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La France abandonne sa taxe sur les petits colis, l’Union européenne prend le relais

3 € par colis, et plus si affinités
La France abandonne sa taxe sur les petits colis, l’Union européenne prend le relais

À partir du mercredi 1ᵉʳ juillet, les « petits colis » provenant de Chine ou d’ailleurs vont coûter plus cher. Une taxe de 3 euros va en effet s’appliquer sur les colis d’un montant d’une valeur inférieure à 150 euros entrant dans l’Union européenne. Il s’agit d’une mesure temporaire, qui prendra fin dans deux ans.

L’exemption dite « de minimis », un dispositif qui exonère les envois de faible valeur de certains droits et taxes, va temporairement disparaitre pour les colis entrants dans l’Union européenne à partir du 1ᵉʳ juillet. Ce droit de douane sera de 3 euros sur les fameux petits colis (d’une valeur de moins de 150 euros) commandés auprès de fournisseurs situés en dehors de l’UE.

La mesure européenne va remplacer la taxe française de 2 euros mise en place début mars et qui s’est révélée être un fiasco sur toute la ligne. Pour échapper à cette dîme, les plateformes acheminent leurs marchandises non plus vers la France, mais en Belgique ou aux Pays-Bas où une telle taxe nationale n’existe pas…

« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis », a expliqué le cabinet de Serge Papin, ministre du Commerce, à France Info. Ne restera donc, à partir de demain, que la taxe européenne.

Les plateformes de commerce en ligne et les consommateurs ne sont pas au bout de leurs peines. Car d’ici le mois de novembre, des frais de traitement européen doivent également s’appliquer, ce qui occasionnera un surcoût de 2 euros par colis. Dans les situations les plus simples, la taxe et les frais représenteront donc 5 euros.

La France voulait aller plus vite que la musique et s’est finalement brûlée les ailes. L’Hexagone espérait récolter 500 millions d’euros, or le rendement serait de 2,3 millions d’euros par mois selon le directeur général des Douanes cité par l’AFP. Il ajoute que la perte en volume serait de « l’ordre de 90 % depuis le 1ᵉʳ mars », avec 50 000 colis par jour au lieu de 500 000. Enfin, rien ne dit que les transferts repasseront par la France maintenant que ce droit de douane s’applique partout dans l’UE.

De minimis ad patres

Une nuance importante à garder en tête : le montant forfaitaire de 3 euros s’applique par catégorie de produit présente dans le colis, et non en fonction du nombre d’articles. Par exemple, un colis contenant 5 t-shirts sera taxé à hauteur de 3 euros. Mais si le colis contient 1 t-shirt et 1 montre, le montant est de 6 euros puisqu’il s’applique sur deux classifications douanières différentes (« vêtement » et « montre »).

Image : FedEx

L’UE explique qu’il ne s’agit pas d’une taxe sur les consommateurs : « [le dispositif] remplace une exonération douanière devenue obsolète et qui accorde, dans les faits, un avantage concurrentiel à certains modèles économiques. » En ligne de mire : Shein et Temu qui inondent les aéroports européens de leurs produits (pas toujours aux normes).

La facture refilée aux consommateurs

Quant à affirmer que ces 3 euros (ou plus) ne représentent pas une « taxe à la consommation », cela reste à voir. En principe, le droit de douane est acquitté par le vendeur ou l’importateur, et non par l’acheteur. Le consommateur ne peut être amené à le payer directement que dans de rares situations, lorsque son pays propose un système gratuit de déclaration douanière en ligne pour les particuliers.

Néanmoins, FedEx explique dans un document destiné à ses clients [PDF] qu’elle avancera le montant dû aux autorités au moment de l’importation, « puis en obtient le remboursement auprès du client ». Dans les faits, le coût risque donc fort d’être répercuté sur le consommateur final.

Quant aux accusations de protectionnisme en faveur des commerçants européens, l’UE balaie l’argument du revers de la main. L’objectif est de « rétablir des conditions de concurrence équitables », car les importations en lien avec le commerce en ligne ont « explosé ces dernières années » : près de 5,9 milliards d’articles en 2025.

Cette taxe 1 euro plus élevée que celle française risque également de réduire les volumes distribués par La Poste, et donc son activité globale. En octobre 2025, elle annonçait un accord avec Temu pour encadrer la collaboration commerciale entre les deux entreprises.

À cette occasion, comme le rappelle l’avocat Alexandre Archambault, La Poste chiffrait l’importance de la distribution de colis : 20 % proviennent d’Amazon, 20 % des plateformes chinoises. Et 80 % de la croissance sur ce marché est portée par les plateformes comme Alibaba, Shein, Temu et les autres. « Capter ces flux est donc une question de survie », plaidait la société. « Ils contribuent à la pérennité du groupe La Poste dans un contexte de chute des volumes de courrier, et participent au maintien de l’activité des facteurs ».

En octobre 2024 déjà, La Poste soulevait la question de la « montée des plateformes chinoises Temu et Shein, qui représentent 22 % des colis en Europe. C’était moins de 5 % il y a cinq ans ». À titre de comparaison, Amazon était à 21 % à l’époque.

Ce droit de douane s’appliquera jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2028. Ensuite, les colis aujourd’hui concernés par l’exemption de minimis seront soumis aux droits de douane ordinaires, calculés selon la nature du produit importé.

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La France abandonne sa taxe sur les petits colis, l’Union européenne prend le relais

3 € par colis, et plus si affinités
La France abandonne sa taxe sur les petits colis, l’Union européenne prend le relais

À partir du mercredi 1ᵉʳ juillet, les « petits colis » provenant de Chine ou d’ailleurs vont coûter plus cher. Une taxe de 3 euros va en effet s’appliquer sur les colis d’un montant d’une valeur inférieure à 150 euros entrant dans l’Union européenne. Il s’agit d’une mesure temporaire, qui prendra fin dans deux ans.

L’exemption dite « de minimis », un dispositif qui exonère les envois de faible valeur de certains droits et taxes, va temporairement disparaitre pour les colis entrants dans l’Union européenne à partir du 1ᵉʳ juillet. Ce droit de douane sera de 3 euros sur les fameux petits colis (d’une valeur de moins de 150 euros) commandés auprès de fournisseurs situés en dehors de l’UE.

La mesure européenne va remplacer la taxe française de 2 euros mise en place début mars et qui s’est révélée être un fiasco sur toute la ligne. Pour échapper à cette dîme, les plateformes acheminent leurs marchandises non plus vers la France, mais en Belgique ou aux Pays-Bas où une telle taxe nationale n’existe pas…

« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis », a expliqué le cabinet de Serge Papin, ministre du Commerce, à France Info. Ne restera donc, à partir de demain, que la taxe européenne.

Les plateformes de commerce en ligne et les consommateurs ne sont pas au bout de leurs peines. Car d’ici le mois de novembre, des frais de traitement européen doivent également s’appliquer, ce qui occasionnera un surcoût de 2 euros par colis. Dans les situations les plus simples, la taxe et les frais représenteront donc 5 euros.

La France voulait aller plus vite que la musique et s’est finalement brûlée les ailes. L’Hexagone espérait récolter 500 millions d’euros, or le rendement serait de 2,3 millions d’euros par mois selon le directeur général des Douanes cité par l’AFP. Il ajoute que la perte en volume serait de « l’ordre de 90 % depuis le 1ᵉʳ mars », avec 50 000 colis par jour au lieu de 500 000. Enfin, rien ne dit que les transferts repasseront par la France maintenant que ce droit de douane s’applique partout dans l’UE.

De minimis ad patres

Une nuance importante à garder en tête : le montant forfaitaire de 3 euros s’applique par catégorie de produit présente dans le colis, et non en fonction du nombre d’articles. Par exemple, un colis contenant 5 t-shirts sera taxé à hauteur de 3 euros. Mais si le colis contient 1 t-shirt et 1 montre, le montant est de 6 euros puisqu’il s’applique sur deux classifications douanières différentes (« vêtement » et « montre »).

Image : FedEx

L’UE explique qu’il ne s’agit pas d’une taxe sur les consommateurs : « [le dispositif] remplace une exonération douanière devenue obsolète et qui accorde, dans les faits, un avantage concurrentiel à certains modèles économiques. » En ligne de mire : Shein et Temu qui inondent les aéroports européens de leurs produits (pas toujours aux normes).

La facture refilée aux consommateurs

Quant à affirmer que ces 3 euros (ou plus) ne représentent pas une « taxe à la consommation », cela reste à voir. En principe, le droit de douane est acquitté par le vendeur ou l’importateur, et non par l’acheteur. Le consommateur ne peut être amené à le payer directement que dans de rares situations, lorsque son pays propose un système gratuit de déclaration douanière en ligne pour les particuliers.

Néanmoins, FedEx explique dans un document destiné à ses clients [PDF] qu’elle avancera le montant dû aux autorités au moment de l’importation, « puis en obtient le remboursement auprès du client ». Dans les faits, le coût risque donc fort d’être répercuté sur le consommateur final.

Quant aux accusations de protectionnisme en faveur des commerçants européens, l’UE balaie l’argument du revers de la main. L’objectif est de « rétablir des conditions de concurrence équitables », car les importations en lien avec le commerce en ligne ont « explosé ces dernières années » : près de 5,9 milliards d’articles en 2025.

Cette taxe 1 euro plus élevée que celle française risque également de réduire les volumes distribués par La Poste, et donc son activité globale. En octobre 2025, elle annonçait un accord avec Temu pour encadrer la collaboration commerciale entre les deux entreprises.

À cette occasion, comme le rappelle l’avocat Alexandre Archambault, La Poste chiffrait l’importance de la distribution de colis : 20 % proviennent d’Amazon, 20 % des plateformes chinoises. Et 80 % de la croissance sur ce marché est portée par les plateformes comme Alibaba, Shein, Temu et les autres. « Capter ces flux est donc une question de survie », plaidait la société. « Ils contribuent à la pérennité du groupe La Poste dans un contexte de chute des volumes de courrier, et participent au maintien de l’activité des facteurs ».

En octobre 2024 déjà, La Poste soulevait la question de la « montée des plateformes chinoises Temu et Shein, qui représentent 22 % des colis en Europe. C’était moins de 5 % il y a cinq ans ». À titre de comparaison, Amazon était à 21 % à l’époque.

Ce droit de douane s’appliquera jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2028. Ensuite, les colis aujourd’hui concernés par l’exemption de minimis seront soumis aux droits de douane ordinaires, calculés selon la nature du produit importé.

