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Wildcat Lake contre Twin Lake : prix et performances

Le Core 3 304 passé sous l’analyse de Passmark ne nous livre pas tous les secrets de la puce. La performance du circuit graphique Xe3 n’y est pas mise en avant et il manque encore des données évidemment essentielles dans son analyse.

Intel Core Series 3

On découvre cependant un Core 3 304 qui a du répondant et qui propose un niveau de performances 50% supérieur à l’Intel N150 de génération précédente. Ce processeur n’est pas non plus pensé pour être vendu en direct au public, mais bien pour être distribué uniquement en intégration dans des portables, des All-In-One, des MiniPC et des cartes de développement. 

Core 3 304 contre N150

La dépense énergétique est plus que doublée avec un passage de 6 à 15 watts. Et le résultat obtenu par ce test du processeur en simple ou en multicoeur n’illustre qu’en partie le pourquoi de ce changement de consommation.

Plusieurs MiniPC et portables sont déjà annoncés sous Wildcat Lake

Plusieurs MiniPC sont déjà annoncés sous Wildcat Lake Core 3 304 comme ces modèles Beelink

La construction des deux circuits est différente dans les générations de cœurs employées, mais l’idée de leur implantation est assez semblable. Pour rappel, les puces Twin Lake sont des évolutions optimisées des Alder Lake-N. Un ensemble de cœurs Gracemont qui sont les cœurs « efficients » de l’offre Alder Lake de 2021. Ces puces sont les cœurs les plus économes en énergie d’Intel à l’époque et la marque les intègre donc dans une gamme de puces dont le N100 est le plus connu. Ils n’apportent pas des performances extraordinaires mais changent tout de même largement par rapport aux processeurs de générations précédentes qu’étaient les Intel Celeron et Pentium. Avec ces quatre cœurs Gracemont économes en énergie, les N100 et 150 ont largement bouleversé la performance de l’entrée de gamme.

Processeur Cœurs CPU Fréquence max
Cœur P
Cœurs GPU Fréquence max
GPU
GPU
(TOPS)
NPU
(TOPS)
Core 7 360 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,8 GHz 2 2,6 GHz 21 17
Core 7 350 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,8 GHz 2 2,6 GHz 21 17
Core 5 330 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,6 GHz 2 2,5 GHz 20 16
Core 5 320 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,6 GHz 2 2,5 GHz 20 16
Core 5 315 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,4 GHz 2 2,3 GHz 18 15
Core 3 304 5 (1 x P + 4 x LP-E) 4,3 GHz 1 2,3 GHz 9 15

Les puces Wildcat Lake, comme ce Core 3 304, sont finalement assez proches puisqu’on reprend une construction sur une base de 4 cœurs économes en énergie. On passe cependant des solutions Gracemont de 2021 à un développement Darkmont de 2026. La microarchitecture a été améliorée, optimisée et surtout épaulée par des cœurs Performance Cougar Cove. La même microarchitecture que les puces mobiles haut de gamme Panther Lake. Les deux types de processeurs partagent d’ailleurs la gravure Intel 18A.

On passe donc de 4 cœurs « E » pour un N150 ou un N100 à des solutions à minima de 4 cœurs « E » et un cœur « P », comme c’est le cas pour le plus petit de ces processeurs, le Core 3 304. C’est donc l’ajout de ce cœur « Performant » qui crée ici la principale différence entre les deux gammes. Les fréquences varient, les microarchitectures également, mais l’idée est identique.

Core 3 304 contre N350

Core 3 304 contre N350

Le Core 3 304 doit se comparer au Core 3 N350

Pour être plus pertinent, il faut cependant se pencher sur un autre processeur que le N150 et examiner le prix public des puces. Ce tarif est toujours à prendre avec des pincettes car il s’agit d’une indication de la part d’Intel sur la valeur estimée de chaque processeur à destination de ses clients, c’est-à dire, aux assembleurs. Ces chiffres varient donc énormément en raison du volume commandé et si je vous dis que le prix catalogue d’un Intel N150 est censé être de 128$ HT alors que des engins complets avec 13 Go de mémoire, 512 Go de SSD et tout l’attirail, boîtier, carte mère, refroidissement et module sans fil ont été proposés moins cher que cela à une époque, vous comprendrez mieux pourquoi ce prix est très « indicatif ».

Le Wildcat Lake Core 3 304 est ainsi annoncé à 309$, soit, exactement au dollar près, le prix du Twin Lake Core 3 N350. Il faut donc examiner les deux puces pour se rendre compte de l’évolution proposée pour un investissement identique.

Processeur Cœurs CPU FréquenceS GPU Fréquence max
GPU
NPU
(TOPS)
PRIX
Core 3 350
Twin Lake
8 (8 x LP-E) Min E : 0.8 GHz
Max E : 3.9 GHz
32 EU 1.35 GHz 0 309 US$
Core 3 355
Twin Lake
8 (8 x LP-E) Min E : 1.8 GHz
Max E : 3.9 GHz
32EU  1.35 GHz 0 309 US$
Core 3 304 5 (1 x P + 4 x LP-E) Min P : 1.5 GHz
Max P : 4.3 GHz
Min E : 1.4 GHz
Max E : 3.3 GHz
1 Xe3-LPG
Battlemage
2,3 GHz 9 309 US$

Là encore le Core 3 304 est largement devant avec entre 36 et 46% de performances en plus en simple et multicœurs. Le N350 embarque 8 cœurs « E » et cela ne suffit pas a faire la différence face à la formule 4+1 du Wildcat Lake. L’écart le plus important en simple copeur est loique, puisqu’on compare un cœur « E » contre un « P » de microarchitectures différentes. On peut donc imaginer l’impact qui ira crescendo du Core 3 304 qui est le plus entrée de gamme aux puces alignant 2 cœurs « P » en plus de meilleures fréquences et de plus d’unités graphiques Xe3.

On note également dans cette comparaison la différence de TDP entre les deux puces. On passe de 7 watts pour le N350 à 15 watts pour le 304. Là encore il s’agit de prendre en compte la différence de circuit graphique entre les deux. On notera par ailleurs que le Twin Lake Core 3 N355 fonctionne lui aussi à 15 watts de TDP.

Enfin, les fréquences sont très différentes entre les deux générations de puce. Non seulement les cœurs P sont présents, mais même les cœurs « E » montent plus haut en fréquence. La gravure Intel 18A et les optimisations font probablement la différence. 

Il est important de garder la tête et les idées claires. Si on avait tendance à trouver les engins sous N350 comme plus puissants que les autres Twin Lake parce qu’en haut de la gamme des puces disponibles sur ce segment, il ne faut pas voir le Core 3 304 comme une entrée de gamme incompétente parce qu’en bas du tableau de la nouvelle offre. Le Minix N304-AI a fait ce choix d’un Intel Core 3 304 par exemple.

Un portable Acer Swift 3 Wildcat Lake Core 5 320

Un portable Acer Swift 3 Wildcat Lake Core 5 320

Le prix du Core 3 304 et de la gamme Wildcat Lake

Le prix « officiel » des puces Intel est désormais connu et on retrouve donc une gamme qui débute là où s’arrêtaient les Win Lake-N. Quand le haut de gamme précédent était à 309 US$, l’entrée de gamme démarre au même montant. Si ces tarifs ne reflètent pas les prix réels auxquels ces processeurs seront disponibles pour les assembleurs, ils donnent une idée du marché qui sera proposé. L’ensemble des tarifs de ces puces s’établit comme suit :

  • Core 3 304 : 309 US$
  • Core 3 305 : 309 US$
  • Core 5 315 : 340 US$
  • Core 5 320 : 340 US$
  • Core 5 330 : 309 US$
  • Core 7 350 : 469 US$
  • Core 7 360 : 426 US$

On note que certains prix sont « incohérents » comme le Core 5 330 qui est positionné au même prix que le 304 ou le Core 7 360 moins cher que le 350. Cela reflète des choix de production et de mise en avant de la marque, mais aussi des canaux de distribution différents.

J’ai espoir, au vu de ce positionnement, qu’Intel poursuive encore la production des puces Twin Lake. Elles n’ont pas été mise en fin de vie pour l’instant mais semblent au ralenti avec beaucoup de constructeurs qui se plaignent de difficultés d’approvisionnement. Il est probable qu’Intel ait mis toutes ses capacités dans la production des nouveaux processeurs Wildcat Lake qui vont être massivement déployés dans des ordinateurs portables cette année.

