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Insultée sur LinkedIn, Tara Heuzé-Sarmini doit de nouveau se défendre en urgence

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Insultée sur LinkedIn, Tara Heuzé-Sarmini doit de nouveau se défendre en urgence

Insultée sur LinkedIn par un importun, l’entrepreneure Tara Heuzé-Sarmini s’est retrouvée forcée, à deux reprises, d’organiser sa défense en urgence pour faire face à la Justice. Outre interroger les droits de la défense, l’affaire pourrait ouvrir un débat spécifique au numérique : les campagnes de démarchage opérées via les messageries des réseaux sociaux peuvent-elles être considérées comme relevant de la vie privée ?

Après la première instance, rebelote pour contester la procédure en appel. Mi-septembre, nous rapportions dans ces pages les déboires de Tara Heuzé-Sarmini, entrepreneure, formatrice, fondatrice de l’association Règles Élémentaires, qui agit contre la précarité menstruelle. Elle est aussi une internaute, coincée depuis plusieurs semaines dans un improbable bras de fer avec un autre utilisateur de LinkedIn.

Après l’avoir insultée en message privé, le dirigeant de la société d’investissement « Band of Brothers » a obtenu au civil de condamner Tara Heuzé-Sarmini à retirer le message public qu’elle avait posté fin août pour s’émouvoir d’être ainsi prise à partie. La décision avait été rendue à l’issue d’une procédure d’urgence, le référé d’heure à heure, dans un tribunal suffisamment lointain du domicile de Tara Heuzé-Sarmini pour que celle-ci ne parvienne pas à se présenter ou se faire représenter à temps afin de se défendre.

Désormais épaulée par le cabinet FWPA, l’entrepreneure a décidé de faire appel. Auprès de Next, son avocat Jean-Baptiste Soufron indique que l’audience est fixée au 15 octobre. Mais ce 2 octobre, nouvelle surprise : les représentants du dirigeant de Band of Brothers tentent de faire radier l’appel. L’audience lors de laquelle la tenue de l’appel doit être débattue était fixée au lundi 5 octobre, à 14 h, à Douai. Tara Heuzé-Sarmini et ses représentants indiquent en avoir été informés… vendredi 2, en fin de journée.

Des excuses publiques, puis une suppression de compte LinkedIn

Dans le détail, l’histoire était la suivante : au mois d’août, Tara Heuzé-Sarmini accepte sur LinkedIn une demande de contact de la part du dirigeant de « Band of Brothers ». Sitôt la demande validée, elle reçoit en privé un message de démarchage, qu’elle suspecte d’avoir été rédigé par IA, lui proposant de rejoindre le fameux « Band of Brothers ». À cette invitation, l’entrepreneuse répond qu’il serait « peu probable [qu’elle] rejoigne un écosystème de bros ». Cinq minutes plus tard, un nouveau message, a priori rédigé par le propriétaire du compte, entreprend de l’insulter.


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☕️ [MàJ] Finlande : Google contraint de mettre en pause ses projets de datacenter



Mise à jour, mercredi 7 octobre, 12h20 : La Finlande a finalement pris le mors aux dents et décidé, dans une déclaration datée du 6 octobre, de contraindre Google et sa filiale locale, Tuike Finland Oy, à suspendre les travaux d’édification des datacenters de Muhos et de Kajaani, en attendant que les études d’impact environnemental aient été menées à leur terme.

Les deux décisions associées (une par datacenter) émanent de l’Agence nationale responsable des licences et de la supervision, l’organisme chargé, entre autres missions, de la supervision de la protection de l’environnement. D’après cette dernière, des travaux concrets de déforestation ont été engagés avant qu’elle ait pu procéder aux évaluations prévues par la loi finlandaise sur l’environnement. Elle ordonne donc l’interruption des travaux, et affirme s’efforcer principalement « de veiller à ce que l’exploitant remédie volontairement à la situation ».

Le message semble avoir été entendu par Google. « Nous comprenons les préoccupations et reconnaissons ne pas avoir été à la hauteur de nos propres exigences dans ce cas précis », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à CNBC. Le groupe défend cependant le bien-fondé de son approche. « Nous avons agi de bonne foi, conformément à la loi forestière, et avons réalisé des inventaires de la nature et mis en place des mesures pour protéger les zones à haute valeur écologique », ajoute le porte-parole.


Publication initiale, mardi 6 octobre, 10h50 :

Au nord de la Finlande, plus de 300 hectares de forêts ont été rasés pour permettre la construction d’un ensemble de centres de données pour Google. Ceci avant même que le projet n’ait obtenu l’audit environnemental que le régulateur national l’avait enjoint à réaliser, rapporte Wood Central.

« C’est soit de l’incompétence grossière de la part de la société chargée du projet finlandais de Google, Tuike Finland Oy, soit un dédain grossier de la réglementation finlandaise. Dans le pire des cas, c’est les deux », estimait la directrice de l’Association finlandaise pour la conservation de la nature Hanna Halmeenpää auprès du média Kaleva, mi-septembre.

Au mois d’avril, la filiale finlandaise de Google avait argumenté auprès du régulateur qu’elle n’avait pas besoin d’audit environnemental. Elle espérait pouvoir obtenir ses permis de construire en l’absence de ces travaux. 


En mai, l’administration l’a détrompé : le projet devait suivre le cours normal des autorisations, dans la mesure où la loi locale oblige à des audits environnementaux pour tout rasage permanent de forêt sur plus de 200 hectares.

Illustration : Flock

Des images satellites montrent que des coupes ont néanmoins été menées entre le mois de mai et le mois d’août, en l’absence des travaux demandés par le régulateur.

Ces images montrent aussi que quatre sites naturels supposément protégés dans le plan local d’urbanisme ont été passés au bulldozer. L’association finlandaise pour la conservation de la nature déclare n’avoir jamais rencontré de cas comparable en 86 ans d’existence.

Directrice de l’enquête ouverte par l’Autorité finlandaise en charge des licences et de la supervision, Sari Myllyoja indique que son unité explorerait les réactions possibles.

Localisé dans les villes de Muhos et Kajaani, le projet s’étend sur 1400 hectares, vendus il y a deux ans à Google par le gouvernement finlandais. La société américaine a annoncé investir 13 milliards de dollars pour y construire des centres de données, ce qu’elle déclare être son plus gros investissement unique en Europe.

Fin septembre, la municipalité de Muhos informait l’Autorité des licences et de la supervision qu’elle n’avait fourni aucun permis de construire pour ces travaux. L’équipe de Sari Myllyoja déclare attendre les clarifications de la filiale de Google pour comprendre en vertu de quels permis celle-ci a lancé ses travaux.

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☕️ [MàJ] Finlande : Google contraint de mettre en pause ses projets de datacenter



Mise à jour, mercredi 7 octobre, 12h20 : La Finlande a finalement pris le mors aux dents et décidé, dans une déclaration datée du 6 octobre, de contraindre Google et sa filiale locale, Tuike Finland Oy, à suspendre les travaux d’édification des datacenters de Muhos et de Kajaani, en attendant que les études d’impact environnemental aient été menées à leur terme.

Les deux décisions associées (une par datacenter) émanent de l’Agence nationale responsable des licences et de la supervision, l’organisme chargé, entre autres missions, de la supervision de la protection de l’environnement. D’après cette dernière, des travaux concrets de déforestation ont été engagés avant qu’elle ait pu procéder aux évaluations prévues par la loi finlandaise sur l’environnement. Elle ordonne donc l’interruption des travaux, et affirme s’efforcer principalement « de veiller à ce que l’exploitant remédie volontairement à la situation ».

Le message semble avoir été entendu par Google. « Nous comprenons les préoccupations et reconnaissons ne pas avoir été à la hauteur de nos propres exigences dans ce cas précis », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à CNBC. Le groupe défend cependant le bien-fondé de son approche. « Nous avons agi de bonne foi, conformément à la loi forestière, et avons réalisé des inventaires de la nature et mis en place des mesures pour protéger les zones à haute valeur écologique », ajoute le porte-parole.


Publication initiale, mardi 6 octobre, 10h50 :

Au nord de la Finlande, plus de 300 hectares de forêts ont été rasés pour permettre la construction d’un ensemble de centres de données pour Google. Ceci avant même que le projet n’ait obtenu l’audit environnemental que le régulateur national l’avait enjoint à réaliser, rapporte Wood Central.

« C’est soit de l’incompétence grossière de la part de la société chargée du projet finlandais de Google, Tuike Finland Oy, soit un dédain grossier de la réglementation finlandaise. Dans le pire des cas, c’est les deux », estimait la directrice de l’Association finlandaise pour la conservation de la nature Hanna Halmeenpää auprès du média Kaleva, mi-septembre.

Au mois d’avril, la filiale finlandaise de Google avait argumenté auprès du régulateur qu’elle n’avait pas besoin d’audit environnemental. Elle espérait pouvoir obtenir ses permis de construire en l’absence de ces travaux. 


En mai, l’administration l’a détrompé : le projet devait suivre le cours normal des autorisations, dans la mesure où la loi locale oblige à des audits environnementaux pour tout rasage permanent de forêt sur plus de 200 hectares.

Illustration : Flock

Des images satellites montrent que des coupes ont néanmoins été menées entre le mois de mai et le mois d’août, en l’absence des travaux demandés par le régulateur.

Ces images montrent aussi que quatre sites naturels supposément protégés dans le plan local d’urbanisme ont été passés au bulldozer. L’association finlandaise pour la conservation de la nature déclare n’avoir jamais rencontré de cas comparable en 86 ans d’existence.

Directrice de l’enquête ouverte par l’Autorité finlandaise en charge des licences et de la supervision, Sari Myllyoja indique que son unité explorerait les réactions possibles.

Localisé dans les villes de Muhos et Kajaani, le projet s’étend sur 1400 hectares, vendus il y a deux ans à Google par le gouvernement finlandais. La société américaine a annoncé investir 13 milliards de dollars pour y construire des centres de données, ce qu’elle déclare être son plus gros investissement unique en Europe.

