail ».

« Tôt ou tard », les livreurs de JD.com seront remplacés par des robots, a prévenu Richard Liu, le président de l’entreprise, un des plus importants acteurs du commerce en ligne en Chine. « À l’avenir, lorsque les robots livreront les colis, tôt ou tard viendra un jour où les livreurs ne seront pratiquement plus nécessaires », a-t-il expliqué durant le forum des PDG de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à Shenzhen.

Plusieurs projets pilotes ont déjà démarré en Chine : livraison de repas à l’aéroport de Shenzhen, directement jusqu’aux portes d’embarquement ; d’autres réapprovisionnent les supérettes en empruntant les trains de banlieue.

Le casse-tête social des robots livreurs

Richard Liu n’est cependant pas allé jusqu’à prédire quand les robots prendront la place de ses livreurs. Néanmoins, il l’a martelé : « Ce seront assurément des robots qui livreront les colis », a-t-il indiqué dans une déclaration reprise par le Financial Times. Mais il assure aussi qu’il ne laissera personne sur le bord du chemin : « Je ne veux vraiment pas que nos 700 000 collègues se retrouvent sans revenus, sans emploi. » Comment résoudre cette quadrature du cercle ?

Pour lui, les métiers liés à la maintenance des robots devraient se multiplier, « parce que les robots sont des machines (…) et qu’ils finiront toujours, à un moment ou à un autre, par tomber en panne ». La technologie doit « améliorer la vie des êtres humains » et rendre le travail « plus intéressant », indique Liu qui ne veut pas « priver les personnes de leur droit au travail ».

En attendant, JD.com va faire bûcher 120 établissements de formation pour lancer le processus de reconversion des livreurs vers ces nouveaux métiers.

Il n’y a bien sûr pas qu’en Chine que les entreprises de commerce en ligne s’intéressent aux robots de livraison. Amazon travaille ce dossier depuis des années : en 2019 par exemple, le mastodonte américain avait lancé une expérimentation de robots autonomes Scout pour livrer des colis sur le dernier kilomètre dans un quartier au nord de Seattle.

En mars dernier, Amazon s’offrait les services de Rivr, une start-up suisse issue du laboratoire de robotique de l’ETH de Zurich. La jeune pousse conçoit des robots de livraison, là aussi pour parcourir les derniers mètres entre le camion et le client.

Au-delà des livreurs, une enquête du New York Times en octobre dernier indiquait que l’avènement de la robotique allait éviter à Amazon 600 000 nouvelles embauches d’ici 2033. L’entreprise aurait comme objectif d’automatiser 75 % des opérations réalisées dans ses entrepôts.

Aux États-Unis comme en Chine et ailleurs, l’avènement des robots livreurs risque de mettre à mal une grande partie de la « gig economy », autrement dit les travailleurs indépendants à la tâche. En Chine, cette économie des petits boulots occupe 320 millions de travailleurs, d’après le centre de recherche chinois sur les nouvelles formes de travail. Ces derniers représenteraient environ 40 % de l’emploi urbain du pays.

Image : JD.com

JD.com opère la plateforme d’e-commerce Joybuy dans plusieurs pays européens, dont la France. Le service possède sa propre logistique entre entrepôts et livreurs regroupés sous la bannière JoyExpress, qui compte une centaine de salariés dans l’Hexagone. Il n’est pas question de les remplacer (pour l’instant) par des robots.

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« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Un petit boulot pour les robots
« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Le géant chinois du commerce en ligne JD.com veut remplacer ses centaines de milliers de livreurs par des robots. Richard Liu, fondateur et président du groupe, ne veut cependant laisser personne « sans manger ni travail ».

« Tôt ou tard », les livreurs de JD.com seront remplacés par des robots, a prévenu Richard Liu, le président de l’entreprise, un des plus importants acteurs du commerce en ligne en Chine. « À l’avenir, lorsque les robots livreront les colis, tôt ou tard viendra un jour où les livreurs ne seront pratiquement plus nécessaires », a-t-il expliqué durant le forum des PDG de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à Shenzhen.