Les grandes marques avaient boudé Twin Lake et Alder Lake-N les années précédentes pour des raisons stratégiques. Les prix des engins équipés ainsi étaient souvent jugés trop faibles à une époque où mémoire et stockage ne coûtaient pas grand-chose. En 2026/2027 Wildcat Lake est logiquement accueilli à bras ouverts car sans lui les ventes de portables entrée de gamme seront bien moins faciles. Quand la rentrée sera passée et que les puces Wildcat Lake auront créé leur marché, j’espère sincèrement qu’Intel rouvrira les vannes des Twin Lake. S’ils sont moins puissants, ces processeurs sont encore et toujours les meilleures solutions pour construire des MiniPC classiques ou très spécialisés.

Intel Wildcat Lake, le véritable renouveau des puces Alder Lake-N

Source : Videocardz

Wildcat Lake contre Twin Lake : prix et performances © MiniMachines.net. 2026

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Project Firefly : Intel détaille les secrets de son intégration

Firefly, nous en avons déjà parlé en mai. Il s’agit d’une solution d’intégration proposée par Intel aux fabricants de PC portables pour baisser les coûts de production et ainsi conserver une offre grand public efficace et abordable.

Dans la vidéo ci-dessus, postée par Intel, on découvre plus en détail la manière dont le Project Firefly s’articule autour de la gamme de processeurs « Wildcat Lake » Core Series 3. Et comment son intégration peut permettre de conserver des tarifs viables pour toute une gamme d’ordinateurs portables sur le marché.

Le premier point abordé dans la vidéo est intéressant, il détaille ce qu’Intel analyse comme la définition d’un portable « grand public ». Et ce qu’il faut entendre par là, c’est un ordinateur destiné à des usages « non experts ». Une machine qui ne soit pas spécialisée dans le jeu, la création de contenu, le calcul lourd ou autre, mais capable de faire un peu tout ce que l’on demande à un ordinateur personnel correctement.

Intel définit cette gamme en validant un ensemble de points particuliers dans une enveloppe de prix attractive : une bonne autonomie, une réactivité logicielle confortable et une grande compatibilité avec l’écosystème matériel et logiciel historique du monde PC. Intel insiste très logiquement sur ces points pour jeter des bâtons dans les roues de ses nouveaux concurrents issus du monde ARM avec Nvidia et son RTX Spark ainsi que Qualcomm et ses Snapdragon. Trois points assez limités par rapport à ce que l’on attend d’un ordinateur portable, mais le reste de chaque machine n’est pas du ressort du fondeur. Pour remplir ce cahier des charge le fondeur s’appuie sur deux éléments techniques : le Project Firefly et la série de processeurs Wildcat Lake.

Double Thumbs up pour Nish Neelalojanan et son explication très accessible de la gamme Wildcat Lake

Double Thumbs up pour Nish Neelalojanan et son explication très accessible de la gamme Wildcat Lake

Wildcat Lake, nouvelle puce généraliste chez Intel

Wildcate Lake est une approche différente des habitudes d’Intel. Avec un peu de recul, on s’aperçoit que la stratégie lancée avec les puces Alder Lake N, puis les processeurs Twin Lake, a pavé la voie de cette nouvelle stratégie. En 2023, je publiais un billet pour expliquer en quoi l’arrivée des puces Alder Lake-N avait totalement changé le marché de l’entrée de gamme. Des Celeron et Pentium qui définissaient un ensemble de processeurs pleins de compromis, Intel était passé à des puces capables d’énormément d’usages. Et cette offre correspondait alors assez bien à la définition d’un processeur grand public établie ci-dessus par Nish Neelalojanan.

De Panther Lake à Wildcat Lake

De Panther Lake à Wildcat Lake

Intel explique sa stratégie avec ses nouvelles puces Wildcat Lake de la même manière qu’il expliquait les sorties des Alder Lake-N à l’époque puis des Twin Lake par la suite. Traditionnellement, la méthode des fabricants de puces a toujours été la même. Les nouvelles technologies sortent dans des modèles de processeurs haut de gamme vendus à des prix élevés. Cela permet de commencer à amortir le coût de fabrication et de recherche et développement des processeurs bien plus rapidement tout en motivant leur achat. Le client final accepte de payer un processeur plus cher car il choisit la performance et les services annexes les plus avancés. Puis, en quelques générations, les points clés de ces processeurs haut de gamme sont déployés dans les solutions plus abordables.

Ainsi une technologie comme le Thunderbolt, la prise en charge de circuits graphiques puissants avec la gestion des derniers CODEC, un nœud de gravure plus fin et autres subtilités techniques se démocratisent au fil du temps. Dégringolant du haut de gamme vers le milieu de gamme puis vers l’entrée de gamme année après année. Une sorte de ruissellement technologique… mais qui fonctionne.

L'achitecture Wildcat Lake

L’asemblage des Wildcat Lake

Avec ces nouvelles générations, les puces haut de gamme et les puces grand public partagent désormais exactement les mêmes technologies mais à des dosages et des degrés différents. Sur l’image ci-dessus, on peut voir que l’ADN est le même pour les Core Ultra Series 3 « Panther Lake » et les Core Series 3 « Wildcat Lake ». Même génération de cœurs, même NPU de cinquième génération, même circuit graphique capable de décoder l’AV1 nativement et une gravure 18A identique. C’est le dosage qui change, le nombre de cœurs qui devient plus léger sur l’entrée de gamme, les fréquences qui sont plus basses, les technologies moins puissantes. Le Thunderbolt est bien présent, mais ce n’est pas le dernier né de la série, la mémoire reste en monocanal, le stockage ne dépasse pas le PCIe 4.0 et le nombre de lignes PCIe est plus faible…

Autre point clé d’une construction moins chère, la fabrication du processeur lui-même. Si sur les puces haut de gamme Intel a recours à des technologies d’assemblage complexes avec plusieurs composants liés ensemble grâce à des technologies coûteuses comme Foveros, ce n’est pas le cas sur Wildcat Lake. La gravure de la puce est « monolithique » : tous les éléments du processeur sont gravés ensemble sur un même morceau de silicium auquel on adjoint une « tuile » contrôleur en utilisant la technologie UCIe. C’est plus simple à graver, plus simple à assembler et donc moins cher à produire. D’autant que dans ce cas précis de Wildcat Lake, tout peut être gravé en interne chez Intel Foundry.

Les six processeurs Wildcat Lake annoncés

Processeur Cœurs CPU Fréquence max
Cœur P
Cœurs GPU Fréquence max
GPU
GPU
(TOPS)
NPU
(TOPS)
Core 7 360 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,8 GHz 2 2,6 GHz 21 17
Core 7 350 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,8 GHz 2 2,6 GHz 21 17
Core 5 330 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,6 GHz 2 2,5 GHz 20 16
Core 5 320 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,6 GHz 2 2,5 GHz 20 16
Core 5 315 6 (2 x P + 4 x LP-E) 4,4 GHz 2 2,3 GHz 18 15
Core 3 304 5 (1 x P + 4 x LP-E) 4,3 GHz 1 2,3 GHz 9 15

Autre détail intéressant, le recours à une carte mère dont le circuit est étalé sur 6 couches seulement. C’est bien moins que pour les puces Panther Lake et cela permet de baisser le prix de revient de manière significative. Les cartes mères ont en général 4 couches sur l’entrée de gamme et de 6 à 8 couches sur le milieu de gamme. Quand au très haut de gamme, notamment sur les cartes proposant un circuit graphique secondaire, on trouve de 10 à 16 couches de communication. L’impact de ces assemblages n’est pas du tout le même financièrement. Passer de 10 à 6 couches est une bonne manière de limiter les coûts.

Pour Wildcat Lake, Intel a donc décidé de changer de braquet. Pour que cette gamme puisse coller aux besoins du public dans les attentes voulues, il a cependant fallu aller plus loin. Définir un cahier des charges complet pour que les constructeurs s’en emparent et puissent fabriquer un ensemble de machines efficaces et accessibles. Ce plan, cette architecture produit, se définit dans le projet Firefly. Un ensemble de mesures qui permet de définir les composants qui gravitent autour des puces : châssis, écran, batterie… C’est cette solution qui va permettre de trouver une cohérence d’ensemble qui va rassurer le consommateur.

