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Rocket Lab s’offre Iridium et sa constellation pour accélérer dans les services spatiaux

À quand la fusion ArianeGroup Eutelsat ?
Rocket Lab s’offre Iridium et sa constellation pour accélérer dans les services spatiaux

Le fabricant de fusées Rocket Lab vient d’annoncer l’acquisition d’Iridium et de sa constellation de satellites pour environ 8 milliards de dollars. Rocket Lab entre ainsi de plain pied dans le monde des services de connectivité par satellite et se dote d’une activité rentable, qui la positionne comme une alternative aux acteurs déjà intégrés que sont SpaceX (avec Starlink et Echostar) et Amazon (via Globalstar).

Accéder à l’espace, c’est bien. Y déployer des services commerciaux, c’est plus rentable : telle est en substance la promesse formulée par Rocket Lab, qui a annoncé, lundi 29 juin, l’acquisition d’Iridium et de sa constellation de satellites en orbite basse. L’opération, soumise à l’approbation des autorités compétentes, dont la FCC aux États-Unis, sera réalisée moitié en cash, moitié en actions Rocket Lab, sur la base d’une valeur d’entreprise fixée à approximativement 8 milliards de dollars. La conclusion de la transaction est attendue mi-2027.

Rocket Lab s’offre une activité rentable

Un pied en Nouvelle-Zélande et l’autre aux États-Unis, Rocket Lab dispose pour mémoire d’un lanceur léger réutilisable déjà opérationnel, Electron. La société développe également depuis 2021 un lanceur de moyenne puissance, Neutron, qui devrait pouvoir emmener jusqu’à 13 tonnes de chargement en orbite basse et jusqu’à 1,5 tonne sur des vols longue distance vers Mars ou Vénus. Elle développe aussi Haste, un lanceur de test hypersonique.

En 2025, l’entreprise a affiché 602 millions de dollars de chiffre d’affaires, notamment grâce à onze missions Electron réussies. Le vol inaugural de Neutron est quant à lui programmé pour le dernier trimestre 2026. Soutenue par plusieurs grands contrats auprès d’agences états-uniennes, notamment dans la défense, Rocket Lab affiche un carnet de commandes de plus de 2 milliards de dollars.

L’entreprise reste toutefois structurellement déficitaire, par ses très importantes dépenses d’investissement requises pour le programme Neutron, entaché fin janvier par l’échec du test du réservoir destiné au premier étage de la fusée. Acquérir une activité déjà installée, à la rentabilité éprouvée, offre dans ce contexte des gages de confiance au marché.

Iridium a de son côté un profil radicalement différent : l’entreprise enregistre 872 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025. Sa croissance se révèle modérée (+ 5 % sur un an), mais son bilan est largement positif, avec une marge opérationnelle de 27 % et un résultat net de 114 millions de dollars sur l’année. L’entreprise exploite 66 satellites en opération, avec des services (IoT, voix et data, Direct-to-Device) distribués en direction de 2,55 millions de clients, notamment institutionnels. Elle dispose de revenus récurrents garantis, là où Rocket Lab dépend des campagnes de lancement décidées par ses clients et de la réussite de ses nouveaux programmes.

Un modèle intégré dans la foulée de Starlink

Rocket Lab ne cache pas son ambition de construire un modèle intégré d’accès à l’espace et de services associés, à l’image de ce que proposent Starlink et Amazon.

Outre sa propre constellation Starlink, l’entreprise d’Elon Musk a récemment acquis les fréquences d’Echostar avec le soutien de l’administration Trump, ce qui lui permet maintenant d’envisager de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis, tandis que le groupe de Jeff Bezos se prépare de son côté à mettre la main sur GlobalStar pour 11,57 milliards de dollars.

Rocket Lab se positionne dans le sillage de SpaceX et Amazon – capture d’écran extraite de sa présentation aux investisseurs

Avec Iridium, Rocket Lab s’offre à la fois une constellation en activité, mais aussi une bande de fréquences attribuée, grâce à laquelle l’entreprise estime être en mesure d’accélérer le déploiement de nouveaux services.

