L’éditorial de Jacques-Olivier Martin : « Puissance vertigineuse, absence de contrôle... Gare à l’IA Frankenstein ! »

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Quelques mois après l’abandon de leur projet de rapprochement, Nissan et Honda poursuivent leur coopération sur un terrain stratégique : celui des logiciels et de l’architecture électronique des voitures. Les deux constructeurs vont désormais développer et standardiser ensemble plusieurs calculateurs et briques logicielles pour leurs futurs véhicules.
Le projet de rapprochement entre Nissan et Honda n’a finalement pas abouti, pour des raisons d’égo chez Nissan principalement. Les deux constructeurs japonais continuent pourtant de renforcer leur coopération, avec un nouvel accord consacré aux technologies qui équiperont leurs prochaines générations de véhicules. Une Alliance bis (ou ter).
Nissan et Honda ont conclu un accord de développement conjoint portant sur plusieurs calculateurs électroniques, le système d’exploitation embarqué et différentes briques logicielles destinées aux véhicules définis par logiciel, ou SDV.
Cette coopération doit déboucher sur une architecture électronique et électrique commune aux deux constructeurs. Son utilisation est prévue à partir de l’exercice fiscal 2029. Pour rappel, au Japon l’exercice fiscale va du 1er avril au 31 mars de l’année suivante.
L’accord prévoit de définir des spécifications communes pour plusieurs calculateurs au cœur de l’architecture électronique des futurs SDV.
Sont notamment concernés les calculateurs haute performance utilisant des systèmes sur puce, ainsi que les calculateurs de zone chargés de superviser différentes parties du véhicule.
Nissan et Honda vont également travailler ensemble sur le logiciel. Le système d’exploitation embarqué, certains éléments du middleware et les logiciels de contrôle du véhicule font partie des technologies concernées par la standardisation ou mutualisation.
Pour les deux constructeurs, cette mise en commun doit permettre de partager une partie des ressources et des compétences nécessaires au développement de ces technologies.
Nissan et Honda cherchent notamment à améliorer l’efficacité des développements, à accélérer les cycles de mise au point et à aussi (surtout ?) réduire les coûts. La standardisation doit également permettre de bénéficier d’économies d’échelle.
Le logiciel constitue désormais un axe important de leur partenariat stratégique. Les deux groupes le considèrent comme un élément central pour l’intelligence embarquée et l’électrification de leurs futurs véhicules.
L’accord ne porte pas sur la conception d’un modèle commun. Nissan et Honda vont partager certaines technologies fondamentales, tout en continuant à développer leurs propres véhicules.
Les deux constructeurs prévoient par ailleurs de poursuivre leurs recherches de nouvelles possibilités de collaboration dans différents domaines.
Après l’échec du projet de rapprochement plus large, cette coopération permet donc à Nissan et Honda de continuer à mutualiser certains développements, sans aller jusqu’à une fusion. Ne nous trompons pas, dans l’histoire c’est Nissan qui ne supporterait pas une fusion, même présentée d’égal à égal.
C’est sans doute un grand gâchis car avec Renault et une fusion voulue par Carlos Ghosn à son époque, Nissan n’aurait pas été qu’une simple filiale mais un membre plein et entier d’un groupe mondial. Là, il doit se contenter de nouer des alliances techniques, faute de mieux. Des alliances qui se défont plus vite qu’elles prennent du temps à se nouer.
D’ici quelques années, Honda et Nissan auront peut-être tisser des liens si étroits qu’une fusion sera inévitable ? Mais que de temps perdu.
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Tremblement de terre dans le petit monde du jeu vidéo PC. SteamDB, la célèbre base de données (non officielle) qui permet d’analyser le catalogue de Steam, a été achetée par Nexus Mods. Dans l’immédiat, rien ne change. Mais la plateforme de distribution et de gestion de mods compte créer des ponts entre les deux portails.
Fondée en 2013, SteamDB s’est imposée comme un rendez-vous essentiel pour analyser les données publiques de la boutique Steam : prix, historique des promos, dépôts, statistiques de joueurs, métadonnées des jeux… L’agrégateur de données communautaire est devenu le passage obligé pour mesurer le succès ou l’échec de tel jeu, avec ce que cela apporte de transparence autant que de raccourcis parfois trompeurs.
