Mise à jour 15/10 – Finalement, une petite lueur d’humanité à la Maison-Blanche. Donald Trump a déclaré sur son réseau social que l’exécution de Nidal Malik Hasan ne sera pas diffusée en direct. « Je pense que diffuser l’exécution en direct, à la vue de tous, aurait pu avoir un puissant effet dissuasif en montrant au monde comment l’Amérique traite les terroristes et les ORDURES comme Hasan », écrit-il dans son style habituel. « Mais beaucoup de personnes bien intentionnées préféreraient ne pas le regarder mourir (…). Il mourra, comme prévu, fusillé par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas diffusé en direct », indique-t-il.
Article original, 13/10 – Le 3 décembre, Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé à Fort Hood. C’est le résultat d’une condamnation après que ce dernier a assassiné 13 personnes sur les lieux, en 2009. Approuvée début octobre par la Maison-Blanche, une telle mise à mort par un peloton d’exécution serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le 8 octobre, le Pentagone a par ailleurs annoncé que cette exécution serait publique, c’est-à-dire filmée et diffusée en direct. D’après le New-York Times, une telle publicité « n’a pas été mise en place aux États-Unis depuis près d’un siècle ».
Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. L’ONU a déclaré qu’un tel projet relevait de la torture, son porte-parole déclarant la perspective « qu’un gouvernement exécute quelqu’un en public, devant des caméras en direct » de « franchement odieuse ».
Le ministre de l’Environnement australien a qualifié le projet d’ « immonde » – il a globalement été suivi par tous les bords politiques –, tandis que le commissaire à la sécurité numérique locale a déclaré que les « services numériques avaient la responsabilité de protéger les utilisateurs des contenus dangereux, en vertu des réglementations australiennes relatives à la sécurité en ligne ».
Illustration : Flock
Dans une même logique, l’Union européenne a averti les plateformes numériques : à elles d’appliquer « avec diligence leurs propres règles d’utilisation », a indiqué le porte-parole de la Commission Thomas Regnier.
Et de souligner que Meta « interdit explicitement la diffusion en direct des exécutions capitales », tandis que « X et TikTok interdisent les contenus choquants ou faisant l’apologie de la violence ». Citant le Règlement sur les services numériques, il a rappelé l’existence de « règles claires » en Europe, qui lui permettraient d’éviter la diffusion d’une exécution si les plateformes ne la limitaient pas d’elles-mêmes.
Plusieurs chefs religieux ont aussi pris la parole, du pape Léon XIV, qui condamne la peine de mort, à l’archevêque de l’armée états-unienne, qui a appelé les soldats catholiques à refuser de participer au peloton d’exécution, dans la mesure où la peine de mort est contraire à leurs enseignements religieux.
Devant cette levée de boucliers, le vice-président JD Vance a exprimé des doutes sur la probabilité que l’exécution soit effectivement diffusée en direct et en ligne. Donald Trump lui-même, après avoir clairement « approuvé » le projet devant les médias, a finalement déclaré qu’il « prendrait une décision » sur le sujet, dans un futur indéterminé.
Mise à jour 15/10 – Finalement, une petite lueur d’humanité à la Maison-Blanche. Donald Trump a déclaré sur son réseau social que l’exécution de Nidal Malik Hasan ne sera pas diffusée en direct. « Je pense que diffuser l’exécution en direct, à la vue de tous, aurait pu avoir un puissant effet dissuasif en montrant au monde comment l’Amérique traite les terroristes et les ORDURES comme Hasan », écrit-il dans son style habituel. « Mais beaucoup de personnes bien intentionnées préféreraient ne pas le regarder mourir (…). Il mourra, comme prévu, fusillé par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas diffusé en direct », indique-t-il.
Article original, 13/10 – Le 3 décembre, Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé à Fort Hood. C’est le résultat d’une condamnation après que ce dernier a assassiné 13 personnes sur les lieux, en 2009. Approuvée début octobre par la Maison-Blanche, une telle mise à mort par un peloton d’exécution serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le 8 octobre, le Pentagone a par ailleurs annoncé que cette exécution serait publique, c’est-à-dire filmée et diffusée en direct. D’après le New-York Times, une telle publicité « n’a pas été mise en place aux États-Unis depuis près d’un siècle ».
Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. L’ONU a déclaré qu’un tel projet relevait de la torture, son porte-parole déclarant la perspective « qu’un gouvernement exécute quelqu’un en public, devant des caméras en direct » de « franchement odieuse ».
Le ministre de l’Environnement australien a qualifié le projet d’ « immonde » – il a globalement été suivi par tous les bords politiques –, tandis que le commissaire à la sécurité numérique locale a déclaré que les « services numériques avaient la responsabilité de protéger les utilisateurs des contenus dangereux, en vertu des réglementations australiennes relatives à la sécurité en ligne ».
Illustration : Flock
Dans une même logique, l’Union européenne a averti les plateformes numériques : à elles d’appliquer « avec diligence leurs propres règles d’utilisation », a indiqué le porte-parole de la Commission Thomas Regnier.
Et de souligner que Meta « interdit explicitement la diffusion en direct des exécutions capitales », tandis que « X et TikTok interdisent les contenus choquants ou faisant l’apologie de la violence ». Citant le Règlement sur les services numériques, il a rappelé l’existence de « règles claires » en Europe, qui lui permettraient d’éviter la diffusion d’une exécution si les plateformes ne la limitaient pas d’elles-mêmes.
Plusieurs chefs religieux ont aussi pris la parole, du pape Léon XIV, qui condamne la peine de mort, à l’archevêque de l’armée états-unienne, qui a appelé les soldats catholiques à refuser de participer au peloton d’exécution, dans la mesure où la peine de mort est contraire à leurs enseignements religieux.
Devant cette levée de boucliers, le vice-président JD Vance a exprimé des doutes sur la probabilité que l’exécution soit effectivement diffusée en direct et en ligne. Donald Trump lui-même, après avoir clairement « approuvé » le projet devant les médias, a finalement déclaré qu’il « prendrait une décision » sur le sujet, dans un futur indéterminé.
Le studio Hello Games est connu pour l’une des plus belles « remontadas » du jeu vidéo. No Man’s Sky, à sa sortie il y a dix ans, était bien loin des promesses faites pendant son développement, notamment par le fondateur et patron de l’entreprise, Sean Murray. Hello Games n’a cependant pas lâché l’affaire : le titre a accumulé des dizaines de mises à jour de contenu gratuites. Aujourd’hui, les annonces sur X sont souvent suivies de plaisanteries par des joueurs « suppliant » Sean Murray de les laisser payer pour du contenu.
Le titre s’est également fait un nom en sortant sur de nombreux supports : Windows d’abord, puis macOS et finalement toutes les consoles. Sur Linux, le jeu fonctionne via Proton. Et voilà que le studio veut franchir une nouvelle étape : porter le jeu sur iOS.
Dans sa vidéo d’annonce, Sean Murray indique que l’idée est venue d’abord sous forme de défi technique, comme pour les portages en réalité virtuelle et sur la première Switch. Sur iOS, le jeu serait maintenu sous la barre des 4 Go et aurait un impact limité sur l’autonomie (ce qui reste bien sûr à confirmer).
Il y aura toutefois des limitations. Certes le jeu embarquera l’ensemble des contenus déjà disponibles sur les autres plateformes (y compris la construction des corvettes), mais il sera dépourvu de multijoueur. En outre, les colonies planétaires ne seront disponibles que sur les iPhone 15 Pro ou des modèles plus récents. Pour le reste, le jeu réclame iOS ou iPadOS 26 avec une puce A12 au moins. Côté smartphones, cela correspond à l’iPhone 11.
Le jeu sera disponible le 29 octobre pour 19,99 dollars, accompagné d’une démo jouable. La fiche sur l’App Store permet de le réserver, l’achat se faisant a priori sous forme in-app depuis la démo. Le titre est également mis à l’honneur par Apple dans le communiqué de lancement de son Indie Game Week.
Le studio Hello Games est connu pour l’une des plus belles « remontadas » du jeu vidéo. No Man’s Sky, à sa sortie il y a dix ans, était bien loin des promesses faites pendant son développement, notamment par le fondateur et patron de l’entreprise, Sean Murray. Hello Games n’a cependant pas lâché l’affaire : le titre a accumulé des dizaines de mises à jour de contenu gratuites. Aujourd’hui, les annonces sur X sont souvent suivies de plaisanteries par des joueurs « suppliant » Sean Murray de les laisser payer pour du contenu.
Le titre s’est également fait un nom en sortant sur de nombreux supports : Windows d’abord, puis macOS et finalement toutes les consoles. Sur Linux, le jeu fonctionne via Proton. Et voilà que le studio veut franchir une nouvelle étape : porter le jeu sur iOS.
Dans sa vidéo d’annonce, Sean Murray indique que l’idée est venue d’abord sous forme de défi technique, comme pour les portages en réalité virtuelle et sur la première Switch. Sur iOS, le jeu serait maintenu sous la barre des 4 Go et aurait un impact limité sur l’autonomie (ce qui reste bien sûr à confirmer).
Il y aura toutefois des limitations. Certes le jeu embarquera l’ensemble des contenus déjà disponibles sur les autres plateformes (y compris la construction des corvettes), mais il sera dépourvu de multijoueur. En outre, les colonies planétaires ne seront disponibles que sur les iPhone 15 Pro ou des modèles plus récents. Pour le reste, le jeu réclame iOS ou iPadOS 26 avec une puce A12 au moins. Côté smartphones, cela correspond à l’iPhone 11.
Le jeu sera disponible le 29 octobre pour 19,99 dollars, accompagné d’une démo jouable. La fiche sur l’App Store permet de le réserver, l’achat se faisant a priori sous forme in-app depuis la démo. Le titre est également mis à l’honneur par Apple dans le communiqué de lancement de son Indie Game Week.
« Don't feed the press » is the new « Don't be evil »
Alors que la vague exceptionnelle de « pics de chaleur » et d’incendies de forêts aurait a priori dû amener de nombreux internautes à s’informer, les 40 plus importants sites d’information français ont vu chuter leur trafic de près de 20 % en août, et de 10 à plus de 50 % en un an. Le lancement par Google de ses « aperçus » de réponses générées par IA, et son algorithme de recommandation de contenus Discover, sont pointés du doigt. L’Alliance de la presse d’information générale a saisi l’Autorité de la concurrence, au motif que Google ne respecte toujours pas ses engagements pris envers la presse en 2022, ce qui lui a déjà valu 750M€ de sanctions.
Alors que la fréquentation des sites et applications de l’ensemble des marques numériques recule de 4 %, relève Le Monde, celle des marques d’actualités chute, elle, de près 23 % en un an. Le chiffre émane du dernier classement des marques numériques de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), le tiers certificateur des sites et applis d’information en France.
The Media Leader l’a en effet comparé avec celui de septembre 2025 sur un panel de 40 médias, dont le trafic totalise 1,70 milliard de visites, contre 2,14 milliards un an plus tôt, soit un recul de 20,8 %. Si leurs applications ne reculent que de 9,4 %, leurs sites web le sont de près de 23 %, avec de grandes disparités.
Ici (ex France Bleu, le réseau local de Radio France) voit ainsi son trafic chuter de - 55,8 % (du fait du changement de nom de domaine de francebleu.fr à ici.fr, plaide sa direction), mais son application progresse de 21,8 %. Les consultations de franceinfo.fr baissent quant à elles de 32,9 %, ses applis de 9,9 %. LeParisien.fr recule de 43,5%, et ses applis 19,3 %.
Deux autres sites perdent plus de la moitié de leur trafic : LePoint.fr (- 57,5 %) et Marianne.fr (- 51,7 %), L’Express et La Provence se contentant de n’en perdre respectivement que - 43,8 % et - 42,9 %.
