❌

Vue lecture

[MàJ] Google et Apple renomment le lac Ontario en lac d’Amérique pour les États-Unis

Amerika ist wunderbar
[MàJ] Google et Apple renomment le lac Ontario en lac d’Amérique pour les États-Unis

Donald Trump a ordonné par décret que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique (Lake America). Google a rapidement implémenté le changement dans son service Maps, mais uniquement pour les internautes basés aux États-Unis. Le lac apparaît toujours comme Lac Ontario pour les Canadiens, tandis que le reste du monde voit les deux dénominations.

Mise à jour 1er/09 – Apple n’aura pas laissé planer le suspense très longtemps. Le constructeur a mis à jour son application Plans pour intégrer la lubie du cartographe en chef de la Maison Blanche. Le lac Ontario est désormais rebaptisé « Lac d’Amérique » dans l’app depuis les États-Unis.

Côté canadien, le grand lac conserve son nom d’origine, qui dérive du huron (« Ontarí’io »), donc bien avant la création du Canada ou des États-Unis. La province canadienne du même nom a été baptisée à partir du lac, et non l’inverse. Dans le reste du monde, le lac affiche deux noms, le vrai et le fake. Les mauvaises langues retiendront que l’ère de John Ternus à la tête d’Apple débute par un empressement certain à se plier à une injonction de Donald Trump.

Article original, 31/08 – Après le Golfe du Mexique renommé en Golfe d’Amérique en janvier 2025, Donald Trump intervient à sa façon dans la guerre douanière qui l’oppose au Canada avec une mesure de rétorsion symbolique : par décret présidentiel daté du 27 août, il ordonne que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique.

Une nouvelle dénomination appliquée séance tenante

« Le lac Ontario, qui constitue aujourd’hui un atout considérable pour les États-Unis, fait partie intégrante de notre patrimoine national. Ses eaux les plus profondes se trouvant en territoire américain, les États-Unis revendiquent la majeure partie de son volume, écrit Donald Trump. En reconnaissance de cette ressource économique florissante et de son importance cruciale pour l’économie de notre nation et pour son peuple, j’ordonne que le lac soit officiellement rebaptisé Lac Amérique. »

Le décret ordonne spécifiquement la mise à jour sous trente jours du Geographic Names Information System (GNIS), et confie à ce dernier la mission de veiller à ce que l’administration fédérale utilise la nouvelle dénomination, « y compris sur les cartes, les contrats et autres documents et communications des ministères et agences exécutifs ».

Le décret présidentiel a été doublé d’une ordonnance à effet immédiat, émanant du département de l’Intérieur. Le GNIS s’est rapidement exécuté : la fiche dédiée au lac Ontario reflète maintenant la nouvelle dénomination souhaitée par Donald Trump.

Google dit simplement suivre les règles

Google a implémenté le changement samedi 29 août au niveau de Google Maps, mais a choisi d’en limiter la portée, exactement comme pour le golfe du Mexique. Le moteur de recherche s’en est sobrement expliqué :

« Suite à la mise à jour de Google Maps pour refléter les changements de noms publiés dans les sources gouvernementales officielles (GNIS pour les États-Unis), les utilisateurs états-uniens verront « Lake America », les Canadiens continueront de voir « Lake Ontario », et les utilisateurs hors des États-Unis et du Canada verront les deux noms. Ces mises à jour s’inscrivent dans notre politique de longue date concernant les étendues d’eau dont le nom varie d’un pays à l’autre, et leur déploiement est en cours. »

Quid des autres acteurs de la cartographie ? Apple n’a pas encore réagi, mais la firme avait fini par refléter le nouveau nom souhaité par Trump pour le golfe du Mexique en février 2025, en se rangeant, comme Google, derrière le caractère officiel de la dénomination actée par le GNIS. Il est donc probable que son service Plans reflète le nouveau nom du lac Ontario pour les utilisateurs situés aux États-Unis.

D’autres ont choisi de prendre le mors aux dents. MapQuest, acteur historique de la cartographie, affirme qu’il ne changera pas son affichage, et propose en guise de pied de nez un générateur de nouveaux noms pour le lac Ontario.

Kathy Hochul, gouverneure démocrate de l’État de New York, voisin immédiat du lac Ontario, a quant à elle déclaré que son administration n’appliquerait pas le changement.

Guerre d’édition en vue sur OpenStreetMap ?

La question s’est aussi rapidement invitée dans les forums du service collaboratif OpenStreetMap, chez qui l’épisode golfe du Mexique avait entraîné une succession d’éditions doublée d’un long débat.

La discussion dédiée s’oriente vers un consensus similaire à celui trouvé début 2025. Le nouveau nom souhaité par Trump sera bien reflété sur la carte collaborative, mais il est assorti d’un attribut, official_name:en-US=*, qui en limite la portée. En pratique et comme l’explique la documentation dédiée, il faut que le processus de rendu implémenté par le service qui appelle les données OSM réclame spécifiquement cet attribut pour que le nom ressorte. À défaut, la carte conserve le nom usuel.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a quant à lui réagi en faisant installer, dimanche, une grande pancarte clamant « Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours ».

  •  

[MàJ] Google et Apple renomment le lac Ontario en lac d’Amérique pour les États-Unis

Amerika ist wunderbar
[MàJ] Google et Apple renomment le lac Ontario en lac d’Amérique pour les États-Unis

Donald Trump a ordonné par décret que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique (Lake America). Google a rapidement implémenté le changement dans son service Maps, mais uniquement pour les internautes basés aux États-Unis. Le lac apparaît toujours comme Lac Ontario pour les Canadiens, tandis que le reste du monde voit les deux dénominations.

Mise à jour 1er/09 – Apple n’aura pas laissé planer le suspense très longtemps. Le constructeur a mis à jour son application Plans pour intégrer la lubie du cartographe en chef de la Maison Blanche. Le lac Ontario est désormais rebaptisé « Lac d’Amérique » dans l’app depuis les États-Unis.

Côté canadien, le grand lac conserve son nom d’origine, qui dérive du huron (« Ontarí’io »), donc bien avant la création du Canada ou des États-Unis. La province canadienne du même nom a été baptisée à partir du lac, et non l’inverse. Dans le reste du monde, le lac affiche deux noms, le vrai et le fake. Les mauvaises langues retiendront que l’ère de John Ternus à la tête d’Apple débute par un empressement certain à se plier à une injonction de Donald Trump.

Article original, 31/08 – Après le Golfe du Mexique renommé en Golfe d’Amérique en janvier 2025, Donald Trump intervient à sa façon dans la guerre douanière qui l’oppose au Canada avec une mesure de rétorsion symbolique : par décret présidentiel daté du 27 août, il ordonne que le lac Ontario soit renommé lac d’Amérique.

Une nouvelle dénomination appliquée séance tenante

« Le lac Ontario, qui constitue aujourd’hui un atout considérable pour les États-Unis, fait partie intégrante de notre patrimoine national. Ses eaux les plus profondes se trouvant en territoire américain, les États-Unis revendiquent la majeure partie de son volume, écrit Donald Trump. En reconnaissance de cette ressource économique florissante et de son importance cruciale pour l’économie de notre nation et pour son peuple, j’ordonne que le lac soit officiellement rebaptisé Lac Amérique. »

Le décret ordonne spécifiquement la mise à jour sous trente jours du Geographic Names Information System (GNIS), et confie à ce dernier la mission de veiller à ce que l’administration fédérale utilise la nouvelle dénomination, « y compris sur les cartes, les contrats et autres documents et communications des ministères et agences exécutifs ».

Le décret présidentiel a été doublé d’une ordonnance à effet immédiat, émanant du département de l’Intérieur. Le GNIS s’est rapidement exécuté : la fiche dédiée au lac Ontario reflète maintenant la nouvelle dénomination souhaitée par Donald Trump.

Google dit simplement suivre les règles

Google a implémenté le changement samedi 29 août au niveau de Google Maps, mais a choisi d’en limiter la portée, exactement comme pour le golfe du Mexique. Le moteur de recherche s’en est sobrement expliqué :

« Suite à la mise à jour de Google Maps pour refléter les changements de noms publiés dans les sources gouvernementales officielles (GNIS pour les États-Unis), les utilisateurs états-uniens verront « Lake America », les Canadiens continueront de voir « Lake Ontario », et les utilisateurs hors des États-Unis et du Canada verront les deux noms. Ces mises à jour s’inscrivent dans notre politique de longue date concernant les étendues d’eau dont le nom varie d’un pays à l’autre, et leur déploiement est en cours. »

Quid des autres acteurs de la cartographie ? Apple n’a pas encore réagi, mais la firme avait fini par refléter le nouveau nom souhaité par Trump pour le golfe du Mexique en février 2025, en se rangeant, comme Google, derrière le caractère officiel de la dénomination actée par le GNIS. Il est donc probable que son service Plans reflète le nouveau nom du lac Ontario pour les utilisateurs situés aux États-Unis.

D’autres ont choisi de prendre le mors aux dents. MapQuest, acteur historique de la cartographie, affirme qu’il ne changera pas son affichage, et propose en guise de pied de nez un générateur de nouveaux noms pour le lac Ontario.

Kathy Hochul, gouverneure démocrate de l’État de New York, voisin immédiat du lac Ontario, a quant à elle déclaré que son administration n’appliquerait pas le changement.

Guerre d’édition en vue sur OpenStreetMap ?

La question s’est aussi rapidement invitée dans les forums du service collaboratif OpenStreetMap, chez qui l’épisode golfe du Mexique avait entraîné une succession d’éditions doublée d’un long débat.

