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[MàJ] Le nouveau magnat des médias en faillite ne supporte pas ceux qui n’utilisent pas l’IA

« Les médias, c’est le meilleur endroit où mettre de l’IA »
[MàJ] Le nouveau magnat des médias en faillite ne supporte pas ceux qui n’utilisent pas l’IA

S’inspirant de la façon qu’avaient eu Bernard Tapie, Vincent Bolloré et Bernard Arnault de bâtir leurs empires financiers, un entrepreneur et influenceur français rachète des entreprises « en redressement judiciaire, sans reprendre la moindre dette ». Ses cibles : des médias, qu’il fait carburer à l’IA. Objectif : de 5 à 50 M€ de chiffre d’affaires en 5 ans, et être coté en bourse.

Article initialement publié le 20 juillet et mis à jour ce 24 juillet suite à l’annonce du rachat par Overlord du Journal des Entreprises, et le licenciement de ses 35 journalistes salariés, avec un bloc intitulé « Faire des journaux sans journalistes, on a vu mieux comme sauvetage de la presse ».


Un ancien avocat de 34 ans vient de procéder, en quelques mois, à trois levées de fonds afin de racheter deux titres de presse économique, Le Revenu et Le Nouvel Économiste, puis IT FACTO, un groupe de presse s’adressant aux entreprises du secteur privé ou public, éditeur d’une dizaine de médias dans la tech, dont Le Monde Informatique, CIO et Distributique. Il s’en félicite sur LinkedIn :

« Notre ambition est de faire de Le Monde Informatique la référence francophone sur les technologies, l’intelligence artificielle et la transformation numérique des entreprises. Ces enjeux sont vitaux pour notre économie, la France et l’Europe. Son positionnement complète nos autres acquisitions : Le Nouvel Économiste, consacré à l’économie, et Le Revenu, dédié à l’investissement. »

Le mois dernier, il justifiait son intention de rachat avec un objectif autrement plus ambitieux, visant rien moins qu’à faire de son entreprise, Overlord (seigneur suprême ou suzerain, en VO, à savoir une entité supérieure régnant sur ses vassaux), « un conglomérat de média » (sic) :

« OVERLORD MEDIA veut rentrer dans le débat. Parce que la transformation numérique est la mère de toutes les batailles. Et la France a besoin d’une presse IT libre pour la comprendre.
Hâte de créer avec vous un conglomérat de média !
Bientôt au cœur du débat sur la Tech et le numérique !
Pour suivre la création de ce conglomérat,
Suivez-moi, Gaspard
»

Sur LinkedIn, Instagram et YouTube, Gaspard de Monclin se comporte moins comme un journaliste que comme un influenceur, collant systématiquement son visage au-dessus de ses éditos et vignettes de vidéos (souvent générées avec l’aide de l’IA), et les clôturant tout aussi systématiquement par un appel à le suivre sur les réseaux sociaux.

Son objectif semble en effet moins d’informer que de gagner en influence, et de convaincre ses abonnés d’investir dans ses levées de fonds, même et y compris dans les vidéos en « collaboration » avec Le Revenu.

L’une d’entre elles va jusqu’à parodier une conférence de presse d’un club de foot, explique que Le Nouvel Économiste « distribue des caviars aux dirigeants », évoque un « mercato » d’acquisitions d’autres médias, dont Le Monde Informatique serait l’« avant-centre », qu’Overlord Media a ouvert son capital, pour que « les fans puissent participer à la croissance du groupe, et financer ce mercato de folie », sans préciser que les questions sont posées par une IA (et non des journalistes, comme indiqué dans la vidéo), et que ceux qui y répondent sont en fait les responsables marketing d’Overlord.

À mi-chemin entre le bateleur et l’influenceur, Gaspard de Monclin apparaît en outre à la fin de la vidéo et promet de répondre en DM à ceux qui auront mis MEDIA en commentaire.

Un peu comme si Vincent Bolloré ou Bernard Arnault étaient interviewés par des IA sur CNews ou Paris Match afin d’y relayer leurs analyses macro-économiques et d’y faire la promotion de leurs propres investissements, et sans mention « publireportage » ni du fait qu’ils possèdent, eux aussi, les médias en question.

Un business plan, et une ambition, que nous avons voulu décrypter, d’autant que Gaspard de Monclin présente aussi son entreprise comme « une boite tech’ » employant autant d’ingénieurs que de journalistes, et que ceux qui n’utilisent pas l’IA devraient être « virés », parce qu’ils ralentissent l’équipe.

Alors que des centaines de journalistes ont d’ores et déjà été licenciés cette année, souvent au prétexte de l’IA, notre enquête sur la pollution informationnelle que représentent les sites d’infos générés par IA nous a d’ores et déjà permis d’en identifier plus de 15 000. Pour rappel, nous avons développé une extension web (gratuite) pour les navigateurs basés sur Chrome et Firefox permettant d’alerter ses utilisateurs lorsqu’ils consultent un site GenAI.

