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Springer Nature a rétracté deux articles du physicien Max Planck pour de mauvaises raisons

The Jerry Springer Nature Show
Springer Nature a rétracté deux articles du physicien Max Planck pour de mauvaises raisons

Des chercheurs québécois ont remarqué que deux articles du chercheur allemand Max Planck datant des années 1940 ont été rétractés par l’éditeur scientifique. La rétractation non datée, elle, accusant le physicien de violation de copyright, serait en fait due à une détection automatique zélée.

L’un des fondateurs de la mécanique quantique, Max Planck, aurait-il publié plusieurs fois le même article pour augmenter le nombre de ses publications et ses citations ? Non, mais les mécanismes automatiques mis en place par Springer Nature pour détecter ce genre de mauvaises conduites dans la recherche moderne ont conduit l’éditeur à rétracter deux de ses articles publiés dans les années 1940.

C’est en naviguant sur le site de rétractation d’articles scientifiques Retraction Watch que deux historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, ont repéré le problème.

Étonnantes rétractations d’articles d’un prix Nobel

En effet, dans un article mis en ligne sur la plateforme de prépublication arxiv, ils expliquent leur surprise, en tant qu’historiens de la physique, d’avoir constaté sur Retraction Watch que Max Planck faisait partie de la liste des lauréats du prix Nobel ayant des articles rétractés. Dans la base de données de Retraction Watch figurent bien deux articles du physicien allemand, tous les deux publiés dans la revue scientifique Die Naturwissenschaften, créée en 1913 pour devenir l’équivalent allemand de la revue Nature.

Sur le site de la revue, les deux articles (ici et ) sont marqués aussi comme rétractés. L’éditeur a remplacé les PDF des articles chacun par deux pages quasiment vides avec seulement la mention « cet article a été retiré en raison d’une infraction aux règles », tandis que l’éditeur précise seulement sur les pages web que ces rétractations seraient dues à « une violation du copyright ». Étrange justification pour des articles publiés par la revue de l’éditeur en 1940 et 1942 alors que Max Planck « était l’un des physiciens vivants les plus renommés », relèvent les deux historiens.

« Nous avons donc trouvé difficile à croire que ces articles aient réellement pu être rétractés de la revue de son vivant (Planck est décédé en 1947), ni même qu’il y ait eu de bonnes raisons de les retirer par la suite. Nous avons plutôt soupçonné qu’il s’agissait d’une décision récente et anachronique de la part de l’éditeur de la revue, fondée sur un malentendu ou une méconnaissance des pratiques de publication d’autrefois », ajoutent-ils.

Des notions d’éthique scientifique qui n’avaient pas lieu d’être à l’époque

Dans leur article, les historiens expliquent que des notions d’éthique scientifique contemporaines ont sans doute été appliquées de façon anachronique, abusive et automatique à ces articles.

En effet, à l’époque de Max Planck, les chercheurs et chercheuses n’étaient pas soumis à la pression à la publication, le « publish or perish » n’existait pas encore. « Une telle obsession pour la productivité en matière de publications n’existait toutefois pas à l’époque de Planck », expliquent les historiens.

Ainsi, on se fichait qu’un article fût publié plusieurs fois dans des revues différentes (pratique actuellement appelée « publications dupliquées » menant à l’accusation d’« auto-plagiat ») car le but n’était pas de gonfler les chiffres sur les CV de ses auteurs mais plutôt de diffuser les connaissances plus largement.

Ainsi, l’article de 1942 de Max Planck qui a été publié dans plusieurs autres revues scientifiques ne peut être considéré comme un manquement à l’éthique scientifique, puisque ces notions d’éthique sont apparues dans les années 1990 pour répondre à des problèmes qui ont émergé à peu près au même moment.

Pour les historiens, le cas de l’article de 1940 est « encore plus mystérieux » car ils n’ont retrouvé aucune autre republication dans la littérature scientifique. « Une explication plausible de la décision » serait l’existence d’un autre article avec le même titre, signé par le physicien Aloys Müller. Max Planck a, en effet, réutilisé le titre de son confrère pour continuer la discussion qu’il avait engendrée à propos de l’interprétation de Copenhague de la mécanique quantique, situation qui ne posait pas problème à l’époque où l’indexation numérique et les systèmes de détection automatique de copyright n’existaient pas.

« Notre enquête nous a amenés à conclure que la « rétractation » des deux articles de Max Planck ne trouvait pas son origine dans les pratiques épistémiques de la communauté scientifique de son époque, mais constituait une conséquence des normes actuelles des plateformes scientifiques numériques, dominées par de grands groupes éditoriaux de plus en plus sensibles aux questions de droits d’auteur liées à la commercialisation et au profit », concluent-ils.

Planck striké comme un youtubeur ?

Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui suspectent que ce sont ces mauvaises raisons qui ont conduit à la rétractation automatique de ces deux articles par les systèmes mis en place par l’éditeur pour gérer les conflits de copyright, ont-ils expliqué à la revue Science.

« Ce qui semblait au départ être un cas singulier de rétractation concernant un célèbre prix Nobel de physique s’avère finalement être un exemple de décisions arbitraires et anachroniques prises par les propriétaires actuels d’une revue scientifique d’importance historique, Naturwissenschaften, rebaptisée The Science of Nature depuis 2013 (Khelfaoui et Gingras 2025), qui décident désormais quels articles historiques peuvent encore être consultés », s’insurgent les historiens qui demandent le retour des textes sur le site de la revue.

Ils signalent qu’heureusement Internet Archive a archivé une copie des deux articles (ici et ) et permet toujours de les consulter alors que l’interprétation de Copenhague est toujours débattue.

Interrogée par Science, Springer Nature n’a pas voulu commenter et affirme : « les informations détaillées concernant des rétractations spécifiques sont généralement confidentielles et ne peuvent être communiquées qu’aux auteurs concernés »… Auteur décédé il y a près de 80 ans.

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Springer Nature a rétracté deux articles du physicien Max Planck pour de mauvaises raisons

The Jerry Springer Nature Show
Springer Nature a rétracté deux articles du physicien Max Planck pour de mauvaises raisons

Des chercheurs québécois ont remarqué que deux articles du chercheur allemand Max Planck datant des années 1940 ont été rétractés par l’éditeur scientifique. La rétractation non datée, elle, accusant le physicien de violation de copyright, serait en fait due à une détection automatique zélée.

L’un des fondateurs de la mécanique quantique, Max Planck, aurait-il publié plusieurs fois le même article pour augmenter le nombre de ses publications et ses citations ? Non, mais les mécanismes automatiques mis en place par Springer Nature pour détecter ce genre de mauvaises conduites dans la recherche moderne ont conduit l’éditeur à rétracter deux de ses articles publiés dans les années 1940.

C’est en naviguant sur le site de rétractation d’articles scientifiques Retraction Watch que deux historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, ont repéré le problème.

Étonnantes rétractations d’articles d’un prix Nobel

En effet, dans un article mis en ligne sur la plateforme de prépublication arxiv, ils expliquent leur surprise, en tant qu’historiens de la physique, d’avoir constaté sur Retraction Watch que Max Planck faisait partie de la liste des lauréats du prix Nobel ayant des articles rétractés. Dans la base de données de Retraction Watch figurent bien deux articles du physicien allemand, tous les deux publiés dans la revue scientifique Die Naturwissenschaften, créée en 1913 pour devenir l’équivalent allemand de la revue Nature.

