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Jeep Avenger : le petit SUV hybride débarque en Argentine

Le Jeep Avenger fabriqué au Brésil arrive en Argentine avec un moteur mild-hybrid 1.0 turbo de 120 ch.

Lancé en Europe il y a trois ans, le Jeep Avenger s’apprête à faire ses débuts en Argentine. Ce crossover du segment B doit rejoindre les concessions et les parcs de véhicules au quatrième trimestre, avec une particularité importante pour le marché local : il constituera la première offre électrifiée de Jeep dans le pays. Pour cette implantation sud-américaine, Stellantis a choisi de produire le modèle au Brésil plutôt que d’importer des véhicules assemblés en Europe.

Le Jeep Avenger vise notamment les conducteurs urbains à la recherche d’un véhicule compact combinant une position de conduite surélevée, une esthétique de SUV et des dimensions adaptées aux déplacements en ville. Positionné à côté du Jeep Renegade dans la gamme, il doit faire le lien entre les berlines compactes et les véhicules utilitaires. Avec environ 4,1 mètres de longueur, le crossover conserve un gabarit contenu tout en reprenant plusieurs codes stylistiques caractéristiques de la marque américaine.

Cette version destinée à l’Amérique du Sud reçoit une motorisation mild-hybrid associant un moteur essence 1.0 turbo à trois cylindres et un système électrique de 12 volts. Le bloc, baptisé T200 en référence à son couple maximal, développe environ 120 chevaux et 200 Nm. La transmission est assurée par une boîte CVT proposant sept rapports virtualisés.

Un crossover compact aux codes Jeep

Le Jeep Avenger destiné au marché argentin conserve une présentation extérieure fortement inspirée de l’identité Jeep. La face avant adopte notamment une interprétation de la traditionnelle calandre à sept fentes, accompagnée de projecteurs Matrix LED Vision. Les arches de roues prononcées entourent des jantes en alliage de 18 pouces et renforcent l’allure de petit SUV du modèle.

Malgré son positionnement urbain et son gabarit compact, l’Avenger conserve certaines capacités destinées à faciliter les déplacements sur des surfaces irrégulières. La version sud-américaine affiche un angle d’attaque de 22 degrés et un angle de départ de 33,6 degrés. Ces caractéristiques doivent notamment permettre au crossover de composer avec les nids-de-poule, les rampes d’accès et les chemins de terre.

Avec ses quelque 4,1 mètres de long, l’Avenger se destine également aux environnements urbains où la compacité constitue un avantage. Jeep cherche ainsi à attirer des automobilistes qui souhaitent bénéficier d’une position de conduite élevée et d’une présentation robuste sans adopter un véhicule familial plus imposant.

Un moteur 1.0 turbo mild-hybrid de 120 ch

Sous le capot, les clients argentins disposeront d’une mécanique mild-hybrid. Le moteur essence 1.0 turbo à trois cylindres en ligne développe environ 120 ch et 200 Nm de couple. Le système électrique fonctionne sous une tension de 12 volts et intervient notamment pour réduire la consommation de carburant, améliorer l’accélération au démarrage et limiter le temps de réponse du turbocompresseur.

La transmission automatique CVT complète cette motorisation avec sept rapports virtualisés. Cette configuration permet à Jeep de proposer une chaîne de traction électrifiée sans passer par une motorisation entièrement électrique. Le choix du mild-hybrid constitue ainsi un élément important du lancement argentin, puisque l’Avenger deviendra la première Jeep électrifiée commercialisée dans le pays.

À bord, le crossover adopte une position de conduite élevée et une console centrale surélevée, accompagnées de nombreux espaces de rangement. L’habitacle reçoit également un système d’infodivertissement intégrant ChatGPT. Cette technologie permet aux occupants d’utiliser des commandes vocales conversationnelles pour certains réglages du véhicule, la navigation ou des questions générales.

Le niveau d’équipement comprend également un grand toit panoramique et un frein de stationnement électrique. Sur le volet de la sécurité automobile, Stellantis annonce des systèmes avancés d’aide à la conduite de niveau 2. Le freinage automatique d’urgence, l’assistance active au centrage dans la voie et le régulateur de vitesse adaptatif figurent notamment parmi les équipements mentionnés.

Une production brésilienne pour l’Amérique du Sud

Pour son arrivée en Argentine, le Jeep Avenger ne sera pas importé d’Europe. Stellantis a choisi de localiser sa production au Brésil afin d’adapter le crossover aux conducteurs et aux conditions routières sud-américains. Cette stratégie accompagne le développement régional du modèle et permet au constructeur de proposer une version destinée spécifiquement à ce marché.

Les tarifs argentins n’ont pas encore été communiqués. En revanche, la filiale brésilienne de Jeep annonce un prix de 124 990 réais, soit environ 24 130 dollars selon le taux de change indiqué dans le texte source, pour l’Avenger Altitude 1.0 T200 MHEV CVT. Aucun prix en euros n’est fourni dans la source et il n’est donc pas possible d’en déduire un montant fiable sans ajouter une donnée extérieure.

L’arrivée de l’Avenger en Argentine doit intervenir au quatrième trimestre. Jeep entend ainsi compléter son offre avec un crossover de segment B capable de séduire des acheteurs recherchant un véhicule compact, une position de conduite élevée et une motorisation électrifiée.

À ce stade, le constructeur ne prévoit pas de commercialiser l’Avenger aux États-Unis ou au Canada. Le développement sud-américain du modèle reste donc concentré sur les marchés où Stellantis a choisi d’adapter sa production et son offre. Avec sa motorisation mild-hybrid 1.0 turbo, ses équipements d’aide à la conduite et son positionnement entre citadine et SUV, l’Avenger doit désormais trouver sa place dans le marché automobile argentin.

Notre avis, par leblogauto.com

Le Jeep Avenger destiné à l’Argentine associe un format compact de 4,1 mètres à une motorisation mild-hybrid 1.0 turbo de 120 ch et 200 Nm. Sa dotation comprend notamment des aides à la conduite de niveau 2, une boîte CVT et un système multimédia intégrant ChatGPT. La production brésilienne permet à Jeep de proposer une version destinée au marché sud-américain, avec des caractéristiques de franchissement annoncées de 22 degrés à l’attaque et 33,6 degrés au départ. Le prix argentin reste à déterminer, tandis que le tarif brésilien annoncé pour l’Avenger Altitude s’établit à 124 990 réais.

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Rivian : les nouvelles tentes de toit arrivent

Rivian et iKamper lancent des tentes de toit dédiées aux R1T, R1S et R2, jusqu’à trois personnes dès 4 100 €.

Rivian et iKamper renforcent leur collaboration avec une nouvelle gamme de tentes de toit conçues spécifiquement pour les véhicules électriques de la marque américaine. Baptisée Rivian x iKamper Skycamp 4.0 DLX, cette nouvelle offre reprend la plateforme Skycamp 4.0 d’iKamper et se décline en deux configurations : 4.0 Duo et 4.0 Trio. Elles sont destinées notamment aux Rivian R1T, R1S et R2 et peuvent accueillir respectivement deux ou trois personnes.

Le partenariat s’inscrit dans la volonté de proposer des équipements adaptés aux usages de plein air associés aux véhicules Rivian. La marque s’est notamment distinguée avec son approche de la cuisine de camping, intégrée à l’origine dans le compartiment de rangement du R1T. Cette Camp Kitchen n’est toutefois plus proposée directement par Rivian et a été remplacée par une Travel Kitchen portable pouvant être installée sur le plateau ou le hayon.

Avec ces nouvelles tentes de toit, iKamper cible donc les propriétaires de véhicules électriques Rivian souhaitant utiliser leur véhicule pour des séjours en extérieur. Le fabricant met particulièrement l’accent sur la compatibilité avec les dimensions spécifiques des modèles Rivian, mais aussi sur la limitation du poids, un paramètre important pour préserver autant que possible l’autonomie d’un véhicule électrique.

Deux configurations pour deux ou trois personnes

La gamme Rivian x iKamper Skycamp 4.0 DLX repose sur deux versions. Le 4.0 Duo est conçu pour deux occupants, tandis que le 4.0 Trio peut accueillir jusqu’à trois personnes. Sur le R1T, les deux configurations peuvent être installées sur le toit de la cabine ou à l’arrière, au-dessus de la benne.

La tente reprend les caractéristiques de la plateforme Skycamp 4.0, présentée comme une solution adaptée au camping quatre saisons. Sa conception associe une coque en plastique renforcé de fibres à une toile en poly-coton de 320 g/m², une housse de pluie et un système de sol ThermaSeal. Le texte source précise toutefois que des systèmes de chauffage et de climatisation peuvent être nécessaires selon les conditions météorologiques.

Cette nouvelle génération bénéficie également de portes et de fenêtres redessinées. Selon iKamper, elles améliorent la circulation de l’air et la visibilité par rapport aux générations précédentes. La hauteur sous plafond a également été augmentée et le puits de lumière agrandi. Des badges spécifiques Rivian sont intégrés à la coque afin de distinguer cette version développée pour les véhicules électriques de la marque.

Un équipement pensé pour les véhicules électriques

Le Skycamp 4.0 DLX dispose d’un port Anderson et d’une boîte de jonction de puissance intégrée. Celle-ci regroupe notamment plusieurs ports USB ainsi qu’une prise 12 V. L’équipement comprend aussi un éclairage intérieur et extérieur ainsi qu’un passage prévu pour un système de chauffage, ventilation et climatisation.

iKamper propose par ailleurs un matelas gonflable en option. Celui-ci utilise une pompe spécifique baptisée AirDown Go et offre une épaisseur de rembourrage de trois pouces. La tente conserve également une échelle télescopique permettant d’accéder à l’espace de couchage et de faciliter son rangement.

Le poids constitue l’un des éléments importants de cette nouvelle gamme destinée aux véhicules électriques. Le 4.0 Duo affiche un poids de 119 livres, soit environ 54 kg, sans le matelas ni l’échelle. Ces deux éléments ajoutent 35,7 livres, soit environ 16,2 kg, portant l’ensemble à un peu plus de 150 livres, soit environ 68 kg.

Le 4.0 Trio est légèrement plus lourd, avec 132 livres, soit environ 59,8 kg, auxquels s’ajoutent l’échelle et le matelas. L’échelle pèse 20,5 livres, soit environ 9,3 kg, tandis que le matelas destiné au Trio atteint 17,1 livres, soit environ 7,8 kg, contre 15,2 livres, ou 6,9 kg, pour celui du Duo.

À partir de 4 100 euros pour le Duo

La nouvelle gamme Rivian x iKamper Skycamp 4.0 DLX est proposée à partir de 4 800 dollars, soit environ 4 100 euros, pour un 4.0 Duo sans matelas. Le 4.0 Trio débute à 5 050 dollars, soit environ 4 320 euros. Avec le matelas gonflable Comfort LT, le tarif du Trio atteint 5 345 dollars, soit environ 4 575 euros.

Le positionnement reste donc celui d’un équipement de camping haut de gamme spécifiquement adapté aux véhicules Rivian. L’offre cible les propriétaires de R1T, R1S et R2 qui souhaitent utiliser leur véhicule électrique pour des escapades en plein air tout en conservant une solution de couchage directement installée sur le véhicule.

Au-delà de la compatibilité avec les modèles Rivian, la collaboration met l’accent sur la maîtrise du poids. Pour un véhicule électrique, une tente de toit et ses accessoires constituent une charge supplémentaire susceptible d’avoir une incidence sur l’usage du véhicule, ce qui explique l’importance accordée par iKamper à la masse de ses produits.