« En associant le riche héritage d’Iridium, son infrastructure fiable et son spectre très recherché aux vastes capacités de lancement et de fabrication éprouvées de Rocket Lab, nous sommes en mesure d’ouvrir des marchés entièrement nouveaux. Nous irons bien au-delà de la simple préservation de cet héritage ; nous allons le développer pour créer des applications spatiales de nouvelle génération et offrir des solutions très demandées à nos clients actuels et futurs », déclare Peter Beck, fondateur et CEO de Rocket Lab.

L’acquéreur indique avoir sécurisé les financements nécessaires à la réalisation de cet investissement, notamment via une ligne de crédit de 3,6 milliards de dollars souscrite chez Deutsche Bank et Wells Fargo.

« Il s’agit de notre entrée dans le marché des revenus récurrents des applications spatiales, mais ce n’est pas la ligne d’arrivée. Plutôt que de simplement poursuivre le développement du réseau Iridium, nous allons l’étendre pour conquérir des marchés inexploités et innover dans le domaine des services spatiaux », promet encore l’entreprise.

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Rocket Lab s’offre Iridium et sa constellation pour accélérer dans les services spatiaux

À quand la fusion ArianeGroup Eutelsat ?
Rocket Lab s’offre Iridium et sa constellation pour accélérer dans les services spatiaux

Le fabricant de fusées Rocket Lab vient d’annoncer l’acquisition d’Iridium et de sa constellation de satellites pour environ 8 milliards de dollars. Rocket Lab entre ainsi de plain pied dans le monde des services de connectivité par satellite et se dote d’une activité rentable, qui la positionne comme une alternative aux acteurs déjà intégrés que sont SpaceX (avec Starlink et Echostar) et Amazon (via Globalstar).

Accéder à l’espace, c’est bien. Y déployer des services commerciaux, c’est plus rentable : telle est en substance la promesse formulée par Rocket Lab, qui a annoncé, lundi 29 juin, l’acquisition d’Iridium et de sa constellation de satellites en orbite basse. L’opération, soumise à l’approbation des autorités compétentes, dont la FCC aux États-Unis, sera réalisée moitié en cash, moitié en actions Rocket Lab, sur la base d’une valeur d’entreprise fixée à approximativement 8 milliards de dollars. La conclusion de la transaction est attendue mi-2027.

Rocket Lab s’offre une activité rentable

Un pied en Nouvelle-Zélande et l’autre aux États-Unis, Rocket Lab dispose pour mémoire d’un lanceur léger réutilisable déjà opérationnel, Electron. La société développe également depuis 2021 un lanceur de moyenne puissance, Neutron, qui devrait pouvoir emmener jusqu’à 13 tonnes de chargement en orbite basse et jusqu’à 1,5 tonne sur des vols longue distance vers Mars ou Vénus. Elle développe aussi Haste, un lanceur de test hypersonique.

En 2025, l’entreprise a affiché 602 millions de dollars de chiffre d’affaires, notamment grâce à onze missions Electron réussies. Le vol inaugural de Neutron est quant à lui programmé pour le dernier trimestre 2026. Soutenue par plusieurs grands contrats auprès d’agences états-uniennes, notamment dans la défense, Rocket Lab affiche un carnet de commandes de plus de 2 milliards de dollars.

L’entreprise reste toutefois structurellement déficitaire, par ses très importantes dépenses d’investissement requises pour le programme Neutron, entaché fin janvier par l’échec du test du réservoir destiné au premier étage de la fusée. Acquérir une activité déjà installée, à la rentabilité éprouvée, offre dans ce contexte des gages de confiance au marché.

Iridium a de son côté un profil radicalement différent : l’entreprise enregistre 872 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025. Sa croissance se révèle modérée (+ 5 % sur un an), mais son bilan est largement positif, avec une marge opérationnelle de 27 % et un résultat net de 114 millions de dollars sur l’année. L’entreprise exploite 66 satellites en opération, avec des services (IoT, voix et data, Direct-to-Device) distribués en direction de 2,55 millions de clients, notamment institutionnels. Elle dispose de revenus récurrents garantis, là où Rocket Lab dépend des campagnes de lancement décidées par ses clients et de la réussite de ses nouveaux programmes.

Un modèle intégré dans la foulée de Starlink

Rocket Lab ne cache pas son ambition de construire un modèle intégré d’accès à l’espace et de services associés, à l’image de ce que proposent Starlink et Amazon.