Le projet Firefly définit un cadre de travail adapté aux puces proposées

L’idée de Firefly a été de se rapprocher de l’industrie du smartphone et de la tablette. Habituée à adresser des produits à toutes les sensibilités du marché en proposant des solutions très contraintes, il leur a été demandé de réfléchir à des solutions cohérentes pour s’adresser au segment grand public. De définir un cahier des charges adapté pour les fabricants partenaires d’Intel. Une recette d’ordinateur portable qui colle aux capacités des puces Wildcat Lake pour préserver d’un côté les avantages de la plateforme, et de trouver de l’autre le tarif le mieux adapté à ce niveau de services.

Chaque constructeur peut donc s’emparer de cette approche puis la modifier en fonction de ses propres besoins, designs ou objectifs. Certains vont rogner sur des éléments pour proposer un prix plus serré, d’autres vont appuyer sur un composant particulier : batterie, connectique, enceintes, communication, confort ou affichage pour démarquer leur offre. Mais l’architecture sera toujours basée sur les mêmes composants. Cette manière de travailler n’est pas nouvelle et Intel comme AMD ou Qualcomm proposent tous ce que l’on appelle des « designs de référence » sur lesquels s’appuient les constructeurs. 

Sam Gao qui s’occupe du développement matériel et logiciel des machines pour Intel en Chine, prend la suite de la vidéo. Il explique que l’approche d’Intel par le passé était surtout focalisée sur le segment haut de gamme. Les engins les plus performants, les plus endurants, les plus fins et légers. Ceux qui embarquaient les puces les plus puissantes et donc les plus susceptibles de rapporter de l’argent au fondeur. Une approche classique de porte-étendard censée faire « rêver » le consommateur grand public qui, en réalité, achetait en masse les autres puces de la gamme. Soit dit en passant, cette stratégie correspondait bien à Intel quand il régnait en maître sur le secteur sans la forte concurrence d’AMD et l’arrivée de Qualcomm.

Et Intel a donc décidé de se réintéresser au segment grand public avec Wildcat Lake en se disant qu’après tout, c’était une grosse part du marché et un secteur plus stable pour asseoir sa production. Il faut bien comprendre que si une technologie, extrêmement coûteuse à mettre en place, comme la gravure Intel 18A, profite technologiquement à toutes les nouvelles puces d’Intel, c’est une excellente manière de la rentabiliser. Le fait d’amortir son coût de fabrication en diluant celui-ci dans beaucoup plus de processeurs grâce au marché grand public est évidemment très intéressant pour Intel. 

Firefly veut changer la manière de voir les machines grand public

Le point clé de cette nouvelle approche Firefly a été de changer totalement la manière d’appréhender les puces de ce secteur particulier. Passer d’une politique consistant à définir la gamme par son prix à une autre établissant d’abord les usages voulus par le secteur. Puis à adapter les éléments en fonction pour rentrer dans une fourchette de tarifs spécifiques.

Cela a l’air assez proche à première vue, mais avec un exemple simple vous allez vite comprendre le changement de logique. Qui vend les portables grand public ? Principalement les grands distributeurs : magasins en ligne et grandes surfaces. Leur technique est assez simple, il leur faut un prix et avant tout un prix. Un chiffre à accrocher sur leur catalogue et qui évite toute réflexion. Je m’explique. Vous ouvrez une brochure de rentrée scolaire, en plus des fournitures scolaires, vous avez deux pages de PC portables classiques à des prix bien définis. Par exemple, de 499 à 549€ pour un portable grand public de base. 749 à 849€ pour le segment au-dessus et entre 899 et 999€ pour les solutions haut de gamme. Je ne parle pas des portables spécialisés avec des puces graphiques séparées ou d’ultraportables. Il s’agit ici d’engins capables de tout faire, mais sans objectifs d’usages particuliers.

Pourquoi ces prix spécifiques ? Ils établissent les budgets déterminés pour chaque achat suivant les revenus des clients. L’acheteur lambda qui « veut un PC pour la rentrée » entre dans le magasin beaucoup plus avec une idée de budget en tête qu’avec une liste d’exigences techniques. Il existe d’autres raisons spécifiques 7, mais celle-ci est la principale.

Le boulot des constructeurs est donc simple. On prend l’ensemble des composants disponibles sur le marché et on assemble le tout dans différentes configurations pour en faire des portables qui rentrent dans les cases définies : 599€, 799€ et 999€ par exemple. Et s’il faut rogner sur la qualité du châssis, l’autonomie de la batterie, la luminosité de l’écran ou la quantité de stockage proposés pour que ça tienne, ce sera fait. S’il faut ajouter 15 logiciels publicitaires et un antivirus gratuit 1 mois sur Windows pour conserver sa marge, ce sera également proposé. Et cela donne ce que l’on connait aujourd’hui et qui rend tout le monde grognon en commentaires. Un portable super sympathique en première approche mais qui pèche par deux ou trois détails totalement idiots. Par exemple un écran avec une luminosité très faible ou une offre de connexion Wi-Fi dépassée. Et cela malgré le fait que le surcoût pour améliorer ces deux postes ne dépasse pas quelques euros en usine. Il est impossible de dépasser les prix « stratégiques » déterminés à l’avance et les 20€ nécessaires pour passer d’une batterie minable à un modèle qui tient la route ne seront pas dépensés.

Avec l’approche Firefly proposée par Intel, ce n’est plus le tarif qui filtre les composants. Les constructeurs vont proposer des éléments plus libres tout en bénéficiant d’une plateforme permettant d’économiser sur certains postes. Cela va permettre de construire des machines plus cohérentes. Plus intelligentes dans leur conception. Au lieu de se limiter à un portable proposant un écran peu lumineux pour rester sous la barre fatidique des 500€, il sera possible de définir une machine plus homogène à 529€ qui embarquera un écran adapté à un usage extérieur. Il existera toujours des compromis, mais dans des étages de performances plus que dans des choix involontaires dictés par un absurde seuil psychologique de tarif.

Pour Intel, c’est évidemment un pari gagnant car si les fabricants font bien leur travail et que la presse fait également le sien, la gamme de portables sous cette appellation Firefly sera vite identifiée comme un meilleur choix technique. Et le public ne verra plus d’un mauvais œil le fait de dépasser son seuil psychologique d’une poignée d’euros si c’est pour acheter un bien meilleur produit.

Pour les fabricants, cela ouvre également la porte à des propositions plus cohérentes. Ils pourront toujours céder aux caprices des gros vendeurs de portables que sont les grandes surfaces et continuer à leur proposer des machines entrées au chausse-pied dans leurs gammes de prix. Mais si l’offre « Firefly » est plus conseillée et recherchée, ce seront ces vendeurs eux-mêmes qui choisiront les nouvelles machines pour leur catalogue. 

C’est d’autant plus malin pour Intel que les concurrents actuels de la marque, que sont AMD et Qualcomm sont encore très ancrés dans la culture d’une série de processeurs très étagés en spécificités techniques. Les générations de cœurs, de circuits graphiques, de finesse de gravure et de services sont très séparées suivant les cibles. Ça l’est beaucoup moins chez Apple même si la puce choisie pour le Macbook Neo a réintroduit une gamme en dessous des puces de dernières générations. 

 

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

Une synergie matérielle opportuniste et des résultats concrets.

Intel a acté le passage de l’industrie PC derrière celle du monde smartphone. Sam Gao le reconnait lui-même, le monde PC se mesure à environ 300 millions de PC vendus chaque année. En face, le marché du smartphone est au-dessus du milliard d’unités vendues à des tarifs souvent comparables à celui d’un PC grand public. Le concurrent principal d’Intel aujourd’hui ne s’appelle pas forcément AMD ou Apple, il s’appelle smartphone. Cela a poussé leurs équipes à changer de manière d’approcher la fabrication des engins. En choisissant de nouveaux composants, de nouvelles approches matérielles et même de nouveaux partenaires pour l’assemblage des machines.