Le Duo et le Trio reprennent ainsi la plateforme Skycamp 4.0 tout en bénéficiant d’éléments spécifiques à Rivian. La nouvelle gamme associe une conception quatre saisons annoncée, des équipements électriques intégrés, un espace de couchage pouvant accueillir jusqu’à trois personnes et une structure pensée pour limiter le poids ajouté au véhicule.

Notre avis, par leblogauto.com

Cette collaboration propose une solution de camping directement adaptée aux dimensions et aux usages des véhicules Rivian. Le Skycamp 4.0 DLX existe en versions Duo et Trio et affiche un poids de base de 54 kg ou 59,8 kg selon la configuration, hors certains accessoires. L’équipement comprend notamment des ports USB, une prise 12 V, un éclairage intérieur et extérieur ainsi qu’un passage pour un système CVC.

Crédit illustration : Rivian.

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Renault 5 E-Tech electric : plus d’autonomie et une nouvelle version Five mais au même prix !

RENAULT 5 E-TECH ELECTRIC (B1316)

Best seller de la marque au losange, la Renault 5 E-Tech electric évolue avec davantage d’autonomie, une nouvelle version d’entrée de gamme et plusieurs mises à jour technologiques. Les commandes de cette nouvelle gamme sont ouvertes en France, avec un prix annoncé à partir de 18 810 euros, prime Coup de Pouce déduite.

Jusqu’à 430 km d’autonomie pour les versions existantes

Déjà, les versions équipées des batteries de 40 et 52 kWh bénéficient d’améliorations aérodynamiques et d’une optimisation de l’électronique de la batterie. Bonne nouvelle.

Avec la batterie de 40 kWh et le moteur de 90 kW (120 ch), l’autonomie WLTP atteint désormais 315 km, contre 312 km auparavant. Cette configuration est proposée avec les finitions Evolution et Techno.

La batterie de 52 kWh associée au moteur de 110 kW (150 ch) affiche de son côté jusqu’à 430 km d’autonomie WLTP, contre 410 km auparavant. Elle est disponible avec les finitions Evolution, Techno, Iconic Cinq et Roland-Garros. Plus que les chiffres bruts, ce sont des petits détails au quotidien qui améliore le confort d’utilisation.

Les tarifs débutent à 22 310 euros pour la version 40 kWh et à 25 810 euros pour la version 52 kWh, en finition Evolution et après déduction de la prime Coup de Pouce de 6 180 euros (pour les ménages les plus modestes). Pour rappel, la prime n’est « que » de 3 620 € pour tous les ménages.

Une nouvelle Renault 5 Five de 110 ch

La version d’entrée de gamme Five évolue également. Toujours proposée en 95 ch avec une batterie de 40 kWh, la configuration actuelle doit être remplacée dans quelques semaines par une nouvelle version équipée d’un moteur de 80 kW, soit 110 ch. C’est le moteur (d’origine chinoise, Shanghai e-Drive, assemblé en France) de la Twingo poussé.

Cette version reçoit une batterie LFP de 36,5 kWh utilisant une architecture « cell-to-pack ». Son autonomie WLTP pourra atteindre 305 km (contre 310 km). Le 0 à 50 km/h est annoncé en 3,5 secondes. La nouvelle Five disposera aussi d’un chargeur AC de 6,6 kW et, de série, d’un chargeur DC de 80 kW pour la recharge sur les bornes rapides. Petit bémol, il semble que cette batterie ne soit pas à refroidissement liquide (à confirmer). Le temps de charge risque d’en pâtir. A juger sur pièce.

Le prix d’appel de la gamme est fixé à 18 810 euros, prime Coup de Pouce de 6 180 euros déduite, pour la Five à autonomie urbaine. Si Renault remanie sa gamme et revoit la Five, son prix ne baisse pas. Dommage.

Notre avis, par leblogauto.com

Avant de voir les autres évolutions de la R5 E-Tech, nous sommes étonnés que Renault n’a pas décidé de baisser, même symboliquement, le prix de la version d’entrée de gamme Five autonomie urbaine. Surtout en passant d’une batterie NMC à une LFP théoriquement moins chère pour le constructeur.

Cela s’explique sans doute par la présence de la Twingo E-Tech et ses 262 km d’autonomie urbaine. Si elle passe de 11 à 6,6 kW en charge AC, en revanche, la Five gagne la charge à 80 kW ce qu’elle n’avait pas avant.

De nouvelles possibilités de personnalisation

La gamme accueille de nouvelles teintes et plusieurs éléments de personnalisation. Le Rouge Flamme est proposé de la finition Five à Iconic Cinq, tandis que le Gris Schiste Métallisé est disponible d’Evolution à Roland-Garros.

Le toit Noir Étoilé et les joncs de toit Rouge Alu ou Warm Titanium complètent les possibilités proposées. Les jantes Techno peuvent recevoir une teinte Gold en option sur les finitions Techno et Iconic Cinq.

De nouveaux stickers de toit et d’aile, baptisés Vibrant5 et Hyper5, font également leur apparition. Sur la finition Iconic, la sellerie adopte désormais un bleu chiné à la place du jaune chiné.

Le système multimédia évolue

La Renault 5 E-Tech electric reçoit un système d’appel d’urgence e-call compatible avec les réseaux 4G. Un chargeur de smartphone à induction aimanté et ventilé au standard Qi2 fait également son apparition. Renault annonce une récupération de 50 % de la batterie du téléphone en une heure.

Le mode de conduite Smart remplace par ailleurs le mode Perso. Il sélectionne automatiquement les modes Eco, Confort et Sport en fonction de la conduite. Le bouton Multi-Sense disparaît du volant, tandis que la sélection manuelle reste accessible depuis l’écran OpenR Link ou par commande vocale.

La voiture dispose aussi de 2 Go de données par mois pendant trois ans, ou pendant la durée de certains contrats de location avec Mobilize Financial Services.

Gemini arrive à bord

L’assistant d’intelligence artificielle Gemini de Google sera disponible dans le cadre d’une mise à jour optionnelle de Google Assistant effectuée à distance.

Cette intégration permet des échanges conversationnels avec l’assistant et la réalisation de tâches plus complexes. Il est également possible de l’interrompre pendant une réponse ou de changer de langue au cours d’une conversation.

La nouvelle gamme Renault 5 E-Tech electric sera présentée au Mondial de l’Auto 2026 à Paris, du 12 au 18 octobre.

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GAC Aion UT : la petite électrique très ambitieuse

GAC lance l’Aion UT électrique au Royaume-Uni à 28 950 £, soit environ 33 400 €, avec 431 km d’autonomie.

La GAC Aion UT fait ses débuts sur le marché britannique avec l’ambition de s’imposer dans le segment des supermini électriques. Présentée au British Motor Show de Farnborough, du 21 au 23 août 2026, la citadine chinoise sera proposée au Royaume-Uni à partir de 28 950 livres, soit environ 33 400 euros. Les commandes doivent ouvrir en septembre 2026. Ce positionnement tarifaire contraste fortement avec celui annoncé en Australie, où l’Aion UT avait été lancée à partir de 31 990 dollars australiens, soit environ 22 453 euros.

Cette différence de prix illustre l’écart entre certains tarifs pratiqués sur le marché chinois ou australien et ceux affichés sur des marchés internationaux comme le Royaume-Uni. L’Aion UT arrive en outre dans un contexte où les constructeurs automobiles chinois accélèrent leur développement à l’international. Le texte source souligne que les exportations automobiles chinoises ont presque doublé pendant que les ventes de voitures particulières en Chine connaissaient une baisse de dix mois en juillet.

GAC, ou Guangzhou Automobile Group, est un constructeur automobile chinois fondé en 1997. La marque Aion a été créée en 2017 avec l’objectif de se positionner sur le marché électrifié haut de gamme. Au Royaume-Uni, l’Aion UT rejoint notamment l’Aion V, premier modèle de la marque lancé précédemment sur ce marché.

Une supermini électrique richement équipée

La GAC Aion UT a été conçue en Europe, selon le constructeur, dans son studio de design de Milan. Pour son arrivée britannique, la citadine électrique revendique une dotation comprenant notamment un volant chauffant, des sièges avant chauffants, un écran tactile central de 14,6 pouces et une caméra à 360 degrés offrant une vue panoramique.

GAC propose également un Pack Premium facturé 1 200 livres supplémentaires, soit environ 1 385 euros. Cette option ajoute notamment un toit panoramique en verre, un hayon motorisé, un siège conducteur ventilé et un système de recharge sans fil pour téléphone.

L’habitacle met par ailleurs l’accent sur la modularité et le rangement. Le constructeur annonce 24 espaces de rangement ainsi qu’un coffre de 440 litres. Ces caractéristiques participent au positionnement de l’Aion UT comme une supermini électrique cherchant à associer format compact, habitabilité et niveau d’équipement élevé.

La marque estime que son modèle dispose d’une dotation de série particulièrement importante par rapport à ses concurrents. Elle met également en avant certains équipements qui, selon elle, ne seraient pas disponibles sur les modèles concurrents.

Batterie de 60 kWh et 431 km d’autonomie

Sur le plan technique, l’Aion UT destinée au Royaume-Uni reçoit une batterie de 60 kWh. GAC annonce une autonomie de 268 miles, soit environ 431 km, présentée comme la meilleure de sa catégorie par le constructeur. La supermini électrique est également créditée d’un 0 à 100 km/h réalisé en 7,3 secondes.

Ces données constituent les principaux arguments techniques avancés par GAC pour accompagner le lancement britannique. La combinaison d’une batterie de 60 kWh, d’une autonomie annoncée de 431 km et d’un temps de 7,3 secondes pour atteindre 100 km/h doit permettre à l’Aion UT de se distinguer dans le segment des petites voitures électriques.

Le constructeur annonce également des adaptations spécifiques pour le marché britannique. Après assistance et contrôle technique, l’Aion UT bénéficiera de modifications sur mesure concernant les ressorts, les amortisseurs et les butées, ainsi que d’une barre antiroulis révisée. Le texte source ne précise toutefois pas les caractéristiques détaillées de ces modifications.

Un lancement britannique au prix élevé

Le principal sujet autour de l’Aion UT reste son tarif au Royaume-Uni. Avec un prix de départ fixé à 28 950 livres, soit environ 33 400 euros, la citadine électrique est affichée à un niveau nettement supérieur au tarif annoncé en Australie. Le montant britannique représente presque le double du prix de départ australien en dollars américains selon les conversions indiquées dans le texte source, ce qui met en évidence un écart important entre les différents marchés.

La voiture doit faire ses débuts publics britanniques au British Motor Show de Farnborough, où elle sera présentée aux côtés de l’Aion V. Les commandes ouvriront ensuite en septembre 2026.

Aion entend accompagner cette commercialisation de sa promesse baptisée « AION Great 8 », incluse avec chaque véhicule. Jon Wakefield, directeur général d’Aion Auto UK, met en avant les performances, la qualité, l’espace et l’équipement de la supermini, ainsi que la présence de fonctionnalités présentées comme premium.

L’arrivée de l’Aion UT constitue donc une nouvelle étape dans l’expansion internationale de GAC et d’Aion. La citadine dispose de plusieurs arguments techniques, notamment sa batterie de 60 kWh, son autonomie annoncée de 431 km et son équipement complet. Son prix britannique de 28 950 £, soit environ 33 400 €, représente néanmoins un positionnement sensiblement plus élevé que celui observé en Australie, alors que le constructeur cherche précisément à se faire une place sur le marché européen.