Sur le site de la revue, les deux articles (ici et ) sont marqués aussi comme rétractés. L’éditeur a remplacé les PDF des articles chacun par deux pages quasiment vides avec seulement la mention « cet article a été retiré en raison d’une infraction aux règles », tandis que l’éditeur précise seulement sur les pages web que ces rétractations seraient dues à « une violation du copyright ». Étrange justification pour des articles publiés par la revue de l’éditeur en 1940 et 1942 alors que Max Planck « était l’un des physiciens vivants les plus renommés », relèvent les deux historiens.

« Nous avons donc trouvé difficile à croire que ces articles aient réellement pu être rétractés de la revue de son vivant (Planck est décédé en 1947), ni même qu’il y ait eu de bonnes raisons de les retirer par la suite. Nous avons plutôt soupçonné qu’il s’agissait d’une décision récente et anachronique de la part de l’éditeur de la revue, fondée sur un malentendu ou une méconnaissance des pratiques de publication d’autrefois », ajoutent-ils.

Des notions d’éthique scientifique qui n’avaient pas lieu d’être à l’époque

Dans leur article, les historiens expliquent que des notions d’éthique scientifique contemporaines ont sans doute été appliquées de façon anachronique, abusive et automatique à ces articles.

En effet, à l’époque de Max Planck, les chercheurs et chercheuses n’étaient pas soumis à la pression à la publication, le « publish or perish » n’existait pas encore. « Une telle obsession pour la productivité en matière de publications n’existait toutefois pas à l’époque de Planck », expliquent les historiens.

Ainsi, on se fichait qu’un article fût publié plusieurs fois dans des revues différentes (pratique actuellement appelée « publications dupliquées » menant à l’accusation d’« auto-plagiat ») car le but n’était pas de gonfler les chiffres sur les CV de ses auteurs mais plutôt de diffuser les connaissances plus largement.

Ainsi, l’article de 1942 de Max Planck qui a été publié dans plusieurs autres revues scientifiques ne peut être considéré comme un manquement à l’éthique scientifique, puisque ces notions d’éthique sont apparues dans les années 1990 pour répondre à des problèmes qui ont émergé à peu près au même moment.

Pour les historiens, le cas de l’article de 1940 est « encore plus mystérieux » car ils n’ont retrouvé aucune autre republication dans la littérature scientifique. « Une explication plausible de la décision » serait l’existence d’un autre article avec le même titre, signé par le physicien Aloys Müller. Max Planck a, en effet, réutilisé le titre de son confrère pour continuer la discussion qu’il avait engendrée à propos de l’interprétation de Copenhague de la mécanique quantique, situation qui ne posait pas problème à l’époque où l’indexation numérique et les systèmes de détection automatique de copyright n’existaient pas.

« Notre enquête nous a amenés à conclure que la « rétractation » des deux articles de Max Planck ne trouvait pas son origine dans les pratiques épistémiques de la communauté scientifique de son époque, mais constituait une conséquence des normes actuelles des plateformes scientifiques numériques, dominées par de grands groupes éditoriaux de plus en plus sensibles aux questions de droits d’auteur liées à la commercialisation et au profit », concluent-ils.

Planck striké comme un youtubeur ?

Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui suspectent que ce sont ces mauvaises raisons qui ont conduit à la rétractation automatique de ces deux articles par les systèmes mis en place par l’éditeur pour gérer les conflits de copyright, ont-ils expliqué à la revue Science.

« Ce qui semblait au départ être un cas singulier de rétractation concernant un célèbre prix Nobel de physique s’avère finalement être un exemple de décisions arbitraires et anachroniques prises par les propriétaires actuels d’une revue scientifique d’importance historique, Naturwissenschaften, rebaptisée The Science of Nature depuis 2013 (Khelfaoui et Gingras 2025), qui décident désormais quels articles historiques peuvent encore être consultés », s’insurgent les historiens qui demandent le retour des textes sur le site de la revue.

Ils signalent qu’heureusement Internet Archive a archivé une copie des deux articles (ici et ) et permet toujours de les consulter alors que l’interprétation de Copenhague est toujours débattue.

Interrogée par Science, Springer Nature n’a pas voulu commenter et affirme : « les informations détaillées concernant des rétractations spécifiques sont généralement confidentielles et ne peuvent être communiquées qu’aux auteurs concernés »… Auteur décédé il y a près de 80 ans.

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Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Comment dit-on cheh en anglais ?
Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Utilisé par le monde de la recherche comme par le public, le site climate.gov a été supprimé l’an dernier au beau milieu des attaques du gouvernement de Trump contre les sciences climatiques. Des bénévoles viennent de lui donner une nouvelle vie à l’adresse climate.us.

Printemps 2025 : de retour au pouvoir depuis quelques mois, Donald Trump met en place une politique d’attaque en règle de la recherche, en particulier celle liée aux enjeux climatiques. Les effets se font ressentir aux États-Unis, mais aussi à l’international : la communauté scientifique recourt à de nombreux outils et bases de données américaines pour mener ses travaux. En France, la paléoclimatologue du CEA Valérie Masson-Delmotte demande aux sénateurs que la France protège les données scientifiques en passe d’être supprimées.

Un outil en particulier illustre la politique appliquée par le gouvernement Trump : climate.gov. Hébergé par l’administration des États-Unis, le site servait de point d’accès à quantité de ressources liées aux enjeux climatiques, que ce soit des jeux de données, des analyses ou de simples articles de vulgarisation destinés au grand public. À la suite du décret « Restoring Gold Standard Science » (Rétablir une science au meilleur standard), pris en juin 2025, le site a été rendu inaccessible.

Un an plus tard, une large part de l’équipe qui avait fabriqué climate.gov dévoile climate.us. Indépendante de l’administration des états-unis, la plateforme rend l’accès à la vaste collection de données hors ligne pendant un an.

D’anciennes équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration

À la manœuvre : une partie des équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui avait drastiquement coupé dans ses effectifs dès mars 2025. Ces anciens agents fédéraux ont créé une organisation à but non lucratif et collecté 2 500 « petites donations auprès de personnes qui veulent que l’information relative aux sciences climatiques reste accessible ».

Pour un total de 250 000 dollars environ, ces donations ont constitué le tiers des financements totaux collectés. Grâce à ces moyens, ils ont annoncé ce 24 juin, soit pile un an après la suppression de climate.gov, le lancement de la version complète du site climate.us.

Ce dernier compte devenir un « foyer pour l’information climatique de confiance, soutenu par le public ». L’ONG indique que plus de 80 scientifiques « se sont portés volontaires pour exercer des révisions par les pairs sur leurs sujets ». Au total, la plateforme revendique donner l’accès à 15 ans d’articles, de publications de blogs, de rapports et d’autres indicateurs essentiels liés au climat.

Les attaques du gouvernement Trump contre les régulations environnementales n’ont pas cessé depuis l’an dernier. La semaine dernière, le ministère de la Justice a notamment adressé à la cour du Mississippi une lettre l’intimant de classer l’affaire relative au supercalculateur Colossus de xAI. Ce dernier est accusé d’avoir violé le Clean Air Act en installant des générateurs au gaz non autorisés, et de polluer l’air du voisinage, principalement habité par une population noire qui présente déjà l’espérance de vie la plus faible de Memphis et ses environs.