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En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Trop beau pour être vrai
En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Présenté comme « révolutionnaire », le climatiseur Epicooler, qui jouit de nombreuses vidéos YouTube et supposés tests indépendants positifs, cache en fait une arnaque.

Les publicités pour le faux climatiseur tournent depuis des semaines, en ligne. Il s’appelle Epicooler, il est présenté comme « révolutionnaire », « sans installation », affiché autour de 110 euros. Une affaire, pour faire face aux canicules ambiantes. Problème : ce climatiseur n’en est pas un, et souvent, la commande n’est même pas honorée.

Rien que l’affichage du prix est trompeur : sur les publicités, l’Epicooler est annoncé à 110 euros, mais la facture grimpe à 157,97 euros, ou 241,96 euros si vous en achetez deux. Raison avancée : les « frais de port et de douanes ». Sur Signal-Arnaques comme sur Trustpilot, les avis négatifs s’accumulent.

Un climatiseur qui défie les lois de la physique

Surtout, la description du produit lui-même pose problème. L’Epicooler est présenté comme un « climatiseur portable sans installation », théoriquement à même de refroidir une pièce de 51 m² sans compresseur ni tuyau d’évacuation. L’opportunité semble en or, sauf que matériellement, elle décrit un phénomène impossible : sans ces deux éléments, impossible d’évacuer la chaleur.

Comme le remarque Clubic, la foire aux questions du site web d’Epicooler vend (un peu) la mèche. Pour expliquer l’absence de tuyau, elle indique que « l’eau de condensation s’évapore à l’intérieur de l’unité », c’est-à-dire qu’elle n’est pas évacuée, donc que la chaleur reste dans la pièce. De fait, comme le rapportent de multiples utilisateurs mécontents, l’objet n’est qu’un simple ventilateur.

Site d’affiliation et commandes non honorées

Outre la marchandise trompeuse, tout ce qui entoure sa vente relève de l’arnaque. Débités, certains clients n’ont rien reçu du tout. Créé en avril 2026, le site epicooler.fr lui-même n’est qu’une collection de liens affiliés et porte les traces de multiples copies en fonction des marchés visés – l’Australie, notamment, est visée depuis plusieurs mois.

Derrière le nom Epicooler et ses copies Coolizi, Breezo ou Jiubery, Clubic a identifié la société lituanienne UAB Dara Digital. C’est cette dernière qui expédie (ou pas) les engins à ses clients. C’est aussi elle qu’on retrouve derrière d’autres objets vendus comme « miracles », dont la buse à haute pression Jetterix, les écouteurs SonaBuds ou encore les patchs chauffants WellHeat, supposés soulager les tensions musculaires.

Mais revenons à nos climatiseurs qui ne climatisent pas, et sont aussi vendus sous le nom de Coolizi. Sur le site de cette autre marque est référencée la société Dedata International, dont l’adresse juridique se trouve aux États-Unis, et celle physique, dans un immeuble de domiciliation de Hong Kong. Le numéro de TVA, quant à lui, est maltais, ce qui laisse supposer que la société récupère ainsi la TVA européenne.

Pour promouvoir le tout, le réseau d’arnaque semble avoir mis la main sur des chaînes YouTube et divers blogs, via lesquels des heures de reviews et de tests visiblement générés par IA donnent des retours élogieux du produit. De quoi piéger de nombreux internautes : Médiamétrie a constaté qu’un quart des Français visitaient régulièrement des sites entièrement générés par IA, et que les plus de 50 ans étaient les plus exposés à ces contenus de faible qualité, représentant 75 % des internautes attirés par les sites GenAI.

En pleine période de fortes chaleurs (et de soldes prolongés !) attention, donc, aux cyberarnaques. Pour protéger les autres internautes, il est utile de rapporter les escroqueries sur les plateformes Signal Conso et Pharos.

Et pour éviter de tomber soi-même dans le panneau, le ministère de l’Économie propose une série de mesures mêlant vérification de la réputation du site internet et de ses mentions légales à celle des avis consommateurs, en passant par le fait de privilégier des sites français ou européens, ou par un réflexe simple : si l’offre est trop alléchante, méfiance.

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En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Trop beau pour être vrai
En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Présenté comme « révolutionnaire », le climatiseur Epicooler, qui jouit de nombreuses vidéos YouTube et supposés tests indépendants positifs, cache en fait une arnaque.

Les publicités pour le faux climatiseur tournent depuis des semaines, en ligne. Il s’appelle Epicooler, il est présenté comme « révolutionnaire », « sans installation », affiché autour de 110 euros. Une affaire, pour faire face aux canicules ambiantes. Problème : ce climatiseur n’en est pas un, et souvent, la commande n’est même pas honorée.

Rien que l’affichage du prix est trompeur : sur les publicités, l’Epicooler est annoncé à 110 euros, mais la facture grimpe à 157,97 euros, ou 241,96 euros si vous en achetez deux. Raison avancée : les « frais de port et de douanes ». Sur Signal-Arnaques comme sur Trustpilot, les avis négatifs s’accumulent.

Un climatiseur qui défie les lois de la physique

Surtout, la description du produit lui-même pose problème. L’Epicooler est présenté comme un « climatiseur portable sans installation », théoriquement à même de refroidir une pièce de 51 m² sans compresseur ni tuyau d’évacuation. L’opportunité semble en or, sauf que matériellement, elle décrit un phénomène impossible : sans ces deux éléments, impossible d’évacuer la chaleur.

Comme le remarque Clubic, la foire aux questions du site web d’Epicooler vend (un peu) la mèche. Pour expliquer l’absence de tuyau, elle indique que « l’eau de condensation s’évapore à l’intérieur de l’unité », c’est-à-dire qu’elle n’est pas évacuée, donc que la chaleur reste dans la pièce. De fait, comme le rapportent de multiples utilisateurs mécontents, l’objet n’est qu’un simple ventilateur.

Site d’affiliation et commandes non honorées

Outre la marchandise trompeuse, tout ce qui entoure sa vente relève de l’arnaque. Débités, certains clients n’ont rien reçu du tout. Créé en avril 2026, le site epicooler.fr lui-même n’est qu’une collection de liens affiliés et porte les traces de multiples copies en fonction des marchés visés – l’Australie, notamment, est visée depuis plusieurs mois.

Derrière le nom Epicooler et ses copies Coolizi, Breezo ou Jiubery, Clubic a identifié la société lituanienne UAB Dara Digital. C’est cette dernière qui expédie (ou pas) les engins à ses clients. C’est aussi elle qu’on retrouve derrière d’autres objets vendus comme « miracles », dont la buse à haute pression Jetterix, les écouteurs SonaBuds ou encore les patchs chauffants WellHeat, supposés soulager les tensions musculaires.

Mais revenons à nos climatiseurs qui ne climatisent pas, et sont aussi vendus sous le nom de Coolizi. Sur le site de cette autre marque est référencée la société Dedata International, dont l’adresse juridique se trouve aux États-Unis, et celle physique, dans un immeuble de domiciliation de Hong Kong. Le numéro de TVA, quant à lui, est maltais, ce qui laisse supposer que la société récupère ainsi la TVA européenne.

Pour promouvoir le tout, le réseau d’arnaque semble avoir mis la main sur des chaînes YouTube et divers blogs, via lesquels des heures de reviews et de tests visiblement générés par IA donnent des retours élogieux du produit. De quoi piéger de nombreux internautes : Médiamétrie a constaté qu’un quart des Français visitaient régulièrement des sites entièrement générés par IA, et que les plus de 50 ans étaient les plus exposés à ces contenus de faible qualité, représentant 75 % des internautes attirés par les sites GenAI.

En pleine période de fortes chaleurs (et de soldes prolongés !) attention, donc, aux cyberarnaques. Pour protéger les autres internautes, il est utile de rapporter les escroqueries sur les plateformes Signal Conso et Pharos.

Et pour éviter de tomber soi-même dans le panneau, le ministère de l’Économie propose une série de mesures mêlant vérification de la réputation du site internet et de ses mentions légales à celle des avis consommateurs, en passant par le fait de privilégier des sites français ou européens, ou par un réflexe simple : si l’offre est trop alléchante, méfiance.

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Microsoft vole au secours du Data Privacy Framework entre l’UE et les États-Unis

Microsoft tient à son pont de données
Microsoft vole au secours du Data Privacy Framework entre l’UE et les États-Unis

Microsoft veut avoir son mot à dire sur le Data Privacy Framework, autrement dit le cadre transatlantique qui permet aux entreprises américaines certifiées de recevoir des données personnelles transférées depuis l’Union européenne.

L’éditeur de Windows a obtenu de la Cour de justice de l’Union européenne l’autorisation d’intervenir officiellement dans l’affaire concernant le Data Privacy Framework. Il s’agit du mécanisme qui permet à des entreprises certifiées aux États-Unis de recevoir des données personnelles venues de l’UE.

Microsoft au chevet du robinet des données européennes

Le successeur du Privacy Shield, invalidé en 2020 dans l’arrêt Shrems II, a été adopté trois ans plus tard. Ce nouveau dispositif autorise de nouveau le transfert des données transatlantiques, après que les États-Unis se sont engagés sur des garanties supplémentaires.

Philippe Latombe avait attaqué le Data Privacy Framework devant le Tribunal de l’UE ; le jugement, rendu en septembre 2025, a validé la décision de la Commission européenne. Le député MoDem de Vendée avait alors saisi la Cour de justice de l’UE. Le pourvoi est toujours en discussion, mais la CJUE permet à Microsoft d’intervenir dans le dossier.

La Cour n’a pas dit que le cadre transatlantique de transfert des données était valide, ou invalide. Elle a simplement reconnu à l’éditeur états-unien un intérêt direct et actuel dans l’issue du dossier. Microsoft peut désormais déposer des observations écrites devant la Cour, soutenir juridiquement la position de la Commission européenne, participer à l’audience orale ou encore expliquer pourquoi le Data Privacy Framework est important pour ses activités et celles de ses clients.

« Ce pont juridique essentiel favorise la stabilité, des relations transatlantiques bénéfiques, la croissance économique et la prospérité, tout en maintenant de solides garanties en matière de vie privée. L’affaire Latombe vise à le démanteler », expliquent Jon Palmer, directeur juridique de Microsoft, et Cari Benn, directrice de la protection de la vie privée.

Sauver le soldat Data Privacy Framework

L’enjeu est de taille pour Microsoft. Le mastodonte américain vend en Europe des logiciels et des services infonuagiques (Azure) à des entreprises, administrations et organisations qui doivent transférer ou traiter des données de part et d’autre de l’Atlantique. Une remise en cause du Data Privacy Framework ne fermerait pas le robinet à données du jour au lendemain ; en revanche, cela créerait une incertitude juridique pour les clients européens et les fournisseurs américains.