Outre sa propre constellation Starlink, l’entreprise d’Elon Musk a récemment acquis les fréquences d’Echostar avec le soutien de l’administration Trump, ce qui lui permet maintenant d’envisager de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis, tandis que le groupe de Jeff Bezos se prépare de son côté à mettre la main sur GlobalStar pour 11,57 milliards de dollars.

Rocket Lab se positionne dans le sillage de SpaceX et Amazon – capture d’écran extraite de sa présentation aux investisseurs

Avec Iridium, Rocket Lab s’offre à la fois une constellation en activité, mais aussi une bande de fréquences attribuée, grâce à laquelle l’entreprise estime être en mesure d’accélérer le déploiement de nouveaux services.

« En associant le riche héritage d’Iridium, son infrastructure fiable et son spectre très recherché aux vastes capacités de lancement et de fabrication éprouvées de Rocket Lab, nous sommes en mesure d’ouvrir des marchés entièrement nouveaux. Nous irons bien au-delà de la simple préservation de cet héritage ; nous allons le développer pour créer des applications spatiales de nouvelle génération et offrir des solutions très demandées à nos clients actuels et futurs », déclare Peter Beck, fondateur et CEO de Rocket Lab.

L’acquéreur indique avoir sécurisé les financements nécessaires à la réalisation de cet investissement, notamment via une ligne de crédit de 3,6 milliards de dollars souscrite chez Deutsche Bank et Wells Fargo.

« Il s’agit de notre entrée dans le marché des revenus récurrents des applications spatiales, mais ce n’est pas la ligne d’arrivée. Plutôt que de simplement poursuivre le développement du réseau Iridium, nous allons l’étendre pour conquérir des marchés inexploités et innover dans le domaine des services spatiaux », promet encore l’entreprise.

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[MàJ] Springer Nature a republié les articles rétractés de Max Planck

The Jerry Springer Nature Show
[MàJ] Springer Nature a republié les articles rétractés de Max Planck

Des chercheurs québécois ont remarqué que deux articles du chercheur allemand Max Planck datant des années 1940 ont été rétractés par l’éditeur scientifique. La rétractation non datée, elle, accusant le physicien de violation de copyright, serait en fait due à une détection automatique zélée.

[Mise à jour le 9 juillet à 9h30] : Un mois et demi après la mise en ligne sur arXiv par les historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, d’un article expliquant leur surprise de constater la rétractation de deux articles de Max Planck par Springer Nature, l’éditeur les a republiés. En retournant sur les pages des articles, Next a constaté que les deux articles du prix Nobel allemand était de nouveau disponibles (ici et ). L’éditeur a ajouté ce 6 juillet une note succincte affirmant : « Cet article a été réintégré. Il avait été rétracté en 2011 à la suite d’une erreur humaine ».


[Article original publié le 29 juin à 11h56] :

L’un des fondateurs de la mécanique quantique, Max Planck, aurait-il publié plusieurs fois le même article pour augmenter le nombre de ses publications et ses citations ? Non, mais les mécanismes automatiques mis en place par Springer Nature pour détecter ce genre de mauvaises conduites dans la recherche moderne ont conduit l’éditeur à rétracter deux de ses articles publiés dans les années 1940.

C’est en naviguant sur le site de rétractation d’articles scientifiques Retraction Watch que deux historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, ont repéré le problème.

Étonnantes rétractations d’articles d’un prix Nobel

En effet, dans un article mis en ligne sur la plateforme de prépublication arxiv, ils expliquent leur surprise, en tant qu’historiens de la physique, d’avoir constaté sur Retraction Watch que Max Planck faisait partie de la liste des lauréats du prix Nobel ayant des articles rétractés. Dans la base de données de Retraction Watch figurent bien deux articles du physicien allemand, tous les deux publiés dans la revue scientifique Die Naturwissenschaften, créée en 1913 pour devenir l’équivalent allemand de la revue Nature.

Sur le site de la revue, les deux articles (ici et ) sont marqués aussi comme rétractés. L’éditeur a remplacé les PDF des articles chacun par deux pages quasiment vides avec seulement la mention « cet article a été retiré en raison d’une infraction aux règles », tandis que l’éditeur précise seulement sur les pages web que ces rétractations seraient dues à « une violation du copyright ». Étrange justification pour des articles publiés par la revue de l’éditeur en 1940 et 1942 alors que Max Planck « était l’un des physiciens vivants les plus renommés », relèvent les deux historiens.