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Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

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Utilisé par le monde de la recherche comme par le public, le site climate.gov a été supprimé l’an dernier au beau milieu des attaques du gouvernement de Trump contre les sciences climatiques. Des bénévoles viennent de lui donner une nouvelle vie à l’adresse climate.us.

Printemps 2025 : de retour au pouvoir depuis quelques mois, Donald Trump met en place une politique d’attaque en règle de la recherche, en particulier celle liée aux enjeux climatiques. Les effets se font ressentir aux États-Unis, mais aussi à l’international : la communauté scientifique recourt à de nombreux outils et bases de données américaines pour mener ses travaux. En France, la paléoclimatologue du CEA Valérie Masson-Delmotte demande aux sénateurs que la France protège les données scientifiques en passe d’être supprimées.

Un outil en particulier illustre la politique appliquée par le gouvernement Trump : climate.gov. Hébergé par l’administration des États-Unis, le site servait de point d’accès à quantité de ressources liées aux enjeux climatiques, que ce soit des jeux de données, des analyses ou de simples articles de vulgarisation destinés au grand public. À la suite du décret « Restoring Gold Standard Science » (Rétablir une science au meilleur standard), pris en juin 2025, le site a été rendu inaccessible.

Un an plus tard, une large part de l’équipe qui avait fabriqué climate.gov dévoile climate.us. Indépendante de l’administration des états-unis, la plateforme rend l’accès à la vaste collection de données hors ligne pendant un an.

D’anciennes équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration

À la manœuvre : une partie des équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui avait drastiquement coupé dans ses effectifs dès mars 2025. Ces anciens agents fédéraux ont créé une organisation à but non lucratif et collecté 2 500 « petites donations auprès de personnes qui veulent que l’information relative aux sciences climatiques reste accessible ».

Pour un total de 250 000 dollars environ, ces donations ont constitué le tiers des financements totaux collectés. Grâce à ces moyens, ils ont annoncé ce 24 juin, soit pile un an après la suppression de climate.gov, le lancement de la version complète du site climate.us.

Ce dernier compte devenir un « foyer pour l’information climatique de confiance, soutenu par le public ». L’ONG indique que plus de 80 scientifiques « se sont portés volontaires pour exercer des révisions par les pairs sur leurs sujets ». Au total, la plateforme revendique donner l’accès à 15 ans d’articles, de publications de blogs, de rapports et d’autres indicateurs essentiels liés au climat.

Les attaques du gouvernement Trump contre les régulations environnementales n’ont pas cessé depuis l’an dernier. La semaine dernière, le ministère de la Justice a notamment adressé à la cour du Mississippi une lettre l’intimant de classer l’affaire relative au supercalculateur Colossus de xAI. Ce dernier est accusé d’avoir violé le Clean Air Act en installant des générateurs au gaz non autorisés, et de polluer l’air du voisinage, principalement habité par une population noire qui présente déjà l’espérance de vie la plus faible de Memphis et ses environs.

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☕️ Changement à la tête du CNRS : Thierry Dauxois est le nouveau PDG



Thierry Dauxois est officiellement le PDG (président-directeur général) du CNRS à compter de ce mercredi 10 juin 2026. Il est nommé par le président de la République, sur proposition de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Le ministre connait bien le CNRS où il a passé 16 ans, jusqu’en 2016. Quant au nouveau PDG (dont un résumé de la carrière est disponible dans le communiqué du CNRS), cela fait plus de 30 ans qu’il est au Centre de recherche. Thierry Dauxois prend donc la relève d’Antoine Petit, qui était l’ancien PDG depuis 2018 et qui assurait l’intérim au cours des dernières semaines.

Thierry Dauxois
Thierry Dauxois. Crédits CNRS

Il y a quelques jours, il était passé devant les commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui ont toutes les deux émis un avis favorable à l’unanimité (si on laisse de côté les votes blancs ou nuls).

Il arrive dans une situation tendue avec une baisse importante du budget du Centre. Des chercheurs ont publié une tribune affirmant qu’on « assiste à un net désengagement de l’État. Cette situation touche aussi les universités et l’ensemble des organismes de recherche ».

Le sujet s’était évidemment invité lors son audition pour valider (ou non) sa candidature :

« Le budget du CNRS est déjà beaucoup trop contraint, on ne peut pas promettre des économies supplémentaires. En revanche, on doit mieux mobiliser les ressources existantes et en chercher davantage. Les financements européens sont une source possible. Le CNRS en capte déjà une part importante, mais on peut faire beaucoup mieux en insistant sur la dimension collective du projet. »

Interrogé sur un possible gel des recrutements avec les coupes budgétaires, il affirme que c’est « inimaginable » et développe son propos :

« Chaque année le CNRS recrute 360 ingénieurs et techniciens, et 270 chercheurs. Compte tenu d’un salaire qui, vous l’avez dit, n’est pas très élevé – 70 000 euros par an –, c’est une masse salariale de 40 millions – à comparer aux 500 millions perdus. Geler le recrutement conduirait très vite à fermer des laboratoires de recherche, parce que les doctorants ne commenceraient plus de thèses, les étudiants en master seraient également empêchés ».

Il terminait enfin par un mot sur les questions de souveraineté, affirmant que le CNRS s’y intéresse beaucoup : « Mais la souveraineté scientifique ne se décrète pas, et ne se fait pas sans concertation. La France doit appuyer la recherche fondamentale libre et exigeante menée au CNRS pour développer des idées de souveraineté et sur la défense nationale ».

« Le CNRS est un organisme exceptionnel, dont la mission n’a jamais été aussi nécessaire. Je m’attacherai à lui donner les moyens d’agir, au service d’une recherche fondamentale ambitieuse qui demeure la première condition de notre souveraineté scientifique comme de notre rayonnement international », indique-t-il dans le communiqué de presse.

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☕️ Changement à la tête du CNRS : Thierry Dauxois est le nouveau PDG



Thierry Dauxois est officiellement le PDG (président-directeur général) du CNRS à compter de ce mercredi 10 juin 2026. Il est nommé par le président de la République, sur proposition de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Le ministre connait bien le CNRS où il a passé 16 ans, jusqu’en 2016. Quant au nouveau PDG (dont un résumé de la carrière est disponible dans le communiqué du CNRS), cela fait plus de 30 ans qu’il est au Centre de recherche. Thierry Dauxois prend donc la relève d’Antoine Petit, qui était l’ancien PDG depuis 2018 et qui assurait l’intérim au cours des dernières semaines.

Thierry Dauxois
Thierry Dauxois. Crédits CNRS

Il y a quelques jours, il était passé devant les commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui ont toutes les deux émis un avis favorable à l’unanimité (si on laisse de côté les votes blancs ou nuls).

Il arrive dans une situation tendue avec une baisse importante du budget du Centre. Des chercheurs ont publié une tribune affirmant qu’on « assiste à un net désengagement de l’État. Cette situation touche aussi les universités et l’ensemble des organismes de recherche ».

