Au lendemain de sa troisième sortie extravéhiculaire, l'astronaute Sophie Adenot a répondu aux questions de la presse en direct, depuis l'espace. La Française a partagé à quel point ces sorties hors de l'ISS sont aussi enthousiasmantes qu'éprouvantes.
Le fabricant de dispositifs cardiaques Boston Scientific a confirmé qu’une cyberattaque affecte directement la télésurveillance de certains de ses nouveaux implants.
En raison d’un grave manque de financements, le Nigeria est le pays du monde où il est le plus dangereux d’accoucher. Pour échapper aux maternités débordées et aux soins impersonnels, des femmes en viennent donc à recourir aux pratiques ancestrales des herboristes, des grands-mères ou des sages-femmes, rapporte “Minority Africa”.
Et si l'intelligence artificielle concevait elle-même les médicaments de demain ? Des chercheurs de Stanford ont créé un algorithme capable de générer de l'ADN de toutes pièces pour détruire des bactéries ultra-résistantes !L’article Quand l’IA invente de nouveaux virus pour nous soigner est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
La fin des piqûres quotidiennes ? Des biologistes chinois ont mis au point un probiotique intelligent surveillant le sucre dans le sang et pouvant « sécréter son propre remède directement depuis notre intestin ». Le diabète représente une urgence sanitaire mondiale affectant des centaines de millions d’adultes, condamnant de nombreux patients à la surveillance continue […]L’article Diabète : les injections remplacées par un simple yaourt ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
Quelques gouttes sur l'oreiller d'un enfant. Un diffuseur dans le salon. Une huile essentielle pendant la grossesse. Ces gestes paraissent anodins. Ils ne le sont pas toujours.L’article Huiles essentielles : le grand double standard est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
À Singapour, un rack de serveurs calcule désormais avec de vrais neurones humains cultivés en laboratoire, et non avec des puces en silicium. Derrière ce prototype, un pari : alléger la facture énergétique de l'intelligence artificielle.
À Singapour, un rack de serveurs calcule désormais avec de vrais neurones humains cultivés en laboratoire, et non avec des puces en silicium. Derrière ce prototype, un pari : alléger la facture énergétique de l'intelligence artificielle.
40 % de cancers du sein supplémentaires chez les hôtesses de l’air. Un chiffre spectaculaire qui a participé à la première reconnaissance de cette pathologie comme maladie professionnelle. Mais travailler à bord d’un avion augmente-t-il réellement le risque ?L’article Cancer du sein chez les hôtesses de l’air : le coupable est-il à bord ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
Une étude menée par l’université d’East Anglia s’est intéressée aux conséquences possibles des baignades dans les lacs et les rivières en matière de troubles gastro-intestinaux et problèmes dermatologiques. Celle-ci confirme que s’immerger dans ces eaux douces, notamment si elles présentent une haute concentration de certaines bactéries, implique des risques pour la santé.
Chez les personnes âgées, la vaccination contre le zona est fortement recommandée. Et elle pourrait même avoir un effet bénéfique significatif sur la santé cardiovasculaire. Cette observation, qui demande à être confirmée, enthousiasme la presse internationale.
Image d’illustration du virus de la varicelle. Après une première infection, ce virus peut rester dormant dans l’organisme pendant des décennies. À l’occasion de sa réactivation, la personne développe un zona, qui se manifeste sous la forme d’une éruption cutanée très douloureuse.
Les sécheresses favorisent certains pathogènes et sont à l’origine du déclenchement d’épidémies. Des chercheurs explorent cette observation contre-intuitive et tentent de comprendre les mécanismes à l’œuvre pour améliorer la prévention.
Les Français se préparent à une nouvelle éclipse à la fin du mois d'août 2026. Quelques jours après l'éclipse solaire du 12 août, c'est la Lune qui passe dans l'ombre de la Terre. Mais faut-il protéger encore une fois ses yeux pour l'observer sans danger ? Devez-vous réutiliser vos lunettes d'éclipse ?
« Manger bio permet de réduire de 48 % son exposition au cadmium. » Depuis des mois, médias et politiques répètent ce chiffre avec aplomb. Pourtant, entre manipulation statistique et soupçons de conflits d'intérêts, son histoire est proprement sidérante.L’article Cadmium : la méta-analyse pipée qui a fait basculer l’opinion est apparu en premier sur Les Électrons Libres.