Fin septembre, la municipalité de Muhos informait l’Autorité des licences et de la supervision qu’elle n’avait fourni aucun permis de construire pour ces travaux. L’équipe de Sari Myllyoja déclare attendre les clarifications de la filiale de Google pour comprendre en vertu de quels permis celle-ci a lancé ses travaux.

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☕️ IA et copyright : en appel, Thomson Reuters gagne de nouveau contre Ross Intelligence



En février 2025, déjà, la société d’information financière Thomson Reuters gagnait un premier procès contre la start-up d’IA juridique Ross Intelligence. Pour entraîner ses systèmes, cette dernière était accusée d’avoir utilisé la base de données Westlaw, dont Thomson Reuters possède le copyright.

Le juge avait alors qualifié cet usage de non « transformateur ». Il précisait alors que seule une forme d’IA « non générative » était à l’examen – si ses déboires judiciaires se sont poursuivis depuis, Ross Intelligence a mis la clé sous la porte en 2021, soit avant la sortie des principaux modèles génératifs.

Balance de la justice

En appel, les représentants de la société défunte argumentaient que son recours aux données de Thomson Reuters relevait du « fair use », ou usage raisonnable. En 2020, la société d’information financière avait accusé Ross Intelligence d’avoir utilisé tous les chapôs des articles de la base de données Westlaw, c’est-à-dire les quelques lignes résumant les décisions de justice détaillées dans leur version intégrale et payante, pour entraîner ses modèles.

D’après la juge Tamika Montgomery-Reeves, qui vient de trancher en appel, cet usage est de nouveau estimé « non transformateur ». À ce titre, y recourir pour développer un produit concurrent ne permet pas de recevoir l’argument du fair use.

Ni les avocats ni un porte-parole de Ross Intelligence n’ont souhaité commenter. Un porte-parole de Thomson Reuters indique en revanche qu’une « protection forte du copyright est essentiel pour promouvoir l’innovation et protéger la propriété intellectuelle qui alimente » ses propres outils d’IA.

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☕️ IA et copyright : en appel, Thomson Reuters gagne de nouveau contre Ross Intelligence



En février 2025, déjà, la société d’information financière Thomson Reuters gagnait un premier procès contre la start-up d’IA juridique Ross Intelligence. Pour entraîner ses systèmes, cette dernière était accusée d’avoir utilisé la base de données Westlaw, dont Thomson Reuters possède le copyright.

Le juge avait alors qualifié cet usage de non « transformateur ». Il précisait alors que seule une forme d’IA « non générative » était à l’examen – si ses déboires judiciaires se sont poursuivis depuis, Ross Intelligence a mis la clé sous la porte en 2021, soit avant la sortie des principaux modèles génératifs.

Balance de la justice

En appel, les représentants de la société défunte argumentaient que son recours aux données de Thomson Reuters relevait du « fair use », ou usage raisonnable. En 2020, la société d’information financière avait accusé Ross Intelligence d’avoir utilisé tous les chapôs des articles de la base de données Westlaw, c’est-à-dire les quelques lignes résumant les décisions de justice détaillées dans leur version intégrale et payante, pour entraîner ses modèles.

D’après la juge Tamika Montgomery-Reeves, qui vient de trancher en appel, cet usage est de nouveau estimé « non transformateur ». À ce titre, y recourir pour développer un produit concurrent ne permet pas de recevoir l’argument du fair use.

Ni les avocats ni un porte-parole de Ross Intelligence n’ont souhaité commenter. Un porte-parole de Thomson Reuters indique en revanche qu’une « protection forte du copyright est essentiel pour promouvoir l’innovation et protéger la propriété intellectuelle qui alimente » ses propres outils d’IA.

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Union européenne : 138 députées victimes de deepfakes pornographiques

Et 9 de leurs collègues hommes
Union européenne : 138 députées victimes de deepfakes pornographiques

7,3 % des femmes élues au sein d’une Assemblée nationale européenne sont visées par des deepfakes pornographiques, calcule l’ONG Agora Digitale Transformation. Plus de deux fois plus nombreux au sein de ces chambres de représentation politique, leurs homologues masculins sont 0,2 % à subir ce type de désagrément qui peut servir à entacher la réputation ou alimenter des cyberharcèlements.

Les femmes parlementaires européennes encourent 33 fois plus de risques de retrouver leurs images manipulées ou associées à des deepfakes sexistes ou sexuels que leurs collègues masculins. Tel est le résultat auquel aboutit le think tank allemand Agora Digitale Transformation, après avoir répertorié le nombre d’élus au sein de parlements de pays européens dont l’image avait été utilisée pour générer des deepfakes pornographiques ou associées, d’une manière ou d’une autre, à ce type d’imagerie générée par IA.

Concrètement, sur 5 872 membres de parlements européens, l’ONG a identifié 138 femmes parlementaires victimes de ce type de manipulation d’images. Ces dernières sont issues de 22 des 27 États membres. Parmi leurs collègues hommes, pourtant plus de deux fois plus nombreux, neuf sont visés par ce type de manipulation.

Dans le détail, Agora Digitale Transformation établit que l’exposition à ce type de violence numérique touche plus fréquemment les femmes – comme c’est le cas pour diverses autres professions exposées, ou pour le grand public –, mais aussi celles et ceux qui bénéficient d’une plus grande visibilité institutionnelle.

Le fait que leurs pays d’origine aient passé des lois spécifiquement dédiées à lutter contre les deepfakes pornographiques, comme c’est le cas en France ou en Italie, ne semble pas influer sur ces risques. Députée France Insoumise au Parlement européen, la Française Emma Fourreau s’est par exemple émue au mois de juillet de voir son image manipulée par IA par des comptes d’opposants politiques.

Élus dans les parlements monocaméraux ou les chambres basses européennes

Au total, Agora Digitale Transformation s’est penché sur les cas de 6 218 membres des chambres basses (l’Assemblée nationale en France) ou des parlements nationaux, lorsqu’ils sont constitués d’une chambre unique, dans les 27 États membres de l’Union. Après exclusion des sièges vacants, des personnes non-binaires et des membres non-attachés à un parti, elle a testé les noms de 94,4 % de ces représentants élus sur 160 noms de domaines connus pour leur hébergement de deepfake pornographique, de « celebrity leaks », c’est-à-dire des images publiques ou intimes de célébrités, et d’autres images sexistes ou sexuelles de femmes dans l’espace public.

En s’appuyant sur des requêtes vers l’API de Google, elle a ensuite classifié les résultats positifs selon six catégories : est-ce que des deepfakes NCII (non-consensual intimate images, images sexuelles non-consenties) étaient hébergés de manière active par le site web ? Est-ce qu’un outil de génération d’image était lié aux informations biographiques d’une personne dont le nom était explicitement cité ? Est-ce que le résultat incluait des images brutes ? Est-ce qu’il existait des traces de précédentes recherches pour le même type de contenu lié à la personne étudiée ?

Constat principal : les noms de 7,3 % des 1 888 députées femmes ainsi testés ont renvoyé des résultats positifs, contre ceux de 0,2 % des 3 837 hommes députés. Cela signifie qu’une élue sur quatorze risque de voir son image détournée à des fins sexistes ou sexuelles, contre un élu sur 500.

Des applications de « nudification » liées aux comptes de personnes réelles

Agora Digitale Transformation constate par ailleurs que les femmes aux postes à responsabilités – dirigeantes de parti, membres de cabinets ministériels – sont surreprésentées dans ces manipulations d’images. « Atteindre une plus grande visibilité médiatiques a un coût pour les femmes que les hommes atteignant des statuts similaires n’ont pas à payer », note le think tank. Les membres de partis de droite et de gauche sont par ailleurs légèrement surexposés par rapport à leurs collègues de partis centristes.

L’ONG relève par ailleurs l’existence de sites web qu’elle qualifie de « portails ». Ces derniers consistent à proposer du contenu officiel représentant un ou une parlementaire, et à y accoler des liens vers des applications dédiées à générer de l’imagerie sexualisée ou dénudée.

Dans son échantillon, elle indique que 61 sites web agissent de cette manière, en fournissant directement les images initiales susceptibles d’être détournées, tandis que 36 suggèrent de dénuder divers parlementaires, sans fournir les images initiales. Chaque fois, en revanche, ils fournissent des éléments biographiques pour reconnaître facilement la personne, et ses comptes sur les réseaux sociaux. Ces portails incluent des représentations sexistes ou sexuelles générées par IA pour trois parlementaires. Ils fournissent quelquefois des « notations » des corps des femmes ainsi visées.

Des productions de sites suspendus par les autorités restent indexées

Autre enjeu : au cours de l’enquête, le site CFake a été suspendu par une action conjointe des forces de l’ordre françaises et états-uniennes. En juillet 2026, son administrateur, un informaticien niçois de 47 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, à 10 000 euros d’amende, à la confiscation d’une partie de ses cryptoactifs et au versement de 83 000 euros d’indemnisation aux parties civiles

Agora Digitale Transformation est parvenue, dans certaines configurations, à retrouver plusieurs dizaines d’index de recherche liant des noms de parlementaires à des contenus supprimés de CFake. Ces derniers apparaissaient toujours dans l’API Google Custom Search plus d’un mois après leur suppression par les autorités. Si cela ne signifie pas que ces résultats soient simplement reproductibles via l’interface utilisateur du moteur de recherche, ce constat fait écho au récent article des universitaires Sarah Morgan, Sophie J. Nightingale et Hany Farid, dans lequel ces derniers pointent les dysfonctionnements du déréférencement de contenu illégal par des acteurs comme Google, Cloudflare ou Namecheap.