« Quand j’embauche des avocats, je suis déçu quand la rédaction n’est pas IA »


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Reconnaissance faciale : la politique du chiffre incite la police à violer la loi

All Cops Are GASPARD
Reconnaissance faciale : la politique du chiffre incite la police à violer la loi

En 2011, la CNIL déplorait l’absence de base légale du fichier GASPARD de photos biométriques policières. 15 ans plus tard, policiers et gendarmes s’en servent quotidiennement depuis leurs téléphones portables pour recourir, en toute illégalité, à la reconnaissance faciale lors de simples contrôles d’identité. Un juge vient de relaxer huit manifestants, dont certains avaient été identifiés (à tort) grâce à la reconnaissance faciale, au motif que la police s’en était servi illégalement.

L’ONG d’investigation Disclose avait déjà révélé, en mars dernier, que 230 000 smartphones NEO 2 utilisés par les policiers depuis 2022 et NeoGend de la gendarmerie depuis 2020 permettent de recourir à la reconnaissance faciale. Une technologie utilisée lors de contrôles d’identité, ce qui est pourtant interdit par la loi.

Ce nouvel équipement opérationnel (NEO), des smartphones Android Xperia X (Sony) ou Core-X4 (Crosscall) modifiés à l’aide de Secdroid, disposent en effet de nombreuses applications métier. Pami elles, une app permettant d’accéder au TAJ (pour « traitement d’antécédents judiciaires »), sorte de « casier judiciaire bis » contenant 24 millions de signalements de personnes « mises en cause » (« MEC », et donc « défavorablement connues », pour reprendre l’expression consacrée dans les médias), dont 16 millions le sont nominativement.

Le TAJ est en outre adossé à un autre fichier, « GASPARD-NG » (pour Gestion automatisée des signalements et des photographies anthropométriques répertoriées et distribuables – Nouvelle génération) qui, bien qu’existant depuis au moins 2008, n’avait été officialisé qu’en 2012. Il pourrait être entâché d’illégalité faute d’avoir été soumis à l’avis de la CNIL.

En 2024, un appel d’offres que Next avait décrypté indiquait que le fichier dénombrait alors quelques 9 millions de photos de face (+ 135 000 nouvelles photos par mois) « comportant des caractéristiques techniques permettant de recourir à un dispositif de reconnaissance faciale (photographie du visage de face) », 4 134 000 tatouages (+ 52 000), et 921 000 signes particuliers (+ 9 000).

Les terminaux NEO disposent quant à eux d’une app dédiée, Reco-TAJ, permettant d’interroger GASPARD à partir d’une photo. De plus en plus de forces de l’ordre se servent de leurs NEO pour prendre en photo des suspects, ou des personnes faisant l’objet de contrôles d’identité… quand bien même l’application précise pourtant qu’elle ne peut être utilisée que « dans le cadre d’une enquête judiciaire (interdit pour un contrôle d’identité) ».

Un mode d’emploi du logiciel de la société allemande Cognitec consulté par Disclose précise qu’il suffirait de charger la photo d’un individu puis de cliquer sur un bouton « Rapprocher » pour obtenir « les 200 photos les plus pertinentes » enregistrées dans le TAJ au bout de « quelques secondes, normalement moins d’une minute ».

Or, le code de procédure pénale limite la consultation du TAJ aux seuls « besoins des enquêtes judiciaires », et donc à la résolution d’infractions, délits ou crimes, et « le fichier ne peut aucunement être consulté lors de contrôles en « temps réel » », souligne Disclose.

« Cette technique n’est pas légale. Il n’y a donc aucune raison que je la cautionne ; au contraire, je la dénonce », avait rappelé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez au Sénat suite aux révélations de Disclose, le 1er avril dernier, tout en précisant : « je n’ai pas à rappeler les instructions, puisqu’elles sont permanentes ».

« Le ministre de l’Intérieur a dit que c’est illégal. Mais il est coincé par les syndicats »

Disclose et L’œil du 20 heures de France 2 ont néanmoins recueilli plusieurs témoignages de policiers et gendarmes indiquant que la pratique, bien qu’illégale, continue. Ils n’ont depuis reçu aucune consigne leur rappelant le cadre légal d’utilisation de la reconnaissance faciale, ni les risques encourus, à savoir une peine de 3 à 5 ans de prison et jusqu’à 300 000 euros d’amende.

Sous couvert d’anonymat, un gendarme confie à L’œil du 20 h que son supérieur qualifiait le logiciel de reconnaissance faciale d’« outil miracle », et que s’il était installé par défaut sur les terminaux NEO des gendarmes et policiers, c’était pour qu’ils s’en servent, y compris lors des contrôles d’identité.

Le fait de pouvoir l’utiliser aussi facilement générerait également une « confiance aveugle » dans sa capacité d’identifier correctement les personnes déjà fichées, souligne le gendarme, au motif que « le fichier est plus fort que tout »… quitte à verbaliser un innocent.

Or, l’identification biométrique ou génétique, tout comme de nombreuses autres techniques utilisées par la police scientifique, repose sur des calculs de probabilité, qui génèrent donc forcément des faux positifs et faux négatifs. Elle ne saurait donc être considérée comme des « preuves scientifiques », nonobstant le fait que les « experts » peuvent aussi se tromper.