Plusieurs projets pilotes ont déjà démarré en Chine : livraison de repas à l’aéroport de Shenzhen, directement jusqu’aux portes d’embarquement ; d’autres réapprovisionnent les supérettes en empruntant les trains de banlieue.

Le casse-tête social des robots livreurs

Richard Liu n’est cependant pas allé jusqu’à prédire quand les robots prendront la place de ses livreurs. Néanmoins, il l’a martelé : « Ce seront assurément des robots qui livreront les colis », a-t-il indiqué dans une déclaration reprise par le Financial Times. Mais il assure aussi qu’il ne laissera personne sur le bord du chemin : « Je ne veux vraiment pas que nos 700 000 collègues se retrouvent sans revenus, sans emploi. » Comment résoudre cette quadrature du cercle ?

Pour lui, les métiers liés à la maintenance des robots devraient se multiplier, « parce que les robots sont des machines (…) et qu’ils finiront toujours, à un moment ou à un autre, par tomber en panne ». La technologie doit « améliorer la vie des êtres humains » et rendre le travail « plus intéressant », indique Liu qui ne veut pas « priver les personnes de leur droit au travail ».

En attendant, JD.com va faire bûcher 120 établissements de formation pour lancer le processus de reconversion des livreurs vers ces nouveaux métiers.

Il n’y a bien sûr pas qu’en Chine que les entreprises de commerce en ligne s’intéressent aux robots de livraison. Amazon travaille ce dossier depuis des années : en 2019 par exemple, le mastodonte américain avait lancé une expérimentation de robots autonomes Scout pour livrer des colis sur le dernier kilomètre dans un quartier au nord de Seattle.

En mars dernier, Amazon s’offrait les services de Rivr, une start-up suisse issue du laboratoire de robotique de l’ETH de Zurich. La jeune pousse conçoit des robots de livraison, là aussi pour parcourir les derniers mètres entre le camion et le client.

Au-delà des livreurs, une enquête du New York Times en octobre dernier indiquait que l’avènement de la robotique allait éviter à Amazon 600 000 nouvelles embauches d’ici 2033. L’entreprise aurait comme objectif d’automatiser 75 % des opérations réalisées dans ses entrepôts.

Aux États-Unis comme en Chine et ailleurs, l’avènement des robots livreurs risque de mettre à mal une grande partie de la « gig economy », autrement dit les travailleurs indépendants à la tâche. En Chine, cette économie des petits boulots occupe 320 millions de travailleurs, d’après le centre de recherche chinois sur les nouvelles formes de travail. Ces derniers représenteraient environ 40 % de l’emploi urbain du pays.

Image : JD.com

JD.com opère la plateforme d’e-commerce Joybuy dans plusieurs pays européens, dont la France. Le service possède sa propre logistique entre entrepôts et livreurs regroupés sous la bannière JoyExpress, qui compte une centaine de salariés dans l’Hexagone. Il n’est pas question de les remplacer (pour l’instant) par des robots.

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Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

Askip, there is no alternative
Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

D’après le président du principal lobby européen des centres de données, qui représente aussi des acteurs numériques venus des États-Unis, l’Union européenne doit renoncer à ses objectifs climatiques si elle veut rester dans la course à l’IA.

À quelques jours de la vague de canicule historique qui sévit actuellement en Europe, le président de l’association européenne des centres de données a formulé une alerte tout à fait intéressante : soit l’Europe met l’accent sur le développement de l’intelligence artificielle, ce qui ne peut selon lui se faire qu’en recourant à de l’énergie carbonée, soit elle priorise ses objectifs climatiques.

C’est, du moins, les propos de Lex Coors auprès de Politico. Le contexte ? Dans le cadre de son plan d’action pour une IA continentale, la Commission européenne veut tripler les capacités rendues disponibles par l’industrie des centres de données d’ici 2032. Or, pour le président du principal lobby européen de cette industrie, qui représente aussi des géants états-uniens comme Microsoft, Google ou Amazon, ce plan est irréalisable si l’Union ne se repose que sur son énergie nucléaire ou renouvelable.