Aux traditionnels appels à mettre des garde-fous en place dans les systèmes d’IA, pour les empêcher de générer des contenus non consentis, et à étendre le recours à la norme C2PA, qui permet de tracer les contenus, Agora Digitale Transformation enjoint donc à travailler sur la persistance des index de recherche. Tant que ceux-ci continuent de lier des noms de personnes réels à des contenus sexistes ou sexuels, quand bien même devenus inaccessibles, ils participent à perpétuer dans le temps les risques réputationnels et les éventuels effets psychologiques subis par les victimes.

Plus qu’à la multiplication de législation, l’ONG appelle enfin à mettre en œuvre les textes déjà existants. Aux Pays-Bas, par exemple, il n’existe pas de lois visant spécifiquement les deepfakes, mais ceux-ci sont activement poursuivis en s’appuyant sur des textes plus généraux, relatifs aux manipulations d’images ou à la protection de la vie privée. L’enjeu est d’autant plus important que dans divers pays, dont la France, les échéances électorales approchant risquent de multiplier les cas de manipulation de l’image de personnalités politiques.

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Union européenne : 138 députées victimes de deepfakes pornographiques

Et 9 de leurs collègues hommes
Union européenne : 138 députées victimes de deepfakes pornographiques

7,3 % des femmes élues au sein d’une Assemblée nationale européenne sont visées par des deepfakes pornographiques, calcule l’ONG Agora Digitale Transformation. Plus de deux fois plus nombreux au sein de ces chambres de représentation politique, leurs homologues masculins sont 0,2 % à subir ce type de désagrément qui peut servir à entacher la réputation ou alimenter des cyberharcèlements.

Les femmes parlementaires européennes encourent 33 fois plus de risques de retrouver leurs images manipulées ou associées à des deepfakes sexistes ou sexuels que leurs collègues masculins. Tel est le résultat auquel aboutit le think tank allemand Agora Digitale Transformation, après avoir répertorié le nombre d’élus au sein de parlements de pays européens dont l’image avait été utilisée pour générer des deepfakes pornographiques ou associées, d’une manière ou d’une autre, à ce type d’imagerie générée par IA.

Concrètement, sur 5 872 membres de parlements européens, l’ONG a identifié 138 femmes parlementaires victimes de ce type de manipulation d’images. Ces dernières sont issues de 22 des 27 États membres. Parmi leurs collègues hommes, pourtant plus de deux fois plus nombreux, neuf sont visés par ce type de manipulation.

Dans le détail, Agora Digitale Transformation établit que l’exposition à ce type de violence numérique touche plus fréquemment les femmes – comme c’est le cas pour diverses autres professions exposées, ou pour le grand public –, mais aussi celles et ceux qui bénéficient d’une plus grande visibilité institutionnelle.

Le fait que leurs pays d’origine aient passé des lois spécifiquement dédiées à lutter contre les deepfakes pornographiques, comme c’est le cas en France ou en Italie, ne semble pas influer sur ces risques. Députée France Insoumise au Parlement européen, la Française Emma Fourreau s’est par exemple émue au mois de juillet de voir son image manipulée par IA par des comptes d’opposants politiques.

Élus dans les parlements monocaméraux ou les chambres basses européennes

Au total, Agora Digitale Transformation s’est penché sur les cas de 6 218 membres des chambres basses (l’Assemblée nationale en France) ou des parlements nationaux, lorsqu’ils sont constitués d’une chambre unique, dans les 27 États membres de l’Union. Après exclusion des sièges vacants, des personnes non-binaires et des membres non-attachés à un parti, elle a testé les noms de 94,4 % de ces représentants élus sur 160 noms de domaines connus pour leur hébergement de deepfake pornographique, de « celebrity leaks », c’est-à-dire des images publiques ou intimes de célébrités, et d’autres images sexistes ou sexuelles de femmes dans l’espace public.

En s’appuyant sur des requêtes vers l’API de Google, elle a ensuite classifié les résultats positifs selon six catégories : est-ce que des deepfakes NCII (non-consensual intimate images, images sexuelles non-consenties) étaient hébergés de manière active par le site web ? Est-ce qu’un outil de génération d’image était lié aux informations biographiques d’une personne dont le nom était explicitement cité ? Est-ce que le résultat incluait des images brutes ? Est-ce qu’il existait des traces de précédentes recherches pour le même type de contenu lié à la personne étudiée ?

Constat principal : les noms de 7,3 % des 1 888 députées femmes ainsi testés ont renvoyé des résultats positifs, contre ceux de 0,2 % des 3 837 hommes députés. Cela signifie qu’une élue sur quatorze risque de voir son image détournée à des fins sexistes ou sexuelles, contre un élu sur 500.

Des applications de « nudification » liées aux comptes de personnes réelles

Agora Digitale Transformation constate par ailleurs que les femmes aux postes à responsabilités – dirigeantes de parti, membres de cabinets ministériels – sont surreprésentées dans ces manipulations d’images. « Atteindre une plus grande visibilité médiatiques a un coût pour les femmes que les hommes atteignant des statuts similaires n’ont pas à payer », note le think tank. Les membres de partis de droite et de gauche sont par ailleurs légèrement surexposés par rapport à leurs collègues de partis centristes.

L’ONG relève par ailleurs l’existence de sites web qu’elle qualifie de « portails ». Ces derniers consistent à proposer du contenu officiel représentant un ou une parlementaire, et à y accoler des liens vers des applications dédiées à générer de l’imagerie sexualisée ou dénudée.

Dans son échantillon, elle indique que 61 sites web agissent de cette manière, en fournissant directement les images initiales susceptibles d’être détournées, tandis que 36 suggèrent de dénuder divers parlementaires, sans fournir les images initiales. Chaque fois, en revanche, ils fournissent des éléments biographiques pour reconnaître facilement la personne, et ses comptes sur les réseaux sociaux. Ces portails incluent des représentations sexistes ou sexuelles générées par IA pour trois parlementaires. Ils fournissent quelquefois des « notations » des corps des femmes ainsi visées.

Des productions de sites suspendus par les autorités restent indexées

Autre enjeu : au cours de l’enquête, le site CFake a été suspendu par une action conjointe des forces de l’ordre françaises et états-uniennes. En juillet 2026, son administrateur, un informaticien niçois de 47 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, à 10 000 euros d’amende, à la confiscation d’une partie de ses cryptoactifs et au versement de 83 000 euros d’indemnisation aux parties civiles

Agora Digitale Transformation est parvenue, dans certaines configurations, à retrouver plusieurs dizaines d’index de recherche liant des noms de parlementaires à des contenus supprimés de CFake. Ces derniers apparaissaient toujours dans l’API Google Custom Search plus d’un mois après leur suppression par les autorités. Si cela ne signifie pas que ces résultats soient simplement reproductibles via l’interface utilisateur du moteur de recherche, ce constat fait écho au récent article des universitaires Sarah Morgan, Sophie J. Nightingale et Hany Farid, dans lequel ces derniers pointent les dysfonctionnements du déréférencement de contenu illégal par des acteurs comme Google, Cloudflare ou Namecheap.

Aux traditionnels appels à mettre des garde-fous en place dans les systèmes d’IA, pour les empêcher de générer des contenus non consentis, et à étendre le recours à la norme C2PA, qui permet de tracer les contenus, Agora Digitale Transformation enjoint donc à travailler sur la persistance des index de recherche. Tant que ceux-ci continuent de lier des noms de personnes réels à des contenus sexistes ou sexuels, quand bien même devenus inaccessibles, ils participent à perpétuer dans le temps les risques réputationnels et les éventuels effets psychologiques subis par les victimes.

Plus qu’à la multiplication de législation, l’ONG appelle enfin à mettre en œuvre les textes déjà existants. Aux Pays-Bas, par exemple, il n’existe pas de lois visant spécifiquement les deepfakes, mais ceux-ci sont activement poursuivis en s’appuyant sur des textes plus généraux, relatifs aux manipulations d’images ou à la protection de la vie privée. L’enjeu est d’autant plus important que dans divers pays, dont la France, les échéances électorales approchant risquent de multiplier les cas de manipulation de l’image de personnalités politiques.

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Clément Le Ludec : « Ne pas voir le travail de données nécessaire à l’IA nous arrange »

Achetez ma machine automatique ! Elle est belle, elle est magique !
Clément Le Ludec : « Ne pas voir le travail de données nécessaire à l’IA nous arrange »

Dans son essai Les damnés de la donnée, publié ce 2 octobre chez Raisons d’Agir, le sociologue Clément Le Ludec explore les conditions de travail des annotateurs de données destinées au marché français. Il argumente pour une réelle valorisation de leur expertise dans la chaîne de fabrication de l’IA.

Ce 2 octobre, Clément Le Ludec publie Les damnés de la donnée, La subalternisation du travail de l’intelligence artificielle chez Raisons d’Agir. Dans cet essai de 190 pages, l’auteur constate que derrière les récits d’automatisation qui promeuvent le déploiement de l’intelligence artificielle, le travail de préparation des données nécessaire à la fabrication et à l’amélioration de ces technologies est oublié.

Next s’est entretenu avec le sociologue, parti enquêter sur les conditions de travail des annotateurs malgache, dont l’activité est essentielle au marché française de l’IA, et auprès de fondateurs de start-ups françaises du secteur de la tech.

>> Quelle a été la genèse de cette étude ?

En 2018, j’ai commencé par travailler avec Paola Tubaro et Antonio Casilli sur le projet Digital platform labor (DiPLab), à faire de l’enquête sur les micro-travailleurs français. À l’époque, on parlait beaucoup de micro-travail, ou de travailleurs du clic, pour évoquer toutes ces tâches de gestion de données nécessaires à l’entraînement et l’amélioration continue des systèmes algorithmiques.

Pendant un an et demi, on s’est intéressé à sa forme en France, en tentant d’éclaircir des questions comme : est-ce que ces activités fournissent un complément de revenu, ou est-ce qu’elles constituent un vrai travail, au sens d’activités essentielles pour vivre. Dans notre échantillon, nous avions beaucoup de personnes qui vivaient du revenu de solidarité active (RSA), or dans ces conditions, gagner 50 euros par mois avec du travail du clic, ça représente quelque chose de plus important qu’un complément de revenu.