Philippe Latombe fonde son action sur les risques qui pèsent sur l’indépendance et l’impartialité de la Data Protection Review Court mise en place aux États-Unis. Les Européens doivent pouvoir déposer plainte devant cette Cour d’examen de la protection des données. Plusieurs exemples récents ont montré que l’administration Trump et le président américain lui-même n’hésitent pas à exercer de fortes pressions sur les agences fédérales, les institutions indépendantes et certains contre-pouvoirs.

Max Schrems, de l’association noyb, a déjà fait tomber Safe Harbor (2015) et donc, le Privacy Shield. À l’époque de la décision du Tribunal de l’UE, le juriste avait estimé que le recours Latombe était très étroit, sans doute trop pour remporter l’adhésion de la justice européenne. Un autre recours plus large pourrait porter davantage contre le nouveau cadre entre l’UE et les États-Unis.

En mai 2025, Microsoft assurait l’Union européenne de son soutien, « inébranlable », selon le mot de Brad Smith, président du groupe, pour matérialiser et renforcer « l’interdépendance économique » entre les États-Unis et le vieux continent. Cela se concrétise par exemple par la promesse d’agir devant les tribunaux pour protéger la confidentialité des données européennes face aux demandes du gouvernement américain.

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Microsoft vole au secours du Data Privacy Framework entre l’UE et les États-Unis

Microsoft tient à son pont de données
Microsoft vole au secours du Data Privacy Framework entre l’UE et les États-Unis

Microsoft veut avoir son mot à dire sur le Data Privacy Framework, autrement dit le cadre transatlantique qui permet aux entreprises américaines certifiées de recevoir des données personnelles transférées depuis l’Union européenne.

L’éditeur de Windows a obtenu de la Cour de justice de l’Union européenne l’autorisation d’intervenir officiellement dans l’affaire concernant le Data Privacy Framework. Il s’agit du mécanisme qui permet à des entreprises certifiées aux États-Unis de recevoir des données personnelles venues de l’UE.

Microsoft au chevet du robinet des données européennes

Le successeur du Privacy Shield, invalidé en 2020 dans l’arrêt Shrems II, a été adopté trois ans plus tard. Ce nouveau dispositif autorise de nouveau le transfert des données transatlantiques, après que les États-Unis se sont engagés sur des garanties supplémentaires.

Philippe Latombe avait attaqué le Data Privacy Framework devant le Tribunal de l’UE ; le jugement, rendu en septembre 2025, a validé la décision de la Commission européenne. Le député MoDem de Vendée avait alors saisi la Cour de justice de l’UE. Le pourvoi est toujours en discussion, mais la CJUE permet à Microsoft d’intervenir dans le dossier.

La Cour n’a pas dit que le cadre transatlantique de transfert des données était valide, ou invalide. Elle a simplement reconnu à l’éditeur états-unien un intérêt direct et actuel dans l’issue du dossier. Microsoft peut désormais déposer des observations écrites devant la Cour, soutenir juridiquement la position de la Commission européenne, participer à l’audience orale ou encore expliquer pourquoi le Data Privacy Framework est important pour ses activités et celles de ses clients.

« Ce pont juridique essentiel favorise la stabilité, des relations transatlantiques bénéfiques, la croissance économique et la prospérité, tout en maintenant de solides garanties en matière de vie privée. L’affaire Latombe vise à le démanteler », expliquent Jon Palmer, directeur juridique de Microsoft, et Cari Benn, directrice de la protection de la vie privée.

Sauver le soldat Data Privacy Framework

L’enjeu est de taille pour Microsoft. Le mastodonte américain vend en Europe des logiciels et des services infonuagiques (Azure) à des entreprises, administrations et organisations qui doivent transférer ou traiter des données de part et d’autre de l’Atlantique. Une remise en cause du Data Privacy Framework ne fermerait pas le robinet à données du jour au lendemain ; en revanche, cela créerait une incertitude juridique pour les clients européens et les fournisseurs américains.

Philippe Latombe fonde son action sur les risques qui pèsent sur l’indépendance et l’impartialité de la Data Protection Review Court mise en place aux États-Unis. Les Européens doivent pouvoir déposer plainte devant cette Cour d’examen de la protection des données. Plusieurs exemples récents ont montré que l’administration Trump et le président américain lui-même n’hésitent pas à exercer de fortes pressions sur les agences fédérales, les institutions indépendantes et certains contre-pouvoirs.

Max Schrems, de l’association noyb, a déjà fait tomber Safe Harbor (2015) et donc, le Privacy Shield. À l’époque de la décision du Tribunal de l’UE, le juriste avait estimé que le recours Latombe était très étroit, sans doute trop pour remporter l’adhésion de la justice européenne. Un autre recours plus large pourrait porter davantage contre le nouveau cadre entre l’UE et les États-Unis.

En mai 2025, Microsoft assurait l’Union européenne de son soutien, « inébranlable », selon le mot de Brad Smith, président du groupe, pour matérialiser et renforcer « l’interdépendance économique » entre les États-Unis et le vieux continent. Cela se concrétise par exemple par la promesse d’agir devant les tribunaux pour protéger la confidentialité des données européennes face aux demandes du gouvernement américain.

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Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop

DoppelgIAnger
Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop

L’écrivain Julien Blanc-Gras a vu son nom utilisé pour promouvoir un livre qui n’est pas de lui. L’affaire illustre un phénomène plus large d’usurpations d’identité de personnalités publiques, qui prend un nouveau tour à l’ère de l’IA générative.

Il s’appelle Julien Blanc-Gras, il a écrit des livres comme Gringoland (Au diable Vauvert, 2005), In Utero (Au diable Vauvert, 2015) ou Bungalow (Stock, 2024), mais il n’a pas écrit Guide complet d’aventure : le manuel de survie du voyageur moderne. L’ouvrage, pourtant, était bien disponible à l’achat sur Amazon, pour la somme de 17,05 euros, jusqu’à récemment.

L’écrivain a pris la plume, dans Le Monde, pour raconter cette expérience. Outre produire une jolie chronique, il illustre bien le casse-tête dans lequel se retrouvent artistes, journalistes et autres personnalités présentes en ligne lorsque leur nom est réutilisé, sans consentement, pour donner une forme d’autorité à des contenus générés par intelligence artificielle (IA).

« Novlangue de camelot sous ayahuasca »

L’objet de l’inconfort a été mis en vente le 20 mars, compte 134 pages, et est décrit, dans sa présentation, comme une « méthode redoutable pour retrouver la liberté de voyager intelligemment, hors des sentiers battus », produite par « l’auteur baroudeur et écrivain Julien Blanc-Gras ». Ce dernier conteste. Et raconte la « sidération » qui l’a traversé, lorsqu’il a découvert ce produit sur la page Amazon qui liste ses ouvrages.

Comme lui, plusieurs autrices et auteurs anglophones ont eu au fil des années récentes le déplaisir de voir leur nom utilisé pour vendre des ouvrages qu’ils n’avaient pas produits. Vanessa Fox O’Loughlin a ainsi vu son nom de plume, Sam Blake, réutilisé pour produire les textes du personnage qu’elle qualifie de « Sam Fake ».

En 2023, Jane Friedman, elle, a dû se battre pour obtenir le retrait de cinq ouvrages proposés sur Amazon sous son nom. La plateforme d’e-commerce a commencé par lui déclarer que, dans la mesure où son nom n’était pas déposé comme une marque, donc pas protégé comme tel, elle ne supprimerait pas les produits en question. Après que l’autrice s’en est émue publiquement, cela dit, les ouvrages ont disparu de la page Amazon à son nom.

Le cas de Julien Blanc-Gras, lui, est le premier connu en français. « Dans un geste masochiste », l’auteur raconte avoir acheté le livre pour voir de quoi il retournait. Il décrit la couverture « hideuse », la quatrième de couverture « rédigée avec des bullet points », la mention « publié indépendamment », probable traduction littérale de la formule anglaise « published independently ».

Deux jours plus tard, il a reçu l’objet, dont l’immatriculation ISBN est « bidon ». Dans ses pages, des termes inexistants, comme l’ « inflatrooting ». Des thématiques relativement cohérentes avec l’œuvre de l’auteur, aussi (« immersion culturelle, goût de l’imprévu, souci environnemental »). Sauf qu’elles sont remâchées « dans une novlangue de camelot sous ayahuasca refourguant des investissements en cryptomonnaies sur Instagram ».

Guide complet d’aventure supposément écrit par Julien Blanc-Gras – archive.is

Julien Blanc-Gras est visiblement choqué et déçu de voir son art remixé par une machine, et son nom « estampillé influenceur marketing ». Sur la raison pour laquelle son identité est ainsi réutilisée, le rédacteur en chef adjoint du média l’ADN, David-Julien Rahmil, lui soumet l’hypothèse que des scammeurs aient repéré une « catégorie " niche ", les livres de voyages, en l’occurrence », puis un nom crédible – celui de Julien Blanc-Gras – pour faire remonter leur produit dans les systèmes de recommandations d’Amazon :

« Ça pourrait venir de la communauté des hustle bros, ces influenceurs business qui proposent de devenir riche en cinq minutes sur les réseaux. Ils lancent une arnaque qui rapporte peu, mais ils l’utilisent ensuite comme exemple pour vendre leur méthode. »

Éditeur « abasourdi et démuni »

Hustle bros ou pas, l’auteur usurpé voudrait bien que son nom cesse d’être accolé à du jus d’IA. Et là, les choses se corsent. Son éditeur se déclare « abasourdi et démuni ». Le service juridique de la maison d’édition se déclare incapable d’aider, dans la mesure où c’est le nom de Julien Blanc-Gras qui est visé, et non celui de la maison. Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) recommande de son côté de faire des signalements à la répression des fraudes et à Pharos, ce à quoi l’écrivain ajoute un signalement à Amazon.

Côté droit, l’avocat spécialiste du droit d’auteur Benjamin Demange constate que l’usurpation d’identité n’est « pas évidente » : difficile de démontrer devant un juge que le recours au nom de l’artiste « trouble [sa] tranquillité », comme le veut le code pénal. L’escroquerie serait éventuellement plaidable, mais le montant est si faible que la plainte peinerait à être traitée en priorité. Le droit de la propriété intellectuelle (qui refuse les atteintes au droit à la paternité) et celui de la consommation (qui permettrait d’avancer la pratique commerciale trompeuse) pourraient fournir plus de recours, à condition d’identifier les auteurs de l’arnaque. Or, pour cela, il faudrait qu’Amazon consente à partager les informations nécessaires.