Et cela conduit à des choix techniques différents de ses habitudes. Rapprocher, par exemple, un assembleur d’électronique de smartphone d’une marque de PC pour concevoir des cartes mères plus compactes et moins chères.

Le premier portable « Firefly » présenté est une production Intel qui sert de design de référence au marché. En général, ces produits servent à former les équipes internes, mais aussi à convaincre les partenaires de la marque. Que ce soient les constructeurs ou les distributeurs qui doivent déclencher des décisions largement en amont de toute réelle disponibilité de produit. Il est difficile de s’engager sur une nouvelle plateforme depuis un catalogue sans avoir un prototype en main. Ces modèles servent à mieux visualiser les machines qui seront réellement en stock des mois plus tard.

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

On retrouve donc un engin de 14 pouces, à l’aspect assez ordinaire mais équipé de petites touches techniques assez importantes. Par exemple, la coque est entièrement métallique et unie, chose très rare sur les gammes de prix visées. Un des moyens d’économiser quelques dollars en production pour un portable grand public est de percer la partie inférieure du châssis pour avoir une aspiration d’air frais. C’est en général bien moins cher que d’optimiser les flux d’air internes. Ce choix est souvent rendu obligatoire sur des portables spécialisés à cause des composants haut de gamme qui dégagent beaucoup de chaleur qu’ils embarquent. Mais sur des produits classiques, c’est le choix technique effectué par défaut car le plus économique.

Et cela même si tout le monde sait que cela pose des problèmes dans la durée avec plus de poussière qui entre dans le système de ventilation et souvent l’impossibilité d’employer sa machine posée sur un coussin de canapé ou un lit. Cela participe également à l’allure globale de ces machines et à leur durabilité.

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

La connectique choisie reflète également un côté « premium ». Auparavant, seuls les produits les plus haut de gamme proposaient du Thunderbolt, les produits grand public étaient cantonnés à un USB Type-C plus classique. En ajoutant cette connectique spécialisée à la plateforme, le constructeur démocratise largement son usage ainsi que les accessoires liés. 

Prototype Intel Firefly de 14"

Prototype Intel Firefly de 14″

Mais pour ne pas froisser les acheteurs de ces segments, qui veulent une grande compatibilité avec leur matériel existant, la marque ne compte pas uniquement sur ces connecteurs spécialisés. L’objectif est de pouvoir fournir également des ports HDMI  et USB type-A plus classiques. Résultat, le portable propose à la fois un design fin de 12.9 mm d’épaisseur et une gamme de services complète.

Prototype Intel Firefly de 15.6"

Prototype Intel Firefly de 15.6″

Dans un prototype 15.6″ exposé dans la vidéo, on découvre une version équipée d’un dos transparent. Cela nous permet de voir les entrailles techniques de l’engin. Et on découvre ici des choses très intéressantes. D’abord la présence d’un unique caloduc en cuivre qui transporte la chaleur du processeur, couvert par une plaque de cuivre, vers des ailettes situées loin du reste des composants. Cette solution est plus fine que les dispositifs habituels, elle coûte également moins cher tout en étant plus efficace grâce à diverses optimisations. Cela représente une économie d’échelle importante pour un fabricant qui va devoir multiplier ce système à des dizaines et des dizaines de milliers d’exemplaires.

Autre détail technique dont je vous ai déjà parlé, la connexion entre la carte mère à droite et l’extension connectique à gauche. Celle-ci a été pensée par Intel et standardisée afin que les différents acteurs puissent s’en emparer et proposer les connecteurs de leur choix. Sur ce modèle de 15.6″, on retrouve deux ports Thunderbolt mais aussi un HDMI, un lecteur de carte MicroSDXC et un jack audio combo 3.5 mm. Sur le modèle de 14″ plus haut, le même connecteur ne transportait que les deux ports Thunderbolt. L’autre intérêt de cette approche est de pouvoir adapter la connectique à chaque diagonale. La carte mère peut en effet rester la même entre un 13, un 14 et 15.6″, il suffira juste pour le constructeur d’étendre la nappe et de choisir une batterie de connecteurs adaptée.

On peut également observer ici une approche très ouverte du matériel embarqué. La batterie est vissée au châssis et elle est montée sur un connecteur pour pouvoir être remplacée facilement. La mémoire vive comme le stockage sont évolutifs. Cela ne sera pas forcément le cas sur tous les designs Firefly mais c’est une possibilité offerte à chaque fabricant.

Autre point intéressant : la gestion de chaque élément intégré a réellement été examinée à la loupe pour optimiser le coût de production. Le meilleur exemple donné est dans la gestion des CODEC embarqués, les outils nécessaires au pilotage des différents médias. Intel a ici littéralement copié l’univers des smartphones pour réduire l’empreinte technique et économique de ces éléments. Cela veut dire que les systèmes embarqués sauront peut-être lire moins de choses matériellement que sur un PC classique, mais que l’ensemble de leur implantation sera également moins coûteux en espace et en composants sur la carte mère. Ce qui tend à faire baisser le coût global de fabrication.

En pratique, cela ne veut pas dire que votre machine ne pourra pas lire tout type de fichiers, le décodage logiciel pourra fonctionner pour les plus anciens. Mais peut-être que les vieux formats ou ceux jugés inadaptés, ne seront plus pris en compte. Pas forcément besoin de savoir lire nativement des médias avec des CODECS abandonnés il y a des années quand l’essentiel de l’usage de ces PC consiste à lire des formats de vidéo récents en streaming. En rapprochant l’usage des processeurs Wildcat Lake avec celui des smartphones, ils ont éliminé les CODEC matériels jugés dépassés dans un usage du quotidien aujourd’hui. Et cela permet d’alléger considérablement l’implantation des puces au global avec un processeur plus petit et moins d’éléments à intégrer à la carte mère pour supporter ces usages.

Même chose pour la mémoire vive, les ingénieurs d’Intel ont envisagé la possibilité de redéfinir la manière dont la gestion de la mémoire vive est effectuée sur les nouvelles puces de manière à reprendre l’implantation du monde mobile. Ce travail en amont permet de baisser le coût de toute l’implantation et d’offrir plus de choix et de rapidité de fabrication pour les marques.

Lenovo Lecoo Air : un des premiers modèles Firefly à être sorti en Chine

Lenovo Lecoo Air : un des premiers modèles Firefly à être sorti en Chine

Un écosystème coûteux qui vise le long terme

Sam Gao explique que cette stratégie n’est pas apparue ex nihilo et que les partenaires d’Intel ont participé dès le début à sa construction. Certaines marques ont  d’abord douté de l’intérêt de cette initiative. Et on comprend assez vite pourquoi. En se basant sur un design identique, on imagine le risque pour les fabricants de se retrouver à proposer des clones des mêmes machines juste affublées d’étiquettes différentes. Des produits sans aucune valeur ajoutée et ne reflétant en rien les capacités et l’expérience de chaque marque. Le problème classique des smartphones qui doivent sans cesse ajouter de nouvelles fonctionnalités pour devenir désirables.

Sauf qu’en analysant bien ce segment particulier, l’expérience proposée par les marques consiste généralement à juste essayer de baisser le prix des produits au maximum en rognant la qualité de ceux-ci. Ce qui amène mathématiquement à une offre similaire et de faible intérêt. Avec comme seul terrain de bataille les tarifs, on finit souvent par proposer des portables identiquement médiocres. Et c’est une approche assez mortifère car en baissant en qualité, le marché PC se retrouve en concurrence avec non pas d’autres fabricants de portables mais bien avec le monde des smartphones. 

Une démarche finalement peu intéressante quand on considère que le grand public est déjà équipé d’un PC et, à part un remplacement de machine suite à une panne, cette cible ne cherche pas à se rééquiper régulièrement. Le marché PC grand public est sur un plateau depuis de nombreuses années en grande partie parce que les marques ont surtout mis l’accent sur les machines les plus haut de gamme, les engins les plus spécialisés. 

En insistant sur un moyen de relancer l’attrait des ordinateurs portables classiques, Intel a fini par faire adhérer ses partenaires à son idée. Si tout le segment améliore l’expérience et les services rendus par cette gamme, c’est le secteur entier qui peut y gagner. En offrant une meilleure autonomie, des capacités de calcul supérieures et des usages complets qui vont de la lecture multimédia à un web confortable en passant par du jeu et même l’exploitation d’IA locales, le concept prend tout son sens.