De plus, le Traitement des Antécédents Judiciaires peut lui-même induire en erreur. Il est en effet né sous Nicolas Sarkozy de la fusion de deux fichiers : le STIC de la police et JUDEX pour la gendarmerie. Deux fichiers créés illégalement, et ayant fonctionné dans l’illégalité pendant des années avant d’être légalisés par la CNIL. L’institution les brocardait régulièrement pour être truffés d’erreurs, et pas mis à jour. Des millions de personnes, bien qu’innocentées par la justice, y figuraient ainsi comme « suspectes ».

De 23 jusqu’à 83 % d’erreurs dans les fichiers STIC contrôlés par la CNIL

« Le ministre de l’Intérieur a dit que c’est illégal. Mais le truc, c’est qu’ils ne peuvent pas vérifier les accès au logiciel de Reco-TAJ de tous les flics », explique à Disclose un policier, pour qui l’ancien préfet de police de Paris serait coincé : « Demain, s’il nous dit que ça ne va pas, il aura tous les syndicats de police sur le dos. »

« Une prise de 1 kg de cocaïne est égale à 0,02 gramme de shit verbalisé »

Ce recours banalisé serait en outre encouragé par la « course aux chiffres » à laquelle ils sont poussés, afin de multiplier les « amendes forfaitaires délictuelles » (AFD). Instaurées en 2016 afin d’accélérer le traitement de certains délits dits « de masse », sans avoir à passer par la voie judiciaire, ce traitement pénal simplifié est régulièrement critiqué par le Défenseur des droits et la Cour des comptes, rappelle vie-publique.fr.

Le dispositif n’en a pas moins été considérablement élargi depuis, passant de 3 délits routiers en 2016 à 91 infractions en 2023 (de l’usage illicite de stupéfiants au défaut d’assurance et de permis de conduire en passant par la vente à la sauvette, le vol à l’étalage, l’outrage sexiste, etc.). Le nombre de verbalisations a ainsi quasi-triplé entre 2021 et 2024, et celui des contestations a quadruplé.

1,6 million d’AFD ont en effet été dressées entre 2019 et 2024, selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dont près de 500 000 sur la seule année 2024. La part des AFD dans l’ensemble des délits enregistrés explose ainsi de 1 à 10 % en cinq ans.

« La chasse aux statistiques nous encourage à mettre le plus d’AFD possibles », explique une source à Disclose. Elle estime que cette politique du chiffre encourage les contrôles au faciès : « Quand j’ai été formé à l’utilisation de l’outil, on nous a dit que c’était le Graal, l’outil miracle pour bien aiguiller nos contrôles ».

Une autre source avance que « c’est d’abord pour cette raison que l’appli du TAJ avec reco faciale est généralisée sur les NEO », et déplore que cette politique du chiffre se fasse « au détriment du vrai boulot de policiers de terrain » :

« Une prise de 1 kg de cocaïne est égale à 0,02 gramme de shit verbalisé en AFD. Donc, un policier qui fait 50 AFD pour du shit sera considéré comme meilleur qu’un policier qui fait une prise de 1 kg de cocaïne. »

Une vidéo, datant de fin mai et diffusée par Disclose, montre ainsi un policier en civil de la brigade anticriminalité photographiant avec un terminal NEO le visage d’un individu, contrôlé dans la rue, puis scroller une liste de photographies semblant indiquer qu’il utilise le logiciel de reconnaissance faciale.

Un recours illégal au fichier qui peut lui-même entraîner des erreurs d’identification. Disclose évoque le cas d’une jeune femme rom arrêtée pour cambriolage en 2022 dont les traits du visage « présentent une similitude à 68 % » avec la photo contenue dans GASPARD d’une femme visée par une obligation de quitter le territoire (OQTF).

Condamnée à six mois de prison ferme, la jeune femme fut placée en centre de rétention en vue d’être expulsée vers la Serbie ou la Croatie. Une expulsion finalement empêchée du fait de ne pouvoir attester de sa véritable identité. Mais la personne initialement fichée s’est vue quant à elle attribuer un cambriolage qu’elle n’avait pas commis, relève Disclose.

« Formellement identifié via la reconnaissance faciale »… à tort

Nos confrères reviennent sur une autre erreur d’identification. Mi-mai, huit activistes étaient interpellés pour avoir bloqué pendant une heure un pont, en protestation d’un projet autoroutier. Arrêtés sans opposer de résistance, ils avaient ensuite invoqué leur droit au silence, refusé de décliner leur identité, ainsi que le prélèvement de leurs empreintes digitales et de leur ADN.

Sauf que l’enquêteur qui les auditionnait a branché sa caméra, quand bien même ce dispositif est normalement réservé aux suspects de crimes ou aux victimes mineures précise Disclose, afin de pouvoir faire une capture d’écran de leurs visages, et interroger le TAJ.