À compter du 1er septembre 2026, refuser un médicament de substitution proposé par le pharmacien à la place du produit mentionné sur l’ordonnance aura des conséquences pour le portefeuille du patient.
Voilà quelques semaines, le géant de la tech a proposé de relâcher des millions de moustiques stériles en Californie et en Floride. L’objectif ? Réduire la population de ces vecteurs de maladies. La technique n’est pas nouvelle, rappelle ce journal italien, mais Google entend la doper à l’IA.
Dans l’enclave palestinienne, le nombre de grossesses interrompues prématurément a augmenté de façon spectaculaire ces derniers mois. Une conséquence des conditions de vie imposées par le conflit et le siège, auxquelles les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables.
Ce petit insecte vecteur de maladies colonise toujours plus le territoire et l’imaginaire des Américains, au point que certains redoutent de mettre le nez dehors. Cette chroniqueuse du “Financial Times”, qui a grandi dans le Midwest, n’est pourtant pas prête à y renoncer.
Non, ce n’était pas mieux avant. Vraiment pas. En un siècle, l’humanité a gagné quarante ans d’espérance de vie. Pas grâce à la sagesse des anciens, mais grâce à des molécules, des vaccins et à quelques chercheurs de génie. Une révolution silencieuse, l’une des plus grandes de l’histoire humaine.
Voici une question simple : savez-vous ce qui vous aurait tué si vous étiez né il y a deux cents ans ? Pas forcément la guerre. Pas forcément la famine. Très probablement une infection. Une eau contaminée. Une plaie mal nettoyée. Une pneumonie. Une rage de dents devenue septicémie. En 1900, l’espérance de vie mondiale était d’environ 31 ans. Aujourd’hui, elle dépasse 71 ans. Ce bond prodigieux n’est pas tombé du ciel. Il est devenu possible lorsque nous avons compris que nos ennemis invisibles avaient un nom, une forme et qu’ils pouvaient être combattus.
L’enfer ordinaire d’avant la médecine moderne
Pour comprendre l’ampleur du chemin parcouru, il faut accepter de regarder en face ce qu’était la vie avant la révolution médicale. Jusqu’au XIXᵉ siècle, les villes d’Europe étaient des bouillons de culture au sens le plus littéral du terme. Les humains vivaient au milieu de leurs animaux, les excréments contaminaient les puits et les rivières, et les maisons en bois, humides, sombres et mal ventilées, offraient un terrain idéal à la vermine et aux micro-organismes. Comme l’a sobrement noté un historien de l’époque, « du point de vue de la santé, la seule chose à dire en leur faveur est qu’elles brûlaient facilement ». Et avec elles, les parasites et les maladies qu’elles abritaient.
La peste revenait régulièrement ravager les villes. À Besançon, elle frappa quarante fois entre 1439 et 1640. La peste noire du XIVᵉ siècle avait tué une part immense de la population européenne. À Londres, en 1349, plus de deux cents cadavres étaient enterrés chaque jour dans un seul cimetière. Face à cela, que proposaient les médecins ? Des saignées. On ligaturait le bras du patient, on ouvrait la veine, on le vidait d’une partie de son sang, ce qui achevait souvent les plus faibles. En France, rien qu’en 1846, trente millions de sangsues furent utilisées à des fins médicales. Pour des résultats nuls, voire négatifs.
Les mères mouraient en couches. Les enfants mouraient de rougeole, de scarlatine, de coqueluche. Les blessés mouraient d’infection faute d’antibiotiques. Les opérés mouraient sur la table faute d’anesthésie, ou dans les jours suivants faute de désinfectants. Vieillir, dans ce monde-là, c’était perdre la vue, perdre l’usage de ses jambes, souffrir longtemps et mourir tôt.
Médecine sans chimie : qui veut vivre comme un roi ?
Pendant des millénaires, l’humanité a combattu un ennemi qu’elle ne pouvait pas voir. Lorsque Joseph Jackson Lister met au point le microscope achromatique, les micro-organismes deviennent enfin visibles. Louis Pasteur en tire les conséquences : ces créatures invisibles gâtent le lait, le vin et, surtout, elles tuent les gens. La pasteurisation devient une arme d’hygiène publique. Pasteur développe aussi des vaccins contre la rage et le charbon. La guerre contre les microbes pouvait commencer.