C’est devant la relative impasse que Benjamin Demange explique avoir choisi une autre solution : « activer le quatrième pouvoir en racontant cette histoire dans Le Monde ». De fait, partager le phénomène permet de souligner à nouveau la foule de problématiques que le déploiement de l’IA générative crée pour les artistes et autres créateurs de contenu.

Il y a, pour commencer, tout ce qui touche à l’entraînement des modèles par le recours, sans permission, à des œuvres soumises au droit d’auteur : pour pouvoir produire un fac-similé, quand bien même de niveau très médiocre, du travail de Julien Blanc-Gras, il a fallu qu’un modèle ait absorbé tout ou partie de son œuvre en amont.

Il y a, ensuite, cet enjeu émergent des usurpations d’identité. D’ores et déjà visible chez les auteurs, il concerne aussi toutes sortes de personnalités présentes en ligne. L’affaire Grammarly, qui fournissait jusqu’au 11 mars 2025 un outil nommé « révisions expertes », l’a bien illustré. Le correcteur orthographique suggérait en effet de reprendre les textes des internautes « à la manière de » personnalités réelles.

À force de tests, nous avions notamment repéré les noms des autrices françaises Annie Ernaux, Delphine de Vigan et Marie Darrieussecq, des chercheuses Geneviève Pruvost et Valérie Masson-Delmotte, et de la journaliste Florence Aubenas. Aucune de celles que nous avons réussi à joindre n’avait donné son consentement à voir son nom cité, ou son expertise imitée par de la génération par IA.

Dans ce cas-là, c’est l’action collective, aux États-Unis, de multiples personnalités visées qui avait permis la suppression de la fonctionnalité incriminée.

Le débat sur la manière de lutter contre les usurpations d’identité facilitées par IA générative, lui, reste ouvert. Outre le problème de la protection de son nom et de son œuvre, il pose aussi celui de la protection des consommateurs : dans un autre genre, on se rappelle des arnaques diffusées en ligne en capitalisant sur l’image de Brad Pitt, d’Élise Lucet ou de Jamel Debbouze.

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Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop

DoppelgIAnger
Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop

L’écrivain Julien Blanc-Gras a vu son nom utilisé pour promouvoir un livre qui n’est pas de lui. L’affaire illustre un phénomène plus large d’usurpations d’identité de personnalités publiques, qui prend un nouveau tour à l’ère de l’IA générative.

Il s’appelle Julien Blanc-Gras, il a écrit des livres comme Gringoland (Au diable Vauvert, 2005), In Utero (Au diable Vauvert, 2015) ou Bungalow (Stock, 2024), mais il n’a pas écrit Guide complet d’aventure : le manuel de survie du voyageur moderne. L’ouvrage, pourtant, était bien disponible à l’achat sur Amazon, pour la somme de 17,05 euros, jusqu’à récemment.

L’écrivain a pris la plume, dans Le Monde, pour raconter cette expérience. Outre produire une jolie chronique, il illustre bien le casse-tête dans lequel se retrouvent artistes, journalistes et autres personnalités présentes en ligne lorsque leur nom est réutilisé, sans consentement, pour donner une forme d’autorité à des contenus générés par intelligence artificielle (IA).

« Novlangue de camelot sous ayahuasca »

L’objet de l’inconfort a été mis en vente le 20 mars, compte 134 pages, et est décrit, dans sa présentation, comme une « méthode redoutable pour retrouver la liberté de voyager intelligemment, hors des sentiers battus », produite par « l’auteur baroudeur et écrivain Julien Blanc-Gras ». Ce dernier conteste. Et raconte la « sidération » qui l’a traversé, lorsqu’il a découvert ce produit sur la page Amazon qui liste ses ouvrages.

Comme lui, plusieurs autrices et auteurs anglophones ont eu au fil des années récentes le déplaisir de voir leur nom utilisé pour vendre des ouvrages qu’ils n’avaient pas produits. Vanessa Fox O’Loughlin a ainsi vu son nom de plume, Sam Blake, réutilisé pour produire les textes du personnage qu’elle qualifie de « Sam Fake ».

En 2023, Jane Friedman, elle, a dû se battre pour obtenir le retrait de cinq ouvrages proposés sur Amazon sous son nom. La plateforme d’e-commerce a commencé par lui déclarer que, dans la mesure où son nom n’était pas déposé comme une marque, donc pas protégé comme tel, elle ne supprimerait pas les produits en question. Après que l’autrice s’en est émue publiquement, cela dit, les ouvrages ont disparu de la page Amazon à son nom.

Le cas de Julien Blanc-Gras, lui, est le premier connu en français. « Dans un geste masochiste », l’auteur raconte avoir acheté le livre pour voir de quoi il retournait. Il décrit la couverture « hideuse », la quatrième de couverture « rédigée avec des bullet points », la mention « publié indépendamment », probable traduction littérale de la formule anglaise « published independently ».

Deux jours plus tard, il a reçu l’objet, dont l’immatriculation ISBN est « bidon ». Dans ses pages, des termes inexistants, comme l’ « inflatrooting ». Des thématiques relativement cohérentes avec l’œuvre de l’auteur, aussi (« immersion culturelle, goût de l’imprévu, souci environnemental »). Sauf qu’elles sont remâchées « dans une novlangue de camelot sous ayahuasca refourguant des investissements en cryptomonnaies sur Instagram ».

Guide complet d’aventure supposément écrit par Julien Blanc-Gras – archive.is

Julien Blanc-Gras est visiblement choqué et déçu de voir son art remixé par une machine, et son nom « estampillé influenceur marketing ». Sur la raison pour laquelle son identité est ainsi réutilisée, le rédacteur en chef adjoint du média l’ADN, David-Julien Rahmil, lui soumet l’hypothèse que des scammeurs aient repéré une « catégorie " niche ", les livres de voyages, en l’occurrence », puis un nom crédible – celui de Julien Blanc-Gras – pour faire remonter leur produit dans les systèmes de recommandations d’Amazon :

« Ça pourrait venir de la communauté des hustle bros, ces influenceurs business qui proposent de devenir riche en cinq minutes sur les réseaux. Ils lancent une arnaque qui rapporte peu, mais ils l’utilisent ensuite comme exemple pour vendre leur méthode. »

Éditeur « abasourdi et démuni »

Hustle bros ou pas, l’auteur usurpé voudrait bien que son nom cesse d’être accolé à du jus d’IA. Et là, les choses se corsent. Son éditeur se déclare « abasourdi et démuni ». Le service juridique de la maison d’édition se déclare incapable d’aider, dans la mesure où c’est le nom de Julien Blanc-Gras qui est visé, et non celui de la maison. Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) recommande de son côté de faire des signalements à la répression des fraudes et à Pharos, ce à quoi l’écrivain ajoute un signalement à Amazon.

Côté droit, l’avocat spécialiste du droit d’auteur Benjamin Demange constate que l’usurpation d’identité n’est « pas évidente » : difficile de démontrer devant un juge que le recours au nom de l’artiste « trouble [sa] tranquillité », comme le veut le code pénal. L’escroquerie serait éventuellement plaidable, mais le montant est si faible que la plainte peinerait à être traitée en priorité. Le droit de la propriété intellectuelle (qui refuse les atteintes au droit à la paternité) et celui de la consommation (qui permettrait d’avancer la pratique commerciale trompeuse) pourraient fournir plus de recours, à condition d’identifier les auteurs de l’arnaque. Or, pour cela, il faudrait qu’Amazon consente à partager les informations nécessaires.

C’est devant la relative impasse que Benjamin Demange explique avoir choisi une autre solution : « activer le quatrième pouvoir en racontant cette histoire dans Le Monde ». De fait, partager le phénomène permet de souligner à nouveau la foule de problématiques que le déploiement de l’IA générative crée pour les artistes et autres créateurs de contenu.

Il y a, pour commencer, tout ce qui touche à l’entraînement des modèles par le recours, sans permission, à des œuvres soumises au droit d’auteur : pour pouvoir produire un fac-similé, quand bien même de niveau très médiocre, du travail de Julien Blanc-Gras, il a fallu qu’un modèle ait absorbé tout ou partie de son œuvre en amont.

Il y a, ensuite, cet enjeu émergent des usurpations d’identité. D’ores et déjà visible chez les auteurs, il concerne aussi toutes sortes de personnalités présentes en ligne. L’affaire Grammarly, qui fournissait jusqu’au 11 mars 2025 un outil nommé « révisions expertes », l’a bien illustré. Le correcteur orthographique suggérait en effet de reprendre les textes des internautes « à la manière de » personnalités réelles.

À force de tests, nous avions notamment repéré les noms des autrices françaises Annie Ernaux, Delphine de Vigan et Marie Darrieussecq, des chercheuses Geneviève Pruvost et Valérie Masson-Delmotte, et de la journaliste Florence Aubenas. Aucune de celles que nous avons réussi à joindre n’avait donné son consentement à voir son nom cité, ou son expertise imitée par de la génération par IA.

Dans ce cas-là, c’est l’action collective, aux États-Unis, de multiples personnalités visées qui avait permis la suppression de la fonctionnalité incriminée.

Le débat sur la manière de lutter contre les usurpations d’identité facilitées par IA générative, lui, reste ouvert. Outre le problème de la protection de son nom et de son œuvre, il pose aussi celui de la protection des consommateurs : dans un autre genre, on se rappelle des arnaques diffusées en ligne en capitalisant sur l’image de Brad Pitt, d’Élise Lucet ou de Jamel Debbouze.

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En 10 ans, +50% de techniques de renseignement, +25 % de personnes surveillées

Bon anniverCNCTR
En 10 ans, +50% de techniques de renseignement, +25 % de personnes surveillées

La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement relève qu’en 10 ans, le nombre de personnes surveillées est passé de 20 000 à 25 000 (+ 25 %), mais celui des demandes de techniques de renseignement a explosé de + 51 %, passant de 66 000 en 2015 à 100 000 en 2025. Avec 14 agents seulement chargés de leur contrôle, elle réclame la création de deux postes supplémentaires.

Dix ans après sa création suite à l’adoption de la loi Renseignement, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) vient de franchir trois caps symboliques. Celui des 100 réclamations (105, contre 87 en 2024), 25 000 personnes surveillées (25 332, contre 24 308 en 2024), et des 100 000 demandes de techniques de renseignement (100 813, contre 98 883 l’an passé).