L’un des manifestants, Julien* (prénom d’emprunt, ndlr), 22 ans, fut ainsi confondu, à tort, avec un autre jeune homme de 23 ans, Marius*, « défavorablement connu des services de police » (car fiché au TAJ) pour « usage illicite de stupéfiants » et « violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité lors d’une manifestation sur la voie publique ».

Julien*, qui a depuis pu consulter les pièces de la procédure, à commencer par la fiche TAJ du vrai Marius*, et donc sa photo, a pu constater qu’ils portent certes tous deux la moustache, ont des cheveux bruns, mais aussi que leurs visages ne sont pas si ressemblants que ça : « C’est à croire qu’ils ont pris pour argent comptant les résultats de l’intelligence artificielle sans même comparer nos photos », déplore l’activiste.

Au total, trois des huit militants furent « formellement identifié [sic] via la reconnaissance faciale », sans que Disclose ne précise si les deux autres avaient été dument identifiés, ou pas. Mediapart, qui a couvert leur procès au tribunal de Valence, ce lundi 6 juillet, pointe d’autres problèmes.


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Près de 40 % des Français visitent chaque mois des sites d’info générés par IA

La Résistible Ascension d'Arturo AI
Près de 40 % des Français visitent chaque mois des sites d’info générés par IA

Le premier observatoire français de l’audience des sites GenAI, établi par Médiamétrie en octobre 2025, avait établi que près de 25 % des Français y étaient régulièrement confrontés. Six mois plus tard, ils sont près de 40 % (soit + 60 % !). Une explosion en partie due à l’essor du nombre de sites d’infos et d’articles industrialisés par l’IA pour parvenir à être mentionné dans les réponses des grands modèles de langage.

Près de 4 Français sur 10 (39,1 %) visitent des sites d’information générés par IA (GenAI), à raison de 23 millions de visiteurs uniques (VU) chaque mois, contre près de 1 sur 4 (24,5 %) en octobre dernier (soit + 60 % !). Le nombre de VU quotidien est de son côté passé de 2,6 à 3,5 millions, en un an (soit + 35 %).

Les chiffres émanent du second observatoire des sites GenAI, établi par Médiamétrie pour le compte du Groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE) sur la base des sites GenAI identifiés par Next. Le premier observatoire, révélant qu’un quart des Français visitaient des sites d’info GenAI, avait été rendu public en décembre dernier.

Un taux qui ne reflète en réalité que la fourchette basse du nombre réel d’internautes français confrontés à des articles et infos « majoritairement voire entièrement » générés par IA. D’une part parce que le tsunami de sites d’info « full IA », ou qui basculent dans l’ « IA first » est tel qu’il nous est impossible de les identifier tous.

Comment définissez-vous qu’un site d’info est « généré par IA » ?


Comme indiqué dans le podcast consacré au tsunami d’infos générées par IA, nous avions initialement péché par excès de prudence, en évoquant des sites d’infos « en tout ou partie générés par IA », alors que nous ne recensons (bien évidemment) que ceux dont la production d’articles générés par IA est significative en volume, et s’est traduite par des articles dont le caractère peu ou pas supervisé était manifeste. Le tout sans que ce recours à l’IA générative ne soit mentionné, contrairement à ce qu’exige l’article 50 de l’AI Act européen.

Médiamétrie, d’autre part, ne mesure l’audience que des 5 000 principales marques digitales et 1 000 premières applications mobiles françaises. Or, lors de la première édition de l’observatoire, notre base de données de sites d’info GenAI dénombrait près de 8 900 sites d’info GenAI, administrés (et monétisés) par plus de 200 éditeurs. Elle en comporte désormais plus de 15 000, émanant de plus de 300 éditeurs.

La mesure d’audience émane du panel d’internautes de Médiamétrie, et de la collecte de l’ensemble de leur surf sur ordinateur, tablette et mobile (Android et iOS). Nous lui avions fourni une liste des 308 sites GenAI les plus recommandés par Google et MSN, dont 232 ont été visités par les panélistes sur la période étudiée, qui va d’avril 2025 à avril 2026.

Si 84 % des sites d’info GenAI dénombrent moins de 250 000 visiteurs uniques (VU) par mois, 5 % en totalisent plus de 2 millions, et 9 plus de 3 millions. Quatre éditeurs, cumulant plusieurs sites d’info GenAI, en dénombrent même plus de 6 millions, et l’un d’entre eux 15,7 millions, soit près de 25 % des Français.

À l’instar du premier observatoire, Médiamétrie constate que 75 % des internautes qui consultent ces sites d’info GenAI ont 50 ans ou plus. En octobre dernier, un peu plus de 36 % d’entre eux avaient consulté au moins un site d’info GenAI dans le mois. Une proportion qui s’élève désormais à près de 50 % des 50 - 64 ans, et près de 55 % des 65 ans et plus.