En tête des marques d’information, Ouest-France totalise 191,9 millions de visites (- 9,6 %), et monte à la 3e place du classement général, « grâce à l’agrégation services hors infos (annonce, shopping, TV, podcasts…) », souligne The Media Leader. Le fait que les articles générés par IA de plusieurs de ses verticales thématiques soient boostés par l’algorithme Discover de Google y contribue aussi probablement. Suivent Le Figaro, avec 167,2 millions (- 21,8 %), et Le Monde, avec 151,9 millions (- 19,6 %).
« Le bain de sang du trafic des sites d’information »
Sur X.com, le spécialiste des médias en ligne Emmanuel Parody évoque un « bain de sang du trafic des sites d’information », la quasi-totalité des chiffres accusant une baisse de plus de 10 %. Alors que plusieurs pointent du doigt le lancement en France des « aperçus » de réponses générées par IA (AI Overviews) par Google le 22 juillet dernier, dont on sait qu’ils ont affecté le trafic des sites de médias dans de nombreux pays, d’autres tempèrent, avançant d’autres explications. D’autant que les aperçus IA concernent surtout les recherches « froides », et moins l’actualité « chaude », et qu’une mise à jour anti-spam déployée par Google au même moment pourrait brouiller l’analyse.
La quasi-totalité des médias ont perdu de 10 à plus de 50 % de trafic en un an – ACPM, The Media Leader, X
Clément Pessaux, un professionnel du SEO qui a développé un dashboard de Discover, Gnewsalyzer.com, répond ainsi à Parody que « Les chiffres bruts sont violents, mais on ne peut pas attribuer cela qu’aux IAO et le search de Google qui ne représentent (en moyenne que 15 - 20 % max) du [trafic] total, le plus gros passant par Discover ». L’algorithme de recommandation de contenus de Google, qui représentait en effet, à lui seul, plus de 70% du trafic en provenance de Google en juin 2025 (.pdf), étant devenu la principale source de trafic pour la presse française.
Interrogé à ce sujet, 1492.vision, un autre dashboard dédié à Discover, plus complet, leur répond que « sur les 1 000 articles les plus exposés chaque mois, l’exposition cumulée de septembre est 32 % sous janvier-février en France, et - 40 % en IT/EN/ES ».
Exposition cumulée sur le mois des 1 000 articles les plus exposés sur Discover (médiane) – 1492.vision
Dans un billet dédié, 1492.vision précise que leur durée d’exposition recule en outre davantage : un article reste en moyenne 1,9 jour dans le flux français, contre 2,3 à 2,8 jours au premier semestre. En septembre, la baisse va de 32 % en France à 42 % en Espagne, ce qui indique un changement systémique :
« Un cycle d’actualité propre à un pays ne ferait pas bouger quatre marchés en même temps, dans le même sens. Le changement vient donc du fonctionnement de Discover. »
De plus, en France, la presse nationale perd un quart de sa part de voix, quand la presse régionale la triple. « Une hypothèse circule : les titres nationaux qui publient en grand volume seraient les plus touchés », résume 1492.vision : « Nos données confirment la première moitié, la presse nationale perd », alors qu’ « aucun des 35 titres régionaux suivis ne recule par rapport au début d’année ».
Une chute de 17% du trafic, en pleine vagues de canicules et d’incendies
Les sites thématiques sont eux aussi affectés. En février, un conseil de jardin restait ainsi deux fois plus longtemps dans le flux qu’un article de sport. En septembre, l’écart n’est plus que d’un jour. « Témoignages, retraite, jardin : sur le marché, leur durée d’exposition baisse de 22 à 40 % », constate 1492.vision.
Il souligne en conclusion que, « à l’échelle du marché », la « cassure » de cette chute de recommandations de l’algorithme Discover de Google « commence en juillet », sans qu’il puisse cela dit faire de lien avec le lancement en France de ses « aperçus IA » ce même mois. D’autant qu’elle affecte également l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, où ils étaient déjà en production.
En avril, 1492.vision relevait par ailleurs un « virage net vers le contenu social » avec une « explosion » du nombre de contenus recommandés par Discover et renvoyant vers YouTube, X et les réseaux sociaux, diminuant d’autant la mise en avant d’articles de presse.
The Media Leader évoque une autre explication, plus prosaïque. Septembre 2025 avait en effet été un « mois exceptionnel pour l’information en ligne », du fait d’un contexte politique et médiatique intense : le vote de confiance, la démission de François Bayrou et la nomination de Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre. L’ACPM avait alors vu les sites et applis d’information battre leur record annuel avec plus de 104 millions de visites.
La comparaison des mois d’août 2025 et 2026 montre cela dit un net recul, relève The Media Leader : sur le même panel, les visites baissent de 16,5% sur un an selon l’ACPM, dont 18,8% pour les sites, alors que les applications comparables ne perdent que 2,5 %. Et l’ACPM avait déjà enregistré une chute de trafic de - 17 % en août, comparé à juillet.
Or, la série exceptionnelle de vagues de chaleur et de canicules, ainsi que l’ampleur des incendies cet été, auraient a priori dû entraîner une augmentation du trafic des sites d’information, d’autant qu’avec des températures flirtant avec les 40 °C, la majeure partie de la population restait cantonnée à la maison.
Le contexte estival, conduisant les internautes à moins s’informer, et la « fatigue informationnelle » dont semblent souffrir de plus en plus de citoyens, pourraient expliquer une partie de cette chute de trafic. Mais pas une telle chute de plus ou moins 20 % en un an.
Google ne respecte pas ses engagements, malgré 4 décisions de l’Autorité de la concurrence
Début août, l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC), suite au lancement en France d’AI Overviews et d’AI Mode, afin qu’elle respecte ses engagements pris en 2022, et rémunère les contenus utilisés par ses aperçus IA au titre du droit voisin de la presse.
En avril 2020, l’ADLC avait en effet sanctionné Google pour pratiques déloyales et lui imposait de négocier de bonne foi avec les éditeurs. En juin 2022, elle lui infligeait une amende de 500 millions d’euros pour non-respect de ces obligations. Le mois suivant, Google prenait des engagements de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination, rendus obligatoires par l’Autorité et valables jusqu’en 2027.
En 2024, l’ADLC, rappelant que c’est « la 4ᵉ décision rendue par l’Autorité de la concurrence sur ce dossier en quatre ans », prononçait une nouvelle sanction de 250 millions d’euros à l’encontre de Google pour, là encore, non-respect de quatre des sept engagements pris en juin 2022 :
« conduire des négociations de bonne foi, sur la base de critères transparents, objectifs et non discriminatoires dans un délai de trois mois (engagements n°1 et 4).
transmettre aux éditeurs ou agences de presse les informations nécessaires à l’évaluation transparente de leur rémunération au titre des droits voisins (engagement n°2).
prendre les mesures nécessaires pour que les négociations n’affectent pas les autres relations économiques existant entre Google et les éditeurs ou agences de presse (engagement n°6) ».
L’ADLC relevait également, au sujet des droits voisins en matière de développement des outils d’intelligence artificielle, que « Google a utilisé du contenu issu de domaines d’éditeurs de presse et d’agences de presse […] sans que ni les éditeurs et agences de presse, ni l’Autorité n’aient été informés de ces utilisations ».
Dans un communiqué, Google se présenterait presque en cavalier blanc, évoquant sa volonté de « régler un différend qui dure depuis trop longtemps », et soulignant qu’ « il est désormais temps de clarifier qui nous devons rémunérer, et comment, afin de mettre en place un cadre de négociation pérenne » :
« Nous avons transigé car il est temps de tourner la page et, ainsi que le prouvent nos nombreux accords avec les éditeurs, nous souhaitons nous concentrer sur des approches pérennes afin de connecter les internautes avec des contenus de qualité et travailler de manière constructive avec les éditeurs français ».
Dans son communiqué, l’APIG relève de son côté que, non content de ne pas respecter ses engagements, Google pourrait en outre encore accentuer un peu plus cette chute du trafic vers les sites d’actualités. Sur les marchés européens où les AI Overviews sont déjà actifs, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) évalue en effet entre 33 % et 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par intelligence artificielle.
« Don't feed the press » is the new « Don't be evil »
Alors que la vague exceptionnelle de « pics de chaleur » et d’incendies de forêts aurait a priori dû amener de nombreux internautes à s’informer, les 40 plus importants sites d’information français ont vu chuter leur trafic de près de 20 % en août, et de 10 à plus de 50 % en un an. Le lancement par Google de ses « aperçus » de réponses générées par IA, et son algorithme de recommandation de contenus Discover, sont pointés du doigt. L’Alliance de la presse d’information générale a saisi l’Autorité de la concurrence, au motif que Google ne respecte toujours pas ses engagements pris envers la presse en 2022, ce qui lui a déjà valu 750M€ de sanctions.
Alors que la fréquentation des sites et applications de l’ensemble des marques numériques recule de 4 %, relève Le Monde, celle des marques d’actualités chute, elle, de près 23 % en un an. Le chiffre émane du dernier classement des marques numériques de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), le tiers certificateur des sites et applis d’information en France.
The Media Leader l’a en effet comparé avec celui de septembre 2025 sur un panel de 40 médias, dont le trafic totalise 1,70 milliard de visites, contre 2,14 milliards un an plus tôt, soit un recul de 20,8 %. Si leurs applications ne reculent que de 9,4 %, leurs sites web le sont de près de 23 %, avec de grandes disparités.
Ici (ex France Bleu, le réseau local de Radio France) voit ainsi son trafic chuter de - 55,8 % (du fait du changement de nom de domaine de francebleu.fr à ici.fr, plaide sa direction), mais son application progresse de 21,8 %. Les consultations de franceinfo.fr baissent quant à elles de 32,9 %, ses applis de 9,9 %. LeParisien.fr recule de 43,5%, et ses applis 19,3 %.
Deux autres sites perdent plus de la moitié de leur trafic : LePoint.fr (- 57,5 %) et Marianne.fr (- 51,7 %), L’Express et La Provence se contentant de n’en perdre respectivement que - 43,8 % et - 42,9 %.
En tête des marques d’information, Ouest-France totalise 191,9 millions de visites (- 9,6 %), et monte à la 3e place du classement général, « grâce à l’agrégation services hors infos (annonce, shopping, TV, podcasts…) », souligne The Media Leader. Le fait que les articles générés par IA de plusieurs de ses verticales thématiques soient boostés par l’algorithme Discover de Google y contribue aussi probablement. Suivent Le Figaro, avec 167,2 millions (- 21,8 %), et Le Monde, avec 151,9 millions (- 19,6 %).
« Le bain de sang du trafic des sites d’information »
Sur X.com, le spécialiste des médias en ligne Emmanuel Parody évoque un « bain de sang du trafic des sites d’information », la quasi-totalité des chiffres accusant une baisse de plus de 10 %. Alors que plusieurs pointent du doigt le lancement en France des « aperçus » de réponses générées par IA (AI Overviews) par Google le 22 juillet dernier, dont on sait qu’ils ont affecté le trafic des sites de médias dans de nombreux pays, d’autres tempèrent, avançant d’autres explications. D’autant que les aperçus IA concernent surtout les recherches « froides », et moins l’actualité « chaude », et qu’une mise à jour anti-spam déployée par Google au même moment pourrait brouiller l’analyse.
La quasi-totalité des médias ont perdu de 10 à plus de 50 % de trafic en un an – ACPM, The Media Leader, X
Clément Pessaux, un professionnel du SEO qui a développé un dashboard de Discover, Gnewsalyzer.com, répond ainsi à Parody que « Les chiffres bruts sont violents, mais on ne peut pas attribuer cela qu’aux IAO et le search de Google qui ne représentent (en moyenne que 15 - 20 % max) du [trafic] total, le plus gros passant par Discover ». L’algorithme de recommandation de contenus de Google, qui représentait en effet, à lui seul, plus de 70% du trafic en provenance de Google en juin 2025 (.pdf), étant devenu la principale source de trafic pour la presse française.
