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Et si on commandait la pluie ?

Aux États-Unis, le Grand Lac Salé a perdu 73 % de son eau en 40 ans. S’il s’assèche, 2,5 millions d’Américains respireront un nuage chargé d’arsenic. Pour lutter, l’Utah fait le pari de confier une partie de son avenir hydrologique à un faiseur de pluie de 25 ans : Augustus Doricko.

En quelques années, Doricko est devenu la cible privilégiée de tous les fantasmes paranoïaques. Sa société, Rainmaker, déploie une armée de drones pour ensemencer les nuages et faire tomber la neige. Une technologie vieille de 80 ans remise au goût du jour, mais que certains confondent encore avec les « chemtrails », cette théorie complotiste qui prend les traînées de condensation laissées par les avions pour des largages de poison.

El Segundo (Californie), à quelques centaines de mètres de l’océan Pacifique. Dans un entrepôt sans climatisation, des ingénieurs en t-shirt manipulent des bidons métalliques contenant une poudre jaune-vert : de l’iodure d’argent, le secret de fabrication des faiseurs de pluie modernes. Ils forment l’équipe de Rainmaker.

Le Grand Lac Salé : autopsie d’une catastrophe annoncée

Pour comprendre l’urgence qui anime Doricko, il faut se rendre à 1 200 kilomètres de là, dans le nord de l’Utah. Le Grand Lac Salé, plus vaste lac salé de l’hémisphère occidental, est en train de mourir. Depuis les années 1980, il a perdu 73 % de son eau et 60 % de sa superficie. En 2022, il atteignait son niveau le plus bas jamais enregistré : 6 mètres sous sa moyenne historique.

La cause principale n’est pas le changement climatique (qui représente environ 9 % du déficit), mais la surexploitation humaine. L’Utah détourne chaque année plus de 2,5 milliards de mètres cubes d’eau, dont 70 à 80 % pour l’agriculture — principalement la luzerne et le foin destinés au bétail. Le lac accuse un déficit annuel de 1,5 milliard de mètres cubes depuis 2020.

Mais le pire est peut-être à venir. Le lit du lac, exposé par le retrait des eaux, est une véritable bombe toxique. Pendant plus d’un siècle, les activités minières, agricoles et industrielles y ont déposé de l’arsenic, du mercure, du plomb, du cadmium et d’autres métaux lourds. Aujourd’hui, plus de 2 000 kilomètres carrés de sédiments sont à l’air libre, et chaque tempête de vent les transforme en nuages de poussière toxique qui balaient la région de Salt Lake City et ses 2,5 millions d’habitants.

« Nous fixons le canon d’une arme chargée : la plus grande crise de santé publique que notre État ait jamais connue », alertent 300 professionnels de santé dans une lettre aux autorités de l’Utah. Le 21 mai dernier, le gouverneur Cox a déclaré l’état d’urgence pour sécheresse à l’échelle de tout l’Utah, l’hiver le plus chaud depuis 1874 n’ayant pratiquement pas rechargé le lac.

Les mesures d’arsenic sur le lit asséché du lac dépassent de dix fois les recommandations de l’EPA (Environmental Protection Agency) pour une exposition régulière.

La révolution des drones et de l’IA de Rainmaker

Pour mesurer ce qu’ils produisent, Rainmaker a déployé un arsenal de radars et de stations météo autour du bassin de la Bear River, dont les données alimentent Prophet, un système d’IA qui prédit en temps réel quels nuages sont ensemençables et isole la neige artificielle de celle qui serait tombée de toute façon.

Leur drone Elijah vole jusqu’à 5 000 mètres en conditions de givrage, pour 50 dollars de l’heure contre des milliers pour un avion piloté. Surtout, Rainmaker a obtenu de la FAA (Federal Aviation Administration) une dérogation unique aux États-Unis : le droit de voler dans les nuages, de nuit, en conditions de givrage et sans visibilité directe.

Rainmaker n’est pas seul sur ce marché, estimé à 430 millions de dollars en 2025 et dominé depuis 60 ans par des acteurs traditionnels comme Weather Modification Inc. Ces derniers utilisent des avions plutôt que des drones et n’ont jamais réussi à prouver précisément ce qu’ils produisent.

L’ensemencement des nuages, une technologie née d’un accident

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Dans l’Utah, le plus grand projet d’ensemencement de l’histoire américaine

Rainmaker est devenu le fer de lance d’un projet colossal qui consiste à augmenter les chutes de neige dans le bassin de la Bear River, principal affluent du Grand Lac Salé. Le projet s’inscrit dans une mobilisation historique. En septembre 2025, le gouverneur Cox a signé la « Great Salt Lake 2034 Charter » qui vise à restaurer le lac d’ici les Jeux olympiques d’hiver que l’Utah accueillera cette année-là. De plus, deux coalitions philanthropiques ont mis 200 millions de dollars sur la table. Partenaire majeur de l’opération, Rainmaker a gagné sa légitimité, et la pression qui va avec.