La discussion dédiée s’oriente vers un consensus similaire à celui trouvé début 2025. Le nouveau nom souhaité par Trump sera bien reflété sur la carte collaborative, mais il est assorti d’un attribut, official_name:en-US=*, qui en limite la portée. En pratique et comme l’explique la documentation dédiée, il faut que le processus de rendu implémenté par le service qui appelle les données OSM réclame spécifiquement cet attribut pour que le nom ressorte. À défaut, la carte conserve le nom usuel.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, a quant à lui réagi en faisant installer, dimanche, une grande pancarte clamant « Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours ».

  •  

En Corée du Sud, l’IA générative bientôt érigée en service public


En Corée du Sud, l’IA générative bientôt érigée en service public

L’IA générative peut-elle devenir un service public ? La Corée du Sud s’apprête à répondre à cette question. Le pays va en effet proposer aux citoyens un accès gratuit à des services d’IA, avec la promesse de tokens illimités. Un moyen pour Séoul d’atteindre la « souveraineté IA » face aux États-Unis et à la Chine.

Un chatbot gratuit pour chaque citoyen. C’est une des mesures mises en œuvre par le gouvernement coréen, dans le cadre d’un programme plus vaste pour casser la dépendance du pays aux modèles américains et chinois, comme l’explique le Wall Street Journal. Les bots auront des fonctionnalités d’IA classiques, mais ils devront aussi permettre aux utilisateurs de prendre un rendez-vous chez le médecin, recevoir des petites annonces immobilières pour ceux qui veulent déménager, ou obtenir des conseils financiers.

Une IA gratuite, illimitée et souveraine

Les bots donneront aussi aux parents des conseils de contenus éducatifs pour leurs marmots. Les petites entreprises pourront calculer leurs impôts et vérifier leur admissibilité à des programmes d’aide. Ces IA seront en effet connectées aux plateformes gouvernementales, ce qui leur permettra de remplir un rôle de service public, en quelque sorte. Les utilisateurs bénéficieront par ailleurs d’un usage illimité de l’IA.

Séoul a sélectionné trois consortiums, emmenés par les opérateurs télécoms SK Telecom et KT, ainsi que le groupe tech Kakao, éditeur de l’app à tout faire KakaoTalk (elle fait office de messagerie, de réservation de VTC, de gestion bancaire, etc.). Ils n’auront pas le temps de souffler : les premiers bêta-tests auront lieu dès le mois de septembre, avec un déploiement grand public avant la fin de l’année.

Ces trois consortiums recevront un gros coup de pouce de la part de l’État : jusqu’à 512 puces B200 de NVIDIA à se partager. L’État aidera aussi aux coûts de service à partir de l’année prochaine. Chaque acteur prévoit de livrer une application permettant d’accéder à leur chatbot, tout en intégrant cette « IA publique » dans leurs propres outils pour qu’elle soit accessible à un maximum d’utilisateurs. Plus de 20 millions de Coréens utilisent une version gratuite d’un bot IA.

Cette initiative « AI pour tous » fait partie d’un projet plus large visant à développer une « IA souveraine » en Corée du Sud. « À l’ère de l’intelligence artificielle, prendre un jour de retard pourrait signifier prendre une génération entière de retard », déclarait en novembre dernier le président sud-coréen Lee Jae-myung. « Nous faisons actuellement face à une crise urgente, une question de vie ou de mort », soutenait-il devant des parlementaires.

Une question de « survie »

« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. », a-t-il redit fin juin, au moment d’annoncer un gigantesque plan d’investissements dans les usines dédiées à la fabrication de mémoire vive.

Le pays va bâtir des infrastructures, des technologies (puces, LLM) et développer des compétences nationales pour réduire sa dépendance aux modèles étrangers. Le budget de ce programme représente l’équivalent de 6,8 milliards de dollars pour 2026. Un modèle suivi de près par d’autres pays qui ne veulent pas non plus se reposer entièrement sur des systèmes américains ou chinois.

  •  

En Corée du Sud, l’IA générative bientôt érigée en service public


En Corée du Sud, l’IA générative bientôt érigée en service public

L’IA générative peut-elle devenir un service public ? La Corée du Sud s’apprête à répondre à cette question. Le pays va en effet proposer aux citoyens un accès gratuit à des services d’IA, avec la promesse de tokens illimités. Un moyen pour Séoul d’atteindre la « souveraineté IA » face aux États-Unis et à la Chine.

Un chatbot gratuit pour chaque citoyen. C’est une des mesures mises en œuvre par le gouvernement coréen, dans le cadre d’un programme plus vaste pour casser la dépendance du pays aux modèles américains et chinois, comme l’explique le Wall Street Journal. Les bots auront des fonctionnalités d’IA classiques, mais ils devront aussi permettre aux utilisateurs de prendre un rendez-vous chez le médecin, recevoir des petites annonces immobilières pour ceux qui veulent déménager, ou obtenir des conseils financiers.

Une IA gratuite, illimitée et souveraine

Les bots donneront aussi aux parents des conseils de contenus éducatifs pour leurs marmots. Les petites entreprises pourront calculer leurs impôts et vérifier leur admissibilité à des programmes d’aide. Ces IA seront en effet connectées aux plateformes gouvernementales, ce qui leur permettra de remplir un rôle de service public, en quelque sorte. Les utilisateurs bénéficieront par ailleurs d’un usage illimité de l’IA.

Séoul a sélectionné trois consortiums, emmenés par les opérateurs télécoms SK Telecom et KT, ainsi que le groupe tech Kakao, éditeur de l’app à tout faire KakaoTalk (elle fait office de messagerie, de réservation de VTC, de gestion bancaire, etc.). Ils n’auront pas le temps de souffler : les premiers bêta-tests auront lieu dès le mois de septembre, avec un déploiement grand public avant la fin de l’année.

Ces trois consortiums recevront un gros coup de pouce de la part de l’État : jusqu’à 512 puces B200 de NVIDIA à se partager. L’État aidera aussi aux coûts de service à partir de l’année prochaine. Chaque acteur prévoit de livrer une application permettant d’accéder à leur chatbot, tout en intégrant cette « IA publique » dans leurs propres outils pour qu’elle soit accessible à un maximum d’utilisateurs. Plus de 20 millions de Coréens utilisent une version gratuite d’un bot IA.

Cette initiative « AI pour tous » fait partie d’un projet plus large visant à développer une « IA souveraine » en Corée du Sud. « À l’ère de l’intelligence artificielle, prendre un jour de retard pourrait signifier prendre une génération entière de retard », déclarait en novembre dernier le président sud-coréen Lee Jae-myung. « Nous faisons actuellement face à une crise urgente, une question de vie ou de mort », soutenait-il devant des parlementaires.

Une question de « survie »

« Seule une course contre la montre nous permettra de survivre. Nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l’intelligence artificielle plus rapidement que n’importe quel autre pays. Les semi-conducteurs, l’IA physique et les centres de données d’IA constituent les trois piliers d’un grand bond en avant. », a-t-il redit fin juin, au moment d’annoncer un gigantesque plan d’investissements dans les usines dédiées à la fabrication de mémoire vive.

Le pays va bâtir des infrastructures, des technologies (puces, LLM) et développer des compétences nationales pour réduire sa dépendance aux modèles étrangers. Le budget de ce programme représente l’équivalent de 6,8 milliards de dollars pour 2026. Un modèle suivi de près par d’autres pays qui ne veulent pas non plus se reposer entièrement sur des systèmes américains ou chinois.

  •  

☕️ Meta veut éteindre l’incendie autour de ses lunettes connectées



Meta joue les pompiers pour sauver la réputation de ses lunettes connectées. Ces produits font l’objet d’un feu nourri de critiques en raison de leur capacité à enregistrer des photos et des vidéos en loucedé ; la réputation catastrophique de l’entreprise en matière de respect de la vie privée fait le reste.

La fausse affiche de publicité mettant en scène Jeffrey Epstein portant les fameuses Ray-Ban connectées avec le slogan ravageur « Les lunettes des gens qui ne demandent pas le consentement » a fait le tour des réseaux sociaux. Cette campagne d’activistes menée à Londres contre les lunettes de Meta n’est que la pointe de l’iceberg. Ces produits, dont le succès commercial a été confirmé par Mark Zuckerberg et son partenaire EssilorLuxottica, posent de sérieux problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée.

C’est pourquoi Meta tente de reprendre la main sur la com’ autour de ses lunettes connectées, dont le petit nom – « pervert glasses » – commence à leur coller à la peau. L’entreprise a ainsi lancé une campagne pour sensibiliser le public à l’existence du voyant LED qui s’allume dès que le capteur photo est en marche. Des affiches, placardées là où les lunettes enregistrent de fortes ventes, scandent le message suivant : « La caméra vous permet d’immortaliser l’instant. Le voyant permet à toutes les personnes autour de vous de savoir quand vous le faites. »

Image : Meta

Une vidéo partagée par Meta à The Verge précise que « pas de voyant » signifie « pas d’enregistrement ». Un message que l’entreprise va marteler, car cette loupiote est au cœur de la problématique. Les utilisateurs qui veulent enregistrer des vidéos sans le consentement des personnes aux alentours ont mis au point des techniques élaborées pour empêcher la diode de s’allumer.

C’est devenu un jeu du chat et de la souris avec Meta, qui déploie des correctifs pour empêcher ces bidouilles. Début juillet, la société mettait en ligne un patch empêchant la caméra de se lancer en cas d’altération du témoin lumineux. Autre correctif annoncé ce jeudi 27 août : arrêter la caméra quand la diode est couverte après le lancement d’un enregistrement.

« La caméra ne commence pas à enregistrer si la LED est masquée, mais certaines personnes tentent de contourner cette protection en lançant un enregistrement puis en la couvrant », explique Alex Himel, vice-président à la réalité augmentée chez Meta. On se demande pourquoi il a fallu tout ce temps à l’entreprise pour mettre un terme à cette bidouille si simple.

