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Polymarket attaquée par l’État de New York pour activité illégale de jeux d’argent

Jeux de dupes
Polymarket attaquée par l’État de New York pour activité illégale de jeux d’argent

L’État de New York, gouverné par la démocrate Kathy Hochul, vient de déposer plainte contre Polymarket, l’accusant de violer ses lois contre les jeux d’argent. Une pierre dans le jardin de l’administration Trump qui se refuse à réguler fédéralement les plateformes qui se présentent comme des marchés prédictifs.

Polymarket est attaqué en justice par la gouverneure démocrate de l’État de New York, Kathy Hochul, et l’avocate générale du même État, Letitia James, « pour avoir exploité une activité de jeux d’argent illégale à New York par le biais de sa plateforme de marché prédictif ».

Des lois encadrant les paris contournées, selon l’État

Dans un communiqué commun, elles affirment que « le marché prédictif de Polymarket constitue une activité de jeux d’argent illégale et non agréée qui expose les New-Yorkais — y compris ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge légal de 21 ans pour jouer — à de graves risques personnels et financiers ».

La plainte [PDF] rappelle que le groupe de Polymarket serait estimée à plus de 20 milliards de dollars et son chiffre d’affaires annuel dépasserait largement le milliard de dollars. Mais elle « chercherait à éviter les conséquences juridiques et financières de la réglementation stricte des jeux d’argent en vigueur à New York en proposant ce qui relève essentiellement du pari sous le couvert de « contrats d’événement » sur un « marché prédictif » ». Selon le document, Polymarket violerait ainsi de façon « flagrante la Constitution de l’État de New York, le code pénal et d’autres lois de cet État ».

« Nos lois sur les jeux d’argent ont pour but de protéger les New-Yorkais, de prévenir les risques liés à la dépendance au jeu et de garantir le financement de programmes éducatifs et d’intérêt général », indique Letitia James. « En contournant la législation new-yorkaise, Polymarket cible les personnes les plus vulnérables et prive les familles new-yorkaises de services et d’un soutien essentiels », insiste-t-elle.

Contre-plainte et mise en doute de la compétence de l’État par Polymarket

La réaction de l’entreprise ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après, selon CNBC, Polymarket demandait le transfert de l’affaire d’un tribunal de l’État à un autre et a contre-attaqué en lançant une action civile contre Letitia James et la Commission des jeux de l’État de New York, considérant que les États n’ont pas le pouvoir de réglementer les marchés prédictifs.

« La présente action vise à prévenir un préjudice imminent et irréparable résultant de l’application, par l’État de New York, de ses lois sur les jeux d’argent à l’encontre des bourses de produits dérivés réglementées au niveau fédéral — une application que le Congrès a expressément interdite », détaille la contre-plainte de Polymarket.

Selon Reuters, l’entreprise considère dans sa plainte que la Commission fédérale des opérations à terme sur matières premières (Commodity Futures Trading Commission, CFTC) est seule compétente en matière de réglementation des marchés prédictifs. Le directeur juridique de Polymarket, Neal Kumar, a affirmé à l’agence de presse que l’entreprise avait tenté une conciliation avec les responsables de l’État, mais que « celles-ci avaient préféré faire la une des médias ».

Letitia James a aussi attaqué cet été Kalshi, l’autre plateforme de paris en ligne qui se présente comme un marché prédictif.

Opposition avec Trump

Ce faisant, l’État de New York se met en opposition frontale avec l’administration Trump qui a pris le parti de ne pas réguler ce genre de plateformes, même après la multiplication des critiques concernant les délits d’initiés qu’elles engendrent. Elle a tout juste accepté de s’appuyer sur l’IA pour les détecter. Rappelons qu’en janvier dernier Kalshi a annoncé avoir embauché le fils du dirigeant des États-Unis, Donald Trump Jr., en tant que conseiller stratégique. Le New York Times expliquait quelques jours après que celui-ci était aussi « à la fois investisseur et conseiller bénévole chez Polymarket ».

Cette nouvelle affaire ne va évidemment pas simplifier les affaires de ces plateformes en ligne qui ont profité de ces largesses et veulent maintenant convaincre d’autres pays et régions qu’elles ne sont pas des sites de paris. C’est le cas en Europe et notamment en France où l’accès au site de Polymarket a été bloqué cet été via une décision de L’Autorité nationale des jeux (ANJ).

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Polymarket attaquée par l’État de New York pour activité illégale de jeux d’argent

Jeux de dupes
Polymarket attaquée par l’État de New York pour activité illégale de jeux d’argent

L’État de New York, gouverné par la démocrate Kathy Hochul, vient de déposer plainte contre Polymarket, l’accusant de violer ses lois contre les jeux d’argent. Une pierre dans le jardin de l’administration Trump qui se refuse à réguler fédéralement les plateformes qui se présentent comme des marchés prédictifs.

Polymarket est attaqué en justice par la gouverneure démocrate de l’État de New York, Kathy Hochul, et l’avocate générale du même État, Letitia James, « pour avoir exploité une activité de jeux d’argent illégale à New York par le biais de sa plateforme de marché prédictif ».

Des lois encadrant les paris contournées, selon l’État

Dans un communiqué commun, elles affirment que « le marché prédictif de Polymarket constitue une activité de jeux d’argent illégale et non agréée qui expose les New-Yorkais — y compris ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge légal de 21 ans pour jouer — à de graves risques personnels et financiers ».

La plainte [PDF] rappelle que le groupe de Polymarket serait estimée à plus de 20 milliards de dollars et son chiffre d’affaires annuel dépasserait largement le milliard de dollars. Mais elle « chercherait à éviter les conséquences juridiques et financières de la réglementation stricte des jeux d’argent en vigueur à New York en proposant ce qui relève essentiellement du pari sous le couvert de « contrats d’événement » sur un « marché prédictif » ». Selon le document, Polymarket violerait ainsi de façon « flagrante la Constitution de l’État de New York, le code pénal et d’autres lois de cet État ».

« Nos lois sur les jeux d’argent ont pour but de protéger les New-Yorkais, de prévenir les risques liés à la dépendance au jeu et de garantir le financement de programmes éducatifs et d’intérêt général », indique Letitia James. « En contournant la législation new-yorkaise, Polymarket cible les personnes les plus vulnérables et prive les familles new-yorkaises de services et d’un soutien essentiels », insiste-t-elle.

Contre-plainte et mise en doute de la compétence de l’État par Polymarket

La réaction de l’entreprise ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après, selon CNBC, Polymarket demandait le transfert de l’affaire d’un tribunal de l’État à un autre et a contre-attaqué en lançant une action civile contre Letitia James et la Commission des jeux de l’État de New York, considérant que les États n’ont pas le pouvoir de réglementer les marchés prédictifs.

« La présente action vise à prévenir un préjudice imminent et irréparable résultant de l’application, par l’État de New York, de ses lois sur les jeux d’argent à l’encontre des bourses de produits dérivés réglementées au niveau fédéral — une application que le Congrès a expressément interdite », détaille la contre-plainte de Polymarket.

Selon Reuters, l’entreprise considère dans sa plainte que la Commission fédérale des opérations à terme sur matières premières (Commodity Futures Trading Commission, CFTC) est seule compétente en matière de réglementation des marchés prédictifs. Le directeur juridique de Polymarket, Neal Kumar, a affirmé à l’agence de presse que l’entreprise avait tenté une conciliation avec les responsables de l’État, mais que « celles-ci avaient préféré faire la une des médias ».

Letitia James a aussi attaqué cet été Kalshi, l’autre plateforme de paris en ligne qui se présente comme un marché prédictif.

Opposition avec Trump

Ce faisant, l’État de New York se met en opposition frontale avec l’administration Trump qui a pris le parti de ne pas réguler ce genre de plateformes, même après la multiplication des critiques concernant les délits d’initiés qu’elles engendrent. Elle a tout juste accepté de s’appuyer sur l’IA pour les détecter. Rappelons qu’en janvier dernier Kalshi a annoncé avoir embauché le fils du dirigeant des États-Unis, Donald Trump Jr., en tant que conseiller stratégique. Le New York Times expliquait quelques jours après que celui-ci était aussi « à la fois investisseur et conseiller bénévole chez Polymarket ».

Cette nouvelle affaire ne va évidemment pas simplifier les affaires de ces plateformes en ligne qui ont profité de ces largesses et veulent maintenant convaincre d’autres pays et régions qu’elles ne sont pas des sites de paris. C’est le cas en Europe et notamment en France où l’accès au site de Polymarket a été bloqué cet été via une décision de L’Autorité nationale des jeux (ANJ).

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Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Slop or perish?
Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Depuis le début de l’année, un statisticien de l’université de Chicago, Nicholas Polson, a mis en ligne plus de 200 prépublications. Assumant d’utiliser l’IA générative pour augmenter sa productivité, il soulève l’indignation de ses consœurs et confrères.