Interrogé à ce sujet, 1492.vision, un autre dashboard dédié à Discover, plus complet, leur répond que « sur les 1 000 articles les plus exposés chaque mois, l’exposition cumulée de septembre est 32 % sous janvier-février en France, et - 40 % en IT/EN/ES ».
Exposition cumulée sur le mois des 1 000 articles les plus exposés sur Discover (médiane) – 1492.vision
Dans un billet dédié, 1492.vision précise que leur durée d’exposition recule en outre davantage : un article reste en moyenne 1,9 jour dans le flux français, contre 2,3 à 2,8 jours au premier semestre. En septembre, la baisse va de 32 % en France à 42 % en Espagne, ce qui indique un changement systémique :
« Un cycle d’actualité propre à un pays ne ferait pas bouger quatre marchés en même temps, dans le même sens. Le changement vient donc du fonctionnement de Discover. »
De plus, en France, la presse nationale perd un quart de sa part de voix, quand la presse régionale la triple. « Une hypothèse circule : les titres nationaux qui publient en grand volume seraient les plus touchés », résume 1492.vision : « Nos données confirment la première moitié, la presse nationale perd », alors qu’ « aucun des 35 titres régionaux suivis ne recule par rapport au début d’année ».
Une chute de 17% du trafic, en pleine vagues de canicules et d’incendies
Les sites thématiques sont eux aussi affectés. En février, un conseil de jardin restait ainsi deux fois plus longtemps dans le flux qu’un article de sport. En septembre, l’écart n’est plus que d’un jour. « Témoignages, retraite, jardin : sur le marché, leur durée d’exposition baisse de 22 à 40 % », constate 1492.vision.
Il souligne en conclusion que, « à l’échelle du marché », la « cassure » de cette chute de recommandations de l’algorithme Discover de Google « commence en juillet », sans qu’il puisse cela dit faire de lien avec le lancement en France de ses « aperçus IA » ce même mois. D’autant qu’elle affecte également l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, où ils étaient déjà en production.
En avril, 1492.vision relevait par ailleurs un « virage net vers le contenu social » avec une « explosion » du nombre de contenus recommandés par Discover et renvoyant vers YouTube, X et les réseaux sociaux, diminuant d’autant la mise en avant d’articles de presse.
The Media Leader évoque une autre explication, plus prosaïque. Septembre 2025 avait en effet été un « mois exceptionnel pour l’information en ligne », du fait d’un contexte politique et médiatique intense : le vote de confiance, la démission de François Bayrou et la nomination de Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre. L’ACPM avait alors vu les sites et applis d’information battre leur record annuel avec plus de 104 millions de visites.
La comparaison des mois d’août 2025 et 2026 montre cela dit un net recul, relève The Media Leader : sur le même panel, les visites baissent de 16,5% sur un an selon l’ACPM, dont 18,8% pour les sites, alors que les applications comparables ne perdent que 2,5 %. Et l’ACPM avait déjà enregistré une chute de trafic de - 17 % en août, comparé à juillet.
Or, la série exceptionnelle de vagues de chaleur et de canicules, ainsi que l’ampleur des incendies cet été, auraient a priori dû entraîner une augmentation du trafic des sites d’information, d’autant qu’avec des températures flirtant avec les 40 °C, la majeure partie de la population restait cantonnée à la maison.
Le contexte estival, conduisant les internautes à moins s’informer, et la « fatigue informationnelle » dont semblent souffrir de plus en plus de citoyens, pourraient expliquer une partie de cette chute de trafic. Mais pas une telle chute de plus ou moins 20 % en un an.
Google ne respecte pas ses engagements, malgré 4 décisions de l’Autorité de la concurrence
Début août, l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC), suite au lancement en France d’AI Overviews et d’AI Mode, afin qu’elle respecte ses engagements pris en 2022, et rémunère les contenus utilisés par ses aperçus IA au titre du droit voisin de la presse.
En avril 2020, l’ADLC avait en effet sanctionné Google pour pratiques déloyales et lui imposait de négocier de bonne foi avec les éditeurs. En juin 2022, elle lui infligeait une amende de 500 millions d’euros pour non-respect de ces obligations. Le mois suivant, Google prenait des engagements de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination, rendus obligatoires par l’Autorité et valables jusqu’en 2027.
En 2024, l’ADLC, rappelant que c’est « la 4ᵉ décision rendue par l’Autorité de la concurrence sur ce dossier en quatre ans », prononçait une nouvelle sanction de 250 millions d’euros à l’encontre de Google pour, là encore, non-respect de quatre des sept engagements pris en juin 2022 :
« conduire des négociations de bonne foi, sur la base de critères transparents, objectifs et non discriminatoires dans un délai de trois mois (engagements n°1 et 4).
transmettre aux éditeurs ou agences de presse les informations nécessaires à l’évaluation transparente de leur rémunération au titre des droits voisins (engagement n°2).
prendre les mesures nécessaires pour que les négociations n’affectent pas les autres relations économiques existant entre Google et les éditeurs ou agences de presse (engagement n°6) ».
L’ADLC relevait également, au sujet des droits voisins en matière de développement des outils d’intelligence artificielle, que « Google a utilisé du contenu issu de domaines d’éditeurs de presse et d’agences de presse […] sans que ni les éditeurs et agences de presse, ni l’Autorité n’aient été informés de ces utilisations ».
Dans un communiqué, Google se présenterait presque en cavalier blanc, évoquant sa volonté de « régler un différend qui dure depuis trop longtemps », et soulignant qu’ « il est désormais temps de clarifier qui nous devons rémunérer, et comment, afin de mettre en place un cadre de négociation pérenne » :
« Nous avons transigé car il est temps de tourner la page et, ainsi que le prouvent nos nombreux accords avec les éditeurs, nous souhaitons nous concentrer sur des approches pérennes afin de connecter les internautes avec des contenus de qualité et travailler de manière constructive avec les éditeurs français ».
Dans son communiqué, l’APIG relève de son côté que, non content de ne pas respecter ses engagements, Google pourrait en outre encore accentuer un peu plus cette chute du trafic vers les sites d’actualités. Sur les marchés européens où les AI Overviews sont déjà actifs, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) évalue en effet entre 33 % et 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par intelligence artificielle.
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.
Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.
Une bonne partie des services de Yandex sont hors service
Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.
Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.
Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.
En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».
Le trafic des crawlers russes non affecté
Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.
Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.
Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :
On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.
Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.
Une bonne partie des services de Yandex sont hors service
Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.
Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.
Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.
En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».
Le trafic des crawlers russes non affecté
Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.
Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.
Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :
On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.
Ne l’appelez plus FSD ! En Europe, Tesla parle désormais de « conduite assistée » pour son système d’aide à la conduite. Une concession arrachée par l’Allemagne, et un petit prix à payer pour obtenir le feu vert européen pour cette technologie.
Le FSD (Supervised) est devenu « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a arraché ce changement auprès du constructeur automobile : « le nom actuel « FSD » est quelque peu trompeur », explique le ministère, car « il ne s’agit pas d’un système qui prend entièrement en charge la conduite », soulève-t-il.
Une simple aide à la conduite
Le FSD porte mal son nom (« Full Self-Driving ») : il laisse entendre qu’une fois activé, il prend en charge l’ensemble de la conduite. Dans les faits, il faut évidemment que le conducteur soit alerte et toujours prêt à reprendre la main. Sur une page de son site web mise en ligne la semaine dernière, l’entreprise présente sa conduite assistée. Elle précise aussi, en bas et en tout petit certes, que ces fonctions « exigent une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome ».
Tesla y fait également un distinguo explicite : « La conduite entièrement autonome non supervisée n’est actuellement pas disponible et diffère de Tesla Conduite Assistée Basique, dont vous pouvez déjà bénéficier ».
Le ministère allemand des Transports ne dit pas autre chose : « Puisqu’il s’agit d’un système d’aide à la conduite, la responsabilité de la conduite du véhicule reste en principe entre les mains de la personne au volant. Elle demeure entièrement responsable de la conduite sûre du véhicule. » On est très loin de la conduite véritablement autonome qu’Elon Musk promet pour l’année prochaine depuis dix ans.
Malgré tout, les autorités ont elles aussi accepté de mettre de l’eau dans leur vin : elles ont ainsi convenu que cette aide à la conduite pouvait « légèrement » dépasser la limitation de vitesse autorisée, « dans la limite de 10 % au maximum. » Il s’agissait d’une des demandes de dérogation de Tesla, qui souhaitait avoir la possibilité de dépasser temporairement la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic.
Steffen Bilger plaide désormais pour une approbation rapide du FSD de la Conduite Assistée de Tesla au niveau européen. Le vote pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, selon Reuters. L’Allemagne sera rejointe par la France : après avoir dit non au FSD cet été, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, s’est finalement laissé convaincre début septembre, après en avoir discuté avec Elon Musk.
Pour remporter le morceau, Tesla devra obtenir le soutien des régulateurs de 55 % des États membres, représentant 65 % de la population de l’UE. Le premier régulateur a avoir donné son feu vert est le RDW néerlandais, en avril dernier. Sept autres pays ont suivi : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque et la Croatie. Dans ce domaine, l’approbation des Pays-Bas créé un effet d’entraînement sur les autres pays, même si la validation n’est pas automatique. Chaque régulateur national conserve en effet la possibilité d’examiner le dossier et de poser ses propres réserves.
Une longue enquête de Reuters interroge la volonté réelle du RDW d’examiner sérieusement les systèmes d’aide à la conduite de Tesla. La correspondance obtenue par l’agence de presse entre le régulateur et Tesla, lourdement caviardée, montre ainsi que le constructeur a demandé, et obtenu, une réduction de la précision et de l’intensité de certains contrôles. L’entreprise a également contesté les coûts de certaines opérations, et voulu connaitre et même valider des tests. Le régulateur a parfois répondu en des termes très compréhensifs.
Reuters rapporte ainsi qu’en avril 2025, Tesla a contesté une facture de 365 000 euros liée à des permis d’essai, des travaux techniques et autres prestations du RDW. Le constructeur jugeait ces coûts « extrêmement élevés » et exigeait un décompte très détaillé. Une semaine plus tard, un agent a proposé à Tesla de suggérer des moyens d’ajuster ou de réduire les efforts demandés au groupe.
À cela s’ajoutent les campagnes de harcèlement organisées par Elon Musk et sa meute de suiveurs contre les régulateurs. Ils sont accusés de « ne pas sauver des vies » en rechignant à valider la conduite assistée de Tesla. En novembre dernier, le milliardaire s’était moqué des régulateurs européens durant l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise. Il décrivait des « conversations folles [dignes] d’un roman de Franz Kafka ». Il a ajouté : « Des vies humaines sont en jeu ici (…) Donc, clairement, une pression de nos clients en Europe pour pousser les régulateurs à approuver serait appréciée. »
Des promesses de sécurité contestées par les experts
Le cœur du problème réside dans l’affirmation selon laquelle le FSD « sauve des vies ». Un argument répété à l’envi par Elon Musk, par exemple cet été après le « non » de Philippe Tabarot : « Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies », affirmait-il. Tesla a mis en ligne un rapport mettant en évidence les bienfaits supposés du FSD sur la sécurité routière.
Les sept chercheurs en sécurité routière interrogés par Reuters estiment que les études fournies par Tesla ne permettent pas de prouver une baisse des accidents mortels avec le FSD. L’étude européenne du groupe ne mesure pas vraiment les accidents : elle utilise des indicateurs indirects, comme les coups de klaxon, les freinages brusques, les accélérations ou l’usage de clignotants. Certains de ces signaux peuvent avoir leur utilité, mais ils ne démontrent pas qu’un tel système réduit les accidents mortels.