Cela dit, la littérature scientifique montrait que pour la langue anglaise, la plateforme Amazon Mechanical Turk (AMT) avait mené à une forte externalisation de l’annotation de données en Inde. Mais les impacts d’AMT ou de son concurrent Full Factory étaient assez peu explorés pour la France. Quand j’ai obtenu un contrat de thèse, je me suis dit qu’il fallait explorer ce qui se passait en Afrique francophone.

>> Pourquoi vous focaliser sur Madagascar ?

Pour plusieurs raisons. D’une part, quand je me penche sur le secteur du business process outsourcing (BPO, externalisation des processus métier), deux pays ressortent : le Maroc et Madagascar. Historiquement, les deux pays ont accompagné la numérisation de la France. Au moment où l’édition commence à vouloir numériser ses tapuscrits, ceux-ci sont envoyés par avion vers Madagascar, numérisés, mis sur disquette, puis renvoyés ici. La presse fait de même, notamment quand elle commence à avoir besoin de détourages d’images.


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Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Et tant pis pour l'adaptation climatique
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Malgré les dispositions de la directive relative à l’efficacité énergétique, un consortium de journalistes démontre l’incapacité, voire la mauvaise volonté de la Commission européenne et des États membres à faire la transparence sur les impacts environnementaux des centres de données. Lighthouse Reports se tourne désormais vers la Convention d’Aarhus, qui impose des obligations juridiques de transparence à ses signataires.

Quel est l’impact environnemental des centres de données installés en Europe ? La question est répétée, de manière lancinante, auprès des opérateurs européens ou internationaux, auprès des géants numériques qui multiplient les projets, y compris en France : en Alsace, dans le Centre Val-De-Loire, en Seine-et-Marne, auprès des administrations.

Et, quand bien même les règlements européens prévoient que les centres de données envoient les données relatives à leur usage en eau, en électricité, leur recours aux énergies renouvelables ou leur réutilisation de chaleur fatale à la Commission européenne, seulement 36 % les transmettent effectivement. Comme Next le détaillait récemment, sur ces données finalement récupérées, seulement 70,1 % sont jugées fiables. Ne parlons même pas des bilans volontaires des géants du Net qui ne sont loin de donner toutes les informations importantes et contiennent en plus des erreurs.

Alors que l’Europe vient de proposer officiellement un barème de notation des centres de données de A à G, en fonction de leurs impacts, le consortium Investigate Europe révélait au mois d’avril que les pratiques de confidentialité adoptées par Bruxelles correspondent directement aux demandes formulées par Microsoft et Digital Europe, le lobby du numérique dont Meta, CapGemini, NVIDIA et Google comptent parmi les membres.

Pour obtenir malgré tout des informations plus précises, un autre consortium d’investigation, Lighthouse Reports, s’est tourné vers la justice. Au fil de plusieurs mois d’enquête, celui-ci constate, dans les pages de Mediapart, d’El Confidencial, d’Il Manifesto et d’autres médias européens, qu’un voile de silence s’oppose à la publication d’informations précises sur les impacts environnementaux des centres de données.

Face aux refus d’accéder aux demandes d’information, la Convention d’Aarhus

Son réseau d’enquêteurs a soumis des demandes d’accès aux documents administratifs des 27 États membres pour demander la publication des informations relatives à tous les indicateurs prévus par la directive relative à l’efficacité énergétique (DEE).

Ce texte a été révisé en septembre 2023, moins d’un an après le lancement public de ChatGPT (OpenAI), à peine six mois après celui de Claude (Anthropic). C’est en vertu de ces dispositions que les citoyennes et citoyens européens peuvent demander l’accès aux données relatives à la consommation énergétique et d’eau des centres de données, à leurs émissions de chaleur fatale, à l’énergie nécessaire pour refroidir les bâtiments, au type de réfrigérants et de systèmes d’air conditionné utilisés, etc.

En octobre 2025, alors qu’un rapport technique de la Commission décrivait le reporting et la transparence des consommations énergétiques comme « fondamentalement important pour l’estimation correcte de la soutenabilité », Lighthouse reports indique avoir constaté un refus global de transmettre ces éléments.

Dans un courrier échangé avec la Commission, la Slovénie indique par exemple n’avoir « rien reçu » et demande conseil sur la manière de faire. Au total, dix pays indiquent ne pas disposer des informations en question – ce qui signifie qu’ils ne contrôlent pas les impacts environnementaux des centres de données de leur territoire.

Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne
Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne

Et si plusieurs pays, dont la France, voient leurs commissions chargées de la transparence rendre des avis positifs sur la diffusion de ces informations, plusieurs entreprises citent le secret des affaires pour éviter de les partager.

Faute de meilleur résultat, de la part des États membres comme de la Commission, Lighthouse Reports a entrepris d’interroger le comité de conformité à la Convention d’Aarhus. Signé en 1998, ce traité international garantit en effet que le public accède aux informations environnementales.

Données environnementales contre protection des intérêts commerciaux

En France, l’entité chargée de collecter et de transmettre ces données à la Commission européenne est l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). Auprès de Mediapart, le ministère de la Transition écologique n’en souligne pas moins la nécessaire « mise en balance » à effectuer entre l’intérêt de diffuser les informations environnementales relatives à ces établissements et la « protection des intérêts commerciaux ainsi que la confidentialité des informations des exploitants ».

Concrètement, cela signifie que l’Arcep peut fournir les « données relatives aux performances énergétiques et environnementales », mais pas les informations administratives qui permettraient de les relier aux bons bâtiments. En l’espèce, le journal français indique avoir finalement reçu un tableau de « près de 163 lignes et 28 colonnes », mais dont « tous les indicateurs sont mélangés, selon un ordre aléatoire ». Impossible, dans ces conditions, d’attribuer correctement les impacts énergétiques, de température ou de consommation d’eau.

Cette logique kafkaïenne est d’ailleurs loin de ne concerner que les médias : présidente du groupe Les Écologistes à l’Assemblée nationale, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les vulnérabilités du système numérique, Cyrielle Chatelain indique avoir elle aussi eu maille à partir avec le secret des affaires. Citant les commandes réalisées par les administrations auprès de fournisseurs états-uniens comme Microsoft ou Oracle, elle qualifie la situation de « délirante », dans la mesure où il devient impossible de publier des informations relatives à l’usage de l’argent public.

Dans les autres pays, la situation n’est pas meilleure : l’Allemagne a ainsi mis neuf mois avant d’envoyer sa réponse, qui renvoyait les journalistes vers une base de données publique, par ailleurs incomplète. L’Italie a déclaré ne pas disposer des éléments demandés, quand bien même le pays les avait transmis à Bruxelles. Aux Pays-Bas, l’Agence néerlandaise des entreprises, chargée de collecter les informations, a transmis une liste de 104 bâtiments, alors que l’association locale des data centers déclarait compter 185 centres de données commerciaux d’une capacité de 500 kW minimum sur le territoire.

« Nous ne pensons pas que ce mur de silence soit le fruit du hasard, écrit Lighthouse Reports dans le mémoire soumis ce 28 septembre à la commission de la transparence de la Convention d’Aarhus. Au contraire, on observe chez les décideurs politiques de toute l’Union européenne une volonté claire et constante de nier ou d’entraver l’accès aux informations relatives aux performances des centres de données et à leurs impacts environnementaux, et d’en brouiller la compréhension. » Depuis 2023, relève le consortium d’enquêteurs, le budget du principal lobby des centres de données en Europe, la European Data Centre Association, a été multiplié par huit.

Alors qu’au début des années 2020, l’essentiel des géants numériques avaient pris des engagements pour lutter contre leurs impacts environnementaux, six ans et une vague de l’IA plus tard, même les financiers des sociétés spécialisées dans les technologies climatiques ne s’en cachent plus : « la décarbonation est morte ». C’est du moins ce qu’a lancé Sophie Purdom, fondatrice de la société de capital-risque Planeteer, au Wall Street Journal. Plutôt que de se concentrer sur le financement de solutions dédiées à lutter contre les émissions carbone, son secteur se focalise, lui aussi, sur l’IA. Autrement dit, dans ce cas précis : sur les manières de fournir son infrastructure, en particulier les centres de données, en énergie.

À Cannes, lors du sommet DataCloud qui réunissait les pontes de l’industrie des centres de données, le PDG de la société américaine QTS DataCenter, Thomas Greason, s’est de son côté moqué des « hommes des cavernes » (« Citizens against virtually everything », dont les initiales forment, en anglais, le mot CAVE, caverne). L’idée : faire passer les citoyens qui seraient « contre tout », et surtout contre les data centers, pour des gens du passé.

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Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Et tant pis pour l'adaptation climatique
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Malgré les dispositions de la directive relative à l’efficacité énergétique, un consortium de journalistes démontre l’incapacité, voire la mauvaise volonté de la Commission européenne et des États membres à faire la transparence sur les impacts environnementaux des centres de données. Lighthouse Reports se tourne désormais vers la Convention d’Aarhus, qui impose des obligations juridiques de transparence à ses signataires.

Quel est l’impact environnemental des centres de données installés en Europe ? La question est répétée, de manière lancinante, auprès des opérateurs européens ou internationaux, auprès des géants numériques qui multiplient les projets, y compris en France : en Alsace, dans le Centre Val-De-Loire, en Seine-et-Marne, auprès des administrations.

Et, quand bien même les règlements européens prévoient que les centres de données envoient les données relatives à leur usage en eau, en électricité, leur recours aux énergies renouvelables ou leur réutilisation de chaleur fatale à la Commission européenne, seulement 36 % les transmettent effectivement. Comme Next le détaillait récemment, sur ces données finalement récupérées, seulement 70,1 % sont jugées fiables. Ne parlons même pas des bilans volontaires des géants du Net qui ne sont loin de donner toutes les informations importantes et contiennent en plus des erreurs.