Notre avis, par leblogauto.com

L’Aion UT affiche une fiche technique intéressante pour une supermini électrique, avec une batterie de 60 kWh et une autonomie annoncée de 431 km. Son équipement comprend notamment une caméra à 360 degrés, un écran de 14,6 pouces et des sièges avant chauffants. Le principal élément à retenir lors de son arrivée au Royaume-Uni reste toutefois son prix de 28 950 livres, soit environ 33 400 euros, nettement supérieur au tarif annoncé en Australie. Les adaptations spécifiques du châssis et l’équipement de série seront également des éléments importants de son positionnement sur le marché britannique.

Crédit illustration : GAC.

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Canada-USA : l’automobile échappe au choc tarifaire

Un accord provisoire entre Washington et Ottawa réduirait les droits sur les voitures canadiennes et préserverait les chaînes de production.

Le secteur automobile nord-américain pourrait bénéficier d’un répit après plusieurs jours d’incertitude commerciale entre les États-Unis et le Canada. Un accord bilatéral provisoire négocié dans le cadre de l’ACEUM prévoit de réduire les droits de douane américains appliqués aux véhicules assemblés au Canada de 25 % à 15 %. Pour l’industrie automobile, particulièrement dépendante des échanges transfrontaliers entre les deux pays, cette baisse pourrait contribuer à maintenir les chaînes de production en activité et à limiter la hausse des coûts industriels.

Le projet d’accord intervient après la menace américaine d’imposer un tarif de 50 % sur 30 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Une pause tarifaire de trois jours accordée par Donald Trump a toutefois permis aux négociateurs de Washington et d’Ottawa d’avancer vers un compromis. Les discussions portent notamment sur les droits appliqués aux véhicules fabriqués au Canada et sur les conditions permettant de préserver les flux de composants entre les deux pays.

L’un des principaux éléments du compromis concerne le contenu fabriqué aux États-Unis intégré aux véhicules assemblés au Canada. Cette exemption devrait être maintenue selon les éléments de l’accord envisagé. Elle revêt une importance particulière pour l’industrie automobile, car les chaînes d’approvisionnement nord-américaines sont fortement intégrées. Les véhicules produits au Canada contiennent régulièrement au moins 50 % de contenu américain, selon les propos rapportés de Drew Dilkens, maire de Windsor.

Des chaînes d’approvisionnement très intégrées

La baisse du tarif nominal de 25 % à 15 % prend une dimension particulière lorsqu’elle est rapportée à la proportion de composants américains intégrés aux véhicules canadiens. En se fondant sur la logique avancée par le maire de Windsor, le taux tarifaire effectif pourrait ainsi être ramené à 7,5 %. Cette différence est importante pour les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs, dont les chaînes logistiques reposent sur des échanges réguliers entre le Canada et les États-Unis.

La fabrication d’un véhicule implique en effet de nombreux flux de pièces et de matières premières. Métaux, blocs moteurs, faisceaux électriques, sous-ensembles électroniques et autres composants peuvent traverser la frontière à plusieurs reprises avant l’assemblage final ou la livraison du véhicule. Dans ce contexte, l’application de droits élevés à chaque étape pourrait rapidement augmenter le coût global de fabrication.

L’exemple d’un bloc V8 illustre cette problématique. Un moteur ou certains de ses composants peuvent être fabriqués et usinés dans le Michigan, traverser la frontière pour être intégrés à un véhicule en Ontario, puis le véhicule terminé peut à nouveau franchir la frontière vers les États-Unis. Une taxation élevée appliquée à ces échanges successifs aurait donc des conséquences cumulatives sur le coût des matériaux et de l’assemblage.

Le maintien d’une exemption concernant le contenu américain apparaît ainsi comme un élément essentiel du compromis. Il permettrait de limiter l’impact des droits de douane sur les véhicules assemblés au Canada tout en préservant une partie des flux industriels existants entre les deux marchés.

L’acier et l’aluminium également concernés

L’accord envisagé ne concerne pas uniquement les véhicules complets. Les droits américains de la section 232 sur l’acier et l’aluminium canadiens devraient également être réduits, passant de 50 % à 25 %. Cette baisse reste significative pour les usines automobiles, même si un droit de 25 % continuerait à représenter un coût supplémentaire pour les constructeurs et les équipementiers.

L’acier et l’aluminium jouent un rôle central dans la fabrication automobile. Les installations de découpe et d’emboutissage ont besoin d’approvisionnements réguliers pour produire les châssis, les panneaux de carrosserie et différents éléments structurels des véhicules. Une hausse importante du prix de ces matières premières peut donc se répercuter sur l’ensemble de la chaîne de production.

Dans le scénario d’un tarif automobile de 25 %, voire de 50 % comme cela avait été menacé, l’augmentation des coûts aurait pu fragiliser la rentabilité de certaines opérations industrielles. Les véhicules devenant plus coûteux à produire et potentiellement plus chers à vendre, certaines lignes d’assemblage et certains fournisseurs canadiens auraient pu être directement exposés.

La réduction des droits sur les véhicules et les métaux constitue donc un élément important pour préserver la continuité de la production automobile. Selon le texte source, ramener le taux effectif appliqué aux véhicules à environ 7,5 % pourrait fournir une marge permettant aux chaînes d’assemblage de continuer à fonctionner sans entraîner une hausse excessive des prix.

Un répit, mais pas encore une stabilité durable

L’avancée commerciale a également nécessité des discussions politiques entre Ottawa et les provinces canadiennes. Le Premier ministre Mark Carney a notamment demandé aux premiers ministres provinciaux de réduire les mesures susceptibles d’alimenter les tensions commerciales. Il leur a demandé de rétablir la présence des vins et spiritueux américains dans les commerces et de veiller à ce que les politiques d’approvisionnement ne ferment pas la porte aux entreprises américaines.

La Saskatchewan et l’Alberta ont déjà rouvert les rayons de leurs magasins aux produits concernés. Ces décisions s’inscrivent dans la volonté affichée de réduire les points de friction entre les deux pays et de faciliter la conclusion d’un compromis commercial.

Pour l’industrie automobile, le projet d’accord représente surtout un soulagement à court terme. Le texte souligne toutefois que la stabilité nécessaire aux investissements industriels à long terme ne peut pas reposer uniquement sur des pauses tarifaires ou des accords provisoires. Drew Dilkens estime ainsi qu’un investissement industriel durable nécessite une stabilité politique soutenue.

Le compromis envisagé permet néanmoins d’éviter, à ce stade, un choc immédiat pour les chaînes d’approvisionnement automobiles nord-américaines. Avec un tarif de base ramené à 15 % et des exemptions permettant d’aboutir à un taux effectif estimé à 7,5 %, les constructeurs et leurs fournisseurs disposent d’un environnement commercial moins contraignant que celui qui aurait résulté des menaces tarifaires initiales.

L’enjeu dépasse largement les seuls véhicules assemblés au Canada. La forte imbrication des chaînes de production entre les États-Unis et le Canada signifie que les droits de douane peuvent affecter les composants, les matières premières et les véhicules à différentes étapes du processus industriel. Le maintien des échanges transfrontaliers constitue donc un facteur déterminant pour les usines automobiles implantées des deux côtés de la frontière.

Notre avis, par leblogauto.com

La baisse envisagée des droits américains sur les véhicules canadiens, de 25 % à 15 %, constitue un soulagement pour une industrie dont les chaînes d’approvisionnement sont fortement intégrées. Le maintien de l’exemption sur le contenu américain pourrait ramener le taux effectif à 7,5 % selon le calcul présenté dans le texte. La réduction des droits sur l’acier et l’aluminium, de 50 % à 25 %, apporte également un soutien aux activités industrielles. Cet accord reste toutefois provisoire et ne règle pas la question de la stabilité commerciale nécessaire aux investissements automobiles de long terme.

Crédit illustration : Honda.

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Au Brésil, le nouveau Volkswagen Amarok a l’accent chinois

Un tout nouveau Volkswagen Amarok arrive bientôt en Amérique du Sud. Mais comme son homonyme européen, il n’a au final que très peu de contenu d’origine Volkswagen.

Depuis deux ans, Volkswagen diffuse en Europe un pick-up Amarok de seconde génération. Il s’agit en réalité d’un clone du Ford Ranger. Face à des ventes trop faibles, le groupe allemand a en effet choisi la voie du partenariat. Ce qui permet de réduire ses coûts, tout en restant présent sur le marché.

Néanmoins, la première génération d’Amarok restait encore produite en Amérique du Sud. Il s’apprête à y céder sa place à une nouvelle génération. Il ne s’agira toutefois pas du même pick-up que celui connu en Europe. Mais il ne s’agit pas non plus d’une conception maison. Toujours pour des raisons budgétaires.

Les premières photos de prototypes diffusées par Volkswagen ne laissent pas le moindre doute sur l’origine de ce nouveau pick-up allemand. Il s’agit bel et bien d’un clone du pick-up Maxus Interstellar X. Qui n’est autre qu’une version essence et hybride rechargeable de l’eTerron9 vendu en Europe…

Le choix de VW est assez logique, puisque le propriétaire de la marque Maxus n’est autre que SAIC, l’un de ses partenaires de longue date en Chine.

Ce nouvel Amarok sera proposé avec des motorisations essence et hybride rechargeable. Mais il ne viendra jamais en Europe où le dérivé du Ranger continuera sa carrière encore plusieurs années.

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12 Heures de Sebring : Tom Dillmann, le talent pur à la conquête d’un doublé historique en LMP2

Tenant du titre en LMP2 à Sebring, le Français Tom Dillmann revient avec Inter Europol Competition. Entre ambition de victoire et quête de reconnaissance en Hypercar, découvrez les confidences d'un pilote au sommet de son art.

12 Heures de Sebring : Tom Dillmann, le talent pur à la conquête d’un doublé historique en LMP2 est un article de Blog-Moteur, le blog des passionnés d'automobile !

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Déchets #9 L’Histoire du stockage géologique en France

Dans cet article, dont vous retrouverez la version thread Twitter ci-après, je vous propose une petite rétrospective maison du processus réglementaire et scientifique de la gestion des déchets radioactifs aujourd’hui dédiés au stockage géologique : ceux de haute activité ainsi que ceux de moyenne activité à vie longue. Pourquoi ? Parce que les politiques, décennies après décennie, n’ont eu vocation qu’à repousser la prise de décision, comme vous allez pouvoir le constater, et donc nourrir la fausse idée selon laquelle on ne saurait « pas gérer les déchets radioactifs »…

Bien, bien… J'ai de la lecture pour vous ce soir. Un nouveau #thread sur la gestion des #déchets #radioactifs les plus crachou de la filière #nucléaire…

Si le format vous rebute, je mettrai tout ça sur mon blog dans le courant du week-end.

Bonne lecture !

1⃣/4⃣5⃣

— Tristan Kamin ☢ (@TristanKamin) July 9, 2021

1991

Le Parlement demande au CEA, au CNRS et à l’ANDRA d’étudier diverses solutions pour gérer au long terme les déchets les plus radioactifs. La feuille de route leur donne 15 ans pour rendre leur copie. On se référera à ce point de départ comme la « Loi Bataille », et Alexis a quelques anecdotes à son sujet.

Les discussion vont bon train, et après deux lectures et une CMP, le projet de loi est adopté le 18 décembre 1991. Elle sera connue sous le nom de Loi Bataille. Et puisqu'on va troller des insoumis, intéressons nous à la discussion au Sénat.https://t.co/uE4PmeREkO

— Alexis Quentin (@AStrochnis) June 8, 2018

L’article 4 de cette loi est celui qui nous intéresse ici.