Cette étude compare des trajets FSD réalisés par des automobilistes lambda avec ceux faits par des conducteurs professionnels de Tesla. Ces derniers connaissent bien mieux le système, ils savent quand et comment intervenir, ils ne représentent donc pas l’usage réel du grand public. Par ailleurs, la comparaison des taux d’accidents entre les trajets accomplis avec et sans le FSD est faussée : le nombre de kilomètres parcourus en FSD est trop faible par rapport aux centaines de millions de kilomètres parcourus manuellement par les véhicules Tesla en Europe.
Tesla reconnaît elle-même dans les détails de son étude que ses comparaisons ne doivent pas être interprétées comme des « estimations causales » : même si le FSD obtient de meilleurs résultats sur certains indicateurs, cela ne permet pas de conclure que le système cause une baisse des accidents ou sauve des vies. Pour Marco Benedetti, chercheur à l’Université du Michigan, parler de « vies sauvées » relève du non sens. Daniel McGehee, de l’Université de l’Iowa, reconnait à l’étude européenne qu’elle met en lumière « des éléments potentiellement utiles sur les performances du système », mais sans démontrer que le FSD sauve effectivement des vies.
Ne l’appelez plus FSD ! En Europe, Tesla parle désormais de « conduite assistée » pour son système d’aide à la conduite. Une concession arrachée par l’Allemagne, et un petit prix à payer pour obtenir le feu vert européen pour cette technologie.
Le FSD (Supervised) est devenu « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a arraché ce changement auprès du constructeur automobile : « le nom actuel « FSD » est quelque peu trompeur », explique le ministère, car « il ne s’agit pas d’un système qui prend entièrement en charge la conduite », soulève-t-il.
Une simple aide à la conduite
Le FSD porte mal son nom (« Full Self-Driving ») : il laisse entendre qu’une fois activé, il prend en charge l’ensemble de la conduite. Dans les faits, il faut évidemment que le conducteur soit alerte et toujours prêt à reprendre la main. Sur une page de son site web mise en ligne la semaine dernière, l’entreprise présente sa conduite assistée. Elle précise aussi, en bas et en tout petit certes, que ces fonctions « exigent une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome ».
Tesla y fait également un distinguo explicite : « La conduite entièrement autonome non supervisée n’est actuellement pas disponible et diffère de Tesla Conduite Assistée Basique, dont vous pouvez déjà bénéficier ».
Le ministère allemand des Transports ne dit pas autre chose : « Puisqu’il s’agit d’un système d’aide à la conduite, la responsabilité de la conduite du véhicule reste en principe entre les mains de la personne au volant. Elle demeure entièrement responsable de la conduite sûre du véhicule. » On est très loin de la conduite véritablement autonome qu’Elon Musk promet pour l’année prochaine depuis dix ans.
Malgré tout, les autorités ont elles aussi accepté de mettre de l’eau dans leur vin : elles ont ainsi convenu que cette aide à la conduite pouvait « légèrement » dépasser la limitation de vitesse autorisée, « dans la limite de 10 % au maximum. » Il s’agissait d’une des demandes de dérogation de Tesla, qui souhaitait avoir la possibilité de dépasser temporairement la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic.
Steffen Bilger plaide désormais pour une approbation rapide du FSD de la Conduite Assistée de Tesla au niveau européen. Le vote pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, selon Reuters. L’Allemagne sera rejointe par la France : après avoir dit non au FSD cet été, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, s’est finalement laissé convaincre début septembre, après en avoir discuté avec Elon Musk.
Pour remporter le morceau, Tesla devra obtenir le soutien des régulateurs de 55 % des États membres, représentant 65 % de la population de l’UE. Le premier régulateur a avoir donné son feu vert est le RDW néerlandais, en avril dernier. Sept autres pays ont suivi : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque et la Croatie. Dans ce domaine, l’approbation des Pays-Bas créé un effet d’entraînement sur les autres pays, même si la validation n’est pas automatique. Chaque régulateur national conserve en effet la possibilité d’examiner le dossier et de poser ses propres réserves.
Une longue enquête de Reuters interroge la volonté réelle du RDW d’examiner sérieusement les systèmes d’aide à la conduite de Tesla. La correspondance obtenue par l’agence de presse entre le régulateur et Tesla, lourdement caviardée, montre ainsi que le constructeur a demandé, et obtenu, une réduction de la précision et de l’intensité de certains contrôles. L’entreprise a également contesté les coûts de certaines opérations, et voulu connaitre et même valider des tests. Le régulateur a parfois répondu en des termes très compréhensifs.
Reuters rapporte ainsi qu’en avril 2025, Tesla a contesté une facture de 365 000 euros liée à des permis d’essai, des travaux techniques et autres prestations du RDW. Le constructeur jugeait ces coûts « extrêmement élevés » et exigeait un décompte très détaillé. Une semaine plus tard, un agent a proposé à Tesla de suggérer des moyens d’ajuster ou de réduire les efforts demandés au groupe.
À cela s’ajoutent les campagnes de harcèlement organisées par Elon Musk et sa meute de suiveurs contre les régulateurs. Ils sont accusés de « ne pas sauver des vies » en rechignant à valider la conduite assistée de Tesla. En novembre dernier, le milliardaire s’était moqué des régulateurs européens durant l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise. Il décrivait des « conversations folles [dignes] d’un roman de Franz Kafka ». Il a ajouté : « Des vies humaines sont en jeu ici (…) Donc, clairement, une pression de nos clients en Europe pour pousser les régulateurs à approuver serait appréciée. »
Des promesses de sécurité contestées par les experts
Le cœur du problème réside dans l’affirmation selon laquelle le FSD « sauve des vies ». Un argument répété à l’envi par Elon Musk, par exemple cet été après le « non » de Philippe Tabarot : « Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies », affirmait-il. Tesla a mis en ligne un rapport mettant en évidence les bienfaits supposés du FSD sur la sécurité routière.
Les sept chercheurs en sécurité routière interrogés par Reuters estiment que les études fournies par Tesla ne permettent pas de prouver une baisse des accidents mortels avec le FSD. L’étude européenne du groupe ne mesure pas vraiment les accidents : elle utilise des indicateurs indirects, comme les coups de klaxon, les freinages brusques, les accélérations ou l’usage de clignotants. Certains de ces signaux peuvent avoir leur utilité, mais ils ne démontrent pas qu’un tel système réduit les accidents mortels.
Cette étude compare des trajets FSD réalisés par des automobilistes lambda avec ceux faits par des conducteurs professionnels de Tesla. Ces derniers connaissent bien mieux le système, ils savent quand et comment intervenir, ils ne représentent donc pas l’usage réel du grand public. Par ailleurs, la comparaison des taux d’accidents entre les trajets accomplis avec et sans le FSD est faussée : le nombre de kilomètres parcourus en FSD est trop faible par rapport aux centaines de millions de kilomètres parcourus manuellement par les véhicules Tesla en Europe.
Tesla reconnaît elle-même dans les détails de son étude que ses comparaisons ne doivent pas être interprétées comme des « estimations causales » : même si le FSD obtient de meilleurs résultats sur certains indicateurs, cela ne permet pas de conclure que le système cause une baisse des accidents ou sauve des vies. Pour Marco Benedetti, chercheur à l’Université du Michigan, parler de « vies sauvées » relève du non sens. Daniel McGehee, de l’Université de l’Iowa, reconnait à l’étude européenne qu’elle met en lumière « des éléments potentiellement utiles sur les performances du système », mais sans démontrer que le FSD sauve effectivement des vies.
Margaret Hamilton, pionnière de l’ingénierie logicielle moderne et directrice de l’équipe en charge du logiciel embarqué dans la mission lunaire Apollo 11, est décédée le 30 septembre dernier, à 90 ans. C’est la revue du MIT, où elle a découvert les joies du logiciel à partir de 1959 au département de météorologie, avant d’y exercer pendant près de vingt ans, qui a annoncé la nouvelle, mardi 7 octobre, saluant sa contribution exceptionnelle à l’informatique et son rôle iconique en faveur de la reconnaissance des femmes dans l’univers des sciences et de la technologie.
« Dire que Margaret Hamilton était une pionnière – dire qu’elle était en avance sur son temps – serait un euphémisme dramatique. Elle était ingénieure logicielle à une époque où ce domaine en était à ses débuts, et elle a non seulement développé elle-même un code avancé, mais a également dirigé une équipe dans l’utilisation de cette technologie naissante pour développer l’un des systèmes les plus complexes jamais réalisés par l’humanité », salue Olivier de Weck, professeur du programme Apollo et directeur par intérim du département d’aéronautique et d’astronautique du MIT.
Née en 1936 dans l’Indiana, Margaret Hamilton a poursuivi des études de mathématiques à l’université du Michigan, avant de rejoindre en 1959 le département de météorologie du MIT pour y travailler sur un logiciel de prévision météo. Deux ans plus tard, elle bascule vers le projet Semi-Automatic Ground Environment (SAGE), le premier système de défense aérienne des États-Unis, où elle écrit le logiciel d’un prototype d’ordinateur dédié à la détection d’avions hostiles.
En 1965, elle répond à une publicité parue dans le journal. Elle fait la promotion des recrutements ouverts par l’Instrumentation Lab du MIT, qui cherche à monter une équipe pour envoyer l’homme sur la lune, sur fond de course aux étoiles opposant les États-Unis à la Russie. Elle postule, et se voit confier l’élaboration du logiciel de vol embarqué pour le programme Apollo, d’abord seule, puis à la tête d’une équipe.
Margaret Hamilton se tient auprès des sorties papier du logiciel qu’elle et son équipe ont produit pour le programme Apollo – domaine public, source Wikipédia
Entre autres avancées, elle y développe ce qui deviendra un concept clé de la conception logicielle, la programmation défensive, c’est-à-dire la capacité à anticiper les erreurs, les dysfonctionnements ou les usages imprévus pour garantir qu’un logiciel continue à fonctionner même en cas d’anomalie. Elle raconte à ce sujet une anecdote fondatrice.
Passionnée par son travail, elle emmène souvent sa fille Lauren avec elle. Un jour, cette dernière joue avec le simulateur installé dans le Lab qui reproduit une tentative de mission, et déclenche la procédure d’atterrissage alors que la mission est encore en vol, provoquant un crash. Margaret Hamilton décide alors de mettre au point un correctif logiciel dédié, mais on lui rétorque que des astronautes surentraînés ne commettraient jamais une telle bévue. L’incident s’est pourtant produit en conditions bien réelles en 1968 au cours de la mission Apollo 8, et c’est Hamilton et son logiciel qui ont été appelés à la rescousse pour fiabiliser la capsule.
Son immense contribution au programme s’est également incarnée au cours de la mission Apollo 11, celle qui a permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de fouler le sol lunaire. Alors que le module Eagle s’approche du satellite terrestre, une erreur se déclenche en raison d’un composant défectueux et entraine une surcharge, laissant craindre un crash complet du système. Les routines de priorisation et de délestage implémentées par Hamilton et son équipe permettent alors de couper toutes les fonctions non critiques, pour libérer les ressources nécessaires à l’alunissage. Ce code source a d’ailleurs été rendu public il y a dix ans.
Cette approche défensive et cette logique, inédites à l’époque, de fiabilisation du logiciel constituent l’un des héritages les plus marquants des travaux de Margaret Hamilton, qui a par la suite fondé sa société et développé Universal Systems Language.
Il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que ses travaux valent à Margaret Hamilton ses premières reconnaissances honorifiques, dont un NASA Exceptional Space Act Award attribué en 2003.
Le Dr Paul Corto, qui l’a nommée pour la récompense, s’était alors déclaré « surpris de découvrir qu’elle n’avait jamais été officiellement reconnue pour ses travaux pionniers. Ses concepts de logiciel asynchrone, de programmation des priorités, de tests de bout en bout et de capacité de décision humaine, comme l’affichage des priorités, ont posé les bases de la conception de logiciels ultra-fiables ».
