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Naissance des Googlebooks et questions autour de Gemini

Les Googlebooks ont eu droit à leur lever de rideau et à une présentation complète de la part de Google. Au-delà des annonces et des effets théâtraux, on a du mal à voir de prime abord la différence entre ces modèles et les plus anciens Chromebooks autrement que par une montée en gamme du matériel et l’arrivée en force de Gemini, l’IA maison du moteur de recherche.

Les Googlebooks devraient monter sur la scène internationale dans quelques jours maintenant. Le top 5 des constructeurs d’ordinateurs personnels – hormis Apple – a présenté des modèles. Avalisant ainsi d’office l’offre de Google tout en cherchant à amorcer un début d’intérêt du côté des clients.

Lenovo GoogleBook 15

Lenovo GoogleBook 15

Lancement mondial des Googlebooks le 5 octobre

Est ainsi annoncé le Lenovo GoogleBook 15 qui joue sur la diagonale la plus grande avec 15.3 pouces en 2880 x 1800 pixels. Une dalle tactile enfermée dans un châssis haut de gamme réalisé en alliage de magnésium renforcé de fibres de carbone. Cela porte son épaisseur à 1.595 cm pour un poids qui reste très correct au vu de l’affichage proposé avec 1.28 Kg. La partie technique est confiée à un processeur Intel Panther Lake Core Ultra 5 avec 16 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage  SSD pour un tarif de base de 1349€. Des dérivés techniques mieux équipés seront également proposés.

HP Googlebook 14

HP Googlebook 14

Le HP Googlebook 14, une solution de 14 pouces de diagonale de type OLED avec une définition de 2560 x 1440 pixels. L’engin embarque un SoC ARM Snapdragon X Elite XE1-8-100 associé à 16 ou 32 Go de mémoire vive et un stockage minimal de 512 Go. La coque est classique et la machine semble confortable, le constructeur ayant mis l’accent sur l’affichage avec un écran doté d’une bonne colorimétrie et d’une luminosité de 500 cd/m². Prix indiqué 1099€.

Dell XPS Googlebook

Dell XPS Googlebook

Suit le Dell XPS Googlebook qui est une sorte d’XPS 13 version Google, un engin dont la forme rappelle le bestseller portable de la marque et un poids qui fait mouche avec tout juste un kilo. On retrouve une dalle de 13.4″ de type IPS en 2880 x 1800 pixels. Les entrailles techniques sont identiques, avec là encore, un Snapdragon X1 Elite XE1-8-100 et de 16 à 32 Go de mémoire vive. Le stockage pourra grimper à 512 Go et l’ensemble est enfermé dans un châssis aluminium de 12.7 mm d’épaisseur. On connait le prix de base de cette machine en euros, il est prévu uniquement aux USA à 1199$ HT.

Asus Googlebook 14

Asus Googlebook 14

L’Asus Googlebook 14 ne change pas vraiment de recette mais joue sur le ratio entre sa diagonale et son poids. La machine affiche sur 14 pouces en 3200 x 1440 pixels grâce à une dalle OLED 1000 nits 120 Hz tout en restant ultra léger avec 997 grammes pour 1.4 cm d’épaisseur. La coque en alliage aluminium-magnésium enferme un processeur Intel Panther Lake Core ultra 5 ou Core Ultra 7 avec de 16 à 64 Go de mémoire vive. Le stockage démarre à 256 Go pour un prix de base de 1399€ mais l’engin acceptera jusqu’à 1 To de stockage NVMe PCIe 4.0 au format M.2 non détaillé.

Acer Googlebook 14

Acer Googlebook 14

L’Acer Googlebook 14 s’annonce à un tarif de base de 1199€. La dalle est une 14 pouces tactile de type OLED en 2880 x 1800 pixels 120 Hz pilotée par un processeur Panther Lake Core Ultra 5 ou Ultra 7. La mémoire vive de base sera de 16 Go et le stockage atteindra 256 Go avec, là encore, des variantes à la hausse. Le tout sera intégré dans un châssis à charnière sur 360° permettant un usage de type tablette. La coque est réalisée dans un alliage aluminium-magnésium qui portera le poids total de l’engin à 1.13 Kg pour 1.39 cm d’épaisseur.

Matériel haut de gamme et Glowbar

On peut noter des tendances globales sur ces machines. Les matériaux haut de gamme employés, par exemple : alliages métalliques, fibre de carbone. Mais aussi la qualité des dalles qui permettent de bonnes colorimétries et des espaces de travail larges. Des éléments indispensables pour pouvoir afficher le contenu de son smartphone à l’écran. De la mémoire minimale, de l’espace de stockage, des puces puissantes. On est loin du scénario de base des Chromebooks qui, mis en avant comme des terminaux de surf, se contentaient à leurs débuts du strict minimum.

L’ergonomie n’est pas en reste avec d’énormes surfaces de trackpad en plus des écrans tactiles, des retours haptiques sur la majorité des modèles, des claviers avec rétroéclairage et des éléments pour la bonne prise en charge des services proposés : micro avec annulation de bruit ambiant, systèmes d’authentification biométrique. La connexion au réseau passe à minima par un Wi-Fi7 et du Bluetooth 6.0. On note également une autonomie générale de 14 heures annoncées.

La Glowbar est un gadget supplémentaire qui permettra quelques fonctions plus ou moins utiles mais surtout de différencier Chromebook et Googlebook. Cette petite barre de LEDs visible depuis l’extérieur de l’engin permet de savoir l’état de la charge de la batterie de l’engin. Elle s’illuminera par ailleurs lors de l’allumage des engins et offrira un jeu de pulsations lumineuses lorsque vous utiliserez Gemini. L’IA maison de Google intégrée au système. Ouverte à des développements externes, la barre pourra servir à une foule d’autres usages, mais colle bien à la volonté de la marque de mettre en valeur l’usage de l’IA maison.

Si vous vous demandez à quoi peut bien vous servir d’afficher sur le dos de votre PC portable une barre lumineuse signalant votre recours à l’IA Gemini, sachez que le but n’est pas de vous rendre service à vous mais bien de faire de la publicité à Google. Je ne doute pas une seule seconde qu’une des premières choses qui sera proposée par des développeurs indépendants le jour de la sortie de ces engins sera d’éteindre cette barre pour qu’elle ne réagisse plus. Je suppose qu’aucun étudiant en amphi n’a envie de voir son Googlebook clignoter en permanence pour signaler son usage de l’IA Gemini.

Googlebook

Googlebook OS remplace un ChromeOS déjà transformé par Android

Google a bien compris que le public était sensible à la continuité proposée par le duo smartphone / ordinateur. Et c’est compréhensible, apprendre à utiliser un logiciel de montage vidéo, un traitement de texte ou un outil de PréAO sur smartphone est chronophage. Pouvoir le retrouver à l’identique sur son ordinateur est donc un excellent moyen de gagner du temps. Googlebook OS poussera les développeurs à gérer leurs applications Android en plein écran, en prenant en compte clavier et souris et en s’exécutant au mieux sur les composants sélectionnés par les constructeurs2. 

Les logiciels phares comme les applications créatives Photoshop, Lightroom ou Capcut ainsi que, bien évidemment, les outils natifs de Google seront optimisés sur les books dès la sortie des machines histoire d’amorcer la pompe. Et le système encouragera cette mixité d’usages en augmentant la porosité entre les deux univers. Google promet une exploitation de son Googlebook dès la sortie de la boite. Une fois votre profil authentifié, le transfert des informations importantes débutera immédiatement. Pour l’utilisateur, cela se traduit par un effort minimal : la connexion du Googlebook à Internet. Une fois connectée, l’authentification de votre compte permettra de récupérer votre univers « smartphone » sur votre PC portable. Tout sera correctement chiffré et vos réglages, paramètres, mots de passe, réseaux Wi-Fi précédents, et autres données principales comme vos messages et identifiants de services seront récupérés immédiatement. L’expérience devrait être similaire à ce que propose Google quand on change de smartphone.