Le trafic provient majoritairement de Google (plus de 50 %), devant Meta (17 %), confirmant le rôle central des plateformes dans la diffusion de ces contenus. « Cette étude confirme l’installation durable des sites d’information générés par l’IA dans le paysage numérique français », souligne Laure de Lataillade, directrice du Geste :

« Si leur audience progresse rapidement, c’est en grande partie parce que ces acteurs sont largement portés par les moteurs de recherche et les plateformes sociales, qui jouent un rôle déterminant dans leur visibilité et leur distribution auprès du grand public. Cette évolution invite à s’interroger sur les mécanismes de recommandation qui structurent désormais l’accès à l’information, sur la transparence des processus éditoriaux à l’œuvre derrière ces contenus, ainsi que sur les conditions de concurrence avec les médias qui financent la production d’une information professionnelle et vérifiée. »

Rappelons que Next a aussi développé une extension web (gratuite) afin d’alerter ses utilisateurs lorsqu’ils consultent un site dont les articles et infos semblent avoir été générés par IA, au risque d’y relayer des (dés)informations « hallucinées ».

Des spammeurs d’info, gagnant jusqu’à 3 000 € par jour

Étant aux « premières loges » de ce tsunami de sites d’info générés par IA, que je documente depuis un an et demi et que j’ai tenté d’expliciter dans le podcast de Mathilde Saliou qui explore les enjeux du numérique, je relève deux principales évolutions entre ces deux premiers observatoires GenAI de Médiamétrie.


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Des sites d’infos usurpent mon nom et m’attribuent des citations hallucinées par IA

L'Attaque de la moussakIA géante
Des sites d’infos usurpent mon nom et m’attribuent des citations hallucinées par IA

Un rédacteur SEO a publié dans le « magazine des professionnels de l’information stratégique » un article vraisemblablement généré par IA qui m’attribuait un « témoignage d’expert » où je recommandais une formation… que je ne connaissais pas. Mon nom vient aussi d’apparaître sur des sites GenAI créés par un dentiste roumain usurpant également la réputation de l’Electronic Frontier Foundation.

Il y a quelques semaines, une journaliste me contactait en DM pour me demander mon avis sur le diplôme d’université (DU) Analyste OSINT de l’UTT de Troyes, qui « vise à former des experts capables de rechercher, traiter, analyser et rapporter des informations issues de sources ouvertes, dans le respect de la réglementation et de l’éthique ».

Elle m’expliquait s’y être inscrite et avoir lu sur Veillemag.com, le « magazine des professionnels de l’information stratégique », que j’aurais déclaré que « ce DU répond à un besoin criant de formation structurée, alliant rigueur académique et pragmatisme opérationnel », laissant entendre que je le connaissais, et recommandais.

Une citation présentée sous l’intitulé « Témoignage d’expert » et signée « Jean-Marc Manach, journaliste et expert en OSINT » (pour Open Source INTelligence, ou renseignement de sources ouvertes). Pionnier de l’OSINT en France, j’ai effectivement été plusieurs fois interviewé à ce sujet.

 

Problème : la citation qui m’est imputée est fausse, et je ne connaissais même pas l’existence de ce diplôme d’université, que j’ai découvert lorsque la journaliste m’a contacté.

Contacté, le « rédacteur SEO » qui avait signé l’article de Veillemag.com, m’a répondu qu’il ne sait plus qui lui aurait fourni cette citation, précisant qu’« il y a plusieurs mois, je suivais des comptes osint sur LinkedIn. Sur un post. J’ai vu cette mention. »

Le fait que son « article » ne soit qu’une succession de listes à puces laisse cela dit peu de doutes quant au fait qu’il a vraisemblablement été généré par IA, et que la citation qui m’est attribuée a elle-même été « hallucinée ».

Captures d’écran d’un article généré par IA hallucinant une citation de moi – archive.org

La citation en question a été effacée par la rédactrice en chef de veillemag.com après que je l’ai interrogée à ce sujet.

Reste qu’attribuer une citation « hallucinée » par IA à un journaliste spécialiste de fact-checking est une incongruité à laquelle je ne m’attendais pas. Au surplus alors que j’enquête depuis plus de deux ans sur les sites d’infos générés par IA, comme expliqué dans le dernier épisode de notre podcast Entre la chaise et le clavier.

« Il ne s’agit pas seulement de fuites. C’est une question d’architecture »

Las : deux autres sites d’infos viennent, eux aussi, d’halluciner à mon sujet. La baseline du site archyde.com est « Découvrez les vraies personnes qui se cachent derrière les gros titres », quand bien même les photos de profil de ses journalistes, censés avoir remporté des prix Pulitzer (mais qui n’existent pas), sont générées par IA :

« Chez Archyde.com, nous respectons les normes les plus strictes en matière d’intégrité journalistique. Tous nos articles font l’objet d’une vérification rigoureuse des faits et s’appuient sur des sources indépendantes. »

Photos de profil générées par IA des journalistes du site d’infos archyde.com

Récemment, un article consacré au fait qu’un « documentaire exclusif retraçant 15 ans de ministère est désormais disponible sur YouTube » (qui n’existe pas), émanant du collectif indépendant « Time to Edit » (qui n’existe pas), me présentait comme « un avocat spécialisé dans les droits numériques à La Quadrature du Net » (je suis journaliste chez Next). À l’en croire, j’aurais déclaré que cela « pourrait créer un précédent permettant de contester le secret d’État », avec des arguments pour le moins « hallucinés », mais renvoyant effectivement au RFC de l’IETF sur HTTP/1.1 :