Entre centres de données et objectifs climatiques, il faudrait choisir

Si la France produit de l’énergie en excédent, cela ne signifie ni que c’est le cas de ses voisins, ni que le réseau permet pour autant d’encaisser les pics que lui demande l’installation de nouveaux data centers. Pour faire face à la demande impressionnante de ces usines de données, une possibilité consiste donc à lancer des projets permettant de les approvisionner directement en énergie.

Or, d’après Lex Coors, toutes les tentatives à l’étude en matière d’alimentation renouvelable ou nucléaire sont trop lentes. Si l’Union européenne veut réellement rester dans la course à l’IA, il appelle à « ouvrir la conversation » sur le recours à des énergies fossiles – des sources énergétiques auxquelles les géants de la tech font déjà largement recours, notamment sur le territoire états-unien.

Ce faisant, il met les pieds dans le sujet sur lequel le Think tank Shift Project alertait dès le mois d’octobre 2025 : menée sans discernement, la politique de l’IA pourrait empêcher l’Union européenne d’atteindre ses objectifs climatiques.

Plus largement, scientifiques et groupes de la société civile spécialisés dans les questions climatiques rappellent régulièrement le rôle des énergies fossiles dans le bouleversement climatique à l’échelle mondiale, et dans la vulnérabilité aux crises énergétiques à l’échelle européenne.

Pression à la souveraineté

Cette opposition entre course à l’IA et enjeux climatiques qui semble ne souffrir aucune alternative est par ailleurs formulée dans un contexte de forte pression à ce que l’Union européenne trouve une manière de renforcer sa souveraineté dans le domaine numérique en général, dans celui de l’IA en particulier.

Mi-juin, un think tank bruxellois publiait par exemple Europe 2031, une « expérience de pensée » qui venait alimenter l’idée selon laquelle l’Union européenne devrait nécessairement se lancer dans la course à l’IA sous des modalités proches de celles observées aux États-Unis ou en Chine, faute de quoi elle se verrait rapidement rayée de la carte économique mondiale. Le lendemain, Donald Trump obligeait Anthropic à fermer l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 aux pays étrangers.

Pour autant, alors que les émissions de CO₂ des centres de données français s’envolent déjà, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen indique que les data centers sont les bienvenus sur le territoire dans la mesure où ils participent à la transition énergétique – c’est-à-dire en finançant le déploiement d’énergie renouvelable et en recyclant leurs émissions de chaleur. L’Union travaille par ailleurs à des standards minimum en termes d’efficacité énergétique qu’elle pourrait imposer aux data centers à venir.

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Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

Askip, there is no alternative
Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

D’après le président du principal lobby européen des centres de données, qui représente aussi des acteurs numériques venus des États-Unis, l’Union européenne doit renoncer à ses objectifs climatiques si elle veut rester dans la course à l’IA.

À quelques jours de la vague de canicule historique qui sévit actuellement en Europe, le président de l’association européenne des centres de données a formulé une alerte tout à fait intéressante : soit l’Europe met l’accent sur le développement de l’intelligence artificielle, ce qui ne peut selon lui se faire qu’en recourant à de l’énergie carbonée, soit elle priorise ses objectifs climatiques.

C’est, du moins, les propos de Lex Coors auprès de Politico. Le contexte ? Dans le cadre de son plan d’action pour une IA continentale, la Commission européenne veut tripler les capacités rendues disponibles par l’industrie des centres de données d’ici 2032. Or, pour le président du principal lobby européen de cette industrie, qui représente aussi des géants états-uniens comme Microsoft, Google ou Amazon, ce plan est irréalisable si l’Union ne se repose que sur son énergie nucléaire ou renouvelable.

Entre centres de données et objectifs climatiques, il faudrait choisir

Si la France produit de l’énergie en excédent, cela ne signifie ni que c’est le cas de ses voisins, ni que le réseau permet pour autant d’encaisser les pics que lui demande l’installation de nouveaux data centers. Pour faire face à la demande impressionnante de ces usines de données, une possibilité consiste donc à lancer des projets permettant de les approvisionner directement en énergie.