« Le Gouvernement adresse chaque année au Parlement un rapport faisant état de l’avancée des recherches sur la gestion des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue et des travaux qui sont menés simultanément pour :

  • la recherche de solutions permettant la transmutation des éléments radioactifs à vie longue présents dans ces déchets ;
  • l’étude des possibilités de stockage réversible ou irréversible dans les formations géologiques profondes, notamment grâce à la réalisation de laboratoires souterrains ;
  • l’étude de procédés de conditionnement et d’entreposage de longue durée en surface de ces déchets.

Ce rapport fait également état des recherches et des réalisations effectuées à l’étranger.

À l’issue d’une période qui ne pourra excéder quinze ans à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement adressera au Parlement un rapport global d’évaluation accompagné d’un projet de loi autorisant, le cas échéant, la création d’un centre de stockage des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue et fixant le régime des servitudes et des sujétions afférentes à ce centre.

Le Parlement saisit de ces rapports l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. »

Ainsi, lors de ce point zéro, il était bien question d’étudier différentes alternatives et, si le stockage géologique devait ressortir comme l’option la plus crédible, se préparer dès 2006 à la création d’un centre de stockage. Notons également qu’il était déjà alors question d’éventuelle réversibilité du stockage géologique.

Toujours 1991

La DSIN, qui deviendra plus tard l’ASN, édicte la « Règle fondamentale de sûreté » (RFS) III.2.f qui définit les objectifs à retenir pour le stockage définitif des déchets radioactifs en formation géologique profonde.

2005

L’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des matières et déchets radioactifs, remet le « Dossier argile ». Celui-ci prétend aboutir à la conclusion qu’un stockage de déchets radioactifs dans la couche argileuse où le laboratoire est déjà implanté est faisable.

Ce dossier fait l’objet d’une instruction par l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. En deux mots, le stockage y est qualifié de « faisable » et le dossier ne présente pas « d’élément rédhibitoire ». Et donc si une décision parlementaire devait être prise en 2006 en faveur du stockage géologique, l’IRSN juge que les données disponibles le justifieraient.

Cet avis de l’IRSN est alors présenté au « Groupe permanent d’experts de l’ASN pour les installations destinées au stockage à long terme des déchets radioactifs. » Ce groupe conclut :

Des résultats majeurs relatifs à la faisabilité et à la sûreté d’un stockage ont été acquis.

2006

Tous les experts ont rendu leur avis sur le stockage géologique. À l’Autorité de sûreté nucléaire, l’ASN, de trancher. Puis viendra le tour pour le Gouvernement et le Parlement de se décider.

L’ASN considère que le stockage en formation géologique profonde est une solution de gestion définitive qui apparaît incontournable.

Avis de l’ASN sur les recherches relatives à la gestion des déchets à haute activité et à vie longue

C’est sans ambiguïté et un appel du pied explicite au Parlement.

Lequel, toujours en 2006, trouve malgré tout que ces quinze années sont passées drôlement vite, et que l’on ne serait toujours pas en mesure de décider. La décision est repoussée à 2012, et les études et recherches vont pouvoir continuer. L’ANDRA prend notamment alors en charge les recherches sur l’entreposage de longue durée.

En 2006, et ben on se rend compte qu'on n'a pas de quoi prendre une décision définitive, donc est repartie pour quelques années de recherche, comme le dit l'article 3 de la la loi 2006-739https://t.co/wSlJpQgqpj

— Alexis Quentin (@AStrochnis) June 8, 2018

L’article 3 de la loi 2006-739 du 28 juin 2006 propose d’approfondir toujours les trois mêmes axes de recherche :

  1. « La séparation et la transmutation des éléments radioactifs à vie longue. Les études et recherches correspondantes sont conduites en relation avec celles menées sur les nouvelles générations de réacteurs nucléaires […] afin de disposer, en 2012, d’une évaluation des perspectives industrielles de ces filières et de mettre en exploitation un prototype d’installation avant le 31 décembre 2020 ;
  2. Le stockage réversible en couche géologique profonde. Les études et recherches correspondantes sont conduites en vue de choisir un site et de concevoir un centre de stockage de sorte que, au vu des résultats des études conduites, la demande de son autorisation […] puisse être instruite en 2015 et, sous reserve de cette autorisation, le centre mis en exploitation en 2025 ;
  3. L’entreposage. Les études et recherches correspondantes sont conduites en vue, au plus tard en 2015, de créer de nouvelles installations d’entreposage ou de modifier des installations existantes, pour répondre aux besoins, notamment en termes de capacité et de durée […]. »

Que voit-on ? Que l’on repart pour un tour, déjà, sur avis du Parlement, contre celui de l’Autorité de sûreté, n’en déplaise à ceux qui crient à la technocratie ou à l’absence de démocratique en la matière. L’on voit aussi apparu que le stockage doit à présent être réversible. Et on note des dates qui, vues de 2022, nous font bien rire : un prototype d’installation de séparation ou transmutation avant fin 2020 quand Astrid a été abandonné en 2019, ou une demande d’autorisation de création de Cigéo en 2015 quand on l’attend pour 2023 ou 2024…

2008

La RFS III.2.f est abrogée par l’ASN qui la remplace par un « guide », le premier guide de l’ASN, sur le stockage définitif des déchets radioactifs en formation géologique profonde.

2009

L’ANDRA présente un rapport d’étape sur Cigéo, marquant le passage d’une phase de faisabilité à une phase d’avant-projet.

2010

Le CEA, alors encore Commissariat à l’énergie atomique, présente un rapport d’étape sur l’évaluation technico-économique des perspectives industrielles des filières de séparation et transmutation des substances radioactives à vies longues. 

2012

Sur cette base, l’IRSN rend un avis sur la séparation/transmutation. L’institut y déclare que la faisabilité n’est « pas acquise » et que les gains espérés, y compris en termes de sûreté, « n’apparaissent pas décisifs. »

Toujours 2012

Le CEA complète son rapport d’étape d’un rapport complet sur la séparation-transmutation des éléments radioactifs à vie longue, au titre de la Loi Bataille de 1991.

L’ANDRA est également à l’heure au rendez-vous et livre son bilan des études et des recherches sur l’entreposage et conclut que cette solution constitue un soutien au stockage géologique plus qu’une alternative.

2013

L’ASN s’appuie sur les deux rapports du CEA et sur l’avis de l’IRSN et conclut sur la transmutation : cette option ne devra pas être « un critère déterminant pour le choix des technologies examinées ».

Côté État, on se lance dans un débat public avant de trancher, et c’est de manière assez prévisible, l’option du stockage géologique qui en ressort.

A l'issue des ces travaux, la solution proposée est le stockage en couches géologiques profondes. Cette solution est proposée lors d'un débat public en 2013, et vous pouvez trouver les documents correspondant ici :https://t.co/r8WfuJZ14E

— Alexis Quentin (@AStrochnis) June 8, 2018

2016

Forte fut la procrastination, mais cette année-là, le Parlement, et à une très grande majorité, vote l’adoption du stockage géologique comme solution de référence.

La loi 2016-1015 du 25 juillet 2016 précise « les modalités de création d’une installation de stockage réversible en couche géologique profonde des déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue ».

La même année, l’ANDRA dépose auprès de l’IRSN, pour instruction, les deux Dossiers d’options de sûreté (DOS) de Cigéo, pour les phases d’exploitation et post-fermeture.

L’ANDRA saisit également l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’AIEA, pour demander une revue internationale sur les DOS. Celle-ci rendra rapidement ses conclusions : projet robuste, méthode adaptée. La revue internationale suggèrera des thématiques à investiguer davantage.

Le contenu du DOS et les discussions engagées au cours de la mission ont donné à l’équipe de revue une assurance raisonnable quant à la robustesse du concept de stockage. Constatant que, dans de nombreux domaines, la recherche est toujours en cours pour la démonstration ou la confirmation de la sûreté, l’ERI a identifié quelques domaines supplémentaires qu’il serait utile d’approfondir, afin de renforcer la confiance existante dans la démonstration de sûreté : production et transport des gaz, description du vieillissement des composants du centre de stockage au cours de la période d’exploitation, incertitudes liées au temps de resaturation des alvéoles de stockage et effet sur la dégradation des colis de déchets, rôle des microbes et formation potentielle de biofilms au cours de la période d’exploitation, et conséquences des défaillances non détectées.

Les DOS sont également instruits par la Commission nationale d’évaluation qui en restituera une analyse et des recommandations pour améliorer le projet.

2017

À son tour, l’IRSN rend la sentence de ses experts sur le DOS. Le projet fait état d’une « maturité technique satisfaisante au stade du DOS », mais il demeure des points durs. En particulier, la démonstration de maîtrise du risque d’incendie pour une certaine une famille de déchets de moyenne activité est insatisfaisante. Si cela n’est pas rédhibitoire pour l’avancement du projet Cigéo, pour ces déchets, pas de stockage possible en l’état, les études doivent continuer. Soit en vue d’une amélioration de la démonstration de sûreté, soit en vue d’un reconditionnement des déchets pour neutraliser leur réactivité chimique.

Les Groupes permanents d’experts de l’ASN pour les installations destinées au stockage à long terme des déchets radioactifs et pour les laboratoires et usines du cycle vont dans le même sens que l’IRSN :

En conclusion, les groupes permanents estiment que le DOS transmis par l’ANDRA montre que les options de sûreté de Cigéo sont dans l’ensemble satisfaisantes, hormis le cas particulier des bitumes. Sur cette base et compte tenu des engagements pris par l’ANDRA, une démonstration probante de la sûreté du projet de stockage devrait pouvoir être présentée dans le dossier de demande d’autorisation de création correspondant, sous réserve d’un traitement satisfaisant des points soulevés dans le présent avis, dont certains pourraient nécessiter des modifications d’éléments de conception.

2018

L’ASN rend son avis sur le DOS et le soumet à consultation du public. Bilan : « maturité satisfaisante » à ce stade. L’ASN reprend certaines recommandations précédemment émises pour les étapes futures (lesquelles seront la Déclaration d’utilité publique, attendue en 2022, et le Décret d’autorisation de création, dont la demande est prévue pour 2023 ou 2024).

La même année, une commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires soumet un rapport qui préconise de « poursuivre l’étude de la solution de l’entreposage de longue durée en subsurface comme alternative éventuelle au stockage géologique. » Et ce en dépit de tous les acquis précédents contestant la pertinence de l’entreposage comme alternative, motivé par les seules postures de militants antinucléaires.

2019

La députée  LREM Émilie Cariou, rapporteure du débat public susmentionné, propose l’entreposage comme alternative au stockage géologique. En tirant, là encore, un trait sur les travaux scientifiques et parlementaires depuis 1991.

La même année, la Commission nationale du débat public, dans le cadre du débat public sur le PNGMDR 2019-2021, demande à l’IRSN une revue bibliographique des recherches internationales sur les alternatives au stockage géologique. L’IRSN répond à cette demande, j’en parlais dans cette série d’articles. Je résumais ainsi l’avis IRSN :

  • Arrêter de produire des déchets ainsi que l’entreposage en (sub)surface ne sont pas retenus car, par essence, ils ne sont pas des alternatives au stockage géologique.
  • De même pour la séparation-transmutation, qui est au mieux un complément, pas une alternative.
  • L’immersion et le stockage dans les glaces polaires ont des limites techniques sérieuses et, surtout, des verrous politiques et éthiques.
  • L’envoi dans l’espace est une catastrophe en termes de sûreté et de coût.
  • Le stockage en forage a un potentiel très intéressant pour certains déchets, plus discutable pour d’autres mais sans problème majeur.

2020

L’ANDRA publie son dossier d’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique.