Alors que l’Europe vient de proposer officiellement un barème de notation des centres de données de A à G, en fonction de leurs impacts, le consortium Investigate Europe révélait au mois d’avril que les pratiques de confidentialité adoptées par Bruxelles correspondent directement aux demandes formulées par Microsoft et Digital Europe, le lobby du numérique dont Meta, CapGemini, NVIDIA et Google comptent parmi les membres.

Pour obtenir malgré tout des informations plus précises, un autre consortium d’investigation, Lighthouse Reports, s’est tourné vers la justice. Au fil de plusieurs mois d’enquête, celui-ci constate, dans les pages de Mediapart, d’El Confidencial, d’Il Manifesto et d’autres médias européens, qu’un voile de silence s’oppose à la publication d’informations précises sur les impacts environnementaux des centres de données.

Face aux refus d’accéder aux demandes d’information, la Convention d’Aarhus

Son réseau d’enquêteurs a soumis des demandes d’accès aux documents administratifs des 27 États membres pour demander la publication des informations relatives à tous les indicateurs prévus par la directive relative à l’efficacité énergétique (DEE).

Ce texte a été révisé en septembre 2023, moins d’un an après le lancement public de ChatGPT (OpenAI), à peine six mois après celui de Claude (Anthropic). C’est en vertu de ces dispositions que les citoyennes et citoyens européens peuvent demander l’accès aux données relatives à la consommation énergétique et d’eau des centres de données, à leurs émissions de chaleur fatale, à l’énergie nécessaire pour refroidir les bâtiments, au type de réfrigérants et de systèmes d’air conditionné utilisés, etc.

En octobre 2025, alors qu’un rapport technique de la Commission décrivait le reporting et la transparence des consommations énergétiques comme « fondamentalement important pour l’estimation correcte de la soutenabilité », Lighthouse reports indique avoir constaté un refus global de transmettre ces éléments.

Dans un courrier échangé avec la Commission, la Slovénie indique par exemple n’avoir « rien reçu » et demande conseil sur la manière de faire. Au total, dix pays indiquent ne pas disposer des informations en question – ce qui signifie qu’ils ne contrôlent pas les impacts environnementaux des centres de données de leur territoire.

Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne
Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne

Et si plusieurs pays, dont la France, voient leurs commissions chargées de la transparence rendre des avis positifs sur la diffusion de ces informations, plusieurs entreprises citent le secret des affaires pour éviter de les partager.

Faute de meilleur résultat, de la part des États membres comme de la Commission, Lighthouse Reports a entrepris d’interroger le comité de conformité à la Convention d’Aarhus. Signé en 1998, ce traité international garantit en effet que le public accède aux informations environnementales.

Données environnementales contre protection des intérêts commerciaux

En France, l’entité chargée de collecter et de transmettre ces données à la Commission européenne est l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). Auprès de Mediapart, le ministère de la Transition écologique n’en souligne pas moins la nécessaire « mise en balance » à effectuer entre l’intérêt de diffuser les informations environnementales relatives à ces établissements et la « protection des intérêts commerciaux ainsi que la confidentialité des informations des exploitants ».

Concrètement, cela signifie que l’Arcep peut fournir les « données relatives aux performances énergétiques et environnementales », mais pas les informations administratives qui permettraient de les relier aux bons bâtiments. En l’espèce, le journal français indique avoir finalement reçu un tableau de « près de 163 lignes et 28 colonnes », mais dont « tous les indicateurs sont mélangés, selon un ordre aléatoire ». Impossible, dans ces conditions, d’attribuer correctement les impacts énergétiques, de température ou de consommation d’eau.

Cette logique kafkaïenne est d’ailleurs loin de ne concerner que les médias : présidente du groupe Les Écologistes à l’Assemblée nationale, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les vulnérabilités du système numérique, Cyrielle Chatelain indique avoir elle aussi eu maille à partir avec le secret des affaires. Citant les commandes réalisées par les administrations auprès de fournisseurs états-uniens comme Microsoft ou Oracle, elle qualifie la situation de « délirante », dans la mesure où il devient impossible de publier des informations relatives à l’usage de l’argent public.

Dans les autres pays, la situation n’est pas meilleure : l’Allemagne a ainsi mis neuf mois avant d’envoyer sa réponse, qui renvoyait les journalistes vers une base de données publique, par ailleurs incomplète. L’Italie a déclaré ne pas disposer des éléments demandés, quand bien même le pays les avait transmis à Bruxelles. Aux Pays-Bas, l’Agence néerlandaise des entreprises, chargée de collecter les informations, a transmis une liste de 104 bâtiments, alors que l’association locale des data centers déclarait compter 185 centres de données commerciaux d’une capacité de 500 kW minimum sur le territoire.

« Nous ne pensons pas que ce mur de silence soit le fruit du hasard, écrit Lighthouse Reports dans le mémoire soumis ce 28 septembre à la commission de la transparence de la Convention d’Aarhus. Au contraire, on observe chez les décideurs politiques de toute l’Union européenne une volonté claire et constante de nier ou d’entraver l’accès aux informations relatives aux performances des centres de données et à leurs impacts environnementaux, et d’en brouiller la compréhension. » Depuis 2023, relève le consortium d’enquêteurs, le budget du principal lobby des centres de données en Europe, la European Data Centre Association, a été multiplié par huit.

Alors qu’au début des années 2020, l’essentiel des géants numériques avaient pris des engagements pour lutter contre leurs impacts environnementaux, six ans et une vague de l’IA plus tard, même les financiers des sociétés spécialisées dans les technologies climatiques ne s’en cachent plus : « la décarbonation est morte ». C’est du moins ce qu’a lancé Sophie Purdom, fondatrice de la société de capital-risque Planeteer, au Wall Street Journal. Plutôt que de se concentrer sur le financement de solutions dédiées à lutter contre les émissions carbone, son secteur se focalise, lui aussi, sur l’IA. Autrement dit, dans ce cas précis : sur les manières de fournir son infrastructure, en particulier les centres de données, en énergie.

À Cannes, lors du sommet DataCloud qui réunissait les pontes de l’industrie des centres de données, le PDG de la société américaine QTS DataCenter, Thomas Greason, s’est de son côté moqué des « hommes des cavernes » (« Citizens against virtually everything », dont les initiales forment, en anglais, le mot CAVE, caverne). L’idée : faire passer les citoyens qui seraient « contre tout », et surtout contre les data centers, pour des gens du passé.

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☕️ Le maire RN de Vierzon interdit une pièce décrivant les conditions de travail chez Amazon



Critiquer les conditions de travail dans les entrepôts d’Amazon, pour l’art, trop clivant ? C’est l’avis de Yannick Le Roux, maire d’extrême droite de la ville de Vierzon, dans le Cher.

Le 1er avril 2027, le comédien Aurélien Labruyère, coauteur du seul en scène Amazonia, devait jouer son spectacle au théâtre Mac-Nab, la salle municipale de Vierzon. Mais en ce mois de septembre, la programmatrice de la salle annonce à son équipe que le spectacle est déprogrammé. 
La justification ? « La commande politique du maire, c’est de dépolitiser au maximum les spectacles et de mettre l’accent sur le beau », selon les termes du cabinet du maire rapportés par Mediapart.

Exit, donc, ce spectacle inspiré de l’histoire du syndicaliste Christian Porta : une partie du seul en scène s’intéresse à son arrivée chez Amazon pour tenter d’y organiser les travailleurs d’un entrepôt subissant des conditions de travail difficiles, une autre, le combat du syndicaliste aux prud’hommes, contre le géant de la livraison.

Illustration : Flock

Pour Aurélien Labruyère, cette décision constitue une « grave atteinte à la liberté de création », ce que conteste le cabinet du maire. Toujours auprès de Médiapart, ce dernier rétorque : « Vous avez tout à fait la possibilité de continuer à créer et de vous produire, ailleurs ».

Pour la compagnie, la décision illustre aussi l’hypocrisie du Rassemblement National, qui « prétend défendre les ouvriers, les petites gens », mais décide d’empêcher les spectacles qui évoquent leur vie, rythmes chronométrés et accidents du travail compris.

En 2024, la filiale française d’Amazon avait été condamnée à 32 millions d’euros par la CNIL pour avoir surveillé de manière disproportionnée les cadences de ses salariés.

La mairie de Vierzon l’assure : sa décision n’implique aucune prise de parti « pour ou contre Amazon », mais simplement le refus de voir le théâtre Mac-Nab produire des « choses politiques ». Nul doute qu’Amazon, dont la messagerie interne interdisait, en 2022, les termes « syndicat » et « injuste », appréciera.

À une trentaine de kilomètres de Vierzon, le maire divers gauche de la ville de Bourges, qui sera Capitale européenne de la culture en 2028, a indiqué ouvrir ses portes pour accueillir Amazonia.

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☕️ Le maire RN de Vierzon interdit une pièce décrivant les conditions de travail chez Amazon



Critiquer les conditions de travail dans les entrepôts d’Amazon, pour l’art, trop clivant ? C’est l’avis de Yannick Le Roux, maire d’extrême droite de la ville de Vierzon, dans le Cher.

Le 1er avril 2027, le comédien Aurélien Labruyère, coauteur du seul en scène Amazonia, devait jouer son spectacle au théâtre Mac-Nab, la salle municipale de Vierzon. Mais en ce mois de septembre, la programmatrice de la salle annonce à son équipe que le spectacle est déprogrammé. 
La justification ? « La commande politique du maire, c’est de dépolitiser au maximum les spectacles et de mettre l’accent sur le beau », selon les termes du cabinet du maire rapportés par Mediapart.

Exit, donc, ce spectacle inspiré de l’histoire du syndicaliste Christian Porta : une partie du seul en scène s’intéresse à son arrivée chez Amazon pour tenter d’y organiser les travailleurs d’un entrepôt subissant des conditions de travail difficiles, une autre, le combat du syndicaliste aux prud’hommes, contre le géant de la livraison.