Le dirigeant indique aussi que Meta continuera à déployer des mises à jour de ce type pour s’assurer que la LED puisse avertir les personnes alentour lorsque des photos ou des vidéos sont enregistrées. « Seule une infime minorité de personnes tente de contourner ces protections, et le fait qu’elles doivent aller aussi loin montre que nos efforts portent leurs fruits », ajoute-t-il.

  •  

☕️ Meta veut éteindre l’incendie autour de ses lunettes connectées



Meta joue les pompiers pour sauver la réputation de ses lunettes connectées. Ces produits font l’objet d’un feu nourri de critiques en raison de leur capacité à enregistrer des photos et des vidéos en loucedé ; la réputation catastrophique de l’entreprise en matière de respect de la vie privée fait le reste.

La fausse affiche de publicité mettant en scène Jeffrey Epstein portant les fameuses Ray-Ban connectées avec le slogan ravageur « Les lunettes des gens qui ne demandent pas le consentement » a fait le tour des réseaux sociaux. Cette campagne d’activistes menée à Londres contre les lunettes de Meta n’est que la pointe de l’iceberg. Ces produits, dont le succès commercial a été confirmé par Mark Zuckerberg et son partenaire EssilorLuxottica, posent de sérieux problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée.

C’est pourquoi Meta tente de reprendre la main sur la com’ autour de ses lunettes connectées, dont le petit nom – « pervert glasses » – commence à leur coller à la peau. L’entreprise a ainsi lancé une campagne pour sensibiliser le public à l’existence du voyant LED qui s’allume dès que le capteur photo est en marche. Des affiches, placardées là où les lunettes enregistrent de fortes ventes, scandent le message suivant : « La caméra vous permet d’immortaliser l’instant. Le voyant permet à toutes les personnes autour de vous de savoir quand vous le faites. »

Image : Meta

Une vidéo partagée par Meta à The Verge précise que « pas de voyant » signifie « pas d’enregistrement ». Un message que l’entreprise va marteler, car cette loupiote est au cœur de la problématique. Les utilisateurs qui veulent enregistrer des vidéos sans le consentement des personnes aux alentours ont mis au point des techniques élaborées pour empêcher la diode de s’allumer.

C’est devenu un jeu du chat et de la souris avec Meta, qui déploie des correctifs pour empêcher ces bidouilles. Début juillet, la société mettait en ligne un patch empêchant la caméra de se lancer en cas d’altération du témoin lumineux. Autre correctif annoncé ce jeudi 27 août : arrêter la caméra quand la diode est couverte après le lancement d’un enregistrement.

« La caméra ne commence pas à enregistrer si la LED est masquée, mais certaines personnes tentent de contourner cette protection en lançant un enregistrement puis en la couvrant », explique Alex Himel, vice-président à la réalité augmentée chez Meta. On se demande pourquoi il a fallu tout ce temps à l’entreprise pour mettre un terme à cette bidouille si simple.

Le dirigeant indique aussi que Meta continuera à déployer des mises à jour de ce type pour s’assurer que la LED puisse avertir les personnes alentour lorsque des photos ou des vidéos sont enregistrées. « Seule une infime minorité de personnes tente de contourner ces protections, et le fait qu’elles doivent aller aussi loin montre que nos efforts portent leurs fruits », ajoute-t-il.

  •  

☕️ La Norvège pourrait durcir sa législation sur les lunettes connectées



Le gouvernement norvégien vient d’annoncer sa volonté d’encadrer plus strictement les lunettes connectées. Cette volonté arrive alors que la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta un peu partout.

« Nous constatons que la vie privée et la protection des données des citoyens sont mises à mal par les nouvelles technologies ; c’est pourquoi je souhaite réglementer plus strictement les lunettes connectées et autres appareils similaires. Cela pourrait par exemple impliquer l’interdiction de certaines fonctionnalités, telles que la reconnaissance faciale d’autres personnes dans l’espace public », a affirmé la ministre norvégienne chargée du numérique, Karianne Tung dans un communiqué.

« Nous nous réjouissons que le gouvernement norvégien ait annoncé son intention de renforcer la réglementation concernant les lunettes IA de Meta et d’étudier la possibilité d’une interdiction nationale de la reconnaissance faciale dans les espaces publics », a réagi le responsable de la politique numérique au Conseil norvégien des consommateurs, Finn Lutzow-Holm Myrstad. « Nous savons que Meta dispose d’une technologie de reconnaissance faciale pouvant être intégrée à ces lunettes, et il est important de ne pas lui permettre de le faire ».

Les discussions sur le sujet semblent avoir fait changer d’avis le gouvernement norvégien. En effet, le 9 juillet dernier, Karianne Tung déclarait encore « on ne peut pas interdire tout ce qu’on n’aime pas » au journal norvégien Klass Kampen. Mais sa position a beaucoup été critiquée pendant l’été. « Ces lunettes nous rapprochent d’une société de surveillance qui menace la démocratie », affirmait, par exemple, la juriste Ida Thorsrud dans une chronique sur le média public NRK.

Line Coll, la directrice de la Datatilsynet, l’autorité de protection des données norvégienne, s’était prononcée pour une régulation. « Nous devons au moins mener un débat et obtenir rapidement une étude approfondie. En attendant, on pourrait peut-être envisager de suspendre la vente si l’on dispose des fondements juridiques pour le faire », affirmait-elle au média Juristen.

  •  

☕️ La Norvège pourrait durcir sa législation sur les lunettes connectées



Le gouvernement norvégien vient d’annoncer sa volonté d’encadrer plus strictement les lunettes connectées. Cette volonté arrive alors que la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta un peu partout.

« Nous constatons que la vie privée et la protection des données des citoyens sont mises à mal par les nouvelles technologies ; c’est pourquoi je souhaite réglementer plus strictement les lunettes connectées et autres appareils similaires. Cela pourrait par exemple impliquer l’interdiction de certaines fonctionnalités, telles que la reconnaissance faciale d’autres personnes dans l’espace public », a affirmé la ministre norvégienne chargée du numérique, Karianne Tung dans un communiqué.

« Nous nous réjouissons que le gouvernement norvégien ait annoncé son intention de renforcer la réglementation concernant les lunettes IA de Meta et d’étudier la possibilité d’une interdiction nationale de la reconnaissance faciale dans les espaces publics », a réagi le responsable de la politique numérique au Conseil norvégien des consommateurs, Finn Lutzow-Holm Myrstad. « Nous savons que Meta dispose d’une technologie de reconnaissance faciale pouvant être intégrée à ces lunettes, et il est important de ne pas lui permettre de le faire ».

Les discussions sur le sujet semblent avoir fait changer d’avis le gouvernement norvégien. En effet, le 9 juillet dernier, Karianne Tung déclarait encore « on ne peut pas interdire tout ce qu’on n’aime pas » au journal norvégien Klass Kampen. Mais sa position a beaucoup été critiquée pendant l’été. « Ces lunettes nous rapprochent d’une société de surveillance qui menace la démocratie », affirmait, par exemple, la juriste Ida Thorsrud dans une chronique sur le média public NRK.

Line Coll, la directrice de la Datatilsynet, l’autorité de protection des données norvégienne, s’était prononcée pour une régulation. « Nous devons au moins mener un débat et obtenir rapidement une étude approfondie. En attendant, on pourrait peut-être envisager de suspendre la vente si l’on dispose des fondements juridiques pour le faire », affirmait-elle au média Juristen.

  •  

Meta : un plan de Zuckerberg pour licencier 60 % du personnel abandonné suite à une fronde

🐘 🐘 🐘 🐘
Meta : un plan de Zuckerberg pour licencier 60 % du personnel abandonné suite à une fronde

Pendant tout le premier trimestre 2026, la direction de Meta, emmenée par Mark Zuckerberg, a imaginé un plan de restructuration dans lequel elle profitait de l’IA pour se débarrasser de 60 % de ses salariés. Face à la fronde des salariés, la direction a réduit son ambition pour ne licencier « que » 10 % de ses effectifs.

« Le futur est pour tout le monde », clamait récemment Mark Zuckerberg dans un manifeste assez foutraque. Il y ajoutait qu’ « il y a plusieurs raisons d’être optimiste quant à l’abondance des emplois à l’avenir. Quelle que soit l’intelligence atteinte par l’IA, les ressources informatiques resteront toujours limitées et il y aura donc toujours un coût d’opportunité lié à la manière dont nous les utilisons ».

Pourtant, le CEO de Meta a, pendant plusieurs mois, imaginé se passer de 60 % des effectifs de son entreprise. Mais la fronde interne était telle que, quelques heures avant d’annoncer son plan, Mark Zuckerberg a finalement renoncé à sa version maximaliste, a appris Reuters.

L’entreprise a, in fine, annoncé une vague de licenciements de 8 000 salariés, environ 10 % des effectifs quand même, dans une ambiance restée électrique. Nous rappelions déjà à l’époque que l’entreprise devait combler 70 milliards de dollars de pertes dans le métavers. Et Meta avait déjà décidé de licencier 1 500 personnes de son Reality Labs et projetait de le réorienter vers l’intelligence artificielle et les équipements mobiles.

Selon l’agence de presse britannique, l’équipe dirigeante de Meta a passé l’année dernière à imaginer le management à l’ère de l’IA. Puis, en janvier, lors de son traditionnel séminaire à Hawaï, la direction a imaginé son plan « radical », comme le qualifie Reuters, pour réinventer l’entreprise.

Une réorganisation « AI native » avortée

Appelé projet « Transformation organisationnelle », ce plan visait quasiment une renaissance de l’entreprise, puisque l’équipe se projetait dans le futur d’un groupe « AI native ». Un des documents de travail imagine que « les outils et agents compatibles avec l’IA [AI-ready dans le texte] interagissent, les flux de travail sont automatisés, et les nouvelles versions sont conçues en privilégiant l’IA [AI-first dans le texte] ».