2021

La Commission d’enquête sur la demande de reconnaissance d’utilité publique du projet Cigéo rend son rapport. En résumé :

La commission d’enquête considère que le projet est à la fois opportun, pertinent et robuste au regard des textes réglementaires qui stipulent un stockage des déchets en couche géologique profonde sur un site disposant d’un laboratoire souterrain.

Au terme de ce bilan entre d’une part le risque, et d’autre part les mesures de précaution la
commission d’enquête estime la proportionnalité acquise et pertinente.

La commission d’enquête émet un AVIS FAVORABLE à la Déclaration d’Utilité Publique du projet de centre de stockage en couche géologique profonde des déchets de haute et moyenne activité à vie longue (Cigéo), assorti de CINQ recommandations ci-après.

Les cinq recommandations sont les suivantes ;

  1. D’établir un échéancier prudent des aménagements préalables dans l’occurrence de l’obtention des
    autorisations ;
  2. De veiller à une insertion paysagère harmonieuse avec le paysage rural ;
  3. De procéder à un défrichement progressif du bois Lejuc, aux seuls besoins de la DRAC afin de
    préserver au maximum la biodiversité ;
  4. De maintenir un écran visuel sur la partie sud pour préserver les vues depuis les villages
    environnants ;
  5. De compléter la communication envers le public de son territoire proche et l’adapter en fonction
    de la phase opérationnelle de Cigéo, tout en reconnaissant l’importance de la communication déjà
    réalisée par le maître d’ouvrage.

Toutefois, en parallèle, la Banque publique d’investissement (BPI) lance un appel à projets appelant à chercher des solutions alternatives au stockage géologique profond.

Conclusion

Ce thread débute en 1991. La décision devait être prise en 2006. Elle a été repoussée jusqu’en 2016, pour des raisons… Variables, souvent politiques. Depuis, toutes les étapes ont conforté la décision faite alors. Et pourtant, 30 ans après la loi de 1991, 15 ans après la loi de 2006, on n’a pas encore mis le premier coup de pelle pour Cigéo. On repousse…

Et surtout, les décideurs (ça te va, les décideurs ?) font énormément d’efforts… Pour ne pas décider ni devoir décider, pour revenir en arrière, remettre en question les décisions et acquis précédents, essayer encore et encore de nous faire repartir vers 1991.

C’est pour cela qu’il est encore si facile de clamer « on sait pas quoi faire des déchets » ! Si, on sait quoi faire, depuis 15 ans, et chaque jour depuis, on sait un peu mieux. Mais on procrastine. Les opposants n’ont évidemment pas intérêt à encourager la prise de décision. Les élus… Pareil. Le statu quo est confortable, devoir s’engager sur un tel sujet est terrifiant. Chacun lègue à la « génération » (électorale) future.

Et encore, ma chronologie est ultra franco-centrée ! Mais la démarche parallèle a lieu dans des tas de pays, et les résultats sont cohérents !

« Le premier rapport mondial sur le sujet »

Pendant ce temps, à l'AIEA et l'OCDE/AEN :https://t.co/GtzSW36uP0https://t.co/ToWI4RFcnRhttps://t.co/hNajjNX1Uqhttps://t.co/sSDeetwN3Whttps://t.co/b4Z6oW7nVU pic.twitter.com/WjiS52rhDf

— Tristan Kamin ☢ (@TristanKamin) November 6, 2020

Dans ce thread ci-dessous, je décortiquais un rapport de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE. Son joli nom : Management and Disposal of High-Level Radioactive Waste : Global Progress and Solutions.

J'ai attaqué la lecture de ce document de la #nuclear Energy Agency @OECD_NEA de l'OCDE.
Daté de cette année, il fait un état des lieux scientifique, technologique et politique des solutions de gestion des #déchets hautement radioactifs et du combustible #nucléaire usé.#thread

— Tristan Kamin ☢ (@TristanKamin) September 24, 2020

Les optimistes me rétorqueront que la recherche sur les alternatives est nécessaire pour justifier de l’intérêt de la réversibilité du stockage géologique, et pour l’acceptation par les politiques et le public, et qu’elles n’empêchent pas le projet d’avancer. En effet, l’idée d’avoir un stockage réversible pendant environ un siècle est de pouvoir changer d’avis si une alternative émergeait d’ici là. Donc, évidemment, il faut chercher des alternatives, quand bien même sait-on qu’il n’y a rien à espérer qui remettrait en question la pertinence du choix du stockage géologique.

J’espère seulement qu’effectivement, ces errements ne freineront pas à nouveau le projet, et que les différentes formations politiques au pouvoir se garderont de nous renvoyer sans cesse en 1991 à vouloir étudier les alternatives, encore et encore, avant de prendre une décision.

Les clés pour décider, on les a déjà. L’enquête pour la DUP de Cigéo est bouclée et, d’ici deux ou trois ans viendra celle pour le Décret d’autorisation de création. Le moment ultime de prendre cette lourde décision.

Le processus accompagnera le mandat du Président élu en 2022 et le Décret d’autorisation de création pourrait être prêt en toute fin de mandat, donc à la veille d’une échéance électorale. Que faut-il attendre ? En tout cas, je pense que ce thread le montre assez bien, il n’y aura, sauf révélation majeure, aucune raison d’encore procrastiner. Alors, que fera-t-on ?

Je vous laisse entre les mains du Président de l’ASN. Parce qu’il a l’intelligence d’être d’accord avec moi.

(Joke, hein)

DECHETS : A propos du Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs (PNGMDR) : l'ASN souligne qu'il faut vraiment prendre des décisions. On a les solutions, mais on ne les met pas en œuvre. La tendance est à la « procrastination »… pic.twitter.com/UaP33y1syc

— Nicolas (@autommen) April 8, 2021

  •  

La réaction en chaîne redémarre à Tchernobyl ?

Contexte ?

‘It’s like the embers in a barbecue pit.’ Nuclear reactions are smoldering again at Chernobyl

C’est ainsi que le sujet est rentré dans l’actualité. Par un très bon article de Science Mag, paru le 5 mai.

Puis c’est arrivé en France. La nuance s’est perdue, s’est retrouvée, la précision s’est dégradée… Puis, les pseudo-comptes de médias sur Twitter, vous savez, ceux qui jamais ne donnent de sources et résument une info en un seul tweet qui doit être le plus accrocheur possible, et bien ils se sont emparés du sujet.

🇺🇦 FLASH | A #Tchernobyl, une réaction de fission #nucléaire est en train d'émerger dans le sarcophage et "menace une nouvelle fois le #pays" déclare Maxim #Saveliev.

(Slate) #nuclearenergy

— Conflits France (@ConflitsFrance) May 12, 2021

Si vous avez quelques éléments de physique nucléaire, de physique des réacteurs, vous pouvez arrêter votre lecture ici et lire l’article de Science Mag (en anglais) ou celui de Thrust My Science (en français).

Sinon… On reprend.

La fission nucléaire et la réaction en chaîne

J’ai publié sur ce blog, très récemment, un billet pour rappeler le principe de la réaction de fission en chaîne. Donc ici, je vais faire très concis :

  • Certains atomes, comme l’uranium 235 (naturel), l’uranium 233 ou le plutonium 239 (l’un et l’autre de synthèse), sont fissiles : dans certaines conditions, il est possible de fragmenter le noyau de l’atome en plusieurs éclats.
  • Cette réaction de fragmentation est la fission ; et elle libère une quantité colossale d’énergie.
  • La fission est généralement induite par une interaction, une collision en quelque sorte, entre le noyau et un neutron baladeur.
  • La fission libère elle-même des neutrons, qui peuvent donc à leur tour induire de nouvelles fissions. C’est la réaction en chaîne.

À Tchernobyl, ce sont des flux de neutrons en hausse qui suscitent l’attention. Pas une réaction en chaîne, mais ce qu’on appelle une augmentation de la réactivité ; nous y reviendrons.

D’où viennent les neutrons ?

La fission nucléaire produit ses propres neutrons. Mais, comme l’œuf et la poule, est-ce la première fission qui produit les premiers neutrons ? Mais par quoi est-elle induite, cette première fission ? Ou bien sont-ce les premiers neutrons qui produisent les premières fissions ? Mais ces neutrons viennent d’où s’il n’y avait pas de fission avant ?

L’œuf et la poule. Les deux cas de figure coexistent.

Fission spontanée

La fission ne demande pas toujours de neutron en amont pour la déclencher.

Certains atomes radioactifs, pourtant parfois considérés comme non-fissiles, ont une infime fraction de leurs désintégrations radioactives qui ne se font ni sous la forme de désintégration α, ni de désintégration β. L’uranium 238, par exemple, présent en abondance dans le cœur d’un réacteur (pour rappel, l’uranium 238 représente 99,3% de l’uranium naturel ; et les réacteurs type Tchernobyl fonctionnaient à l’uranium naturel ou très faiblement enrichi, donc au minimum 99% d’uranium 238), présente 50 fissions spontanées par million de désintégration. Une tonne d’uranium 238 affiche 12 milliards de désintégrations par seconde, dont environ 700 000 fissions spontanées. Chacune émettant entre 2 et 3 neutrons, ce sont 1,5 millions de neutrons qui sont ainsi libérés, chaque seconde, dans une tonne d’uranium 238.

Par ailleurs, dans un réacteur nucléaire, l’uranium 238 absorbe beaucoup de neutrons, ce qui conduit à le transformer en plutonium 239, 240, 241… Le plutonium 240, justement, est tout à la fois considéré comme non-fissile mais sujet à la fission spontanée. Dix fois moins que l’uranium 238 : seulement 5 fissions par million de désintégration. Cependant, le plutonium 240 est beaucoup plus radioactif que l’uranium 238. Un kilogramme de plutonium 240 affiche 8500 milliards de désintégration par seconde, dont 43 millions de fissions spontanées, libérant près de 100 millions de neutrons par seconde.

Récapitulons.

AtomeUranium 238Plutonium 240
Masse1 tonne1 kilogramme
Fissions par million
de désintégration
505
Désintégrations par seconde12 milliards8500 milliards
Fissions par seconde700 00043 millions
Neutrons émis par seconde1,5 millions100 millions

Les masses que je propose, d’une tonne et d’un kilogramme, sont totalement à titre indicatif et ne représentent pas l’inventaire du cœur du réacteur 4 de Tchernobyl (qui doit comporter environ 100 tonnes d’uranium 238 et au plus quelques kilogrammes de plutonium 240), ni de l’inventaire accumulé dans la salle où un risque de réaction en chaîne est suspecté.

Notez également que cette forte tendance à la fission spontanée rend le plutonium 240 extrêmement indésirable dans les armes nucléaires et est le facteur limitant la production de plutonium de qualité militaire dans des réacteurs non-optimisés pour.

Vous l’aurez compris, de nombreux neutrons sont émis spontanément dans les débris du cœur du réacteur. L’œuf.

Réactions induites par la radioactivité

La fission n’est pas le seul moyen d’émettre des neutrons. Soumis à un rayonnement α, voire à un rayonnement γ, certains atomes, comme le béryllium, vont réagir par l’émission de neutrons.

Dans le cœur d’un réacteur, les émetteurs de rayonnement α sont légion : uranium et plutonium en tête.

Ainsi, des interactions entre différents rayonnements, spontanés, et des matériaux stables ou instables, du cœur ou du réacteur, peuvent conduire à la production d’un flux de neutrons.

La poule.

Quelle vie pour les neutrons ?