« Nous avons donc trouvé difficile à croire que ces articles aient réellement pu être rétractés de la revue de son vivant (Planck est décédé en 1947), ni même qu’il y ait eu de bonnes raisons de les retirer par la suite. Nous avons plutôt soupçonné qu’il s’agissait d’une décision récente et anachronique de la part de l’éditeur de la revue, fondée sur un malentendu ou une méconnaissance des pratiques de publication d’autrefois », ajoutent-ils.

Des notions d’éthique scientifique qui n’avaient pas lieu d’être à l’époque

Dans leur article, les historiens expliquent que des notions d’éthique scientifique contemporaines ont sans doute été appliquées de façon anachronique, abusive et automatique à ces articles.

En effet, à l’époque de Max Planck, les chercheurs et chercheuses n’étaient pas soumis à la pression à la publication, le « publish or perish » n’existait pas encore. « Une telle obsession pour la productivité en matière de publications n’existait toutefois pas à l’époque de Planck », expliquent les historiens.

Ainsi, on se fichait qu’un article fût publié plusieurs fois dans des revues différentes (pratique actuellement appelée « publications dupliquées » menant à l’accusation d’« auto-plagiat ») car le but n’était pas de gonfler les chiffres sur les CV de ses auteurs mais plutôt de diffuser les connaissances plus largement.

Ainsi, l’article de 1942 de Max Planck qui a été publié dans plusieurs autres revues scientifiques ne peut être considéré comme un manquement à l’éthique scientifique, puisque ces notions d’éthique sont apparues dans les années 1990 pour répondre à des problèmes qui ont émergé à peu près au même moment.

Pour les historiens, le cas de l’article de 1940 est « encore plus mystérieux » car ils n’ont retrouvé aucune autre republication dans la littérature scientifique. « Une explication plausible de la décision » serait l’existence d’un autre article avec le même titre, signé par le physicien Aloys Müller. Max Planck a, en effet, réutilisé le titre de son confrère pour continuer la discussion qu’il avait engendrée à propos de l’interprétation de Copenhague de la mécanique quantique, situation qui ne posait pas problème à l’époque où l’indexation numérique et les systèmes de détection automatique de copyright n’existaient pas.

« Notre enquête nous a amenés à conclure que la « rétractation » des deux articles de Max Planck ne trouvait pas son origine dans les pratiques épistémiques de la communauté scientifique de son époque, mais constituait une conséquence des normes actuelles des plateformes scientifiques numériques, dominées par de grands groupes éditoriaux de plus en plus sensibles aux questions de droits d’auteur liées à la commercialisation et au profit », concluent-ils.

Planck striké comme un youtubeur ?

Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui suspectent que ce sont ces mauvaises raisons qui ont conduit à la rétractation automatique de ces deux articles par les systèmes mis en place par l’éditeur pour gérer les conflits de copyright, ont-ils expliqué à la revue Science.

« Ce qui semblait au départ être un cas singulier de rétractation concernant un célèbre prix Nobel de physique s’avère finalement être un exemple de décisions arbitraires et anachroniques prises par les propriétaires actuels d’une revue scientifique d’importance historique, Naturwissenschaften, rebaptisée The Science of Nature depuis 2013 (Khelfaoui et Gingras 2025), qui décident désormais quels articles historiques peuvent encore être consultés », s’insurgent les historiens qui demandent le retour des textes sur le site de la revue.

Ils signalent qu’heureusement Internet Archive a archivé une copie des deux articles (ici et ) et permet toujours de les consulter alors que l’interprétation de Copenhague est toujours débattue.

Interrogée par Science, Springer Nature n’a pas voulu commenter et affirme : « les informations détaillées concernant des rétractations spécifiques sont généralement confidentielles et ne peuvent être communiquées qu’aux auteurs concernés »… Auteur décédé il y a près de 80 ans.

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[MàJ] Springer Nature a republié les articles rétractés de Max Planck

The Jerry Springer Nature Show
[MàJ] Springer Nature a republié les articles rétractés de Max Planck

Des chercheurs québécois ont remarqué que deux articles du chercheur allemand Max Planck datant des années 1940 ont été rétractés par l’éditeur scientifique. La rétractation non datée, elle, accusant le physicien de violation de copyright, serait en fait due à une détection automatique zélée.