Le cofondateur de SteamDB, Pavel Djundik, alias xPaw, a annoncé l’acquisition de son site par Chosen, l’entreprise qui possède Nexus Mods depuis juin 2025. « Ce qui avait commencé comme un projet amateur est devenu quelque chose que je n’aurais jamais pu imaginer », écrit-il. « Le succès du service l’a fait grandir, mais cette croissance n’a pas été sans contrepartie. J’ai toujours considéré SteamDB comme un hobby, mais le nombre d’heures que j’y ai consacrées pourrait être assimilé à un travail à temps plein. »
La charge de travail a fini par épuiser xPaw, tandis que Marlamin, l’autre cofondateur, prenait du champ : « Après le Covid et avec l’essor de l’IA, l’internet que nous aimions autrefois a disparu, et ma passion avec lui. » Il a bien essayé de trouver une équipe pour reprendre le collier, mais n’a trouvé personne. Pendant ce temps, Steam a continué de grandir, que ce soit en nombre de jeux, de joueurs ou de fonctionnalités.

Nexus Mods semble être le partenaire idéal. Il s’agit aussi du projet d’un passionné (Robin Scott, alias Dark0ne) qui sert une communauté depuis plus de deux décennies et qui est devenu le point de convergence de dizaines de millions de joueurs. « Ce qui comptait le plus pour moi, c’était de trouver une équipe qui comprenne ce que signifie être responsable d’un service sur lequel la communauté s’appuie, et qui partage ma conviction qu’il faut créer des outils utiles aux joueurs », poursuit xPaw. Sa promesse :
« SteamDB restera SteamDB. L’objectif n’est pas de changer ce qui fait la singularité du projet, mais de lui donner les ressources, les capacités de développement et la stabilité à long terme que je ne pouvais plus assurer seul. »
Victor Folmann, le directeur général de Chosen, l’assure à son tour : SteamDB restera SteamDB, « avec son nom, sa marque, sa communauté et son identité propres ». Le site ne s’intégrera pas dans Nexus Mods, tandis qu’xPaw travaillera avec le nouveau proprio pour assurer une transition en douceur. Quoi qu’il en soit, SteamDB et Nexus Mods resteront des services « complètement séparés ».
C’est en coulisse que les choses vont changer. Nexus Mods va dédier une équipe à SteamDB, lui donner une « meilleure architecture » et la capacité de grandir sans heurts. En bref, « davantage de moyens pour nous attaquer à des améliorations attendues de longue date, maintenir et développer des outils comme l’extension de navigateur, améliorer la couverture des jeux, et faire en sorte que l’avenir du site ne dépende plus d’une seule personne ayant assez d’heures dans la journée pour tout faire tourner. »
Le fonctionnement de SteamDB repose sur les clés Steam offertes par la communauté pour suivre les fichiers et les dépôts des jeux. Chosen et Nexus Mods vont désormais financer eux-mêmes l’achat des clés « pour les jeux qui ne trouvent pas toujours leur chemin jusqu’à notre plateforme. » Les contributions de la communauté demeurent cependant toujours essentielles, mais « l’amélioration de cette couverture ne dépendra plus entièrement des dons ».
Côté Nexus Mods, SteamDB pourra servir à toutes sortes de choses : « aider quelqu’un qui consulte un jeu sur SteamDB à découvrir sa communauté de modding, intégrer des informations utiles du site à Nexus Mods, ou encore utiliser les données de versions de SteamDB pour rendre l’installation et la maintenance des mods moins pénibles. »
Sur un plan plus pragmatique, SteamDB connait les fichiers qui composent chaque version de chaque jeu sur Steam et ce depuis plus d’une décennie. Des informations précieuses pour faciliter le modding et empêcher de casser les configurations de mods qui sont conçus pour une version spécifique d’un jeu. « L’historique des versions de SteamDB est la fondation manquante pour corriger ce problème, pour tout le monde, dans tous les gestionnaires de mods », précise la FAQ.
Moins réjouissant, il est aussi question de monétisation car si SteamDB restera gratuit, le site devra aussi gagner de l’argent. Pas question de le placarder de pubs, de vendre les données des utilisateurs ou de mettre en place un paywall payant sur le site actuel. Mais des partenariats et des liens d’affiliation ne sont pas à exclure. Et si de « véritables nouveautés » doivent apparaître (comme une API), « nous prendrons des décisions à leur sujet le moment venu ; mais rien de ce que vous connaissez et utilisez aujourd’hui ne sera retiré pour vous être revendu ensuite. »
Tremblement de terre dans le petit monde du jeu vidéo PC. SteamDB, la célèbre base de données (non officielle) qui permet d’analyser le catalogue de Steam, a été achetée par Nexus Mods. Dans l’immédiat, rien ne change. Mais la plateforme de distribution et de gestion de mods compte créer des ponts entre les deux portails.