Dell XPS 13 2026 : un 13" Wildcat Lake sauce Firefly

Dell XPS 13 2026 : un 13″ Wildcat Lake sauce Firefly

Le fait que la fabrication et le retour sur investissement de ces engins soient meilleurs pour les fabricants n’est évidemment pas négligeable. Quand une marque s’adresse à un fabricant tiers, un des géants qui construit les PC des grands industriels du secteur, et que ce dernier a en main la totalité des éléments techniques défendus par Intel avec Firefly, cela facilite également le projet. Au fur et à mesure que la crise du secteur s’accentuait avec une mémoire vive dont le prix a explosé, la recette devenait très appétissante.

Le fait qu’Intel ait ouvert les vannes sur la production de puces Wildcat Lake, particulièrement adaptées à ce projet Firefly, a également dû aider à convaincre les partenaires d’Intel. En face, AMD a du mal à fournir des puces placées sur un segment concurrentiel. Et les récentes annonces de Qualcomm d’un Snapdragon C pour fabriquer des portables à 300$ peuvent également s’analyser comme une réaction à l’apparition de ce marché Wildcat Lake. 

Asus NUC 16 : un MiniPC grand public sous Wildcat Lake

Asus NUC 16 : un MiniPC grand public sous Wildcat Lake

La conclusion de cette vidéo est assez intéressante. Elle rejoint l’analyse que je faisais lors de l’apparition d’Alder Lake N en 2023. Avec les puces Intel N100 et consorts, puis leur optimisation en N150, Intel a changé radicalement le marché de l’entrée de gamme. L’idée a été d’arrêter de ne proposer que le strict minimum viable pour faire tourner un système et de créer des puces beaucoup plus souples et efficaces. Acheter un Celeron offrait un niveau de puissance suffisant pour des tâches très basiques sans offrir réellement d’autres loisirs. C’était un achat par défaut et non par choix. L’objectif de ces puces alors était surtout de permettre de viser une gamme de prix. Pas de remplir un cahier des charges d’usages modernes d’un ordinateur grand public.

Les Alder Lake-N et Twin Lake ont changé de paradigme en offrant beaucoup plus de souplesse et de possibilités. Malgré ces efforts, l’offre d’Intel n’a pas réellement pris sur le marché portable international. Les fabricants, surtout les grandes marques, voulaient probablement distribuer des engins aux tarifs plus élevés et ces puces ne leur permettaient pas. Le fait de viser une gamme offrant plus de marge avec Wildcat Lake et surtout d’être mieux accompagnés a changé la donne. Des dizaines de designs différents sous Wildcat Lake sont attendus et jusqu’à 70 machines portables devraient débarquer tandis que des MiniPC équipés de ces puces seront également distribués.

Et cela tombe extrêmement bien, parce que si Intel n’avait pas anticipé la flambée des prix des composants mémoire et stockage, la solution Firefly / Wildcat Lake va pouvoir faire baisser mécaniquement le prix actuel des machines grand public. Et cela, le marché en a grand besoin.

 

Project Firefly, la vision d’Intel pour des portables moins chers

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Project Firefly : Intel détaille les secrets de son intégration © MiniMachines.net. 2026

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Arc G3 Extreme, Intel va t-il ouvrir sa puce à plus de PC ?

En dévoilant les puces Arc G3 Extreme, Intel se permet de faire un joli pied de nez à AMD. La marque, que certains jugeaient moribonde il y a quelques trimestres seulement, s’offre un revirement spectaculaire.

Lancer une console PC sous processeur Intel en 2025 paraissait être une mauvaise idée, à raison. MSI s’y est essayé et a dû baisser ses tarifs de manière spectaculaire pour les vendre avant de basculer dans le camp d’en face en proposant une solution sous processeur AMD. Les puces AMD Ryzen étaient alors clairement bien mieux placées que les solutions Intel.

Aujourd’hui, la situation s’est inversée, c’est le résultat d’un effort important d’Intel pour se remettre à niveau sur tous les plans : recherche et développement à long terme sur les circuits graphiques, optimisation des processus de fabrication comme des pilotes, sans oublier un gros effort marketing pour réunir plusieurs constructeurs. Un effort massif rendu possible par des investissements extravagants et qu’il va falloir éponger.

Arc G3 Extreme et Arc G3

Intel Arc G3 Extreme : aussi rapide qu’un Ryzen Z2 Extreme pour moitié moins de consommation

La présentation qu’a faite Intel de sa nouvelle gamme de processeurs au Computex 2026 est beaucoup plus détaillée que ce qui avait été présenté auparavant. Les deux puces sont assez proches techniquement parlant et ne diffèrent finalement que sur quelques points. Même nombre de cœurs, fréquence identique à 100 MHz près, même cache et même NPU. La nuance entre les deux puces est principalement liée au circuit graphique puisqu’on passe du fleuron de la gamme qu’est le B390 avec 12 cœurs Xe à un B370 en 10 cœurs. La fréquence de ce second circuit est également inférieure de 100 MHz et le TDP varie de 5 watts en mode Turbo au désavantage de la puce la plus puissante.

Tout cela est très intéressant mais manque de contexte pour se rendre compte des performances proposées. C’est sur ce point qu’Intel a mis l’accent au Computex. Histoire d’enfoncer le clou sur sa proposition.

Une débauche de chiffres sur une large vague de jeux

Les Arc G3 et Arc G3 Extreme sont passés à la moulinette d’un grand nombre de tests de jeux. Ici, poussés en mode 30 et 35 watts, c’est-à-dire au maximum de leurs capacités, ils proposent des performances assez impressionnantes. Surtout si on considère que ces résultats sont obtenus sur un système Windows 11.

Si certains titres sont en dessous des fatidiques 30 images par seconde en FullHD pour le Arc G3, les Arc G3 Extreme sont toujours situés au-dessus avec des scores variables qui vont jusqu’à des 100 images par seconde sur des titres récents comme Arc Raiders. La promesse ici est de proposer de quoi jouer très confortablement au détriment de la batterie. Ce qui sous-entend une exploitation plus proche d’un mode sédentaire sur un dock et un téléviseur que l’emploi en réelle mobilité. 

Il est en tous les cas très intéressant de constater l’énorme impact qu’ont les nuances entre les deux versions de la puce. Les deux cœurs Xe supplémentaires du modèle Arc G3 Extreme font ici une réelle différence.

Face à une autre puce Intel, un processeur Core Ultra 7 258V équipé d’un circuit Arc 140V, la nouvelle gamme a encore largement l’avantage. Nous n’avons pas droit au détail des performances obtenues, les consoles équipées de cette puce Extreme se comportent cependant mieux à définition égale, que les portables équipés de cette puce Lunar Lake.

Face aux AMD Ryzen Z2 Extreme et pour une consommation identique de 35W, Intel est encore devant. Des solutions MSI et Asus sont comparées pour obtenir des formats de consoles assez similaires. Encore une fois on pousse les deux modèles au maximum de leurs capacités. Les écarts sont à chaque fois à l’avantage d’Intel même s’il ne faut pas oublier que ce dernier est ici aux commandes des tests et de la présentation de ces résultats.

En termes de puissance, suivant les titres, Intel affiche de 10 à 85% d’images par seconde au-dessus d’un Ryzen Z2 Extreme. Et cela alors que la puce n’est probablement pas totalement optimisée. AMD a eu plus de temps pour peaufiner ses pilotes. C’est là encore un point gagnant pour Intel et sa nouvelle gamme. Un point qui explique l’empressement des constructeurs à s’intéresser à cette gamme de puces.

Mais le résultat le plus intéressant à prendre en compte dans cette débauche de tableaux est sans conteste celui-ci. Intel met en avant une puce Arc G3 Extreme configurée pour fonctionner dans un TDP de 17 W en face d’une solution AMD Z2 Extreme à 35 watts. Autrement dit, une console en mode performances sur batterie en mobilité avec une bonne autonomie en face d’une console dont l’autonomie sera probablement bien moins bonne.