L’investissement public est conséquent. En cinq ans, l’Utah a multiplié son budget annuel d’ensemencement par 20, portant sa contribution annuelle à Rainmaker à 7,5 millions de dollars. L’Idaho a apporté un million de dollars supplémentaire ; l’Oregon, le Colorado et la Californie ont signé à leur tour. Des équipes de l’université d’État de l’Utah, de l’université de l’Utah et de l’université Brigham Young supervisent les opérations de Rainmaker et évaluent indépendamment les résultats.

Le 27 avril dernier, l’entreprise a annoncé avoir validé 82 signatures radar non ambiguës. Il s’agit de cas où ses drones ont directement déclenché des précipitations, pour un total de 540 millions de litres d’eau douce produits en Utah et en Oregon, soit une première mondiale pour un opérateur commercial. Joel Ferry, directeur des ressources naturelles de l’État, explique que « ce type de validation est critique ». « Si on peut le prouver scientifiquement, c’est tout l’enjeu. » Rainmaker précise que ce chiffre ne représente probablement qu’une fraction de sa production totale de la saison.

Quand la science affronte le conspirationnisme

Hélas, l’obstacle inattendu du complotisme se dresse sur la route de Rainmaker. Une fraction croissante de la population américaine est convaincue que les traînées blanches laissées par les avions dans le ciel ne sont pas de simples contrails (condensation de la vapeur d’eau des réacteurs), mais des chemtrails, c’est-à-dire des produits chimiques qui seraient délibérément répandus par le gouvernement pour contrôler la météo, empoisonner la population ou manipuler les esprits.

En juillet 2025, les agences américaines EPA et NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) ont dû publier une page entière pour expliquer que les « chemtrails » n’existent pas.

Doricko et son équipe font les frais de ces théories délirantes, mais très largement partagées, puisqu’au moins 30 % des Américains y croient au moins partiellement. En juillet 2025, des inondations meurtrières au Texas (plus de 130 morts) sont attribuées par une foule en ligne à Rainmaker, qui avait ensemencé des nuages 240 kilomètres plus loin, deux jours plus tôt.

Le général Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, exige des explications à ses 2,2 millions d’abonnés sur X. La représentante d’extrême droite Marjorie Taylor Greene annonce un projet de loi pour interdire la modification de la météo. « Les gens en ont assez des produits chimiques qui manipulent notre météo », écrit-elle, accompagnant son message d’une photo de Doricko.

Rainmaker réplique que ses opérations ne peuvent produire qu’une fraction de centimètre de pluie, pas les 50 cm qui se sont abattus sur certaines zones du Texas. Mais le mal est fait. Jonathan Jennings, météorologue responsable du programme d’ensemencement de l’Utah, a reçu des menaces de mort après avoir publié un simple article éducatif sur la technique.

Les limites de l’ensemencement de nuages

Aussi prometteuse soit cette technologie, l’ensemencement à lui seul ne sauvera pas le lac. À +15 % de précipitations, les apports actuels restent une goutte d’eau face au déficit annuel de 1,5 milliard de mètres cubes. Les chercheurs de l’université Brigham Young estiment qu’il faudrait réduire de 30 à 50 % la consommation d’eau dans le bassin versant (principalement l’irrigation agricole) pour ramener le lac à des niveaux sains d’ici 2050.

Jake Dreyfous, directeur de l’association Grow the Flow, résume la situation : « L’ensemencement est un élément dans notre boîte à outils. Mais la vraie solution, c’est de consommer moins d’eau. » Un message utile, mais politiquement délicat dans un État où l’agriculture représente une part importante de l’économie et de l’identité culturelle.

Pourtant, réduire la consommation ne signifie pas nécessairement en faire de même des rendements. Israël l’a prouvé depuis 50 ans avec le goutte-à-goutte, une invention aujourd’hui déployée dans 110 pays. La production agricole par litre d’eau a été multipliée par sept en 40 ans, sans augmenter la consommation.

Quant à l’Utah, où 80 % de l’eau part en irrigation agricole, il n’en est qu’à ses débuts. Les cultures génétiquement modifiées pour être économes en eau ouvrent une deuxième voie. Entre les drones de Doricko qui font pleuvoir, le goutte-à-goutte qui en gaspille moins et les semences de demain encore plus sobres, la sécheresse ressemble de moins en moins à une fatalité.

Dessaler la mer pour irriguer le désert

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Et si les datacenters ressuscitaient nos friches industrielles ?