La course à la publication coûte que coûte dans le milieu de la recherche s’intensifie encore avec l’utilisation généralisée de l’IA générative. Pour nombre de chercheuses et chercheurs, le travail consiste à mettre en ligne quelques articles issus de leurs travaux de recherche par an au maximum. Mais on peut voir sur le profil Google Scholar de Nicholas Polson, statisticien bayésien de l’école de commerce Booth de l’université de Chicago, que celui-ci en a signé plus de 200 depuis le début de l’année, comme le soulignait sur X déjà mi-aout Auyon Siddiq, chercheur à l’université de Californie (UCLA), .

La plupart des articles listés sur son profil ont été mis en ligne sur la plateforme de prépublications scientifiques SSRN. Cette plateforme a été lancée en 1994, quelques années après la pionnière du genre, arXiv, et a été rachetée en 2016 par Elsevier.

258 working papers en 8 mois

« D’après mes calculs, basés sur sa page SSRN, Nicholas Polson a déjà rédigé 258 working papers rien qu’en 2026. Il a déjà rédigé (ou du moins publié sur SSRN) six articles aujourd’hui, le 26 août 2026. Au cours du mois d’août 2026, il a rédigé et publié sur SSRN un total de 104 documents – et ce n’est pas fini, puisque le mois n’est pas encore tout à fait terminé », expliquait l’économiste de l’université de Central Arkansas, Jeremy Horpedahl, dans un billet de blog.

« Il s’agit probablement, à des degrés divers, de slops générés par IA, mais contrairement à beaucoup de ce genre de contenu, celui-ci recèle sans doute une réelle valeur. Ce que je n’ai pas encore pu vérifier, c’est si une partie de ce contenu a fait l’objet d’une vérification, d’une analyse ou d’une sélection rigoureuse de la part de l’auteur », ajoutait Michael Makowsky, économiste à l’université de Clemson.

Interrogé par le Washington Post, Nicholas Polson assume utiliser l’IA générative pour plus de productivité : « il est évident que l’IA rend un chercheur productif encore plus productif ». Il ajoute qu’ « une grande partie du travail fastidieux est grandement simplifiée ». Et il a, selon nos confrères, laissé entendre que ces plaintes étaient motivées par « la jalousie et l’envie de s’approprier ma méthode. Mais qui sait ? ».

Suppression des articles sur SSRN

Depuis que plusieurs de ses confrères ont pointé du doigt ce nombre prolifique, plus aucun article récent de Nicholas Polson n’est accessible sur SSRN. Par exemple, la page de l’article titré « Over-parameterization in Statistical Genomics » et listé sur son profil Google Scholar affiche maintenant : « Cet article est en cours d’évaluation ou a été retiré de SSRN à la demande de l’auteur, de SSRN ou du titulaire des droits ». Son profil sur la plateforme ne liste plus que des articles mis en ligne avant octobre 2018.

Plusieurs chercheurs ont souligné que les articles de Nicholas Polson ne faisaient pas mention d’utilisation de l’IA. Mais la plateforme souligne que « s’il est vrai que bon nombre de ces articles ne comportaient pas de mention relative à l’IA, ce n’est pas notre principale préoccupation. […] Le problème le plus important résidait dans l’activité inhabituelle en matière de soumission d’articles ». Elle indique que le statisticien s’était aventuré dans des champs dont il n’est pas spécialiste, bien que la plupart des articles y restaient.

« Ce n’est pas seulement une question de volume, mais aussi de diversité des thèmes abordés et de la manière dont ils se distinguent de ses œuvres précédentes », insiste Auyon Siddiq interrogé par nos confrères.

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Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Slop or perish?
Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Depuis le début de l’année, un statisticien de l’université de Chicago, Nicholas Polson, a mis en ligne plus de 200 prépublications. Assumant d’utiliser l’IA générative pour augmenter sa productivité, il soulève l’indignation de ses consœurs et confrères.

La course à la publication coûte que coûte dans le milieu de la recherche s’intensifie encore avec l’utilisation généralisée de l’IA générative. Pour nombre de chercheuses et chercheurs, le travail consiste à mettre en ligne quelques articles issus de leurs travaux de recherche par an au maximum. Mais on peut voir sur le profil Google Scholar de Nicholas Polson, statisticien bayésien de l’école de commerce Booth de l’université de Chicago, que celui-ci en a signé plus de 200 depuis le début de l’année, comme le soulignait sur X déjà mi-aout Auyon Siddiq, chercheur à l’université de Californie (UCLA), .

La plupart des articles listés sur son profil ont été mis en ligne sur la plateforme de prépublications scientifiques SSRN. Cette plateforme a été lancée en 1994, quelques années après la pionnière du genre, arXiv, et a été rachetée en 2016 par Elsevier.

258 working papers en 8 mois

« D’après mes calculs, basés sur sa page SSRN, Nicholas Polson a déjà rédigé 258 working papers rien qu’en 2026. Il a déjà rédigé (ou du moins publié sur SSRN) six articles aujourd’hui, le 26 août 2026. Au cours du mois d’août 2026, il a rédigé et publié sur SSRN un total de 104 documents – et ce n’est pas fini, puisque le mois n’est pas encore tout à fait terminé », expliquait l’économiste de l’université de Central Arkansas, Jeremy Horpedahl, dans un billet de blog.

« Il s’agit probablement, à des degrés divers, de slops générés par IA, mais contrairement à beaucoup de ce genre de contenu, celui-ci recèle sans doute une réelle valeur. Ce que je n’ai pas encore pu vérifier, c’est si une partie de ce contenu a fait l’objet d’une vérification, d’une analyse ou d’une sélection rigoureuse de la part de l’auteur », ajoutait Michael Makowsky, économiste à l’université de Clemson.

Interrogé par le Washington Post, Nicholas Polson assume utiliser l’IA générative pour plus de productivité : « il est évident que l’IA rend un chercheur productif encore plus productif ». Il ajoute qu’ « une grande partie du travail fastidieux est grandement simplifiée ». Et il a, selon nos confrères, laissé entendre que ces plaintes étaient motivées par « la jalousie et l’envie de s’approprier ma méthode. Mais qui sait ? ».

Suppression des articles sur SSRN

Depuis que plusieurs de ses confrères ont pointé du doigt ce nombre prolifique, plus aucun article récent de Nicholas Polson n’est accessible sur SSRN. Par exemple, la page de l’article titré « Over-parameterization in Statistical Genomics » et listé sur son profil Google Scholar affiche maintenant : « Cet article est en cours d’évaluation ou a été retiré de SSRN à la demande de l’auteur, de SSRN ou du titulaire des droits ». Son profil sur la plateforme ne liste plus que des articles mis en ligne avant octobre 2018.

Plusieurs chercheurs ont souligné que les articles de Nicholas Polson ne faisaient pas mention d’utilisation de l’IA. Mais la plateforme souligne que « s’il est vrai que bon nombre de ces articles ne comportaient pas de mention relative à l’IA, ce n’est pas notre principale préoccupation. […] Le problème le plus important résidait dans l’activité inhabituelle en matière de soumission d’articles ». Elle indique que le statisticien s’était aventuré dans des champs dont il n’est pas spécialiste, bien que la plupart des articles y restaient.

« Ce n’est pas seulement une question de volume, mais aussi de diversité des thèmes abordés et de la manière dont ils se distinguent de ses œuvres précédentes », insiste Auyon Siddiq interrogé par nos confrères.

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Le prix de la mémoire complique vraiment l’achat de matériel informatique dans les labos

L'IA genérative ralentit la recherche française
Le prix de la mémoire complique vraiment l’achat de matériel informatique dans les labos

La course à l’IA générative a créé une pénurie de mémoire RAM et de stockage SSD et leurs prix se sont envolés. Conséquence : en respectant le code des marchés publics, l’enseignement supérieur et la recherche français peinent à acheter de nouveaux matériels informatiques.

La croissance du nombre de data centers a entraîné une forte augmentation de la demande en mémoire et en stockage et mécaniquement une hausse des prix. Celle-ci a des effets importants sur la recherche française : Matinfo, le groupement d’achat de matériel informatique pour l’enseignement et la recherche (ESR), explique au personnel : « on en arrive à des situations de blocage ».

Ce groupement permet aux établissements français d’enseignement supérieur et de la recherche (universités mais aussi CNRS et autres institutions de recherche) de faire leurs achats de « matériel informatique, postes de travail, pilotage d’expérience ou serveurs » via un accord-cadre. Avec 250 établissements membres, en temps normal, celui-ci leur permet de bénéficier de tarifs « très avantageux » tout en respectant le code des marchés publics.

L’augmentation des prix de la mémoire crée un goulot d’étranglement

Le comité de suivi Matinfo a envoyé à ses membres un document rédigé le 18 septembre dernier, qu’a pu consulter Next, destiné à « toute personne faisant partie d’un établissement de l’enseignement supérieur et de la recherche français » qui explique les difficultés.