Virtualisons une région du cœur accidenté du réacteur 4 de Tchernobyl, effondré dans cette fameuse salle souterraine. On va y retrouver :

  • du combustible : uranium 238 en abondance, petites quantités d’uranium 235, de plutonium
  • des produits de fission : césium, baryum, strontium…
  • quelques actinides mineurs, qui peuvent aussi être sources intenses de rayonnements α et de fission spontanée : américium, curium…
  • des débris du cœur : graphite, gaines du combustible, tuyauteries d’eau éclatées ou fondues…
  • des débris du bâtiment : gravats, câbles, tuyauteries, sable et plomb…
  • des absorbants de neutrons : barres de contrôle du réacteur, absorbants ajoutés en post-accidentel…

La composition est inconnue, pas homogène, et de géométrie quelconque.

Et dans cette région virtuellement délimitée que l’on considère, sont émis, disons, un million de neutrons par seconde par les réactions spontanées d’œuf et de poule énoncées ci-avant.

Que va-t-il arriver à ces différents neutrons ? Et bien, voici ce que l’on peut imaginer, avec des valeurs fantaisistes à titre d’illustration :

  • 100 000 vont rencontrer des noyaux fissiles et réussir à provoquer des fissions, produisant 250 000 nouveaux neutrons que l’on dira « de deuxième génération ».
  • 100 000 vont rencontrer des noyaux fissiles, mais être absorbés sans réussir à produire de fission.
  • 200 000 vont réussir à s’échapper de la région virtuelle et atteindre d’autres salles de la centrale, voire l’extérieur ; une partie sera mesurable et permettra de suivre indirectement ce qui se passe dans la région.
  • 600 000 vont être absorbés par les débris du cœur, du bâtiment, ou par les absorbants ajoutés à cette fin.

Et si l’on regarde les 250 000 neutrons de deuxième génération, ils vont se répartir de la même façon : 25 000 vont provoquer des fissions produisant 60 000 neutrons de troisième génération, 50 000 vont s’échapper, le reste va être absorbé.

La troisième génération, de 60 000 neutrons, va également en laisser échapper 12 000, en utiliser 6 000 pour la fission (donc 15 000 neutrons de quatrième génération), et perdre le reste dans les absorbants.

Sur ces trois générations, il est intéressant de noter que 262 000 neutrons se sont échappés, dont une partie aura été détectée par les moyens de surveillance.

Arrêtons le compte là, vous comprenez bien que chaque génération, le nombre de neutrons diminue fortement : c’est ce qu’on appelle un mélange « sous-critique ». La réaction en chaîne est incapable de s’auto-entretenir, elle s’étouffe de génération en génération, et s’il n’y avait pas de production de neutrons par fission spontanée ou par les rayonnements α et γ, cela ferait 35 ans qu’on ne mesurerait plus un neutron.

Criticité

On dit d’un mélange de matière fissile et d’autres substances qu’il est critique quand fission produit à son tour exactement une nouvelle fission.

Dans notre cas, le mélange serait critique si, pour un million de neutrons initialement, par exemple :

  • 200 000 s’échappaient – pas de changement de ce côté là,
  • 350 000 étaient absorbés… par les absorbants, débris, etc.,
  • 50 000 étaient absorbés par des noyaux fissiles sans réussir à produire de fission,
  • 400 000 étaient absorbés par des noyaux fissiles, produisant des fissions, et donc libérant 1 million de nouveaux neutrons.

Et alors, la réaction boucle : le réacteur est stable, on dit qu’il est critique. Dans un réacteur nucléaire, aussi dramatiquement connoté soit le terme « critique », il est l’état normal, réaction en chaîne stable, contrôlée.

Dans le cas précédent, nous étions « sous-critiques ». Il existe un troisième état, « surcritique » : c’est lorsque notre million de neutrons initial induit encore plus de fissions, et l’on se retrouve avec plus d’un million de neutrons une génération plus tard.

Dans un cas légèrement surcritique, on passerait, génération après génération, de 1 000 000 de neutrons à 1 050 000, puis 1 102 500, puis 1 157 625, puis 1 215 506… (ici, +5% par génération). C’est par exemple le cas d’un réacteur nucléaire dont on fait monter la puissance, après un redémarrage ou pour suivre la demande du réseau électrique. C’est une augmentation exponentielle, certes, mais d’une extrême lenteur : il faut 16 générations pour atteindre une population de 2 000 000 de neutrons dans une même génération. Dans le contexte de la pandémie de covid-19, c’est analogue à un R0 de 1,05.

Dans un cas fortement surcritique, le nombre de neutron augmente… Beaucoup plus vite. Peu de pertes de neutrons ou d’absorption sans fission (dite « absorption stérile »). On va avoir initialement 1 000 000 de neutrons puis, par exemple, 1 400 000 à la deuxième génération, 1 960 000 à la troisième… On dépassera largement les deux millions dès la quatrième. Ici, ce serait un R0 de 1,4. La limite théorique étant celle d’un R0 supérieur à 2 : la population de neutrons double à chaque génération, l’exponentielle est extrêmement raide. Ces cas fortement surcritiques sont ceux des bombes atomiques… Ou du réacteur 4 de Tchernobyl lors de l’accident du même nom.

Mais revenons-en au Tchernobyl d’aujourd’hui.

Les braises sous les cendres

La situation à Tchernobyl aujourd’hui est indéniablement sous-critique. Pas de réaction en chaîne, il y a un flux constant de neutrons par les réactions spontanées, mais qui n’est pas amplifié par les fissions induites.

Précédemment, je proposais le scénario suivant :

Première génération1 000 000
Neutrons échappés200 000
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles600 000
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles100 000
Neutrons qui entraînent une fission100 000
Deuxième génération250 000
Neutrons échappés 50 000
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles 150 000
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles 25 000
Neutrons qui entraînent une fission 25 000
Troisième génération62 500
Neutrons échappés 12 500
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles 37 500
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles 6 250
Neutrons qui entraînent une fission 6 250

Avec, sur les trois générations, 262 500 neutrons qui s’échappent.

Cependant, récemment, on a mesuré une augmentation du nombre de neutrons détectés aux limites du bâtiment. Davantage de neutrons qui s’échappent, donc.

Deux interprétations possibles. La première est qu’il y a une augmentation du taux de neutrons qui s’échappent. Par exemple, une structure locale qui s’est effondrée qui change la géométrie, et des neutrons qui étaient auparavant absorbés s’échappent à présent. Exemple :

Scénario de baseNouveau scénario
Première génération1 000 0001 000 000
Neutrons échappés200 000250 000
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles600 000550 000
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles100 000100 000
Neutrons qui entraînent une fission100 000100 000
Deuxième génération250 000250 000
Neutrons échappés 50 00062 500
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles 150 000137 500
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles 25 00025 000
Neutrons qui entraînent une fission 25 00025 000
Troisième génération62 50062 500
Neutrons échappés 12 50015 625
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles 37 50034 375
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles 6 2506 250
Neutrons qui entraînent une fission 6 2506 250

Au bilan, nous n’avons pas du tout d’évolution sur la réaction en chaîne… Mais le nombre de neutrons en fuite passe de 262 500 à 328 125 (+25%).

La seconde interprétation est que le taux de fuite n’a pas changé… mais que la population de neutrons a augmenté. Que la réaction en chaîne est moins sous-critique, qu’elle s’atténue plus lentement, génération après génération. Cela peut avoir deux causes :

  • Soit les neutrons absorbés par des éléments fissiles entraînent plus souvent de fissions (moins de « captures stériles »)
  • Soit l’absorption par les débris, absorbants, etc., est moins efficace, et davantage de neutrons sont absorbés par des éléments fissiles.

On va mettre en application ce second cas.

Scénario de baseNouveau scénario
Première génération1 000 0001 000 000
Neutrons échappés200 000200 000
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles600 000550 000
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles100 000125 000
Neutrons qui entraînent une fission100 000125 000
Deuxième génération250 000312 500
Neutrons échappés 50 00062 500
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles 150 000171 900
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles 25 00039 100
Neutrons qui entraînent une fission 25 00039 100
Troisième génération62 50097 700
Neutrons échappés 12 50019 500
Neutrons absorbés par des éléments non fissiles 37 50053 700
Neutrons absorbés de manière stérile par des éléments fissiles 6 25012 200
Neutrons qui entraînent une fission 6 25012 200

Beaucoup de chiffres, hein ? Mais finalement, c’est assez simple à comprendre : tout a augmenté. Évidemment les neutrons qui s’échappent et que l’on détecte, qui sont passés de 262 500 à 282 000 (+7%), mais également le nombre de neutrons à chaque génération, qui diminue toujours, mais moins vite. Toujours pour faire un parallèle avec la pandémie, le R0 demeure inférieur à 1, mais remonte un peu. Pas de quoi relancer l’épidémie pour autant, puisque chaque malade contamine en moyenne moins d’une personne. Et pas d’exponentielle. Simplement la preuve d’une circulation résiduelle du virus… La preuve d’une variation du nombre de fissions produites.

Conséquences ?

La situation demeure stable à Tchernobyl. C’est la première chose à garder en tête : il n’y a pas d’emballement, il n’y a pas de réaction en chaîne auto-entretenue, il n’y a pas d’évolution d’ensemble de la situation.

De plus, dans un réacteur accidenté, il n’est pas anormal de voir des variations d’activité, on s’attend à ce que l’élément perturbateur ayant conduit à cette variation soit tôt ou tard épuisé, ou compensé par un autre élément perturbateur.

Cependant, il ne peut pas être exclu aujourd’hui que la sous-criticité continue à se déliter progressivement. Que le R0 augmente. Que l’on se rapproche de 1 – d’un état critique.

Critique, au sens de la neutronique, de la physique nucléaire, pas au sens médiatique. Critique, au sens où la réaction en chaîne parvient à s’auto-entretenir.

Et alors, irait-on vers un deuxième accident de Tchernobyl ?

Assurément, non. Une situation de forte surcriticité comme à Tchernobyl, avec dégagement important d’énergie et donc potentiel destructeur, c’est exclu, parce que les conditions d’obtention d’une telle réactivité sont hors d’atteinte. En revanche, l’atteinte d’une criticité oscillante, avec des moments où le milieu devient légèrement surcritique, s’étouffe, redémarre, se ré-étouffe… N’est pas exclu. En pareil cas, l’émission d’énergie est très faible, sans conséquence. En revanche, l’émission de neutrons et de rayonnements γ devient considérable, avec de forts risques d’irradiation grave pour tout le monde aux alentours.

Le risque est alors de rendre le démantèlement futur du réacteur infernal, faute de pouvoir garantir que l’on n’aura pas des flashs de neutrons pendant que des personnels seront aux alentours. Voilà pourquoi l’on surveille, pourquoi on envisage dès maintenant d’identifier les causes et les parades à éventuellement mettre en œuvre.

Si vous voulez vous faire une idée plus précise de ce qu’est un « accident de criticité », les conséquences que cela peut avoir, prenez le temps de découvrir la sombre histoire de l’accident de Tokai Mura.

Merci pour votre lecture, et gardez la tête froide : ça inclut aussi bien de ne pas s’alarmer pour rien… Que de survivre à l’agacement suscité par les alarmistes.

Je sais, ça vaut pour moi aussi.

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La limite d’âge à 40 ans des centrales nucléaires

Ce billet est une reprise d’un thread pour revenir sur un sujet qui a fait l’objet de nombreux commentaires dernièrement : le fonctionnement des réacteurs nucléaire au-delà de leur quarantième année de service.

Préambule

Il se dit, essentiellement chez les opposants au nucléaire, que les centrales ont été conçues pour un maximum de 40 ans, après quoi elle doivent nécessairement être mises à l’arrêt.