En France, on n’a pas de capitaux, mais on a des idées. Un demi-siècle après le plan Messmer, la France bénéficie d’un atout extraordinaire qui la place sur la carte mondiale de l’IA. Et d’un second, moins flatteur et plus inattendu : ses friches industrielles.

Le 30 mai 2026, Masayoshi Son, le PDG du japonais SoftBank, a fait une énorme annonce lors du sommet Choose France. Il a promis un investissement initial de 45 milliards d’euros d’ici à 2031 dans des centres de données en France, pouvant atteindre 75 milliards au total. C’est le plus gros pari jamais consacré à l’IA sur le continent. Il porte sur le choix de friches industrielles du Nord de la France, notamment d’anciennes centrales à charbon et des usines abandonnées en Picardie.

SoftBank a une réputation contrastée à la suite de sa perte de 14 milliards de dollars sur WeWork. Mais l’infrastructure physique, ce n’est pas WeWork. SoftBank détient ARM, dont les puces équipent la quasi-totalité des smartphones du monde, et a investi massivement dans OpenAI. Quand il parie sur l’infrastructure de l’IA, il parie sur son propre cœur de métier.

La crédibilité de ces annonces tient en outre à leur précision. SoftBank ne parle pas d’un « écosystème » flou à l’horizon d’une décennie. Le groupe annonce une première phase ferme de 45 milliards d’euros, pour 3,1 gigawatts de capacité de calcul, livrée d’ici à 2031. Trois sites sont déjà identifiés dans les Hauts-de-France.

À Bosquel (un village de 300 habitants au sud d’Amiens), une coentreprise avec le français Sesterce bâtira un campus d’un gigawatt. À Bouchain, EDF loue le terrain d’une ancienne centrale thermique pour un centre de 400 mégawatts. À Dunkerque, Schneider Electric installera une usine de modules électriques préfabriqués (les briques de base qui alimentent et refroidissent les serveurs) pour équiper l’ensemble. Schneider Electric et EDF sont des partenaires industriels de premier plan. Sesterce, fondée en 2018, est la startup française qui apporte son expertise locale en construction de datacenters.

Nous ne sommes visiblement pas face à un simple effet d’annonce. Sur plus de 230 projets Choose France annoncés depuis 2018, une petite dizaine seulement n’ont pas abouti.

L’héritage béni des ingénieurs de 1974

Pourquoi la France a-t-elle été choisie plutôt que l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Irlande ? Il s’agit, sans surprise, d’une question d’énergie.

Un centre de données d’un gigawatt consomme autant qu’une grande ville. Pour le faire fonctionner, il faut une énergie abondante, fiable, peu chère et décarbonée. La France coche toutes les cases grâce à son parc nucléaire. Le cercle est vertueux, car un datacenter de 1 GW est l’un des plus gros clients industriels qu’EDF puisse avoir, et les revenus générés par ces contrats contribuent directement au financement des nouveaux EPR.

Ce formidable atout nous a été légué par le plan Messmer. En 1974, au lendemain du choc pétrolier, le gouvernement français lance la construction d’un parc nucléaire massif. Lorsque des dizaines de réacteurs sont sortis de terre en moins de 20 ans, personne n’imaginait que ce parc alimenterait des machines capables de raisonner. Les ingénieurs des années 1970 ne pouvaient pas savoir qu’ils offraient à leurs petits-enfants l’infrastructure énergétique idéale pour l’industrie la plus stratégique du XXIᵉ siècle.

L’atout discret des friches industrielles

La France dispose d’un deuxième atout considérable. Un centre de données géant doit se brancher au réseau très haute tension. C’est un chantier colossal, car un site situé à 10 kilomètres d’un nœud électrique nécessite 2 000 tonnes de câbles. Dans les hubs européens saturés, ce raccordement prend de sept à dix ans, ce qui représente un frein majeur.

La France a heureusement anticipé cette contrainte sur deux fronts. En marge du Sommet pour l’action sur l’IA de février 2025, le gouvernement a présenté une carte de 35 sites « prêts à l’emploi », capables d’accueillir des projets jusqu’à 1 GW avec un raccordement électrique promis à partir de 2027. Quatre d’entre eux bénéficient en plus d’une procédure de raccordement accélérée (« fast track »). Simultanément, RTE s’attaque au goulot d’étranglement structurel avec une file de plus de 60 GW de projets en attente de raccordement. Pour la désaturer, le gestionnaire du réseau abandonne le principe du « premier arrivé, premier servi » au profit du « premier prêt, premier servi », une méthode qui sera testée dès le second semestre 2026 et qui éjectera les projets fantômes au profit des projets matures.

Les grands sites annoncés lors de Choose France 2026 sont tous d’anciennes friches industrielles. Bouchain est une ancienne centrale à charbon, Escaudain fut une aciérie, et Béthune accueille le site de l’usine Bridgestone fermée en 2021.