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☕️ arXiv annonce 17 millions de dollars de financement venant de fondations et de XTX Markets



En mars dernier, la plateforme de prépublication d’articles scientifiques arXiv avait annoncé devenir une « organisation indépendante à but non lucratif », avec son CEO et son propre budget. Elle vient d’officialiser un financement total de 17,2 millions de dollars par le secteur privé.

Le serveur pionnier de la prépublication scientifique créé en 1991 a voulu prendre son indépendance de l’université Cornell dont elle dépendait depuis 2001. Cette dernière avait pris sous son aile le projet quand son créateur, Paul Ginsparg, l’avait rejointe en quittant le laboratoire américain de Los Alamos au sein duquel il avait créé arXiv. Mais le projet, devenu structurant dans la recherche mondiale, commençait à peser lourd sur les finances de l’université, et avait besoin d’une infrastructure administrative et financière plus solide.

Le financement de 17,2 millions de dollars qu’arXiv vient d’annoncer, présenté comme « philantropique », est assuré par trois structures : la Fondation Simons, le Fonds de dotation de la famille Siegel et l’entreprise XTX Markets. Ce financement doit s’étaler sur 3 à 5 ans.

La Fondation Simons finançait déjà le projet et avait aussi aidé Cornell à collecter des fonds pour le lancement du projet en « organisation indépendante à but non lucratif », comme l’expliquait la revue Science. Elle est représentée dans le conseil d’administration d’arXiv par le journaliste scientifique Ivan Oransky (co-créateur de Retraction Watch). La deuxième structure est un fonds créé par l’informaticien David Siegel et co-créateur du hedge fund Two Sigma. XTX Markets, une entreprise de trading britannique créée par le mathématicien russe Alex Gerko, a de son côté récemment annoncé un bénéfice record de 1,7 milliard de livres sterling (environ 2 milliards d’euros).

La plateforme de prépublications scientifiques explique que ce financement doit permettre de soutenir :

  • « Le fonctionnement général et l’amélioration continue des services d’arXiv destinés à la communauté scientifique »,
  • « La poursuite du développement technique de la plateforme, notamment les travaux liés à la gestion des contenus générés par l’IA et aux autres défis émergents dans le domaine de la communication scientifique »,
  • « Le renforcement d’arXiv en tant qu’organisme indépendant à but non lucratif, notamment par des investissements dans la gouvernance et le fonctionnement organisationnel ».
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☕️ arXiv annonce 17 millions de dollars de financement venant de fondations et de XTX Markets



En mars dernier, la plateforme de prépublication d’articles scientifiques arXiv avait annoncé devenir une « organisation indépendante à but non lucratif », avec son CEO et son propre budget. Elle vient d’officialiser un financement total de 17,2 millions de dollars par le secteur privé.

Le serveur pionnier de la prépublication scientifique créé en 1991 a voulu prendre son indépendance de l’université Cornell dont elle dépendait depuis 2001. Cette dernière avait pris sous son aile le projet quand son créateur, Paul Ginsparg, l’avait rejointe en quittant le laboratoire américain de Los Alamos au sein duquel il avait créé arXiv. Mais le projet, devenu structurant dans la recherche mondiale, commençait à peser lourd sur les finances de l’université, et avait besoin d’une infrastructure administrative et financière plus solide.

Le financement de 17,2 millions de dollars qu’arXiv vient d’annoncer, présenté comme « philantropique », est assuré par trois structures : la Fondation Simons, le Fonds de dotation de la famille Siegel et l’entreprise XTX Markets. Ce financement doit s’étaler sur 3 à 5 ans.

La Fondation Simons finançait déjà le projet et avait aussi aidé Cornell à collecter des fonds pour le lancement du projet en « organisation indépendante à but non lucratif », comme l’expliquait la revue Science. Elle est représentée dans le conseil d’administration d’arXiv par le journaliste scientifique Ivan Oransky (co-créateur de Retraction Watch). La deuxième structure est un fonds créé par l’informaticien David Siegel et co-créateur du hedge fund Two Sigma. XTX Markets, une entreprise de trading britannique créée par le mathématicien russe Alex Gerko, a de son côté récemment annoncé un bénéfice record de 1,7 milliard de livres sterling (environ 2 milliards d’euros).

La plateforme de prépublications scientifiques explique que ce financement doit permettre de soutenir :

  • « Le fonctionnement général et l’amélioration continue des services d’arXiv destinés à la communauté scientifique »,
  • « La poursuite du développement technique de la plateforme, notamment les travaux liés à la gestion des contenus générés par l’IA et aux autres défis émergents dans le domaine de la communication scientifique »,
  • « Le renforcement d’arXiv en tant qu’organisme indépendant à but non lucratif, notamment par des investissements dans la gouvernance et le fonctionnement organisationnel ».
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L’agent Muse de Meta s’appuie sur des humains pour sa fonction d’appels téléphoniques

Encore et toujours le turc automate
Muse peut donner votre adresse à n’importe qui ou fouiller vos messages sans permission

L’agent IA de Meta qui propose aux internautes de faire leurs emplettes et de prendre leur rendez-vous à leur place est grandement inspiré d’OpenClaw, avoue l’un des responsables de l’entreprise. Mais la fonction d’appels ajoutée le 17 septembre s’appuie aussi sur un call center où de vrais humains passent des coups de fil à la place de l’IA.

L’IA coûte cher, les agents ne vont pas assez vite ? Pas de problème pour Meta, qui a essayé de rattraper son retard sur la concurrence en lançant Muse, son agent IA, capable de prendre en charge toutes sortes d’actions pour le compte de l’utilisateur. Histoire de ne pas perdre trop de temps en R&D, le géant des réseaux sociaux s’est grandement inspiré d’OpenClaw.

Un agent très très proche d’OpenClaw

C’est ce qu’a avoué Nat Friedman, responsable produit chez Meta Superintelligence Labs (MSL) dans un post sur X. « En tant que produit, il s’inspire très fortement d’OpenClaw » explique-t-il, tout en assurant que l’agent de Meta a été créé « from scratch ». « Je pense que beaucoup de gens s’en sont inspirés. Notre objectif avec Muse était de créer quelque chose de similaire à OpenClaw, que nous pourrions rendre sûr, sécurisé et facile à utiliser, et qui puisse s’adapter à des milliards d’utilisateurs », ajoute-t-il.

Nat Friedman répondait à un message affirmant que « Muse, c’est LITTÉRALEMENT OpenClaw pour les gens normaux ». Ce message était accompagné d’une capture d’écran montrant une réponse de Muse comparant des noms de fichiers de configuration entre les différents systèmes. Cette inspiration n’est pas fortuite : il se trouve en effet que Meta avait tenté d’acquérir OpenClaw avant qu’OpenAI ramasse la mise.

Meta est pressé et ne s’embarrasse pas trop des éventuels obstacles sur sa route : il a ainsi délogé manu militari le groupe de musique Muse de ses réseaux sociaux (Instagram, Facebook, et même X) pour y greffer ceux de son agent. Et Muse a été repéré par la patrouille en train de faire les courses sur Amazon sans que ce dernier soit prévenu.

Une nouvelle fonctionnalité… backupée par un call center

Ce même empressement pourrait aussi expliquer pourquoi Meta a voulu attribuer à Muse des actions qu’il ne peut réaliser seul, sans l’aide d’un humain. Dans l’histoire de l’IA, beaucoup d’entreprises ont été accusées de cacher du travail humain derrière un storytelling d’automatisation des tâches, Waymo faisant par exemple débloquer ses taxis par des personnes travaillant aux Philippines.

Meta rejoint ainsi cette longue liste après avoir lancé en test une fonction « pour les appels sortants vers des entreprises américaines ». Alexandr Wang, directeur de l’IA chez Meta, s’enorgueillait le 17 septembre dernier : « Nous étendons notre version bêta de Muse aux appels téléphoniques ! ».

Mais selon des informations de 404 Media, lors de la présentation de cette fonctionnalité aux employés de Meta, la direction leur a expliqué avoir « ajouté une couche d’agents humains pour garantir la bonne exécution des appels ».

D’après le message interne obtenu par nos confrères, « Muse ne se contente pas de composer un numéro. Il appelle une entreprise en votre nom, gère la conversation, traite votre demande et vous en rend compte à l’aide d’une transcription et d’un résumé ». « De plus, il ne fonctionne plus seul. Muse est désormais capable de transférer les demandes à un agent humain qualifié, qui passe l’appel et s’en charge », est-il ajouté.

Face à des employés circonspects concernant la mauvaise presse que cela pouvait attirer ainsi que par les problèmes de confidentialité potentiels, la direction de Meta leur a assuré que les sous-traitants avaient suivi « de nombreuses formations afin de garantir la sécurité et la protection de toutes vos données ».