[Mise à jour le 9 juillet à 9h30] : Un mois et demi après la mise en ligne sur arXiv par les historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, d’un article expliquant leur surprise de constater la rétractation de deux articles de Max Planck par Springer Nature, l’éditeur les a republiés. En retournant sur les pages des articles, Next a constaté que les deux articles du prix Nobel allemand était de nouveau disponibles (ici et ). L’éditeur a ajouté ce 6 juillet une note succincte affirmant : « Cet article a été réintégré. Il avait été rétracté en 2011 à la suite d’une erreur humaine ».


[Article original publié le 29 juin à 11h56] :

L’un des fondateurs de la mécanique quantique, Max Planck, aurait-il publié plusieurs fois le même article pour augmenter le nombre de ses publications et ses citations ? Non, mais les mécanismes automatiques mis en place par Springer Nature pour détecter ce genre de mauvaises conduites dans la recherche moderne ont conduit l’éditeur à rétracter deux de ses articles publiés dans les années 1940.

C’est en naviguant sur le site de rétractation d’articles scientifiques Retraction Watch que deux historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, ont repéré le problème.

Étonnantes rétractations d’articles d’un prix Nobel

En effet, dans un article mis en ligne sur la plateforme de prépublication arxiv, ils expliquent leur surprise, en tant qu’historiens de la physique, d’avoir constaté sur Retraction Watch que Max Planck faisait partie de la liste des lauréats du prix Nobel ayant des articles rétractés. Dans la base de données de Retraction Watch figurent bien deux articles du physicien allemand, tous les deux publiés dans la revue scientifique Die Naturwissenschaften, créée en 1913 pour devenir l’équivalent allemand de la revue Nature.

Sur le site de la revue, les deux articles (ici et ) sont marqués aussi comme rétractés. L’éditeur a remplacé les PDF des articles chacun par deux pages quasiment vides avec seulement la mention « cet article a été retiré en raison d’une infraction aux règles », tandis que l’éditeur précise seulement sur les pages web que ces rétractations seraient dues à « une violation du copyright ». Étrange justification pour des articles publiés par la revue de l’éditeur en 1940 et 1942 alors que Max Planck « était l’un des physiciens vivants les plus renommés », relèvent les deux historiens.

« Nous avons donc trouvé difficile à croire que ces articles aient réellement pu être rétractés de la revue de son vivant (Planck est décédé en 1947), ni même qu’il y ait eu de bonnes raisons de les retirer par la suite. Nous avons plutôt soupçonné qu’il s’agissait d’une décision récente et anachronique de la part de l’éditeur de la revue, fondée sur un malentendu ou une méconnaissance des pratiques de publication d’autrefois », ajoutent-ils.

Des notions d’éthique scientifique qui n’avaient pas lieu d’être à l’époque

Dans leur article, les historiens expliquent que des notions d’éthique scientifique contemporaines ont sans doute été appliquées de façon anachronique, abusive et automatique à ces articles.

En effet, à l’époque de Max Planck, les chercheurs et chercheuses n’étaient pas soumis à la pression à la publication, le « publish or perish » n’existait pas encore. « Une telle obsession pour la productivité en matière de publications n’existait toutefois pas à l’époque de Planck », expliquent les historiens.

Ainsi, on se fichait qu’un article fût publié plusieurs fois dans des revues différentes (pratique actuellement appelée « publications dupliquées » menant à l’accusation d’« auto-plagiat ») car le but n’était pas de gonfler les chiffres sur les CV de ses auteurs mais plutôt de diffuser les connaissances plus largement.

Ainsi, l’article de 1942 de Max Planck qui a été publié dans plusieurs autres revues scientifiques ne peut être considéré comme un manquement à l’éthique scientifique, puisque ces notions d’éthique sont apparues dans les années 1990 pour répondre à des problèmes qui ont émergé à peu près au même moment.

Pour les historiens, le cas de l’article de 1940 est « encore plus mystérieux » car ils n’ont retrouvé aucune autre republication dans la littérature scientifique. « Une explication plausible de la décision » serait l’existence d’un autre article avec le même titre, signé par le physicien Aloys Müller. Max Planck a, en effet, réutilisé le titre de son confrère pour continuer la discussion qu’il avait engendrée à propos de l’interprétation de Copenhague de la mécanique quantique, situation qui ne posait pas problème à l’époque où l’indexation numérique et les systèmes de détection automatique de copyright n’existaient pas.