Le projet allait plus loin dans l’élaboration d’une organisation tournée autour de l’usage intensif de l’IA. Et l’équipe du vice-président chargé de la gestion des produits, Ime Archibong, a même été utilisée comme pilote sur le sujet. Un document, montré par son équipe aux autres pour les inciter à suivre la même voie, présentait la nouvelle organisation (débarrassée d’un nombre important de salariés, donc) composée d’équipes plus petites avec des salariés aux rôles plus « fluides ».

Ainsi, les traditionnels postes de concepteurs produits et d’ingénieurs avaient disparu et les employés étaient présentés sous un nouveau titre générique de « builder ». Et la structure organisationnelle était présentée comme plus horizontale et moins « hiérarchique ».

La direction de Meta avait aussi imaginé un changement important dans l’évaluation des performances et les promotions. Si les responsables d’équipes et les ressources humaines restaient dans la boucle, ils devaient être assistés par des « systèmes d’IA ».

Une fronde contre l’éléphant dans la pièce qu’était le plan de licenciement

Mais dans cette ambiance, l’annonce du lancement d’un projet interne surveillant les mouvements de curseur de leurs souris, leurs clics et les frappes sur leurs claviers a rendu furieux certains salariés.

Imaginant facilement que ce projet pourrait être une façon d’entrainer des IA qui seraient leurs propres remplaçants, ils ont inondé les messageries internes de posts ironiques illustrant la rumeur du plan de licenciement que la direction ne voulait pas évoquer officiellement. Ainsi des images d’éléphants sont devenues le symbole de « l’éléphant dans la pièce » que Mark Zuckerberg et son équipe faisaient semblant de ne pas voir.

Selon les informations de Reuters, l’indicateur interne de satisfaction des employés est passé de 74 % à 55 % d’opinions favorables et le taux de syndicalisation a augmenté.

La fronde a été soutenue par d’autres indicateurs internes. Ainsi, si l’utilisation de l’IA au sein de Meta a fortement augmenté pendant la période, son impact sur la productivité n’était pas établi. La production de code a fait un bond de 220 % mais les changements qui ont apporté des améliorations ou des nouvelles fonctionnalités n’ont augmenté que de 36 %.

Finalement, Mark Zuckerberg a cédé à la pression le 20 mai. Alors qu’il devait annoncer son plan, il a convoqué son équipe de direction et annulé la deuxième vague de licenciement qu’ils avaient prévue pour novembre prochain. Après l’annonce officielle des 10 % de licenciements, il a informé les employés restants que l’entreprise ne prévoyait pas d’autre vague cette année.

Contactée par Reuters, Meta a confirmé à l’existence du projet « Transformation organisationnelle », elle a expliqué que les équipes « ont expérimenté différentes méthodes pour gagner en agilité ». Elle a affirmé que l’évaluation des performances et des promotions était faite par des personnes et non par des IA mais a refusé de commenter ses données internes sur les changements provoqués par l’IA.

  •  

Meta : un plan de Zuckerberg pour licencier 60 % du personnel abandonné suite à une fronde

🐘 🐘 🐘 🐘
Meta : un plan de Zuckerberg pour licencier 60 % du personnel abandonné suite à une fronde

Pendant tout le premier trimestre 2026, la direction de Meta, emmenée par Mark Zuckerberg, a imaginé un plan de restructuration dans lequel elle profitait de l’IA pour se débarrasser de 60 % de ses salariés. Face à la fronde des salariés, la direction a réduit son ambition pour ne licencier « que » 10 % de ses effectifs.

« Le futur est pour tout le monde », clamait récemment Mark Zuckerberg dans un manifeste assez foutraque. Il y ajoutait qu’ « il y a plusieurs raisons d’être optimiste quant à l’abondance des emplois à l’avenir. Quelle que soit l’intelligence atteinte par l’IA, les ressources informatiques resteront toujours limitées et il y aura donc toujours un coût d’opportunité lié à la manière dont nous les utilisons ».

Pourtant, le CEO de Meta a, pendant plusieurs mois, imaginé se passer de 60 % des effectifs de son entreprise. Mais la fronde interne était telle que, quelques heures avant d’annoncer son plan, Mark Zuckerberg a finalement renoncé à sa version maximaliste, a appris Reuters.

L’entreprise a, in fine, annoncé une vague de licenciements de 8 000 salariés, environ 10 % des effectifs quand même, dans une ambiance restée électrique. Nous rappelions déjà à l’époque que l’entreprise devait combler 70 milliards de dollars de pertes dans le métavers. Et Meta avait déjà décidé de licencier 1 500 personnes de son Reality Labs et projetait de le réorienter vers l’intelligence artificielle et les équipements mobiles.

Selon l’agence de presse britannique, l’équipe dirigeante de Meta a passé l’année dernière à imaginer le management à l’ère de l’IA. Puis, en janvier, lors de son traditionnel séminaire à Hawaï, la direction a imaginé son plan « radical », comme le qualifie Reuters, pour réinventer l’entreprise.

Une réorganisation « AI native » avortée

Appelé projet « Transformation organisationnelle », ce plan visait quasiment une renaissance de l’entreprise, puisque l’équipe se projetait dans le futur d’un groupe « AI native ». Un des documents de travail imagine que « les outils et agents compatibles avec l’IA [AI-ready dans le texte] interagissent, les flux de travail sont automatisés, et les nouvelles versions sont conçues en privilégiant l’IA [AI-first dans le texte] ».

Le projet allait plus loin dans l’élaboration d’une organisation tournée autour de l’usage intensif de l’IA. Et l’équipe du vice-président chargé de la gestion des produits, Ime Archibong, a même été utilisée comme pilote sur le sujet. Un document, montré par son équipe aux autres pour les inciter à suivre la même voie, présentait la nouvelle organisation (débarrassée d’un nombre important de salariés, donc) composée d’équipes plus petites avec des salariés aux rôles plus « fluides ».

Ainsi, les traditionnels postes de concepteurs produits et d’ingénieurs avaient disparu et les employés étaient présentés sous un nouveau titre générique de « builder ». Et la structure organisationnelle était présentée comme plus horizontale et moins « hiérarchique ».

La direction de Meta avait aussi imaginé un changement important dans l’évaluation des performances et les promotions. Si les responsables d’équipes et les ressources humaines restaient dans la boucle, ils devaient être assistés par des « systèmes d’IA ».

Une fronde contre l’éléphant dans la pièce qu’était le plan de licenciement

Mais dans cette ambiance, l’annonce du lancement d’un projet interne surveillant les mouvements de curseur de leurs souris, leurs clics et les frappes sur leurs claviers a rendu furieux certains salariés.

Imaginant facilement que ce projet pourrait être une façon d’entrainer des IA qui seraient leurs propres remplaçants, ils ont inondé les messageries internes de posts ironiques illustrant la rumeur du plan de licenciement que la direction ne voulait pas évoquer officiellement. Ainsi des images d’éléphants sont devenues le symbole de « l’éléphant dans la pièce » que Mark Zuckerberg et son équipe faisaient semblant de ne pas voir.

Selon les informations de Reuters, l’indicateur interne de satisfaction des employés est passé de 74 % à 55 % d’opinions favorables et le taux de syndicalisation a augmenté.

La fronde a été soutenue par d’autres indicateurs internes. Ainsi, si l’utilisation de l’IA au sein de Meta a fortement augmenté pendant la période, son impact sur la productivité n’était pas établi. La production de code a fait un bond de 220 % mais les changements qui ont apporté des améliorations ou des nouvelles fonctionnalités n’ont augmenté que de 36 %.

Finalement, Mark Zuckerberg a cédé à la pression le 20 mai. Alors qu’il devait annoncer son plan, il a convoqué son équipe de direction et annulé la deuxième vague de licenciement qu’ils avaient prévue pour novembre prochain. Après l’annonce officielle des 10 % de licenciements, il a informé les employés restants que l’entreprise ne prévoyait pas d’autre vague cette année.

Contactée par Reuters, Meta a confirmé à l’existence du projet « Transformation organisationnelle », elle a expliqué que les équipes « ont expérimenté différentes méthodes pour gagner en agilité ». Elle a affirmé que l’évaluation des performances et des promotions était faite par des personnes et non par des IA mais a refusé de commenter ses données internes sur les changements provoqués par l’IA.

  •  

Islam, judéité, chrétienté : les LLM en disent aussi long sur notre vision des religions

Un musulman, un chrétien et un juif entrent dans un café
Islam, judéité, chrétienté : les LLM en disent aussi long sur notre vision des religions

Après de premières expérimentations en fonction de la nationalité, Next poursuit ses expérimentations pour voir quelle image les robots génératifs produisent de principaux groupes religieux ou athées présents en France. Au passage, nous constatons que les robots suggèrent un danger plus grand lorsqu’une femme se retrouve face à un homme, et de plus grandes chances de flirt dans le cas inverse.

Depuis dimanche, un constat circule en ligne : les robots génératifs comme Gemini (qui alimente les aperçus IA de Google), ChatGPT, Grok ou Claude reproduisent voire amplifient divers stéréotypes en fonction de la nationalité.

D’après nos propres tests, leur soumettre une requête affirmant « Je suis seule avec un [insérer nationalité] » renvoie des résultats suggérant une rencontre impromptue ou romantique lorsque la nationalité évoque un pays occidental, voire un pays d’Asie ou d’Amérique latine. Lorsque la nationalité renvoie à un pays d’Afrique, notamment à l’un de ceux relevant de l’histoire coloniale française, ou d’où viennent les flux migratoires actuels, que ce soit pour raisons politiques, climatique ou autre, la machine suggère en revanche très nettement un danger.

Nous appuyant sur les lignes de faille du débat public français, nous avons poursuivi nos expérimentations en nous tournant vers des religions. Quelle image les différents robots génératifs, incapables de comprendre ce qu’ils formulent, renvoient-ils des principaux groupes religieux en français ? Est-ce que cela change avec la langue, ou le genre évoqué ? Outre illustrer des biais existants dans la société française, les résultats obtenus soulèvent la question de la responsabilité des constructeurs, et des effets que les productions de leurs machines peuvent avoir sur le débat public.