« Les tests internes, également appelés “dogfooding”, sont au cœur du processus de développement des produits. Bien que les réactions des employés aient été extrêmement positives, l’objectif principal est de recueillir des retours afin de pouvoir mettre en place des mesures de sécurité et de protection de la vie privée, et d’améliorer les fonctionnalités avant leur lancement public », a répondu Meta au site web. « Nous travaillons avec les commerçants pour continuer à améliorer cette fonctionnalité d’appel potentielle, et nous ne la déploierons que lorsqu’elle sera prête et accompagnée des mentions d’information appropriées ».

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L’agent Muse de Meta s’appuie sur des humains pour sa fonction d’appels téléphoniques

Encore et toujours le turc automate
L’agent Muse de Meta s’appuie sur des humains pour sa fonction d’appels téléphoniques

L’agent IA de Meta qui propose aux internautes de faire leurs emplettes et de prendre leur rendez-vous à leur place est grandement inspiré d’OpenClaw, avoue l’un des responsables de l’entreprise. Mais la fonction d’appels ajoutée le 17 septembre s’appuie aussi sur un call center où de vrais humains passent des coups de fil à la place de l’IA.

L’IA coûte cher, les agents ne vont pas assez vite ? Pas de problème pour Meta, qui a essayé de rattraper son retard sur la concurrence en lançant Muse, son agent IA, capable de prendre en charge toutes sortes d’actions pour le compte de l’utilisateur. Histoire de ne pas perdre trop de temps en R&D, le géant des réseaux sociaux s’est grandement inspiré d’OpenClaw.

Un agent très très proche d’OpenClaw

C’est ce qu’a avoué Nat Friedman, responsable produit chez Meta Superintelligence Labs (MSL) dans un post sur X. « En tant que produit, il s’inspire très fortement d’OpenClaw » explique-t-il, tout en assurant que l’agent de Meta a été créé « from scratch ». « Je pense que beaucoup de gens s’en sont inspirés. Notre objectif avec Muse était de créer quelque chose de similaire à OpenClaw, que nous pourrions rendre sûr, sécurisé et facile à utiliser, et qui puisse s’adapter à des milliards d’utilisateurs », ajoute-t-il.

Nat Friedman répondait à un message affirmant que « Muse, c’est LITTÉRALEMENT OpenClaw pour les gens normaux ». Ce message était accompagné d’une capture d’écran montrant une réponse de Muse comparant des noms de fichiers de configuration entre les différents systèmes. Cette inspiration n’est pas fortuite : il se trouve en effet que Meta avait tenté d’acquérir OpenClaw avant qu’OpenAI ramasse la mise.

Meta est pressé et ne s’embarrasse pas trop des éventuels obstacles sur sa route : il a ainsi délogé manu militari le groupe de musique Muse de ses réseaux sociaux (Instagram, Facebook, et même X) pour y greffer ceux de son agent. Et Muse a été repéré par la patrouille en train de faire les courses sur Amazon sans que ce dernier soit prévenu.

Une nouvelle fonctionnalité… backupée par un call center

Ce même empressement pourrait aussi expliquer pourquoi Meta a voulu attribuer à Muse des actions qu’il ne peut réaliser seul, sans l’aide d’un humain. Dans l’histoire de l’IA, beaucoup d’entreprises ont été accusées de cacher du travail humain derrière un storytelling d’automatisation des tâches, Waymo faisant par exemple débloquer ses taxis par des personnes travaillant aux Philippines.

Meta rejoint ainsi cette longue liste après avoir lancé en test une fonction « pour les appels sortants vers des entreprises américaines ». Alexandr Wang, directeur de l’IA chez Meta, s’enorgueillait le 17 septembre dernier : « Nous étendons notre version bêta de Muse aux appels téléphoniques ! ».

Mais selon des informations de 404 Media, lors de la présentation de cette fonctionnalité aux employés de Meta, la direction leur a expliqué avoir « ajouté une couche d’agents humains pour garantir la bonne exécution des appels ».

D’après le message interne obtenu par nos confrères, « Muse ne se contente pas de composer un numéro. Il appelle une entreprise en votre nom, gère la conversation, traite votre demande et vous en rend compte à l’aide d’une transcription et d’un résumé ». « De plus, il ne fonctionne plus seul. Muse est désormais capable de transférer les demandes à un agent humain qualifié, qui passe l’appel et s’en charge », est-il ajouté.

Face à des employés circonspects concernant la mauvaise presse que cela pouvait attirer ainsi que par les problèmes de confidentialité potentiels, la direction de Meta leur a assuré que les sous-traitants avaient suivi « de nombreuses formations afin de garantir la sécurité et la protection de toutes vos données ».

« Les tests internes, également appelés “dogfooding”, sont au cœur du processus de développement des produits. Bien que les réactions des employés aient été extrêmement positives, l’objectif principal est de recueillir des retours afin de pouvoir mettre en place des mesures de sécurité et de protection de la vie privée, et d’améliorer les fonctionnalités avant leur lancement public », a répondu Meta au site web. « Nous travaillons avec les commerçants pour continuer à améliorer cette fonctionnalité d’appel potentielle, et nous ne la déploierons que lorsqu’elle sera prête et accompagnée des mentions d’information appropriées ».

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IA et littérature : les détecteurs automatiques comme Pangram surfent sur le doute

Traque sur Internet
IA et littérature : les détecteurs automatiques comme Pangram surfent sur le doute

Les suspicions de copies d’étudiants ou de livres primés générés par IA poussent à utiliser les outils de détection proposés par des entreprises comme Pangram, mais ceux-ci ne peuvent nous assurer d’un diagnostic fiable. En France, l’écrivain Thélyson Orélien est pointé du doigt et son livre passé à la moulinette alors que l’auteur nie l’usage de l’IA générative et affirme : « je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine ».

La suspicion de devoirs rendus et livres de lauréats de prix littéraires générés par IA devient courante et pousse à la tentation de recourir à des logiciels de détection. Mais ceux-ci, même s’ils s’améliorent, peuvent se tromper et ont aussi des biais.

En France, depuis lundi, c’est le livre de Thélyson Orélien, titré « C’était ça ou mourir » et lauréat de plusieurs prix comme le prix Fnac ou le prix Méduse et pressenti par certains comme potentiel prix Goncourt 2026, qui est la cible de certaines critiques. L’ouvrage de l’écrivain québécois d’origine haïtienne a été la première cible littéraire d’un compte créé assez récemment sur X au nom de Pangramed. Ce compte pointe que le service de détection d’utilisation d’IA Pangram, dont il reprend le nom en le détournant, affiche sur plusieurs extraits du livre « nous croyons que ce texte entier est généré par IA » avec un score martelant « 100 % de ce texte est IA ».

Ce message a ensuite été repris sans pincettes par le journaliste du Figaro Paul Sugy et son collègue chroniqueur Samuel Fitoussi. Comme l’analyse Médiapart, une mécanique s’est ensuite déroulée dans les sphères de droite et d’extrême droite, Valeurs actuelles publiant un article sur le sujet, partagé ensuite par Alexandre Avril, vice-président de l’Union des droites pour la République (UDR). De nombreux comptes X ont aussi surfé sur le sujet, certains diffusant de fausses analyses Pangram de textes de Victor Hugo ou de Mary Shelley, d’autres ciblant de façon raciste Thélyson Orélien. Tout ça a propulsé le sujet dans l’actualité.

Depuis, nos confrères de Libération ont pu constater que la version 4 de Pangram estime bien que le texte est « entièrement IA » avec certains passages comme un mélange entre du texte artificiel et humain. Et le service français concurrent à Pangram, Lucide.ai a surfé sur l’occasion pour publier son diagnostic équivalent.

«  Je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine »

De son côté, Thélyson Orélien affirme à Libération : «J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine.». Il ajoute : « Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes. Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes ». Concernant l’estimation de Pangram, il « pense que le logiciel est habitué aux traditions littéraires françaises et aux auteurs classiques ».

Enfin, il exprime sa colère : «Depuis mon arrivée récente en France, je subis de nombreuses attaques racistes, qui ne viennent pas des lecteurs mais de personnes extérieures qui cherchent à nuire. Je n’y prêtais aucune attention. Mais je ne m’attendais pas à des attaques de ce genre. Je ne suis pas triste mais en colère. Je suis en train de constituer un dossier avec mes éditeurs en France et au Québec pour prouver ce que je dis ».

« Une précision de 98 % est extrêmement faible »


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Europe : menace sur le consentement pour entrainer des IA sur des données personnelles

Le consentement, c'est sexy pourtant !
Europe : menace sur le consentement pour entrainer des IA sur des données personnelles

L’Irlande a proposé de nouvelles modifications au texte européen du « digital omnibus » qui doit « simplifier » le droit numérique européen. Le pays qui préside actuellement le Conseil veut que l’Europe considère comme « légitime » l’entraînement des IA sur les données personnelles ainsi que le dépôt de cookies pour mesurer l’efficacité de la publicité en ligne sans avoir besoin d’obtenir le consentement explicite des utilisateurs.