Fondée en 2013, SteamDB s’est imposée comme un rendez-vous essentiel pour analyser les données publiques de la boutique Steam : prix, historique des promos, dépôts, statistiques de joueurs, métadonnées des jeux… L’agrégateur de données communautaire est devenu le passage obligé pour mesurer le succès ou l’échec de tel jeu, avec ce que cela apporte de transparence autant que de raccourcis parfois trompeurs.
Le cofondateur de SteamDB, Pavel Djundik, alias xPaw, a annoncé l’acquisition de son site par Chosen, l’entreprise qui possède Nexus Mods depuis juin 2025. « Ce qui avait commencé comme un projet amateur est devenu quelque chose que je n’aurais jamais pu imaginer », écrit-il. « Le succès du service l’a fait grandir, mais cette croissance n’a pas été sans contrepartie. J’ai toujours considéré SteamDB comme un hobby, mais le nombre d’heures que j’y ai consacrées pourrait être assimilé à un travail à temps plein. »
La charge de travail a fini par épuiser xPaw, tandis que Marlamin, l’autre cofondateur, prenait du champ : « Après le Covid et avec l’essor de l’IA, l’internet que nous aimions autrefois a disparu, et ma passion avec lui. » Il a bien essayé de trouver une équipe pour reprendre le collier, mais n’a trouvé personne. Pendant ce temps, Steam a continué de grandir, que ce soit en nombre de jeux, de joueurs ou de fonctionnalités.

Nexus Mods semble être le partenaire idéal. Il s’agit aussi du projet d’un passionné (Robin Scott, alias Dark0ne) qui sert une communauté depuis plus de deux décennies et qui est devenu le point de convergence de dizaines de millions de joueurs. « Ce qui comptait le plus pour moi, c’était de trouver une équipe qui comprenne ce que signifie être responsable d’un service sur lequel la communauté s’appuie, et qui partage ma conviction qu’il faut créer des outils utiles aux joueurs », poursuit xPaw. Sa promesse :
« SteamDB restera SteamDB. L’objectif n’est pas de changer ce qui fait la singularité du projet, mais de lui donner les ressources, les capacités de développement et la stabilité à long terme que je ne pouvais plus assurer seul. »
Victor Folmann, le directeur général de Chosen, l’assure à son tour : SteamDB restera SteamDB, « avec son nom, sa marque, sa communauté et son identité propres ». Le site ne s’intégrera pas dans Nexus Mods, tandis qu’xPaw travaillera avec le nouveau proprio pour assurer une transition en douceur. Quoi qu’il en soit, SteamDB et Nexus Mods resteront des services « complètement séparés ».
C’est en coulisse que les choses vont changer. Nexus Mods va dédier une équipe à SteamDB, lui donner une « meilleure architecture » et la capacité de grandir sans heurts. En bref, « davantage de moyens pour nous attaquer à des améliorations attendues de longue date, maintenir et développer des outils comme l’extension de navigateur, améliorer la couverture des jeux, et faire en sorte que l’avenir du site ne dépende plus d’une seule personne ayant assez d’heures dans la journée pour tout faire tourner. »
Le fonctionnement de SteamDB repose sur les clés Steam offertes par la communauté pour suivre les fichiers et les dépôts des jeux. Chosen et Nexus Mods vont désormais financer eux-mêmes l’achat des clés « pour les jeux qui ne trouvent pas toujours leur chemin jusqu’à notre plateforme. » Les contributions de la communauté demeurent cependant toujours essentielles, mais « l’amélioration de cette couverture ne dépendra plus entièrement des dons ».