Continue On permettra de poursuivre facilement un travail d'un appareil à l'autre.

Continue On permettra de poursuivre facilement un travail d’un appareil à l’autre.

Le service « Continue On » permettra de sauter d’un appareil à l’autre. C’est une des fonctions les plus évidentes et qui manque le plus cruellement à ChromeOS aujourd’hui. L’idée de pouvoir poursuivre un travail commencé sur son smartphone sur l’interface plus ergonomique proposée par un portable. Typiquement un travail documentaire qui consiste à remplir des formulaires, entamé sur son smartphone, et qu’on découvre finalement trop complexe pour être poursuivi sur un écran de quelques pouces de diagonale. Le basculer sur son portable Googlebook en un clic pour le poursuivre sans recommencer à zéro est la meilleure proposition possible. Le fait de pouvoir accéder directement à ses fichiers, ses photos, stockées sur smartphone depuis son PC sera également un plus. Si on ajoute la possibilité d’afficher en temps réel l’écran du smartphone comme une fenêtre flottante sur son grand écran, on a une synergie complète entre les deux univers.

Finir sa réservation de billets sur Googlebook alors qu'on l'a commencée sur smartphone

Finir sa réservation de billets sur Googlebook alors qu’on l’a commencée sur smartphone

Un exemple simple, vous avez pris des photos avec votre smartphone d’un objet à vendre sur un site d’occasion entre particuliers. Vous les retouchez légèrement avec l’appareil et notez des informations sur le produit. Mais quand vous décidez de mettre l’annonce en ligne, les choses se compliquent. Pour la création de votre compte, le service vous demande des informations sur vous, des documents à transférer pour prouver votre identité et votre adresse. Un IBAN, une copie de votre carte d’identité. Pour faciliter les démarches, vous ouvrez votre GoogleBook et transférez la tâche. Vous pouvez alors facilement glisser-déposer les documents, récupérer vos photos retouchées et, puisque vous y êtes, vous pouvez faire un tour en ligne pour récupérer des éléments qui vont étayer votre annonce. Une description de l’objet piochée sur le site du fabricant. La date et le lieu de son achat pour ajouter des informations techniques. Tout ce qu’il faut pour compléter au mieux votre tâche, sans avoir à tout reprendre.

Au moment de votre inscription au service, le code de vérification de votre compte apparaîtra dans la fenêtre de votre smartphone affichée à l’écran. Vous n’aurez même pas besoin de reprendre votre appareil en main.

La touche G à la place de la touche Copilot à la place de la touche Windows...

La touche G à la place de la touche Copilot à la place de la touche Windows…

Googlebook OS change surtout de cheval de bataille

ChromeOS est apparu en 2011 en se basant sur une distribution Linux Gentoo. Son fonctionnement découle du format des machines qui l’abritaint. On parle ici d’ordinateurs portables classiques et d’un Google qui cherchait à inventer des solutions de croissance sur un marché trusté par Microsoft et Apple. Pour GoogleBook OS la donne est légèrement différente. Si ChromeOS a petit à petit ouvert ses portes aux applications Android, l’intégration restait une surcouche du système de base construit sur un navigateur. C’est désormais l’inverse qui est proposé.

La construction technique de Googlebook OS est issue d’Android ce qui rend évidemment plus simple le portage des applications du système mobile de Google vers ces nouvelles machines. Techniquement, les outils développés pour les smartphones pourront donc être exécutés par les Googlebooks sans autre contrainte que le format de leur affichage et les problématiques de contrôle. Cela fait toute une différence par rapport à ChromeOS même si l’usage réel ne sera pas si différent entre les deux systèmes.

Google a lancé les Chromebook dans un monde où l’objectif était d’être le point d’entrée d’Internet. La marque pilotait déjà fortement le segment de la recherche avec son navigateur et son moteur. Elle voulait capitaliser sur les services afférents en ouvrant ses portes à plus de nouveaux clients. Conscient que les utilisateurs de Windows, de Linux et d’Apple auraient du mal à décrocher de leurs habitudes, le lancement de ChromeOS permettait de viser des débutants ou des gens peu friands de technologie. En leur promettant notamment un usage simple mais aussi une approche peu coûteuse.

Les premiers Chromebooks étaient ainsi vantés pour leur sobriété, leur prix et l’ouverture vers des services complets : navigation, recherche, bureautique, contenus média. Le tout au travers de la bulle que Google avait déployée en ligne. L’approche éducative de l’offre au travers de partenariats avec des établissements scolaires permettait de toucher un public qui allait découvrir l’informatique grâce à cet univers. La recette a plus ou moins bien fonctionné, mais les Chromebooks ont continué leur bonhomme de chemin jusqu’ici avec un fort accent sur l’approche éducative.

Pousser l’usage de Gemini

En 2026 cependant, le marché a largement changé. Le smartphone a fini de régler ses comptes avec l’informatique classique et apparait désormais comme le point d’entrée des usages quotidiens. Pour énormément d’utilisateurs, l’ordinateur est devenu secondaire. On est passé d’un téléphone compagnon du monde de l’ordinateur personnel à un scénario totalement inverse. L’idée logique pour Google est donc de faire du GoogleBook le vassal du smartphone Android.

Cela s’explique également par le changement qui s’opère en ce moment sur l’internet mondial. La recherche en ligne bascule d’un scénario de moteur passif à un futur totalement dominé par l’intelligence artificielle. Les recherches n’auront plus lieu via un site spécifique mais seront directement gérées par les systèmes d’exploitation. Proposer un outil commun et universel comme Gemini sur tous les formats permettant de naviguer est probablement devenu l’objectif le plus important pour Google pour ne pas se faire doubler. Les LLM deviennent des moyens de recherche pour beaucoup d’utilisateurs car elles vont mieux défricher un sujet que ce que proposent les premières pages de résultat d’un moteur classique. La qualité des recherches ayant sombré dans des gouffres abysmaux depuis plusieurs années, la cupidité du moteur laissant les contenus sponsorisés truster quasiment toute la première page des requêtes d’utilisateurs. Le public est ravi de voir un outil IA faire le ménage à leur place. Alphabet3 s’est d’ailleurs mis au diapason, tuant lui-même sa poule aux œufs d’or, forcé par l’ascendant de ses concurrents, en ajoutant un résultat IA à ses propres recherches.

L’étape suivante est donc cruciale pour Google car si le réflexe est pris par les utilisateurs de demander un résultat à ChatGPT, Claude ou autre LLM pour la moindre recherche en ligne, le sort de son moteur est en danger. Et que font Apple et Microsoft si ce n’est proposer eux-mêmes ce type de moteur ? Apple Intelligence et Copilot sont taillés sur mesure pour lui couper l’herbe sous le pied en étant nativement intégrés à leurs systèmes.

L’arrivée des Googlebooks s’explique donc en grande partie par la volonté du moteur de recherche de pousser en avant Gemini, son IA de recherche. Impossible à pousser de manière universelle sur ChromeOS à cause de la disparité du parc, elle devient possible sur ces nouvelles machines aux équipements, on l’a vu ci-dessus, très peu exotiques. Deux types de puces, 16 Go de mémoire vive minimum, des NPU à bord de chacun pour piloter des usages IA… De quoi porter cette utilisation de l’outil en ligne comme hors ligne et profiter d’un développement commun.

Une fois bien secoué, l'énorme curseur des Googlebooks se transforme en assistant Gemini

Gemini devient omniprésent

Devenir un réflexe. C’est l’objectif affiché par les Googlebook pour Gemini. cela passe par des usages aussi gadgets qu’intéressants. L’idée est de vous habituer à l’utiliser le plus possible pour que cela devienne une seconde nature. Si tout le monde dit « Googler » à la place de « faire une recherche en ligne » c’est parce qu’à son heure de gloire le moteur était simplement l’évidence. Et c’est cette évidence d’usage que recherche à nouveau la firme pour Gemini.