En prenant la présidence du Conseil de l’Union européenne, l’Irlande a aussi pris en main la rédaction de la proposition du texte « digital omnibus ». Le pays, qui héberge nombre de sièges sociaux européens d’entreprises du numérique, a ajouté au brouillon en cours deux modifications qui permettraient aux entreprises d’IA d’une part et de publicité d’autre part de se passer du consentement explicite des utilisateurs.

Nos confrères de Politico ont obtenu la version du document datée du 3 septembre élaborée par la présidence irlandaise du Conseil de l’UE [PDF].

L’entraînement de l’IA, intérêt légitime ?


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Meta et ses lunettes connectées attaquées en justice aux États-Unis

Lunettes trop connectées ?
Meta et ses lunettes connectées attaquées en justice aux États-Unis

Les lunettes connectées de Meta sont de plus en plus utilisées à travers le monde mais aussi de plus en plus décriées. Aux États-Unis, des dizaines de personnes se sont jointes à une class action contre Meta accusée notamment d’avoir envoyé des scènes d’intimité sur ses serveurs et à un sous-traitant sans leur consentement.

Alors que de partout les lunettes Meta et leurs utilisateurs sont critiqués, une plainte vient unifier, aux États-Unis, les personnes qui dénoncent l’atteinte à leur intimité de la part de Meta. Elles accusent l’entreprise de Mark Zuckerberg d’avoir notamment transféré de manière problématique des photos et vidéos captées par une de ses paires de lunettes connectées.

En début d’année, des journalistes suédois ont montré que certaines scènes de la vie courante et parfois intime de porteurs de lunettes Meta et de leurs proches étaient envoyées sur les serveurs de Meta puis parfois à un de ses sous-traitants kényans pour analyse.

Ce sous-traitant, nommé Sama, est connu pour faire partie des entreprises africaines qui traitent les données des entreprises de la Silicon Valley pour toutes les tâches de modération et d’étiquetage (tâche qui permet d’améliorer les modèles).

À l’époque, l’eurodéputé du Parti social-démocrate suédois Adnan Dibrani avait soulevé des questions sur le sujet devant la Commission européenne. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, cette enquête a aussi inquiété plusieurs acheteurs de lunettes Meta qui ont monté différents dossiers juridiques.

Plus de 70 utilisateurs de lunettes Meta se rassemblent pour porter plainte

Fin août, plus de 70 d’entre eux ont finalement fusionné leurs plaintes dans une class action déposée devant un tribunal fédéral de Californie du Nord, a appris le Los Angeles Times.

Le document de 230 pages [PDF] s’appuie sur l’enquête de nos confrères et consœurs suédois pour accuser Meta d’envoyer sur ses serveurs les données que les utilisateurs font transférer des lunettes à leur smartphone. Et ce, en temps réel et qu’ils aient activé ou non la fonction « cloud media » (qui permet de sauvegarder sur le cloud de Meta).

La plainte évoque l’envoi par Meta de données à Sama pour que des employés de ce sous-traitant les vérifient. « Meta a transmis à des annotateurs tiers travaillant pour Sama des données à caractère personnel, notamment des images et des enregistrements audio représentant des situations privées et des activités personnelles dont l’utilisateur plaignant pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’elles restent privées », affirme le document.

Des scènes privées envoyées automatiquement

Mais la plainte contient aussi des témoignages des différents utilisateurs portant plainte. Ainsi, l’un d’entre eux affirme que ses lunettes ont enregistré à son insu des membres de sa famille dans la salle de bain alors qu’il les avait laissées sur une étagère : « Il a remarqué que, parfois, des photos de membres de sa famille dans la salle de bain et en train de se laver commençaient à apparaître dans sa galerie – des images que personne dans son foyer n’avait l’intention de prendre ».

Un autre témoigne que les lunettes qu’il a achetées « se déclenchaient par erreur deux fois par jour ». « Meta a capturé, transmis et acheminé vers Sama les images et les enregistrements audio capturés par les lunettes [de ce plaignant], qui montraient des situations privées et des activités personnelles dont il pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’elles restent privées », décrit le document au milieu de l’évocation de plus d’une quarantaine d’autres cas.

Les avocats soulignent que la communication de Meta est pourtant très rassurante, notamment depuis 2025, martelant que ses lunettes sont « conçues pour préserver votre vie privée, sous votre contrôle ». « Mark Zuckerberg a lui-même insisté sur ce message clé, soulignant qu’il était d’une « importance capitale » de « donner aux utilisateurs le contrôle » sur ce que les lunettes enregistrent et conservent », ajoutent-ils. Pour eux, cette insistance sur la protection de la vie privée des utilisateurs a permis à Meta de passer de 2 millions de ventes de lunettes sur 2023 et 2024 réunies à 7 millions pour la seule année de 2025.

« Ces promesses étaient fausses. Les lunettes enregistrent en silence, avec des indicateurs difficiles à voir et facilement masqués », constatent-ils.

« Si vous utilisez Meta AI, nous pouvons être amenés à examiner ces données afin d’améliorer nos produits et l’expérience utilisateur – cela fonctionne de la même manière que dans de nombreuses autres entreprises. Nous prenons des mesures pour filtrer ces données afin de supprimer les informations permettant d’identifier les utilisateurs et de protéger leur vie privée », a commenté Meta dans une déclaration envoyée au Los Angeles Times.

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Meta et ses lunettes connectées attaquées en justice aux États-Unis

Lunettes trop connectées ?
Meta et ses lunettes connectées attaquées en justice aux États-Unis

Les lunettes connectées de Meta sont de plus en plus utilisées à travers le monde mais aussi de plus en plus décriées. Aux États-Unis, des dizaines de personnes se sont jointes à une class action contre Meta accusée notamment d’avoir envoyé des scènes d’intimité sur ses serveurs et à un sous-traitant sans leur consentement.

Alors que de partout les lunettes Meta et leurs utilisateurs sont critiqués, une plainte vient unifier, aux États-Unis, les personnes qui dénoncent l’atteinte à leur intimité de la part de Meta. Elles accusent l’entreprise de Mark Zuckerberg d’avoir notamment transféré de manière problématique des photos et vidéos captées par une de ses paires de lunettes connectées.

En début d’année, des journalistes suédois ont montré que certaines scènes de la vie courante et parfois intime de porteurs de lunettes Meta et de leurs proches étaient envoyées sur les serveurs de Meta puis parfois à un de ses sous-traitants kényans pour analyse.

Ce sous-traitant, nommé Sama, est connu pour faire partie des entreprises africaines qui traitent les données des entreprises de la Silicon Valley pour toutes les tâches de modération et d’étiquetage (tâche qui permet d’améliorer les modèles).

À l’époque, l’eurodéputé du Parti social-démocrate suédois Adnan Dibrani avait soulevé des questions sur le sujet devant la Commission européenne. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, cette enquête a aussi inquiété plusieurs acheteurs de lunettes Meta qui ont monté différents dossiers juridiques.

Plus de 70 utilisateurs de lunettes Meta se rassemblent pour porter plainte

Fin août, plus de 70 d’entre eux ont finalement fusionné leurs plaintes dans une class action déposée devant un tribunal fédéral de Californie du Nord, a appris le Los Angeles Times.

Le document de 230 pages [PDF] s’appuie sur l’enquête de nos confrères et consœurs suédois pour accuser Meta d’envoyer sur ses serveurs les données que les utilisateurs font transférer des lunettes à leur smartphone. Et ce, en temps réel et qu’ils aient activé ou non la fonction « cloud media » (qui permet de sauvegarder sur le cloud de Meta).

La plainte évoque l’envoi par Meta de données à Sama pour que des employés de ce sous-traitant les vérifient. « Meta a transmis à des annotateurs tiers travaillant pour Sama des données à caractère personnel, notamment des images et des enregistrements audio représentant des situations privées et des activités personnelles dont l’utilisateur plaignant pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’elles restent privées », affirme le document.

Des scènes privées envoyées automatiquement

Mais la plainte contient aussi des témoignages des différents utilisateurs portant plainte. Ainsi, l’un d’entre eux affirme que ses lunettes ont enregistré à son insu des membres de sa famille dans la salle de bain alors qu’il les avait laissées sur une étagère : « Il a remarqué que, parfois, des photos de membres de sa famille dans la salle de bain et en train de se laver commençaient à apparaître dans sa galerie – des images que personne dans son foyer n’avait l’intention de prendre ».

Un autre témoigne que les lunettes qu’il a achetées « se déclenchaient par erreur deux fois par jour ». « Meta a capturé, transmis et acheminé vers Sama les images et les enregistrements audio capturés par les lunettes [de ce plaignant], qui montraient des situations privées et des activités personnelles dont il pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’elles restent privées », décrit le document au milieu de l’évocation de plus d’une quarantaine d’autres cas.