Or, d’après Lex Coors, toutes les tentatives à l’étude en matière d’alimentation renouvelable ou nucléaire sont trop lentes. Si l’Union européenne veut réellement rester dans la course à l’IA, il appelle à « ouvrir la conversation » sur le recours à des énergies fossiles – des sources énergétiques auxquelles les géants de la tech font déjà largement recours, notamment sur le territoire états-unien.

Ce faisant, il met les pieds dans le sujet sur lequel le Think tank Shift Project alertait dès le mois d’octobre 2025 : menée sans discernement, la politique de l’IA pourrait empêcher l’Union européenne d’atteindre ses objectifs climatiques.

Plus largement, scientifiques et groupes de la société civile spécialisés dans les questions climatiques rappellent régulièrement le rôle des énergies fossiles dans le bouleversement climatique à l’échelle mondiale, et dans la vulnérabilité aux crises énergétiques à l’échelle européenne.

Pression à la souveraineté

Cette opposition entre course à l’IA et enjeux climatiques qui semble ne souffrir aucune alternative est par ailleurs formulée dans un contexte de forte pression à ce que l’Union européenne trouve une manière de renforcer sa souveraineté dans le domaine numérique en général, dans celui de l’IA en particulier.

Mi-juin, un think tank bruxellois publiait par exemple Europe 2031, une « expérience de pensée » qui venait alimenter l’idée selon laquelle l’Union européenne devrait nécessairement se lancer dans la course à l’IA sous des modalités proches de celles observées aux États-Unis ou en Chine, faute de quoi elle se verrait rapidement rayée de la carte économique mondiale. Le lendemain, Donald Trump obligeait Anthropic à fermer l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 aux pays étrangers.

Pour autant, alors que les émissions de CO₂ des centres de données français s’envolent déjà, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen indique que les data centers sont les bienvenus sur le territoire dans la mesure où ils participent à la transition énergétique – c’est-à-dire en finançant le déploiement d’énergie renouvelable et en recyclant leurs émissions de chaleur. L’Union travaille par ailleurs à des standards minimum en termes d’efficacité énergétique qu’elle pourrait imposer aux data centers à venir.

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☕️ Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft, meurt dans un accident d’avion



Ubisoft a perdu un de ses cofondateurs. Claude Guillemot, 69 ans, a trouvé la mort dans un accident d’avion de tourisme vendredi 19 juin, non loin de La Baule (Loire-Atlantique). Avec ses quatre autres frères, il a cofondé l’éditeur français de jeux vidéo (à l’origine sous le nom Ubi Soft) il y a quarante ans, en mars 1986. Le groupe est toujours dirigé par Yves Guillemot, mais les frères de la famille possèdent des parts égales dans l’entreprise ; ils siègent d’ailleurs tous au conseil d’administration.

Aîné de la famille, il cofonde deux ans plus tôt Guillemot Corporation, dont il prend la tête. Cette entreprise est spécialisée dans les périphériques de jeux vidéo, on connait mieux les deux principales marques sous sa bannière : Hercules et Thrustmaster.

Selon Ouest-France, le Cessna 421 de Claude Guillemot est parti vendredi 19 juin en fin d’après midi de Rennes pour participer à un rassemblement programmé le week-end dernier. Le bimoteur s’est écrasé quelques minutes plus tard, non loin de l’aérodrome de La Baule. Outre l’homme d’affaires, on déplore un autre décès, celui du pilote d’avion instructeur. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire pour éclaircir les circonstances du crash.

Le groupe a confirmé la terrible nouvelle dans une déclaration envoyée à la presse : « Ubisoft a appris avec une profonde tristesse le décès de Claude Guillemot, cofondateur du groupe et président de Guillemot Corporation, dans un accident. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches dans cette épreuve ». Anne Le Hénanff, ministre déléguée en charge du Numérique, a salué la mémoire du « grand entrepreneur breton » sur les réseaux sociaux :

nne Le Hénanff
@ALehenanff

Le monde du jeu vidéo français perd aujourd'hui l'un de ses pionniers.