Ce qui devrait être clairement au désavantage complet d’Intel reste assez souvent positif. Certains titres sont mesurés en négatif et un Call of Duty se voit 19 % moins rapide dans ces conditions sous Arc par rapport à la puce AMD. Mais d’autres titres comme Diablo IV ou Fortnite sont 14 ou 34% plus véloces… Si les deux solutions ne sont pas exactement équivalentes, elles laissent entendre que les consoles équipées des puces Intel pourront proposer assez souvent plus de performances et plus d’autonomie à la fois. 

Enfin, la puce Arc G3 Extreme d’Intel est positionnée en 12 watts face à un Z2 Extreme d’AMD dans la même enveloppe. Ce scénario-là est peut-être le plus intéressant de tous car il reflète un usage réel de ces machines particulières que sont ces consoles. Et si les deux engins de MSI et d’Asus sont au coude à coude sur certains titres, force est de constater que des écarts se creusent nettement sur d’autres. On passe de jeux juste « jouables » à des affichages réellement confortables. C’est particulièrement vrai dans le milieu du tableau.

Intel introduit alors une notion d’Endurance Gaming qui colle bien à la catégorie produit. Il s’agit d’aller au-delà des simples performances brutes qui consistent à voir ce que donne un processeur dans le meilleur des cas, en laboratoire. Le résultat d’un benchmark qui ne sert en réalité qu’à se comparer à d’autres benchmarks. L’idée ici est de coller au terrain et de refléter plus précisément ce que peuvent attendre les utilisateurs d’un engin de ce type.

Avec une exploitation en dessous du maximum de ses performances mais proposant une certaine jouabilité, on obtient une console qui peut s’utiliser au-delà de quelques heures, chauffe moins et fait moins de bruit à cause de sa ventilation. Des « détails » que les tests de performances ne prennent pas en compte mais qui changent l’usage de ces appareils du tout au tout.

Personne n’a envie d’une console pensée pour le canapé mais qui partage avec tout le monde un bruit d’avion au décollage. Personne ne veut d’un engin qui va vite mais pendant quelques grosses dizaines de minutes seulement. Personne ne veut sentir un plastique bouillant entre ses mains au bout d’une heure de jeu. Assurer un fonctionnement en 12 watts confortable est donc un point capital pour séduire un large public.

Intel promet que sur une MSI Claw 8 EX AI+ en Arc G3 Extreme, l’activation du mode endurance pousse l’autonomie de 2H47 à 5H51 sur un jeu comme Forza Horizon 6. De 2H31 à 5H55 sur GTA V et de 3H37 à 11H45 sur Team Fortress 2. Cela se fera au détriment de la fluidité d’affichage, bien sûr, mais on peut constater sur le tableau juste au-dessus que deux titres fonctionnent au-delà des 30 images par seconde. Forza à 49 fps et GTA V à 99 fps. 

Des résultats qui changent totalement l’exploitation de ce type de console. Ils autorisent tout simplement une exploitation longue entre deux passages par la prise. Mieux, associés à une bonne batterie externe, ils vont permettre d’assurer un service complet où l’ajout de cet accessoire permettra de recharger la console pendant le jeu au lieu de juste réduire sa perte d’autonomie.

Une gamme de puces trop à l’étroit dans le format console ?

Intel a donc en main une gamme de processeurs tout à fait performants qu’il compte intégrer dans un format de niche. Les consoles PC ont certes un certain poids dans l’actualité informatique ces derniers mois, mais elles ne sont pas au centre des préoccupations de tout le monde. Et, avec la crise des composants, ces produits ultra spécifiques sont devenus encore moins une préoccupation pour la majorité des acheteurs.

Avec des prix en nette hausse et des priorités informatiques réservées, logiquement, à des outils plus essentiels, ces consoles sont passées de solutions de jeu envisagées pour se faire plaisir à des caprices souvent jugés hors de prix. 

La solution la plus évidente pour qu’Intel ait un retour sur investissement rapide, serait que la marque s’intéresse à d’autres formats pour ces processeurs. Je pense en particulier à deux emplois spécifiques. Le premier serait une version Intel Arc Extreme intégrée à un format MiniPC. Une solution capable de concurrencer la Steam Machine qui tarde, avec un prix concurrentiel. En proposant une solution de refroidissement efficace pour tenir un Arc G3 Extreme à 35 Watts en permanence, il y aurait là de quoi proposer une solution très intéressante. Avec un design pensé pour le salon, la puce trouverait sans doute preneur.

L’autre format serait plus évident encore. Une grande partie des clients potentiels de ces puces Arc G3 et Arc G3 Extreme ne sont pas spécialement intéressés par l’objet « console » mais trouveraient sans doute diablement séduisants des ultraportables équipés de ces puces. La problématique pour Intel étant de ne pas cannibaliser le parc de stations de jeux et ses puces haut de gamme. Mais de très nombreux joueurs seraient prêts à craquer pour un format à la fois ludique et capable de rendre des services classiques sous processeur Arc G3 ou Arc G3 Extreme. Et si l’argument d’une interface plus adaptée au jeu grâce au format console semble faire barrage a première vue, il ne faut pas perdre de vue qu’une énorme partie du catalogue de jeux du monde PC nécessite un clavier et un curseur. Et qu’il est plus facile d’ajouter une manette à un engin portable de petite diagonale que de rajouter un clavier et une souris à une console.

En ouvrant son offre à plus d’engins pendant cette période de crise où la clientèle va probablement rester très éloignée des dépenses purement ludiques. Intel aurait moyen de séduire énormément de monde en proposant son offre de jeu pour des machines paradoxalement plus sérieuses.

La psychologie particulière de l’acheteur PC

Pour le moment, les premiers indices indiquent que les consoles dépasseraient les 1500$ en Arc G3 Extreme. Le revendeur américain BestBuy a listé la MSI Claw 8 EX AI+ en version 32 Go et 1 To à 1699$ HT. Un tarif qui ne fonctionnera pas auprès du public.

J’ai pendant longtemps travaillé en tant que vendeur d’ordinateurs, des machines que je montais et dont nous, mon compère de l’époque et moi-même, décidions des composants. Et le jeu d’assemblage que nous pratiquions dépassait la pure logique de performances pour s’intéresser à la psychologie de nos clients. Nous avions très vite compris que le format de certains PC dépassait en réalité toute logique comptable.

Un acheteur de PC dédié au jeu cherche un ordinateur performant. C’est cette performance qu’il achète. Cela parait être une évidence, mais c’est un peu plus complexe que cela. Cette « enveloppe de performance » va au-delà du jeu dans le monde PC. Le client potentiel d’un ordinateur de jeu se dit qu’un PC de ce type peut certes lui permettre de jouer mais il peut également faire tout ce qu’un PC classique sait faire en amont : de la bureautique, du web, des activités créatives et autres.

C’est là qu’entre en jeu l’étrange psychologie de l’acheteur. Il entame une réflexion qui consiste à se dire que sur la totalité de son investissement, une bonne partie est liée à une activité justifiable et sérieuse. Une sorte de coussin psychologique qui éponge une partie de la dépense, le côté ludique étant un plus « pour se faire plaisir ».

Suivant les profils et les machines, cette proportion varie. Sur un ordinateur portable « gaming » dans un prix de milieu de gamme, l’acheteur considère que 60 à 70% du tarif n’ont en réalité rien à voir avec le jeu. Il s’agit avant tout d’un ordinateur et donc d’un investissement qui correspond à un besoin que tout le monde a. Les 30 à 40 % restants sont liés à la partie « ludique » : la carte graphique, le petit bonus de processeur et de mémoire par exemple. L’achat se fait en comparant un ordinateur portable a 700€ « classique » avec un circuit graphique intégré et une machine gamer à 1000€ disposant d’un circuit graphique externe. Et si la dépense totale ne pose pas de problème, l’acheteur gomme alors totalement le prix global de la machine pour ne s’intéresser qu’aux 300€ de différence entre les deux modèles. C’est ce seul montant qui va décider de l’acte d’achat, tout le reste passe à la trappe.

Sur un ordinateur haut de gamme, le ratio sera différent. La partie « achat indispensable » pour des usages classiques tombe à 40 ou 50% du montant total. Le reste est considéré comme un investissement ludique. Il est alors beaucoup plus difficile de craquer en étant juste « raisonnable ». Entre un portable à 700€ qui fera exactement tout ce dont l’utilisateur a besoin et une machine à 2000€ blindée de mémoire, de stockage et avec une carte graphique haut de gamme, il est difficile de justifier un achat purement logique.