Alors, immanquablement, quand l’Autorité de sûreté nucléaire dit qu’un fonctionnement jusqu’à 50 ans est envisageable sous des conditions qu’elle précise, les opposants hurlent au complot, à la connivence entre l’Autorité et les industriels au mépris de la santé humaine.

Mais si ce n’est pas 40 ans la limite, quelle est-elle ? D’où vient-elle ? Qui la fixe ?

J’avais déjà proposé des éléments explicatifs à ce sujet dans un précédent article. Complétons donc…

Non, ce nombre de 40 ans ne sort pas d’absolument nulle part. Il existe effectivement une durée de service prise comme hypothèse à la conception, laquelle sert de base au dimensionnement pour les ingénieurs qui y travaillent, car on ne peut naturellement pas leur demander de concevoir quelque chose qui durera indéfiniment : ils eurent une durée cible à prendre en considération.

Celle-ci fut de 25, 30 ou 40 ans selon les réacteurs et les époques. Mais un ingénieur ne conçoit pas un équipement pour qu’il fonctionne au maximum le temps prévu dans le cahier des charges, c’est une évidence, non ? C’est une durée minimale ! Et, compte tenu des marges prises à la conception, qui sont généralement larges dans l’industrie, très larges dans l’industrie de l’époque, extra-larges dans l’industrie nucléaire de l’époque (faute des moyens de calculs poussés dont nous disposons aujourd’hui), ce minimum peut tout à fait, en théorie, être dépassé.

Au-delà des 40 ans

En pratique, cela exige tout de même une maintenance, une surveillance, des études et des justifications, et c’est ce qu’exigent les autorités de sûreté dans tous les pays avant d’autoriser toute extension de durée de service. Des réacteurs dont on attendait 40 ans de fonctionnement initialement sont déjà autorisés à continuer jusqu’à 60 ans; par exemple aux USA. Les exploitants d’une poignée de réacteurs, dans ce pays, ont même déjà fourni les éléments à l’autorité de sûreté locale pour obtenir une autorisation de service jusqu’à 80 ans, et le processus a été initié pour de nombreux autres réacteurs. À ce jour, le maximum à retenir serait plutôt 80 ans que 40, donc.

Et si Greenpeace transforme un minimum de 40 ans en maximum, ne faisons pas la même erreur : 80 ans est bien un maximum, réglementaire (et donc jusqu’à preuve du contraire), ce qui ne veut pas dire que tous les réacteurs pourront atteindre cet âge. Un réacteur, c’est une machine extrêmement complexe, composée de centaines ou milliers de km de tuyauteries, câbles, et des centaines de robinets, de pompes, de composants divers.

La totalité moins deux de ces équipements est remplaçable.

Donc à ces deux exceptions près, sous condition d’une maintenance appropriée, la durée de service théorique d’un réacteur nucléaire est infinie. Ces deux exceptions sont l’enceinte de confinement et la cuve. Et, dans la pratique, la limitation la plus sévère est la cuve. La cuve, c’est un élément du « circuit primaire », un cylindre d’une douzaine de mètres de long pour quatre de large, dans laquelle l’eau circule de bas en haut en rencontrant le combustible, le cœur du réacteur, où l’énergie de la réaction nucléaire est transmise à l’eau qui s’échauffe alors.

La cuve est exposée à un flux intense de neutrons en provenance du cœur, qui en dégrade les propriétés mécanique : tenue aux chocs mécaniques, aux chocs thermiques, à la pression… Et on doute franchement de pouvoir la remplacer si besoin. D’où le fait qu’elle soit la limite pratique à la durée de service d’un réacteur.

Et c’est en modélisant la dégradation de ses propriétés mécaniques au fur et à mesure de son irradiation que les concepteurs de nos réacteurs ont estimé la durée de service desdits réacteurs. En modélisant. Dans les années 60.

Aujourd’hui, on connaît plutôt bien l’état des cuves. Il « suffit » d’analyser (c’est loin d’être simple, mais ça se fait). Et, évidemment, on connaît de manière plus fiable les cuves dans leur état actuel… Que les ingénieurs ne l’estimaient. Ça peut sembler stupidement évident, mais c’est un véritable sujet : aux yeux de certaines personnes, il vaudrait mieux faire confiance, pour connaître l’état actuel de nos cuves, aux concepteurs d’il y a cinquante ans qu’aux analystes aujourd’hui ; les estimations seraient plus fiables que de simplement constater. Mystère.

Quelles différences entre la conception et aujourd’hui ?

L’on peut discuter de quelques exemples d’hypothèses, faites à l’époque, alors totalement légitimes, mais qu’il est tout aussi légitime de rejeter ou de questionner aujourd’hui. Et l’invalidation de ces hypothèses contribue à expliquer que les durées de service augmentent par rapport aux estimations initiales.

Les marges

Il y en a un jeu d’hypothèse qu’il est très simple de remettre en question, ce sont toutes celles liées aux marges de calcul. Les modèles simples de l’époque, par rapport aux simulations numériques d’aujourd’hui, ce n’est pas la même affaire. Ils connaissaient la plupart des limites de leurs modèles, les imprécisions de leurs calculs, les simplifications qu’ils devaient adopter. Et en ingénieurs compétents et conscients, ils compensaient ces approximations par des marges. Les marges d’erreurs aujourd’hui sont plus fines, puisque l’on a une connaissance bien plus pointues du comportement des aciers sous irradiation. Et l’on a donc « du mou », une marge historique dont on n’a plus la nécessité aujourd’hui.

Ce gain sur les marges d’erreur est en partie « consommé » par des exigences de sûreté plus sévères aujourd’hui. Autrement dit, une partie de la marge d’erreur a été convertie en marge de sécurité : on envisage des scénarios beaucoup plus contraignants, pour les matériaux par exemple, qu’à l’origine, et donc les marges historiques nous permettent de justifier que ces scénarios plus contraignants sont gérables.

Et ce gain sur les marges d’erreur est également en partie du temps gagné sur la durée de service de la cuve.

Le taux d’utilisation

Un autre exemple d’hypothèse à revoir, c’est celle sur la quantité d’énergie produite.

Je n’ai pas fait mes exercices de bibliographie pour connaître quelles hypothèses exactes étaient considérées. Mais il ne me paraît pas déraisonnable d’imaginer qu’à la conception, on s’attendait à ce qu’un réacteur fonctionne en moyenne (donc, compte tenu des arrêts planifiés ou imprévus) à 90% de sa capacité, et ce pendant 40 ans. Autrement dit, qu’un réacteur de 900 MW (ils représentent la majorité du parc français aujourd’hui, avec 32 réacteurs sur 56) produirait 284 TWh d’électricité en 40 ans.

Or, la production électrique est directement liée à la production d’énergie nucléaire ayant eu lieu dans la cuve, et donc au nombre de fissions, et donc au nombre de neutrons émis, et donc à l’irradiation accumulée par la cuve (provenant notamment des neutrons). Donc un réacteur qui a moins produit, c’est, toutes choses égales par ailleurs, une cuve qui a moins été irradiée, et a donc moins vieilli.

Si, dans la pratique, le réacteur a passé plus de temps qu’attendu à l’arrêt, ou s’il a du faire du suivi de charge, c’est à dire faire varier sa puissance pour s’adapter à la demande, sa capacité a pu n’être utilisée qu’à 75% en moyenne, par exemple. La production électrique en 40 ans s’est alors établie à 237 TWh. Par rapport à la prévision initiale de 284 TWh, il reste donc 47 TWh à produire ; soit 8 ans de service à raison de 6 TWh par an.

La géométrie du cœur

Encore une hypothèse de conception que la réalité n’a pas respectée.

Typiquement, on renouvelle le cœur d’un réacteur à raison d’un tiers tous les ans. Donc le combustible passe, au total, 3 ans en cuve.

Plus il est vieux, moins le combustible possède d’éléments fissiles (uranium 235), et plus il contient de produits de fission qui absorbent les neutrons et donc réduisent la réactivité, l’efficacité du combustible. Pour compenser, on met le combustible neuf en périphérie du cœur, et à chaque rechargement, on le rapproche du centre du cœur parce qu’il a vieilli. Donc, la première année, il est sur l’extérieur, la deuxième année, il est sur une couronne intermédiaire et la troisième année, il la passe en plein milieu du cœur.

Et chaque année, on sort le combustible qui est en plein milieu, usé, on décale tout, on met du combustible neuf en périphérie, et on repart pour un an. C’est très schématisé, mais c’est l’idée. Quel rapport avec l’usure de la cuve ?

C’est le fait de mettre le combustible neuf, le plus réactif, et donc le plus gros émetteurs de neutrons – irradiants pour la cuve, je le rappelle – en périphérie, au plus proche des parois de la cuve. Celle-ci est donc d’autant plus fortement irradiée… Et c’est quelque chose que l’on avait bien identifié à la conception.

Mais entre temps, on s’est mis à faire une sorte de panachage du combustible neuf / un peu vieilli / très vieilli, pour trouver le meilleur compromis possible entre optimisation de l’utilisation du combustible et usure de la cuve. Et la conséquence, c’est que l’on gagne encore des années. Attention toutefois, l’utilisation, dans certains réacteurs, de combustible MOX (combustible recyclé à base de plutonium) a l’effet inverse, et a limiter le gain obtenu par le changement d’agencement du combustible dans le cœur.

Les transitoires

Un dernier exemple d’hypothèse de conception, le nombre de transitoires, doux ou rapides, subis par la cuve. Un transitoire, c’est un changement, plus ou moins brutal, des conditions de fonctionnement. Typiquement, une variation de pression ou de température, d’autant plus nocive à l’intégrité du circuit qu’elle est brutale.

Ces transitoires sont, autant que possible, limités en ampleur et en vitesse en fonctionnement normal, mais pas inévitables. Et ils sont à compléter des arrêts d’urgence pour des incidents et accidents.

Dans les études de conception, les ingénieurs d’alors ont pris en considération ces transitoires, avec des hypothèses, par exemple d’un à deux arrêts d’urgence par an et par réacteur. Valeur qui fut vérifiée pendant des années, mais aujourd’hui, la moyenne est plutôt autour de 0,5 arrêt d’urgence par an et par réacteur. Donc moins de stress mécanique pour le circuit primaire, et des années de gagnées.

Les limites ne sont pas que techniques

Les éléments présentés depuis le début de cet article sont à considérer sous condition d’une maintenance appropriée de tous les autres équipements du réacteur, voire leur remplacement périodique. Or, la maintenance a un coût, qui peut, à la longue, être élevé.

Et c’est pour ça que, dans la pratique, ce qui détermine quasiment toujours la fin de vie d’un réacteur, ce n’est rien de tout ce que je viens de vous expliquer. Ce peut être un accident, mais le plus souvent, c’est une décision politique (Fessenheim, Allemagne…) ou une décision économique. Car, quand la maintenance pour garder en service un réacteur coûte plus cher que ce que le réacteur rapporte en vente d’électricité… Alors c’est souvent une bonne raison pour son propriétaire ou exploitant de décider de son arrêt définitif.

Ce fut le destin de pas mal de réacteurs aux États-Unis en particulier, d’autant plus aux USA, il y a deux facteurs de complications pour la rentabilité des réacteurs nucléaires : le boom du gaz de schiste qui tire les prix de l’électricité vers le bas, et donc réduit la rentabilité des réacteurs, et les centrales qui comptent 1 seul réacteur, moins rentables que lorsqu’elles en comptent 2 ou plus, pour des raisons de mutualisation des compétences et matériels.