C'est avec tristesse que j'apprends le décès de Claude Guillemot, cofondateur d'Ubisoft et grand entrepreneur breton.

Avec ses frères, il a bâti depuis la Bretagne l’un des studios les plus influents au monde, à l’origine de licences devenues cultes : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six, Rayman, Just Dance… Autant d’univers qui rassemblent des centaines de millions de joueurs et ont hissé la France au sommet de l’industrie mondiale du jeu vidéo.

J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et l'ensemble de ses collaborateurs.
2:29 PM · Jun 20, 2026
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☕️ Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft, meurt dans un accident d’avion



Ubisoft a perdu un de ses cofondateurs. Claude Guillemot, 69 ans, a trouvé la mort dans un accident d’avion de tourisme vendredi 19 juin, non loin de La Baule (Loire-Atlantique). Avec ses quatre autres frères, il a cofondé l’éditeur français de jeux vidéo (à l’origine sous le nom Ubi Soft) il y a quarante ans, en mars 1986. Le groupe est toujours dirigé par Yves Guillemot, mais les frères de la famille possèdent des parts égales dans l’entreprise ; ils siègent d’ailleurs tous au conseil d’administration.

Aîné de la famille, il cofonde deux ans plus tôt Guillemot Corporation, dont il prend la tête. Cette entreprise est spécialisée dans les périphériques de jeux vidéo, on connait mieux les deux principales marques sous sa bannière : Hercules et Thrustmaster.

Selon Ouest-France, le Cessna 421 de Claude Guillemot est parti vendredi 19 juin en fin d’après midi de Rennes pour participer à un rassemblement programmé le week-end dernier. Le bimoteur s’est écrasé quelques minutes plus tard, non loin de l’aérodrome de La Baule. Outre l’homme d’affaires, on déplore un autre décès, celui du pilote d’avion instructeur. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire pour éclaircir les circonstances du crash.

Le groupe a confirmé la terrible nouvelle dans une déclaration envoyée à la presse : « Ubisoft a appris avec une profonde tristesse le décès de Claude Guillemot, cofondateur du groupe et président de Guillemot Corporation, dans un accident. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches dans cette épreuve ». Anne Le Hénanff, ministre déléguée en charge du Numérique, a salué la mémoire du « grand entrepreneur breton » sur les réseaux sociaux :

nne Le Hénanff
@ALehenanff

Le monde du jeu vidéo français perd aujourd'hui l'un de ses pionniers.

C'est avec tristesse que j'apprends le décès de Claude Guillemot, cofondateur d'Ubisoft et grand entrepreneur breton.

Avec ses frères, il a bâti depuis la Bretagne l’un des studios les plus influents au monde, à l’origine de licences devenues cultes : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six, Rayman, Just Dance… Autant d’univers qui rassemblent des centaines de millions de joueurs et ont hissé la France au sommet de l’industrie mondiale du jeu vidéo.

J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et l'ensemble de ses collaborateurs.
2:29 PM · Jun 20, 2026
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Accessibilité du numérique public : une « non-conformité généralisée »

Exclusion numérique
Accessibilité du numérique public : une « non-conformité généralisée »

Dans un rapport sur l’accessibilité du numérique public, la Cour des comptes explique que « seulement seize des 244 démarches jugées essentielles pour les usagers (soit 6,6 %) sont conformes » au règlement en vigueur sur l’accessibilité. Elle souligne que cette situation n’est pas une source d’économies mais, au contraire, qu’elle « engendre des surcoûts ».

Malgré la mise en place par l’État d’un « dispositif juridique et administratif très complet, avec un pilotage interministériel et des ressources spécifiques », la Cour des comptes constate la « non-conformité généralisée » du numérique public français.

Elle confirme ainsi ce que dénoncent les associations comme le Collectif Français du Handicap Visuel qui a récemment porté plainte contre la Direction générale des Finances publiques.

La juridiction financière a publié un rapport [PDF] en fin de semaine dernière sur le sujet. Celui-ci rappelle que la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a été adoptée en 2005. Son article 47 affirmait que « les services de communication publique en ligne des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ».