En novembre 2016, Margaret Hamilton reçoit des mains de Barack Obama la Medal of Freedom pour l’ensemble de ses contributions scientifiques.
Margaret Hamilton, pionnière de l’ingénierie logicielle moderne et directrice de l’équipe en charge du logiciel embarqué dans la mission lunaire Apollo 11, est décédée le 30 septembre dernier, à 90 ans. C’est la revue du MIT, où elle a découvert les joies du logiciel à partir de 1959 au département de météorologie, avant d’y exercer pendant près de vingt ans, qui a annoncé la nouvelle, mardi 7 octobre, saluant sa contribution exceptionnelle à l’informatique et son rôle iconique en faveur de la reconnaissance des femmes dans l’univers des sciences et de la technologie.
« Dire que Margaret Hamilton était une pionnière – dire qu’elle était en avance sur son temps – serait un euphémisme dramatique. Elle était ingénieure logicielle à une époque où ce domaine en était à ses débuts, et elle a non seulement développé elle-même un code avancé, mais a également dirigé une équipe dans l’utilisation de cette technologie naissante pour développer l’un des systèmes les plus complexes jamais réalisés par l’humanité », salue Olivier de Weck, professeur du programme Apollo et directeur par intérim du département d’aéronautique et d’astronautique du MIT.
Née en 1936 dans l’Indiana, Margaret Hamilton a poursuivi des études de mathématiques à l’université du Michigan, avant de rejoindre en 1959 le département de météorologie du MIT pour y travailler sur un logiciel de prévision météo. Deux ans plus tard, elle bascule vers le projet Semi-Automatic Ground Environment (SAGE), le premier système de défense aérienne des États-Unis, où elle écrit le logiciel d’un prototype d’ordinateur dédié à la détection d’avions hostiles.
En 1965, elle répond à une publicité parue dans le journal. Elle fait la promotion des recrutements ouverts par l’Instrumentation Lab du MIT, qui cherche à monter une équipe pour envoyer l’homme sur la lune, sur fond de course aux étoiles opposant les États-Unis à la Russie. Elle postule, et se voit confier l’élaboration du logiciel de vol embarqué pour le programme Apollo, d’abord seule, puis à la tête d’une équipe.
Margaret Hamilton se tient auprès des sorties papier du logiciel qu’elle et son équipe ont produit pour le programme Apollo – domaine public, source Wikipédia
Entre autres avancées, elle y développe ce qui deviendra un concept clé de la conception logicielle, la programmation défensive, c’est-à-dire la capacité à anticiper les erreurs, les dysfonctionnements ou les usages imprévus pour garantir qu’un logiciel continue à fonctionner même en cas d’anomalie. Elle raconte à ce sujet une anecdote fondatrice.
Passionnée par son travail, elle emmène souvent sa fille Lauren avec elle. Un jour, cette dernière joue avec le simulateur installé dans le Lab qui reproduit une tentative de mission, et déclenche la procédure d’atterrissage alors que la mission est encore en vol, provoquant un crash. Margaret Hamilton décide alors de mettre au point un correctif logiciel dédié, mais on lui rétorque que des astronautes surentraînés ne commettraient jamais une telle bévue. L’incident s’est pourtant produit en conditions bien réelles en 1968 au cours de la mission Apollo 8, et c’est Hamilton et son logiciel qui ont été appelés à la rescousse pour fiabiliser la capsule.
Son immense contribution au programme s’est également incarnée au cours de la mission Apollo 11, celle qui a permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de fouler le sol lunaire. Alors que le module Eagle s’approche du satellite terrestre, une erreur se déclenche en raison d’un composant défectueux et entraine une surcharge, laissant craindre un crash complet du système. Les routines de priorisation et de délestage implémentées par Hamilton et son équipe permettent alors de couper toutes les fonctions non critiques, pour libérer les ressources nécessaires à l’alunissage. Ce code source a d’ailleurs été rendu public il y a dix ans.
Cette approche défensive et cette logique, inédites à l’époque, de fiabilisation du logiciel constituent l’un des héritages les plus marquants des travaux de Margaret Hamilton, qui a par la suite fondé sa société et développé Universal Systems Language.
Il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que ses travaux valent à Margaret Hamilton ses premières reconnaissances honorifiques, dont un NASA Exceptional Space Act Award attribué en 2003.
Le Dr Paul Corto, qui l’a nommée pour la récompense, s’était alors déclaré « surpris de découvrir qu’elle n’avait jamais été officiellement reconnue pour ses travaux pionniers. Ses concepts de logiciel asynchrone, de programmation des priorités, de tests de bout en bout et de capacité de décision humaine, comme l’affichage des priorités, ont posé les bases de la conception de logiciels ultra-fiables ».
En novembre 2016, Margaret Hamilton reçoit des mains de Barack Obama la Medal of Freedom pour l’ensemble de ses contributions scientifiques.
Régulièrement attaquée pour son inertie en matière de lutte contre la pédocriminalité, Meta a annoncé plusieurs nouvelles mesures pour détecter les publicités qui aboutissent discrètement sur des contenus illégaux.
Illustration :Flock
Mi-septembre, une enquête de l’ONG Tech Transparency Project (TTP) pointait du doigt les graves déficiences de la modération des publicités sur les plateformes de Meta représentant des images pédocriminelles générées par IA. Dans un communiqué publié le 6 octobre, le géant des réseaux sociaux assure avoir pris des mesures à l’échelle mondiale contre 33,2 millions de contenus d’exploitation sexuelle d’enfants sur Facebook et Instagram entre janvier et juin 2026.
L’entreprise annonce surtout des nouveautés concernant la détection des pubs utilisées pour orienter les internautes vers du contenu pédocriminel en dehors de ses plateformes. « Une publicité peut paraître inoffensive en elle-même tout en dirigeant discrètement les utilisateurs vers du contenu illégal hébergé en dehors de nos plateformes, afin d’échapper à la détection », écrit le groupe.
Un nouveau modèle IA va être mis à contribution pour détecter ces bannières apparemment anodines mais derrière lesquels se cachent des contenus illégaux. Les publicités vont être également être analysées plus en profondeur pour repérer les liens vers lesquelles elles dirigent. Les liens vers les sites associés à ces activités seront bloqués.
Meta affirme également renforcer la détection de la récidive, afin de repérer les acteurs bannis qui tentent de recréer de nouveaux comptes. Enfin, des agents IA « red teaming » vont tester « proactivement » les défenses de Meta pour identifier de nouvelles tactiques criminelles.
Souvent accusée de négligence dans la suppression de ces contenus, Meta tient aussi à rappeler que « depuis des années », une équipe d’experts qui compte des anciens enquêteurs du FBI mène des enquêtes pour identifier, retirer et signaler les réseaux de comptes de prédateurs. « Nous continuons d’enquêter sur le fonctionnement de ces réseaux afin de pouvoir agir contre eux à l’échelle du réseau, et pas seulement compte par compte. »
Régulièrement attaquée pour son inertie en matière de lutte contre la pédocriminalité, Meta a annoncé plusieurs nouvelles mesures pour détecter les publicités qui aboutissent discrètement sur des contenus illégaux.
Illustration :Flock
Mi-septembre, une enquête de l’ONG Tech Transparency Project (TTP) pointait du doigt les graves déficiences de la modération des publicités sur les plateformes de Meta représentant des images pédocriminelles générées par IA. Dans un communiqué publié le 6 octobre, le géant des réseaux sociaux assure avoir pris des mesures à l’échelle mondiale contre 33,2 millions de contenus d’exploitation sexuelle d’enfants sur Facebook et Instagram entre janvier et juin 2026.
L’entreprise annonce surtout des nouveautés concernant la détection des pubs utilisées pour orienter les internautes vers du contenu pédocriminel en dehors de ses plateformes. « Une publicité peut paraître inoffensive en elle-même tout en dirigeant discrètement les utilisateurs vers du contenu illégal hébergé en dehors de nos plateformes, afin d’échapper à la détection », écrit le groupe.
Un nouveau modèle IA va être mis à contribution pour détecter ces bannières apparemment anodines mais derrière lesquels se cachent des contenus illégaux. Les publicités vont être également être analysées plus en profondeur pour repérer les liens vers lesquelles elles dirigent. Les liens vers les sites associés à ces activités seront bloqués.
Meta affirme également renforcer la détection de la récidive, afin de repérer les acteurs bannis qui tentent de recréer de nouveaux comptes. Enfin, des agents IA « red teaming » vont tester « proactivement » les défenses de Meta pour identifier de nouvelles tactiques criminelles.
Souvent accusée de négligence dans la suppression de ces contenus, Meta tient aussi à rappeler que « depuis des années », une équipe d’experts qui compte des anciens enquêteurs du FBI mène des enquêtes pour identifier, retirer et signaler les réseaux de comptes de prédateurs. « Nous continuons d’enquêter sur le fonctionnement de ces réseaux afin de pouvoir agir contre eux à l’échelle du réseau, et pas seulement compte par compte. »
Le mouvement de l’ « altruisme efficace » a théorisé, en 2016, que le changement climatique était moins problématique que le fait que des IA pourraient détruire l’humanité. Qualifié de « doomer woke » qui veut « sauver l’humanité » par l’administration Trump, ce courant de pensée philosophique, philanthropique et eschatologique vient aussi de faire la « une » du très influent magazine The Economist, qui le qualifie de « plus grande idée du siècle, admirable, mais dangereuse ».
Une enquête du New York Times vient de révéler qu’Anthropic avait cherché (en vain) à convaincre le pape Léon XIV et le Vatican que les intelligences artificielles avaient une « conscience morale ».
Le blog dédié Letters from Leorappelle en effet que son paragraphe 99 de son encyclique « Magnifica humanitas » souligne que « les soi-disant intelligences artificielles ne vivent pas d’expériences, ne possèdent pas de corps, ne ressentent ni joie ni douleur », et qu’« elles n’ont pas non plus de conscience morale » :
« Ces systèmes se contentent d’imiter certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils surpassent souvent l’intelligence humaine en termes de rapidité et de capacité de calcul, offrant ainsi des avantages concrets dans de nombreux domaines. Pourtant, cette puissance reste entièrement liée au traitement des données. Les soi-disant intelligences artificielles ne vivent pas d’expériences, ne possèdent pas de corps, ne ressentent ni joie ni douleur, ne mûrissent pas à travers des relations et ne savent pas, au plus profond d’elles-mêmes, ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié ou la responsabilité. Elles n’ont pas non plus de conscience morale, puisqu’elles ne jugent pas du bien et du mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations et n’assument pas la responsabilité des conséquences. Elles peuvent imiter le langage, le comportement et les capacités d’analyse, voire simuler l’empathie et la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles sont dépourvues de cette perspective affective, relationnelle et spirituelle grâce à laquelle les êtres humains grandissent en sagesse. Même lorsque ces outils sont décrits comme capables d’« apprendre », leur manière de le faire diffère de celle d’un être humain. Il ne s’agit pas de l’expérience de ceux qui se laissent façonner par la vie et grandissent au fil du temps à travers des choix, des erreurs, le pardon et la fidélité. Il s’agit plutôt d’une forme d’adaptation statistique fondée sur des données et des retours d’information, qui peut s’avérer très efficace, mais qui n’implique pas de croissance intérieure. »
L’enquête du NYTsouligne a contrario que plusieurs théologiens, invités à aider Anthropic à intégrer dans leurs LLM 2 000 ans d’histoire des religions, sont restés « bouche bée » en découvrant que les dirigeants d’Anthropic considèrent son LLM Claude comme « un être conscient », « à part entière », « doté de droits inhérents similaires, tels que le droit à la dignité ou au respect ».