Ces lieux, symboles de la désindustrialisation du Nord, possèdent déjà les gros raccordements électriques de l’industrie lourde. Ce qui fut une plaie sociale devient un trésor stratégique des années 2030. Le bassin minier renaît en hébergeant des machines qui produisent de l’intelligence.

Ce que votre ville gagne vraiment avec un datacenter… 

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Le faux procès du manque d’emplois

Avec 45 milliards pour seulement 900 emplois d’exploitation, les contempteurs dénoncent un coût affolant pour chaque poste créé.

Pourtant, personne n’évalue l’utilité d’un pont au nombre de personnes qui y travaillent (zéro), ni celle d’une centrale nucléaire à ses quelques centaines de salariés. Ces infrastructures valent par ce qu’elles permettent en aval, et il en va de même pour un centre de données.

La première phase de SoftBank, c’est déjà 8 600 emplois sur les chantiers. Puis viendront les sous-traitants de maintenance, les électriciens, les équipementiers comme Schneider Electric, les commerces qui vivent des salaires versés localement. Les études américaines les mieux documentées montrent qu’un emploi direct de centre de données en entraîne quatre à cinq autres dans l’économie régionale.

L’IA recherche des cols bleus… aux salaires +++

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En outre, n’oublions pas qu’un centre de données est une infrastructure sur laquelle repose le reste de l’économie. Compter les seuls emplois sur site, c’est juger une autoroute au nombre de ses employés directs.

La France dans la salle des machines de l’IA

On peut certes regretter que ces milliards soient japonais. La France manque notoirement de fonds de pension capables de financer de tels projets géants. Mais les calculs qui alimenteront l’IA de demain se feront ici, en Picardie et dans le Nord, sur des terres que l’industrie avait désertées.

À défaut de capitaux tricolores, mieux vaut des datacenters chez nous que chez nos voisins. Ils tourneront sur notre sol, avec notre électricité et nos ingénieurs, et stimuleront notre économie pendant des décennies. Au moment où l’intelligence artificielle redessine le monde, la France vient de s’offrir une place de choix dans la salle des machines.

Les réacteurs nucléaires construits dans l’urgence du choc pétrolier sont plus que jamais l’actif le plus convoité d’Europe. La meilleure façon d’honorer nos ancêtres est d’exploiter au maximum le trésor qu’ils nous ont légué. Nos réacteurs tournent loin de leur plein potentiel, et les datacenters peuvent absorber cette capacité électrique décarbonée qui dort. Le plan Messmer nous a montré qu’un pari de long terme finit toujours par payer ; il nous revient de relever le suivant. Célébrons cette réindustrialisation, non pas celle des hauts-fourneaux et des chaînes de montage, mais celle des machines qui raisonnent.

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Faire de l’essence avec de l’air : et si la crise pétrolière était la dernière ?

Les prix à la pompe explosent. Les compagnies aériennes suppriment 13 000 vols. Pourtant, une industrie naissante montre qu’on peut fabriquer du carburant à partir d’air, de CO₂ et d’énergie propre. Le procédé a presque un siècle. Reste encore à le déployer, à un prix compétitif…

Depuis le 28 février, l’essence est passée de 1,77 à 2,03 € le litre. La tonne qui se vendait 750 dollars en février a bondi à 1 800 dollars en avril, avant de refluer partiellement. Le prix reste quasi double de ce qu’il était avant la crise. Les compagnies ont supprimé 13 000 vols pour le seul mois de mai. Air France-KLM annonce 2,4 milliards d’euros de facture carburant supplémentaire pour l’année. Sur un billet long-courrier, la part du carburant dans les prix est passée de 25 à 45 %.

Cette flambée a une origine bien précise : le conflit entre l’Iran et la coalition israélo-américaine qui a conduit à la fermeture du détroit d’Ormuz où 20 % du pétrole mondial transitait avant son déclenchement. Pas moins de 50 % du kérosène européen vient des pays du Golfe. Quelques drones et mines, un terminal qatari fermé, et toute la chaîne s’effondre, pour la cinquième fois en 50 ans.

Pendant ce temps, une nouvelle industrie travaille à rendre cette crise impossible à l’avenir. Voici comment elle fonctionne, et pourquoi elle pourrait radicalement changer la donne.

L’e-carburant enfin compétitif ?

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Un siècle de chimie ignorée

L’idée de produire des carburants de synthèse a plus d’un siècle. En 1902, le chimiste français Paul Sabatier découvre la réaction qui porte son nom : avec un catalyseur au nickel, on combine de l’hydrogène et du CO₂ pour obtenir du méthane, composant principal du gaz naturel.