Cela passe par des usages aussi futiles que complets. Magic Pointer est probablement le point d’entrée le plus efficace dans l’univers de Gemini. En effectuant un raccourci clavier ou en « secouant » son pointeur à l’écran, le système comprend que vous lui demandez l’analyse des documents affichés. Le curseur classique se transforme en version « magique ».  De là votre image repérée en ligne peut être recherchée, votre texte analysé, vos emails vérifiés pour s’assurer de leur provenance. Il sera possible de demander des tâches complexes comme le mélange de deux images, une traduction d’une langue vers une autre ou la vérification orthographique d’un passage que vous venez de rédiger. Véritable agent IA, Gemini pourra également prendre en charge des tâches plus abouties comme proposer des dates libres dans votre planning pour aller au restaurant indiqué par rapport aux horaires affichés.

Cela se combine alors avec une fonction baptisée Magic Cues qui ressemble à un agent IA tout ce qu’il y a de plus classique. Une fois les clés de vos comptes en mains, cet outil pourra suggérer des actions de manière proactive. Votre agenda, vos emails et tout ce qui se passera à l’écran sera analysé de manière contextuelle pour proposer des actions à mener. Avec la force d’être secondé par un smartphone toujours avec vous, Gemini proposera alors de remplir vos rendez-vous, de répondre à un e-mail, de suggérer des modifications. Une béquille technique censée vous soulager au quotidien tout en vous rendant dépendant de son activation.

Même chose pour Rambler. Une application qui se chargera de condenser un discours décousu et des prises de notes sur Googlebook ou smartphone pour en faire un travail structuré plein de listes à bulles et d’actions à mener. Vous n’aurez pas besoin de prononcer un discours parfaitement cohérent et articulé pour obtenir un compte rendu clair et lisible. Un autre bon moyen de vous rendre dépendant de l’usage de votre machine à long terme.

Plus gadget et pas très intéressant, une application de génération de widgets jouera plusieurs rôles sur la machine. Baptisée Create My Widget et toujours en phase de bêta, elle offrira la possibilité de générer les outils de votre choix en combinant des fonctions génériques. Peu de détails ont émergé de cette solution, mais je suppose qu’elle se basera sur des flux et des API authentifiés par Google. Vous pourrez par exemple créer une horloge qui affichera les horaires des prochains BUS à l’écran. Un calendrier qui mettra en valeur vos sorties sportives en indiquant la météo. Cette génération de widgets n’apportera sans doute pas grand-chose de plus que ce que proposent des outils traditionnels, mais vous donnera l’impression de développer pour la machine grâce à Gemini. Cela permettra également de ne pas avoir l’impression d’exploiter le même système que votre voisin mais quelque chose de plus personnel.

Enfin, Antigravity permettra à des agents IA de développer et de tester des applications sur votre Googlebook. Un bon moyen d’encourager un développement de nouveaux outils et de profiter d’une personnalisation fine qui fait souvent défaut aux autres systèmes. Pour certains utilisateurs, ce type de développement simple permet de diminuer fortement le temps à consacrer à des tâches répétitives. De la gestion de notes de frais à des réponses programmées à des emails classiques.

Plein de cerises sur le gâteau

Problème pour Google, la sortie de ces machines se fait dans un contexte absolument horrible d’un point de vue tarifaire. Les engins sont aux tarifs d’un ordinateur normal qui sera à première vue plus complet et plus sécurisant dans la diversité de ses usages qu’une solution de ce type. Pour compenser cela, Google  a décidé de faire beaucoup, beaucoup de cadeaux.

Cela commence par un abonnement de 12 mois à… Google AI Pro et Nano Banana. Soit l’équivalent d’un abonnement à 249.99$. Ce qui proposera à l’utilisateur un accès à Gemini Pro pendant un an, à 5 To de stockage dans les nuages et à Fitbit Premium à partager avec votre smartphone. Des abonnements annexes de trois mois à Youtube Premium, Bandlab, Luminar, Photoshop, Capcut et même de 12 mois d’abonnement à GeForce Now de Nvidia, installé par défaut sur chaque système.

Enfin, les Googlebooks devraient profiter de nombreuses mises à jour majeures : au moins dix selon Google. Cela ne nous renseigne pas beaucoup sur la durée de vie de celles-ci puisqu’on ne connait pas leur périodicité pour le moment.

Beaucoup de questions en suspens ?

Deux grands questionnements majeurs. Le premier étant évidemment la question de l’impact d’une IA comme Gemini en permanence a portée de clic ou étant même proactive dans votre environnement informatique. On le sait, la seule manière pour un des géants de l’intelligence artificielle d’être potentiellement rentable un jour est dans l’usage généralisé de leurs services. En dehors de toute considération éthique et écologique, la volonté de Gemini sur le Googlebook est de vous inciter soit à devenir moins compétent en vous reposant sur lui pour travailler à votre place. Soit à devenir plus efficace en l’exploitant pour améliorer votre productivité. Dans les deux cas, l’idée est de vous rendre dépendant du service. Gemini Pro ne restera pas gratuit et si du jour au lendemain, 365 jours après l’activation de votre machine, vous perdez en productivité, si vous avez fait rouiller vos langues étrangères ou votre capacité à organiser une simple réunion, vous n’aurez pas d’autre choix que de vous réabonner.

Seconde grande question concernant Gemini, son angle de vue sur la société. Faire une recherche avec Google au travers de son moteur, on a vu ce que cela a donné. Des années de départ où les réponses étaient parfaitement pertinentes, on est arrivé à des résultats plus orientés par les partenariats que par toute autre considération. La grande question n’est donc pas de savoir si Gemini glissera vers la même pente, mais quand. À partir de quel moment l’IA de Google vous indiquera-t-elle-t-elle le restaurant ayant payé sa dîme comme lieu de rendez-vous idéal avec votre nouveau client plutôt que le moins cher ou le plus proche, tout aussi compatible ?

Et on pourrait évidemment aller plus loin dans l’analyse en oubliant la simple cupidité commerciale pour s’intéresser aux enjeux géopolitiques du système. Une IA qui génère un texte en réponse à vos questionnements peut très bien le faire selon un point de vue précis et orienté. Si vous ne choisissez pas le résultat de vos recherches en restant coincé par défaut avec Gemini4, vous offrez le flanc à tous les biais d’interprétation de Google. 

Googlebook : un nouveau format de portables, dopé à l’IA

Naissance des Googlebooks et questions autour de Gemini © MiniMachines.net. 2026

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I’m Too Young to Die et Hurt Me Plenty de Bitmap books, une lettre d’amour aux FPS

La littérature et NoFrag, ça fait deux. Non pas qu’on déteste les bouquins, mais mettre des mots intelligents exige un effort cérébral nettement plus intense que d’exploser un crâne ou de se foirer avec une grenade. Pourtant, l’évidence s’est imposée d’elle-même après la lecture de deux ouvrages de chez Bitmap Books. Comme la plupart d’entre nous, on est tombés dans les First Person Shooter un peu par hasard. Au détour d’une conversation au lycée, ou d’un article dans Generation 4. Thief: The Dark Project, Deus Ex, Star Wars Jedi Knight: Dark Forces II, et bien d’autres jeux qui ne demandaient rien d’autre qu’une souris, un clavier, et un peu de réflexes. On jouait. On se perdait. On découvrait. Quelques noms, qui encore aujourd’hui, grâce à Nightdive Studios, New Blood Interactive, Devolver Digital, ou la communauté des moddeurs, nous permettent de redécouvrir, comprendre, ou encore, contextualiser. C’est ce que proposent I’m Too Young To Die et Hurt Me Plenty qui ne se contentent pas d’évoquer le FPS, mais qui expliquent pourquoi il est devenu ce qu’il est aujourd’hui.

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Half-Life, 1998. Une référence sur bien des éléments de gameplay et level design, encore aujourd’hui.