Face aux chatbots comme aux moteurs de recherche, des variations selon la langue

Nous avons repris nos expérimentations sur Gemini, ChatGPT, Claude et Grok dans les mêmes conditions que celles exposées dans notre précédent article. Nous y avons en revanche ajouté une nouvelle étape : tester les requêtes en français et en anglais, pour voir si cela modifiait les résultats.

Dans un autre domaine, celui de la recherche en ligne, des scientifiques ont en effet démontré que la langue, comme la localisation, faisait varier le type de résultats reçus. Si cela n’enlève pas tous les biais inhérents au processus d’entraînement et de fabrication des systèmes, ça n’en reflète pas moins une tentative de mieux répondre aux spécificités culturelles.

Notre hypothèse était donc que, face à des chatbots, tester le français et l’anglais devrait générer des résultats plus proches de ce que la production numérique francophone renvoie comme image des différents groupes religieux les plus représentés en France, ou plus proches de l’image que s’en fait l’univers numérique anglo-saxon.

La mention de la judéité « anthropomorphise » certains chatbots

Le problème de l’antisémitisme semble être le mieux intégré par les différents robots, mais il se traduit aussi par des générations de phrases qui renforcent quelquefois l’anthropomorphisation de la machine. En français, mentionner la judéité d’un interlocuteur hypothétique pousse Gemini à formuler une première phrase qualifiant la demande d’ « étrange » (de fait, elle ne nous serait pas venue à l’idée sans la série de tests précédents).

Gemini / Capture d’écran Next

En anglais, cette notion d’étrangeté disparaît.

Gemini / Capture d’écran Next

Il reste 85% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

Au Royaume-Uni aussi, les protestations contre les centres de données se multiplient

Mondial vs local
Au Royaume-Uni aussi, les protestations contre les centres de données se multiplient

Comme aux États-Unis, en France et ailleurs, le Royaume-Uni est traversé de débats sur le bien-fondé de la multiplication des centres de données. Ceux-ci portent autant sur leurs impacts environnementaux que sur l’acceptation locale. En Écosse, l’opposition se fait particulièrement forte.

Les émissions carbone de seulement deux projets de centres de données prévus au Royaume-Uni devraient dépasser toutes celles d’ExxonMobil. Menée par Foxglove, une ONG britannique qui cherche à « rendre la technologie équitable pour tous », l’analyse constate que les projets de data centers prévus dans les comtés de Buckingham et de Bedford utiliseront à eux deux 1,3 gigawatt d’énergie, ce qui produirait plus de 4,5 millions de tonnes d’émissions de carbone.

Ce chiffre dépasse les 3,9 millions de tonnes de CO₂ émises par la société pétrolière ExxonMobile sur la seule année 2023, constate the Guardian. Une comparaison qui risque d’alimenter les débats : comme les États-Unis, en amont des élections de mi-mandat, ou, dans une moindre mesure, la France, le Royaume-Uni est traversé par des oppositions locales et nationales contre divers projets de centres de données.

De l’électricité qui ne peut être utilisée ailleurs

Les estimations d’émissions carbone produites par FoxGlove s’appuient sur les chiffres gouvernementaux relatifs à la production d’énergie. Auprès du Guardian, le gouvernement les qualifie de trompeuses, au motif qu’elles s’appuieraient sur une consommation de 100 % dès le lancement du centre de données, alors que celle-ci varie en fonction des besoins. L’ONG, elle, considère que présupposer un usage de l’intégralité des capacités énergétiques est une pratique standard de l’industrie des centres de données.

Dans tous les cas, l’ONG parvient à susciter le débat : à l’heure actuelle, le gouvernement britannique estime que ses plans de déploiement de centres de données à travers le pays pourront s’insérer dans ses dépenses énergétiques de manière à ce que le Royaume-Uni respecte ses objectifs climatiques. Pour autant, un des membres du comité d’audit environnemental du Parlement admet que ces données sont « un rappel saisissant » de la nécessité d’encadrer l’implantation des centres de données.

Pour divers représentants de la société civile, l’implantation des deux centres de données serait malgré tout « catastrophique » pour le budget carbone britannique, notamment parce qu’elle freine toute tentative de transition énergétique. Pour l’avocat Sam Hunter-Jones, en effet, chaque mégawatt d’électricité alloué à un data center est un mégawatt qui ne peut pas servir à se passer d’énergie fossile dans une autre activité.

Surtout, les deux établissements font partie des premiers à bénéficier d’une logique d’autorisation accélérée, grâce au statut de « national significant infrastructure project » (NSIP), un système similaire à celui de Projet d’infrastructure national majeur français. Pour les observateurs, l’existence même de ce statut est inquiétante, dans la mesure où le gouvernement britannique y a déjà inclus deux autres projets qui prévoient de s’équiper de turbines à gaz pour obtenir de l’énergie en attendant d’être reliés au réseau électrique local.

La politique britannique de l’IA pourrait se heurter à l’objection écossaise

Outre pour des questions environnementales, la politique britannique en matière de centres de données crée aussi des remous en raison des lieux d’implantation proposés. À l’échelle nationale, des personnalités comme le directeur exécutif de l’Opérateur national du système énergétique appellent en effet les acteurs immobiliers et les constructeurs de centres de données à s’installer au Royaume-Uni, en particulier au nord du pays. Parmi leurs arguments : la disponibilité en énergie et en eau, utile pour le refroidissement des serveurs, dont dispose l’île.

Sauf qu’en Écosse, un projet prévu au Nord d’Édimbourgh attire des centaines d’objections des riverains : celui d’Auchertool, dans la région de Fife. Présenté par ses promoteurs comme le deuxième plus gros datacenter au monde, le bâtiment doit faire 35 mètres de haut et s’étendre sur une surface équivalente à 100 terrains de football. D’un point de vue énergétique, il prévoit de nécessiter 600 mégawatts (MW), une capacité plus basse que celle annoncée par le géant français Campus IA (1,4 GW) ou son concurrent portugais Start Campus (1,2 GW).

Mais quelles que soient ses capacités vues depuis l’international, sur place, les riverains n’en veulent pas. Le bâtiment rencontre une opposition « énorme », selon David Torrance, membre du parlement écossais représentant le village. « Je n’ai jamais vu ce niveau d’objection sur un projet local, et je suis dans la politique depuis 25 ans », déclare-t-il au Guardian.

Ailleurs dans l’État, les projets prévus dans les villes d’Airdrie et de Larbert rencontrent eux aussi des oppositions, au point que le ministre des Finances écossais vient d’obliger les administrations à notifier son gouvernement pour tout projet de plus de 50 MW. Le gouvernement écossais commençait même à envisager un moratoire, selon la directrice de l’association Action to Protect Rural Scotland. S’ils le votent, cela pourrait remettre en question la politique industrielle adoptée par le Royaume-Uni en matière d’infrastructure dédiée à l’IA.

En février 2026, les 140 projets prévus à travers le pays étaient susceptibles d’atteindre 50 GW de puissance.

  •  

Au Royaume-Uni aussi, les protestations contre les centres de données se multiplient

Mondial vs local
Au Royaume-Uni aussi, les protestations contre les centres de données se multiplient

Comme aux États-Unis, en France et ailleurs, le Royaume-Uni est traversé de débats sur le bien-fondé de la multiplication des centres de données. Ceux-ci portent autant sur leurs impacts environnementaux que sur l’acceptation locale. En Écosse, l’opposition se fait particulièrement forte.

Les émissions carbone de seulement deux projets de centres de données prévus au Royaume-Uni devraient dépasser toutes celles d’ExxonMobil. Menée par Foxglove, une ONG britannique qui cherche à « rendre la technologie équitable pour tous », l’analyse constate que les projets de data centers prévus dans les comtés de Buckingham et de Bedford utiliseront à eux deux 1,3 gigawatt d’énergie, ce qui produirait plus de 4,5 millions de tonnes d’émissions de carbone.

Ce chiffre dépasse les 3,9 millions de tonnes de CO₂ émises par la société pétrolière ExxonMobile sur la seule année 2023, constate the Guardian. Une comparaison qui risque d’alimenter les débats : comme les États-Unis, en amont des élections de mi-mandat, ou, dans une moindre mesure, la France, le Royaume-Uni est traversé par des oppositions locales et nationales contre divers projets de centres de données.

De l’électricité qui ne peut être utilisée ailleurs

Les estimations d’émissions carbone produites par FoxGlove s’appuient sur les chiffres gouvernementaux relatifs à la production d’énergie. Auprès du Guardian, le gouvernement les qualifie de trompeuses, au motif qu’elles s’appuieraient sur une consommation de 100 % dès le lancement du centre de données, alors que celle-ci varie en fonction des besoins. L’ONG, elle, considère que présupposer un usage de l’intégralité des capacités énergétiques est une pratique standard de l’industrie des centres de données.

Dans tous les cas, l’ONG parvient à susciter le débat : à l’heure actuelle, le gouvernement britannique estime que ses plans de déploiement de centres de données à travers le pays pourront s’insérer dans ses dépenses énergétiques de manière à ce que le Royaume-Uni respecte ses objectifs climatiques. Pour autant, un des membres du comité d’audit environnemental du Parlement admet que ces données sont « un rappel saisissant » de la nécessité d’encadrer l’implantation des centres de données.

Pour divers représentants de la société civile, l’implantation des deux centres de données serait malgré tout « catastrophique » pour le budget carbone britannique, notamment parce qu’elle freine toute tentative de transition énergétique. Pour l’avocat Sam Hunter-Jones, en effet, chaque mégawatt d’électricité alloué à un data center est un mégawatt qui ne peut pas servir à se passer d’énergie fossile dans une autre activité.