Illustration : Flock

Pour Aurélien Labruyère, cette décision constitue une « grave atteinte à la liberté de création », ce que conteste le cabinet du maire. Toujours auprès de Médiapart, ce dernier rétorque : « Vous avez tout à fait la possibilité de continuer à créer et de vous produire, ailleurs ».

Pour la compagnie, la décision illustre aussi l’hypocrisie du Rassemblement National, qui « prétend défendre les ouvriers, les petites gens », mais décide d’empêcher les spectacles qui évoquent leur vie, rythmes chronométrés et accidents du travail compris.

En 2024, la filiale française d’Amazon avait été condamnée à 32 millions d’euros par la CNIL pour avoir surveillé de manière disproportionnée les cadences de ses salariés.

La mairie de Vierzon l’assure : sa décision n’implique aucune prise de parti « pour ou contre Amazon », mais simplement le refus de voir le théâtre Mac-Nab produire des « choses politiques ». Nul doute qu’Amazon, dont la messagerie interne interdisait, en 2022, les termes « syndicat » et « injuste », appréciera.

À une trentaine de kilomètres de Vierzon, le maire divers gauche de la ville de Bourges, qui sera Capitale européenne de la culture en 2028, a indiqué ouvrir ses portes pour accueillir Amazonia.

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☕️ Au Brésil comme en Europe, l’impartialité de la modération publicitaire de Meta questionnée



Les systèmes publicitaires de Meta font de nouveau des leurs. Ce 25 septembre, au Brésil, Meta a brièvement suspendu le recours à la publicité de la page Facebook de Luis Inácio Lula da Silva.

À 80 ans, ce dernier fait campagne pour un quatrième et dernier mandat électoral face à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême-droite Jair Bolsonaro. Ses équipes ont déposé une plainte via les systèmes de la plateforme, et attendent des explications sur le sujet. 


Quelques semaines plus tôt, Amnesty International publiait un travail dans lequel elle constatait l’inefficacité des systèmes algorithmiques de Meta pour suspendre les publicités visant à diffuser de la désinformation sur ses différentes plateformes.

Alors que la population brésilienne doit se rendre aux urnes le 4 octobre prochain, le président sortant Lula a alerté contre les risques d’ingérence dans le débat public, rappelle Novara media, visant notamment le soutien que le président des États-Unis Donald Trump pourrait apporter à la candidature de Bolsonaro.

Illustration : Flock

En Europe, où Meta a adopté une lecture extensive du règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique (TTPA), le (dys-)fonctionnement des outils publicitaires est aussi un enjeu récurrent pour comprendre l’état du débat public.

Début septembre, un théâtre de Barcelone, en Espagne, a vu Facebook et Instagram supprimer des publicités dédiées à l’adaptation théâtrale d’Une pièce à soi, de Virginia Woolf, au motif que ces travaux évoquaient des « sujets sociaux ». L’entreprise a précisé à l’institution culturelle que « toute mention de droits civiques, de féminisme ou de réformes sociales sont classifiée comme "sujets sociaux" par nos systèmes automatisés » et, à ce titre, empêchés de diffusion, rapporte the Guardian.

L’épisode rejoint des problématiques rencontrées en France, où la Fondation des Femmes a mis l’entreprise en demeure de diffuser l’une de ses campagnes, aux alentours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.

En France, dès les premières semaines qui ont suivi l’entrée en vigueur du TTPA, des ONG spécialisés dans des sujets aussi variés que la défense des droits des femmes, celle des droits des enfants, ou plus globalement à la défense des droits humains ont témoigné auprès de Next avoir constaté un raidissement net des pratiques de modération de leurs campagnes publicitaires.

Un an plus tôt, à l’inverse, une étude d’AI Forensics permettait d’établir que les systèmes de l’entreprise peinaient à modérer des publicités politiques dédiées à faire circuler des thèses pro-russes.

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☕️ Au Brésil comme en Europe, l’impartialité de la modération publicitaire de Meta questionnée



Les systèmes publicitaires de Meta font de nouveau des leurs. Ce 25 septembre, au Brésil, Meta a brièvement suspendu le recours à la publicité de la page Facebook de Luis Inácio Lula da Silva.

À 80 ans, ce dernier fait campagne pour un quatrième et dernier mandat électoral face à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême-droite Jair Bolsonaro. Ses équipes ont déposé une plainte via les systèmes de la plateforme, et attendent des explications sur le sujet. 


Quelques semaines plus tôt, Amnesty International publiait un travail dans lequel elle constatait l’inefficacité des systèmes algorithmiques de Meta pour suspendre les publicités visant à diffuser de la désinformation sur ses différentes plateformes.

Alors que la population brésilienne doit se rendre aux urnes le 4 octobre prochain, le président sortant Lula a alerté contre les risques d’ingérence dans le débat public, rappelle Novara media, visant notamment le soutien que le président des États-Unis Donald Trump pourrait apporter à la candidature de Bolsonaro.

Illustration : Flock

En Europe, où Meta a adopté une lecture extensive du règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique (TTPA), le (dys-)fonctionnement des outils publicitaires est aussi un enjeu récurrent pour comprendre l’état du débat public.

Début septembre, un théâtre de Barcelone, en Espagne, a vu Facebook et Instagram supprimer des publicités dédiées à l’adaptation théâtrale d’Une pièce à soi, de Virginia Woolf, au motif que ces travaux évoquaient des « sujets sociaux ». L’entreprise a précisé à l’institution culturelle que « toute mention de droits civiques, de féminisme ou de réformes sociales sont classifiée comme "sujets sociaux" par nos systèmes automatisés » et, à ce titre, empêchés de diffusion, rapporte the Guardian.

L’épisode rejoint des problématiques rencontrées en France, où la Fondation des Femmes a mis l’entreprise en demeure de diffuser l’une de ses campagnes, aux alentours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.

En France, dès les premières semaines qui ont suivi l’entrée en vigueur du TTPA, des ONG spécialisés dans des sujets aussi variés que la défense des droits des femmes, celle des droits des enfants, ou plus globalement à la défense des droits humains ont témoigné auprès de Next avoir constaté un raidissement net des pratiques de modération de leurs campagnes publicitaires.

Un an plus tôt, à l’inverse, une étude d’AI Forensics permettait d’établir que les systèmes de l’entreprise peinaient à modérer des publicités politiques dédiées à faire circuler des thèses pro-russes.

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Face à l’e-facturation, agriculteurs, petits commerçants et auto-entrepreneurs protestent

Technocomptabilité
Facturation électronique : fuite d’informations chez VosFactures à cause d’un prestataire

Dans plusieurs villes de France, des mobilisations s’organisent contre l’obligation de passage à la facturation électronique. LFI a déposé une proposition de loi pour imposer un moratoire sur cette évolution à destination des plus petites structures économiques.

L’évolution ne passe pas : partout en France, des petits entrepreneurs, paysans, commerçants se mobilisent contre le passage à la facturation électronique. Devenue obligatoire au 1ᵉʳ septembre pour toutes les sociétés assujetties à la TVA en France, l’évolution fait craindre de nouveaux casse-têtes administratifs à des professionnels d’Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique ou d’Ariège.

En cause : l’éclatement des fournisseurs et le retard de près d’un tiers des petites et moyennes entreprises (PME) françaises. En Ariège comme en Bretagne, des réunions publiques sont désormais organisées pour mobiliser contre l’évolution imposée, rapporte Basta.

Un refus qui ne date pas d’hier

Les protestations remontent à plusieurs mois. À l’origine, l’État devait fournir un portail public de gestion des factures. Ce Portail Public de Facturation a été revu à la baisse courant 2024, pour ne plus devenir qu’un annuaire des plateformes agréées.

Le recul a inquiété de tous les côtés de l’échiquier politique et suscité des oppositions populaires. Ici on s’inquiète de voir les gestionnaires privés des plateformes d’e-facturation se muer en sociétés monétisant les données qui transitent par leurs services. Là, on crée une pétition contre la facturation électronique sur le site de l’Assemblée nationale (cette dernière compte 31 000 signatures fin septembre 2026, contre 24 000 au mois de juin).

Maintenant que l’évolution est entrée en vigueur, des rassemblements s’organisent, ce 28 septembre à Redon, en Ille-et-Vilaine, ou encore le 6 octobre à Foix, en Ariège. Olivier Niol, agriculteur breton, témoigne auprès de Reporterre des implications de l’évolution : lui n’a « toujours pas de smartphone », et vit dans un circuit où « les gens paient en chèque ou en liquide ». Il part d’une comptabilité encore entièrement papier et ne se voit pas passer au tout numérique.

Éleveuse de brebis, Anissa proteste dans Basta contre la nouvelle charge de travail que cela lui impose face à un écran, tandis que Léandre, gérant de foodtruck, s’inquiète de la probabilité que ses fournisseurs locaux, des PME, comme lui, ne soient pas équipés, donc incapables de lui fournir les justificatifs dont il aurait besoin. Nombreux sont ceux qui, par ailleurs, gèrent leur comptabilité par trimestre, ou par points ponctuels, au fil de l’année. Avec les nouvelles obligations d’e-reporting, l’État leur impose désormais de faire remonter leurs données chaque mois.

Des partis s’emparent du sujet

Si l’administration présente le passage à la facturation électronique comme une mesure de compétitivité française, il s’agit aussi, surtout, de lutter contre la fraude à la TVA.

Pour les petites structures, cette numérisation obligatoire représente une charge de travail numérique supplémentaire – qui implique potentiellement la prise en main de nouveaux outils. Quelques semaines après la révélation d’une triple intrusion dans le système d’information des impôts, nombreux sont ceux qui s’inquiètent, par ailleurs, de l’exploitation de leurs données par des acteurs tiers, qu’ils soient légitimes ou non.