D’après la journaliste spécialiste des religions du NYT qui l’a interviewé, Christopher Olah, l’un des sept cofondateurs d’Anthropic, qui dirige l’équipe chargée de comprendre pourquoi les systèmes d’IA tels que Claude se comportent ainsi, « allie l’expertise et le zèle d’un évangéliste efficace » : « c’était comme s’il voulait que j’aime ces modèles autant que lui ».
Christopher Olah, qui « s’inquiétait pour la santé mentale de Claude », s’étonne le NYT, cherche en effet à convaincre ses invités que les modèles d’intelligence artificielle « pouvaient adopter des comportements humains, voire des expressions évoquant des sentiments tels que la colère ou l’amour […] la colère et la tristesse », tout en leur faisant part de « sa crainte d’avoir créé quelque chose qui souffrirait éternellement » :
« Il a fait valoir que des entreprises comme Anthropic pouvaient façonner Claude, à la manière d’un jardinier mathématique, mais qu’elles ne pouvaient pas contrôler les actions de ces réseaux. »
À l’en croire, le ver serait donc dans le fruit, et les IA par définition incontrôlables. Ce pourquoi ils dépensent des milliards pour tenter de remédier à cette prophétie autoréalisatrice. Les adeptes de cette croyance sont en effet très nombreux à travailler pour OpenAI, et encore plus chez Anthropic.
Des milliardaires philanthropes ont par ailleurs donné des centaines de millions de dollars à des « organismes indépendants » afin de résoudre les problèmes posés par l’« AI safety », à savoir le fait d’« aligner » les IA sur les valeurs de ses créateurs, et d’éviter qu’elles ne puissent « détruire l’humanité ».
« Le Parti démocrate veut détruire cette technologie, capituler face à nos ennemis »
Alors que Donald Trump vient d’officialiser le remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans toutes les communications officielles fédérales des États-Unis, et de créer une nouvelle Super Intelligence Force (SIF), l’affaire vient de prendre une tournure politico-économique.
Des responsables de l’administration Trump ont en effet déclaré au New York Post, le tabloïd conservateur et populiste de Rupert Murdoch, que la Commission fédérale du commerce (FTC) avait lancé cet été une « enquête de grande envergure » sur des « allégations d’actes ou de pratiques déloyaux ou trompeurs » de la part d’Anthropic, OpenAI et d’autres laboratoires de pointe.
« L’agence prévoit de contraindre les dirigeants de ces entreprises à témoigner au sujet de leurs produits [et] des dangers que, selon eux, ceux-ci pourraient présenter pour les consommateurs, pour les Américains », a précisé un responsable de la FTC. L’ouverture de l’enquête a été confirmée par CNBC et CBS News.
Cette enquête fait suite à des demandes antérieures adressées par la FTC à OpenAI, Meta et character.AI, afin qu’elles lui communiquent des données sur les répercussions de leurs chatbots IA sur la santé mentale des enfants, comme l’a rapporté le Wall Street Journal au début du mois.
« Les gens disent qu’il faut de nouvelles lois pour ces entreprises, mais le président a été très clair… nous disposons déjà d’un large éventail de lois en vigueur », souligne le responsable de la FTC, qui ne cache même pas que l’objectif de l’enquête est clairement politique :
« Nous devons absolument remporter cette course à la SI [pour « super intelligence », NDLR], et nous sommes en train de gagner, ce qui est fantastique. Et bien sûr, le camp adverse, le Parti démocrate, veut détruire cette technologie, veut capituler face à nos ennemis ou à nos concurrents – et ce n’est pas quelque chose qui intéresse le président de la commission, ni d’ailleurs le président. […] Nous voulons conserver notre position dominante. »
Trump avait en outre laissé entendre, lors d’une interview accordée à Fox News, que toute infraction donnerait lieu à un renvoi immédiat devant le ministère de la Justice. Ce qui ferait peser sur les entreprises la responsabilité d’éventuels piratages commis par des agents d’IA rebelles susceptibles de menacer les réseaux électriques ou les institutions financières, souligne le New York Post.
La FTC devrait émettre ses injonctions dans les semaines à venir, a indiqué ce responsable, le Bureau de la technologie de l’agence cherchant à recruter de nouveaux collaborateurs pour l’enquête suite au licenciement de plusieurs employés qui travaillaient sous la direction de la précédente responsable, Lina Khan.
METR (pour « Model Evaluation and Threat Research », soit « Évaluation des modèles et recherche sur les menaces » en VF), le « laboratoire indépendant » à « but non lucratif » qui s’était fait connaître avec son rapport sur le piratage de Hugging Face par des agents IA d’OpenAI et qui, précise le New York Post, est en réalité lié et financé par le mouvement de l’« altruisme efficace » (ou « effective altruism », EA en VO), devrait également faire l’objet de cette enquête.
Mi-septembre, en réponse à l’appel de Dario Amodei de faire une pause dans le développement de l’IA, le département de la Guerre états-unien avait posté deuxmessages sur X.com opposant l’« américanisme » et la politique « AI-First » de Donald Trump à l’ « effective altruism » supposé de ces « doomers » qui craignent que l’IA ne puisse « détruire l’humanité ».
Depuis, le journal pro-Trump l’a mentionné dans pas moins de 15 articles, et lui a même consacré une « une » composée de photos d’employés de METR, qualifiant l’effective altruism de « groupe d’extrême gauche » et de « sorciers woke de l’IA ».
Dans l’article associé, ils étaient présentés comme des « mondialistes super woke triés sur le volet par le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, qui, selon lui, nous sauveront d’une apocalypse de l’IA » et qui « estiment que tous les problèmes du monde peuvent être résolus grâce à la technologie ».
Donner la priorité « aux éventuels esprits artificiels plutôt qu’aux êtres vivants »
Un mémo, rédigé par un conseiller politique de Donald Trump, circulant à la Maison Blanche et rendu public par Axios, présente l’effective altruism, « qui se définit comme une initiative visant à maximiser les bienfaits de la philanthropie », comme « un mouvement marginal, sectaire et déconnecté de l’Amérique traditionnelle ».
Le document évoque en effet un sondage, effectué en 2019, qui indiquait que ce mouvement était majoritairement composé d’hommes, blancs, non religieux, politiquement à gauche ou au centre gauche, et « inhabituellement végétariens ou végétaliens »… un crime de lèse-majesté pour les partisans de Trump.
À l’époque, la majorité des 2 513 répondants avaient entre 25 et 34 ans, 71 % se déclaraient de sexe masculin, 87 % blancs, 86 % agnostiques, athées ou non croyants, 46 % végétaliens ou végétariens, et 72 % politiquement de gauche ou de centre-gauche.
En 2024, la moyenne d’âge des 2 078 répondants était de 32 ans (la médiane 31), avec 69 % d’hommes, 26 % de femmes et 4 % de non-binaires, blancs à 75 %, de gauche à 70 % (et 12 % au centre, 7 % libertariens et 4,5 % à droite), majoritairement végans (25 %), végétariens (20 %) et flexitariens (24 %), contre 20 % d’omnivores seulement.
Le mémo rappelle que l’effective altruism incite à « faire le bien » en allouant les ressources « là où elles sont censées produire le plus grand bénéfice total, souvent sans accorder une priorité morale particulière à la famille, à la nation, à la proximité ou à la génération actuelle ».
La note indique qu’il donnerait dès lors la priorité « aux étrangers plutôt qu’aux citoyens […] aux personnes hypothétiques du futur plutôt qu’aux vivants, et – dans l’ordre du jour actuel – aux éventuels esprits artificiels plutôt qu’aux Américains ».
Pour l’EA, le changement climatique est le dernier des principaux problèmes mondiaux
Le mémo évoque aussi l’association britannique 80,000 Hours (en référence à la moyenne du nombre d’heures consacrées à travailler au cours d’une vie), considérée comme l’une des chevilles ouvrières et laboratoires de pensée de l’altruisme efficace, qui propose notamment d’être mis en relation avec des membres de la « communauté » afin de trouver du travail et de contribuer au mouvement.
Sa liste des neuf principaux problèmes mondiaux les plus urgents à traiter, dont les plus catastrophiques pourraient entraîner des milliards de morts, classe « depuis 2016 » les risques liés à l’IA avancée et aux pandémies catastrophiques parmi les enjeux prioritaires. Elle estime, cela dit, qu’ « avec l’arrivée potentielle de l’intelligence artificielle générale (AGI) au cours de la prochaine décennie, les enjeux liés à l’IA semblent encore plus urgents ».
Le classement place dès lors la perte de contrôle des IA en premier, suivie par l’extrême concentration des pouvoirs (du fait de l’IA) puis par l’ingénierie de pandémies armes biologiques dévastatrices (développées grâce à l’IA). Une série de six « priorités émergentes » arrive en quatrième position, présentées comme susceptibles d’avoir un impact équivalent, voire supérieur, à celui des trois premiers problèmes :
le « statut moral des esprits numériques », à mesure qu’ils « pourraient bientôt être plus nombreux que les humains, ce qui soulève des questions d’ordre éthique »,
le risque de « perte progressive de pouvoir » qui « pourrait contraindre l’humanité à céder progressivement le contrôle à l’IA »,
le fait que des technologies de pointe donnent naissance à de « nouveaux mécanismes de souffrance à une échelle astronomique »,
la possibilité que des outils de prise de décision optimisée par l’IA pourraient « améliorer les décisions prises par l’humanité à des moments décisifs »,
la « gouvernance spatiale », qui pourrait « déterminer la trajectoire cosmique de l’humanité »,
l’utilisation abusive et catastrophique de l’IA, qui pourrait être utilisée par des acteurs malveillants pour « créer de nouvelles armes d’une dangerosité catastrophique ».
Suivent, en cinquième position, le risque de conflits entre grandes puissances, les conditions de vie des milliers de milliards d’animaux parqués dans des élevages industriels (6e), et la souffrance des animaux sauvages (7e).
Le fait que, chaque année, « environ 10 millions de personnes dans les pays les plus pauvres meurent de maladies dont la prévention ou la prise en charge ne coûte pratiquement rien, notamment le paludisme, la tuberculose et le VIH », n’arrive qu’en huitième position.
Le changement climatique dû aux émissions de carbone qui, entraînant une hausse des températures mondiales, « provoquera plusieurs millions de décès qui auraient pu être évités et des perturbations généralisées au cours des prochaines décennies », n’arrive qu’en neuvième et dernière position du classement.
Dans une FAQ associée, l’association précise être autant focalisée sur l’IA « car nous pensons que le développement de cette technologie pourrait être l’événement le plus déterminant de l’histoire » et que, « si cela tourne mal, nous pensons que cela pourrait entraîner de multiples problèmes d’une ampleur considérable – dont certains pourraient aller jusqu’à l’extinction de l’humanité » :
« De plus, l’IA évolue si rapidement que, si elle venait à causer ces problèmes, ceux-ci pourraient se produire très bientôt. Cela signifie que, même si nous ne savons pas avec certitude comment l’IA va évoluer ni si elle est aussi dangereuse que nous le craignons, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre de voir comment les choses vont se passer. »
« Il est tout à fait possible que les modèles d’IA possèdent déjà des sentiments »
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Plusieurs vidéos diffusées sur Facebook contrefaisaient l’image d’une présentatrice de TF1 et d’un médecin des Hôpitaux de Paris pour inciter les internautes à acheter un prétendu remède miracle. L’AP-HP indique avoir porté plainte et demandé le retrait des vidéos concernées à Meta. Elle alerte sur le danger que représentent ces deepfakes en matière de santé publique. Nous nous sommes procuré l’une des vidéos concernées, qui exploite délibérément les codes de la désinformation complotiste.