« Notre enquête nous a amenés à conclure que la « rétractation » des deux articles de Max Planck ne trouvait pas son origine dans les pratiques épistémiques de la communauté scientifique de son époque, mais constituait une conséquence des normes actuelles des plateformes scientifiques numériques, dominées par de grands groupes éditoriaux de plus en plus sensibles aux questions de droits d’auteur liées à la commercialisation et au profit », concluent-ils.

Planck striké comme un youtubeur ?

Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui suspectent que ce sont ces mauvaises raisons qui ont conduit à la rétractation automatique de ces deux articles par les systèmes mis en place par l’éditeur pour gérer les conflits de copyright, ont-ils expliqué à la revue Science.

« Ce qui semblait au départ être un cas singulier de rétractation concernant un célèbre prix Nobel de physique s’avère finalement être un exemple de décisions arbitraires et anachroniques prises par les propriétaires actuels d’une revue scientifique d’importance historique, Naturwissenschaften, rebaptisée The Science of Nature depuis 2013 (Khelfaoui et Gingras 2025), qui décident désormais quels articles historiques peuvent encore être consultés », s’insurgent les historiens qui demandent le retour des textes sur le site de la revue.

Ils signalent qu’heureusement Internet Archive a archivé une copie des deux articles (ici et ) et permet toujours de les consulter alors que l’interprétation de Copenhague est toujours débattue.

Interrogée par Science, Springer Nature n’a pas voulu commenter et affirme : « les informations détaillées concernant des rétractations spécifiques sont généralement confidentielles et ne peuvent être communiquées qu’aux auteurs concernés »… Auteur décédé il y a près de 80 ans.

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Il y a des pics de lumière éternelle sur la Lune et Blue Origin sait comment les capturer

Pour s'installer durablement sur la Lune, il ne suffira pas de planter un drapeau : il faudra surtout sécuriser les meilleurs coins de l'immobilier spatial. Blue Origin l'a bien compris et dévoile sa « Power Tower », une immense structure verticale conçue pour braquer l'énergie des pics de lumière éternelle.

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« Trop de Starshit ! » : Elon Musk l’admet, l’overdose de projets spatiaux en « Star- » devient débile

Après sa célèbre obsession pour la lettre X, Elon Musk décline aussi ses projets spatiaux à toutes les sauces sous le préfixe « Star ». Une uniformisation marketing poussée jusqu'à l'excès, qui commence à lasser le public… et peut-être le milliardaire lui-même. Et ça pourrait changer.

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Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Comment dit-on cheh en anglais ?
Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Utilisé par le monde de la recherche comme par le public, le site climate.gov a été supprimé l’an dernier au beau milieu des attaques du gouvernement de Trump contre les sciences climatiques. Des bénévoles viennent de lui donner une nouvelle vie à l’adresse climate.us.

Printemps 2025 : de retour au pouvoir depuis quelques mois, Donald Trump met en place une politique d’attaque en règle de la recherche, en particulier celle liée aux enjeux climatiques. Les effets se font ressentir aux États-Unis, mais aussi à l’international : la communauté scientifique recourt à de nombreux outils et bases de données américaines pour mener ses travaux. En France, la paléoclimatologue du CEA Valérie Masson-Delmotte demande aux sénateurs que la France protège les données scientifiques en passe d’être supprimées.

Un outil en particulier illustre la politique appliquée par le gouvernement Trump : climate.gov. Hébergé par l’administration des États-Unis, le site servait de point d’accès à quantité de ressources liées aux enjeux climatiques, que ce soit des jeux de données, des analyses ou de simples articles de vulgarisation destinés au grand public. À la suite du décret « Restoring Gold Standard Science » (Rétablir une science au meilleur standard), pris en juin 2025, le site a été rendu inaccessible.

Un an plus tard, une large part de l’équipe qui avait fabriqué climate.gov dévoile climate.us. Indépendante de l’administration des états-unis, la plateforme rend l’accès à la vaste collection de données hors ligne pendant un an.