Côté Nexus Mods, SteamDB pourra servir à toutes sortes de choses : « aider quelqu’un qui consulte un jeu sur SteamDB à découvrir sa communauté de modding, intégrer des informations utiles du site à Nexus Mods, ou encore utiliser les données de versions de SteamDB pour rendre l’installation et la maintenance des mods moins pénibles. »
Sur un plan plus pragmatique, SteamDB connait les fichiers qui composent chaque version de chaque jeu sur Steam et ce depuis plus d’une décennie. Des informations précieuses pour faciliter le modding et empêcher de casser les configurations de mods qui sont conçus pour une version spécifique d’un jeu. « L’historique des versions de SteamDB est la fondation manquante pour corriger ce problème, pour tout le monde, dans tous les gestionnaires de mods », précise la FAQ.
Moins réjouissant, il est aussi question de monétisation car si SteamDB restera gratuit, le site devra aussi gagner de l’argent. Pas question de le placarder de pubs, de vendre les données des utilisateurs ou de mettre en place un paywall payant sur le site actuel. Mais des partenariats et des liens d’affiliation ne sont pas à exclure. Et si de « véritables nouveautés » doivent apparaître (comme une API), « nous prendrons des décisions à leur sujet le moment venu ; mais rien de ce que vous connaissez et utilisez aujourd’hui ne sera retiré pour vous être revendu ensuite. »
Alors que la réforme de la facturation électronique entre en application pour l’essentiel des entreprises, Next détaille les enjeux.
Mise à jour du 2 septembre 2026 :
La réforme vient d’entrer en vigueur : désormais, l’essentiel des entreprises doit passer à la facturation électronique, en s’équipant a minima (pour les plus petites entités) de la possibilité de les recevoir. Si les sociétés ont eu plusieurs mois pour se mettre à jour, il reste du travail : 85 % des 500 dirigeants financiers interrogés sur le sujet par OpinionWay se sont déclarés confiants, et pourtant, 63 % ont admis… qu’ils n’étaient pas tout à fait prêts !
Article du 10 jun 2026 :
Ce 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique commence à entrer en vigueur en France. En jeu : une adaptation technique et structurelle, qui doit notamment permettre à l’administration de mieux suivre les transactions entre entreprises, et réduire la fraude à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), mais qui agace certains petits entrepreneurs.
Concrètement, l’évolution s’appuie sur deux éléments : l’émission et la réception de factures au format électronique (e-invoicing), et la transmission numérique des éléments de transactions et de paiement à l’administration (e-reporting). Les entités qui le souhaitent peuvent déjà recourir à ce mode de facturation, et ce, depuis juillet 2025.
Mais le calendrier des obligations approchant, toutes les entités concernées gagneraient à se préoccuper de la question d’ici au 1er septembre. En effet, à partir de cette date-là, les grandes entreprises et établissements de taille intermédiaire (ETI) sont dans l’obligation d’émettre leurs factures sous format électronique, ce qui signifie que toute entité avec laquelle ces dernières pourraient échanger, quelle que soit sa taille, doit être en mesure de les recevoir. Pour les acteurs les plus petits, l’émission de factures électroniques ne deviendra en revanche obligatoire qu’à compter du 1er septembre 2027.
Toutes les entreprises sont concernées, jusqu’aux micro-entreprises, quand bien même leurs activités seraient exonérées de TVA. Le gouvernement vante une « gestion quotidienne facilitée », notamment grâce à l’accélération des échanges de factures et à l’horodatage, qui rend le suivi plus précis, ainsi qu’une productivité plus grande et une amélioration du pilotage de la comptabilité.
Si votre entreprise a des clients particuliers, des associations, ou des clients internationaux, ces transactions-là peuvent se maintenir sur un fonctionnement classique. À terme, cela dit, les données de transaction doivent tout de même être transmises à l’administration fiscale. Les fournisseurs de solutions tendent donc à recommander d’émettre des factures compatibles avec les standards établis pour l’e-facturation et l’e-reporting.
GoPro va passer entre les mains de Starman Optical, une entreprise américaine spécialisée dans l’optique-photonique. Le prétendant met 285 millions de dollars en cash sur la table. Cela parait bien peu, surtout face au sommet des 4 milliards de capitalisation du fabricant de caméras sportives lors de ses premiers pas à la Bourse, en 2014.
Mais le monde a profondément changé depuis. La concurrence, notamment chinoise, a taillé des croupières à GoPro, qui souffre également de la crise de la mémoire actuelle. Au second trimestre, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 105 millions de dollars, en recul de 31 % par rapport à 2025. Le nombre d’unités écoulées (291 000) a chuté de 38 %.