Trente ans plus tard en Allemagne, Franz Fischer et Hans Tropsch mettent au point un procédé qui transforme un gaz de synthèse en hydrocarbures liquides. Industrialisé dès 1936, nommé Fischer-Tropsch, il a fait voler la Luftwaffe pendant la guerre, puis l’Afrique du Sud sous embargo. La plus grande usine du monde, à Secunda, produit aujourd’hui encore 160 000 barils par jour à l’aide de charbon.

La chimie est connue et maîtrisée depuis 1945. Seul le coût de l’énergie l’a toujours empêchée de sortir du laboratoire. Casser une molécule d’eau coûte de l’électricité. Tant que cette électricité revenait plus cher que le pétrole extrait du sol, aucun calcul économique ne tenait. Un siècle plus tard, ce verrou semble enfin céder.

La Californie contre le détroit d’Ormuz

Terraform Industries est née en 2020 en Californie d’un constat simple : le solaire est désormais assez bon marché pour que l’énergie cesse d’être le problème. Celui qui subsiste regarde le coût des machines qui transforment cette énergie en carburant. La réponse, ce sont des unités compactes, standardisées, produites en série comme des appareils électroménagers, pour faire baisser ce coût par l’échelle.

En mars 2024, l’entreprise livre la première machine Terraformer fonctionnelle. Cette machine capture le CO₂ dans l’atmosphère, électrolyse l’eau pour en extraire l’hydrogène, puis déclenche la réaction Sabatier. Le résultat est du méthane synthétique de qualité pipeline, produit dans une boîte modulaire de la taille d’un container. Les premiers volumes sont vendus à des compagnies de gaz américaines. Depuis avril 2026, Terraform livre aussi du méthanol, précurseur direct de l’essence et du kérosène.

Leur site industriel de Muroc, en plein désert de Mojave, sort de terre. Mille panneaux solaires installés en 2 mois par un robot alimenteront la première machine Terraformer Mark One à déploiement plein champ. L’objectif déclaré est d’atteindre la parité de prix avec le gaz fossile, sans subvention, à l’horizon 2030.

À 800 kilomètres plus au nord, Valar Atomics a pris un autre chemin. Celui du réacteur nucléaire à haute température, qui produit 24 heures sur 24 quelle que soit la latitude. L’entreprise a obtenu la criticité nucléaire au Nevada en novembre 2025. Leur réacteur Ward 250 a été transporté en Utah en février 2026 et ils visent la première puissance électrique avant le 4 juillet 2026. L’étape suivante est d’utiliser directement la chaleur du réacteur pour produire ainsi de l’hydrogène et des hydrocarbures à partir de l’eau, de l’air et de la fission.

Course au pétrole de synthèse : 4 technologies s’affrontent

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Du Texas à la Patagonie, une industrie naissante

Terraform et Valar ne sont pas seuls. À Francfort, l’allemand INERATEC a inauguré en juin 2025 la plus grande usine de e-fuels d’Europe : 2 500 tonnes par an d’e-kérosène déjà certifié pour l’aviation. À Jülich, le suisse Synhelion utilise des miroirs solaires pour atteindre 1 500 degrés et fabriquer directement du kérosène certifié Jet-A1, livré à SWISS depuis fin 2024. En Patagonie, HIF Global combine vents permanents et capture atmosphérique pour produire l’essence synthétique déjà vendue à Porsche, son premier investisseur.

La France a compris le problème : 26 projets étaient déjà identifiés en 2024, pour 8,1 milliards d’euros de CAPEX annoncés. L’avis favorable pour l’usine d’e-méthanol d’Elyse Energy en Isère est tombé 2 mois après le blocage d’Ormuz, signal encourageant. Mais le projet phare du même acteur à Lacq repose sur de la biomasse agricole, une ressource déjà saturée.

Aucun projet français n’a encore franchi la décision finale d’investissement. Et après 2040, le CO₂ fossile industriel qu’ils utilisent ne sera plus éligible pour les e-fuels certifiés européens. L’Observatoire français des e-fuels le reconnaît : il faudra basculer vers la capture atmosphérique. Mais personne ne s’engage encore dans cette direction.

Cette crise sera-t-elle la dernière ?

Le détroit d’Ormuz se rouvrira un jour et les prix retomberont. La crise sortira des journaux, comme toujours. Mais nous pourrions collectivement décider que celle-ci sera la dernière.

Cela suppose deux chantiers simultanés : déployer les technologies Power-to-Liquid en s’appuyant sur les acteurs qui les maîtrisent déjà, et produire beaucoup plus d’électricité propre et bon marché. En France, cette réponse s’appelle le nucléaire. La France dépense en moyenne 50 milliards d’euros par an pour importer ses énergies fossiles, avec une facture qui a dépassé 116 milliards lors de la crise de 2022. C’est le premier poste de son déficit commercial. Un pays qui produira son propre carburant synthétique sera en mesure de stopper cette hémorragie. Et si sa production dépasse ses besoins, il pourra exporter. La France l’accomplit déjà avec l’électricité nucléaire, rien n’interdit de recommencer avec de nouvelles matières énergétiques.