I’m Too Young To Die

Le premier ouvrage, publié en 2022, couvre la période 1992-2002. Une époque qui n’a pas seulement vu naître le FPS : elle l’a façonné, déformé et transformé. Le livre ne débute pas avec Wolfenstein 3D par hasard. Il commence avec la technologie, les moteurs, les limitations matérielles et les bricolages qui ont ensuite permis à DOOM d’exister, puis à Quake d’expliquer à tout le monde comment on fait un moteur 3D. Le livre ne se contente pas d’expliquer de manière chronologique l’histoire du genre, il va bien plus loin et raconte surtout comment cette période a posé les bases de tout ce qu’on a connu après. Plutôt que de nous pondre un énième bouquin inutile, l’auteur, Stuart Maine – ancien game designer et scénariste, passé notamment par Bullfrog Productions et Psygnosis – décortique le « pourquoi du comment ». Il ne se contente pas d’aligner les faits : il décortique le pourquoi, et montre comment cette décennie charnière a posé les bases de tout ce que le genre a connu par la suite. L’ouvrage met en lumière les tensions entre l’innovation technique et les contraintes matérielles de l’époque, les paris risqués, et les idées qui n’auraient jamais dû fonctionner, mais qui ont parfois été à l’origine de l’évolution du FPS. Chaque année a droit à son chapitre, pensé comme un instantané de ce que signifiait créer un shooter à l’époque. Au fil des pages, on enchaîne les anecdotes techniques, les détails des coulisses et les interviews de figures clés, à l’image de Ken Silverman (le créateur du Build Engine). Les citations sont si bien senties qu’on a parfois l’impression d’être dans la pièce avec les développeurs.

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Deus Ex, 2000. Un des meilleurs, si ce n’est le meilleur immersive sim.

Le livre ne s’arrête pas aux jeux qui ont eu la chance d’être commercialisés, il explore aussi les fantômes, les prototypes, les projets avortés et les promesses qui n’ont jamais dépassé la préproduction. Prospero, par exemple, ce projet mystique de Valve influencé par le livre La Tempête de Shakespeare, où l’on devait manipuler des pouvoirs psychiques dans une narration ambitieuse. Bitmap Books raconte comment le studio, encore jeune, a dû sacrifier cette vision pour concentrer toutes ses forces sur Half-Life. Into the Shadows, développé par Triton, promettait une vraie 3D fluide grâce à une capture de mouvement pionnière ; les magazines de 1995 en faisaient une révolution annoncée, mais la technologie n’a pas suivi, et le jeu est devenu un vaporware, ne laissant qu’une démo technique devenue culte. 3D Realms, mené par Georges Broussard et Scott Miller, a travaillé sur la suite de Duke Nukem 3D – dans une premier temps sur l’ID Tech 2, puis sur l’Unreal Engine 1 –, avant de passer presque 15 années à modifier encore et encore le jeu, avec le résultat qu’on connaît tous aujourd’hui. Le livre, en plus d’être généreux et très dense, a un coté pédagogique qui donne envie de relancer des jeux qu’on croyait connaître, mais aussi de découvrir ceux qu’on n’avait jamais vus, comme Dust, ou des licences parfois oubliées comme Soldier of Fortune.

1 de 7
1 Sin
SiN (1998), un très bon FPS, malheureusement sorti à la même époque que Half-Life.
1 Thief
Thief: The Dark Project (1998), le chef d’œuvre de l'infiltration, encore inégalé aujourd'hui sur la gestion des lumières et du son dans le gameplay.
1 Thief 1
L'interview de Ken Levine est l'une des plus intéressante du livre.
1 Unreal
Unreal (1998), un excellent FPS, oublié par Epic Games, trop occupé avec... Comment ça s'appelle déjà cette merde ?
1 NOLF
The Operative: No One Lives Forever (2000), une ambiance débile, des gadgets loufoques, des dialogues idiots, mais de l'action, et une excellente aventure d'espionnage
1 Daikatana
Daikatana (2000). John Romero's About To Make You His Bitch. On n'a rien d'autre à ajouter.
1 Duke Nukem 3D
Duke Nukem 3D (1996), une insolence, une originalité et une créativité sans limites, associées à un level design urbain et réaliste et une interactivité, qui ont contribué au succès du jeu.

Hurt Me Plenty

Le second ouvrage, publié l’année dernière, couvre la période 2003–2010 et propose une lecture très différente. Une évolution logique, à l’image de l’époque. C’est l’ère des budgets colossaux, des campagnes scriptées jusqu’à l’écœurement, de l’essor du multijoueur compétitif et d’une uniformisation mécanique du genre. Une époque que beaucoup regardent encore aujourd’hui avec méfiance, parfois avec dédain, mais souvent avec nostalgie. Le livre documente précisément cette transition : comment le FPS a grandi et mûri, tout en perdant une partie de sa folie initiale. Au fil des pages, on croise près de 200 jeux. Des chefs-d’oeuvre comme DOOM 3, No One Lives Forever 2 ou Crysis côtoient des curiosités comme The Ball, et des catastrophes industrielles comme Boiling Point: Road to Hell ou Turning Point: Fall of Liberty. Des titres oubliés, parce que nuls à chier, mais qui racontent également quelque chose de l’époque.

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Swat 4 (2005), l’ancêtre de Ready Or Not, mais en mieux.

Hurt Me Plenty, à l’image de I’m Too Young to Die, est intéressant avant tout par sa capacité à contextualiser. Le livre ne se contente pas de lister des jeux : il explique pourquoi ils existent, comment ils ont été conçus, et pourquoi ils ont marqué les esprits ou, au contraire, mordu la poussière. Il décortique comment, en dosant magistralement l’action intense et l’immersion continue, Half-Life 2 a posé les bases du FPS solo moderne, inspirant par la suite d’excellents FPS narratifs comme Metro 2033, ou la structuration du multijoueur moderne grâce à Call of Duty 4: Modern Warfare. Le livre explique comment le FPS est passé de la créativité brute à la production industrielle, comment des studios plus modestes ont tenté de résister, pendant que l’Unreal Engine 3 et ses visuels dégueulasses ont imposé de nouveaux standards graphiques, où les exigences des assistés sur consoles ont dicté le gameplay, et où le multijoueur compétitif s’est transformé. Bien que cette période soit souvent décriée, l’ouvrage rappelle qu’il en a émergé tout de même beaucoup : un genre loin d’être figé, qui n’a jamais cessé de se réinventer et de surprendre

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Shattered Horizon, 2009. Un FPS se déroulant dans l’espace, original, mais qui n’a pas trouvé son public.

En explorant cette évolution, l’ouvrage dépasse largement les grosses productions pour plonger dans les FPS indépendants et les expériences plus ou moins réussies. On y redécouvre par exemple Zeno Clash, son esthétique surréaliste de rêve fiévreux et son mélange improbable de FPS et de jeu de combat au corps à corps. Cryostasis: Sleep of Reason, qui transformait le froid en mécanique centrale, avec une narration éclatée et une ambiance glaciale. You Are Empty, qui ressemblait à un cauchemar soviétique, bancal, mais fascinant. Loin d’être de simples curiosités, ils racontent une transition : celle d’un genre qui se standardise d’un côté, mais où les indés ont commencé à amener une bouffée d’air frais toujours visible aujourd’hui. Et puis, il y a les expériences ratées ou annulées. Le livre consacre des sections entières à des FPS multijoueurs oubliés, pour le meilleur et pour le pire, à l’image de Kwari – une grosse merde où l’on payait pour tirer, et où chaque balle avait une valeur monétaire, une idée aussi débile que vouée à l’échec. Ou des jeux comme Shattered Horizon, qui tentaient de faire du combat en gravité zéro un nouveau standard, mais qui n’ont jamais trouvé leur public. Entre les FPS prometteurs qui n’ont finalement jamais vu le jour, les prototypes abandonnés et les projets trop ambitieux pour survivre dans une industrie devenue trop lourde, c’est une des parties les plus fascinantes de l’ouvrage.