Plusieurs partis politiques s’emparent du sujet. Fin août, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy appelait ainsi à « suspendre » la réforme. Le 15 septembre, c’est la députée insoumise Mathilde Hignet qui a déposé une proposition de loi visant l’instauration d’un moratoire sur le déploiement de la facturation électronique. Tel que le texte est écrit, celui-ci viserait spécifiquement les autoentrepreneurs, les très petites entreprises (TPE), les PME et les agriculteurs et agricultrices. Le moratoire courrait jusqu’à la mise en place d’un réel portail public de facturation.

Devant les inquiétudes, l’entrée en vigueur a été allégée : elle se fait avec une période de tolérance, ce qui signifie qu’aucune sanction ne sera appliquée d’ici la fin de l’année.

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Face à l’e-facturation, agriculteurs, petits commerçants et auto-entrepreneurs protestent

Technocomptabilité
Face à l’e-facturation, agriculteurs, petits commerçants et auto-entrepreneurs protestent

Dans plusieurs villes de France, des mobilisations s’organisent contre l’obligation de passage à la facturation électronique. LFI a déposé une proposition de loi pour imposer un moratoire sur cette évolution à destination des plus petites structures économiques.

L’évolution ne passe pas : partout en France, des petits entrepreneurs, paysans, commerçants se mobilisent contre le passage à la facturation électronique. Devenue obligatoire au 1ᵉʳ septembre pour toutes les sociétés assujetties à la TVA en France, l’évolution fait craindre de nouveaux casse-têtes administratifs à des professionnels d’Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique ou d’Ariège.

En cause : l’éclatement des fournisseurs et le retard de près d’un tiers des petites et moyennes entreprises (PME) françaises. En Ariège comme en Bretagne, des réunions publiques sont désormais organisées pour mobiliser contre l’évolution imposée, rapporte Basta.

Un refus qui ne date pas d’hier

Les protestations remontent à plusieurs mois. À l’origine, l’État devait fournir un portail public de gestion des factures. Ce Portail Public de Facturation a été revu à la baisse courant 2024, pour ne plus devenir qu’un annuaire des plateformes agréées.

Le recul a inquiété de tous les côtés de l’échiquier politique et suscité des oppositions populaires. Ici on s’inquiète de voir les gestionnaires privés des plateformes d’e-facturation se muer en sociétés monétisant les données qui transitent par leurs services. Là, on crée une pétition contre la facturation électronique sur le site de l’Assemblée nationale (cette dernière compte 31 000 signatures fin septembre 2026, contre 24 000 au mois de juin).

Maintenant que l’évolution est entrée en vigueur, des rassemblements s’organisent, ce 28 septembre à Redon, en Ille-et-Vilaine, ou encore le 6 octobre à Foix, en Ariège. Olivier Niol, agriculteur breton, témoigne auprès de Reporterre des implications de l’évolution : lui n’a « toujours pas de smartphone », et vit dans un circuit où « les gens paient en chèque ou en liquide ». Il part d’une comptabilité encore entièrement papier et ne se voit pas passer au tout numérique.

Éleveuse de brebis, Anissa proteste dans Basta contre la nouvelle charge de travail que cela lui impose face à un écran, tandis que Léandre, gérant de foodtruck, s’inquiète de la probabilité que ses fournisseurs locaux, des PME, comme lui, ne soient pas équipés, donc incapables de lui fournir les justificatifs dont il aurait besoin. Nombreux sont ceux qui, par ailleurs, gèrent leur comptabilité par trimestre, ou par points ponctuels, au fil de l’année. Avec les nouvelles obligations d’e-reporting, l’État leur impose désormais de faire remonter leurs données chaque mois.

Des partis s’emparent du sujet

Si l’administration présente le passage à la facturation électronique comme une mesure de compétitivité française, il s’agit aussi, surtout, de lutter contre la fraude à la TVA.

Pour les petites structures, cette numérisation obligatoire représente une charge de travail numérique supplémentaire – qui implique potentiellement la prise en main de nouveaux outils. Quelques semaines après la révélation d’une triple intrusion dans le système d’information des impôts, nombreux sont ceux qui s’inquiètent, par ailleurs, de l’exploitation de leurs données par des acteurs tiers, qu’ils soient légitimes ou non.

Plusieurs partis politiques s’emparent du sujet. Fin août, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy appelait ainsi à « suspendre » la réforme. Le 15 septembre, c’est la députée insoumise Mathilde Hignet qui a déposé une proposition de loi visant l’instauration d’un moratoire sur le déploiement de la facturation électronique. Tel que le texte est écrit, celui-ci viserait spécifiquement les autoentrepreneurs, les très petites entreprises (TPE), les PME et les agriculteurs et agricultrices. Le moratoire courrait jusqu’à la mise en place d’un réel portail public de facturation.

Devant les inquiétudes, l’entrée en vigueur a été allégée : elle se fait avec une période de tolérance, ce qui signifie qu’aucune sanction ne sera appliquée d’ici la fin de l’année.

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Stargate : le data center Jupiter, caillou dans la chaussure des finances d’Oracle

Pas d'énergie, pas de data center. Pas de data center, pas de paiement. Pas de paiement... pas de paiement.
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Oracle prévoit un potentiel retard du projet de data center Jupiter, aux États-Unis, et cherche à obtenir des facilités de paiement dans un tel cas de « force majeure ». L’affaire illustre directement les tensions qui se cristallisent autour de l’infrastructure nécessaire à l’IA, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle des marchés financiers.

Le data center « Projet Jupiter » sortira-t-il de terre à temps ? Partie intégrante du vaste plan d’investissement « Stargate » présenté par le gouvernement des États-Unis au retour de Donald Trump au pouvoir, le projet technique et immobilier semble inquiéter son principal bailleur de fonds, Oracle, ce qui crée en retour des tensions sur les marchés.

L’entreprise tente désormais de se protéger d’un éventuel retard dans la livraison du vaste projet de centre de données, prévu dans l’état du Nouveau-Mexique. Sur le terrain, l’opposition locale est active, au point de faire du Projet Jupiter l’une des images de l’opposition croissante de la population états-unienne à la trajectoire prise par les industries de l’intelligence artificielle et des centres de données.

Obtenir des délais de paiement en cas de retard

Le géant des bases de données a envoyé une alerte citant un cas de force majeur à Stack Infrastructure, le développeur du centre. Ce dernier est une émanation du fonds d’investissement Blue Owl Capital, impliqué dans d’autres grands centres de données, comme le projet Hyperion porté par Meta.

S’il ne quitte pas le navire, Oracle cherche à reculer, voire s’éviter des paiements au cas où le planning initial ne serait pas respecté. Concrètement, l’entreprise cherche à obtenir au moins trois ans de délais sur sa location du lieu si le centre de données n’est pas sorti de terre et connecté au réseau en 2028.

Auprès de Bloomberg, un porte-parole affirme que citer la force majeure est « courant » pour des projets de cette taille – ça l’est, de fait, dans le domaine énergétique, notamment pour se prémunir d’événements climatiques ou géopolitiques.

Il s’agirait, ici, de préciser les obligations contractuelles du principal bailleur en cas de retard. Le média économique pointe néanmoins que cela ne suffira peut-être pas à libérer entièrement le spécialiste des progiciels, qui se déclare de toute manière toujours « parfaitement aligné » avec le projet Jupiter.

Doutes sur la solvabilité d’Oracle

Copié par le président français, lorsque celui-ci a annoncé 109 milliards d’investissements dans l’intelligence artificielle et son infrastructure lors du Sommet sur l’IA, le projet Stargate n’en est pas moins suffisamment complexe à mettre en œuvre pour avoir rapidement été revu à la baisse.

Project Jupiter est l’un des éléments centraux de Stargate, supposé atteindre, à terme, une capacité de 2,45 gigawatts. C’est à peine moins que la puissance des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Flamanville (1 300 MW chacun), et pourrait suffire à alimenter environ 1,8 million de foyers.

Un groupe de 20 banques ont par ailleurs fourni un prêt de 18 milliards de dollars pour financer sa construction, mais cette dette subit, elle aussi, les effets d’une opposition croissante. Les tentatives de la revendre à un plus grand nombre d’institutions bancaires restent pour le moment sans effet, rapporte le Financial Times, devant le manque croissant de confiance envers la solvabilité d’Oracle.

Mi-septembre, la décision brutale du cofondateur d’Oracle Larry Ellison d’annuler un plan de vente de 50 millions d’actions pour 7,5 milliards de dollars n’avait pas été de nature à rassurer les marchés.

Opposition locale féroce

Mais le cas du projet Jupiter est complexe en lui-même. Depuis le début des travaux, ce dernier s’est heurté à divers obstacles, dont le refus répété de l’État du Nouveau-Mexique de fournir des permis nécessaires à son approvisionnement énergétique. Ces refus ont notamment visé à limiter le recours à des turbines à gaz particulièrement polluantes. Le raccordement à un pipeline de gaz d’Energy Transfer LP, supposé entrer en service ce mois de septembre 2026, s’en retrouve désormais repoussé à février 2027.

Le projet est par ailleurs l’un des lieux où l’opposition croissante aux projets de centres de données et au développement de l’IA s’incarne le plus. Les riverains s’inquiètent essentiellement des effets de l’infrastructure sur les réserves d’eau et la qualité de l’air – selon certains sondages, 65 % des résidents du Nouveau-Mexique seraient contre le projet. Sur place, Oracle travaille donc activement à tenter de rallier certains opposants à sa cause.

Le projet est même devenu sujet de débat, dans la perspective des élections de mi-mandat : la candidate démocrate Deb Haaland a par exemple déclaré que, si elle était élue, elle imposerait une pause à tous les projets de développement de centres de données de l’État et obligerait leurs développeurs à investir clairement dans les énergies renouvelables.