Plus de 20 ans après, la Cour des comptes constate que l’État a continué à affirmer « une ambition politique forte en matière d’accessibilité numérique » en déclinant plusieurs directives européennes « au niveau réglementaire (décret de 2019) et technique (le règlement général d’amélioration de l’accessibilité, RGAA), avec une obligation d’audit régulier des sites internet publics, de déclaration du taux de conformité et de plan de mise en conformité ».

La juridiction financière souligne aussi la mise à disposition de guichets de financement interministériels et la possibilité d’un accompagnement par la DINUM « articulé autour de prestations d’expertise, de formations et d’audits ». La Cour des comptes juge que « ces outils offrent aujourd’hui des moyens étendus pour accompagner les administrations de l’État en charge des services publics numériques ».

« Pas de véritable culture de l’accessibilité numérique »

Mais, malgré cet affichage volontariste, elle note l’inefficacité du dispositif avec, au final, « une très faible accessibilité effective pour les personnes handicapées ». Et la Cour fait le constat amer que « l’accessibilité numérique n’est, au fond, pas traitée comme un enjeu prioritaire. Le décalage est fort entre normes et pratiques ». « On n’observe pas de véritable culture de l’accessibilité numérique » assène-t-elle encore.

Ainsi, « seulement 16 des 244 démarches jugées essentielles pour les usagers sont aujourd’hui conformes au RGAA, alors que ces démarches ont concentré depuis cinq ans les annonces politiques et les dispositifs de suivi et de pilotage ». Pour la juridiction, les niveaux de conformité sont « globalement insuffisants ».

« Les résultats décevants en matière d’accessibilité se manifestent également sur les sites internet publics les plus fréquentés en France. Les sites francetravail.fr, sante.gouv.fr, solidarites.gouv.fr economie.gouv.fr, ants.gouv.fr, education.gouv.fr, impots.gouv.fr, interieur.gouv.fr, parcoursup.fr et legifrance.fr affichent une conformité partielle tandis que le site ameli.fr est non conforme, énumère-t-elle.

Mais elle ajoute que le périmètre est beaucoup plus vaste, citant ainsi le contrôle automatique de l’accessibilité numérique de 37 000 sites publics mené par l’association Adullact.


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Vers une ère de « post-réalité », instrumentalisée par des médias de « réinformation »

Nés sous X
Vers une ère de « post-réalité », instrumentalisée par des médias de « réinformation »

La délégation à la prospective du Sénat consacre une étude au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 ». Elle anticipe une ère de « post-réalité », fictionnalisée et instrumentalisée par les « médias d’opinion » et de « réinformation » promouvant des « faits alternatifs », aux dépens du « vivre ensemble » reposant sur le principe de « réalité partagée » incarné par le journalisme.

« Les journalistes sont parmi les humains les plus malhonnêtes au monde », déclarait en janvier 2017 Donald Trump, au lendemain de sa première cérémonie d’investiture : « j’allume la télé et je tombe sur une chaîne qui montre une esplanade vide. Ils ont dit qu’il y avait 250.000 personnes (…) C’est un mensonge », déplorait le nouveau président, qui revendiquait de son côté 1,5 million de supporters environ, et pas seulement : « C’était le plus grand public jamais vu à une inauguration, à la fois en personne et dans le monde ».

Des propos réitérés par le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer, lors de son premier point presse, et défendus par Kellyanne Conway, conseillère du président américain Donald Trump, qui avait alors rétorqué qu’il s’agissait de « faits alternatifs ». Quatre ans plus tard, la cellule de fact-checking du journal Washington Post estimait que Donald Trump aurait menti 30 573 fois pendant son premier mandat, soit plus de 20 mensonges par jour.

Ce qui aurait pu rester anecdotique est depuis devenu programmatique, et pas qu’aux États-Unis, constate la délégation à la prospective du Sénat.