Conclusion

À l’issue de cet article, vous connaissez les trois principaux signaux indiquant la fin de vie d’un réacteur nucléaire :

  • Une décision politique en ce sens.
  • La non-rentabilité.
  • L’usure excessive de la cuve.

Et aucunement quelque chose d’aussi grossier que le nombre des années, contrairement aux allégations trompeuses de petits hommes verts.

Démystification rapide

Greenpeace France propose 10 raisons, selon eux, de fermer une centrale nucléaire après ses 40 ans. À la lumière des éléments présentés dans cet article, répondons-y…

« Les centrales nucléaires n’ont pas été conçues ni testées pour durer plus de 40 ans »
Conçues non, mais testées si, au regard de toutes les centrales déjà autorisées à fonctionner plus (dont certaines approchent déjà les 50 ans).

« Les centrales nucléaires, leurs matériaux et leurs équipements vieillissent mal, ce qui affecte la performance des réacteurs. »
La performance affecte la production et donc la rentabilité économique. Si les exploitants souhaitent prolonger un réacteur, c’est que celui-ci est rentable. Lorsqu’il ne l’est pas, soit ils font ce qu’ils peuvent pour qu’il le redevienne, soit ils le mettent à l’arrêt, ça s’est déjà vu.

« Certains composants essentiels s’abîment mais ne sont pas remplaçables. »
Cela induit que la durée de service n’est pas infinie. Pas qu’elle est de 40 ans.

« Les réacteurs nucléaires souffrent aussi d’anomalies et de défauts de fabrication. »
Connus, suivis, et qui peuvent évoluer jusqu’à avoir rogné les marges de sûreté et donc conduire à exiger l’arrêt définitif. Décision qui appartient à l’ASN, mais qui n’est pas conditionnée à un âge, ce serait absurde.

« Les réacteurs ont été imaginés dans les années 1970 et 80 »
Ce qui veut dire qu’ils ont bénéficié de 50 ans de suivi, de retour d’expérience international, d’évolutions matérielles et organisationnelles. Et donc qu’on les connaît bien mieux aujourd’hui qu’à l’époque. Je rappelle qu’au titre de ce suivi, en France, chaque installation nucléaire fait l’objet d’une réévaluation complète de sa sûreté entre l’exploitant, l’ASN et l’IRSN, pour s’assurer de sa conformité aux standards de sûreté en vigueur (et pas seulement ceux à la conception).

« Les vieilles centrales ne seront jamais aux normes les plus récentes. »
Si, cf. tweet précédent. Aux normes les plus récentes qui leurs sont applicables, pas aux normes des réacteurs neufs. Pour avoir des réacteurs neufs, il faut construire des réacteurs neufs.

« Tous les ans, EDF demande des dérogations pour contourner les normes de sûreté. »
Et soit fournit les justifications auprès de l’ASN pour les obtenir, donc en proposant des moyens palliatifs permettant d’un côté de gagner en sûreté ce qu’ils perdent de l’autre, soit n’obtient pas ces dérogations.

« Le risque d’accident grave augmente. »
Non, Greenpeace confond tout simplement le fait qu’on identifie de plus en plus de sources de risques au fil des années (retour d’expérience, consolidation des connaissance…) avec une prétendue augmentation du nombre de ces sources. Comme je le mentionnais précédemment, une réévaluation de sûreté décennale est pratiquée pour s’assurer de la conformité aux standards en vigueur -> le risque d’accident grave diminue au fil du temps. Par exemple avec le retour d’expérience post-Fukushima.

« Les centrales polluent l’environnement au quotidien. »
Propos qui ne brille que de sa vacuité et ne mérite pas débat : on se doute qu’ils étaient à la peine pour arriver à 10 arguments). Je vous propose de juste admettre, dans le cadre de cet article, que c’est éventuellement un argument contre le nucléaire, mais sans rapport avec une limite à 40 ans.

« Prolonger la durée de vie des réacteurs, ça coûtera cher et on ne sait pas encore combien. »
Le processus d’échange tripartite entre l’ASN, l’IRSN et EDF est continu, donc si, on sait de manière relativement précise combien ça va coûter, et c’est clairement rentable. Et c’est clairement admis dans le monde entier, cf. cet extrait piqué à l’Agence internationale de l’énergie.

Policy and regulatory decisions remain critical to the fate of ageing reactors in advanced economies. The average age of their nuclear fleets is 35 years. The European Union and the United States have the largest active nuclear fleets (over 100 gigawatts each), and they are also among the oldest: the average reactor is 35 years old in the European Union and 39 years old in the United States. The original design lifetime for operations was 40 years in most cases. Around one quarter of the current nuclear capacity in advanced economies is set to be shut down by 2025 – mainly because of policies to reduce nuclear’s role. The fate of the remaining capacity depends on decisions about lifetime extensions in the coming years. In the United States, for example, some 90 reactors have 60-year operating licenses, yet several have already been retired early and many more are at risk. In Europe, Japan and other advanced economies, extensions of plants’ lifetimes also face uncertain prospects.
Economic factors are also at play. Lifetime extensions are considerably cheaper than new construction and are generally cost-competitive with other electricity generation technologies, including new wind and solar projects. However, they still need significant investment to replace and refurbish key components that enable plants to continue operating safely. Low wholesale electricity and carbon prices, together with new regulations on the use of water for cooling reactors, are making some plants in the United States financially unviable. In addition, markets and regulatory systems often penalise nuclear power by not pricing in its value as a clean energy source and its contribution to electricity security. As a result, most nuclear power plants in advanced economies are at risk of closing prematurely.

Bref. Une fois n’est pas coutume, on cherchera en vain la vérité dans la communication de Greenpeace. De la démagogie, de l’appel à l’émotion, des arguments foireux qui défient la technique, et répéter en boucle les mêmes inepties pour établir une sorte de vérité alternative qui leur sied davantage, voilà ce qu’ils ont à offrir…

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La Pierre Jaune, Pt. V.

Retrouvez aux liens ci-après les première, deuxième, troisième et enfin quatrième partie de cette série. Nous continuons à commenter le script de cette vidéo :

"Un attentat contre le site nucléaire de La Hague serait au moins 7 fois plus grave que Tchernobyl" | La centrale est-elle assez sécurisée en cas d'attaque terroriste? Geoffrey Le Guilcher l'a imaginé dans un scénario catastrophe et rappelle les recommandations en cas d'accident. pic.twitter.com/twqbjoyXmd

— Konbini news (@konbininews) February 3, 2021

Quand on parle de ce sujet, on nous accuse souvent de donner des idées aux terroristes.

Je ne pense pas que ce soit un reproche pertinent, en effet. Une des missions, sans doute la mission fondamentale, des acteurs de la protection contre les malveillances en tout genre, c’est de toute façon d’anticiper les idées que pourraient avoir des terroristes.

Mais en fait, les terroristes ne nous ont pas attendu pour avoir ces idées : la preuve, en 2011, quand les Américains sont allés tuer Oussama Ben Laden à Abbottabad au Pakistan, ils ont dans la foulée publié une série de documents qu’ils ont trouvé dans l’ordinateur du cerveau des attentats du 11 septembre. Dans ces documents, il avait deux rapports sur le nucléaire en France, dont l’un était signé justement par l’expert allemand qui a alerté sur la faille de l’usine nucléaire de la Hague.

Selon cet article, les documents en question, qui ont été retrouvés au domicile du célèbre terroriste, étaient le rapport Nuclear France Abroad de 2009 et de France on Radio­active Waste Management de 2008, deux documents de Mycle Schneider, le militant antinucléaire mentionné dans le précédent billet et de ses proches (WISE-Paris, etc.).

Ce sont des rapports publics, synthétisant des informations publiques, sans focus particulier sur la sécurité et la protection contre la malveillance. Il va de soi que si ces documents comportaient des informations compromettantes pour la sécurité nationale, Mycle Schneider et les siens seraient derrière les barreaux. Donc avoir retrouvés ces documents à Abbottabad indique que Ben Laden et ses équipes s’étaient intéressés au nucléaire français… Et c’est tout. Il n’est pas permis d’en déduire si une attaque était envisagée, ni laquelle.

Mais, effectivement, ils s’y étaient au moins intéressés, et donc on ne peut pas reprocher aux militants antinucléaires d’aborder le sujet. En revanche, on peut leur reprocher d’en dire n’importe quoi.

Ça peut paraître dingue que l’État français sache qu’un attentat de cette ampleur ou un accident seraient possible sur l’une de ces installations nucléaires et qu’il ne fasse rien.

Et c’est un bon exemple de n’importe quoi, justement. Ce qui fait plaisir, c’est que le journaliste-auteur ne fait pas comme s’il découvrait quelque chose de notoirement connu, il a conscience que ce qu’il raconte est connu, au moins des autorités.

Mais il considère que rien n’est fait en réponse à ce risque. Est-ce :

  • parce qu’il n’a pas cherché à savoir ce qui était fait, donc en a déduit que rien n’était fait ?
  • parce que les trois idées qu’il a eu ou qu’on lui a suggéré n’ont pas été retenues qu’il en a déduit qu’aucune autre idée n’avait pu être mise en œuvre ?
  • parce qu’il n’a pas trouvé ce qui était fait qu’il en a déduit que rien n’était fait ?

En fait, le problème du nucléaire c’est qu’il est né dans le secret, il s’est construit dans le secret… Le problème c’est que ce secret n’existe pas : on peut trouver toutes les informations qu’il nous faut, elles existent déjà sur Internet ou dans les journaux. L’État, lui, se drape dans cette croyance, qui est fausse, selon laquelle le secret le protège encore.

Là, on tombe dans un paradoxe typique… Des complotistes. Vous savez, ces gens persuadés de toutes leurs forces de grandes magouilles pour dissimuler la vérité au monde entier… Tout en étant convaincus qu’il « suffit de faire ses propres recherches » pour trouver la vérité ? Ceux qui pensent trouver sur Youtube des démonstrations qui échappent aux esprits les plus brillants de ce monde ?

Ici, nous sommes dans cette même configuration, mais inversée : parce qu’il trouve des informations sur internet, le journaliste-auteur considère que rien n’est secret. Sans envisager que les secrets sur lesquels repose vraiment la protection puissent être… secrets. Et donc hors de sa portée.

Pourtant, les élus ayant participé en 2018 à la Commission d’Enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires l’ont bien constaté : ne parvenant à se faire habiliter Confidentiel ou Secret Défense, ils n’ont pu consulter certaines informations techniques sur la protection des installations nucléaires contre les malveillances… Et notamment des piscines d’entreposage de combustible vis-à-vis d’un projectile (avion, missile…).

Oui, l’industrie nucléaire a des origines militaires et donc est née dans le secret. Et si aujourd’hui les activités militaires et civiles sont bien séparées, si la transparence est devenue la norme en matière de sûreté… La protection contre les menaces de nature militaire (terrorisme, notamment) reste, elle, dans le secret. Et que ce journaliste ait échoué à accéder aux informations tenues secrètes devrait l’inciter à penser que le secret est bien protégé, et non pas que ces informations… N’existent pas.

Je pense qu’il n’y a qu’une catastrophe qui pourra nous faire prendre conscience du problème. Et je préfère qu’elle arrive d’abord en fiction pour tenter de nous faire prendre conscience de cet énorme talon d’Achille, plutôt qu’elle arrive en vrai. Même si, malheureusement, il faut souvent attendre les vraies catastrophes pour avoir des vraies prise de conscience.

A deux doigts de souhaiter une catastrophe pour pouvoir dire « Ha, j’avais raison ». Heureusement qu’il ne s’agit que d’un livre… Ça serait grave de le présenter comme un journaliste d’investigation.

La boucle est bouclée.

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