Le sujet s’était évidemment invité lors son audition pour valider (ou non) sa candidature :

« Le budget du CNRS est déjà beaucoup trop contraint, on ne peut pas promettre des économies supplémentaires. En revanche, on doit mieux mobiliser les ressources existantes et en chercher davantage. Les financements européens sont une source possible. Le CNRS en capte déjà une part importante, mais on peut faire beaucoup mieux en insistant sur la dimension collective du projet. »

Interrogé sur un possible gel des recrutements avec les coupes budgétaires, il affirme que c’est « inimaginable » et développe son propos :

« Chaque année le CNRS recrute 360 ingénieurs et techniciens, et 270 chercheurs. Compte tenu d’un salaire qui, vous l’avez dit, n’est pas très élevé – 70 000 euros par an –, c’est une masse salariale de 40 millions – à comparer aux 500 millions perdus. Geler le recrutement conduirait très vite à fermer des laboratoires de recherche, parce que les doctorants ne commenceraient plus de thèses, les étudiants en master seraient également empêchés ».

Il terminait enfin par un mot sur les questions de souveraineté, affirmant que le CNRS s’y intéresse beaucoup : « Mais la souveraineté scientifique ne se décrète pas, et ne se fait pas sans concertation. La France doit appuyer la recherche fondamentale libre et exigeante menée au CNRS pour développer des idées de souveraineté et sur la défense nationale ».

« Le CNRS est un organisme exceptionnel, dont la mission n’a jamais été aussi nécessaire. Je m’attacherai à lui donner les moyens d’agir, au service d’une recherche fondamentale ambitieuse qui demeure la première condition de notre souveraineté scientifique comme de notre rayonnement international », indique-t-il dans le communiqué de presse.

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Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

Casser le thermomètre, littéralement
Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

Donald Trump continue sa politique consistant à couper les budgets de la recherche états-unienne. Visant particulièrement les recherches sur le changement climatique, son administration vient de décider le démantèlement d’un réseau de bouées particulièrement crucial pour la récolte de données sur le sujet.

La recherche, et notamment celle sur le climat, continue d’être attaquée par l’administration Trump. En effet, après les coupes dans les budgets et dans les effectifs mises en place depuis l’année dernière, la National Science Foundation (NSF) a annoncé le 21 mai dernier le démantèlement d’une grande partie du réseau d’instruments scientifiques du projet Ocean Observatories Initiative (OOI) qu’elle a financé depuis 10 ans.

« Ce plan prévoit le retrait de toutes les infrastructures sous-marines de la mer d’Irminger, ainsi que des réseaux de la station Papa, d’Endurance et de Pioneer, sous réserve des contraintes liées au calendrier des navires et d’autres contraintes opérationnelles. Tout le matériel récupéré sera conservé par l’organisme responsable de l’exploitation dans l’attente de nouvelles instructions », explique la NSF, la principale agence de financement de la recherche aux États-Unis. Cette annonce a été faite moins d’un mois après que Donald Trump a viré tous les membres du conseil d’administration de l’agence (qui étaient des chercheurs ou ingénieurs).

Selon le New York Times, ce n’est pas moins de 900 instruments d’observation qui vont être enlevés. Et la NSF prévoit d’envoyer des bateaux pour les récupérer dès ce mois de juin.

Le fonds ajoute garder pour l’instant le « réseau câblé régional » du projet qui se situe au large de Portland ainsi que le data center de l’OOI pour les opérations en cours. Ironiquement, dans son communiqué, la NSF continue à souligner l’importance du projet : « Nous encourageons la communauté à exploiter les données de l’OOI, accumulées depuis plus de dix ans, en les intégrant dans leurs propositions, publications, présentations et échanges avec leurs collègues. Cet engagement continu met en évidence l’impact scientifique et les applications très variées rendues possibles par l’OOI et ses données, soulignant ainsi son importance en tant que ressource pour la communauté océanographique ».

Le système d’observation océanique le plus avancé au monde

Ce réseau d’instruments scientifiques qui a coûté 365 millions de dollars est un outil très utile pour comprendre le changement climatique. L’OOI est le « système d’observation océanique en fonctionnement continu le plus avancé au monde », estime Jim Edson, qui en était responsable en 2022, au New York Times. Comme l’explique l’Institut océanographique de Woods Hole, dans l’océan Austral par exemple, « les premiers déploiements de balises OOI en 2015 ont permis d’obtenir les premières séries chronologiques jamais enregistrées sur les mouvements de chaleur et de masses d’eau dans la région — des données qui revêtent un intérêt particulier pour la population chilienne, alors que le pays est confronté à une sécheresse persistante due à l’évolution des régimes de vent et de pression atmosphérique au-dessus de l’océan ».

La partie du projet située en mer d’Irminger a permis, elle, de mieux comprendre le fonctionnement de l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), le système de circulation océanique profonde situé dans l’Atlantique à l’origine des courants. « Ce vaste système de courants marins, dont fait partie le Gulf Stream, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, notamment en transportant de la chaleur des tropiques vers l’Atlantique Nord », explique le CNRS.

Quel pays sera capable de développer un réseau similaire ?

« Cela témoigne une fois de plus du manque de compréhension de la valeur et du mérite scientifiques dont fait preuve l’administration actuelle », se lamente au New York Times Craig McLean, le chercheur qui était le responsable scientifique de la National Oceanic & Atmospheric Administration lors du premier mandat de Donald Trump. « En démantelant un tel système, nous reléguons une nouvelle fois les États-Unis au second plan dans le domaine du leadership scientifique mondial », ajoute-t-il.

Le problème est que le projet n’est pas seulement abandonné mais qu’il est aussi démantelé. Ainsi, pour qu’un autre pays reprenne le relais, il lui faudrait redéployer un réseau d’outils très onéreux.

En mai 2025, en France, des chercheuses et chercheurs tiraient la sonnette d’alarme devant les sénateurs pour que notre pays propose une alternative pour héberger les données menacées par Trump. Le directeur général délégué à la science du CNRS, Alain Schuhl, affirmait que les bases de données étaient « l’urgence absolue ». Mais le sénateur Pierre Ouzoulias (PCF) attirait aussi l’attention sur « les bouées de surface dans l’hémisphère nord [qui mesurent paramètres météorologiques et océanographiques], c’est 50 % ».

«Si on perd ces bouées, on est incapables de prévoir des phénomènes extrêmes. Je ne parle même pas du Pacifique, où là, on est totalement dépendants des données météorologiques américaines et nous serions incapables de prévoir des cyclones à Mayotte, à la Réunion ou en Polynésie. Il y a un souci majeur », expliquait-il.

Mais depuis, la France a continué à baisser, elle aussi, les budgets de recherche. Ainsi, l’océanographe et directrice de recherche au CNRS Katell Guizien se plaignait de ne plus pouvoir payer les contrats de travail de chercheurs de son équipe à cause des restrictions budgétaires au sein de l’organisme de recherche. Et le gouvernement a annoncé récemment des coupes budgétaires plus importantes touchant les universités, la recherche et France 2030.

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Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

Casser le thermomètre, littéralement
Trump démantèle le réseau de recueil de données climatiques dans l’océan le plus avancé

Donald Trump continue sa politique consistant à couper les budgets de la recherche états-unienne. Visant particulièrement les recherches sur le changement climatique, son administration vient de décider le démantèlement d’un réseau de bouées particulièrement crucial pour la récolte de données sur le sujet.

La recherche, et notamment celle sur le climat, continue d’être attaquée par l’administration Trump. En effet, après les coupes dans les budgets et dans les effectifs mises en place depuis l’année dernière, la National Science Foundation (NSF) a annoncé le 21 mai dernier le démantèlement d’une grande partie du réseau d’instruments scientifiques du projet Ocean Observatories Initiative (OOI) qu’elle a financé depuis 10 ans.