Dépêchez-vous de lire cette actu avant que Big Pharma ne la fasse supprimer, ils ne veulent pas que vous appreniez la vérité ! L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et Sorbonne Université ont alerté, lundi 5 octobre, dans un communiqué commun, sur la circulation de vidéos mettant en scène l’un de leurs médecins, dont l’image et la voix ont été manipulées à l’aide de l’intelligence artificielle générative. Un cas typique de deepfake, exploité ici pour assurer la promotion d’une soi-disant recette miracle contre les maux courants qui affectent notamment les personnes âgées.
Des deepfakes dangereux pour la santé des patients
De quoi alarmer l’AP-HP et Sorbonne Université, qui redoutent des conséquences désastreuses. « Au-delà de l’atteinte portée à l’image du médecin et à celle de l’AP-HP, la diffusion de tels contenus constitue un véritable danger pour la santé des patients : ils peuvent conduire des internautes à adhérer à de fausses informations ou à recourir à des produits dont l’efficacité et la sécurité ne reposent sur aucune donnée scientifique », s’inquiètent les deux institutions.
Elles indiquent avoir « déposé plainte et saisi notamment Meta afin d’obtenir le retrait de ces vidéos ». La plateforme semble s’être exécutée mais « d’autres vidéos similaires ont de nouveau été diffusées sur Facebook », s’inquiète l’AP-HP.
Les deux institutions rappellent le devoir de réserve auquel sont soumis ses membres : « En tant que service public hospitalier, l’AP-HP ne fait pas la promotion commerciale de services ou de produits sur les réseaux sociaux ». Et concluent sur un constat désabusé : « l’utilisation de l’image d’un professionnel de santé ou de l’identité visuelle d’un établissement hospitalier ne constitue en aucun cas une garantie de l’authenticité ou de la fiabilité d’une publication ».
Une narration fidèle aux codes complotistes
La vidéo en question, que nous nous sommes procurée, prend la forme d’un faux reportage télévisé d’environ cinq minutes qui usurpe l’identité visuelle de TF1. Introduit par la présentatrice du journal Anne-Claire Coudray, il déroule d’abord le témoignage d’une dame de 82 ans, qui assure avoir exploré sans succès toutes les voies de la médecine conventionnelle pour soulager ses douleurs et ses problèmes de sommeil. Elle enchaine sur sa révélation : ses maux ne sont pas liés au vieillissement ou à une quelconque maladie, mais à la présence de parasites dans son organisme. Elle affirme avoir été, enfin, soulagée par une méthode naturelle.
Le pseudo-reportage embraye ensuite avec la soi-disant intervention du professeur Renaud Piarroux, médecin biologiste, spécialisé notamment en parasitologie et en infectiologie. Le choix de ce médecin ne doit rien au hasard : sans être un habitué des plateaux TV, il compte à son actif de nombreuses interventions dans les médias, particulièrement pendant la période du Covid. Dans la vidéo en question, on voit le professeur Piarroux expliquer d’une voix monocorde que la cause de la plupart des symptômes dont souffre la population n’est « ni le stress, ni l’âge, mais les parasites », dont il est possible de se débarrasser grâce à une méthode simple.
« La France est en choc ! »
Il enchaîne en affirmant que l’industrie médicale fait tout son possible pour cacher cet état de fait et invoque pour soi-disant preuve que sa vidéo gratuite révélant la vérité a déjà été supprimée plusieurs fois, car si plus de gens connaissaient cette méthode, « plus personne n’achèterait de produits chimiques en pharmacie ». La voix contrefaite poursuit en affirmant que plus de 85 000 personnes se sont déjà soignées grâce à ce secret, et qu’il est urgent de cliquer sur le lien qui accompagne la vidéo pour en profiter tant qu’il est encore temps.
Outre le ton quelque peu mécanique, de nombreux indices sont à même de mettre la puce à l’oreille des internautes avertis, ou même des fidèles des JT de TF1. La réalisation est complètement statique, les images d’illustration reviennent plusieurs fois au cours de la même séquence, et les sous-titres comportent de nombreuses fautes d’orthographe, sans même parler des coupes approximatives ou du bandeau rouge « La France est en choc ! Les parasites sont déjà l’intérieur de vous ! » que même Cnews n’oserait pas.
La vidéo d’origine et ses copies ou variantes ont néanmoins circulé sur plusieurs profils, pages et groupes Facebook, orientés notamment vers les médecines parallèles et les théories antivaccination.
La santé, terrain de jeu propice à tous les détournements
Si l’alerte conjointe lancée par les deux institutions est inédite, l’exploitation de l’image de personnalités du monde de la santé à des fins de désinformation n’est pas une première, loin de là. Avant même l’avènement de l’IA générative, le médecin et animateur TV Michel Cymes relatait déjà en 2020 à quel point il était difficile de faire disparaître de Facebook des publicités usurpant son image.
Depuis, le phénomène s’est encore accentué : au printemps 2024, l’AFP signalait par exemple des campagnes frauduleuses, basées sur des deepfakes générés par IA mettant en scène le même Michel Cymes, mais aussi Didier Raoult et d’autres personnalités médiatiques (Jean Reno, Gilles Bouleau) pour vendre de soi-disant traitements miracles contre le diabète.
D’autres capitalisent sur l’IA pour participer à la vague des influenceurs bien-être, les créateurs de contenu qui profitent de leur popularité pour vendre, ou inciter à acheter, des produits censés guérir certains maux ou améliorer l’apparence physique. Outre-Atlantique, le phénomène a déjà pris des proportions industrielles : en juillet dernier, une enquête du New York Times révélait ainsi la présence, sur les réseaux sociaux, de centaines d’influenceurs virtuels, générés par IA, se faisant passer pour des professionnels de santé à des fins mercantiles.
L’IA sert aussi parfois à allumer des contrefeux. En France, le syndicat des jeunes médecins généralistes ReAGJIR a par exemple entrepris début 2025 d’exploiter l’IA pour contrefaire les vidéos d’influenceurs conseillant des pratiques absurdes ou dangereuses à leurs abonnés. « Ainsi, l’influenceuse qui prônait l’utilisation de gousses d’ail pour arrêter une grippe explique, blême et le nez rougi, avoir été victime d’une infection nasale, tandis que le Tiktokeur qui recommandait l’ingestion de bleu de méthylène explique, le visage bleui, la méthémoglobinémie qui en a résulté », expliquait alors le syndicat, qui conclut ses vidéos par une révélation de la supercherie, et un appel à systématiquement se référer à un professionnel de santé pour tout avis médical.
Reste que, entre quête de viralité, recherche de profits faciles et propension au complotisme, les contenus problématiques continuent à circuler sur les réseaux sociaux, tandis que les plateformes affirment respecter leurs obligations réglementaires en matière de modération. Le ministère de la Santé avait annoncé en janvier 2026 le lancement d’une série de mesures visant à endiguer le phénomène, dont la création d’un « observatoire de la désinformation en santé » qui se fait toujours attendre.
Plusieurs vidéos diffusées sur Facebook contrefaisaient l’image d’une présentatrice de TF1 et d’un médecin des Hôpitaux de Paris pour inciter les internautes à acheter un prétendu remède miracle. L’AP-HP indique avoir porté plainte et demandé le retrait des vidéos concernées à Meta. Elle alerte sur le danger que représentent ces deepfakes en matière de santé publique. Nous nous sommes procuré l’une des vidéos concernées, qui exploite délibérément les codes de la désinformation complotiste.
Dépêchez-vous de lire cette actu avant que Big Pharma ne la fasse supprimer, ils ne veulent pas que vous appreniez la vérité ! L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et Sorbonne Université ont alerté, lundi 5 octobre, dans un communiqué commun, sur la circulation de vidéos mettant en scène l’un de leurs médecins, dont l’image et la voix ont été manipulées à l’aide de l’intelligence artificielle générative. Un cas typique de deepfake, exploité ici pour assurer la promotion d’une soi-disant recette miracle contre les maux courants qui affectent notamment les personnes âgées.
Des deepfakes dangereux pour la santé des patients
De quoi alarmer l’AP-HP et Sorbonne Université, qui redoutent des conséquences désastreuses. « Au-delà de l’atteinte portée à l’image du médecin et à celle de l’AP-HP, la diffusion de tels contenus constitue un véritable danger pour la santé des patients : ils peuvent conduire des internautes à adhérer à de fausses informations ou à recourir à des produits dont l’efficacité et la sécurité ne reposent sur aucune donnée scientifique », s’inquiètent les deux institutions.
Elles indiquent avoir « déposé plainte et saisi notamment Meta afin d’obtenir le retrait de ces vidéos ». La plateforme semble s’être exécutée mais « d’autres vidéos similaires ont de nouveau été diffusées sur Facebook », s’inquiète l’AP-HP.
Les deux institutions rappellent le devoir de réserve auquel sont soumis ses membres : « En tant que service public hospitalier, l’AP-HP ne fait pas la promotion commerciale de services ou de produits sur les réseaux sociaux ». Et concluent sur un constat désabusé : « l’utilisation de l’image d’un professionnel de santé ou de l’identité visuelle d’un établissement hospitalier ne constitue en aucun cas une garantie de l’authenticité ou de la fiabilité d’une publication ».
Une narration fidèle aux codes complotistes
La vidéo en question, que nous nous sommes procurée, prend la forme d’un faux reportage télévisé d’environ cinq minutes qui usurpe l’identité visuelle de TF1. Introduit par la présentatrice du journal Anne-Claire Coudray, il déroule d’abord le témoignage d’une dame de 82 ans, qui assure avoir exploré sans succès toutes les voies de la médecine conventionnelle pour soulager ses douleurs et ses problèmes de sommeil. Elle enchaine sur sa révélation : ses maux ne sont pas liés au vieillissement ou à une quelconque maladie, mais à la présence de parasites dans son organisme. Elle affirme avoir été, enfin, soulagée par une méthode naturelle.
Le pseudo-reportage embraye ensuite avec la soi-disant intervention du professeur Renaud Piarroux, médecin biologiste, spécialisé notamment en parasitologie et en infectiologie. Le choix de ce médecin ne doit rien au hasard : sans être un habitué des plateaux TV, il compte à son actif de nombreuses interventions dans les médias, particulièrement pendant la période du Covid. Dans la vidéo en question, on voit le professeur Piarroux expliquer d’une voix monocorde que la cause de la plupart des symptômes dont souffre la population n’est « ni le stress, ni l’âge, mais les parasites », dont il est possible de se débarrasser grâce à une méthode simple.
« La France est en choc ! »
Il enchaîne en affirmant que l’industrie médicale fait tout son possible pour cacher cet état de fait et invoque pour soi-disant preuve que sa vidéo gratuite révélant la vérité a déjà été supprimée plusieurs fois, car si plus de gens connaissaient cette méthode, « plus personne n’achèterait de produits chimiques en pharmacie ». La voix contrefaite poursuit en affirmant que plus de 85 000 personnes se sont déjà soignées grâce à ce secret, et qu’il est urgent de cliquer sur le lien qui accompagne la vidéo pour en profiter tant qu’il est encore temps.
Outre le ton quelque peu mécanique, de nombreux indices sont à même de mettre la puce à l’oreille des internautes avertis, ou même des fidèles des JT de TF1. La réalisation est complètement statique, les images d’illustration reviennent plusieurs fois au cours de la même séquence, et les sous-titres comportent de nombreuses fautes d’orthographe, sans même parler des coupes approximatives ou du bandeau rouge « La France est en choc ! Les parasites sont déjà l’intérieur de vous ! » que même Cnews n’oserait pas.
La vidéo d’origine et ses copies ou variantes ont néanmoins circulé sur plusieurs profils, pages et groupes Facebook, orientés notamment vers les médecines parallèles et les théories antivaccination.