« Il ne s’agit pas seulement de fuites. C’est une question d’architecture. Le système du ministère a été conçu pour passer inaperçu : il utilise des protocoles ouverts comme HTTP/1.1 pour les canaux de commande tout en transférant les données sensibles vers des fonctions AWS Lambda. Si les tribunaux jugent la licence valide, cela obligera l’État soit à classer rétroactivement ces données, soit à admettre que le système n’était pas conforme dès le départ. »

L’article évoque également une certaine Dr. Élise Gauthier, chercheuse en cybersécurité à l’INRIA, qui déplore une « violation tant du droit français que du droit européen », et dont une photographie sert d’illustration. Mais une recherche image inversée renvoie vers un article de Radio Canada datant de 2015 où l’on apprend qu’Élise Gauthier était en fait candidate du Bloc québécois, un parti indépendantiste et social-démocrate.

Un agrégat, généré par IA, d’infos émanant de sites eux aussi générés par IA

NewsDirectory3.com, qui « répertorie les journaux, les agences de presse, les kiosques à journaux et les médias d’information en ligne des 50 États américains », me présente quant à lui comme « chercheur en politiques technologiques chez Les Numériques » (je n’ai jamais écrit pour ce titre).

L’article, intitulé « Paramètres cachés de Samsung et d’Android pour optimiser l’autonomie de la batterie et les performances Wi-Fi », est quant à lui un agrégat d’infos émanant du média Les Numériques mais également de DroidSoft, Le Tribunal du Net, ainsi que d’un « message publié sur le forum d’assistance Samsung, vérifié par Pleine Vie », trois sites figurant dans notre base de données de sites d’infos dont les articles sont « majoritairement, voire complètement générés par IA » (GenAI).

Je ne suis bien évidemment pas le seul à me voir attribuer des fonctions et propos que je n’ai jamais tenus sur des sites GenAI. L’Electronic Frontier Foundation (EFF) pionnière des ONG de défense des libertés numériques, alertait récemment ses lecteurs au sujet du site News-USA Today, qui se présente quant à lui comme « un éditeur d’actualités indépendant axé sur un journalisme clair, précis et utile ». 

L’EFF a en effet découvert que plusieurs de ses articles mentionnent les témoignages d’experts de l’ONG qui n’existent pas :

« Qu’ont en commun Sarah Chen, Javier Morales, Caitlin Chin, Emma Rodriguez et Mikko Kopponen, tous membres du personnel de l’EFF ? D’une part, ils n’existent pas. D’autre part, ils ont tous été cités en tant qu’experts de l’EFF dans des articles publiés au cours des deux derniers mois sur un site appelé News-USA Today. »

« Il est regrettable que ce soit au public de devoir distinguer le vrai du faux »

Ironie de l’histoire, ces trois sites d’infos GenAI font partie d’une ferme de contenus (ou PBN, pour Private blog network) que nous avions déjà identifiée il y a quelques mois, parce qu’elle comporte également (au moins) trois sites GenAI en français.

Son administrateur est un dentiste roumain qui, après s’être expatrié à Dubaï, est devenu éditeur web indépendant. Il est à la tête d’un PBN de plus d’une vingtaine de sites d’infos GenAI, dans plusieurs langues, cumulant des millions de pages vues chaque mois.

Statistiques de trafic (jour/mois) des 20 premiers sites d’infos GenAI du dentiste roumain

L’IA générative lui a aussi permis de vibe-coder plusieurs services web divers et variés, allant d’un calculateur de risques de voyage à un calculateur de résultats scolaires de terminale (par rapport à ceux de tous les élèves de votre tranche d’âge dans toute l’Australie), en passant par un site indiquant… la date du jour.

Captures d’écran de sites web vibe-codés par le dentiste roumain

Rappelant que « les citations erronées qui déforment nos positions nuisent à la confiance que le public et les médias réputés nous accordent », l’EFF avance que « la meilleure chose qu’un consommateur d’informations puisse faire est de consacrer un peu de temps et d’énergie à apprendre à distinguer le vrai du faux » :

« Il est regrettable que ce soit au public qu’il incombe de fournir un tel effort, mais alors que nous nous adaptons à de nouveaux outils et à une nouvelle normalité, un petit effort aujourd’hui peut s’avérer très utile à long terme. »

C’est l’occasion de rappeler que notre extension (gratuite) GenAI affiche précisément un message d’alerte lorsque ses utilisateurs consultent l’un des 15 000 sites d’infos GenAI que nous avons identifiés.

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Des sites d’infos usurpent mon nom et m’attribuent des citations hallucinées par IA

L'Attaque de la moussakIA géante
Des sites d’infos usurpent mon nom et m’attribuent des citations hallucinées par IA

Un rédacteur SEO a publié dans le « magazine des professionnels de l’information stratégique » un article vraisemblablement généré par IA qui m’attribuait un « témoignage d’expert » où je recommandais une formation… que je ne connaissais pas. Mon nom vient aussi d’apparaître sur des sites GenAI créés par un dentiste roumain usurpant également la réputation de l’Electronic Frontier Foundation.