« Ce plan prévoit le retrait de toutes les infrastructures sous-marines de la mer d’Irminger, ainsi que des réseaux de la station Papa, d’Endurance et de Pioneer, sous réserve des contraintes liées au calendrier des navires et d’autres contraintes opérationnelles. Tout le matériel récupéré sera conservé par l’organisme responsable de l’exploitation dans l’attente de nouvelles instructions », explique la NSF, la principale agence de financement de la recherche aux États-Unis. Cette annonce a été faite moins d’un mois après que Donald Trump a viré tous les membres du conseil d’administration de l’agence (qui étaient des chercheurs ou ingénieurs).

Selon le New York Times, ce n’est pas moins de 900 instruments d’observation qui vont être enlevés. Et la NSF prévoit d’envoyer des bateaux pour les récupérer dès ce mois de juin.

Le fonds ajoute garder pour l’instant le « réseau câblé régional » du projet qui se situe au large de Portland ainsi que le data center de l’OOI pour les opérations en cours. Ironiquement, dans son communiqué, la NSF continue à souligner l’importance du projet : « Nous encourageons la communauté à exploiter les données de l’OOI, accumulées depuis plus de dix ans, en les intégrant dans leurs propositions, publications, présentations et échanges avec leurs collègues. Cet engagement continu met en évidence l’impact scientifique et les applications très variées rendues possibles par l’OOI et ses données, soulignant ainsi son importance en tant que ressource pour la communauté océanographique ».

Le système d’observation océanique le plus avancé au monde

Ce réseau d’instruments scientifiques qui a coûté 365 millions de dollars est un outil très utile pour comprendre le changement climatique. L’OOI est le « système d’observation océanique en fonctionnement continu le plus avancé au monde », estime Jim Edson, qui en était responsable en 2022, au New York Times. Comme l’explique l’Institut océanographique de Woods Hole, dans l’océan Austral par exemple, « les premiers déploiements de balises OOI en 2015 ont permis d’obtenir les premières séries chronologiques jamais enregistrées sur les mouvements de chaleur et de masses d’eau dans la région — des données qui revêtent un intérêt particulier pour la population chilienne, alors que le pays est confronté à une sécheresse persistante due à l’évolution des régimes de vent et de pression atmosphérique au-dessus de l’océan ».

La partie du projet située en mer d’Irminger a permis, elle, de mieux comprendre le fonctionnement de l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), le système de circulation océanique profonde situé dans l’Atlantique à l’origine des courants. « Ce vaste système de courants marins, dont fait partie le Gulf Stream, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, notamment en transportant de la chaleur des tropiques vers l’Atlantique Nord », explique le CNRS.

Quel pays sera capable de développer un réseau similaire ?

« Cela témoigne une fois de plus du manque de compréhension de la valeur et du mérite scientifiques dont fait preuve l’administration actuelle », se lamente au New York Times Craig McLean, le chercheur qui était le responsable scientifique de la National Oceanic & Atmospheric Administration lors du premier mandat de Donald Trump. « En démantelant un tel système, nous reléguons une nouvelle fois les États-Unis au second plan dans le domaine du leadership scientifique mondial », ajoute-t-il.

Le problème est que le projet n’est pas seulement abandonné mais qu’il est aussi démantelé. Ainsi, pour qu’un autre pays reprenne le relais, il lui faudrait redéployer un réseau d’outils très onéreux.

En mai 2025, en France, des chercheuses et chercheurs tiraient la sonnette d’alarme devant les sénateurs pour que notre pays propose une alternative pour héberger les données menacées par Trump. Le directeur général délégué à la science du CNRS, Alain Schuhl, affirmait que les bases de données étaient « l’urgence absolue ». Mais le sénateur Pierre Ouzoulias (PCF) attirait aussi l’attention sur « les bouées de surface dans l’hémisphère nord [qui mesurent paramètres météorologiques et océanographiques], c’est 50 % ».

«Si on perd ces bouées, on est incapables de prévoir des phénomènes extrêmes. Je ne parle même pas du Pacifique, où là, on est totalement dépendants des données météorologiques américaines et nous serions incapables de prévoir des cyclones à Mayotte, à la Réunion ou en Polynésie. Il y a un souci majeur », expliquait-il.

Mais depuis, la France a continué à baisser, elle aussi, les budgets de recherche. Ainsi, l’océanographe et directrice de recherche au CNRS Katell Guizien se plaignait de ne plus pouvoir payer les contrats de travail de chercheurs de son équipe à cause des restrictions budgétaires au sein de l’organisme de recherche. Et le gouvernement a annoncé récemment des coupes budgétaires plus importantes touchant les universités, la recherche et France 2030.

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Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

De l'IA dans la seringue
Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

Une équipe de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, a conçu et testé chez l’humain un vaccin expérimental pour contrer une sous-famille de coronavirus, dont le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. Sa particularité : l’antigène principal a été conçu par une plateforme d’IA développée par les chercheurs. La prudence reste de mise face à l’optimisme affiché par certains.

Une intelligence artificielle a servi à développer un type de vaccin « fondamentalement nouveau » contre une sous-famille de coronavirus : le SARS-CoV-1 (responsable de l’épidémie de SRAS en 2002 - 2003), le SARS-CoV-2 (mieux connu sous le nom de Covid-19) et d’autres sarbecovirus présents chez les animaux et susceptibles de franchir la barrière des espèces.

Un antigène conçu par IA

De l’aveu même des chercheurs, les premiers essais humains réalisés auprès de 39 personnes ont retourné des résultats mitigés. Les participants possédaient déjà un niveau élevé d’anticorps en raison de précédentes vaccinations contre le Covid.

Ces niveaux ont peu augmenté ; les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Infection, reconnaissent que le vaccin pEVAC-PS n’a pas démontré une capacité forte à renforcer l’immunité. Cela n’empêche pas certains de surfer sur cette vague, comme nous allons le voir. Une seconde étude clinique impliquant 200 participants permettra de se faire une meilleure idée des capacités du vaccin.

L’intérêt est ailleurs. Les chercheurs de l’université de Cambridge ont en effet révélé qu’il s’agissait du premier vaccin dont un élément clé a été entièrement conçu par une IA puis testé sur des humains. Le système a analysé les séquences génétiques de nombreux coronavirus pour concevoir un antigène synthétique ciblant leurs caractéristiques communes. L’antigène est l’élément clé du vaccin, c’est la molécule que le système immunitaire apprend à reconnaître pour ensuite neutraliser le virus. Le vaccin est le produit final administré au patient, avec l’antigène.

On ne parle pas d’un grand modèle de langage comparable à GPT. C’est une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus (plutôt que contre une seule souche) en étudiant le patrimoine génétique de coronavirus connus. L’outil utilisé s’appelle DIOSynVax (digitally immune-optimized synthetic vaccine). Il est développé par une spin-out de Cambridge du même nom et utilise le machine learning, la startup n’en dit pas beaucoup plus sur son site.

Les vaccins sont généralement conçus à partir de souches déjà identifiées d’un virus. En analysant des séquences génétiques d’une batterie de coronavirus, l’IA a créé une sorte de « super-antigène » en mesure d’offrir une protection même face à de futures mutations ou à l’émergence d’un coronavirus d’origine animale.