Dans le cadre de son thème de travail 2025 - 2026 « Quelles valeurs en 2050 ? » elle a en effet mené une réflexion selon quatre axes : l’évolution des valeurs dans le champ économique, sociales, l’avenir du modèle démocratique et le futur du rapport à l’autorité et à la vérité :

« Comment pourrait évoluer le rapport à l’autorité, au respect, à la vérité ? Quel impact dans le domaine de l’éducation ? Comment seront perçues la justice, l’information scientifique, la parole des médias ? Comment recréer de la confiance dans les institutions, lutter contre la désinformation ? »

Dans un rapport de 98 pages, elle envisage quatre scénarios d’évolution : un « ministère de la post-vérité » avec une autorité suprême détenue par un « homme fort », un « sursaut démocratique » garant de la libre recherche de la vérité et de l’information, un « empire technologique » mondial dominé par les Big Tech et « destructeur de toutes les formes d’autorité », et des « communautés de résistance pour faire vivre l’idéal de la Vérité ».

Une « hausse alarmante de la crédulité, surtout chez les plus jeunes »

La délégation à la prospective rappelle, de façon liminaire, que dans nos démocraties occidentales, les responsables politiques ont vocation à « garantir le respect de l’autorité des institutions, la libre détermination de la vérité judiciaire par les juges, la recherche scientifique sans entrave, le libre établissement de l’information par les journalistes et la liberté d’enseignement des professeurs ».

Elle n’en constate pas moins que cet idéal est aujourd’hui souvent remis en cause, en particulier dans les démocraties illibérales, et que les figures de l’autorité, individuelles ou collectives, sont toutes questionnées, parfois violemment, « tandis que nous sommes peut-être entrés dans l’ère
de la post-vérité
».

Les 65 premières pages du rapport posent les termes du débat, tout comme les 60 pages de ses 16 annexes. Il y est notamment question de défiance croissante à l’égard des élus nationaux et de la justice, de « hausse alarmante de la crédulité, surtout chez les plus jeunes », de méfiance grandissante envers les scientifiques, d’agressions d’enseignants et de « confiance dans le journalisme en berne ».

« Ce qui compte, c’est de présenter une fiction séduisante »

Le rapport rappelle que le concept de « post-vérité », apparu en 2004 mais présenté comme mot de l’année de 2016, est défini dans l’Oxford English Dictionary comme ce qui « concerne ou dénote des circonstances dans lesquelles les faits objectifs sont moins influents pour former l’opinion publique que l’appel aux émotions et aux convictions personnelles ». Une tendance « alimentée par la montée en puissance des réseaux sociaux » et par la « méfiance croissante » à l’égard des médias traditionnels.

La post-vérité se caractérise en outre, d’une part par une « indifférence à la vérité », d’autre part par un « effacement du partage entre le vrai et le faux » et donc un « brouillage des frontières entre la vérité et le mensonge, la sincérité et la tromperie » :

« Ce qui compte, c’est de présenter une fiction séduisante, qui présente le monde non pas tel qu’il est, mais tel qu’il devrait être, en créant si besoin des faits factices ou en accordant une place excessive à des faits mineurs. »

La délégation à la prospective estime que les progrès technologiques pourraient nous conduire vers ce qu’elle qualifie de « post-réalité », alors même que le fait de « fonder notre vie ensemble » repose sur le principe de « réalité partagée » :

« Or, ce « principe de réalité partagée » est remis en cause par les « bulles de filtres » créées par les moteurs de recherche comme Google, l’effet d’enfermement des algorithmes sur les réseaux sociaux, l’explosion des deep fake, l’essor des robots conversationnels et les projets de développement des métavers. »

Une rupture sociologique, voire anthropologique, dans l’accès à l’information


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☕️ Amazon, partenaire d’OpenAI, ne veut plus du film Artificial sur Sam Altman



Pas touche aux icônes de l’IA. Amazon, en sa qualité de studio de production (MGM), a décidé de ne pas distribuer le film Artificial, centré autour de Sam Altman. Il se trouve qu’Amazon, en sa qualité de géant du web (AWS), est un partenaire important d’OpenAI. Hasard ou coïncidence ?