Dans le même temps, et face à la montée en puissance et aux moyens alloués aux principaux services de renseignement, qui « ont notablement crû ces dernières années », la CNCTR « ne pourra remplir encore longtemps sa mission sans renfort » alerte Vincent Mazauric, le conseiller d’État qui la préside depuis mars 2025, pour qui « le seuil d’alerte est atteint » à mesure que la commission « s’est trouvée, en 2025, en limite capacitaire » :

« Sa ressource humaine n’a suivi ni la croissance de sa charge ni l’allocation de moyens supplémentaires, humains et techniques, aux services de renseignement. […] La modestie des moyens humains (emplois et masse salariale) octroyés en 2025 place la commission dans une situation difficile. »

En 10 ans, le nombre d’agents de la CNCTR est certes passé de 15 à 22 personnes (+ 47 %), dont 14 chargés de mission, chargés de traiter les demandes préalables de techniques de renseignement, puis de les contrôler a posteriori, contre 10 en 2015 (soit + 40 %).

Mais le nombre de demandes de techniques de renseignement est quant à lui passé de 60 000 en 2015 à plus de 100 000 l’an passé (+ 67 %), et celui des contrôles a posteriori a doublé, passant de 60 à 120 (+ 100 %). Le nombre de réclamations est quant à lui passé de 51 en 2015 à 105 en 2025 (soit + 105,9 %, et + 20,7 % depuis 2024).

Vincent Mazauric estime avoir besoin de deux postes supplémentaires pour faire face à l’augmentation du volume et de la diversité des contrôles à effectuer, comme il l’avait déjà expliqué en février 2026 à Intelligence Online :

« Il serait raisonnable de disposer de plus de ressources humaines : nous avons sollicité deux emplois, mais rien n’est prévu dans le budget 2026. Je ne veux pas franchir le point de non-garantie ni soumettre mes collègues et le collège à se trouver plus près de ce risque. »

La demande de création de postes, adressée au cabinet du Premier ministre, n’a pas été validée, au vu des économies que doivent réaliser la majorité des ministères.

+ 380 % de demandes de géolocalisations en temps réel en 10 ans

La comparaison de l’édition 2025 du bilan annuel de la CNCTR avec le rapport 2015 indique que le nombre de personnes surveillées est passé de 20 282 en 2015 à 25 332 en 2025 (soit + 24,9 %), et que le nombre total de demandes de techniques de renseignement est passé de 66 584 à 100 813 (+ 51,4 %).


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Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Fake cote, fake gain, fake respect
Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Aux États-Unis, pour promouvoir ses activités, la plateforme de paris en ligne Polymarket aurait payé des influenceurs pour produire du contenu manipulé.

En janvier, George Makihara, un étudiant, a publié une vidéo dans laquelle il gagnait 100 000 dollars. Le pari qui lui a permis de rafler la mise ? Celui que le président Trump dirait publiquement le nom « McDonald’s » au fil du mois suivant. Problème : d’après une analyse du Wall Street Journal, personne n’a gagné un tel pari au mois de janvier 2026 sur la plateforme.

Pire : d’après le journal, l’entreprise qui a défrayé la chronique au point d’être interdite en France et dans plusieurs autres pays a purement et simplement payé des internautes pour mettre en scène de faux gains sur les réseaux sociaux. L’entreprise a construit des « copies quasi-parfaites de son site web », puis leur a demandé de « simuler ces paris sur les faux sites et de cacher le fait qu’ils avaient été payés par Polymarket ».

« Bro, what ? »

La dissimulation a plutôt fonctionné : certaines de ces vidéos sont devenues virales, au point que les 1 105 vidéos étudiées pour l’enquête ont cumulé 140 millions de vues sur YouTube, TikTok et Instagram. Pour les produire, les créateurs de contenu concernés se sont vus envoyer des guides rédigés au format bullet point, ce qui conduit plusieurs d’entre eux à reprendre exactement les mêmes termes.

Ainsi de l’idée selon laquelle, grâce à ces paris, ils gagneraient de « l’argent gratuit », ou des phrases « bro, what ? » et « wait, what ? », dédiées à accrocher l’attention des internautes. Une fois leurs vidéos tournées, ces derniers étaient encore supposés les envoyer à Polymarket qui s’assure de leur aspect crédible. À défaut, l’entreprise demandait aux vidéastes de recommencer.

Surtout, les vidéos s’appuyaient fréquemment sur un faux site Polymarket dont l’URL, poiymarket.com, est difficilement distinguable de la vraie lorsqu’elle est écrite avec un i majuscule. 70 % des paris analysés n’auraient ainsi jamais été vraiment réalisés. Dans certains cas, les vidéos montrent aussi les influenceurs réagir à des éléments d’actualité dépassée.

Dans un des clips, un internaute déclare par exemple avoir parié que Donald Trump dirait les mots « April fools » pendant la première semaine du mois d’avril. L’extrait auquel on le voit réagir devant son écran de télé comme s’il venait de remporter la mise, en revanche, date du mois de mars précédent. En conditions réelles, une personne qui aurait reproduit le même pari aurait perdu. Dans la plupart des cas, les créateurs de contenu ont ajouté des précisions sur le fait qu’ils avaient été payés après avoir été contactés par les médias américains.

Paris perdants

La campagne a particulièrement visé les utilisateurs états-uniens, quand bien même Polymarket n’est accessible que de manière détournée. En 2022, rappelle ArsTechnica, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a en effet conclu que Polymarket opérait une plateforme d’échanges financiers de manière illégale. Depuis, le site principal de la marque n’est accessible qu’en mode « lecture seule »… sauf si les internautes recourent à un réseau privé virtuel (VPN).

Quoiqu’il en soit, Polymarket s’est tourné vers des influenceurs qui devaient avoir au moins 60 % de leur audience aux États-Unis. Au total, ces derniers montrent avoir placé pour environ 1,9 million de dollars de paris et remporté près de 900 000 dollars. S’ils avaient été placés pour de vrai, selon les calculs du Wall Street Journal, ces paris auraient entraîné des pertes de plus de 166 000 dollars.

L’affaire vient s’ajouter à de multiples critiques qui visent ces plateformes de paris en ligne. En novembre 2025, une étude de la Columbia University estimait déjà qu’au moins un pari sur quatre enregistré sur Polymarket relevait de l’amplification artificielle pour simuler une demande forte.

En janvier, un internaute avait gagné plus de 430 000 dollars en pariant pile au bon moment sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro. Des aléas qui n’empêchent pas Mark Zuckerberg d’envisager lancer son propre service de paris.

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Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Fake cote, fake gain, fake respect
Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Aux États-Unis, pour promouvoir ses activités, la plateforme de paris en ligne Polymarket aurait payé des influenceurs pour produire du contenu manipulé.

En janvier, George Makihara, un étudiant, a publié une vidéo dans laquelle il gagnait 100 000 dollars. Le pari qui lui a permis de rafler la mise ? Celui que le président Trump dirait publiquement le nom « McDonald’s » au fil du mois suivant. Problème : d’après une analyse du Wall Street Journal, personne n’a gagné un tel pari au mois de janvier 2026 sur la plateforme.

Pire : d’après le journal, l’entreprise qui a défrayé la chronique au point d’être interdite en France et dans plusieurs autres pays a purement et simplement payé des internautes pour mettre en scène de faux gains sur les réseaux sociaux. L’entreprise a construit des « copies quasi-parfaites de son site web », puis leur a demandé de « simuler ces paris sur les faux sites et de cacher le fait qu’ils avaient été payés par Polymarket ».

« Bro, what ? »

La dissimulation a plutôt fonctionné : certaines de ces vidéos sont devenues virales, au point que les 1 105 vidéos étudiées pour l’enquête ont cumulé 140 millions de vues sur YouTube, TikTok et Instagram. Pour les produire, les créateurs de contenu concernés se sont vus envoyer des guides rédigés au format bullet point, ce qui conduit plusieurs d’entre eux à reprendre exactement les mêmes termes.

Ainsi de l’idée selon laquelle, grâce à ces paris, ils gagneraient de « l’argent gratuit », ou des phrases « bro, what ? » et « wait, what ? », dédiées à accrocher l’attention des internautes. Une fois leurs vidéos tournées, ces derniers étaient encore supposés les envoyer à Polymarket qui s’assure de leur aspect crédible. À défaut, l’entreprise demandait aux vidéastes de recommencer.

Surtout, les vidéos s’appuyaient fréquemment sur un faux site Polymarket dont l’URL, poiymarket.com, est difficilement distinguable de la vraie lorsqu’elle est écrite avec un i majuscule. 70 % des paris analysés n’auraient ainsi jamais été vraiment réalisés. Dans certains cas, les vidéos montrent aussi les influenceurs réagir à des éléments d’actualité dépassée.

Dans un des clips, un internaute déclare par exemple avoir parié que Donald Trump dirait les mots « April fools » pendant la première semaine du mois d’avril. L’extrait auquel on le voit réagir devant son écran de télé comme s’il venait de remporter la mise, en revanche, date du mois de mars précédent. En conditions réelles, une personne qui aurait reproduit le même pari aurait perdu. Dans la plupart des cas, les créateurs de contenu ont ajouté des précisions sur le fait qu’ils avaient été payés après avoir été contactés par les médias américains.

Paris perdants

La campagne a particulièrement visé les utilisateurs états-uniens, quand bien même Polymarket n’est accessible que de manière détournée. En 2022, rappelle ArsTechnica, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a en effet conclu que Polymarket opérait une plateforme d’échanges financiers de manière illégale. Depuis, le site principal de la marque n’est accessible qu’en mode « lecture seule »… sauf si les internautes recourent à un réseau privé virtuel (VPN).

Quoiqu’il en soit, Polymarket s’est tourné vers des influenceurs qui devaient avoir au moins 60 % de leur audience aux États-Unis. Au total, ces derniers montrent avoir placé pour environ 1,9 million de dollars de paris et remporté près de 900 000 dollars. S’ils avaient été placés pour de vrai, selon les calculs du Wall Street Journal, ces paris auraient entraîné des pertes de plus de 166 000 dollars.

L’affaire vient s’ajouter à de multiples critiques qui visent ces plateformes de paris en ligne. En novembre 2025, une étude de la Columbia University estimait déjà qu’au moins un pari sur quatre enregistré sur Polymarket relevait de l’amplification artificielle pour simuler une demande forte.

En janvier, un internaute avait gagné plus de 430 000 dollars en pariant pile au bon moment sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro. Des aléas qui n’empêchent pas Mark Zuckerberg d’envisager lancer son propre service de paris.