La prudence reste de mise

« Il s’agit de mettre au point des vaccins qui nous protègent non seulement contre les virus d’aujourd’hui, mais aussi contre ceux qui pourraient être à l’origine de la prochaine épidémie ou de la prochaine maladie », explique le professeur Jonathan Heeney interrogé par la BBC. « C’est un changement fondamental dans notre manière de nous préparer aux pandémies ».

L’équipe va mettre son IA à contribution pour développer des vaccins contre la grippe, la grippe aviaire H5N1 et contre les fièvres hémorragiques virales comme Ebola, qui frappe en ce moment la République démocratique du Congo. L’épidémie actuelle a été provoquée par une souche du virus contre laquelle aucun vaccin n’existe. « Ce qui est vraiment intéressant, c’est que cette technologie semble beaucoup plus efficace pour concevoir des vaccins capables d’anticiper de futures pandémies, notamment lorsque les virus mutent rapidement », décrypte Saul Faust, qui a réalisé les essais à l’université de Southampton.

« Les premiers essais cliniques étant encourageants, cette technologie pourrait permettre d’accélérer le développement et la mise à disposition de vaccins au bénéfice des populations du monde entier », s’enthousiasme le ministre britannique des Sciences, Lord Vallance.

Une déclaration aussi optimiste que politique évidemment, alors que les chercheurs se font plus prudents dans leur publication scientifique : le vaccin n’a pas encore démontré sa capacité à offrir une protection large contre l’ensemble des sarbecovirus. Une étude de phase II devra désormais confirmer si l’approche tient ses promesses.

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Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

De l'IA dans la seringue
Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

Une équipe de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, a conçu et testé chez l’humain un vaccin expérimental pour contrer une sous-famille de coronavirus, dont le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. Sa particularité : l’antigène principal a été conçu par une plateforme d’IA développée par les chercheurs. La prudence reste de mise face à l’optimisme affiché par certains.

Une intelligence artificielle a servi à développer un type de vaccin « fondamentalement nouveau » contre une sous-famille de coronavirus : le SARS-CoV-1 (responsable de l’épidémie de SRAS en 2002 - 2003), le SARS-CoV-2 (mieux connu sous le nom de Covid-19) et d’autres sarbecovirus présents chez les animaux et susceptibles de franchir la barrière des espèces.

Un antigène conçu par IA

De l’aveu même des chercheurs, les premiers essais humains réalisés auprès de 39 personnes ont retourné des résultats mitigés. Les participants possédaient déjà un niveau élevé d’anticorps en raison de précédentes vaccinations contre le Covid.

Ces niveaux ont peu augmenté ; les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Infection, reconnaissent que le vaccin pEVAC-PS n’a pas démontré une capacité forte à renforcer l’immunité. Cela n’empêche pas certains de surfer sur cette vague, comme nous allons le voir. Une seconde étude clinique impliquant 200 participants permettra de se faire une meilleure idée des capacités du vaccin.

L’intérêt est ailleurs. Les chercheurs de l’université de Cambridge ont en effet révélé qu’il s’agissait du premier vaccin dont un élément clé a été entièrement conçu par une IA puis testé sur des humains. Le système a analysé les séquences génétiques de nombreux coronavirus pour concevoir un antigène synthétique ciblant leurs caractéristiques communes. L’antigène est l’élément clé du vaccin, c’est la molécule que le système immunitaire apprend à reconnaître pour ensuite neutraliser le virus. Le vaccin est le produit final administré au patient, avec l’antigène.

On ne parle pas d’un grand modèle de langage comparable à GPT. C’est une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus (plutôt que contre une seule souche) en étudiant le patrimoine génétique de coronavirus connus. L’outil utilisé s’appelle DIOSynVax (digitally immune-optimized synthetic vaccine). Il est développé par une spin-out de Cambridge du même nom et utilise le machine learning, la startup n’en dit pas beaucoup plus sur son site.

Les vaccins sont généralement conçus à partir de souches déjà identifiées d’un virus. En analysant des séquences génétiques d’une batterie de coronavirus, l’IA a créé une sorte de « super-antigène » en mesure d’offrir une protection même face à de futures mutations ou à l’émergence d’un coronavirus d’origine animale.

La prudence reste de mise

« Il s’agit de mettre au point des vaccins qui nous protègent non seulement contre les virus d’aujourd’hui, mais aussi contre ceux qui pourraient être à l’origine de la prochaine épidémie ou de la prochaine maladie », explique le professeur Jonathan Heeney interrogé par la BBC. « C’est un changement fondamental dans notre manière de nous préparer aux pandémies ».

L’équipe va mettre son IA à contribution pour développer des vaccins contre la grippe, la grippe aviaire H5N1 et contre les fièvres hémorragiques virales comme Ebola, qui frappe en ce moment la République démocratique du Congo. L’épidémie actuelle a été provoquée par une souche du virus contre laquelle aucun vaccin n’existe. « Ce qui est vraiment intéressant, c’est que cette technologie semble beaucoup plus efficace pour concevoir des vaccins capables d’anticiper de futures pandémies, notamment lorsque les virus mutent rapidement », décrypte Saul Faust, qui a réalisé les essais à l’université de Southampton.

« Les premiers essais cliniques étant encourageants, cette technologie pourrait permettre d’accélérer le développement et la mise à disposition de vaccins au bénéfice des populations du monde entier », s’enthousiasme le ministre britannique des Sciences, Lord Vallance.

Une déclaration aussi optimiste que politique évidemment, alors que les chercheurs se font plus prudents dans leur publication scientifique : le vaccin n’a pas encore démontré sa capacité à offrir une protection large contre l’ensemble des sarbecovirus. Une étude de phase II devra désormais confirmer si l’approche tient ses promesses.

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☕️ [Màj] La NASA demande aux astronautes de l’ISS de reprendre une activité normale



L’équipage d’astronautes de la mission Crew-12 (dont la Française Sophie Adenot) qui occupe actuellement la station spatiale internationale a reçu l’ordre par la NASA de se mettre à l’abri dans sa capsule habitable Crew Dragon et d’enfiler ses combinaisons, pour réagir le plus rapidement possible si une évacuation d’urgence était nécessaire.

ISS 80 mm forward nadir mosaic created with imagery from Expedition 66.

La NASA a expliqué à l’agence de presse Reuters que l’équipage russe est de son côté en train d’essayer de réparer une fuite d’air qui s’aggrave sur sa partie du laboratoire orbital.

L’agence américaine et Roscosmos, son homologue russe, discutent depuis plusieurs mois de la cause de petites fuites d’air à bord et de la façon de les résoudre. Elles étaient jusque-là mineures mais elles se seraient aggravées depuis lundi selon une source de l’agence de presse.

Peu de temps après, la responsable presse de la NASA, Bethany Stevens a ajouté sur X que Roscosmos avait suspendu « les travaux de réparation structurelle à l’intérieur du tunnel de transfert du module de service Zvezda […] le temps d’analyser de nouvelles mesures et données ». « Compte tenu de cette situation, la NASA a demandé aux membres d’équipage à bord du vaisseau spatial Dragon de mettre fin aux procédures de sécurité et de reprendre les opérations prévues à bord de la Station spatiale internationale », a-t-elle ajouté.

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☕️ [Màj] La NASA demande aux astronautes de l’ISS de reprendre une activité normale



L’équipage d’astronautes de la mission Crew-12 (dont la Française Sophie Adenot) qui occupe actuellement la station spatiale internationale a reçu l’ordre par la NASA de se mettre à l’abri dans sa capsule habitable Crew Dragon et d’enfiler ses combinaisons, pour réagir le plus rapidement possible si une évacuation d’urgence était nécessaire.

