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Cette voiture solaire pourrait rouler sans jamais se brancher

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Et si une voiture électrique pouvait recharger sa propre batterie simplement en restant garée au soleil ? C’est le principe au cœur du projet Deep Orange 17, aussi appelé Luminetta, un concept biplace développé par des étudiants de l’université Clemson en partenariat avec BMW of North America. Loin d’être un simple exercice de style, ce prototype explore une question fondamentale pour l’avenir de la mobilité électrique : comment réduire la dépendance aux bornes de recharge en transformant la carrosserie elle-même en source d’énergie ?

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Une peau photovoltaïque sur toute la carrosserie

La pièce maîtresse de Luminetta, c’est ce que ses concepteurs appellent une « peau photovoltaïque ». Plutôt que d’installer un simple panneau solaire sur le toit, comme on le voit sur quelques rares véhicules de série, l’équipe de Clemson a intégré plus de 1 781 cellules solaires sur l’ensemble de la surface extérieure du véhicule. Cette intégration a été réalisée en collaboration avec l’Institut Fraunhofer pour les systèmes d’énergie solaire, basé en Allemagne, l’un des centres de recherche les plus reconnus dans ce domaine.

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Ce qui distingue ce système des approches solaires classiques, c’est sa capacité à continuer de produire de l’électricité même lorsqu’une partie de la surface est à l’ombre. Sur un véhicule, les zones d’ombrage sont fréquentes : angle d’incidence du soleil, passage sous des arbres, présence d’autres véhicules à proximité. La technologie déployée ici tient compte de ces contraintes pour maximiser la production en toutes circonstances, que le véhicule soit en mouvement ou simplement stationné dans une rue ensoleillée.

Ce dernier point est particulièrement pertinent. Les études de mobilité le confirment régulièrement : une voiture reste garée en moyenne plus de 90 % du temps. Luminetta mise précisément sur ces heures d’immobilité pour recharger ses réserves d’énergie, transformant chaque stationnement en session de recharge passive.

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Les simulations réalisées à partir de données météorologiques et d’ensoleillement de quatre villes, Greenville (Caroline du Sud), Francfort, Madrid et Mumbai, donnent une idée concrète du potentiel. Pour un trajet quotidien typique d’environ 19 km (correspondant à la moyenne de 12 miles mentionnée dans les données de simulation), le véhicule serait capable de générer suffisamment d’énergie pour offrir en moyenne environ 50 km d’autonomie supplémentaire. Autrement dit, sur un usage quotidien raisonnable, certains conducteurs pourraient théoriquement ne jamais avoir besoin de brancher leur voiture à une borne.

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Un châssis de 550 kg conçu pour consommer le moins possible

La production d’énergie solaire ne peut pleinement fonctionner que si la consommation du véhicule est elle-même réduite au minimum. C’est pourquoi l’équipe de Clemson a accordé autant d’importance à la légèreté du prototype qu’à ses cellules photovoltaïques. Le résultat : Luminetta ne pèse que 550 kg, un chiffre remarquablement bas pour un véhicule électrique à l’heure où la plupart des modèles de ce segment dépassent allègrement les 1 500 kg en raison du poids des batteries.

Pour atteindre cette masse contenue, les ingénieurs ont opté pour une structure multimatériaux combinant acier, aluminium, fibre de carbone et assemblages métalliques imprimés en 3D. Chaque matériau est utilisé là où ses propriétés mécaniques sont les plus adaptées, réduisant ainsi le poids global sans compromettre la rigidité structurelle de l’ensemble. L’utilisation de pièces imprimées en 3D est particulièrement intéressante : elle permet de réaliser des jonctions complexes avec moins de matière qu’un usinage traditionnel, tout en offrant une grande liberté de formes.

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La forme extérieure de Luminetta n’est pas non plus le fruit du hasard. Le design s’inspire du poisson-coffre (boxfish), un animal marin dont la morphologie compacte et ses contours arrondis offrent une résistance hydrodynamique particulièrement faible. Appliqué à l’aérodynamique automobile, ce principe se traduit par un profil qui combine un volume intérieur utile avec un coefficient de traînée réduit. Pour un véhicule dont chaque wattheure compte, optimiser la pénétration dans l’air est aussi important que réduire le poids.

La récupération d’énergie au freinage vient compléter cette approche. Le système de freinage régénératif capte une partie de l’énergie cinétique normalement dissipée sous forme de chaleur lors des décélérations, pour la réinjecter dans la batterie. Les commandes de distribution du couple et de gestion du groupe motopropulseur sont également calibrées pour limiter toute consommation superflue, notamment lors des phases de démarrage et d’accélération douce.

