Vue lecture

Lors de l’éclipse solaire du 12 août 2026, il ne faut pas réutiliser vos vieilles lunettes de 1999

La France métropolitaine se prépare à un spectacle grandiose : l'observation de l'éclipse solaire du 12 août 2026. Cette éclipse de Soleil totale sera partielle dans l'Hexagone. Ne gâchez surtout pas cet instant unique en optant pour des lunettes trop anciennes, par exemple une paire distribuée pendant l'éclipse de 1999. Elles risqueraient de vous mettre en danger et de provoquer des séquelles à vie.

  •  

Une fusée chinoise réutilisable envoyée avec succès : “La course à la Lune s’intensifie”

Le lancement d’une fusée Longue Marche 10B et la récupération de son lanceur sont salués par “The South China Morning Post”. Pékin reprend du galon face aux États-Unis, affirme le titre hongkongais. Et l’envoi d’une mission habitée vers la Lune est à portée de main.

© Photo/AFP

Le décollage d’une fusée Longue Marche 10B, depuis Hainan, dans le sud de la Chine, le 10 juillet 2026.
  •  

Le télescope Euclid a découvert des quasars datant de l’enfance de l’Univers

Le télescope spatial européen a commencé une pêche miraculeuse : en deux ans, il a trouvé 31 quasars, les objets célestes les plus brillants, parmi lesquels les plus anciens identifiés à ce jour. “Aussi incroyable que cela paraisse, 12 des quasars identifiés par Euclid remonteraient aux 770 premiers millions d’années de l’Univers”, s’enthousiasme “Scientific American”.

© photo ESA

Vue d’artiste d’un quasar.
  •  

Scanner les corps, le nouveau projet de Midjourney aux promesses sans fondement

Data mine, baby, data mine
Scanner les corps, le nouveau projet de Midjourney aux promesses sans fondement

Mi-juin, l’entreprise d’IA générative Midjourney a vanté en grande pompe un nouveau projet de scanner du corps humain avec des promesses sans fondement d’éviter 30 % des décès et 50 % des dépenses de santé. Le projet pourrait surtout permettre à l’entreprise de récupérer beaucoup de données sur le corps humain.

Midjourney va-t-elle se transformer en simple constructeur de machines médicales ? Ou veut-elle montrer qu’elle est capable de récupérer énormément de données sur le corps humain ? La deuxième option est sans doute plus proche de la réalité.

Une communication grandiloquente

Mi-juin, l’entreprise d’IA générative d’images annonçait rien de moins qu’une « nouvelle ère » pour elle dans un communiqué de presse dans lequel elle présentait les travaux d’une de ses équipes de R&D. Avec toute l’emphase que savent mettre les communicants de la Silicon Valley, elle suggérait qu’avec le scanner à ultrasons pour le corps humain qu’ils avaient construit, « le monde [pourrait] éviter 30 % de l’ensemble des décès et 50 % de l’ensemble des dépenses de santé », sans préciser d’où ces chiffres pouvaient bien sortir.

Accompagnant le communiqué, une vidéo et des images générées par IA montraient avantageusement le moment du passage dans le scanner comme une simple séance de spa, puisque le scanner a besoin de l’eau pour améliorer la portée des ultrasons.

Un ingénieur de l’entreprise, Marcin Plaza, a plus récemment publié une vidéo dans laquelle on se rend compte que le projet est pour l’instant composé de 40 sondes à ultrasons d’échographie achetées dans le commerce. Elles sont «très coûteuses (…), démontées et montées à la va-vite sur une sorte de jacuzzi amélioré équipé d’un ascenseur », comme il l’explique lui-même. Si elle est séduisante pour tout ingénieur qui aime le bricolage sur des projets de R&D, la vidéo montre que le scanner de Midjourney est loin de l’industrialisation et de l’intégration dans un spa.

Une « preuve de concept » d’un concept déjà prouvé par des chercheurs

De fait, Midjourney a surtout montré dans ses vidéos une « preuve de concept » de scanner capable de montrer les détails tissulaires d’un corps humain. Mais, de fait, l’entreprise n’est pas à l’origine du projet. En effet, celui-ci s’appuie sur une technique de tomographie par ultrasons élaborée par des chercheurs dont certains travaillent pour le California Institute of Technology (connu aussi sous le nom de CalTech). Ils l’ont décrite dans un article récemment paru dans la revue scientifique Nature Biomedical Engineering.

Et comme l’a remarqué The Register, Midjourney n’aurait pas pu monter son projet sans un partenariat avec Butterfly Network, une entreprise spécialisée dans les technologies d’échographie. Mais Midjourney a « oublié » de mentionner son partenaire dans son communiqué, obligeant Butterfly à publier un commentaire de cette annonce.


Il reste 61% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

L’IA générative bouscule la recherche en mathématiques

42 est toujours la réponse, de toute façon
L’IA générative bouscule la recherche en mathématiques

En mai dernier, OpenAI a annoncé qu’un de ses modèles internes a résolu un des problèmes d’Erdős. De l’extérieur, ça semble impressionnant. L’est-ce vraiment et quelles sont les éventuelles conséquences pour le milieu de la recherche en mathématiques ? Next a voulu en savoir plus en interrogeant la mathématicienne Viviane Pons et son confrère David Madore.