ISS 80 mm forward nadir mosaic created with imagery from Expedition 66.

La NASA a expliqué à l’agence de presse Reuters que l’équipage russe est de son côté en train d’essayer de réparer une fuite d’air qui s’aggrave sur sa partie du laboratoire orbital.

L’agence américaine et Roscosmos, son homologue russe, discutent depuis plusieurs mois de la cause de petites fuites d’air à bord et de la façon de les résoudre. Elles étaient jusque-là mineures mais elles se seraient aggravées depuis lundi selon une source de l’agence de presse.

Peu de temps après, la responsable presse de la NASA, Bethany Stevens a ajouté sur X que Roscosmos avait suspendu « les travaux de réparation structurelle à l’intérieur du tunnel de transfert du module de service Zvezda […] le temps d’analyser de nouvelles mesures et données ». « Compte tenu de cette situation, la NASA a demandé aux membres d’équipage à bord du vaisseau spatial Dragon de mettre fin aux procédures de sécurité et de reprendre les opérations prévues à bord de la Station spatiale internationale », a-t-elle ajouté.

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Booster les sondages avec l’IA générative, une (fausse) bonne idée ?

IFlop
Booster les sondages avec l’IA générative, une (fausse) bonne idée ?

Avec l’arrivée de l’IA générative, un fantasme de sondeur arrive : et si on pouvait augmenter un échantillon de sondage avec l’IA générative pour le rendre plus représentatif ? Et même, allons-y, et si on pouvait sonder la population sans faire aucune enquête ? Les chercheurs en statistiques Arthur Charpentier et Guillaume Chauvet nous répondent.

Si peu d’entreprises de sondages ont passé le pas publiquement, elles lorgnent toutes sur l’IA générative pour booster leur production d’études. En effet, quoi de mieux pour faire baisser les coûts et augmenter la productivité de ce genre d’entreprise si l’IA générative leur permettait d’interroger beaucoup moins de personnes via téléphone ou questionnaires autoadministrés sur Internet ?

En 2024, l’IFOP a publié un premier sondage de cette espèce en s’associant avec l’entreprise FAIRGEN [PDF] dont un extrait de la notice a circulé de nouveau sur les réseaux sociaux récemment. Celui-ci s’intéressait à l’intention de vote des enseignants aux élections européennes. Il affichait s’appuyer sur « un échantillon de 8 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus » incluant « l’équivalent statistique » de 580 enseignants de collège et de lycée. De fait, ce ne sont pas 580 enseignants qui ont été interrogés mais 116, dont les interviews ont été « extrapolées par la technologie DataBoostAI » développée par FAIRGEN.

« Basée sur l’IA générative, elle repose sur un principe de mise en relation holistique des données recueillies lors du terrain de façon à améliorer la précision statistique des résultats par génération d’échantillons synthétiques », ajoutait la notice sans plus de précision. Si l’entreprise de sondage avertissait sur le côté non prédictif des résultats de son travail le jour du vote, elle ne faisait aucune remarque dans ses avertissements concernant l’utilisation de l’IA générative. Si la méthodologie de ce sondage a eu de nouveaux échos récemment sur les réseaux sociaux, nous n’avons pas trouvé d’autre sondage en France de cette entreprise utilisant ce genre de technique.

Interrogé par Next, l’Ifop n’a pour l’instant pas donné suite à notre email. Elle se vante toujours sur son site d’être les « pionniers de la donnée synthétique » et d’être, « depuis 2023, le design partner de Fairgen ». « Ensemble, nous contribuons à fiabiliser cette technologie en nous appuyant sur des échantillons réels, dans le respect de la rigueur scientifique qui caractérise le Groupe Ifop », ajoute-t-elle.

Son concurrent en France, Ipsos/Bva, semble prendre un peu plus de recul avant de publier des sondages utilisant ce genre de données synthétiques. « Dans le domaine des sondages d’opinion publique, sur des enjeux électoraux, politiques ou au débat d’actualité, ce ne sont pas des choses que nous avons mises en place jusqu’à présent », nous assure Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos. Il ne rejette cependant pas totalement la possibilité d’utiliser ce genre de techniques : « Ça ne nous empêche pas pour autant de réfléchir, de faire des tests et de voir comment ça fonctionne soit sur d’autres types d’applications plus marketing soit dans d’autres pays ». À ce stade, il ne peut pas dire si cela sera le cas pour la campagne électorale qui s’ouvre dans le cadre de l’élection présidentielle de 2027.

L’intérêt ? Ce serait moins cher et plus rapide


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Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

L'avenir en berne
Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

En parallèle du sommet « Choose France », le gouvernement français revoit le budget du pays quelques mois après le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump. La recherche, l’enseignement supérieur et les investissements d’avenir sont les secteurs les plus touchés.

Alors qu’en fin d’année 2025 (comme l’année d’avant) le gouvernement a eu de la peine à faire voter son budget 2026, Sébastien Lecornu prévoit de le raboter, par décrets. Et les coupes sont importantes : 954 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus, dont une partie importante prélevée dans le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, mais aussi les « investissements d’avenir ».

De fait, le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait annoncé le 21 avril dernier 6 milliards d’euros d’économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump.

Des annonces attendues par les parlementaires

Mais un mois après, les parlementaires n’avaient pas reçu d’information sur la façon dont ces économies allaient être réalisées. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR) lui ont envoyé une lettre, selon Le Monde, dans laquelle ils lui ont demandé de leur faire parvenir « les mesures de redressement envisagées, avec leur répartition par ministère et par action de politique publique, ainsi que le mode opératoire envisagé : gels de crédits, décret d’avance ou d’annulation de crédits, loi de finances rectificative, etc. » avant le 1ᵉʳ juin, c’est-à-dire aujourd’hui.

Une partie devrait venir de l’abandon du projet du gouvernement d’augmenter les exonérations de cotisations patronales via un décret. L’enveloppe de compensation de ces exonérations, qui s’élève déjà à 74 milliards d’euros, ne sera finalement pas augmentée des 2 milliards supplémentaires prévus suite à la hausse du SMIC (+ 2,4 %).

Mais le gouvernement prévoit aussi de couper dans le budget de ses ministères. Il l’a finalement fait savoir aux parlementaires en transmettant ce jeudi 28 mai aux commissions des Finances deux projets de décrets qu’a pu obtenir Public Sénat.

En tout, il prévoit de revenir sur 954 millions d’euros de crédits de paiement. Au premier plan se trouve le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace.

139 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur et la recherche

Ainsi, les projets de décrets signés par David Amiel prévoient pour l’un [PDF] 70,235 millions d’euros et pour l’autre 68,854 millions d’euros pour l’autre [PDF] de crédits de paiement annulés concernant la recherche et l’enseignement supérieur, soit plus de 139 millions d’euros de coupes budgétaires.

Cela inclut 35,47 millions d’euros en moins pour les universités alors qu’une très grande partie d’entre elles sont déjà en déficit, leurs dotations ne leur permettant pas de compenser la hausse des charges. Fin décembre, l’Université de Lille annonçait un déficit de 45 millions d’euros dans son budget 2026.

Pour les autres institutions de recherche pluridisciplinaire, la baisse du budget prévu atteint 63,5 millions d’euros. En avril dernier, le PDG du CNRS, Antoine Petit avait déjà annoncé que son institution était sommée par le gouvernement de procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros.