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2 Doom 3
DOOM 3 (2004), le "chat noir" de la franchise, mais avec une ambiance stressante et un gameplay oppressant des plus réussies chez id Software.
2 XIII
XIII (2003), adapté de l’œuvre de Jean Van Hamme et William Vance. Le jeu a marqué par sa direction artistique en cel-shading, ainsi que ses onomatopées et des cases de BD affichées à l'écran.
1 kkrieger
Le livre présente des œuvres originales comme .kkrieger (2004), plus petit jeu de tir en 3D de l'histoire, pesant exactement 96 kilo-octets
1 Vietcong
Vietcong (2002), un chef-d’œuvre, malheureusement peu connu, au gameplay parfois éclopé, mais avec une ambiance sans pareil.
1 Boiling
Boiling Point: Road To Hell (2005), un monde ouvert très ambitieux, de bonnes idées, mais une DA dégueulasse, un gameplay aux fraises, une optimisation désastreuse et une quantité incroyable de bugs.
1 CALL OF
Call of Duty (2003) a révolutionné le genre en intégrant une mise en scène cinématographique au cœur du gameplay.

On trouve dans les deux livres des interviews qui donnent aux ouvrages une dimension presque orale : Ken Levine détaille la longue genèse de BioShock, expliquant à quel point il a été difficile de vendre l’idée d’une cité sous-marine utopique déchue à des éditeurs déjà lobotomisés qui ne voulaient que des jeux militaires ou de la science-fiction. Minh Le raconte comment est né Counter-Strike, et comment celui-ci a dépassé ses créateurs, passant de mod bricolé dans un coin à l’un des FPS multijoueurs les plus joués au monde. Garry Newman explique l’ironie derrière Garry’s Mod, qui n’était pas un jeu, mais un outil de bidouille, et comment la communauté a transformé ce bac à sable en phénomène culturel massif. Jeep Barnett revient sur l’origine étudiante de Portal, alors appelé Narbacular Drop, et raconte comment Valve a embauché toute l’équipe le jour même, avant de transformer une mécanique expérimentale en un chef‑d’œuvre intégré à l’univers de Gordon Freeman.

Les deux livres sont comme une extension naturelle pour nous : une autre manière de raconter la même histoire, avec d’autres outils, mais la même obsession. On sort de la lecture avec l’envie de relancer quelques jeux, réinstaller des mods ou fouiller d’obscurs dossiers oubliés dans un disque dur, pour se rappeler pourquoi on aime ce genre. Ils ne sont pas parfaits, ils ne sont pas exhaustifs, mais ils rappellent pourquoi on aime les FPS. Et pour des livres qui parlent de jeux sortis il y a vingt ou trente ans, c’est déjà un exploit. En attendant, on vous conseille la lecture de I’m Too Young To Die et Hurt Me Plenty, tous deux disponibles sur le site de Bitmap Books à environ 42 €.

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[REPORTAGE] L’EXECLAN 2026 Counter-Strike 2 à Rennes

Il y a quelques jours, j’ai appris, complètement par hasard, qu’une LAN Counter-Strike 2 était organisée à Rennes au Couvent des Jacobins du 15 au 16 août : l’EXECLAN 2026. Comme je suis du coin, j’ai attrapé mon micro et mon chapeau de reporter pour aller y faire un tour le dimanche après-midi.

L’EXECLAN a été organisée par Guizzi, un YouTuber généraliste qui s’est diversifié sur Twitch et qui, depuis quelques mois, semble focaliser son contenu sur sa chaîne dédiée à Counter-Strike 2. Son projet initial était de créer une équipe amateur, mais en lui appliquant les méthodes et l’accompagnement de professionnels. Il crée alors Les Héros du Clavier l’année dernière et participe avec sa formation à quelques LAN. Cette année, en plus de continuer l’entraînement, il a souhaité organiser sa propre LAN, dans le but de réunir des joueurs amateurs français, mais aussi de faire venir du public pour qu’ils découvrent un peu ce genre d’événements. Guizzi nous a expliqué que le Couvent des Jacobins à Rennes lui avait semblé idéal pour ça : un grand espace pour les joueurs, « comme dans un gymnase », mais avec un setup beaucoup plus professionnel – notamment niveau stream et commentaires – et un environnement plutôt chouette qui donne envie à n’importe qui, même des non-joueurs, d’entrer pour voir à l’intérieur.

Niveau compète, il y avait 28 équipes venant de toute la France (16 initialement prévues, Guizzi a progressivement ouvert des places supplémentaires pour accueillir plus de monde) majoritairement masculines – seules deux teams comportaient une fille. C’est justement l’une de ces équipes, Julie&Cie qui a remporté le tournoi et 3 000 €, sur un prize pool de 5 000 €. D’après ce que j’ai compris, c’est plutôt pas mal, surtout pour une première édition.

Sur place, j’ai pu interviewer quelques personnes et capter l’ambiance. Évidemment, malgré un matériel audio de bonne qualité, j’ai foiré les réglages, ce qui fait que le résultat n’est pas terrible – désolé pour les intervenants –, mais ce sera forcément mieux la prochaine fois :

Comme vous avez pu le voir dans le reportage, j’ai posé quelques questions à Monkey D. Julie sur la place des filles dans le CS2 français. Et malheureusement, la situation n’évolue pas forcément dans le bon sens : la scène féminine professionnelle s’est brutalement arrêtée en fin d’année dernière. En effet, le circuit ESL Impact a été suspendu pour des raisons économiques, laissant les joueuses sans véritable circuit pour participer à des tournois. De ce fait, les équipes ont globalement été dissoutes, et certaines joueuses professionnelles ont même basculé sur VALORANT. Cela ne veut pas dire qu’aucune fille ne peut jouer à CS2, mais elles devront se tourner vers des équipes mixtes, ce qui n’est pas forcément évident compte tenu de la toxicité légendaire d’une partie de la communauté. Alors vous, vieux lecteur de NoFrag, encouragez vos filles à faire de la compète s’il vous plaît ! Et puis si cette année n’est pas glorieuse de ce côté sur Counter-Strike 2, il semblerait que des initiatives encourageantes existent pour le titre de Riot. Tout n’est donc pas perdu.

Au final, après cet après-midi passé à l’EXECLAN, j’ai trouvé l’ambiance particulièrement bon enfant. Certes, il y avait du taunt pendant les parties, mais c’est ce qui participe à l’émulation, et c’était particulièrement amusant à suivre. La scène française amateur de Counter-Strike 2 n’est pas immense, et beaucoup de joueurs se connaissent. Les LANs sont donc l’occasion de se retrouver et de s’affronter dans des conditions un peu différentes de l’ordinaire. Et en tant que simple spectateur, n’hésitez pas à aller faire un tour lorsqu’un tel événement est organisé près de chez vous, c’est toujours sympa à suivre, même lorsque l’on n’est pas féru d’esport.

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QIDI Plus5 : impression 3D grand format ultra précise (Présentation)

La QIDI Plus5 est la réponse du constructeur aux évolutions les plus récentes du monde de l’impression 3D. Plus grande en capacités et en volume, plus précise et plus fine, complète et capable d’exploiter divers matériaux sans problèmes. Simple d’emploi et ergonomiquement très travaillée, elle est dotée de fonctions avancées et propose plusieurs innovations intéressantes. Elle vise des utilisateurs expérimentés à la recherche d’un modèle fermé, fiable et sérieux.

J’ai reçu la QIDI Plus5 en test il y a quelques jours. Suffisamment pour découvrir la machine, mais pas assez longtemps pour en faire un test vraiment complet. Je vous propose donc un tour technique du propriétaire en attendant un test exhaustif d’ici la rentrée. À noter que la machine m’a été envoyée gratuitement par QIDI et que la marque a décidé de sponsoriser le blog pour quelques mois. Les deux éléments sont dissociés, je ne fais jamais de tests sponsorisés et mon avis sur l’engin sera totalement impartial. Qidi a déjà été sponsor du blog à la même période en 2025 sans me demander de tester quoi que ce soit.