D’anciennes équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration

À la manœuvre : une partie des équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui avait drastiquement coupé dans ses effectifs dès mars 2025. Ces anciens agents fédéraux ont créé une organisation à but non lucratif et collecté 2 500 « petites donations auprès de personnes qui veulent que l’information relative aux sciences climatiques reste accessible ».

Pour un total de 250 000 dollars environ, ces donations ont constitué le tiers des financements totaux collectés. Grâce à ces moyens, ils ont annoncé ce 24 juin, soit pile un an après la suppression de climate.gov, le lancement de la version complète du site climate.us.

Ce dernier compte devenir un « foyer pour l’information climatique de confiance, soutenu par le public ». L’ONG indique que plus de 80 scientifiques « se sont portés volontaires pour exercer des révisions par les pairs sur leurs sujets ». Au total, la plateforme revendique donner l’accès à 15 ans d’articles, de publications de blogs, de rapports et d’autres indicateurs essentiels liés au climat.

Les attaques du gouvernement Trump contre les régulations environnementales n’ont pas cessé depuis l’an dernier. La semaine dernière, le ministère de la Justice a notamment adressé à la cour du Mississippi une lettre l’intimant de classer l’affaire relative au supercalculateur Colossus de xAI. Ce dernier est accusé d’avoir violé le Clean Air Act en installant des générateurs au gaz non autorisés, et de polluer l’air du voisinage, principalement habité par une population noire qui présente déjà l’espérance de vie la plus faible de Memphis et ses environs.

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Utilisé par le monde de la recherche comme par le public, le site climate.gov a été supprimé l’an dernier au beau milieu des attaques du gouvernement de Trump contre les sciences climatiques. Des bénévoles viennent de lui donner une nouvelle vie à l’adresse climate.us.

Printemps 2025 : de retour au pouvoir depuis quelques mois, Donald Trump met en place une politique d’attaque en règle de la recherche, en particulier celle liée aux enjeux climatiques. Les effets se font ressentir aux États-Unis, mais aussi à l’international : la communauté scientifique recourt à de nombreux outils et bases de données américaines pour mener ses travaux. En France, la paléoclimatologue du CEA Valérie Masson-Delmotte demande aux sénateurs que la France protège les données scientifiques en passe d’être supprimées.

Un outil en particulier illustre la politique appliquée par le gouvernement Trump : climate.gov. Hébergé par l’administration des États-Unis, le site servait de point d’accès à quantité de ressources liées aux enjeux climatiques, que ce soit des jeux de données, des analyses ou de simples articles de vulgarisation destinés au grand public. À la suite du décret « Restoring Gold Standard Science » (Rétablir une science au meilleur standard), pris en juin 2025, le site a été rendu inaccessible.

Un an plus tard, une large part de l’équipe qui avait fabriqué climate.gov dévoile climate.us. Indépendante de l’administration des états-unis, la plateforme rend l’accès à la vaste collection de données hors ligne pendant un an.

D’anciennes équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration

À la manœuvre : une partie des équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui avait drastiquement coupé dans ses effectifs dès mars 2025. Ces anciens agents fédéraux ont créé une organisation à but non lucratif et collecté 2 500 « petites donations auprès de personnes qui veulent que l’information relative aux sciences climatiques reste accessible ».

Pour un total de 250 000 dollars environ, ces donations ont constitué le tiers des financements totaux collectés. Grâce à ces moyens, ils ont annoncé ce 24 juin, soit pile un an après la suppression de climate.gov, le lancement de la version complète du site climate.us.

Ce dernier compte devenir un « foyer pour l’information climatique de confiance, soutenu par le public ». L’ONG indique que plus de 80 scientifiques « se sont portés volontaires pour exercer des révisions par les pairs sur leurs sujets ». Au total, la plateforme revendique donner l’accès à 15 ans d’articles, de publications de blogs, de rapports et d’autres indicateurs essentiels liés au climat.

Les attaques du gouvernement Trump contre les régulations environnementales n’ont pas cessé depuis l’an dernier. La semaine dernière, le ministère de la Justice a notamment adressé à la cour du Mississippi une lettre l’intimant de classer l’affaire relative au supercalculateur Colossus de xAI. Ce dernier est accusé d’avoir violé le Clean Air Act en installant des générateurs au gaz non autorisés, et de polluer l’air du voisinage, principalement habité par une population noire qui présente déjà l’espérance de vie la plus faible de Memphis et ses environs.

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