Mais c’est un médecin hongrois méconnu, Ignaz Semmelweis, qui signe l’un des actes fondateurs de la médecine moderne. En 1846, il observe que les femmes meurent beaucoup plus en couches lorsque les médecins arrivent directement de la salle d’autopsie. Son intuition est fulgurante : ils transportent quelque chose de mortel sur leurs mains. Sa solution aussi : les laver à l’eau de chaux chlorée. Résultat : la mortalité maternelle est divisée par dix, de près de 20 % à moins de 2 %.
Un geste chimique d’une simplicité déconcertante, encore fallait-il qu’il devienne accessible à tous. Connu depuis l’Antiquité, le savon était longtemps resté un produit de luxe ou de lessive. Son industrialisation au XIXᵉ siècle, notamment grâce aux travaux du chimiste Michel-Eugène Chevreul, en fit un outil de santé publique. Dans les hôpitaux, les maternités, les casernes, partout où le lavage des mains se généralisa, la mortalité infectieuse recula. Aujourd’hui encore, l’OMS estime que le simple lavage des mains au savon pourrait prévenir près d’un million de morts par an. Pour quelques centimes.
Aujourd’hui, cette révolution nous paraît si banale que nous n’y pensons plus. Ouvrir un robinet et obtenir instantanément une eau potable semble une évidence. C’est pourtant le fruit de plus d’un siècle de recherche, d’investissements et d’infrastructures. À l’échelle mondiale, l’accès à l’eau potable a permis de réduire drastiquement la mortalité liée aux maladies diarrhéiques, qui tuent encore près de 500 000 enfants de moins de cinq ans chaque année. Un chiffre qui reste effrayant, mais qui se comptait en millions il y a seulement quelques décennies.
De la variolisation au vaccin
L’histoire de la vaccination commence dans les ruelles de Constantinople, au début du XVIIIᵉ siècle. Lady Mary Wortley Montagu, femme de l’ambassadeur britannique en Turquie, y découvre une pratique étrange : des femmes introduisent sous la peau d’enfants sains de la matière prélevée sur les pustules de malades de la variole afin de provoquer une forme légère de la maladie et une immunité durable. Défigurée par la variole et ayant perdu son frère, elle fait inoculer son propre fils en 1718. De retour en Angleterre, elle convainc la famille royale de suivre son exemple. La pratique se répand.
Environ 2 % des personnes inoculées en mouraient, un risque qui paraît énorme. Mais la variole naturelle en tuait près d’une sur trois. Le calcul était vite fait.
En 1796, Edward Jenner franchit l’étape décisive. Observant que les laitières ayant contracté la vaccine, une variole bovine bénigne, sont immunisées contre la variole humaine, il inocule le liquide d’une pustule de vaccine à un enfant de huit ans, James Phipps. Après une légère fièvre, le garçon guérit. Jenner l’expose ensuite à la vraie variole ; l’enfant n’attrape rien. Le vaccin était né, ainsi baptisé d’après le latin vacca (la vache).
28 septembre 1928. Alexander Fleming rentre de vacances dans son laboratoire londonien, notoirement désordonné, et remarque quelque chose d’étrange sur une boîte de Petri oubliée. Un champignon a envahi une culture de staphylocoques, et autour de lui, les bactéries sont mortes. « C’est amusant », aurait-il dit. C’était, en réalité, l’une des découvertes les plus importantes du XXᵉ siècle.
Avant la pénicilline, un simple bobo au genou pouvait conduire à la mort. Une éraflure infectée, une dent cariée ou une angine mal soignée pouvaient dégénérer en septicémie fatale. Aujourd’hui, une boîte d’amoxicilline à quelques euros règle souvent l’affaire en dix jours. Cette banalité est peut-être le plus grand miracle chimique du quotidien.
Les héros méconnus et les remèdes à quelques centimes
La révolution médicale n’est pas seulement faite de grands noms. Elle est aussi faite de solutions modestes, presque ridicules par leur simplicité. Maurice Hilleman voulait devenir gérant de supermarché. Heureusement pour nous, il n’en fit rien, car ce microbiologiste américain développa plus de vingt-cinq vaccins, dont celui contre la rougeole, une maladie que l’on a tendance à considérer comme bénigne, mais qui tuait autrefois des millions d’enfants.
Plus humble encore : la thérapie par réhydratation orale. Dans les années 1970, les diarrhées tuaient massivement les enfants, souvent par déshydratation. La solution ? Un simple mélange de sel, de sucre et d’eau. Testée sur près de 3 000 patients lors d’épidémies de choléra au Bangladesh, elle réduisit la mortalité d’environ 95 %. Son coût ? Quelques centimes par dose. The Lancet la considère comme l’une des avancées médicales les plus importantes du XXᵉ siècle. Elle sauve encore près d’un million d’enfants chaque année.