QIDI Plus5

QIDI Plus5

Je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe dans la tête d’un ingénieur quand il a pour mission de réinventer encore et toujours le même objet. Entendons-nous bien, je ne parle pas ici de l’habituelle métaphore du type qui cherche à réinventer la roue. Non, plus sérieusement, du défi qui consiste à trouver la nouvelle manière de faire évoluer son sujet dans un domaine aussi précis que celui de l’automobile, du smartphone ou, c’est le cas qui nous préoccupe ici, de l’impression 3D.

Il y a toujours plusieurs acteurs sur ces terrains. Des fabricants qui innovent, d’autres qui suivent, d’autres encore qui essaient de tracer leur propre voie. C’est encore plus vrai dans le monde de l’impression 3D puisque le cœur de cette invention est né d’une idée logicielle commune et libre. Une industrie qui s’est basée sur la technologie de filament fondu après la fin du brevet qui la protégeait. Chaque industriel trouve sa place dans cet écosystème avec des arguments différents. Les « suiveurs » sont souvent en retard, c’est logique, mais ils sont moins chers. Les plus innovants proposent des nouveautés intéressantes qu’on ne trouvera chez les autres que bien plus tard. Ces derniers font souvent payer leurs idées fort cher, ce qui est tout aussi logique.

Tout cela se combine allégrement dans un énorme bouillon de culture porté par des dizaines de marques. De telle sorte que tout un panel de propositions est disponible sur le marché. Évidemment, il est plus simple et confortable pour un fabricant de suivre les autres que de défricher de nouvelles idées. Mais cela ne permet pas souvent d’être très visible ni de dégager de belles marges. Il est plus avantageux de lancer des machines avec de nouvelles fonctionnalités qui vont faire leur marketing toutes seules et dégager plus de bénéfices, mais des marques qui lancent des produits aux fonctionnalités parfois encore balbutiantes. Entre ces deux extrêmes, il y a une galaxie de marques qui se positionnent un peu en retrait. Ne cherchant pas forcément à jouer sur les tableaux classiques mais en traçant leur propre voie. Souvent un bon moyen de séduire les plus frileux, les entreprises et ceux à la recherche de fonctions précises et maitrisées. Qidi fait partie de cette troisième catégorie.

Qidi Plus5 Combo

Qidi Plus5 Combo

La QIDI Plus5 est une évolution du modèle précédent, la QIDI Plus4. Une évolution technique qui ressemble à une réponse aux retours des utilisateurs, je vous disais que je n’avais aucune idée du mode de fonctionnement d’un ingénieur face à la tâche consistant à faire évoluer sa propre création technique. Mais écouter les remontées de ses clients semble être un bon point de départ pour réfléchir au futur de ses produits. C’est sans doute la meilleure méthode de travail pour commencer.

La QIDI Plus5 offre 18% de volume en plus

La QIDI Plus5 est une imprimante CoreXY à dépôt de filament. Si vous n’avez jamais eu d’imprimante 3D en main, cela peut paraître assez intimidant, mais en réalité le processus est assez simple. Une tête d’impression chauffe et fait fondre un filament de matière plastique en suivant des mouvements précis. Au fur et à mesure que le filament fond, le plateau qui réceptionne le filament descend sur un axe. Tant et si bien que la tête d’impression propose petit à petit une forme imprimée couche par couche. De cette simple opération, on peut déduire l’essentiel des éléments indispensables à une bonne imprimante. De la stabilité, de la précision et une régularité à toute épreuve. Tout l’enjeu pour un constructeur est donc d’améliorer ces éléments tout en les rendant toujours plus simples à exploiter. Tout en apportant diverses évolutions.

Sur la QIDI Plus5 on commence par découvrir une surface d’impression plus grande. La QIDI Plus4 imprime en 305 x 305 mm de côté sur 300 mm de haut. La 5 optimise l’espace pour proposer 320 x 320 de côté toujours sur 300 mm de haut. C’est 18% de volume en plus au total. De quoi imprimer, très facilement, un ballon de basket pour adulte (un ballon de basket taille 7 mesure 250 mm de diamètre environ). Cette évolution technique qui intéressera les utilisateurs voulant profiter d’une grande capacité de production.

Point assez important de l’équation proposée ici, l’imprimante propose cette évolution en taille comme une énorme optimisation de l’espace d’impression interne. Il est bien entendu très simple de proposer un plus grand volume en augmentant simplement les dimensions de l’imprimante. Pour comprendre le travail mené par les équipes de la marque, il faut mettre en perspective les chiffres de l’encombrement des deux machines.

Imprimante Volume d’impression Encombrement global
QIDI Plus5 320 x 320 x 300 mm 500 x 488 x 558 mm
QIDI Plus4 305 x 305 x 300 mm 505 × 487 × 550 mm

L’utilisateur gagne donc 15 cm de côté pour 8 mm de plus en hauteur, 5 mm de moins en largeur et 1 mm de moins en profondeur. Si la Qidi Plus5 est plus lourde avec 29 Kg au lieu de 27 Kg, la place occupée dans un atelier ou un bureau est quasi identique tout en imprimant des volumes plus conséquents. 

Une gestion impressionnante des températures

Deuxième élément important, les températures proposées par l’imprimante. La QIDI Plus5 propose une tête d’impression capable de monter à 370°C. Un chiffre très élevé pour un modèle de ce type qui va permettre d’exploiter de nombreux types de filaments et parmi les plus difficiles à imprimer1 tout en offrant des débits d’impression rapides. Sur des PLA+, généralement les plus simples à imprimer rapidement, on arrive à des débits de 4 cm³ par seconde. C’est l’équivalent de quatre petits dés de 1 cm3 expulsés de la buse d’impression chaque seconde pour être déposés sur le plateau.

Pour les plus hautes températures et les matériaux les plus contraignants, le constructeur propose en option une « climatisation » intégrée. Un circuit externe dédié qui va aspirer de l’air ambiant depuis l’extérieur et le diriger vers la tête d’impression afin qu’elle puisse offrir une température interne élevée sans surchauffe. Des détails qui assurent des impressions longues possibles même avec les matériaux les plus difficiles à imprimer. Cela servira sûrement beaucoup plus aux utilisateurs professionnels sortant en boucle de grandes pièces dans les matériaux les plus complexes. Il n’était pas justifié de le proposer par défaut pour tout le monde, d’autant qu’il augmente la note de 150€ en option.

Ces fonctions se conjuguent avec un ensemble d’autres éléments techniquement indispensables pour assurer une impression correcte. Le plateau propose une très forte densité de résistances pour couvrir une surface très homogène tout en chauffant rapidement. Cela permet non seulement de lancer très vite chaque impression s mais également d’éviter tout décollement des formes les plus imposantes.

Les objets les plus imposants ou avec une base très large ont naturellement tendance à se rétracter et à se relever si les bords du plateau ne sont pas homogènes en température sur la périphérie. Avec un maximum de 120°C, ce plateau peut servir de lit aux éléments les plus difficiles à imprimer. Il assurera une bonne liaison sur l’ensemble de la surface disponible.

Enfin, l’enceinte fermée de la QIDI Plus5 est également chauffée de manière à pouvoir conserver un bon débit et la viscosité nécessaire à la bonne impression de certains matériaux. Cette fonction débrayable sera gourmande en énergie mais indispensable au maintien de la chambre à sa température maximale. L’intérieur de la machine pourra ainsi être maintenu jusqu’à 65°C tout en consommant 500 watts. Évidemment, l’impression classique sera moins gourmande. La marque indique qu’une impression en PLA qui ne nécessite pas de chauffage de la chambre ne dépensera que 190 watts, un objet en ABS demandera jusqu’à 500 watts. 

Cette fonctionnalité ne sera donc pas utile pour des impressions 3D en PLA par exemple. Mais pour les composants les plus exigeants, la montée en température assurera une gestion fluide du travail.

L’ensemble de ces postes assurera non seulement une capacité de traitement des matériaux complète, mais également la possibilité d’une grande répétabilité technique de vos impressions. Une fois un filament testé et identifié, la machine pourra le gérer sans problèmes dans cet environnement fermé. Ce qui assure une excellente productivité. Il est souvent plus rentable de découvrir le filament qui correspond à ses besoins et de lui faire confiance plutôt que d’investir dans différentes marques suivant les baisses de tarifs du moment. Si vous identifiez un matériau fiable, restez-y fidèle pour éviter de jeter quelques mètres de matière pour régler votre imprimante.