Les entreprises d’IA générative veulent absolument nous convaincre depuis quelque temps déjà que leurs modèles ont le niveau d’un chercheur. Ainsi, en novembre dernier, OpenAI le clamait à propos de GPT-5 censé avoir, par exemple, trouvé des solutions à 10 problèmes posés par le mathématicien Paul Erdős, résultats largement gonflés par l’entreprise.

L’entreprise est revenue à la charge et, le 20 mai, elle annonçait cette fois qu’un de ses modèles internes avait résolu l’un des problèmes d’Erdős (celui des distances unitaires, numéroté 90). Puis d’autres résolutions ont été annoncées. Avec les premières annonces d’OpenAI, on était en droit de se poser la question de la réalité de ces résolutions, de la capacité des IA génératives à proposer des solutions à des problèmes mathématiques que les chercheurs de la discipline n’avaient pas encore résolus.

En parallèle de la publication de la preuve d’OpenAI, le même jour, neuf mathématiciens et mathématiciennes mettaient en ligne sur la plateforme de prépublication arXiv leurs remarques sur le sujet, validant la preuve au passage. « Il ne faut pas négliger un aspect de cette démonstration : si la démonstration initiale produite par l’IA était tout à fait valide, elle a été considérablement améliorée par les chercheurs humains d’OpenAI et les nombreux autres mathématiciens ayant participé à cet article », y explique Thomas Bloom, mathématicien de l’université de Manchester.

« Il est facile de tirer des conclusions hâtives, mais ce que cette avancée nous apprend sur les humains, l’IA et les mathématiques est assez subtil », estime de son côté Melanie Matchett Wood, professeur de mathématiques à Harvard. « Je pense que si le niveau et le type d’expertise humaine représentés dans cette note avaient été mobilisés il y a un mois pour trouver un contre-exemple à cette conjecture, et si ces personnes y avaient consacré autant de temps qu’elles en ont passé à lire et à réfléchir à la solution proposée par ChatGPT, les mathématiciens auraient trouvé un contre-exemple », ajoute-t-elle.

Une résolution indiscutable

« C’est indiscutable que des problèmes d’Erdős ont été résolus par des IA génératives », nous confirme de son côté David Madore, maître de conférences en mathématiques à Télécom ParisTech. « Au début, les premières annonces étaient très exagérées, les IA avaient trouvé une résolution qui existait déjà dans la littérature. C’était déjà quelque-chose qui n’est pas négligeable. Mais ces derniers temps, le rôle qu’a joué l’IA générative a augmenté dans la résolution de ces problèmes ».

Sans vouloir trop minimiser l’annonce d’OpenAI, David Madore explique que « les problèmes d’Erdős sont généralement des problèmes assez élémentaires, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont faciles, mais que les outils qui sont nécessaires pour les énoncer et les définitions qui sont nécessaires pour poser le problème ne sont pas très sophistiqués ».

Le mathématicien fait remarquer que le modèle utilisé par OpenAI pour la résolution du problème est un modèle interne dont on ne connaît pas les caractéristiques et que l’entreprise n’a pas rendu public le temps de calculs qui lui a fallu. « Mais ils ont résolu l’un des problèmes d’Erdős les plus importants de façon essentiellement autonome par une IA générative », admet-il, confirmant un certain niveau des mathématiques présentées tout en ajoutant que « ce n’est pas le Saint Graal des mathématiques ».

« Il y a eu quelques résultats impressionnants, comme avec les problèmes d’Erdős. Mais il y a aussi eu plein d’autres problèmes qu’on lui a donnés sur lesquels ça ne fonctionne pas », ajoute Viviane Pons, maîtresse de conférences à l’université Paris-Saclay (la chercheuse n’utilise pas l’IA générative pour des raisons éthiques et écologiques).

La communauté des maths partagée sur le sujet

Cette découverte est-elle la face émergée de l’iceberg concernant un changement de méthode récent dans la discipline ? À l’heure actuelle, les IA génératives jouent-elles un rôle important dans la recherche en mathématique ? « Moi, je dirais non », estime David Madore, « elle joue un rôle qui est en train de croître, il y a des collègues qui s’en servent, mais il y a aussi des collègues qui trouvent qu’elles sont complètement inutiles et pour l’instant la raison pour laquelle leurs avis divergent n’est pas claire : est-ce que ça dépend du domaine, de la manière dont on interroge l’IA générative ou de l’IA qu’on interroge ? ». Le sujet de l’utilisation dans les mathématiques fait actuellement débat au sein de cette communauté.


Il reste 61% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

L’observatoire Vera-C.-Rubin va établir la carte cosmique la plus détaillée jamais réalisée

Dans la nuit du 29 au 30 juin a commencé une “ère nouvelle pour l’astronomie”. L’observatoire américain situé au Chili, a commencé à scruter le ciel. Pendant dix ans, chaque nuit, il photographiera l’univers avec une profondeur et une précision inégalées.

© Photo NSF-DOE Observatoire Vera-C.-Rubin/AFP

Une petite section de l’amas de la Vierge, capté par le télescope Simonyi Survey de l’observatoire Vera-C.-Rubin, au Chili. Elle figurait parmi les premières images diffusées le 23 juin 2025.
  •  
❌