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Un projet de recherche porté par 16 étudiants en ingénierie automobile

Luminetta est le fruit du programme Deep Orange de l’université Clemson, une initiative pédagogique qui confie à des équipes d’étudiants en master d’ingénierie automobile des projets concrets menés en partenariat avec l’industrie. Ce dix-septième opus du programme a mobilisé 16 étudiants en master pendant environ deux ans, de la définition du cahier des charges à la réalisation d’un prototype roulant.

Le partenariat avec BMW of North America a fourni le cadre industriel et les ressources nécessaires à l’aboutissement du projet. La collaboration avec l’Institut Fraunhofer a quant à elle apporté l’expertise spécifique sur les systèmes photovoltaïques haute performance intégrés aux surfaces courbes, une problématique très différente de celle des panneaux solaires fixes installés sur les toits des bâtiments.

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À bord, Luminetta propose une interface développée sur mesure pour afficher les données de fonctionnement du véhicule en temps réel : production solaire instantanée, niveau de batterie, autonomie estimée en fonction de l’ensoleillement actuel. Le prototype intègre également la compatibilité Apple CarPlay et Android Auto, une décision pragmatique pour rendre le concept utilisable dans un contexte de démo quotidien.

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Les concepteurs sont clairs sur un point : Luminetta n’est pas destinée à une production en série, du moins pas dans sa forme actuelle. Il s’agit d’une plateforme de recherche dont l’objectif est de démontrer la faisabilité technique d’un véhicule électrique à bilan énergétique positif sur un usage urbain standard. Les résultats de ces travaux ont vocation à alimenter les réflexions de l’industrie automobile sur l’intégration solaire à grande échelle, un domaine où les progrès restent encore limités dans les véhicules de grande série.

La question que soulève ce prototype reste entière pour les constructeurs : à quel moment le coût et la complexité d’une peau photovoltaïque complète deviennent-ils compatibles avec une production de masse rentable ? Luminetta n’apporte pas encore cette réponse, mais elle pose les bases techniques pour y parvenir.

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Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Ferris Rezvani a grandi sur des bases aériennes à regarder son père piloter des F-4 Phantom. Il voulait devenir pilote de chasse. La médecine en a décidé autrement. Sa réponse a pris la forme d’une marque automobile californienne dont chaque modèle a toujours affiché des ambitions militaires dans son design. Avec la Beast X, pour la première fois, la technique est au niveau de la mise en scène.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Un package aérodynamique qui ne doit rien au style

La Beast X ne ressemble à aucune autre voiture de route américaine en circulation. La carrosserie en carbone intègre des canards en bout de nez qui dévient le flux d’air autour des roues avant plutôt que dedans, réduisant la portance à haute vitesse. Le capot est traversé par un canal en S, un dispositif emprunté aux monoplaces de compétition : deux fentes verticales permettent à l’air pressurisé piégé sous le splitter de s’échapper vers le haut plutôt que de s’accumuler et de soulever l’avant. Ce type de solution n’a aucune raison d’exister sur une voiture de route, et c’est précisément là que réside son intérêt.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Les extracteurs d’ailes évacuent l’air chaud et turbulent des passages de roue avant qu’il ne crée de la traînée le long du flanc. À l’arrière, le double arceau de l’aileron est monté sur des pylônes en carbone suffisamment hauts pour qu’il travaille dans un flux propre, au-dessus de la turbulence générée par la ligne de toit. L’échappement triple sortie est centré dans le diffuseur plutôt que décalé à un coin de pare-chocs, une configuration qui favorise l’effet Venturi sous la voiture. Chaque élément de carrosserie remplit une fonction aérodynamique précise. C’est ce qui distingue un kit carrosserie d’un vrai package aéro.

La carrosserie est cinq pouces plus longue et six pouces plus large qu’un C8 standard, soit environ 12,7 cm de plus en longueur et 15,2 cm en largeur. Ces six centimètres supplémentaires de chaque côté sont l’espace dans lequel Rezvani a concentré l’essentiel de son travail de conception. Le résultat est une silhouette reconnaissable à cent mètres, visuellement proche d’un prototype Le Mans habillé pour la route.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette
Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

1 560 ch et une base Corvette que la fiche technique refuse de nommer

Sous la carrosserie en carbone se trouve un châssis dont l’empattement est de 272,3 cm et la hauteur de 123,4 cm, deux chiffres qui correspondent exactement à ceux de la Corvette C8 de Chevrolet. La fiche technique officielle de Rezvani ne mentionne pas le nom de Chevrolet, mais les dimensions parlent d’elles-mêmes. Cette pratique n’est pas nouvelle : les carrossiers italiens ont construit leur réputation pendant des décennies en achetant des châssis éprouvés pour y poser des carrosseries maison. Rezvani fait la même chose, avec la particularité de publier les spécifications et la promesse d’exclusivité sur la même page web.