Cette manière de voir l’investissement dans l’informatique a d’ailleurs été exploitée par les constructeurs ces dernières années. On a vu apparaître des machines « créatives » dont les composants n’étaient rien d’autre que ceux des machines de joueurs. Les deux étant pilotés par des éléments techniques identiques. L’idée ici était de rajouter un élément de plus dans l’équation d’achat.

En rajoutant un discours expliquant que l’on passe d’un PC entrée de gamme à un PC « créatif et jeu » on change les ratios. Il s’agit de relativiser la partie loisir pur en ajoutant de nouveaux usages : conception 3D, montage vidéo, retouche d’image, création graphique, gestion du son. Sur un ordinateur portable GeForce RTX haut de gamme aujourd’hui, on peut considérer la distribution de l’investissement pour 40% vers un usage classique, 30% vers une exploitation créative et 30% lié à une pratique vidéoludique.

1799€ pour un portable 15″ gaming, plus puissant et compétent qu’une console PC

Cela permet pour quelqu’un qui s’apprête à dépenser 2000€ dans un PC « premium » de relativiser généreusement son achat. J’ai entendu des clients penser à haute voix leur réflexion d’achat et cela donne un discours très lisible : « j’ai besoin d’un portable. Je peux mettre raisonnablement une certaine somme pour avoir une machine qui va correspondre à mon besoin immédiat parce que mon ancien modèle donne de sérieux signes de faiblesse. Mais j’ai envie d’un portable de jeu, une machine puissante qui va durer longtemps. L’avantage de cette machine à 2000€ c’est qu’elle va permettre de trier et retoucher mes photos, faire des montages vidéos, me permettre de faire de la 3D et les 1000 autres trucs que je ne pouvais pas faire avec mon ancien modèle. En plus de cela, elle correspond pile à la liste des composants du prochain jeu que je guette depuis des années et qui vient de sortir. »

Au final, dans la tête de l’acheteur, il y a deux choix : le premier consiste à dépenser 800€. Le second à investir 2000€. Mais au lieu de se dire « je me fais plaisir en dépensant 1200€ en plus pour jouer », il estime que la part de jeu est limitée à ce que la partie créative ne propose pas. Et cela brouille suffisamment les pistes pour que le client ne garde dans le pire des cas que la moitié des 1200€ restants comme un achat « loisir ».

Ce qui permet encore une fois de relativiser la dépense parce qu’après tout, le jeu vidéo est un loisir comme un autre, qu’on a le droit de se faire plaisir. Sans compter l’argument très valable de la pérennité de l’achat. Et du discours qui va souvent avec : « ma dernière machine, je l’ai gardée 10 ans ». Et l’acheteur de se faire croire que sur les 2000€ de dépense, il n’y a finalement que 600€ réellement liés au jeu. C’est cette manière de penser qui fait que le marché du gaming « premium » existe aujourd’hui.

Là où le bât blesse pour les consoles PC c’est qu’elles ne peuvent pas prétendre à cette gymnastique

Il existe des gens pour qui les 1699$ annoncés pour la console MSI sous Arc G3 Extreme ne sont pas un problème. Mais ils sont assez peu nombreux. Pour connaitre le budget qu’un joueur lambda considérera comme normal a injecter dans un objet purement ludique, ce n’est pas très compliqué. Il suffit de regarder le prix d’une console Nintendo Switch 2 ou d’un Steam Deck avant leurs hausses respectives. À savoir entre 450 et 600€. Au-delà de ce tarif, on entre déjà dans des eaux assez troubles. 

Le problème pour ces consoles PC c’est qu’elles ne peuvent absolument pas jouer sur la perspective du monde PC. Qui va, en toute bonne foi, se dire qu’en mettant 1700$ HT dans une console de ce type, il va également pouvoir remplir sa feuille d’impôts, faire de la bureautique, télétravailler, calculer son budget vacances et surfer confortablement. Bien entendu, il sera possible de le faire en ajoutant un clavier, une souris, un écran secondaire et un éventuel hub pour améliorer cette interface. Mais on est loin, très loin d’un format idéal pour ces usages tel que le promet un portable créatif. Personne ne va emmener une console en réunion, aucun parent ne consentira à investir dans l’objet pour qu’un enfant démarre le lycée ou entame des études supérieures.

Injecter une telle somme dans une ROG Ally, une Acer Predator Atlas ou une MSI Claw cela restera considéré comme une dépense. Mettre la même somme dans un portable ou une tour est considéré comme un investissement. Et cela fait toute une différence. Intel doit également considérer les reproches de performances et d’interfaces faits aux consoles qui ne sont pas sous SteamOS. Elle peut, en changeant d’objet, en faire un avantage. Windows 11 est bourré de défauts, mais cela reste un outil de production. Intel peut choisir de mettre cela en avant dans un format plus classique.

Les puces Intel ARC G3 et Arc G3 Extreme, si elles restent cantonnées à ces dispositifs de consoles PC à des prix au-delà des 1500€, risquent fort de ne pas se vendre. En les basculant dans un marché plus classique, pourquoi pas en ultraportable au vu de leur excellent comportement en basse consommation, elles pourraient au contraire revigorer le marché. Je suis bien certain qu’Intel et ses partenaires en ont conscience.

Arc G3 Extreme, Intel va t-il ouvrir sa puce à plus de PC ? © MiniMachines.net. 2026

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Arc Série G : les puces ultramobile pour PC-consoles d’Intel enfin officialisées

Les Arc Série G sont des processeurs créés par Intel pour un secteur ultra-niche, celui des consoles PC mobiles au format console de jeu. Un microcosme d’autant plus restreint qu’Intel s’adosse avant tout à l’écosystème Windows 11 de Microsoft. La solution ayant eu le plus de succès avec ce format étant le Steam Deck sous SteamOS, une distribution Linux optimisée pour le jeu.

Arc Série G

Le calendrier ne pouvait pas plus mal tomber pour ces puces Arc Série G. Je suppose qu’au moment de leur conception, quand Intel s’est aperçu il y a quelques années qu’il n’avait pas grand-chose à proposer face aux processeurs AMD intégrés au Steam Deck, l’avenir était plus radieux qu’aujourd’hui. Je n’irais pas jusqu’à dire que le marché des consoles PC est mort, mais au vu des tarifs des machines sorties récemment et à la hausse des prix du Steam Deck… On se rend compte que la crise actuelle des composants a un impact très fort sur le prix des produits. 

Proposer des processeurs spécifiquement pour ce type de machine n’est probablement pas le meilleur moyen de vendre des millions de puces en ce moment. Mais c’est un des impondérables d’un secteur où la recherche et le développement ainsi que le prototypage et l’optimisation des produits demandent des années de mise en place. 

C’est donc dans un secteur en crise, où la majorité des acteurs ont relevé leurs tarifs de plusieurs centaines d’euros tout en limitant leur production, que ces nouveaux processeurs sont annoncés. Est-ce que les Arc Série G seront suffisamment performants pour faire passer la pilule de prix très élevés ? Il faudra juger sur pièces au Computex 2026 dès le 2 juin prochain.

Arc Série G : deux puces annoncées spécifiquement pour les ConsolesPC

On retrouve donc les Intel Arc G3 et Intel Arc G3 Extreme. Deux puces qui seront a priori exclusivement réservées à des consoles mobiles type Steam Deck. Deux puces qui proposent un mélange toujours aussi complexe entre une recherche de performance et une obligation d’autonomie.

On retrouve donc ici une base de travail dérivée des processeurs Panther Lake, les Intel Core Ultra Series 3 et leur finesse de gravure Intel 18A. La base de cette architecture reprend la philosophie d’Intel d’un mélange de cœurs. On retrouve en tout 13 cœurs construits comme suit :

Deux cœurs Performance à 4.7 GHz tout de même pour de la nervosité de calcul. Huit cœurs Efficient en backup et quatre cœurs LP-E pour des tâches légères afin de conserver une bonne autonomie. Le processeur équilibrera en permanence les différents cœurs en fonction des besoins. La lecture d’une vidéo ne demandera que peu de ressources et donc ne mobilisera que les cœurs les moins gourmands. Le lancement d’un jeu récent sur un téléviseur avec branchement sur secteur monopolisera l’ensemble des ressources de chaque cœur à son maximum. Entre les deux, la puce adaptera l’activation des différents cœurs en suivant les ressources demandées par les jeux.