Ces températures nécessitent également plus de précautions ! Si vous achetez une imprimante de ce type pour un usage personnel, il faudra obligatoirement veiller à ce qu’un enfant ne puisse pas s’approcher de l’engin, ouvrir la porte et toucher les éléments. Cela semble une évidence, mais entre le plateau et la tête d’impression, il y a de quoi se faire de jolis bobos.

QIDI a construit l’engin dans une enveloppe de matériaux ignifugés : métal et verre trempé. Si par malheur un feu se déclarait dans la Plus5 – un oubli de post-it sur le plateau ou de la poussière accumulée sur le filtre, par exemple, un départ de feu ne quitterait pas l’enceinte. Dernier point, avec toutes ces fonctions de chauffe, l’imprimante propose de sécher vos filaments trop humides. Un programme pour lancer ce type d’opération est directement disponible dans ses menus.

Enfin, détail non négligeable avec une machine de ce type, l’impression de certains filaments à haute température provoquant des fumées. L’air éjecté de la QIDI Plus5 est filtré par un dispositif complet sur trois niveaux qui va retenir 99.5% des poussières et des particules. Je ne conseille pas d’embarquer ce type d’imprimante dans un bureau ou une chambre, mais plutôt de l’intégrer à un atelier, un garage ou une pièce largement ventilée. Ce modèle a au moins le mérite de ne pas relâcher de particules autour d’elle. Il sera ainsi possible de diriger le flux d’air de l’imprimante vers l’extérieur avec une simple gaine. Quitte à aider ce flux à circuler avec un petit ventilateur en extraction. Si vous comptez imprimer beaucoup en ABS par exemple, ce type de filtre est indispensable. Ici QIDI a d’ailleurs pensé à une manipulation simple pour le changer facilement.

Une plus grande fiabilité technique

Autre point indispensable de l’offre actuelle, la fiabilité et la simplicité des impressions. Je sais que beaucoup d’utilisateurs sont encore frileux à l’idée de se frotter à l’univers de l’impression 3D. Autour de moi, énormément de monde a simplement peur de se jeter dans le grand bain. La raison est assez simple, depuis des années et des années les utilisateurs qui ont franchi le pas ressemblent souvent à des expérimentateurs un peu fous. Le nombre de personnes ayant enchaîné les galères avec leurs imprimantes 3D au fil du temps, la  quantité d’utilisateurs ayant simplement transformé des tonnes de filament en espèces de blobs fondus… Tout cela a taillé à cette technologie une réputation sulfureuse, et méritée. Un loisir étrangement chronophage et peu gratifiant. C’est fort compréhensible.

Une première couche parfaite, c'est le nouveau credo des constructeurs d'imprimantes 3D

Une première couche parfaite, c’est le nouveau credo des constructeurs d’imprimantes 3D

Mais depuis quelques années, la donne a changé. Les machines se sont améliorées, devenant toujours plus efficaces, plus simples et moins gourmandes en entretien. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’on imprime aussi facilement en 3D que sur papier, mais l’écart s’est largement amoindri. Les machines arrivent désormais prêtes à l’emploi, prémontées en usine et testées avant d’être commercialisées. Les capteurs de défaillance sont désormais plus nombreux et les réglages de la majorité des imprimantes se font de manière totalement automatique. Les matériaux les plus classiques sont pris en charge sans aucune difficulté et les logiciels sont beaucoup plus précis et souples dans leur approche. De loisir de savant fou, l’impression 3D est devenu un vrai outil de production au quotidien.

Sur la QIDI Plus5 par exemple, c’est la tête d’impression elle-même qui va aller sonder la hauteur de l’ensemble du plateau avec de multiples points de contrôle. La tête vient toucher la surface où elle déposera la première couche de filament. Sans aucun intermédiaire ni opération au doigt mouillé pour deviner le bon espacement. Tout est automatisé par la machine. Cela permet de proposer une première couche parfaite, base de toute la structure qui reposera dessus et accroche indispensable de vos projets.

Le recours à des rails linéaires pour gérer les mouvements les plus réguliers possibles ainsi qu’un jeu de courroies 1.5GT permet également d’assurer un travail très rapide et régulier. Les rails linéaires empêchent toute dérive de la tête par rapport au plateau. Les courroies de 9 mm de haut avec des crans de 1.5 mm, plus précises que les modèles 2 mm classiques, offrent mécaniquement plus de finesse dans les mouvements. L’ensemble est plus fluide, plus réactif et plus apte à gérer une grande vitesse d’impression et les vibrations qui en découlent.

En pratique, ces éléments se traduisent par une plus grande fiabilité technique. Ce n’est pas anodin car cela suggère plus de temps de production que de réglages. Soit l’exact inverse des imprimantes d’il y a quelques années. Une fois votre base stabilisée et calibrée, l’impression ne sera pas plus compliquée que l’appui sur le bouton du logiciel d’impression. Il restera toujours des étapes techniques indispensables comme le changement de filament, mais là aussi des constructeurs comme QIDI ont largement amélioré les processus pour les rendre plus simples.

QIDI Plus5 Combo

QIDI Plus5 Combo

La QIDI Plus5 Combo propose une gestion multifilaments

Si le modèle de base de l’imprimante est monofilament, il est possible de lui adjoindre des modules complémentaires pour pouvoir piloter jusqu’à 16 filaments. Par défaut le modèle « combo » est livré avec un caisson qui alimentera la machine avec 4 bobines de matériaux. Si cela n’est pas indispensable, cette option aura plein d’avantages. Le premier étant bien sûr d’imprimer des objets en mélangeant les filaments pour profiter de couleurs variées ou de composants aux propriétés différentes. Mixer un filament souple avec un filament solide, intégrer un filament soluble au cœur d’un objet technique pour s’en débarrasser une fois imprimé en le plongeant dans l’eau. Créer des supports avec un PLA peu cher et imprimer l’objet avec un autre matériau plus onéreux.

On pourra également prototyper des objets avec un PLA entrée de gamme, vérifier leurs dimensions et leur fonctionnement puis les réimprimer avec des filaments très haut de gamme plus coûteux et longs a imprimer. Autre avantage, la possibilité de positionner plusieurs bobines du même filament pour pouvoir lancer un objet de grande taille sans risquer de voir le travail s’arrêter au milieu, dans l’attente qu’on recharge la machine.

Le second gros point fort de ces modèles « Combo » étant évidemment de mélanger les matériaux pour créer des objets colorés dans la masse. Cela améliore évidemment leurs qualités esthétiques et permet de sortir des objets durablement colorés. Des objets très proches du rendu d’un produit commercial.

Cela n’est pas sans contrepartie et sur ce type d’imprimante, cela suppose un changement de filament par couche de chaque couleur. Cela produit des déchets de purge et fait littéralement exploser les temps d’impression, mais le résultat est souvent surprenant de qualité. Cela ouvre dans tous les cas de grandes possibilités d’explorations techniques.

Une surveillance complète de vos impressions.

La QIDI Plus5 propose un panneau avant en verre qui va permettre de voir l’impression se dérouler facilement. Deux petites fenêtres sont également disponibles sur le haut de l’imprimante pour pouvoir y jeter un coup d’œil rapide. Sur un modèle CoreXY, le plateau est en haut de l’imprimante au début de l’impression et descend ensuite couche par couche. Tant et si bien que la toute première phase d’impression, qui peut être délicate, sera visible par ces petites ouvertures.

La partie haute sera également transparente mais, si vous choisissez un modèle « combo », elle sera bouchée par la partie prenant en charge les bobines de filament.