Depuis les débuts glorieux à la Bourse, GoPro a perdu 96 % de sa valeur. Nicholas Woodman, fondateur et directeur général de l’entreprise, annonçait en mai dernier (PDF) que le conseil d’administration avait autorisé un processus de vente potentielle.
C’est donc Starman Optical qui remporte le gros lot, avec en plus la suppression de la dette de GoPro (92 millions de dollars). Voilà qui va lui donner un peu d’oxygène en cette période difficile. Si la transaction va à son terme (ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année), le repreneur détiendra 90 % du capital du fabricant, les actionnaires actuels conservant le reste.
Starman Optical, qui n’est pas coté en Bourse, fabrique des émetteurs-récepteurs optiques destinés aux centres de données IA. Ces produits seront ajoutés au catalogue de GoPro, ce qui lui permettra de profiter de l’énorme demande actuelle tout en continuant à servir les clients de ses caméras traditionnelles.
Le repreneur rachète aussi et surtout de l’IP (propriété intellectuelle) à gogo : GoPro est en effet à la tête d’un pactole de plus de 2 500 brevets. « La combinaison de l’expertise optique et de la propriété intellectuelle de classe mondiale de GoPro avec les capacités avancées de Starman dans les émetteurs-récepteurs et sa plateforme de fabrication aux États-Unis crée une occasion unique », se réjouit Charles Tebele, directeur général de Starman.
À côté de son marché grand public historique, GoPro va donc pouvoir développer une activité « répondant à des enjeux importants de sécurité nationale liés aux caméras, à l’optique et aux infrastructures d’IA », déclare Nicholas Woodman. Cette perspective ravit les investisseurs, puisque l’action GoPro a bondi au-delà du prix proposé par Starman Optical, qui était de 1,14 dollar par action. Cela représente une prime de 29,5 % par rapport au dernier cours de clôture.
GoPro va passer entre les mains de Starman Optical, une entreprise américaine spécialisée dans l’optique-photonique. Le prétendant met 285 millions de dollars en cash sur la table. Cela parait bien peu, surtout face au sommet des 4 milliards de capitalisation du fabricant de caméras sportives lors de ses premiers pas à la Bourse, en 2014.
Mais le monde a profondément changé depuis. La concurrence, notamment chinoise, a taillé des croupières à GoPro, qui souffre également de la crise de la mémoire actuelle. Au second trimestre, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 105 millions de dollars, en recul de 31 % par rapport à 2025. Le nombre d’unités écoulées (291 000) a chuté de 38 %.

Depuis les débuts glorieux à la Bourse, GoPro a perdu 96 % de sa valeur. Nicholas Woodman, fondateur et directeur général de l’entreprise, annonçait en mai dernier (PDF) que le conseil d’administration avait autorisé un processus de vente potentielle.
C’est donc Starman Optical qui remporte le gros lot, avec en plus la suppression de la dette de GoPro (92 millions de dollars). Voilà qui va lui donner un peu d’oxygène en cette période difficile. Si la transaction va à son terme (ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année), le repreneur détiendra 90 % du capital du fabricant, les actionnaires actuels conservant le reste.
Starman Optical, qui n’est pas coté en Bourse, fabrique des émetteurs-récepteurs optiques destinés aux centres de données IA. Ces produits seront ajoutés au catalogue de GoPro, ce qui lui permettra de profiter de l’énorme demande actuelle tout en continuant à servir les clients de ses caméras traditionnelles.
Le repreneur rachète aussi et surtout de l’IP (propriété intellectuelle) à gogo : GoPro est en effet à la tête d’un pactole de plus de 2 500 brevets. « La combinaison de l’expertise optique et de la propriété intellectuelle de classe mondiale de GoPro avec les capacités avancées de Starman dans les émetteurs-récepteurs et sa plateforme de fabrication aux États-Unis crée une occasion unique », se réjouit Charles Tebele, directeur général de Starman.
À côté de son marché grand public historique, GoPro va donc pouvoir développer une activité « répondant à des enjeux importants de sécurité nationale liés aux caméras, à l’optique et aux infrastructures d’IA », déclare Nicholas Woodman. Cette perspective ravit les investisseurs, puisque l’action GoPro a bondi au-delà du prix proposé par Starman Optical, qui était de 1,14 dollar par action. Cela représente une prime de 29,5 % par rapport au dernier cours de clôture.

© Jean-Christophe MARMARA