Les avocats soulignent que la communication de Meta est pourtant très rassurante, notamment depuis 2025, martelant que ses lunettes sont « conçues pour préserver votre vie privée, sous votre contrôle ». « Mark Zuckerberg a lui-même insisté sur ce message clé, soulignant qu’il était d’une « importance capitale » de « donner aux utilisateurs le contrôle » sur ce que les lunettes enregistrent et conservent », ajoutent-ils. Pour eux, cette insistance sur la protection de la vie privée des utilisateurs a permis à Meta de passer de 2 millions de ventes de lunettes sur 2023 et 2024 réunies à 7 millions pour la seule année de 2025.

« Ces promesses étaient fausses. Les lunettes enregistrent en silence, avec des indicateurs difficiles à voir et facilement masqués », constatent-ils.

« Si vous utilisez Meta AI, nous pouvons être amenés à examiner ces données afin d’améliorer nos produits et l’expérience utilisateur – cela fonctionne de la même manière que dans de nombreuses autres entreprises. Nous prenons des mesures pour filtrer ces données afin de supprimer les informations permettant d’identifier les utilisateurs et de protéger leur vie privée », a commenté Meta dans une déclaration envoyée au Los Angeles Times.

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En Europe, l’usage public des lunettes Meta avec l’IA jugé illégal par des experts

Harcèlement de rue augmenté par IA
En Europe, l’usage public des lunettes Meta avec l’IA jugé illégal par des experts

Dans un rapport très fourni, l’autorité de protection des données hambourgeoise donne sa position sur l’utilisation légale des lunettes connectées de Meta, que ce soit dans leur utilisation « simple » pour prendre des photos, l’utilisation avec Meta AI ou celle en connexion avec les réseaux sociaux. Elle martèle clairement que la reconnaissance de personnes en dehors d’un cercle proche restreint via ces lunettes sera interdite.

Les experts de la HmbBfDI, la CNIL du land de Hambourg, viennent d’analyser en profondeur le cas des lunettes Meta couplées avec l’application Meta AI à la lumière des règlementations européennes. Leur conclusion ne va sûrement pas faire plaisir à Mark Zuckerberg.

En France, la CNIL s’est déjà inquiétée de l’arrivée de ces lunettes connectées déjà surnommées « pervert glasses », ou « lunettes de pervers ». Mais l’autorité de protection des données française était restée sur des arguments généraux.

La HmbBfDI (en plus long, Hamburgischer Beauftragter für Datenschutz und Informationsfreiheit), vient de publier un rapport de 53 pages [PDF] beaucoup plus technique en précisant se focaliser « sur les responsabilités des utilisateurs de lunettes en matière de protection des données à caractère personnel de tiers ». Celui-ci s’appuie sur le droit européen mais aussi sur l’analyse du produit de Meta, que ce soit des lunettes en elles-mêmes que de l’application Meta AI.

Une difficile analyse de ce qui est transféré à Meta

Les experts de la HmbBfDI ont fait leur analyse avec le modèle Ray-Ban Meta Wayfarer (Gen 1). Ils ont pu analyser les composants électroniques contenus dans la branche gauche des lunettes : une puce mémoire du fabricant BIWIN et un CPU Qualcomm créé spécialement pour des calculs IA sont assemblés sur le PCB. Ils n’ont pas pu examiner les données de la mémoire, dont ils n’ont trouvé aucun point de contact pour lire les données, même avec un adaptateur standard pour la lecture de puces.

Ils ont pu constater que les données transmises par les lunettes sont « en grande partie chiffrées ».

Les experts de la HmbBfDI ont aussi analysé les données que laissait l’application sur le téléphone dans le dossier /data/data/com.facebook.stella créé lors de son installation. Notamment, ils ont pu constater qu’une base de données SQLite était créée avec des tables nommées « face », « face_group », « face_low_confidence_pair » et « face_to_face_group ». « L’hypothèse évidente selon laquelle ces tables serviraient à la reconnaissance faciale n’a pas pu être confirmée par les tests », expliquent-ils.

Des visages floutés mais difficile de savoir si l’action est faite localement

Dans leur expertise, ils ont essayé de déterminer si les visages capturés lors d’une utilisation de Meta AI étaient floutés avant ou après envoi sur les serveurs de l’entreprise. « Cela n’a pas pu être clarifié », expliquent-ils, notamment parce que les données sont envoyées de manière chiffrée, mais ils ont constaté un timestamp (horodatage) sur l’image indiquant un décalage de 2 secondes après le traitement par Meta.

Pour leur analyse, ils ont aussi demandé via le Meta Account Center et obtenu (après avoir attendu une semaine) les données de l’application, comme tout utilisateur peut le faire. Notamment, ces données contiennent un dossier nommé « /media/your_posts ». Ce dossier contient des captures d’images (au format jpeg) faites lors de conversations avec Meta AI. Si une de ces images contient un visage, celui-ci est masqué par un cercle gris pour le rendre méconnaissable :

Concernant la retranscription des voix, les données envoyées par le Meta Account Center sont anonymisées : « Seuls des indices concernant la question initiale peuvent être déduits de la réponse correspondant à la saisie », expliquent-ils. « Néanmoins, les textes doivent également être stockés dans une base de données, que nous n’avons pas pu trouver en local. En effet, toutes les saisies des utilisateurs restent accessibles sous forme de transcriptions via le « Journal d’activité vocale » dans l’interface utilisateur ».

Ils notent aussi que la fonctionnalité « Meta AI Chat » ne permet pas facilement de supprimer les conversations. Même si un bouton « Supprimer toutes les conversations » permet de les supprimer de l’historique de conversation, elles restent dans le « Journal d’activité vocale » qui ne permet de les supprimer qu’une à une.

Concernant la reconnaissance faciale, les experts n’ont pas trouvé de preuve de son utilisation tout en évoquant l’enquête de Wired dont nous avions parlé en juin.

Une exigence de transparence vis-à-vis des personnes filmées quasiment impossible à mettre en œuvre

Mais les experts allemands l’affirment : « l’utilisation de ces lunettes pose des défis importants en matière d’exigences de transparence » et cela notamment parce qu’il est difficile pour les personnes tierces de savoir que l’appareil est en train de filmer, malgré la diode qui s’allume lorsque c’est le cas : « Elle n’est visible que dans une mesure limitée, en fonction de la distance, de l’angle de vue et des conditions d’éclairage ». Et ils ajoutent que « le simple fait que la LED s’allume ne suffit pas à informer correctement les personnes concernées du traitement des données ».

Or, rien que leur utilisation pour prendre des photos et des vidéos doit s’appuyer, comme lors de toute captation d’images, sur le consentement ou l’intérêt légitime (par exemple, le droit à l’information). Pour eux, « les utilisateurs devraient plutôt prendre des mesures supplémentaires, telles que la mise en place d’avis sous forme de pictogrammes ou de communications verbales ». Bref, à part crier dans la rue : « hey, je vous filme tous » avant d’activer ces lunettes Meta, leur utilisation dans des lieux publics serait légalement impossible.

Si la personne qui porte les lunettes utilise aussi Meta AI, ça devient un peu plus compliqué. Si elle n’a pas accepté dans l’application l’utilisation des données pour l’entrainement, les experts de la HmbBfDI considèrent que « la transmission de données à caractère personnel de tiers via les lunettes à Meta AI (sans entraînement de l’IA) peut être fondée sur le consentement ». Dans quelques cas comme « la navigation, la traduction, la collecte d’informations ou, dans le cas des personnes malvoyantes, la participation à la vie sociale », cela peut même être considéré comme de l’utilisation légitime.

Mais si l’utilisation des données pour l’entrainement des modèles de Meta est autorisée par l’utilisateur, « cela entraîne des exigences supplémentaires en matière de transparence, d’autant plus que les tiers ne s’attendent généralement pas à ce que les enregistrements soient intégrés de manière permanente dans les modèles d’IA de Meta ».

Concernant l’utilisation sur les réseaux sociaux, comme pour d’autres captations, le consentement est la règle et celui-ci « doit également porter explicitement sur la publication ».

« Dans l’ensemble, en ce qui concerne les scénarios d’utilisation concrets, on peut partir du principe que la représentation identifiable de personnes n’appartenant pas à son cercle proche d’amis et de famille ne sera pas autorisée au regard de la législation sur la protection des données – sauf dans de rares cas impliquant des intérêts légitimes –, car il n’est pas réaliste d’obtenir un consentement éclairé », affirme le rapport.

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En Europe, l’usage public des lunettes Meta avec l’IA jugé illégal par des experts

Harcèlement de rue augmenté par IA
En Europe, l’usage public des lunettes Meta avec l’IA jugé illégal par des experts

Dans un rapport très fourni, l’autorité de protection des données hambourgeoise donne sa position sur l’utilisation légale des lunettes connectées de Meta, que ce soit dans leur utilisation « simple » pour prendre des photos, l’utilisation avec Meta AI ou celle en connexion avec les réseaux sociaux. Elle martèle clairement que la reconnaissance de personnes en dehors d’un cercle proche restreint via ces lunettes sera interdite.