Artificial, le dernier long métrage de Luca Guadagnino, va devoir se trouver une nouvelle maison. Amazon MGM a en effet décidé de s’en débarrasser alors qu’il est quasiment terminé. Le réalisateur d’After the Hunt, de Challengers, ou encore du remake 2018 de Suspiria, a mis en boîte une biographie de Sam Altman, fondateur et patron d’OpenAI, incarné par nul autre qu’Andrew Garfield.

Sam Altman (CC BY 2.0) et Andrew Garfield (CC BY-ND 2.0)

« Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour Luca Guadagnino en tant que réalisateur primésans parler de la relation de longue date que nous entretenons avec lui et que nous espérons poursuivre », affirme sans rire un porte-parole d’Amazon à Variety. « Nous pensons qu’Artificial sera mieux servi s’il est distribué par un autre studio, et nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe du film afin de lui trouver un nouveau foyer. »

Le film va donc être vendu à un autre studio pour y être distribué. Sous quelle forme, au cinéma, en streaming ? À ce stade, il est impossible de le dire. Amazon MGM n’a avancé aucune explication pour justifier l’abandon d’Artificial, mais tous les regards se tournent vers le partenariat entre AWS et OpenAI annoncé en novembre dernier, et renforcé au mois de février. Un engagement qui porte le total des investissements à 100 milliards de dollars sur huit ans.

Artificial avait fait l’objet de plusieurs projections tests ayant suscité des réactions très positives, selon Variety. Les personnages inspirés de Sam Altman et d’Elon Musk (incarné par Ike Barinholtz) apparaitraient parmi les moins sympathiques aux yeux du public de ces projections… Cet abandon en rase campagne est d’autant plus étonnant qu’Amazon aurait eu accès aux premières versions du script avant que Luca Guadagnino ne s’empare du projet.

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☕️ Amazon, partenaire d’OpenAI, ne veut plus du film Artificial sur Sam Altman



Pas touche aux icônes de l’IA. Amazon, en sa qualité de studio de production (MGM), a décidé de ne pas distribuer le film Artificial, centré autour de Sam Altman. Il se trouve qu’Amazon, en sa qualité de géant du web (AWS), est un partenaire important d’OpenAI. Hasard ou coïncidence ?

Artificial, le dernier long métrage de Luca Guadagnino, va devoir se trouver une nouvelle maison. Amazon MGM a en effet décidé de s’en débarrasser alors qu’il est quasiment terminé. Le réalisateur d’After the Hunt, de Challengers, ou encore du remake 2018 de Suspiria, a mis en boîte une biographie de Sam Altman, fondateur et patron d’OpenAI, incarné par nul autre qu’Andrew Garfield.

Sam Altman (CC BY 2.0) et Andrew Garfield (CC BY-ND 2.0)

« Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour Luca Guadagnino en tant que réalisateur primésans parler de la relation de longue date que nous entretenons avec lui et que nous espérons poursuivre », affirme sans rire un porte-parole d’Amazon à Variety. « Nous pensons qu’Artificial sera mieux servi s’il est distribué par un autre studio, et nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe du film afin de lui trouver un nouveau foyer. »

Le film va donc être vendu à un autre studio pour y être distribué. Sous quelle forme, au cinéma, en streaming ? À ce stade, il est impossible de le dire. Amazon MGM n’a avancé aucune explication pour justifier l’abandon d’Artificial, mais tous les regards se tournent vers le partenariat entre AWS et OpenAI annoncé en novembre dernier, et renforcé au mois de février. Un engagement qui porte le total des investissements à 100 milliards de dollars sur huit ans.

Artificial avait fait l’objet de plusieurs projections tests ayant suscité des réactions très positives, selon Variety. Les personnages inspirés de Sam Altman et d’Elon Musk (incarné par Ike Barinholtz) apparaitraient parmi les moins sympathiques aux yeux du public de ces projections… Cet abandon en rase campagne est d’autant plus étonnant qu’Amazon aurait eu accès aux premières versions du script avant que Luca Guadagnino ne s’empare du projet.

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