Surtout, les deux établissements font partie des premiers à bénéficier d’une logique d’autorisation accélérée, grâce au statut de « national significant infrastructure project » (NSIP), un système similaire à celui de Projet d’infrastructure national majeur français. Pour les observateurs, l’existence même de ce statut est inquiétante, dans la mesure où le gouvernement britannique y a déjà inclus deux autres projets qui prévoient de s’équiper de turbines à gaz pour obtenir de l’énergie en attendant d’être reliés au réseau électrique local.

La politique britannique de l’IA pourrait se heurter à l’objection écossaise

Outre pour des questions environnementales, la politique britannique en matière de centres de données crée aussi des remous en raison des lieux d’implantation proposés. À l’échelle nationale, des personnalités comme le directeur exécutif de l’Opérateur national du système énergétique appellent en effet les acteurs immobiliers et les constructeurs de centres de données à s’installer au Royaume-Uni, en particulier au nord du pays. Parmi leurs arguments : la disponibilité en énergie et en eau, utile pour le refroidissement des serveurs, dont dispose l’île.

Sauf qu’en Écosse, un projet prévu au Nord d’Édimbourgh attire des centaines d’objections des riverains : celui d’Auchertool, dans la région de Fife. Présenté par ses promoteurs comme le deuxième plus gros datacenter au monde, le bâtiment doit faire 35 mètres de haut et s’étendre sur une surface équivalente à 100 terrains de football. D’un point de vue énergétique, il prévoit de nécessiter 600 mégawatts (MW), une capacité plus basse que celle annoncée par le géant français Campus IA (1,4 GW) ou son concurrent portugais Start Campus (1,2 GW).

Mais quelles que soient ses capacités vues depuis l’international, sur place, les riverains n’en veulent pas. Le bâtiment rencontre une opposition « énorme », selon David Torrance, membre du parlement écossais représentant le village. « Je n’ai jamais vu ce niveau d’objection sur un projet local, et je suis dans la politique depuis 25 ans », déclare-t-il au Guardian.

Ailleurs dans l’État, les projets prévus dans les villes d’Airdrie et de Larbert rencontrent eux aussi des oppositions, au point que le ministre des Finances écossais vient d’obliger les administrations à notifier son gouvernement pour tout projet de plus de 50 MW. Le gouvernement écossais commençait même à envisager un moratoire, selon la directrice de l’association Action to Protect Rural Scotland. S’ils le votent, cela pourrait remettre en question la politique industrielle adoptée par le Royaume-Uni en matière d’infrastructure dédiée à l’IA.

En février 2026, les 140 projets prévus à travers le pays étaient susceptibles d’atteindre 50 GW de puissance.

  •  

Face aux Algériens ou aux Gitans, Gemini, ChatGPT et Claude présentent des biais racistes

Qui aurait pu prédire, prévenir, agir ?
Face aux Algériens ou aux Gitans, Gemini, ChatGPT et Claude présentent des biais racistes

Ce 23 août, l’humoriste Alicia C’est Tout repérait un biais raciste dans les résumés IA de Google. Next a reproduit et étendu son expérience sur les modèles de langage les plus couramment utilisés, et constate la production de stéréotypes en fonction de diverses nationalités ou groupes ethniques.

Mise à jour 25 août, 15 h : ajout des expérimentations sur Grok.

Tout est parti d’une vidéo, devenue virale. On y voit une page Google, dans laquelle l’humoriste Alicia c’est tout tape d’abord « je suis seule avec un italien ». En haut de la page de résultat, le résumé IA de Google recommande « Profitez du charme à l’italienne, mais restez à l’écoute de votre intuition si vous ne vous sentez pas en sécurité ». Puis l’humoriste recommence, cette fois-ci avec la phrase « Je suis seule avec un algérien ». Dès la deuxième phrase, le résumé IA indique « Si vous vous sentez en danger ou si vous avez besoin d’aidez immédiatement, appelez le 17 (police) ou le 114 (par sms) ».

En deux recherches, l’humoriste et internaute illustre un phénomène bien connu des informaticiens, mais aux conséquences complexes une fois déployé dans le monde social : les biais inhérents à la fabrication des modèles de langage.

Nous avons reproduit et étendu son expérience sur Gemini, le robot de Google, et ses principaux concurrents ChatGPT (OpenAI) et Claude (Anthropic), et chacun semble présenter, dans une mesure variable, des biais favorables aux nationalités occidentales que nous avons testées, et défavorables à plusieurs nationalités d’Afrique. Un groupe social est représenté d’office comme dangereux par les trois robots : celui des gitans. Ce résultat s’explique par la prévalence de l’anti-tziganisme, une forme de racisme aussi méconnue qu’elle est fréquente.

Tester la phrase « Je suis seule avec… » dans différents robots

Pour mener notre expérimentation, nous avons avant tout repris celle d’Alicia C’est Tout, qui comparait les résultats obtenus pour les nationalités italienne et algérienne, en l’étendant en fonction de l’histoire française.

Côté européen, nous avons tantôt testé la phrase « Je suis seule avec … » sur les nationalités espagnole, allemande ou suédoise. Du côté des minorités régulièrement discriminées, nous avons essayé avec des nationalités relevant de l’histoire coloniale française ou des récentes vagues de migration vers l’Europe. À des fins de comparaison entre les différents robots génératifs, nous avons pris le parti de tester directement les différentes requêtes dans les fenêtres de discussion avec Gemini, ChatGPT ou Claude.

Premier constat : l’expérience ne se déroule pas de la même manière selon qu’on la mène dans une seule fenêtre de discussion, ou dans plusieurs. Dans notre premier élan, nous avons commencé par entrer les phrases « Je suis seule avec un espagnol / un italien / un tunisien / un algérien » dans une seule et même conversation. Dans une telle configuration, le robot nous fournit chaque fois des accroches linguistiques ou thématiques pour discuter avec la personne avec laquelle nous nous trouvons.

Gemini / Capture d’écran Next
Gemini / Capture d’écran Next
Gemini / Capture d’écran Next
Gemini / Capture d’écran Next

Deuxième constat : Gemini est le seul à répondre directement à l’affirmation « Je suis seule avec [insérer une nationalité] ». Pour les deux autres, il nous faut adapter la requête pour avoir une réponse comparable. Face à ChatGPT et Claude, nous adoptons donc une approche plus directe : « Je suis seule avec [insérer une nationalité], que faire ? »

Troisième constat : il est possible de tester Gemini et ChatGPT sans ouvrir de session. Pour Claude et Grok, en revanche, nous avons dû mener nos expérimentations en nous connectant à nos comptes, dont les historiques peuvent avoir, d’une manière ou d’une autre, influencé les résultats.

Gemini, prompt à recommander l’appel à la police

Après quelques essais, nous décidons de tester Gemini depuis une fenêtre Firefox, en navigation privée, en ouvrant chaque fois une nouvelle discussion. Pendant un moment, le robot refuse de fournir une réponse particulière, comme si un filtre avait été activé sur cette formulation précise.

Gemini / Capture d’écran Next
Gemini / Capture d’écran Next

Nous relançons nos recherches depuis une nouvelle fenêtre, toujours en navigation privée. Cette fois-ci, le robot commence par nous demander de lui préciser notre requête.

Gemini / Capture d’écran Next

Alors que nous le testons sur la nationalité somalienne, depuis un nouvel onglet et une nouvelle discussion, le robot suggère un sentiment d’inquiétude ou un potentiel problème. Nous lui demandons de préciser.

Gemini / Capture d’écran Next
Gemini / Capture d’écran Next

Nous le testons ensuite sur la phrase « Je suis seule avec un gitan ». En trois phrases, le robot suggère que l’internaute puisse être « en détresse » ou ne pas sentir « en sécurité », l’enjoignant à appeler ou écrire à la Police ou la Gendarmerie via le 17 (appel) ou le 114 (sms).

Gemini / Capture d’écran Next

Il reste 60% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

Taxe au gigaoctet, IA éthique : comment le Parti socialiste aborde le numérique

La technique est-elle nécessairement un progrès ? Vous avez 4 heures
Taxe au gigaoctet, IA éthique : comment le Parti socialiste aborde le numérique

Le Parti socialiste se réunit les 28 et 29 août à Blois. Next détaille le pan numérique du projet socialiste, adopté en juin par ses militants.

Comment le Parti socialiste perçoit-il la question numérique ? En juin, le parti adoptait son projet Socialiste, construit à partir des contributions d’élus, de parlementaires et de citoyens. Rédigé sous la direction de l’eurodéputée Chloé Ridel, le texte a été approuvé par 83 % des membres votants.

Structuré en six chapitres (Vivre libres, Être en sécurité(s), S’épanouir à égalité, Vivre avec la nature, Refaire la société et Pacifier le monde), le programme aborde principalement le numérique dans une sous-partie de son chapitre dédié à la liberté. Lorsqu’on s’y penche, cela dit, les enjeux technologiques affleurent dans quelques autres thématiques du document politique, dont de nombreuses propositions relèvent de l’échelle européenne.

L’explorer permet de se faire une première idée du programme numérique que pourrait porter le ou la candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2027. Ce chef de file sera élu en octobre, lors de primaires auxquelles participeront non seulement les militants socialistes, mais aussi ceux de formations comme Place publique, dont le leader Raphaël Glucksmann s’est déclaré candidat ce 23 août au soir.

Renforcer les textes européens, taxer au gigaoctet

Pour le Parti socialiste, l’enjeu est simple : « les choix techniques sont aujourd’hui captés par les géants de la tech et quelques milliardaires ». Il faut donc « reprendre la main » et « échapper aux nouvelles servitudes numériques ».

Pour y parvenir, le programme propose avant tout de renforcer les textes nationaux et européens pensés pour sécuriser l’espace numérique. Ainsi de la proposition de « durcir » les règlements sur les services et les marchés européens, notamment pour « encadrer l’économie de l’attention et la marchandisation des comportements en ligne » – une préoccupation similaire à celle des Écologistes.