On aurait encore pu citer l’insuline, l’anesthésie moderne, les corticoïdes, les antirétroviraux, les traitements contre l’hypertension, les statines, les chimiothérapies, les moustiquaires imprégnées, les tests de diagnostic, les antiseptiques, les solutés de perfusion, les traitements antiparasitaires… Si cette liste vous paraît longue, souvenez-vous que c’est précisément sa longueur qui a fait celle de notre espérance de vie.
Ni oubli, ni banalisation
Les progrès de la médecine finissent par devenir accessibles au plus grand nombre. En 1900, un pays avec un revenu par habitant de 1 000 dollars enregistrait une mortalité infantile de 20 pour 100 naissances. Un siècle plus tard, un pays au même niveau de richesse n’en déplorait plus que 7. Même sans croissance économique, la mortalité infantile aurait diminué des deux tiers grâce à la diffusion du savoir médical et des techniques de prévention.
Un pays disposant aujourd’hui d’un PIB par habitant de 3 000 dollars peut espérer la même espérance de vie qu’un pays qui, en 1870, aurait eu un PIB de 30 000 dollars. La science a démocratisé la longévité. Elle a rendu accessible à tous ce qui relevait autrefois du privilège.
Des millions de personnes meurent encore de maladies que nous savons prévenir ou traiter, simplement parce qu’elles n’ont pas accès aux soins. C’est inacceptable et cela reste un défi collectif. Mais la tendance est sans ambiguïté. En un siècle, nous avons plus que doublé notre espérance de vie. Nous avons vaincu des fléaux millénaires. Nous avons appris à combattre les ennemis invisibles qui nous tuaient pour un verre d’eau contaminée, une simple égratignure ou un accouchement.
Contrairement aux idées reçues, la chimie ne fait pas que polluer des rivières. Elle vous a aussi sauvé la vie. Probablement plusieurs fois. Et sans doute celle de vos enfants. Sans que vous le sachiez.
Pourquoi avons-nous peur de la chimie ? Et à qui profite cette peur ? Tout l’été, Les Électrons Libres publient quelques extraits de leur nouveau livre : Naturellement chimique.
L'audition d'Anthony Fauci par le Sénat américain a immédiatement embrasé internet. Preuve de complot pour les uns, chasse aux sorcières pour les autres… Dans ce vacarme, une question passe presque inaperçue : que dit réellement l'enquête scientifique des origines du Covid ?
Alors que le Dr Anthony Fauci, ancien directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) et figure centrale de la réponse sanitaire au Covid-19 aux États-Unis, vient d'être auditionné par le Sénat, la question des origines du SARS-CoV-2 revient au centre du débat. Ses accusateurs lui reprochent d'avoir menti sur le financement américain de recherches menées à Wuhan, d'avoir joué sur la définition du gain de fonction, terme qui désigne au sens large des expériences visant à faire acquérir à un organisme (tel qu'un virus) une propriété nouvelle, par exemple une meilleure capacité d'un virus à infecter des cellules ou à se multiplier, et d'avoir trop rapidement écarté publiquement l'hypothèse d'un accident de laboratoire. Fauci a invoqué à plusieurs reprises le cinquième amendement, qui permet de ne pas témoigner contre soi-même lorsque ses réponses pourraient conduire à une mise en cause pénale. De quoi alimenter les soupçons autour d'une pandémie qui aurait causé plus de 20 millions de morts et coûté jusqu'à 16 000 milliards de dollars à l'économie mondiale. Mais l'enquête sur l'origine du virus de la Covid n'est évidemment pas la motivation première de ceux qui mènent le procès politique de Fauci. Devenu une figure honnie et presque un totem pour une partie du mouvement MAGA, il est aujourd'hui au cœur d'une véritable chasse aux sorcières qui déchaîne les passions et nous éloigne nécessairement de la neutralité indispensable à toute démarche scientifique.
C'est précisément l'intérêt du texte publié en février 2026 dans Nature par 23 des 27 membres originels du SAGO, le Groupe consultatif scientifique sur les origines des nouveaux agents pathogènes créé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Après trois ans et demi de travaux, ils avaient remis en juin 2025 un rapport de 78 pages au directeur général de l'OMS.