La recherche spatiale, domaine cher au ministre Philippe Baptiste qui a été président du CNES, n’est pas épargnée. Ainsi, les deux décrets prévoient que son budget soit amputé de 32,4 millions d’euros.

France 2030 est aussi touché

Enfin, les investissements du plan France 2030 – prévus en 2021 par Emmanuel Macron pour rattraper le retard de la France dans la recherche dans certains secteurs industriels – perdraient 100,38 millions d’euros de crédits. Ce plan sert, par exemple, au financement des recherches sur le quantique annoncées par le président de la République récemment ou celles sur les jumeaux numériques de territoire.

La « vraie priorité à l’enseignement supérieur et à la recherche » affichée par Philippe Baptiste lors du vote du budget initial semble loin. Présentés à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine dernière, les décrets doivent encore être publiés au Journal Officiel. Mais Sébastien Lecornu a déjà prévenu que, la guerre au Moyen-Orient se prolongeant, « les 6 milliards d’euros devront être remis à jour » avec une nouvelle estimation qui devrait arriver fin juin. « J’ai parié sur 10 milliards d’euros », a confié à nos confrères du Monde le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI).

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Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

L'avenir en berne
Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

En parallèle du sommet « Choose France », le gouvernement français revoit le budget du pays quelques mois après le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump. La recherche, l’enseignement supérieur et les investissements d’avenir sont les secteurs les plus touchés.

Alors qu’en fin d’année 2025 (comme l’année d’avant) le gouvernement a eu de la peine à faire voter son budget 2026, Sébastien Lecornu prévoit de le raboter, par décrets. Et les coupes sont importantes : 954 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus, dont une partie importante prélevée dans le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, mais aussi les « investissements d’avenir ».

De fait, le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait annoncé le 21 avril dernier 6 milliards d’euros d’économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump.

Des annonces attendues par les parlementaires

Mais un mois après, les parlementaires n’avaient pas reçu d’information sur la façon dont ces économies allaient être réalisées. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR) lui ont envoyé une lettre, selon Le Monde, dans laquelle ils lui ont demandé de leur faire parvenir « les mesures de redressement envisagées, avec leur répartition par ministère et par action de politique publique, ainsi que le mode opératoire envisagé : gels de crédits, décret d’avance ou d’annulation de crédits, loi de finances rectificative, etc. » avant le 1ᵉʳ juin, c’est-à-dire aujourd’hui.

Une partie devrait venir de l’abandon du projet du gouvernement d’augmenter les exonérations de cotisations patronales via un décret. L’enveloppe de compensation de ces exonérations, qui s’élève déjà à 74 milliards d’euros, ne sera finalement pas augmentée des 2 milliards supplémentaires prévus suite à la hausse du SMIC (+ 2,4 %).

Mais le gouvernement prévoit aussi de couper dans le budget de ses ministères. Il l’a finalement fait savoir aux parlementaires en transmettant ce jeudi 28 mai aux commissions des Finances deux projets de décrets qu’a pu obtenir Public Sénat.

En tout, il prévoit de revenir sur 954 millions d’euros de crédits de paiement. Au premier plan se trouve le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace.

139 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur et la recherche

Ainsi, les projets de décrets signés par David Amiel prévoient pour l’un [PDF] 70,235 millions d’euros et pour l’autre 68,854 millions d’euros pour l’autre [PDF] de crédits de paiement annulés concernant la recherche et l’enseignement supérieur, soit plus de 139 millions d’euros de coupes budgétaires.

Cela inclut 35,47 millions d’euros en moins pour les universités alors qu’une très grande partie d’entre elles sont déjà en déficit, leurs dotations ne leur permettant pas de compenser la hausse des charges. Fin décembre, l’Université de Lille annonçait un déficit de 45 millions d’euros dans son budget 2026.

Pour les autres institutions de recherche pluridisciplinaire, la baisse du budget prévu atteint 63,5 millions d’euros. En avril dernier, le PDG du CNRS, Antoine Petit avait déjà annoncé que son institution était sommée par le gouvernement de procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros.

La recherche spatiale, domaine cher au ministre Philippe Baptiste qui a été président du CNES, n’est pas épargnée. Ainsi, les deux décrets prévoient que son budget soit amputé de 32,4 millions d’euros.

France 2030 est aussi touché

Enfin, les investissements du plan France 2030 – prévus en 2021 par Emmanuel Macron pour rattraper le retard de la France dans la recherche dans certains secteurs industriels – perdraient 100,38 millions d’euros de crédits. Ce plan sert, par exemple, au financement des recherches sur le quantique annoncées par le président de la République récemment ou celles sur les jumeaux numériques de territoire.

La « vraie priorité à l’enseignement supérieur et à la recherche » affichée par Philippe Baptiste lors du vote du budget initial semble loin. Présentés à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine dernière, les décrets doivent encore être publiés au Journal Officiel. Mais Sébastien Lecornu a déjà prévenu que, la guerre au Moyen-Orient se prolongeant, « les 6 milliards d’euros devront être remis à jour » avec une nouvelle estimation qui devrait arriver fin juin. « J’ai parié sur 10 milliards d’euros », a confié à nos confrères du Monde le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI).

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Une méta-analyse sur les effets positifs de ChatGPT dans l’éducation rétractée 1 an après

Recherche précipitée
Une méta-analyse sur les effets positifs de ChatGPT dans l’éducation rétractée 1 an après

Une méta-analyse sur les effets de ChatGPT sur les élèves qui soutenait « un impact positif considérable » a été rétractée. Des chercheurs ont rapidement pointé des problèmes méthodologiques importants mais la revue n’a réagi qu’un an après.

En mai 2025, la revue Humanities and social sciences communications publiait une méta-analyse effectuée par les chercheurs chinois Jin Wang et Wenxiang Fan sur les effets de l’utilisation du chatbot d’OpenAI sur l’apprentissage à l’école qui affirmait que celui-ci avait « un impact positif considérable sur l’amélioration des résultats scolaires ». Près d’un an après avoir cautionné le sérieux de l’étude en l’ayant publiée, la revue, éditée par le géant Springer Nature, a décidé de la rétracter.

« L’éditeur [membre de l’équipe qui gère la revue] a décidé de rétracter cet article en raison de réserves concernant des incohérences dans la méta-analyse. Ces problèmes remettent en cause la confiance que l’éditeur peut accorder à la validité de l’analyse et aux conclusions qui en découlent », explique la note de rétractation publiée le 22 avril dernier. « Les auteurs n’ont pas répondu aux courriers concernant cette rétractation », ajoute la revue.

Un article cité déjà 500 fois

Entre-temps, selon Google Scholar, la méta-analyse a été citée plus de 500 fois dans des travaux scientifiques (relus par les pairs ou pas). Si ces travaux reposent de façon importante sur cette méta-analyse, les auteurs devront aussi se poser des questions sur la solidité de leurs travaux. Par exemple, elle était encore citée dans un article publié en février dernier dans la revue Scientific Reports, éditée aussi par Springer Nature.

Pourtant des critiques sont vite apparues. Ainsi, on pouvait trouver un commentaire sur la plateforme Pubpeer (qui permet de relever d’éventuels problèmes dans des articles déjà parus dans des revues scientifiques) dès juillet dernier.

Des chercheurs norvégiens ont sonné l’alarme


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