Les experts de la HmbBfDI, la CNIL du land de Hambourg, viennent d’analyser en profondeur le cas des lunettes Meta couplées avec l’application Meta AI à la lumière des règlementations européennes. Leur conclusion ne va sûrement pas faire plaisir à Mark Zuckerberg.

En France, la CNIL s’est déjà inquiétée de l’arrivée de ces lunettes connectées déjà surnommées « pervert glasses », ou « lunettes de pervers ». Mais l’autorité de protection des données française était restée sur des arguments généraux.

La HmbBfDI (en plus long, Hamburgischer Beauftragter für Datenschutz und Informationsfreiheit), vient de publier un rapport de 53 pages [PDF] beaucoup plus technique en précisant se focaliser « sur les responsabilités des utilisateurs de lunettes en matière de protection des données à caractère personnel de tiers ». Celui-ci s’appuie sur le droit européen mais aussi sur l’analyse du produit de Meta, que ce soit des lunettes en elles-mêmes que de l’application Meta AI.

Une difficile analyse de ce qui est transféré à Meta

Les experts de la HmbBfDI ont fait leur analyse avec le modèle Ray-Ban Meta Wayfarer (Gen 1). Ils ont pu analyser les composants électroniques contenus dans la branche gauche des lunettes : une puce mémoire du fabricant BIWIN et un CPU Qualcomm créé spécialement pour des calculs IA sont assemblés sur le PCB. Ils n’ont pas pu examiner les données de la mémoire, dont ils n’ont trouvé aucun point de contact pour lire les données, même avec un adaptateur standard pour la lecture de puces.

Ils ont pu constater que les données transmises par les lunettes sont « en grande partie chiffrées ».

Les experts de la HmbBfDI ont aussi analysé les données que laissait l’application sur le téléphone dans le dossier /data/data/com.facebook.stella créé lors de son installation. Notamment, ils ont pu constater qu’une base de données SQLite était créée avec des tables nommées « face », « face_group », « face_low_confidence_pair » et « face_to_face_group ». « L’hypothèse évidente selon laquelle ces tables serviraient à la reconnaissance faciale n’a pas pu être confirmée par les tests », expliquent-ils.

Des visages floutés mais difficile de savoir si l’action est faite localement

Dans leur expertise, ils ont essayé de déterminer si les visages capturés lors d’une utilisation de Meta AI étaient floutés avant ou après envoi sur les serveurs de l’entreprise. « Cela n’a pas pu être clarifié », expliquent-ils, notamment parce que les données sont envoyées de manière chiffrée, mais ils ont constaté un timestamp (horodatage) sur l’image indiquant un décalage de 2 secondes après le traitement par Meta.

Pour leur analyse, ils ont aussi demandé via le Meta Account Center et obtenu (après avoir attendu une semaine) les données de l’application, comme tout utilisateur peut le faire. Notamment, ces données contiennent un dossier nommé « /media/your_posts ». Ce dossier contient des captures d’images (au format jpeg) faites lors de conversations avec Meta AI. Si une de ces images contient un visage, celui-ci est masqué par un cercle gris pour le rendre méconnaissable :

Concernant la retranscription des voix, les données envoyées par le Meta Account Center sont anonymisées : « Seuls des indices concernant la question initiale peuvent être déduits de la réponse correspondant à la saisie », expliquent-ils. « Néanmoins, les textes doivent également être stockés dans une base de données, que nous n’avons pas pu trouver en local. En effet, toutes les saisies des utilisateurs restent accessibles sous forme de transcriptions via le « Journal d’activité vocale » dans l’interface utilisateur ».

Ils notent aussi que la fonctionnalité « Meta AI Chat » ne permet pas facilement de supprimer les conversations. Même si un bouton « Supprimer toutes les conversations » permet de les supprimer de l’historique de conversation, elles restent dans le « Journal d’activité vocale » qui ne permet de les supprimer qu’une à une.

Concernant la reconnaissance faciale, les experts n’ont pas trouvé de preuve de son utilisation tout en évoquant l’enquête de Wired dont nous avions parlé en juin.

Une exigence de transparence vis-à-vis des personnes filmées quasiment impossible à mettre en œuvre

Mais les experts allemands l’affirment : « l’utilisation de ces lunettes pose des défis importants en matière d’exigences de transparence » et cela notamment parce qu’il est difficile pour les personnes tierces de savoir que l’appareil est en train de filmer, malgré la diode qui s’allume lorsque c’est le cas : « Elle n’est visible que dans une mesure limitée, en fonction de la distance, de l’angle de vue et des conditions d’éclairage ». Et ils ajoutent que « le simple fait que la LED s’allume ne suffit pas à informer correctement les personnes concernées du traitement des données ».

Or, rien que leur utilisation pour prendre des photos et des vidéos doit s’appuyer, comme lors de toute captation d’images, sur le consentement ou l’intérêt légitime (par exemple, le droit à l’information). Pour eux, « les utilisateurs devraient plutôt prendre des mesures supplémentaires, telles que la mise en place d’avis sous forme de pictogrammes ou de communications verbales ». Bref, à part crier dans la rue : « hey, je vous filme tous » avant d’activer ces lunettes Meta, leur utilisation dans des lieux publics serait légalement impossible.

Si la personne qui porte les lunettes utilise aussi Meta AI, ça devient un peu plus compliqué. Si elle n’a pas accepté dans l’application l’utilisation des données pour l’entrainement, les experts de la HmbBfDI considèrent que « la transmission de données à caractère personnel de tiers via les lunettes à Meta AI (sans entraînement de l’IA) peut être fondée sur le consentement ». Dans quelques cas comme « la navigation, la traduction, la collecte d’informations ou, dans le cas des personnes malvoyantes, la participation à la vie sociale », cela peut même être considéré comme de l’utilisation légitime.

Mais si l’utilisation des données pour l’entrainement des modèles de Meta est autorisée par l’utilisateur, « cela entraîne des exigences supplémentaires en matière de transparence, d’autant plus que les tiers ne s’attendent généralement pas à ce que les enregistrements soient intégrés de manière permanente dans les modèles d’IA de Meta ».

Concernant l’utilisation sur les réseaux sociaux, comme pour d’autres captations, le consentement est la règle et celui-ci « doit également porter explicitement sur la publication ».

« Dans l’ensemble, en ce qui concerne les scénarios d’utilisation concrets, on peut partir du principe que la représentation identifiable de personnes n’appartenant pas à son cercle proche d’amis et de famille ne sera pas autorisée au regard de la législation sur la protection des données – sauf dans de rares cas impliquant des intérêts légitimes –, car il n’est pas réaliste d’obtenir un consentement éclairé », affirme le rapport.

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Plusieurs associations appellent la Commission européenne à tuer les bannières de cookies

On peut pas les manger plutôt ? J'ai faim !
Plusieurs associations appellent la Commission européenne à tuer les bannières de cookies

noyb, l’EFF, Que Choisir et d’autres associations veulent profiter de la proposition d’ « omnibus numérique » de simplification des règles européennes pour introduire l’obligation de prendre en compte des mécanismes standards d’automatisation de réponse aux bannières de cookies.

« Utiliser Internet est devenu un véritable casse-tête », constatent une vingtaine d’associations dont noyb, Que Choisir Ensemble, ou encore l’EFF. « Même des gestes simples, comme ouvrir un site web ou une application, obligent souvent les utilisateurs à cliquer sur des bannières de consentement trompeuses avant de pouvoir accéder au contenu proprement dit ». Et effectivement, les bannières de cookies utilisant très souvent des dark patterns ont envahi le web.

« Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’omniprésence des bannières de consentement, celles-ci ne sont pas exigées par la législation européenne », soulignent les associations : « En réalité, au sein de l’Union européenne, le suivi en ligne est interdit par défaut ». Les bannières de consentement constituent dès lors un outil de « conformité malveillante » utilisé par le secteur du suivi, conçu pour vous inciter à renoncer à vos droits. « En d’autres termes : ce système est vicié dès sa conception », concluent-elles. Le site de Next, sans bannière de cookies, prouve qu’il est possible de s’en passer.

Proposition d’introduire un nouvel article dans l’ « omnibus numérique » pour simplifier la vie des internautes

En conséquence, dans une lettre ouverte adressée à la Commission européenne, ces associations lui demandent d’intégrer à son texte dit « omnibus numérique » un article (article 88b) qui obligerait les sites web des entreprises à accepter un mécanisme standard de signaux automatiques permettant à l’internaute de faire ses propres choix de façon automatique, sans avoir à décocher manuellement des cases avant d’accéder au contenu.