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Stargate : le data center Jupiter, caillou dans la chaussure des finances d’Oracle

Pas d'énergie, pas de data center. Pas de data center, pas de paiement. Pas de paiement... pas de paiement.
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Oracle prévoit un potentiel retard du projet de data center Jupiter, aux États-Unis, et cherche à obtenir des facilités de paiement dans un tel cas de « force majeure ». L’affaire illustre directement les tensions qui se cristallisent autour de l’infrastructure nécessaire à l’IA, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle des marchés financiers.

Le data center « Projet Jupiter » sortira-t-il de terre à temps ? Partie intégrante du vaste plan d’investissement « Stargate » présenté par le gouvernement des États-Unis au retour de Donald Trump au pouvoir, le projet technique et immobilier semble inquiéter son principal bailleur de fonds, Oracle, ce qui crée en retour des tensions sur les marchés.

L’entreprise tente désormais de se protéger d’un éventuel retard dans la livraison du vaste projet de centre de données, prévu dans l’état du Nouveau-Mexique. Sur le terrain, l’opposition locale est active, au point de faire du Projet Jupiter l’une des images de l’opposition croissante de la population états-unienne à la trajectoire prise par les industries de l’intelligence artificielle et des centres de données.

Obtenir des délais de paiement en cas de retard

Le géant des bases de données a envoyé une alerte citant un cas de force majeur à Stack Infrastructure, le développeur du centre. Ce dernier est une émanation du fonds d’investissement Blue Owl Capital, impliqué dans d’autres grands centres de données, comme le projet Hyperion porté par Meta.

S’il ne quitte pas le navire, Oracle cherche à reculer, voire s’éviter des paiements au cas où le planning initial ne serait pas respecté. Concrètement, l’entreprise cherche à obtenir au moins trois ans de délais sur sa location du lieu si le centre de données n’est pas sorti de terre et connecté au réseau en 2028.

Auprès de Bloomberg, un porte-parole affirme que citer la force majeure est « courant » pour des projets de cette taille – ça l’est, de fait, dans le domaine énergétique, notamment pour se prémunir d’événements climatiques ou géopolitiques.

Il s’agirait, ici, de préciser les obligations contractuelles du principal bailleur en cas de retard. Le média économique pointe néanmoins que cela ne suffira peut-être pas à libérer entièrement le spécialiste des progiciels, qui se déclare de toute manière toujours « parfaitement aligné » avec le projet Jupiter.

Doutes sur la solvabilité d’Oracle

Copié par le président français, lorsque celui-ci a annoncé 109 milliards d’investissements dans l’intelligence artificielle et son infrastructure lors du Sommet sur l’IA, le projet Stargate n’en est pas moins suffisamment complexe à mettre en œuvre pour avoir rapidement été revu à la baisse.

Project Jupiter est l’un des éléments centraux de Stargate, supposé atteindre, à terme, une capacité de 2,45 gigawatts. C’est à peine moins que la puissance des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Flamanville (1 300 MW chacun), et pourrait suffire à alimenter environ 1,8 million de foyers.

Un groupe de 20 banques ont par ailleurs fourni un prêt de 18 milliards de dollars pour financer sa construction, mais cette dette subit, elle aussi, les effets d’une opposition croissante. Les tentatives de la revendre à un plus grand nombre d’institutions bancaires restent pour le moment sans effet, rapporte le Financial Times, devant le manque croissant de confiance envers la solvabilité d’Oracle.

Mi-septembre, la décision brutale du cofondateur d’Oracle Larry Ellison d’annuler un plan de vente de 50 millions d’actions pour 7,5 milliards de dollars n’avait pas été de nature à rassurer les marchés.

Opposition locale féroce

Mais le cas du projet Jupiter est complexe en lui-même. Depuis le début des travaux, ce dernier s’est heurté à divers obstacles, dont le refus répété de l’État du Nouveau-Mexique de fournir des permis nécessaires à son approvisionnement énergétique. Ces refus ont notamment visé à limiter le recours à des turbines à gaz particulièrement polluantes. Le raccordement à un pipeline de gaz d’Energy Transfer LP, supposé entrer en service ce mois de septembre 2026, s’en retrouve désormais repoussé à février 2027.

Le projet est par ailleurs l’un des lieux où l’opposition croissante aux projets de centres de données et au développement de l’IA s’incarne le plus. Les riverains s’inquiètent essentiellement des effets de l’infrastructure sur les réserves d’eau et la qualité de l’air – selon certains sondages, 65 % des résidents du Nouveau-Mexique seraient contre le projet. Sur place, Oracle travaille donc activement à tenter de rallier certains opposants à sa cause.

Le projet est même devenu sujet de débat, dans la perspective des élections de mi-mandat : la candidate démocrate Deb Haaland a par exemple déclaré que, si elle était élue, elle imposerait une pause à tous les projets de développement de centres de données de l’État et obligerait leurs développeurs à investir clairement dans les énergies renouvelables.

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☕️ France Travail publie sa plateforme dédiée aux métiers du numérique



Trouver un emploi dans le numérique via France Travail, c’est désormais possible, et même fléché. Ce 21 septembre, l’établissement public mettait en ligne sa plateforme numerique.francetravail.fr, dédiée à informer et centraliser les ressources sur les emplois de l’industrie technologique.

Avec cet outil, France Travail indique vouloir faciliter les recherches d’emploi dans sept familles de métiers du secteur numérique, mais aussi faciliter la recherche de potentiels employés pour les entreprises concernées.

Les métiers sont réunis dans les catégories développement et logiciels ; data, IA et cybersécurité ; réseaux, systèmes et infrastructures ; design et création ; marketing, communication et e-commerce ; gestion de projets et transformation numérique ; et support et services numériques.

Pour les personnes en recherche d’emploi, la plateforme propose un espace de « découverte & accompagnement », qui donne notamment accès à des fiches dédiées à plus de 140 emplois répartis dans les familles précitées. En quelques clics, il est ainsi possible d’en savoir plus sur le travail d’Analyste SOC (Security Operations Center), de technicien ou technicienne de data center, ou encore d’UX/UI designer.

Plus loin, l’espace Formation et certificat est principalement pensé pour aider celles et ceux qui se tournent vers la tech à la suite d’une reconversion. La page « Emploi et entrepreneuriat » permet quant à elle de « passer à l’action » après les collectes de renseignements.

Comme les pouvoirs publics cherchent depuis plusieurs années à accélérer la diversification des effectifs de l’industrie numérique, un dernier espace est plus spécifiquement dédié aux femmes qui envisageraient de rejoindre l’industrie. Concrètement, il s’agit de les rediriger vers une série d’organismes, de réseaux ou de formations tantôt généralistes, tantôt spécialisées dans l’accueil des femmes, comme Femmes @ Numériques, Elles bougent, Sista ou Cyberelles. 


Ce modèle correspond en tous points à celui proposé dans les trois autres axes piliers du service, où divers organismes d’accompagnement, d’immersion (pour ceux qui arriveraient dans le secteur), ou encore d’échanges avec des professionnels sont, chaque fois, proposés.

France Travail propose par ailleurs une page dédiée aux employeurs, via laquelle elle leur fournit de quoi identifier rapidement les profils susceptibles de répondre à leurs besoins.

Cet outil s’intègre directement dans « la dynamique des plateformes sectorielles » que propose France Travail. Aux côtés de ce portail dédié aux métiers du numérique, l’entité en propose en effet d’autres spécialisés dans les métiers du soin, ceux de la culture et du spectacle, ou encore ceux du transport et des mobilités.

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☕️ France Travail publie sa plateforme dédiée aux métiers du numérique



Trouver un emploi dans le numérique via France Travail, c’est désormais possible, et même fléché. Ce 21 septembre, l’établissement public mettait en ligne sa plateforme numerique.francetravail.fr, dédiée à informer et centraliser les ressources sur les emplois de l’industrie technologique.

Avec cet outil, France Travail indique vouloir faciliter les recherches d’emploi dans sept familles de métiers du secteur numérique, mais aussi faciliter la recherche de potentiels employés pour les entreprises concernées.

Les métiers sont réunis dans les catégories développement et logiciels ; data, IA et cybersécurité ; réseaux, systèmes et infrastructures ; design et création ; marketing, communication et e-commerce ; gestion de projets et transformation numérique ; et support et services numériques.

Pour les personnes en recherche d’emploi, la plateforme propose un espace de « découverte & accompagnement », qui donne notamment accès à des fiches dédiées à plus de 140 emplois répartis dans les familles précitées. En quelques clics, il est ainsi possible d’en savoir plus sur le travail d’Analyste SOC (Security Operations Center), de technicien ou technicienne de data center, ou encore d’UX/UI designer.

Plus loin, l’espace Formation et certificat est principalement pensé pour aider celles et ceux qui se tournent vers la tech à la suite d’une reconversion. La page « Emploi et entrepreneuriat » permet quant à elle de « passer à l’action » après les collectes de renseignements.

Comme les pouvoirs publics cherchent depuis plusieurs années à accélérer la diversification des effectifs de l’industrie numérique, un dernier espace est plus spécifiquement dédié aux femmes qui envisageraient de rejoindre l’industrie. Concrètement, il s’agit de les rediriger vers une série d’organismes, de réseaux ou de formations tantôt généralistes, tantôt spécialisées dans l’accueil des femmes, comme Femmes @ Numériques, Elles bougent, Sista ou Cyberelles. 


Ce modèle correspond en tous points à celui proposé dans les trois autres axes piliers du service, où divers organismes d’accompagnement, d’immersion (pour ceux qui arriveraient dans le secteur), ou encore d’échanges avec des professionnels sont, chaque fois, proposés.

France Travail propose par ailleurs une page dédiée aux employeurs, via laquelle elle leur fournit de quoi identifier rapidement les profils susceptibles de répondre à leurs besoins.

Cet outil s’intègre directement dans « la dynamique des plateformes sectorielles » que propose France Travail. Aux côtés de ce portail dédié aux métiers du numérique, l’entité en propose en effet d’autres spécialisés dans les métiers du soin, ceux de la culture et du spectacle, ou encore ceux du transport et des mobilités.

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