À cela s’ajoute un bénéfice environnemental immense. Le carburant synthétique produit à partir du CO₂ atmosphérique restitue à l’échappement exactement le carbone capturé à l’usine. Le bilan de ses émissions est nul. L’aviation, les camions, les navires : tout ce que l’électrification ne peut pas encore atteindre deviendrait neutre en carbone sans changer un seul moteur, sans réduire les déplacements de quiconque.

La recherche propose donc déjà des solutions très encourageantes. Manque encore, et c’est souvent le plus compliqué à obtenir, la volonté politique et industrielle d’en finir pour de bon avec les énergies fossiles. La France de 2050 pourrait ainsi produire tout son carburant chez elle, avec de l’air et du nucléaire. Ce serait une souveraineté énergétique sans precedent dans l’histoire du pays.

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La machine dont le monde dépend est européenne !

Sans elle, pas d'IA, pas de smartphone, ni même d'automobile. Pas de Nvidia, pas d'OpenAI. C'est la machine la plus indispensable à l'économie mondiale, et elle est européenne. Pourtant, elle a bien failli ne jamais voir le jour. Et aujourd'hui, Pékin veut la reproduire, et Washington décider qui peut l'utiliser.

ASML, géant néerlandais issu d’un projet que Philips envisageait d’abandonner en 1988, détient aujourd’hui le monopole de la machine indispensable à la fabrication des puces les plus avancées au monde. Sans elle, pas de LLM, pas de smartphone, pas même la voiture qui vous a conduit au bureau ce matin.

Vu d’aujourd’hui, ce succès paraît presque inévitable. Il ne l’était pourtant pas du tout. Pendant des décennies, ASML a misé sur une technologie que l’ensemble de l’industrie jugeait irréalisable. L’entreprise a frôlé la disparition à plusieurs reprises, essuyé les moqueries d’ingénieurs japonais et subi les pressions de sénateurs américains, avant de s’imposer comme l’épine dorsale invisible de l’ère des machines intelligentes.

Janvier 2006. Un ingénieur néerlandais passe son samedi à examiner le tout premier wafer de silicium — le disque sur lequel sont fabriquées les puces électroniques — exposé par un prototype de machine de lithographie EUV, une technologie destinée à graver les futurs transistors à l'aide d'une lumière ultraviolette d'une puissance inédite. Après quinze ans de développement et des centaines de millions d'euros investis, le verdict est enfin là.

Il espérait découvrir les premiers transistors gravés avec cette technologie révolutionnaire. À la place, il voit… des bananes.

La lumière la plus puissante jamais produite dans un procédé industriel — un plasma d'étain porté à près de 220 000 degrés — n'a pas dessiné les motifs attendus. Sur le silicium apparaissent des formes courbées et déformées, qui ressemblent davantage au fruit tropical jaune qu'aux structures parfaitement géométriques nécessaires à la fabrication de puces électroniques.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Pourtant, vingt ans plus tard, ASML est devenue l'une des entreprises les plus importantes au monde.

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La France suffoque, ses hôpitaux distribuent des pastèques

Des hôpitaux qui suffoquent à plus de 35 °C, des EHPAD et des écoles transformés en véritables fournaises… Aujourd’hui, la France paye le prix de décennies de phobie de la climatisation. Et ce prix se compte en vies humaines.

Ce lundi 25 mai 2026, la France a vécu le jour de mai le plus chaud de toute son histoire. La température moyenne nationale a atteint 24,4 °C, pulvérisant un record qui tenait depuis le 29 mai 1944. Huit départements de l’Ouest sont passés en vigilance orange canicule, une première aussi tôt dans l’année : le dispositif d’alerte n’avait jamais été déclenché avant le mois de juin. Cette chaleur a déjà tué : sept décès sont officiellement liés à cet épisode au matin de ce jour. Les températures doivent encore grimper jusqu’en fin de semaine. Il existe pourtant une technologie vieille de 70 ans, fiable, accessible, déjà présente dans 90 % des foyers américains et japonais, qui aurait pu éviter une grande partie de ces drames. En France, moins d’un logement sur quatre en est équipé, et dans les hôpitaux, les écoles et les maisons de retraite, c’est l’exception plutôt que la règle.

Avec de telles températures, que se passe-t-il dans ces lieux où vivent les Français les plus fragiles ? La réponse n’est pas digne d’un pays qui a déjà enterré 15 000 personnes lors de la canicule de 2003.