Pour ces associations, cet ajout permettrait d’apporter une véritable simplification « que les citoyens (et les électeurs) puissent constater dans leur vie quotidienne, plutôt que de se contenter de réduire les obligations pesant sur les entreprises ». Rappelons que la Commission européenne a justifié son projet d’omnibus numérique par le besoin d’un « choc de simplification ».

Des protocoles existants qui peuvent devenir des standards

Elles appuient leur demande sur l’existence de protocoles déjà existants. Et si le Do Not Track n’a pas eu le succès escompté, les associations s’appuient sur le « Global Privacy Control » qui a pris la relève et sur lequel reposent déjà, selon elles, des lois établies dans certains États américains.

L’EFF, noyb et autres associations citent aussi le protocole ADPC (Advanced Data Protection Control) proposé par le chercheur autrichien Soheil Human. L’ADPC permet non seulement de refuser les cookies mais aussi de les accepter à des fins spécifiques ou pour des responsables de traitement choisis. Cela « pourrait permettre de supprimer la plupart des bannières de cookies », argumentent les associations.

Les associations proposent que ce nouvel article 88b rende obligatoire la possibilité d’automatiser par l’internaute, dans son navigateur, tout ce qui dépend du principe de consentement tel que le définit l’article 4.11 du RGPD. L’article qu’elles proposent obligerait à respecter les signaux automatisés.

Enfin, les associations demandent à la commission d’interdire aux entreprises considérées comme des « contrôleurs d’accès » de concevoir ou gérer les signaux automatisés de manière à renforcer leurs positions dominantes.

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Plusieurs associations appellent la Commission européenne à tuer les bannières de cookies

On peut pas les manger plutôt ? J'ai faim !
Plusieurs associations appellent la Commission européenne à tuer les bannières de cookies

noyb, l’EFF, Que Choisir et d’autres associations veulent profiter de la proposition d’ « omnibus numérique » de simplification des règles européennes pour introduire l’obligation de prendre en compte des mécanismes standards d’automatisation de réponse aux bannières de cookies.

« Utiliser Internet est devenu un véritable casse-tête », constatent une vingtaine d’associations dont noyb, Que Choisir Ensemble, ou encore l’EFF. « Même des gestes simples, comme ouvrir un site web ou une application, obligent souvent les utilisateurs à cliquer sur des bannières de consentement trompeuses avant de pouvoir accéder au contenu proprement dit ». Et effectivement, les bannières de cookies utilisant très souvent des dark patterns ont envahi le web.

« Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’omniprésence des bannières de consentement, celles-ci ne sont pas exigées par la législation européenne », soulignent les associations : « En réalité, au sein de l’Union européenne, le suivi en ligne est interdit par défaut ». Les bannières de consentement constituent dès lors un outil de « conformité malveillante » utilisé par le secteur du suivi, conçu pour vous inciter à renoncer à vos droits. « En d’autres termes : ce système est vicié dès sa conception », concluent-elles. Le site de Next, sans bannière de cookies, prouve qu’il est possible de s’en passer.

Proposition d’introduire un nouvel article dans l’ « omnibus numérique » pour simplifier la vie des internautes

En conséquence, dans une lettre ouverte adressée à la Commission européenne, ces associations lui demandent d’intégrer à son texte dit « omnibus numérique » un article (article 88b) qui obligerait les sites web des entreprises à accepter un mécanisme standard de signaux automatiques permettant à l’internaute de faire ses propres choix de façon automatique, sans avoir à décocher manuellement des cases avant d’accéder au contenu.

Pour ces associations, cet ajout permettrait d’apporter une véritable simplification « que les citoyens (et les électeurs) puissent constater dans leur vie quotidienne, plutôt que de se contenter de réduire les obligations pesant sur les entreprises ». Rappelons que la Commission européenne a justifié son projet d’omnibus numérique par le besoin d’un « choc de simplification ».

Des protocoles existants qui peuvent devenir des standards

Elles appuient leur demande sur l’existence de protocoles déjà existants. Et si le Do Not Track n’a pas eu le succès escompté, les associations s’appuient sur le « Global Privacy Control » qui a pris la relève et sur lequel reposent déjà, selon elles, des lois établies dans certains États américains.

L’EFF, noyb et autres associations citent aussi le protocole ADPC (Advanced Data Protection Control) proposé par le chercheur autrichien Soheil Human. L’ADPC permet non seulement de refuser les cookies mais aussi de les accepter à des fins spécifiques ou pour des responsables de traitement choisis. Cela « pourrait permettre de supprimer la plupart des bannières de cookies », argumentent les associations.

Les associations proposent que ce nouvel article 88b rende obligatoire la possibilité d’automatiser par l’internaute, dans son navigateur, tout ce qui dépend du principe de consentement tel que le définit l’article 4.11 du RGPD. L’article qu’elles proposent obligerait à respecter les signaux automatisés.

Enfin, les associations demandent à la commission d’interdire aux entreprises considérées comme des « contrôleurs d’accès » de concevoir ou gérer les signaux automatisés de manière à renforcer leurs positions dominantes.

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☕️ OpenAI ouvre les pubs dans ChatGPT aux clients d’Amazon Ads



Après avoir introduit la publicité dans son chatbot, OpenAI la booste en signant un accord avec Amazon.

Celui-ci va permettre aux clients d’Amazon Ads, le service de publicité du groupe de Jeff Bezos, d’insérer leur pub dans ChatGPT via la plateforme de marketing Amazon DSP. Pour l’instant, c’est un projet pilote mis en place aux États-Unis, avec des publicitaires sélectionnés, explique Digiday.

Ave Calvar pour Unsplash +

Mais on peut facilement imaginer qu’il se généralise, même si OpenAI a tâtonné 7 mois avant de lancer la pub dans ChatGPT pour les utilisateurs français et européens.

Il y a un an, Amazon concluait aussi un accord avec Netflix concernant l’introduction de publicités via sa plateforme DSP aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Espagne, au Mexique, au Canada, au Japon, au Brésil, en Italie, en Allemagne et en Australie.

Rappelons quand même que la FTC (l’agence américaine de contrôle du droit de la consommation et des pratiques anticoncurrentielles) vient d’attaquer en justice Amazon pour avoir surfacturé « de manière secrète et systématique » 1,2 million d’annonceurs sur Amazon.com à hauteur d’une somme totale de plus de 20 milliards de dollars.

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☕️ OpenAI ouvre les pubs dans ChatGPT aux clients d’Amazon Ads



Après avoir introduit la publicité dans son chatbot, OpenAI la booste en signant un accord avec Amazon.

Celui-ci va permettre aux clients d’Amazon Ads, le service de publicité du groupe de Jeff Bezos, d’insérer leur pub dans ChatGPT via la plateforme de marketing Amazon DSP. Pour l’instant, c’est un projet pilote mis en place aux États-Unis, avec des publicitaires sélectionnés, explique Digiday.

Ave Calvar pour Unsplash +

Mais on peut facilement imaginer qu’il se généralise, même si OpenAI a tâtonné 7 mois avant de lancer la pub dans ChatGPT pour les utilisateurs français et européens.

Il y a un an, Amazon concluait aussi un accord avec Netflix concernant l’introduction de publicités via sa plateforme DSP aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Espagne, au Mexique, au Canada, au Japon, au Brésil, en Italie, en Allemagne et en Australie.

Rappelons quand même que la FTC (l’agence américaine de contrôle du droit de la consommation et des pratiques anticoncurrentielles) vient d’attaquer en justice Amazon pour avoir surfacturé « de manière secrète et systématique » 1,2 million d’annonceurs sur Amazon.com à hauteur d’une somme totale de plus de 20 milliards de dollars.

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☕️ L’agence de cybersécurité de la Commission européenne peut maintenant utiliser Mythos



L’ENISA, agence de cybersécurité de l’Union européenne, vient d’obtenir un accès à Mythos. En mai, OpenAI lui avait donné accès à GPT-5.5-Cyber mais elle n’avait pas accès au modèle présenté d’Anthropic le plus puissant côté cybersécurité notamment.

Un mois après, Anthropic annonçait l’ouverture de l’accès de Mythos à d’autres organisations gouvernementales que celles des États-Unis, l’Union européenne était évoquée sans que cela soit officiel.

Illustration : Flock

C’est désormais chose faite. « À la suite de nos échanges constructifs avec Anthropic, nous pouvons confirmer que l’agence européenne de cybersécurité ENISA a obtenu l’accès à Mythos 5 et procède actuellement à des tests sur ce système », a affirmé un représentant de la Commission européenne à Bloomberg, même si l’entreprise états-unienne n’a pas voulu commenter.

Mais l’ENISA ne semble pas avoir accès à la dernière version du modèle d’Anthropic si la version est bien celle citée par le représentant de la Commission. En effet, la semaine dernière, l’entreprise a annoncé la version 5.1 de Mythos et l’entreprise de Dario Amodei écrivait que cette version n’était « accessible qu’à un certain nombre d’organisations américaines ».

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