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Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Chatcontrol version dirigeants ?
Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.

Les discussions qui se trament dans un chat privé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants des pays européens comme Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni doivent-elles rester privées ?

On aurait tendance à le penser, notamment pour le bon déroulé de négociations et la fluidité des échanges entre dirigeants européens.

Cependant, la question reste pour l’instant en suspens et la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, ne l’a pas écartée d’un revers de main. Elle a même envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui signaler qu’elle ouvrait une enquête à ce sujet.

Un groupe de discussion éventé dans la presse

C’est notre confrère Alexander Fanta du média Follow The Money qui l’a soulevée en apprenant l’existence d’un tel groupe de discussion en janvier 2026, quand l’Europe serrait ses rangs pour faire face aux menaces de Donald Trump d’envahir le Groenland. Au détour d’un article de Politico sur le sujet, on apprenait qu’un groupe de discussion privé permettait à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’échanger régulièrement avec des dirigeants comme le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Finlandais Alexander Stubb et l’Italienne Georgia Meloni. « Au cours de l’année écoulée, ils ont mis en place une routine bien rodée consistant à s’échanger des messages chaque fois que Trump fait quelque chose d’extravagant et potentiellement préjudiciable », expliquaient nos confrères.

Il serait donc intéressant, quoiqu’explosif, de connaître les détails de ces échanges. Alexander Fanta a donc demandé à la Commission européenne « tous les messages échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 » au sein de ce groupe et d’ «empêcher la suppression automatique de tous les messages issus de cette discussion de groupe ».

Pour cette demande, il s’appuie sur le règlement européen de 2001 sur l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Celui-ci règlemente la possibilité pour toute personne d’accéder aux documents administratifs européens, comme ce que fait la Cada en France.

Teresa Anjinho prend le dossier au sérieux

Après plusieurs échanges, la Commission européenne a répondu à notre confrère pour synthétiser sa position de refus [PDF]. Elle estime notamment que ces échanges sont pleinement dans le cadre de l’exception prévue par le règlement européen « où la divulgation porterait atteinte à la protection [des] relations internationales » (article 4(1)(a), troisième tiret). La commission explique que « les échanges se déroulent dans un climat de confiance mutuelle et de confidentialité, ce qui est essentiel pour jeter les bases permettant de s’accorder, lorsque cela s’avère nécessaire et opportun, sur des positions officielles, telles qu’elles sont exprimées dans des déclarations communes et les conclusions des sommets ». Elle ajoute que « la divulgation de ces échanges compromettrait les relations internationales de l’UE (et de ses États membres) avec les pays tiers ».

Alexander Fanta a alors soumis une plainte auprès de la médiatrice européenne, comme l’invitait la Commission dans sa réponse. Teresa Anjinho semble ne pas se satisfaire des arguments de la Commission et a ouvert une enquête : « J’ai décidé d’ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission a traité la demande du plaignant au titre de la législation de l’Union européenne relative à l’accès du public aux documents », explique-t-elle dans une lettre adressée à la Commission que Follow the Money a pu se procurer.

Teresa Anjinho a récemment épinglé la Commission européenne pour la suppression d’un message envoyé par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen sur Signal à propos de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La médiatrice a affirmé dans sa recommandation qu’à l’avenir, « la Commission devrait veiller à ce que tous les textos et messages instantanés relatifs à ses politiques, activités et décisions, échangés entre les chefs d’État ou de gouvernement, ou les ministres, et les membres de la Commission, y compris ceux qui sont supprimés automatiquement après un certain délai, soient dûment conservés pendant une période raisonnable ».

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Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Chatcontrol version dirigeants ?
Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.

Les discussions qui se trament dans un chat privé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants des pays européens comme Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni doivent-elles rester privées ?

On aurait tendance à le penser, notamment pour le bon déroulé de négociations et la fluidité des échanges entre dirigeants européens.

Cependant, la question reste pour l’instant en suspens et la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, ne l’a pas écartée d’un revers de main. Elle a même envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui signaler qu’elle ouvrait une enquête à ce sujet.

Un groupe de discussion éventé dans la presse

C’est notre confrère Alexander Fanta du média Follow The Money qui l’a soulevée en apprenant l’existence d’un tel groupe de discussion en janvier 2026, quand l’Europe serrait ses rangs pour faire face aux menaces de Donald Trump d’envahir le Groenland. Au détour d’un article de Politico sur le sujet, on apprenait qu’un groupe de discussion privé permettait à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’échanger régulièrement avec des dirigeants comme le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Finlandais Alexander Stubb et l’Italienne Georgia Meloni. « Au cours de l’année écoulée, ils ont mis en place une routine bien rodée consistant à s’échanger des messages chaque fois que Trump fait quelque chose d’extravagant et potentiellement préjudiciable », expliquaient nos confrères.

Il serait donc intéressant, quoiqu’explosif, de connaître les détails de ces échanges. Alexander Fanta a donc demandé à la Commission européenne « tous les messages échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 » au sein de ce groupe et d’ «empêcher la suppression automatique de tous les messages issus de cette discussion de groupe ».

Pour cette demande, il s’appuie sur le règlement européen de 2001 sur l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Celui-ci règlemente la possibilité pour toute personne d’accéder aux documents administratifs européens, comme ce que fait la Cada en France.

Teresa Anjinho prend le dossier au sérieux

Après plusieurs échanges, la Commission européenne a répondu à notre confrère pour synthétiser sa position de refus [PDF]. Elle estime notamment que ces échanges sont pleinement dans le cadre de l’exception prévue par le règlement européen « où la divulgation porterait atteinte à la protection [des] relations internationales » (article 4(1)(a), troisième tiret). La commission explique que « les échanges se déroulent dans un climat de confiance mutuelle et de confidentialité, ce qui est essentiel pour jeter les bases permettant de s’accorder, lorsque cela s’avère nécessaire et opportun, sur des positions officielles, telles qu’elles sont exprimées dans des déclarations communes et les conclusions des sommets ». Elle ajoute que « la divulgation de ces échanges compromettrait les relations internationales de l’UE (et de ses États membres) avec les pays tiers ».

Alexander Fanta a alors soumis une plainte auprès de la médiatrice européenne, comme l’invitait la Commission dans sa réponse. Teresa Anjinho semble ne pas se satisfaire des arguments de la Commission et a ouvert une enquête : « J’ai décidé d’ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission a traité la demande du plaignant au titre de la législation de l’Union européenne relative à l’accès du public aux documents », explique-t-elle dans une lettre adressée à la Commission que Follow the Money a pu se procurer.

Teresa Anjinho a récemment épinglé la Commission européenne pour la suppression d’un message envoyé par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen sur Signal à propos de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La médiatrice a affirmé dans sa recommandation qu’à l’avenir, « la Commission devrait veiller à ce que tous les textos et messages instantanés relatifs à ses politiques, activités et décisions, échangés entre les chefs d’État ou de gouvernement, ou les ministres, et les membres de la Commission, y compris ceux qui sont supprimés automatiquement après un certain délai, soient dûment conservés pendant une période raisonnable ».

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Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

Ça ne mange pas de pain
Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

Alors que l’Europe est sur le point d’adopter formellement l’omnibus numérique, le Sénat français vient d’adopter une résolution critiquant fortement le sens des « simplifications » prévues par la Commission et le Parlement européens.

Le digital omnibus proposé par la Commission européenne en novembre dernier est encore en cours de discussion en Europe. Alors qu’elle a réussi à trouver un accord avec le Parlement européen concernant la mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act, le Sénat français, lui, vient de voter, ce vendredi 19 juin, une résolution très critique du texte.

L’institution française, qui penche majoritairement à droite, dit accueillir « favorablement » la volonté « de simplifier le cadre applicable et de réduire la charge administrative et les coûts de conformité, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites entreprises à moyenne capitalisation (PEMC), en vue d’améliorer leur compétitivité, » et qu’elle se « se réjouit des mesures techniques destinées à améliorer la coordination des différentes normes européennes dans le secteur numérique, aux fins de clarté et de sécurité juridiques ».

Ne pas trembler ni transiger

Mais les sénatrices et sénateurs estiment que le contenu du projet européen est en contradiction avec cet objectif de simplification affiché. Et ils appellent « l’Union européenne à ne pas trembler ni transiger dans l’application de l’arsenal juridique novateur et ambitieux qu’elle a commencé à construire pour encadrer l’IA et le secteur numérique ». Le Sénat « déplore que la proposition de règlement dépasse pour partie le seul objectif de simplification, tendant à complexifier un cadre régulatoire déjà complexe et dense, au risque de nuire à sa clarté et à son acceptation par les entreprises et les citoyens ».

La chambre haute du Parlement français critique la précipitation dans laquelle la Commission européenne mène les débats sur cet omnibus. Elle regrette l’absence d’étude d’impact et « souligne que les évolutions de la régulation en matière numérique ne doivent pas être menées avec une précipitation excessive, au risque d’être dictées par l’industrie numérique ».

Sur le terrain du droit d’auteur, les sénateurs et sénatrices français regrettent aussi « l’absence de clarification du régime juridique du droit d’auteur en matière d’IA, alors que les juridictions commencent à se prononcer sur des cas d’espèce et que des solutions juridiques ont été identifiées pour veiller à la rémunération des contenus culturels utilisés par les systèmes d’IA ».

Vous en voulez encore ? Le texte adopté au Sénat « déplore que le train de mesures omnibus numérique sur l’IA n’ait pas été l’occasion d’assurer une meilleure prise en compte de l’empreinte environnementale de l’IA ». Concernant les reports de plusieurs dispositifs de l’AI Act entérinés par la Commission et le Parlement européens, les élus français regrettent notamment que cela repousse de six mois le marquage des contenus générés par l’IA. Et il ajoute que « ce report révélateur tant de la difficulté à réguler et à réglementer un secteur technique aux évolutions si rapides, que des limites du processus décisionnel européen pour allier agilité et stabilité des normes  ».

Soutien à l’interdiction des systèmes de « nudification » 

Les sénateurs français soutiennent quand même le texte sur la proposition d’interdiction des systèmes d’IA de « nudification » mais ils ajoutent tout de suite après regretter que l’interdiction des systèmes d’IA capables de générer, manipuler ou reproduire des contenus (image, vidéo, audio) pédopornographiques n’ait pas abouti.