Tout le reste de l’impression sera visible par les mêmes ouvertures et la QIDI propose en plus une surveillance par webcam FullHD. Celle-ci se trouve enfermée dans la chambre d’impression et propose non seulement un flux vidéo en direct pour suivre vos travaux mais également des outils de contrôle. Le flux sera pratique si vous changez de pièce ou que votre impression dure longtemps. Il permettra également de réaliser les fameux Timelapses de construction en accéléré des objets.

La caméra propose également des fonctions de contrôles automatisés. D’abord une surveillance du plateau qui va détecter la présence d’objets qui n’ont pas à y être et vous prévenir le cas échéant. Une autre fonction intéressante consistera à ignorer un objet ayant un défaut. Imaginez un plateau de plusieurs éléments dont un serait problématique. Pour une raison ou une autre, un d’entre eux s’imprime mal. Au lieu de laisser l’impression de cet objet se poursuivre, la caméra va détecter le problème et décider de ne plus l’imprimer.

La prochaine fois que l’imprimante sera censée déposer du filament dans sa zone, elle passera directement à la zone d’après. Cela évite d’extruder des matériaux qui pourraient altérer le reste de l’impression. Outre le temps gagné, cela va éviter de transformer un plateau avec une grande majorité d’objets parfaitement imprimés en un gros gâchis. Les fonctions classiques de détection d’objets mal imprimés sont toujours là. Les fameux filaments qui se transforment en « spaghettis » ou les bases qui se décollent du plateau généreront quant à eux des alertes.

La QIDI Plus5 intègre également une nouveauté intéressante avec la présence d’un grand bandeau LED RGB sous le plateau d’impression. Celui-ci permet de voir d’un seul coup d’œil, à distance, l’état de l’imprimante. Si elle est en mode veille, si elle est en préchauffage ou si une impression est en cours. Cela n’a l’air de rien mais c’est une excellente idée puisque si vous enfermez votre appareil dans un atelier ou un garage et que vous voulez voir où cela en est sans passer par une application, il suffira de lever les yeux vers la machine pour être renseigné sur son activité en corus.

Une architecture solide

Le reste de la machine propose une approche assez classique avec un ensemble de fonctionnalités sans grandes surprises. La QIDI Plus5 propose un écran de 4 pouces de diagonale en 800 x 480 pixels tactile. Un petit affichage orientable et lisible qui permettra de piloter en direct la machine comme de suivre l’avancement des travaux. On pourra appeler depuis celui-ci un fichier stocké sur une clé USB ou vérifier combien de temps il reste avant la fin d’une impression. À noter que le port USB est situé sur la partie haute, à gauche de la face avant. Cela parait être un détail, mais le nombre d’imprimantes qui proposent un port USB sur l’arrière ou les côtés dans des endroits tarabiscotés est incroyable. Comme si les personnes qui les conçoivent ne les utilisaient jamais réellement.

La vérité est plus simple, ce n’est pas économique de faire ce genre d’ajustement. Il faut transporter le signal USB jusqu’à un endroit éloigné de la carte mère, qui est souvent positionnée à l’arrière de l’engin. C’est un coût matériel et du temps de montage supplémentaire pour un élément rarement mis en avant. Cela explique pourquoi les ports USB se retrouvent souvent coincés à l’arrière des machines… Ici la clé USB sur la même face que l’écran qui permettra de la contrôler et cela évitera pas mal de contorsions.

Un positionnement pas idéal...

Un positionnement pas idéal… Entre la table légère peu stable et la pièce à vivre, ce n’est franchement pas un palcement conseillé…

L’ensemble de la machine est construit avec une structure de métal pour proposer une fondation solide. Avec des vitesses d’impression élevées, les vibrations causées par l’engin nécessitent un cadre de ce type. La tête d’impression peut se déplacer à 600 mm/s et propose des accélérations à 20 000 mm/s. Cela reste évidemment de la théorie puisque tout dépend du matériau employé et de sa fluidité lors de la phase de chauffe. Les impressions plus rapides provoquent des vibrations qui sont compensées directement par l’engin. Le plateau magnétique souple livré propose deux faces aux textures différentes. Cela permet de décoller facilement les objets sans avoir à recourir à une spatule. Les fonctions classiques de reprise en cas de coupure de courant ou de détection de fin de filament sont évidemment disponibles. 

Enfin, la buse d’impression pourra être changée. Livrée en 0.4 mm elle pourra être remplacée par des solutions 0.2, 0.6 et 0.8 mm. Cette opération nécessitera un tournevis classique. De nombreux fabricants proposent aujourd’hui des changements sans outil, la marque n’a pas jugé utile de travailler ce poste. Probablement qu’il ne s’agissait pas d’une demande spécifique des utilisateurs.

La QIDI Plus5 propose une double connexion réseau pour un pilotage distant et la récupération des signaux vidéo. On découvre un Wi-Fi que l’on pourra piloter directement depuis l’écran de contrôle ainsi qu’un port Ethernet. L’imprimante est évidemment compatible avec la suite logicielle QIDI Studio mais elle supportera aussi des logiciels tiers comme Cura ou Orca.

Des tests complets sont en cours

L’imprimante est imposante et a demandé des ajustements pour pouvoir être véritablement testée. Il a fallu procéder à quelques déménagements pour la glisser dans mon atelier. C’est d’ailleurs un élément à prévoir si la machine vous intéresse. La marque prévient qu’il faut de l’espace autour de l’objet pour le manipuler, changer de filaments et laisser la chaleur se dissiper. La machine propose un volume de 620 x 630 x 700 mm et il vaut mieux prévoir un peu d’espace en plus pour être à l’aise dans sa manipulation.

Je vous ferai un retour plus complet d’ici la fin du mois. Le temps de tester différents matériaux à différentes vitesses et de voir ce que l’ensemble a vraiment dans le ventre ainsi que sa facilité de prise en main. L’installation et la mise en place n’ont demandé aucune compétence particulière à part de pouvoir déplacer 29 kilos à bout de bras. Après un branchement sur le port Ethernet situé à l’arrière, la détection réseau et le préréglage de l’imprimante se sont faits sans aucun souci. J’ai également pu approcher les pages de QIDI Maker, le nouveau site proposant des objets à imprimer de la marque. Une première mise à jour de firmware a été installée très facilement. Elle proposait des informations précises sur ses améliorations et son déploiement. Pour le moment la gestion par le site du constructeur comme le déploiement de la machine sont exemplaires. L’emballage est parfait et le kit livré avec outils, accessoires, documentation et pièces est parfait. Avec tout ce qu’il faut pour piloter la machine directement fourni par la marque.

Dernier point, le tarif. La QIDI Plus5 n’est pas une imprimante entrée de gamme, vous l’aurez compris, il s’agit d’un engin à mi-chemin entre l’imprimante grand public et le matériel pro. D’abord parce qu’elle demande de l’espace et reste pensée pour imprimer beaucoup de matériaux sérieux. À 749€ par défaut, c’est un bel investissement à consentir et demande donc d’y réfléchie à deux fois. Pour le lancement de la machine QIDI propose une remise de 50€ si vous leur laissez votre email. Cela fait tomber l’imprimante à 699€ et QIDI la livrera avec 1 Kg de filament.

La version « Combo » avec le caisson embarquant 4 filaments est proposée à 899€ et bénéficie toujours de ces 50€ de réduction et donc d’un prix final de 849€. À noter que si vous avez été client de la marque par le passé, vous pouvez bénéficier d’une remise de 80€ en vous rendant sur cette page.

Voir l’offre sur QIDI EU

Si vous avez des questions techniques, des demandes particulières ou autre sur l’imprimante que je pourrais adresser dans mon test, n’hésitez pas à les indiquer en commentaires.

Si vous voulez voir l’imprimante en action, certains vidéastes spécialisés ont proposé des tests complets de la machine. Parmi les plus intéressants, je vous conseille celui-ci de la chaineAnglophone 3DPrinterMike :

La chaîne francophone TechNapa a également pris en main la machine :

J’essaierai de faire aussi bien qu’eux !

QIDI Plus5 : impression 3D grand format ultra précise (Présentation) © MiniMachines.net. 2026

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