À l’hôpital, on soigne à 35 °C

Commençons par le lieu censé être le dernier refuge des plus vulnérables. Ce mardi 26 mai, aux urgences de l’hôpital de Rennes, Katou Blaise, aide-soignante, décrit l’afflux de personnes âgées déshydratées et l’absence de ventilateurs : « Ce n’est pas adapté du tout, ni pour les patients ni pour nous. »

À Lyon, un syndicat a alerté l’été dernier sur des chambres atteignant 33 °C et plus à l’hôpital Édouard-Herriot. Sans surprise, des médicaments ont été dégradés par la chaleur dans des salles de soins sans climatisation. À l’hôpital d’Agen, un titre de Sud Ouest résume une décennie d’inaction : « On attend des rideaux depuis 2016 ».

À l’hôpital Henry-Gabrielle, près de Lyon, huit climatiseurs portatifs se partageaient 15 chambres de patients immunodéprimés : chaque jour, les soignants choisissaient qui aurait droit au froid. Un patient a dénoncé cette « chaise musicale avec la clim ». « Après, on fera un décompte des morts, en se disant qu’on a déconné. »

Le sommet de l’absurde a probablement été atteint à l’hôpital psychiatrique Marchant de Toulouse, où la direction trouva sa parade à l’absence de climatisation pour 400 patients : distribuer des pastèques, à raison de deux pour 20 patients. La directrice adjointe l’assumait avec un fatalisme désarmant : « Il fait chaud à Toulouse, donc il n’y a pas de raison qu’il ne fasse pas chaud à l’hôpital Marchant. » Des patients psychiatriques, dont certains ne ressentent même plus la chaleur, dans des chambres à 36 °C, et une tranche de pastèque pour seule réponse institutionnelle.

Canicule : l’hôpital en surchauffe !

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Dans les EHPAD, nos aînés laissés dans des étuves

Les maisons de retraite devaient être le grand chantier de l’après-2003. Vingt-trois ans plus tard, elles restent des fournaises. 91,4 % des établissements pour personnes âgées n’ont pas de chambres climatisées. Durant l’été 2022, 60,7 % des EHPAD ont été thermiquement inconfortables d’après une enquête du Sénat et de la Cour des comptes. Cette enquête établit qu’après une vague de chaleur de plus de sept jours, la surmortalité des résidents pendant l’épisode est multipliée par quatre et demi, passant de 4 % à 18 %.

À l’EHPAD La Louisiane dans le Puy-de-Dôme, pendant l’été 2024, la température a grimpé jusqu’à 29 °C dans les chambres de cet établissement pourtant entièrement rénové en 2014. Une aide-soignante y réclame que « la climatisation partout » figure enfin au cahier des charges des rénovations. La sous-préfète, elle, explique sereinement que « regrouper les résidents dans une même salle contribue au lien social ». On cuit, mais le lien social est sauf.

Le reste est à l’avenant. Le Plan bleu, protocole officiel anticanicule, recommande toujours « la pose de draps régulièrement humidifiés aux fenêtres ». En Dordogne, un EHPAD a remplacé la gymnastique par « l’Aqualud » : bains de pieds, bagarres au pistolet à eau, et un jeu consistant à remplir un verre avec une éponge. À Rouen, la climatisation de la salle à manger d’un EHPAD public est restée en panne un mois entier en pleine canicule de juillet 2025, avec deux ventilateurs qui brassaient l’air chaud du réfectoire.

À l’école, la canicule n’attend plus les vacances

L’argument selon lequel les enfants n’ont pas besoin d’être refroidis grâce aux vacances en juillet et en août s’est effondré le 26 mai quand il a fait 35 à 37 °C dans certaines régions, alors que la température idéale pour apprendre se situe autour de 22 °C. Les canicules s’invitent désormais dès le mois de mai, et les climatologues nous promettent qu’elles s’étireront bientôt jusqu’en octobre.

L’été 2025 avait déjà donné l’avertissement : plus de 1 900 écoles étaient fermées le 1ᵉʳ juillet. Dans une classe parisienne, avec deux ventilateurs pour 25 élèves et 40 °C annoncés, une enseignante résumait la situation de cette terrible formule : « Nous, on n’est bons qu’à crever sur place. »

La réponse officielle est indigne et invariable depuis 2003 : des brumisateurs, des casquettes et des courants d’air. Il y a deux jours, le ministre de l’Éducation nationale a encouragé à aérer et s’hydrater. Des enseignants en sont réduits à acheter des ventilateurs sur leur propre salaire. Fermer les écoles n’est pas une solution non plus, puisque la plupart des parents n’ont aucun mode de garde. Les enfants des familles aisées ont la chance de rentrer dans des logements climatisés.