Concernant le déplacement des règles en matière de cookies de la directive « e-Privacy » vers le RGPD, les élus français considèrent que cela « créerait un double régime dangereux […] sans répondre à l’enjeu de réduction de la fatigue du consentement aux traceurs  ». Les sénateurs considèrent « que les révisions proposées au RGPD sont trop substantielles et potentiellement dangereuses, eu égard à un texte devenu une référence mondiale en matière de protection des données à caractère personnel ».

Cette résolution du Sénat a été proposée par les sénatrices Catherine Morin-Desailly (Centriste) et Karine Daniel (PS). Celles-ci avaient déposé mi-mai un rapport sur le sujet, affirmant, en titre, que l’Omnibus numérique européen était « un risque pour la protection des droits numériques des citoyens ».

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Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

Ça ne mange pas de pain
Le Sénat appelle l’Europe à « ne pas trembler » sur l’encadrement de l’IA et du numérique

Alors que l’Europe est sur le point d’adopter formellement l’omnibus numérique, le Sénat français vient d’adopter une résolution critiquant fortement le sens des « simplifications » prévues par la Commission et le Parlement européens.

Le digital omnibus proposé par la Commission européenne en novembre dernier est encore en cours de discussion en Europe. Alors qu’elle a réussi à trouver un accord avec le Parlement européen concernant la mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act, le Sénat français, lui, vient de voter, ce vendredi 19 juin, une résolution très critique du texte.

L’institution française, qui penche majoritairement à droite, dit accueillir « favorablement » la volonté « de simplifier le cadre applicable et de réduire la charge administrative et les coûts de conformité, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites entreprises à moyenne capitalisation (PEMC), en vue d’améliorer leur compétitivité, » et qu’elle se « se réjouit des mesures techniques destinées à améliorer la coordination des différentes normes européennes dans le secteur numérique, aux fins de clarté et de sécurité juridiques ».

Ne pas trembler ni transiger

Mais les sénatrices et sénateurs estiment que le contenu du projet européen est en contradiction avec cet objectif de simplification affiché. Et ils appellent « l’Union européenne à ne pas trembler ni transiger dans l’application de l’arsenal juridique novateur et ambitieux qu’elle a commencé à construire pour encadrer l’IA et le secteur numérique ». Le Sénat « déplore que la proposition de règlement dépasse pour partie le seul objectif de simplification, tendant à complexifier un cadre régulatoire déjà complexe et dense, au risque de nuire à sa clarté et à son acceptation par les entreprises et les citoyens ».

La chambre haute du Parlement français critique la précipitation dans laquelle la Commission européenne mène les débats sur cet omnibus. Elle regrette l’absence d’étude d’impact et « souligne que les évolutions de la régulation en matière numérique ne doivent pas être menées avec une précipitation excessive, au risque d’être dictées par l’industrie numérique ».

Sur le terrain du droit d’auteur, les sénateurs et sénatrices français regrettent aussi « l’absence de clarification du régime juridique du droit d’auteur en matière d’IA, alors que les juridictions commencent à se prononcer sur des cas d’espèce et que des solutions juridiques ont été identifiées pour veiller à la rémunération des contenus culturels utilisés par les systèmes d’IA ».

Vous en voulez encore ? Le texte adopté au Sénat « déplore que le train de mesures omnibus numérique sur l’IA n’ait pas été l’occasion d’assurer une meilleure prise en compte de l’empreinte environnementale de l’IA ». Concernant les reports de plusieurs dispositifs de l’AI Act entérinés par la Commission et le Parlement européens, les élus français regrettent notamment que cela repousse de six mois le marquage des contenus générés par l’IA. Et il ajoute que « ce report révélateur tant de la difficulté à réguler et à réglementer un secteur technique aux évolutions si rapides, que des limites du processus décisionnel européen pour allier agilité et stabilité des normes  ».

Soutien à l’interdiction des systèmes de « nudification » 

Les sénateurs français soutiennent quand même le texte sur la proposition d’interdiction des systèmes d’IA de « nudification » mais ils ajoutent tout de suite après regretter que l’interdiction des systèmes d’IA capables de générer, manipuler ou reproduire des contenus (image, vidéo, audio) pédopornographiques n’ait pas abouti.

Concernant le déplacement des règles en matière de cookies de la directive « e-Privacy » vers le RGPD, les élus français considèrent que cela « créerait un double régime dangereux […] sans répondre à l’enjeu de réduction de la fatigue du consentement aux traceurs  ». Les sénateurs considèrent « que les révisions proposées au RGPD sont trop substantielles et potentiellement dangereuses, eu égard à un texte devenu une référence mondiale en matière de protection des données à caractère personnel ».

Cette résolution du Sénat a été proposée par les sénatrices Catherine Morin-Desailly (Centriste) et Karine Daniel (PS). Celles-ci avaient déposé mi-mai un rapport sur le sujet, affirmant, en titre, que l’Omnibus numérique européen était « un risque pour la protection des droits numériques des citoyens ».

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☕️ Retour en 2023 : lourde peine pour un vendeur de CD de musique piratée



À l’heure du streaming tous azimuts et du pillage généralisé des œuvres de l’esprit par les labos IA, il est presque réconfortant de voir que certains gravent toujours de la musique piratée sur des CD pour les commercialiser, comme au bon vieux temps des années 2000.

Un résident anglais, Marc Kearns, 47 ans, a été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir enfreint le droit d’auteur, rapporte la BBC. Son crime ? Avoir remixé et vendu des CD contenant des morceaux d’artistes célèbres. La sentence laisse songeur : 26 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois, et il devra effectuer 250 heures de travaux d’intérêt général.

La campagne de pub « Rip. Mix. Burn » d’Apple, en 2001. Une autre époque.

Le fieffé pirate a plaidé coupable de plusieurs chefs d’accusation devant la cour de justice de Hull, à environ 250 km au nord de Londres. « Cette activité lui a permis d’exploiter commercialement du contenu protégé et de générer des revenus au détriment des artistes et des entreprises légitimes de l’industrie musicale », explique un porte-parole du conseil local, dans une déclaration qui fleure bon (ou mauvais) les envolées ayant entouré la création d’Hadopi.

L’histoire ne dit pas combien cette activité illicite a rapporté au coupable, ni si ses clients étaient des inconnus passant commande, ou simplement des amis. Quoi qu’il en soit, le petit business a pris fin.

La justice locale n’a d’ailleurs pas mégoté pour ferrer ce dangereux criminel : l’enquête a en effet débuté en 2019, ce qui a débouché sur un mandat de perquisition exécuté trois ans plus tard. « Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures fermes lorsque des infractions seront constatées. Cette condamnation envoie un message clair : ce type d’activité ne sera pas toléré », affirme, martial, un membre de l’exécutif local. On ne plaisante pas avec les dealers de MP3.

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☕️ Retour en 2023 : lourde peine pour un vendeur de CD de musique piratée



À l’heure du streaming tous azimuts et du pillage généralisé des œuvres de l’esprit par les labos IA, il est presque réconfortant de voir que certains gravent toujours de la musique piratée sur des CD pour les commercialiser, comme au bon vieux temps des années 2000.

Un résident anglais, Marc Kearns, 47 ans, a été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir enfreint le droit d’auteur, rapporte la BBC. Son crime ? Avoir remixé et vendu des CD contenant des morceaux d’artistes célèbres. La sentence laisse songeur : 26 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois, et il devra effectuer 250 heures de travaux d’intérêt général.

La campagne de pub « Rip. Mix. Burn » d’Apple, en 2001. Une autre époque.

Le fieffé pirate a plaidé coupable de plusieurs chefs d’accusation devant la cour de justice de Hull, à environ 250 km au nord de Londres. « Cette activité lui a permis d’exploiter commercialement du contenu protégé et de générer des revenus au détriment des artistes et des entreprises légitimes de l’industrie musicale », explique un porte-parole du conseil local, dans une déclaration qui fleure bon (ou mauvais) les envolées ayant entouré la création d’Hadopi.

L’histoire ne dit pas combien cette activité illicite a rapporté au coupable, ni si ses clients étaient des inconnus passant commande, ou simplement des amis. Quoi qu’il en soit, le petit business a pris fin.

La justice locale n’a d’ailleurs pas mégoté pour ferrer ce dangereux criminel : l’enquête a en effet débuté en 2019, ce qui a débouché sur un mandat de perquisition exécuté trois ans plus tard. « Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures fermes lorsque des infractions seront constatées. Cette condamnation envoie un message clair : ce type d’activité ne sera pas toléré », affirme, martial, un membre de l’exécutif local. On ne plaisante pas avec les dealers de MP3.

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Disney+ perd à nouveau le Dolby Vision après une victoire judiciaire d’InterDigital

La défaite du streaming
Disney+ perd à nouveau le Dolby Vision après une victoire judiciaire d’InterDigital

Les abonnés français à Disney+ ont une fois de plus perdu le Dolby Vision, après une première interruption en février. Et cette fois, il n’est pas sûr que la fonction réapparaisse de si tôt.

Depuis plusieurs mois, le groupe InterDigital mène une guérilla judiciaire contre Disney sur la base de brevets vidéo. En février, des abonnés en France, en Allemagne, au Brésil et ailleurs ont perdu l’accès aux contenus Dolby Vision, HDR10+ et 3D distribués par le service de streaming Disney+. Ces formats ont fini par réapparaître quelques semaines plus tard, mais c’était un répit de courte durée.

À gauche, le Dolby Vision est aux abonnés absents sur Disney+ France. Il est toujours disponible sur Disney+ Canada, à droite.

De nouveau, Disney+ ne propose plus de contenus en Dolby Vision, et d’après iGeneration, les vidéos 3D destinées au Vision Pro d’Apple ont aussi disparu. Après l’injonction délivrée en novembre dernier par un tribunal régional de Munich, c’est la division locale du Tribunal unifié des brevets (UPC) basée à Mannheim (Allemagne), qui se range du côté du groupe américain spécialisé dans les brevets de télécommunications et de vidéo numérique [PDF].

Nouvelle défaite pour Disney

La décision rendue ce mardi 16 juin porte sur un brevet d’InterDigital lié à l’encodage vidéo HEVC/H.265, que Disney est accusé d’enfreindre. Le géant du divertissement estimant que le brevet était essentiel au standard HEVC, InterDigital aurait donc dû en proposer une licence selon des conditions justes, raisonnables et non discriminatoires (FRAND).

Le tribunal a finalement rejeté les arguments de Disney : « La défense FRAND des défendeurs est infondée », affirme-t-il, et la tentative de faire annuler le brevet échoue également. L’UPC estime aussi que Disney a bien été informé du brevet et des allégations d’infraction avant le procès, notamment dans le cadre de négociations de licence engagées dès 2022.