Ces puces Arc Série G ouvrent également la voie à une scénarisation fine de leur usage. Le joueur pourra piloter la puce au travers de ses logiciels en mettant en avant la qualité des graphismes ou le nombre d’images par seconde. Il pourra également choisir de jouer plus longtemps ou d’éviter la chauffe. Enfin, la puce pourra équilibrer l’ensemble des besoins en fonction de profils de jeux.

Cette base de calcul se conjugue avec deux circuits graphiques construits autour de l’architecture Intel Xe3 qui seront déployés jusqu’en 12 cœurs. On retrouve ici les, décidemment très pratiques, chipsets Arc B390 et B370. Des solutions qui vont offrir aux consoles PC des fonctions d’affichage avancées.  On parle de gestion du raytracing et surtout du XeSS 3. La technologie de mise à l’échelle qui sera probablement un des points capitaux du succès de ces puces Arc Série G. Avec cette solution, la puce pourra calculer des images en basse définition, plus facilement et rapidement, puis les adapter en temps réel à la définition de l’écran. Un tour de passe-passe technologique fort utile pour ce type de scénario d’usage. 

Les processeurs sont calibrés pour fonctionner dans des TDP oscillant de 8 à 30 watts. Elles proposent des NPU dégageant 46 TOPs et piloteront 12 lignes PCIe tout en prenant en charge jusqu’à 96 Go de LPDDR5x-8533.

Les petits bonus d’Intel

On retrouve la panoplie d’outils « secondaires » associés aux puces d’Intel. Ici la possibilité de profiter d’une liaison sans fil Wi-Fi7 et Bluetooth 6 facilitée par les interactions directes avec le processeur. Mais également la prise en charge du Thunderbolt 4 pour alimenter la console et recharger sa batterie, bien sûr. Mais également transférer des données jusqu’en 40 Gb/s et piloter des affichages externes. De quoi imaginer une exploitation très poussée une fois posée sur un dock.

Autres points importants, il sera possible de profiter des efforts d’optimisation des jeux effectués pour l’ensemble des puces Xe3. C’est-à l’apparition de pilotes prenant en charge spécifiquement les meilleurs réglages pour des jeux sur ce type de console dès leur sortie. Les appareils profiteront également des Precompiled Shaders pour accélérer leur lancement.

Enfin, en exploitant Windows 11, les consoles ainsi équipées pourront à la fois proposer des usages secondaires mais aussi profiter du mode XBOX de Microsoft pour retrouver une interface pilotable avec boutons et joysticks. 

Un parc de consoles sous Arc Série G en approche

Plusieurs consoles sous Arc Série G sont attendues au tournant chez Acer, One Netbook et, évidemment, le vieux partenaire d’Intel sur ce segment qu’est MSI. Les minimachines devraient être annoncées au Computex 2026 et leur disponibilité semble prévue en juin. Reste la grande, très grande inconnue, du prix. Avec un Steam Deck 16/512 Go qui débute à 779€ désormais on se doute que les tarifs de cette gamme ne seront pas légers. Le marché des Consoles PC a pourtant besoin de solutions accessibles pour dépasser son secteur de niche. Et si la dépense est trop élevée, la majorité des personnes tentées n’auront pas d’autre choix que de passer leur tour.

Il faut donc espérer que les constructeurs réfléchissent aux usages réels de ces engins et évitent les écueils classiques dans lesquels ils sont tombés par le passé : définition inutilement importante, stockage ou mémoire mal positionnés, batterie non remplaçable et autonomie trop limitée.

Arc Série G : les puces ultramobile pour PC-consoles d’Intel enfin officialisées © MiniMachines.net. 2026

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Le Lenovo Lecoo Air illustre parfaitement la stratégie Intel Firefly

Destinés au public Chinois, les portables Lenovo Lecoo Air donnent un aperçu très détaillé de ce que donneront beaucoup de portables Wildcat Lake dans le futur. 

Ces portables sont assez intéressants car ils reprennent exactement les principes du Project Firefly d’Intel. On prend une base technique identique, simple et facile a construire. On la lie à un équipement secondaire variable et on obtient un engin qui peut être décliné très facilement dans trois diagonales.

Le Lenovo Lecoo Air sera ainsi proposé en 13.3″, 14″, 15.3″. Une gamme complète de diagonale pour des usages différents liés à la portabilité des engins. Mais des performances assez proches portées par un matériel de base identique.

Lecoo Air

Le Lecoo Air 13 embarque ainsi une carte mère équipée d’un processeur Wildcat Lake Core 5 320 associé 16 Go de mémoire vive soudée et non évolutive et un SSD de 512 Go en NVMe PCIe 4.0 sur un port M.2 non détaillé. Il affichera sur une dalle de IPS en  2560 x 1600 pixels 120 Hz avec une luminosité de 400 nits et une couverture colorimétrique 100% sRGB. Avec une coque de 29.55 cm de large pour 20.69 cm de profondeur et 1.43 cm d’épaisseur, il se pose comme une machine nomade de 1.1 Kg proposant une bonne autonomie.

Sur cette même base et avec la même carte mère, vient ensuite le Lenovo Lecoo Air 14 qui se distinguera par l’emploi de composants légèrement inférieurs. Le processeur passe à un Core 5 315 épaulé par 12 Go de mémoire vive toujours en LPDDR5x et 512 Go de SSD M.2. L’écran est moins bien défini avec un IPS 1920 x 1200 pixels 60 Hz toujours 100% sRGB et 300 nits. Pas de détails sur ses dimensions mis à part une épaisseur de 1.29 cm, mais on imagine un châssis juste un peu plus large. L’engin pèsera 1 Kg et aura une douzaine d’heures d’autonomie avec une recharge Power Delivery en 65 Watts.

Le Lecoo Air 15 est évidemment encore un peu plus massif avec 33.93 cm de large , 23.6 cm de profondeur et une épaisseur qui augmente à 1.56 cm. Il reste sur le Core 5 320 et propose un écran en 1920 x 1200 pixels 120 Hz IPS 400 nits et couvrant toujours 100% de la norme sRGB. Ce modèle sera décliné en tactile. Sur ce modèle on retrouvera les mêmes composants que le 13.3″ : une même carte mère pour les deux modèles avec 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage. sa consommation passer à 27 W et on peut supposer que Lenovo glissera une batterie un peu plus puissante à l’intérieur. Toutes ces machines sont censées offir une douzaine d’heures d’autonomie en usage déconnecté.

Des Lecoo Air qui donnent une idée des futures machines Wildcat Lake

On comprend ici l’intérêt de la stratégie d’Intel pour les fabricants : décliner sur une même base trois modèles très facilement. On fabriquer la même carte mère pour ces différentes versions et on intègre deux processeurs seulement. La mémoire vive est proposée en deux versions avec plus ou moins de composants pour passer de 12 à 16 Go de LPDDR5 et les SSD sont tous des NVMe PCIe de 512 Go. 

De cette carte mère coincée sur la gauche du châssis, sera tirée une nappe parvenant à la connectique de droite. Le tout assemblé dans un châssis en aluminium et proposant un clavier avec trois niveaux de rétro éclairage. Suivant la demande, il sera facile pour Lenovo de proposer un modèle Lecoo Air 16 qui a déjà existé par le passé mais qui ne semble pas avoir été réactivé cette année. 

On comprend bien comment tous ces engins qui sont basés sur le même matériel vont permettre au constructeur de limiter ses dépenses et faire levier sur ses capacités d’achat. Cette intégration permet également de faciliter le montage puisque les cartes mères de l’ensemble de la gamme pourront être fabriquées en série sans rien n’avoir d’autre à changer que le processeur, la mémoire et le BIOS du système.

Beaucoup de machines de ce type devraient débarquer dans les mois qui viennent. Intel parle de 70 modèles pour le seul lancement de Wildcat Lake.

Project Firefly, la vision d’Intel pour des portables moins chers

Le Lenovo Lecoo Air illustre parfaitement la stratégie Intel Firefly © MiniMachines.net. 2026

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