Il y a quelques semaines, une journaliste me contactait en DM pour me demander mon avis sur le diplôme d’université (DU) Analyste OSINT de l’UTT de Troyes, qui « vise à former des experts capables de rechercher, traiter, analyser et rapporter des informations issues de sources ouvertes, dans le respect de la réglementation et de l’éthique ».

Elle m’expliquait s’y être inscrite et avoir lu sur Veillemag.com, le « magazine des professionnels de l’information stratégique », que j’aurais déclaré que « ce DU répond à un besoin criant de formation structurée, alliant rigueur académique et pragmatisme opérationnel », laissant entendre que je le connaissais, et recommandais.

Une citation présentée sous l’intitulé « Témoignage d’expert » et signée « Jean-Marc Manach, journaliste et expert en OSINT » (pour Open Source INTelligence, ou renseignement de sources ouvertes). Pionnier de l’OSINT en France, j’ai effectivement été plusieurs fois interviewé à ce sujet.

 

Problème : la citation qui m’est imputée est fausse, et je ne connaissais même pas l’existence de ce diplôme d’université, que j’ai découvert lorsque la journaliste m’a contacté.

Contacté, le « rédacteur SEO » qui avait signé l’article de Veillemag.com, m’a répondu qu’il ne sait plus qui lui aurait fourni cette citation, précisant qu’« il y a plusieurs mois, je suivais des comptes osint sur LinkedIn. Sur un post. J’ai vu cette mention. »

Le fait que son « article » ne soit qu’une succession de listes à puces laisse cela dit peu de doutes quant au fait qu’il a vraisemblablement été généré par IA, et que la citation qui m’est attribuée a elle-même été « hallucinée ».

Captures d’écran d’un article généré par IA hallucinant une citation de moi – archive.org

La citation en question a été effacée par la rédactrice en chef de veillemag.com après que je l’ai interrogée à ce sujet.

Reste qu’attribuer une citation « hallucinée » par IA à un journaliste spécialiste de fact-checking est une incongruité à laquelle je ne m’attendais pas. Au surplus alors que j’enquête depuis plus de deux ans sur les sites d’infos générés par IA, comme expliqué dans le dernier épisode de notre podcast Entre la chaise et le clavier.

« Il ne s’agit pas seulement de fuites. C’est une question d’architecture »

Las : deux autres sites d’infos viennent, eux aussi, d’halluciner à mon sujet. La baseline du site archyde.com est « Découvrez les vraies personnes qui se cachent derrière les gros titres », quand bien même les photos de profil de ses journalistes, censés avoir remporté des prix Pulitzer (mais qui n’existent pas), sont générées par IA :

« Chez Archyde.com, nous respectons les normes les plus strictes en matière d’intégrité journalistique. Tous nos articles font l’objet d’une vérification rigoureuse des faits et s’appuient sur des sources indépendantes. »

Photos de profil générées par IA des journalistes du site d’infos archyde.com

Récemment, un article consacré au fait qu’un « documentaire exclusif retraçant 15 ans de ministère est désormais disponible sur YouTube » (qui n’existe pas), émanant du collectif indépendant « Time to Edit » (qui n’existe pas), me présentait comme « un avocat spécialisé dans les droits numériques à La Quadrature du Net » (je suis journaliste chez Next). À l’en croire, j’aurais déclaré que cela « pourrait créer un précédent permettant de contester le secret d’État », avec des arguments pour le moins « hallucinés », mais renvoyant effectivement au RFC de l’IETF sur HTTP/1.1 :

« Il ne s’agit pas seulement de fuites. C’est une question d’architecture. Le système du ministère a été conçu pour passer inaperçu : il utilise des protocoles ouverts comme HTTP/1.1 pour les canaux de commande tout en transférant les données sensibles vers des fonctions AWS Lambda. Si les tribunaux jugent la licence valide, cela obligera l’État soit à classer rétroactivement ces données, soit à admettre que le système n’était pas conforme dès le départ. »

L’article évoque également une certaine Dr. Élise Gauthier, chercheuse en cybersécurité à l’INRIA, qui déplore une « violation tant du droit français que du droit européen », et dont une photographie sert d’illustration. Mais une recherche image inversée renvoie vers un article de Radio Canada datant de 2015 où l’on apprend qu’Élise Gauthier était en fait candidate du Bloc québécois, un parti indépendantiste et social-démocrate.

Un agrégat, généré par IA, d’infos émanant de sites eux aussi générés par IA

NewsDirectory3.com, qui « répertorie les journaux, les agences de presse, les kiosques à journaux et les médias d’information en ligne des 50 États américains », me présente quant à lui comme « chercheur en politiques technologiques chez Les Numériques » (je n’ai jamais écrit pour ce titre).