Une autre proposition sonne comme un paradoxe connu des débats sur les systèmes de vérification d’âge : il s’agirait de « garantir la protection des données des utilisateurs par une vérification d’identité numérique sécurisée et open-source ». Aucune précision n’est formulée sur les hypothétiques attaques contre le service qui se verrait doté de la collecte de ces données. Pour équiper les citoyens eux-mêmes, le PS propose de « renforcer la prévention (…) pour prévenir les manipulations, emprises, addictions au numérique ».


Il reste 80% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.

Lorsqu’on fait une pause, on est nombreux à avoir très facilement le réflexe de sortir le smartphone et de scroller sur notre application favorite. Mais, en présence de quelqu’un, ce comportement devient rapidement un acte qualifié de « phubbing » (contraction de phone et snubbing ou « télésnobage », contraction de téléphone et de snober en français).

La dénonciation de cette pratique n’est pas nouvelle, des chercheurs viennent d’ailleurs de publier une revue systématique des études qui traitent de ce sujet. Mais beaucoup d’enfants se plaignent toujours du comportement de leurs parents concernant leurs smartphones et peu d’études listées dans cette revue systématique s’intéressent à cette situation en famille.

Une relation parents enfants altérée

On a donc encore du mal à quantifier les conséquences sur leurs affects, mais pourtant, 70 % des enfants interrogés par des chercheurs considèrent que l’utilisation des appareils par la personne qui s’occupe principalement d’eux a un impact au moins partiellement négatif sur leur relation.

Cette réponse, les enfants l’ont donnée dans le cadre d’une étude mise en place par le chercheur en psychologie du Newport Healthcare (à Nashville), Don Grant et ses collègues, publiée récemment dans la revue Frontiers in Psychology.

Ces chercheurs ont mis en place un test, appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS), qui veut mesurer, comme son nom l’indique, les interférences des smartphones dans la relation d’attachement entre parents et enfants.

Ainsi, ils ont interrogé 575 enfants de 12 à 17 ans, en les recrutant sur la plateforme Qualtrics. Ils les ont interrogés sur les perceptions des effets de l’utilisation de leurs smartphones par l’adulte qui s’occupe principalement d’eux. Cet adulte était en majorité (450) une figure maternelle (une mère, belle-mère, grand-mère) et pour 125 d’entre eux, une figure paternelle. Les chercheurs ont demandé aux enfants la fréquence (0 = jamais, 1 = rarement, 2 = parfois, 3 = souvent, 4 = presque toujours) de chaque élément du questionnaire.

Ainsi, l’affirmation « la personne qui s’occupe principalement de moi passe son temps sur ses appareils alors qu’elle devrait faire autre chose », recueille 67 % d’accord au moins partiel auprès des enfants interrogés.

Une corrélation entre des scores élevés et un attachement plus précaire

Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir « observé une tendance à l’association entre des scores DAIS plus élevés et un attachement plus précaire (à la fois anxieux et évitant) envers les figures maternelles et paternelles ». Cependant, ils admettent volontiers que leurs résultats sont bien des corrélations et qu’ils ne permettent pas de conclure à une causalité. Ils ajoutent que plusieurs affirmations contenues dans leur test « évaluent des réactions émotionnelles, ce qui pourrait, d’un point de vue conceptuel, recouper l’attachement anxieux » et que leur échantillon n’est pas encore suffisamment important pour en tirer des conclusions définitives.

Ajoutons que le fait de s’être focalisé sur la perception d’une seule des personnes qui s’occupent d’eux oublie la responsabilité des adultes qui ne sont pas considérés par les enfants comme s’occupant principalement d’eux, souvent une figure paternelle.

Dans leur communiqué, les chercheurs affirment que « si de nombreux facteurs influençant l’attachement, tels que la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale, peuvent être difficiles à modifier, l’utilisation du téléphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle plus direct ». Ils ajoutent que « jeter un coup d’œil rapide à un écran peut sembler anodin, mais cette étude suggère que des moments répétés d’attention partagée pourraient progressivement influencer le sentiment de disponibilité affective d’un parent, avec des conséquences potentielles sur l’attachement qui peuvent s’étendre bien au-delà de l’enfance ».

  •  

Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.

Lorsqu’on fait une pause, on est nombreux à avoir très facilement le réflexe de sortir le smartphone et de scroller sur notre application favorite. Mais, en présence de quelqu’un, ce comportement devient rapidement un acte qualifié de « phubbing » (contraction de phone et snubbing ou « télésnobage », contraction de téléphone et de snober en français).

La dénonciation de cette pratique n’est pas nouvelle, des chercheurs viennent d’ailleurs de publier une revue systématique des études qui traitent de ce sujet. Mais beaucoup d’enfants se plaignent toujours du comportement de leurs parents concernant leurs smartphones et peu d’études listées dans cette revue systématique s’intéressent à cette situation en famille.

Une relation parents enfants altérée

On a donc encore du mal à quantifier les conséquences sur leurs affects, mais pourtant, 70 % des enfants interrogés par des chercheurs considèrent que l’utilisation des appareils par la personne qui s’occupe principalement d’eux a un impact au moins partiellement négatif sur leur relation.

Cette réponse, les enfants l’ont donnée dans le cadre d’une étude mise en place par le chercheur en psychologie du Newport Healthcare (à Nashville), Don Grant et ses collègues, publiée récemment dans la revue Frontiers in Psychology.

Ces chercheurs ont mis en place un test, appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS), qui veut mesurer, comme son nom l’indique, les interférences des smartphones dans la relation d’attachement entre parents et enfants.

Ainsi, ils ont interrogé 575 enfants de 12 à 17 ans, en les recrutant sur la plateforme Qualtrics. Ils les ont interrogés sur les perceptions des effets de l’utilisation de leurs smartphones par l’adulte qui s’occupe principalement d’eux. Cet adulte était en majorité (450) une figure maternelle (une mère, belle-mère, grand-mère) et pour 125 d’entre eux, une figure paternelle. Les chercheurs ont demandé aux enfants la fréquence (0 = jamais, 1 = rarement, 2 = parfois, 3 = souvent, 4 = presque toujours) de chaque élément du questionnaire.

Ainsi, l’affirmation « la personne qui s’occupe principalement de moi passe son temps sur ses appareils alors qu’elle devrait faire autre chose », recueille 67 % d’accord au moins partiel auprès des enfants interrogés.

Une corrélation entre des scores élevés et un attachement plus précaire

Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir « observé une tendance à l’association entre des scores DAIS plus élevés et un attachement plus précaire (à la fois anxieux et évitant) envers les figures maternelles et paternelles ». Cependant, ils admettent volontiers que leurs résultats sont bien des corrélations et qu’ils ne permettent pas de conclure à une causalité. Ils ajoutent que plusieurs affirmations contenues dans leur test « évaluent des réactions émotionnelles, ce qui pourrait, d’un point de vue conceptuel, recouper l’attachement anxieux » et que leur échantillon n’est pas encore suffisamment important pour en tirer des conclusions définitives.

Ajoutons que le fait de s’être focalisé sur la perception d’une seule des personnes qui s’occupent d’eux oublie la responsabilité des adultes qui ne sont pas considérés par les enfants comme s’occupant principalement d’eux, souvent une figure paternelle.

Dans leur communiqué, les chercheurs affirment que « si de nombreux facteurs influençant l’attachement, tels que la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale, peuvent être difficiles à modifier, l’utilisation du téléphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle plus direct ». Ils ajoutent que « jeter un coup d’œil rapide à un écran peut sembler anodin, mais cette étude suggère que des moments répétés d’attention partagée pourraient progressivement influencer le sentiment de disponibilité affective d’un parent, avec des conséquences potentielles sur l’attachement qui peuvent s’étendre bien au-delà de l’enfance ».

  •  

Le géant chinois Bilibili part à l’assaut de YouTube

La drague des influenceurs
Le géant chinois Bilibili part à l’assaut de YouTube

YouTube règne en maître dans le secteur de la vidéo en ligne. Mais même si la plateforme de Google paraît inébranlable, les positions de force peuvent toujours changer à la faveur d’un nouvel entrant sur le marché. Et celui qui arrive est redoutable.

Bilibili est un des géants chinois de la vidéo en ligne. Lancée en 2010 avec une spécialisation sur l’animation, les comics et les jeux, la plateforme a rapidement musclé son répertoire jusqu’à ressembler au YouTube que l’on connait. Si son site chinois est accessible partout dans le monde, Bilibili reste avant tout ancré en Chine et en Asie.

Le groupe exploite aussi Bstation, une offre internationale destinée notamment à l’Asie du Sud-Est, avec une interface en anglais et dans plusieurs autres langues. Cela devrait évoluer : le groupe basé à Shanghai a relancé son application Android sur le Play Store de Google, après avoir débranché la précédente mouture en septembre 2025.

Bilibili dans les starting blocks à l’international

Cette ancienne version « internationale » de l’app Bilibili était allégée par rapport à l’original : une bonne partie des fonctions était absente (notamment tout ce qui touche au commerce en ligne). Elle affichait aussi moins de publicité, ce qui explique pourquoi elle rencontrait également un certain succès en Chine. L’application avait accumulé près de 10 millions de téléchargements.

Bilibili a donc ressuscité son application sur le Play Store. L’icône a été remaniée (elle passe du blanc au rose), tout comme l’interface. C’est le signe d’une nouvelle offensive internationale pour la plateforme chinoise. Semafor explique en effet que cette relance s’accompagnera d’un site web en anglais ainsi que d’embauches au Japon, aux États-Unis et en Europe (des community managers à Los Angeles, Londres, Mexico, São Paulo, Istanbul et Tokyo) pour courtiser les créateurs.