Disney a toujours la possibilité de contester cette décision devant la cour d’appel de l’UPC, située à Luxembourg. Mais, un appel n’entraîne pas automatiquement la suspension de l’injonction prononcée à Mannheim. Ce qui veut dire très concrètement pour les abonnés que le Dolby Vision pourrait ne pas revenir avant un moment sur Disney+. La décision exécutoire couvre 11 pays européens, dont la France.

Si le Dolby Vision est avant tout un format HDR destiné à améliorer l’affichage des couleurs, des contrastes et de la luminosité, il est généralement distribué dans des flux vidéo encodés en HEVC. Les deux technologies sont distinctes, mais elles sont fréquemment utilisées ensemble sur les plateformes de streaming.

« L’industrie du streaming telle que nous la connaissons aujourd’hui ne pourrait pas fonctionner sans les technologies vidéo avancées mises au point par les chercheurs d’InterDigital », déclare Josh Schmidt, directeur juridique de l’entreprise qui cherche à obtenir un « accord de long terme » avec Disney.

En attendant que ces deux-là se mettent autour d’une table et trouvent une solution, ce sont les abonnés Premium (11,99 euros par mois) qui paient les pots cassés : le prix de l’abonnement à Disney+ n’a pas baissé, malgré l’absence de ces fonctions.

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Disney+ perd à nouveau le Dolby Vision après une victoire judiciaire d’InterDigital

La défaite du streaming
Disney+ perd à nouveau le Dolby Vision après une victoire judiciaire d’InterDigital

Les abonnés français à Disney+ ont une fois de plus perdu le Dolby Vision, après une première interruption en février. Et cette fois, il n’est pas sûr que la fonction réapparaisse de si tôt.

Depuis plusieurs mois, le groupe InterDigital mène une guérilla judiciaire contre Disney sur la base de brevets vidéo. En février, des abonnés en France, en Allemagne, au Brésil et ailleurs ont perdu l’accès aux contenus Dolby Vision, HDR10+ et 3D distribués par le service de streaming Disney+. Ces formats ont fini par réapparaître quelques semaines plus tard, mais c’était un répit de courte durée.

À gauche, le Dolby Vision est aux abonnés absents sur Disney+ France. Il est toujours disponible sur Disney+ Canada, à droite.

De nouveau, Disney+ ne propose plus de contenus en Dolby Vision, et d’après iGeneration, les vidéos 3D destinées au Vision Pro d’Apple ont aussi disparu. Après l’injonction délivrée en novembre dernier par un tribunal régional de Munich, c’est la division locale du Tribunal unifié des brevets (UPC) basée à Mannheim (Allemagne), qui se range du côté du groupe américain spécialisé dans les brevets de télécommunications et de vidéo numérique [PDF].

Nouvelle défaite pour Disney

La décision rendue ce mardi 16 juin porte sur un brevet d’InterDigital lié à l’encodage vidéo HEVC/H.265, que Disney est accusé d’enfreindre. Le géant du divertissement estimant que le brevet était essentiel au standard HEVC, InterDigital aurait donc dû en proposer une licence selon des conditions justes, raisonnables et non discriminatoires (FRAND).

Le tribunal a finalement rejeté les arguments de Disney : « La défense FRAND des défendeurs est infondée », affirme-t-il, et la tentative de faire annuler le brevet échoue également. L’UPC estime aussi que Disney a bien été informé du brevet et des allégations d’infraction avant le procès, notamment dans le cadre de négociations de licence engagées dès 2022.

Disney a toujours la possibilité de contester cette décision devant la cour d’appel de l’UPC, située à Luxembourg. Mais, un appel n’entraîne pas automatiquement la suspension de l’injonction prononcée à Mannheim. Ce qui veut dire très concrètement pour les abonnés que le Dolby Vision pourrait ne pas revenir avant un moment sur Disney+. La décision exécutoire couvre 11 pays européens, dont la France.

Si le Dolby Vision est avant tout un format HDR destiné à améliorer l’affichage des couleurs, des contrastes et de la luminosité, il est généralement distribué dans des flux vidéo encodés en HEVC. Les deux technologies sont distinctes, mais elles sont fréquemment utilisées ensemble sur les plateformes de streaming.

« L’industrie du streaming telle que nous la connaissons aujourd’hui ne pourrait pas fonctionner sans les technologies vidéo avancées mises au point par les chercheurs d’InterDigital », déclare Josh Schmidt, directeur juridique de l’entreprise qui cherche à obtenir un « accord de long terme » avec Disney.

En attendant que ces deux-là se mettent autour d’une table et trouvent une solution, ce sont les abonnés Premium (11,99 euros par mois) qui paient les pots cassés : le prix de l’abonnement à Disney+ n’a pas baissé, malgré l’absence de ces fonctions.

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Fin de vie des jeux vidéo : pas de loi européenne, mais un code de conduite

Le mur de la propriété intellectuelle
Fin de vie des jeux vidéo : pas de loi européenne, mais un code de conduite

Il n’y aura pas pour l’instant de législation européenne obligeant les éditeurs à garantir l’accès à leurs jeux une fois leurs serveurs fermés, comme le demandait une initiative citoyenne, incarnée par la campagne Stop Killing Games. En revanche, la Commission s’engage à élaborer un code de conduite sur la gestion de la fin de vie des jeux vidéo.

La Commission européenne va réunir d’ici la fin de l’année les éditeurs de jeux vidéo et les associations de consommateurs pour mettre au point un code de conduite sur la question de la « fin de vie » des jeux. Bruxelles compte également travailler avec les autorités compétentes et les organisations de défense des consommateurs pour mieux faire connaître les droits existants en la matière.

Un code de conduite sans contraintes

« Comme c’est la tradition dans ce secteur, j’espère que l’industrie sera à l’écoute des communautés de joueurs et s’accordera sur de meilleures pratiques pour la fin de vie des jeux, afin que ces communautés puissent continuer à se retrouver et à jouer ensemble », déclare Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la souveraineté technologique.

Par essence, ce code de conduite n’aura pas force de loi : les éditeurs pourront le respecter, ou pas. Une législation était réclamée par l’initiative citoyenne « Stop Destroying Videogames ». La Commission s’était engagée à donner une réponse d’ici le mois de juillet : c’est chose faite.

La pétition à l’origine de l’initiative avait été lancée en 2024. Elle trouve son origine dans la décision d’Ubisoft de débrancher définitivement les serveurs du jeu de course The Crew, en mars de la même année. Le hic, c’est que les modes solo exigeaient une connexion aux serveurs de l’éditeur.

Le jeu est donc devenu inutilisable, même pour les consommateurs ayant acheté leur copie. Le vidéaste britannique Ross Scott a alors créé en réaction la campagne « Stop Killing Games », qui après un démarrage poussif, a connu un regain d’intérêt à l’été 2025, avec un succès tel que le million de signatures a été largement dépassé. C’est le seuil nécessaire pour obtenir une réponse formelle de Bruxelles.

L’initiative avait été présentée en avril dernier au Parlement européen. Les organisateurs ont pu détailler les objectifs de leur pétition et échangé leurs points de vue avec les députés. Ils ne réclament pas que les éditeurs maintiennent leurs jeux en vie pour l’éternité, mais qu’ils soient tenus de laisser ce jeu dans un état fonctionnel quand ils décident d’en arrêter le support.

Parmi les solutions proposées (qui ne sont pas exhaustives) : développer un mode hors ligne, autoriser les serveurs communautaires, transférer le jeu à un tiers qui voudra le maintenir en vie, proposer des outils pour héberger le service… Les organisateurs ne demandent pas de support perpétuel, ce qui serait un non-sens économique, mais qu’un jeu vendu conserve ses fonctions essentielles après sa fin de vie commerciale.

La filière ne voit pas les choses sous le même angle, et s’est exprimée en juillet dernier en expliquant que les serveurs privés n’étaient pas toujours « une alternative viable » en termes de sécurité des données et de modération (suppression des contenus illégaux ou dangereux). « La décision d’interrompre les services en ligne est complexe, jamais prise à la légère, et doit être une option pour les entreprises lorsqu’une expérience en ligne n’est plus commercialement viable », écrivaient les éditeurs.

Plus de communication sur les droits des consommateurs

La Commission comprend le problème soulevé par l’initiative citoyenne, mais n’entend pas légiférer « à ce stade » (ce qui laisse tout de même une petite porte ouverte pour l’avenir). D’après Bruxelles, imposer à un éditeur de maintenir ou de transmettre les moyens de faire fonctionner un jeu après sa commercialisation pourrait entrer en conflit avec les droits d’auteur et d’autres droits de propriété intellectuelle. Il n’est tout simplement pas possible de forcer un éditeur à ouvrir son code, ses serveurs ou sa technologie.

Le droit européen protège déjà les consommateurs sur certains points : les entreprises doivent les informer sur les conditions d’utilisation et sur la fin éventuelle d’un service. Les consommateurs peuvent aussi obtenir réparation ou le remboursement dans certains cas, quand le service ne correspond plus à ce qui avait été promis. L’exécutif européen suggère que le problème relève davantage de l’application du droit de la consommation que d’une nouvelle loi spécifique pour les jeux vidéo.

Dans ce cadre, la Commission publiera avant la fin de l’année un rapport sur la mise en œuvre de la directive relative aux contenus et aux services numériques ; entrée en vigueur début 2022, cette directive encadre les relations entre consommateurs et fournisseurs de services numériques : jeux vidéo donc, applications, services en ligne, cloud, streaming, réseaux sociaux, etc.

Stop Killing Games entend poursuivre le combat

Les porteurs de la pétition ont accusé réception de la position de la Commission mardi. « Cette décision n’est pas inattendue. Mais nous étions préparés. C’est pourquoi nous poursuivons nos efforts auprès du Parlement européen pour modifier le Digital Fairness Act en y intégrant Stop Killing Games. Contactez votre député dès aujourd’hui », lancent-ils sur Bluesky.

Le régulateur espère que cela incitera les éditeurs « à proposer des jeux vidéo ayant une durée de vie plus longue et à explorer des solutions permettant de répondre aux attentes des consommateurs. » Un vœu pieux ? En la matière, la pression populaire est peut-être plus efficace : Ubisoft a en effet développé un « mode hybride » permettant de jouer sans connexion à internet à… The Crew 2.

Ubisoft n’est toutefois pas sorti du garage : début avril, l’UFC-Que Choisir déposait plainte contre l’éditeur français sur la fermeture des serveurs de The Crew.

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