Ce qui change radicalement par rapport à un C8 de série, c’est le moteur. Un V8 de 6,2 litres biturbo à architecture spécifique, avec des composants internes forgés, développe 1 560 ch et envoie la puissance aux quatre roues via une boîte à double embrayage à huit rapports. Rezvani annonce un 0 à 97 km/h en 1,9 seconde. Ces chiffres n’ont pas encore été confirmés par un dynamomètre indépendant, mais l’architecture du groupe motopropulseur est cohérente avec de telles performances.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Les roues sont en magnésium, ce qui retire sept livres de masse non suspendue à chaque coin, soit environ 3,2 kg par roue. La masse non suspendue est celle que la suspension doit contrôler à chaque irregularité de la route, indépendamment du poids total du véhicule. Réduire cette masse améliore le filtrage des chocs et la précision du train roulant de façon disproportionnée par rapport au gain de poids brut. La suspension fait appel à un double triangulation adaptative aux quatre roues, un système qui ajuste la dureté en fonction des conditions de conduite.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette
Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

L’intérieur : un retrimming Corvette avec de meilleures surpiqûres

Ouvrir la porte de la Beast X, c’est retrouver une grande partie de l’habitacle C8. La colonne de commandes climatiques verticale au centre de la console centrale est celle de Chevrolet, retapissée en Alcantara et en cuir avec des surpiqûres de contraste et un badge Beast X sur le volant. Le travail est soigné et l’ambiance générale est clairement orientée vers le luxe sportif, mais les origines du tableau de bord ne sont pas dissimulées pour qui connaît la Corvette de série.

C’est à la fois la force et la limite du projet. La force, parce que le châssis C8 est l’un des plus rigides et des mieux équilibrés produits en Amérique du Nord, avec une distribution des masses pensée pour la performance dès l’origine. La limite, parce qu’à 500 000 dollars, un acheteur s’attend généralement à un habitacle conçu de zéro, pas à une Corvette retaillée. La Beast X est transparente sur ce point : les spécifications et les photos de l’intérieur sont publiées sans ambiguïté. L’acheteur sait ce qu’il achète.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Pour contextualiser le tarif, la Corvette ZR1X de Chevrolet développe 1 250 ch, atteint 97 km/h en 1,89 seconde et démarre à 207 395 dollars (environ 190 000 euros au cours actuel), avec une garantie constructeur. Rezvani demande environ 293 000 dollars de plus pour une carrosserie entièrement en carbone, six centimètres de largeur supplémentaires de chaque côté, un package aérodynamique développé spécifiquement pour ce modèle, et une production plafonnée à cinq exemplaires dans le monde.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Cinq voitures, 500 000 dollars, et un précédent qui plaide pour Rezvani

La production est limitée à cinq unités. Ce chiffre positionne la Beast X dans la catégorie des hypercars à numérotation quasi symbolique, là où la rareté constitue une part substantielle de la valeur. Rezvani n’en est pas à son premier coup dans ce registre : ses listes de réservation ont été complètes rapidement sur des modèles précédents, ce qui donne une indication sur le profil de la clientèle visée et sur sa capacité à mobiliser cet acheteur rapidement.

Rezvani Beast X : 1 560 ch, cinq exemplaires et un kit aéro de chasseur à réaction posé sur une Corvette

Le prix affiché d’environ 500 000 dollars place la Beast X en concurrence directe avec des machines produites par des constructeurs dont les programmes de développement aérodynamique mobilisent des souffleries et des années d’ingénierie. Ce qui distingue la Beast X de ces concurrents, c’est la transparence de sa conception : un châssis connu, une carrosserie entièrement nouvelle, un moteur développé spécifiquement pour cette application. L’acheteur ne finance pas un mystère, il finance une transformation documentée et un niveau de rareté que peu de constructeurs au monde peuvent garantir à cinq unités.

Les 1 560 ch revendiqués restent à confirmer sur banc indépendant, et c’est la seule inconnue technique qui subsiste dans un dossier par ailleurs bien documenté. À ce stade, les réservations sont ouvertes.

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