Cette nouvelle app ne réclame plus de vérification de l’identité pour les utilisateurs ni pour les créateurs de contenus à l’inscription : ils n’ont plus besoin de fournir de pièces d’identité ou un passeport pour poster sur le site. Un compte X (anciennement Twitter) a été lancé pour faire connaitre la plateforme aux créateurs : « Bilibili se lance à l’international », annonce un des messages, et un Discord a également ouvert.

Sur ce serveur, un document vante aux influenceurs un espace qui touchera des utilisateurs « très Gen Z, aisés et bien éduqués ». Une place de marché, encore en développement, leur permettra de contacter des marques pour des contenus sponsorisés. Un système de modération par IA est également dans les tuyaux, ainsi qu’une version iOS de l’application.

Bilibili pousse plusieurs célébrités occidentales, comme MrBeast, à publier du contenu sur son principal site en chinois accessible dans le monde entier (376 millions d’utilisateurs actifs mensuels). Mais cette fois, la plateforme veut manifestement s’en prendre au grand rival américain qui a une belle longueur d’avance : l’audience publicitaire de YouTube dépassait 2,5 milliards de personnes dans le monde début 2025, selon des chiffres de DataReportal.

La volonté seule ne suffira sans doute pas à Bilibili pour passer entre les gouttes aux États-Unis, où TikTok a failli être interdit. Une coentreprise mêlant Bytedance et des sociétés américaines (et même française avec la holding NJJ de Xavier Niel) a finalement pu reprendre les activités US du réseau social. Bilibili va devoir naviguer en eaux troubles.

Netflix sur les platebandes de YouTube

YouTube a de son côté d’autres problèmes à gérer. Des indiscrétions de Bloomberg ont raconté ce 19 août que le service de Google proposait aux créateurs les plus en vue des millions de dollars pour une exclusivité temporaire sur leurs vidéos. YouTube cherche à couper l’herbe sous le pied de Netflix qui lorgne de plus en plus sur les contenus des influenceurs pour booster l’engagement.

Netflix s’est déjà mis dans la poche plusieurs créateurs pour qu’ils postent leurs vidéos simultanément sur sa plateforme et sur YouTube. Ce dernier voit ce petit manège d’un très mauvais œil : non seulement cela nuirait à l’audience des créateurs sur YouTube, mais surtout, publier sur Netflix donne l’impression que les chaînes ne considèrent plus YouTube comme leur principal canal de diffusion. Voilà qui n’est pas bon pour les affaires publicitaires.

YouTube aurait même mis en place des mesures de rétorsion : ceux qui signent avec Netflix sont susceptibles d’être moins mis en avant dans les campagnes marketing ou lors d’événements. Les « traîtres » seraient aussi exclus du partage des revenus générés par les grandes campagnes de publicité. L’arrivée de Bilibili pourrait néanmoins forcer YouTube, et Netflix dans une moindre mesure, à améliorer leurs offres pour les créateurs.

  •  

Le géant chinois Bilibili part à l’assaut de YouTube

La drague des influenceurs
Le géant chinois Bilibili part à l’assaut de YouTube

YouTube règne en maître dans le secteur de la vidéo en ligne. Mais même si la plateforme de Google paraît inébranlable, les positions de force peuvent toujours changer à la faveur d’un nouvel entrant sur le marché. Et celui qui arrive est redoutable.

Bilibili est un des géants chinois de la vidéo en ligne. Lancée en 2010 avec une spécialisation sur l’animation, les comics et les jeux, la plateforme a rapidement musclé son répertoire jusqu’à ressembler au YouTube que l’on connait. Si son site chinois est accessible partout dans le monde, Bilibili reste avant tout ancré en Chine et en Asie.

Le groupe exploite aussi Bstation, une offre internationale destinée notamment à l’Asie du Sud-Est, avec une interface en anglais et dans plusieurs autres langues. Cela devrait évoluer : le groupe basé à Shanghai a relancé son application Android sur le Play Store de Google, après avoir débranché la précédente mouture en septembre 2025.

Bilibili dans les starting blocks à l’international

Cette ancienne version « internationale » de l’app Bilibili était allégée par rapport à l’original : une bonne partie des fonctions était absente (notamment tout ce qui touche au commerce en ligne). Elle affichait aussi moins de publicité, ce qui explique pourquoi elle rencontrait également un certain succès en Chine. L’application avait accumulé près de 10 millions de téléchargements.

Bilibili a donc ressuscité son application sur le Play Store. L’icône a été remaniée (elle passe du blanc au rose), tout comme l’interface. C’est le signe d’une nouvelle offensive internationale pour la plateforme chinoise. Semafor explique en effet que cette relance s’accompagnera d’un site web en anglais ainsi que d’embauches au Japon, aux États-Unis et en Europe (des community managers à Los Angeles, Londres, Mexico, São Paulo, Istanbul et Tokyo) pour courtiser les créateurs.

Cette nouvelle app ne réclame plus de vérification de l’identité pour les utilisateurs ni pour les créateurs de contenus à l’inscription : ils n’ont plus besoin de fournir de pièces d’identité ou un passeport pour poster sur le site. Un compte X (anciennement Twitter) a été lancé pour faire connaitre la plateforme aux créateurs : « Bilibili se lance à l’international », annonce un des messages, et un Discord a également ouvert.

Sur ce serveur, un document vante aux influenceurs un espace qui touchera des utilisateurs « très Gen Z, aisés et bien éduqués ». Une place de marché, encore en développement, leur permettra de contacter des marques pour des contenus sponsorisés. Un système de modération par IA est également dans les tuyaux, ainsi qu’une version iOS de l’application.

Bilibili pousse plusieurs célébrités occidentales, comme MrBeast, à publier du contenu sur son principal site en chinois accessible dans le monde entier (376 millions d’utilisateurs actifs mensuels). Mais cette fois, la plateforme veut manifestement s’en prendre au grand rival américain qui a une belle longueur d’avance : l’audience publicitaire de YouTube dépassait 2,5 milliards de personnes dans le monde début 2025, selon des chiffres de DataReportal.

La volonté seule ne suffira sans doute pas à Bilibili pour passer entre les gouttes aux États-Unis, où TikTok a failli être interdit. Une coentreprise mêlant Bytedance et des sociétés américaines (et même française avec la holding NJJ de Xavier Niel) a finalement pu reprendre les activités US du réseau social. Bilibili va devoir naviguer en eaux troubles.

Netflix sur les platebandes de YouTube

YouTube a de son côté d’autres problèmes à gérer. Des indiscrétions de Bloomberg ont raconté ce 19 août que le service de Google proposait aux créateurs les plus en vue des millions de dollars pour une exclusivité temporaire sur leurs vidéos. YouTube cherche à couper l’herbe sous le pied de Netflix qui lorgne de plus en plus sur les contenus des influenceurs pour booster l’engagement.

Netflix s’est déjà mis dans la poche plusieurs créateurs pour qu’ils postent leurs vidéos simultanément sur sa plateforme et sur YouTube. Ce dernier voit ce petit manège d’un très mauvais œil : non seulement cela nuirait à l’audience des créateurs sur YouTube, mais surtout, publier sur Netflix donne l’impression que les chaînes ne considèrent plus YouTube comme leur principal canal de diffusion. Voilà qui n’est pas bon pour les affaires publicitaires.

YouTube aurait même mis en place des mesures de rétorsion : ceux qui signent avec Netflix sont susceptibles d’être moins mis en avant dans les campagnes marketing ou lors d’événements. Les « traîtres » seraient aussi exclus du partage des revenus générés par les grandes campagnes de publicité. L’arrivée de Bilibili pourrait néanmoins forcer YouTube, et Netflix dans une moindre mesure, à améliorer leurs offres pour les créateurs.

  •  

☕️ La vérification d’âge augmente l’usage de sites porno illégaux, selon Pornhub



Le système de vérification d’âge des sites pornographiques mis en place au Royaume-Uni depuis 2025 pousse l’usage de sites pornographiques irrespectueux de la loi, déclare Pornhub dans une lettre adressée à 300 représentants locaux.

En vertu de l’Online Safety Act, les sites en question sont supposés vérifier l’âge des utilisateurs pour éviter que des mineurs n’accèdent à ces contenus. Les moyens utilisés reposent généralement sur de la reconnaissance faciale ou des vérifications de carte de crédit, rappelle le Financial Times.

Pour Pornhub, site pornographique le plus visité du pays et concurrent direct des plateformes irrespectueuses de la loi, le texte a « échoué » dans sa mission de protection des mineurs.

En effet, constate l’entreprise, en juin 2026, sept des dix premiers résultats pour la recherche de « porno gratuit » en ligne renvoyaient vers des sites non conformes à la législation britannique. Un résultat qui rejoint ceux déjà relevés dans des enquêtes menées par des médias ou des universitaires courant 2025.

Illustration : Flock

D’après le régulateur local du numérique, l’Ofcom, l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act a mené à une chute d’environ un tiers des visites de sites pornographiques. Mi-juillet, l’institution notait aussi que le recours aux VPN (Virtual Private Network, qui permettent notamment de se localiser en dehors du pays) avait quasiment doublé (+ 83 % d’utilisateurs) depuis l’application de la loi.

Pour la maison mère de Pornhub, Aylo (anciennement Mindgeek), la vérification d’âge la plus efficace devrait être réalisée depuis l’équipement utilisé par les internautes, et non par la plateforme à laquelle ces derniers accèdent. L’Ofcom, elle, affirme que l’Online Safety Act sécurise la vie des mineurs britanniques. Auprès du Financial Times, elle admet néanmoins que « le travail n’est pas fini », et que des actions supplémentaires sont nécessaires « de la part de l’industrie technologique », d’autant plus dans une perspective d’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. 


En Australie, qui a adopté une telle interdiction début 2025, des critiques similaires ont émergé, selon lesquelles les mineurs parviennent sans grande peine à passer outre les systèmes de vérification d’âge mis en place.

  •  
❌