L’article, intitulé « Paramètres cachés de Samsung et d’Android pour optimiser l’autonomie de la batterie et les performances Wi-Fi », est quant à lui un agrégat d’infos émanant du média Les Numériques mais également de DroidSoft, Le Tribunal du Net, ainsi que d’un « message publié sur le forum d’assistance Samsung, vérifié par Pleine Vie », trois sites figurant dans notre base de données de sites d’infos dont les articles sont « majoritairement, voire complètement générés par IA » (GenAI).

Je ne suis bien évidemment pas le seul à me voir attribuer des fonctions et propos que je n’ai jamais tenus sur des sites GenAI. L’Electronic Frontier Foundation (EFF) pionnière des ONG de défense des libertés numériques, alertait récemment ses lecteurs au sujet du site News-USA Today, qui se présente quant à lui comme « un éditeur d’actualités indépendant axé sur un journalisme clair, précis et utile ». 

L’EFF a en effet découvert que plusieurs de ses articles mentionnent les témoignages d’experts de l’ONG qui n’existent pas :

« Qu’ont en commun Sarah Chen, Javier Morales, Caitlin Chin, Emma Rodriguez et Mikko Kopponen, tous membres du personnel de l’EFF ? D’une part, ils n’existent pas. D’autre part, ils ont tous été cités en tant qu’experts de l’EFF dans des articles publiés au cours des deux derniers mois sur un site appelé News-USA Today. »

« Il est regrettable que ce soit au public de devoir distinguer le vrai du faux »

Ironie de l’histoire, ces trois sites d’infos GenAI font partie d’une ferme de contenus (ou PBN, pour Private blog network) que nous avions déjà identifiée il y a quelques mois, parce qu’elle comporte également (au moins) trois sites GenAI en français.

Son administrateur est un dentiste roumain qui, après s’être expatrié à Dubaï, est devenu éditeur web indépendant. Il est à la tête d’un PBN de plus d’une vingtaine de sites d’infos GenAI, dans plusieurs langues, cumulant des millions de pages vues chaque mois.

Statistiques de trafic (jour/mois) des 20 premiers sites d’infos GenAI du dentiste roumain

L’IA générative lui a aussi permis de vibe-coder plusieurs services web divers et variés, allant d’un calculateur de risques de voyage à un calculateur de résultats scolaires de terminale (par rapport à ceux de tous les élèves de votre tranche d’âge dans toute l’Australie), en passant par un site indiquant… la date du jour.

Captures d’écran de sites web vibe-codés par le dentiste roumain

Rappelant que « les citations erronées qui déforment nos positions nuisent à la confiance que le public et les médias réputés nous accordent », l’EFF avance que « la meilleure chose qu’un consommateur d’informations puisse faire est de consacrer un peu de temps et d’énergie à apprendre à distinguer le vrai du faux » :

« Il est regrettable que ce soit au public qu’il incombe de fournir un tel effort, mais alors que nous nous adaptons à de nouveaux outils et à une nouvelle normalité, un petit effort aujourd’hui peut s’avérer très utile à long terme. »

C’est l’occasion de rappeler que notre extension (gratuite) GenAI affiche précisément un message d’alerte lorsque ses utilisateurs consultent l’un des 15 000 sites d’infos GenAI que nous avons identifiés.

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Des centaines de journalistes poussés vers la porte, souvent au prétexte de l’IA

Massacres à la déchiqueteuse-broyeuse
Des centaines de journalistes poussés vers la porte, souvent au prétexte de l’IA

Ces derniers mois, plusieurs groupes de médias ont annoncé des centaines de suppressions de postes, et certains semblent vouloir remplacer journalistes et secrétaires de rédaction par des IA. Deux tiers des journalistes du Quotidien du médecin, le média de référence de la profession, ont décidé de quitter l’entreprise, rachetée par une « plateforme d’influence B2B ».

Le Quotidien du médecin, qui se présente comme le « leader incontesté de la presse médicale française », fait partie du Groupe Profession Santé, qui édite également Le Quotidien du pharmacien et le site web Infirmiers.com. Le groupe revendique le titre de « 1er groupe médias et services pour les professionnels de santé »,une communauté qualifiée de plus de 400 000 professionnels de santé, 460 000 lecteurs inscrits et près de 500 000 followers, et plus d’un million de visites mensuelles sur ses plateformes.

Deux tiers des 36 journalistes qui y écrivaient encore en début d’année ont cela dit préféré quitter l’entreprise, révèle Politis, en réaction aux conditions de travail décidées par leur nouveau propriétaire, qui veut leur imposer de recourir à l’IA générative.

Selon les informations de Politis, à compter de ce mois de juillet, ils ne seront plus que 12 journalistes dans les trois rédactions. Les 24 autres ont activé la « clause de cession » qui permet à un journaliste de démissionner tout en touchant des indemnités de licenciement lorsque le média qui l’emploie change de propriétaire.

Profession Santé a en effet été racheté, en février dernier, par le groupe Ficade, qui se présente comme « un leader français des médias B2B » et « l’un des principaux groupes français de médias professionels » (sic).

« Le nouveau modèle c’est : un rédacteur en chef, un journaliste et de l’IA »


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