Canicule de 2003 : la promesse évaporée…

J’approfondis

Climatisons les écoles, les hôpitaux et les EHPAD

L’entêtement climatophobe dépasse les hôpitaux, les écoles et les maisons de retraite. La gare de Nantes, rénovée et rouverte en 2020 pour 37,5 millions d’euros, a été conçue « bioclimatique », donc sans climatisation. L’été dernier, la verrière a dépassé 40 °C et la SNCF a dû fermer la mezzanine en urgence. Faute de climatisation, d’énormes ventilateurs ont été installés en cette fin mai 2026. Brasser de l’air chaud n’a pourtant jamais produit de fraîcheur.

Personne, en France, n’a jamais proposé de rationner le chauffage. On n’a jamais suggéré non plus qu’une seule salle chauffée suffisait dans un hôpital en janvier, ni distribué des tisanes chaudes en guise de plan grand froid. Le froid a toujours été pris au sérieux. La chaleur, qui tue tout autant, reste traitée comme un désagrément estival. Cette asymétrie ne repose sur rien de rationnel et doit cesser.

La solution est connue, disponible, et même élégante. La pompe à chaleur réversible est un seul et même appareil qui rafraîchit l’été et chauffe l’hiver — exactement ce dont une école, un EHPAD ou un hôpital ont besoin toute l’année. Son coût est de 2 000 à 5 000 € pour traiter une salle de classe, 2 000 à 6 000 € pour une chambre d’EHPAD. C’est une fraction du prix d’une rénovation thermique lourde, et installable en quelques mois plutôt qu’en 15 ans. La France dispose en outre de l’électricité la plus décarbonée d’Europe pour la faire tourner, avec des capacités non utilisées en été.

Refuser ces équipements est une faute. À l’échelle mondiale, l’accès à la climatisation a évité, selon une estimation publiée dans The Lancet, 195 000 décès liés à la chaleur chez les plus de 65 ans en une seule année. Ce n’est rien d’autre qu’un outil de santé publique, au même titre que le chauffage. Climatiser l’ensemble du parc hospitalier, des EHPAD et des écoles représente plusieurs milliards d’euros, soit l’équivalent de quelques semaines de dépenses de l’Assurance maladie, pour des équipements qui durent 20 ans.

Ce 26 mai, la déviation nationale atteignait +7,54 °C (quasi-identique au pire jour d’août 2003) et l’été n’a toujours pas commencé. La France peut continuer à distribuer des pastèques, des brumisateurs et des draps humides, ou décider de protéger enfin ses enfants, ses malades et ses aînés. Il reste encore le temps d’agir avant la prochaine canicule qui, désormais, peut frapper dès le mois de mai.

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Cette technologie ignorée qui pourrait tuer l’hantavirus avant qu’il ne vous tue

3 morts. Un gouvernement en alerte. Des quarantaines de 45 jours. Mais, 5 ans après le COVID, avons-nous tiré la moindre leçon ? Car il existe une technologie, vieille de près d'un siècle, capable de mettre fin à tout cela. Et nous refusons toujours de la déployer…

Le virus s'appelle Andes. C'est l'unique souche d'hantavirus connue capable de se transmettre d'humain à humain, une exception dans cette famille de virus habituellement confinée aux rongeurs. Mortalité brute : 30 à 40 %. Pas de traitement spécifique, pas de vaccin homologué, juste des soins de support. L'incubation peut atteindre 6 semaines, ce qui transforme chaque contact en bombe à retardement épidémiologique.

Le MV Hondius a quitté l'Argentine début avril pour une croisière ornithologique. Depuis, le virus a fait son chemin : un premier mort à bord, des passagers débarqués dispersés dans plusieurs pays, une quarantaine de jours d'errance avant qu'un port européen accepte de recevoir le navire. Dimanche 10 mai : arrivée à Tenerife. Ambulances, combinaisons, masques FFP2, transferts par petits groupes. Les 5 Français sont rapatriés à l'hôpital Bichat. Et l'un d'eux s’avère symptomatique dans l'avion. Sébastien Lecornu prend un décret d'isolement en urgence. 45 jours de quarantaine à domicile pour chacun.

Toute cette mobilisation pour quelques personnes alors qu’il existait une façon de ne pas en arriver là.

La lumière qui tue tout ce qui vole

Ces informations enregistrées, maintenant, essayez d’envisager une technologie capable d'inactiver n'importe quel pathogène aéroporté (virus, bactérie, spore) en une fraction de seconde, sans distinction d'espèce, de résistance aux antibiotiques ou de capacité à échapper aux vaccins. Une technologie qui serait potentiellement capable de fonctionner contre l'hantavirus, comme elle le fait avec la grippe, le COVID, la tuberculose, ou le prochain virus que nous n'avons pas encore nommé.

Cette technologie existe, elle s'appelle le far-UVC.

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