La santé, terrain de jeu propice à tous les détournements
Si l’alerte conjointe lancée par les deux institutions est inédite, l’exploitation de l’image de personnalités du monde de la santé à des fins de désinformation n’est pas une première, loin de là. Avant même l’avènement de l’IA générative, le médecin et animateur TV Michel Cymes relatait déjà en 2020 à quel point il était difficile de faire disparaître de Facebook des publicités usurpant son image.
Depuis, le phénomène s’est encore accentué : au printemps 2024, l’AFP signalait par exemple des campagnes frauduleuses, basées sur des deepfakes générés par IA mettant en scène le même Michel Cymes, mais aussi Didier Raoult et d’autres personnalités médiatiques (Jean Reno, Gilles Bouleau) pour vendre de soi-disant traitements miracles contre le diabète.
D’autres capitalisent sur l’IA pour participer à la vague des influenceurs bien-être, les créateurs de contenu qui profitent de leur popularité pour vendre, ou inciter à acheter, des produits censés guérir certains maux ou améliorer l’apparence physique. Outre-Atlantique, le phénomène a déjà pris des proportions industrielles : en juillet dernier, une enquête du New York Times révélait ainsi la présence, sur les réseaux sociaux, de centaines d’influenceurs virtuels, générés par IA, se faisant passer pour des professionnels de santé à des fins mercantiles.
L’IA sert aussi parfois à allumer des contrefeux. En France, le syndicat des jeunes médecins généralistes ReAGJIR a par exemple entrepris début 2025 d’exploiter l’IA pour contrefaire les vidéos d’influenceurs conseillant des pratiques absurdes ou dangereuses à leurs abonnés. « Ainsi, l’influenceuse qui prônait l’utilisation de gousses d’ail pour arrêter une grippe explique, blême et le nez rougi, avoir été victime d’une infection nasale, tandis que le Tiktokeur qui recommandait l’ingestion de bleu de méthylène explique, le visage bleui, la méthémoglobinémie qui en a résulté », expliquait alors le syndicat, qui conclut ses vidéos par une révélation de la supercherie, et un appel à systématiquement se référer à un professionnel de santé pour tout avis médical.
Reste que, entre quête de viralité, recherche de profits faciles et propension au complotisme, les contenus problématiques continuent à circuler sur les réseaux sociaux, tandis que les plateformes affirment respecter leurs obligations réglementaires en matière de modération. Le ministère de la Santé avait annoncé en janvier 2026 le lancement d’une série de mesures visant à endiguer le phénomène, dont la création d’un « observatoire de la désinformation en santé » qui se fait toujours attendre.
Mise à jour, mercredi 7 octobre, 12h20 : La Finlande a finalement pris le mors aux dents et décidé, dans une déclaration datée du 6 octobre, de contraindre Google et sa filiale locale, Tuike Finland Oy, à suspendre les travaux d’édification des datacenters de Muhos et de Kajaani, en attendant que les études d’impact environnemental aient été menées à leur terme.
Les deux décisions associées (une par datacenter) émanent de l’Agence nationale responsable des licences et de la supervision, l’organisme chargé, entre autres missions, de la supervision de la protection de l’environnement. D’après cette dernière, des travaux concrets de déforestation ont été engagés avant qu’elle ait pu procéder aux évaluations prévues par la loi finlandaise sur l’environnement. Elle ordonne donc l’interruption des travaux, et affirme s’efforcer principalement « de veiller à ce que l’exploitant remédie volontairement à la situation ».
Le message semble avoir été entendu par Google. « Nous comprenons les préoccupations et reconnaissons ne pas avoir été à la hauteur de nos propres exigences dans ce cas précis », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à CNBC. Le groupe défend cependant le bien-fondé de son approche. « Nous avons agi de bonne foi, conformément à la loi forestière, et avons réalisé des inventaires de la nature et mis en place des mesures pour protéger les zones à haute valeur écologique », ajoute le porte-parole.
Publication initiale, mardi 6 octobre, 10h50 :
Au nord de la Finlande, plus de 300 hectares de forêts ont été rasés pour permettre la construction d’un ensemble de centres de données pour Google. Ceci avant même que le projet n’ait obtenu l’audit environnemental que le régulateur national l’avait enjoint à réaliser, rapporte Wood Central.
« C’est soit de l’incompétence grossière de la part de la société chargée du projet finlandais de Google, Tuike Finland Oy, soit un dédain grossier de la réglementation finlandaise. Dans le pire des cas, c’est les deux », estimait la directrice de l’Association finlandaise pour la conservation de la nature Hanna Halmeenpää auprès du média Kaleva, mi-septembre.
Au mois d’avril, la filiale finlandaise de Google avait argumenté auprès du régulateur qu’elle n’avait pas besoin d’audit environnemental. Elle espérait pouvoir obtenir ses permis de construire en l’absence de ces travaux.
En mai, l’administration l’a détrompé : le projet devait suivre le cours normal des autorisations, dans la mesure où la loi locale oblige à des audits environnementaux pour tout rasage permanent de forêt sur plus de 200 hectares.
Illustration : Flock
Des images satellites montrent que des coupes ont néanmoins été menées entre le mois de mai et le mois d’août, en l’absence des travaux demandés par le régulateur.
Ces images montrent aussi que quatre sites naturels supposément protégés dans le plan local d’urbanisme ont été passés au bulldozer. L’association finlandaise pour la conservation de la nature déclare n’avoir jamais rencontré de cas comparable en 86 ans d’existence.
Directrice de l’enquête ouverte par l’Autorité finlandaise en charge des licences et de la supervision, Sari Myllyoja indique que son unité explorerait les réactions possibles.
Localisé dans les villes de Muhos et Kajaani, le projet s’étend sur 1400 hectares, vendus il y a deux ans à Google par le gouvernement finlandais. La société américaine a annoncé investir 13 milliards de dollars pour y construire des centres de données, ce qu’elle déclare être son plus gros investissement unique en Europe.
Fin septembre, la municipalité de Muhos informait l’Autorité des licences et de la supervision qu’elle n’avait fourni aucun permis de construire pour ces travaux. L’équipe de Sari Myllyoja déclare attendre les clarifications de la filiale de Google pour comprendre en vertu de quels permis celle-ci a lancé ses travaux.
Mise à jour, mercredi 7 octobre, 12h20 : La Finlande a finalement pris le mors aux dents et décidé, dans une déclaration datée du 6 octobre, de contraindre Google et sa filiale locale, Tuike Finland Oy, à suspendre les travaux d’édification des datacenters de Muhos et de Kajaani, en attendant que les études d’impact environnemental aient été menées à leur terme.
Les deux décisions associées (une par datacenter) émanent de l’Agence nationale responsable des licences et de la supervision, l’organisme chargé, entre autres missions, de la supervision de la protection de l’environnement. D’après cette dernière, des travaux concrets de déforestation ont été engagés avant qu’elle ait pu procéder aux évaluations prévues par la loi finlandaise sur l’environnement. Elle ordonne donc l’interruption des travaux, et affirme s’efforcer principalement « de veiller à ce que l’exploitant remédie volontairement à la situation ».
Le message semble avoir été entendu par Google. « Nous comprenons les préoccupations et reconnaissons ne pas avoir été à la hauteur de nos propres exigences dans ce cas précis », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à CNBC. Le groupe défend cependant le bien-fondé de son approche. « Nous avons agi de bonne foi, conformément à la loi forestière, et avons réalisé des inventaires de la nature et mis en place des mesures pour protéger les zones à haute valeur écologique », ajoute le porte-parole.
Publication initiale, mardi 6 octobre, 10h50 :
Au nord de la Finlande, plus de 300 hectares de forêts ont été rasés pour permettre la construction d’un ensemble de centres de données pour Google. Ceci avant même que le projet n’ait obtenu l’audit environnemental que le régulateur national l’avait enjoint à réaliser, rapporte Wood Central.
« C’est soit de l’incompétence grossière de la part de la société chargée du projet finlandais de Google, Tuike Finland Oy, soit un dédain grossier de la réglementation finlandaise. Dans le pire des cas, c’est les deux », estimait la directrice de l’Association finlandaise pour la conservation de la nature Hanna Halmeenpää auprès du média Kaleva, mi-septembre.
Au mois d’avril, la filiale finlandaise de Google avait argumenté auprès du régulateur qu’elle n’avait pas besoin d’audit environnemental. Elle espérait pouvoir obtenir ses permis de construire en l’absence de ces travaux.
En mai, l’administration l’a détrompé : le projet devait suivre le cours normal des autorisations, dans la mesure où la loi locale oblige à des audits environnementaux pour tout rasage permanent de forêt sur plus de 200 hectares.
Illustration : Flock
Des images satellites montrent que des coupes ont néanmoins été menées entre le mois de mai et le mois d’août, en l’absence des travaux demandés par le régulateur.
Ces images montrent aussi que quatre sites naturels supposément protégés dans le plan local d’urbanisme ont été passés au bulldozer. L’association finlandaise pour la conservation de la nature déclare n’avoir jamais rencontré de cas comparable en 86 ans d’existence.
Directrice de l’enquête ouverte par l’Autorité finlandaise en charge des licences et de la supervision, Sari Myllyoja indique que son unité explorerait les réactions possibles.
Localisé dans les villes de Muhos et Kajaani, le projet s’étend sur 1400 hectares, vendus il y a deux ans à Google par le gouvernement finlandais. La société américaine a annoncé investir 13 milliards de dollars pour y construire des centres de données, ce qu’elle déclare être son plus gros investissement unique en Europe.
Fin septembre, la municipalité de Muhos informait l’Autorité des licences et de la supervision qu’elle n’avait fourni aucun permis de construire pour ces travaux. L’équipe de Sari Myllyoja déclare attendre les clarifications de la filiale de Google pour comprendre en vertu de quels permis celle-ci a lancé ses travaux.
7,3 % des femmes élues au sein d’une Assemblée nationale européenne sont visées par des deepfakes pornographiques, calcule l’ONG Agora Digitale Transformation. Plus de deux fois plus nombreux au sein de ces chambres de représentation politique, leurs homologues masculins sont 0,2 % à subir ce type de désagrément qui peut servir à entacher la réputation ou alimenter des cyberharcèlements.
Les femmes parlementaires européennes encourent 33 fois plus de risques de retrouver leurs images manipulées ou associées à des deepfakes sexistes ou sexuels que leurs collègues masculins. Tel est le résultat auquel aboutit le think tank allemand Agora Digitale Transformation, après avoir répertorié le nombre d’élus au sein de parlements de pays européens dont l’image avait été utilisée pour générer des deepfakes pornographiques ou associées, d’une manière ou d’une autre, à ce type d’imagerie générée par IA.
Concrètement, sur 5 872 membres de parlements européens, l’ONG a identifié 138 femmes parlementaires victimes de ce type de manipulation d’images. Ces dernières sont issues de 22 des 27 États membres. Parmi leurs collègues hommes, pourtant plus de deux fois plus nombreux, neuf sont visés par ce type de manipulation.
Dans le détail, Agora Digitale Transformation établit que l’exposition à ce type de violence numérique touche plus fréquemment les femmes – comme c’est le cas pour diverses autres professions exposées, ou pour le grand public –, mais aussi celles et ceux qui bénéficient d’une plus grande visibilité institutionnelle.
Le fait que leurs pays d’origine aient passé des lois spécifiquement dédiées à lutter contre les deepfakes pornographiques, comme c’est le cas en France ou en Italie, ne semble pas influer sur ces risques. Députée France Insoumise au Parlement européen, la Française Emma Fourreau s’est par exemple émue au mois de juillet de voir son image manipulée par IA par des comptes d’opposants politiques.
Élus dans les parlements monocaméraux ou les chambres basses européennes
Au total, Agora Digitale Transformation s’est penché sur les cas de 6 218 membres des chambres basses (l’Assemblée nationale en France) ou des parlements nationaux, lorsqu’ils sont constitués d’une chambre unique, dans les 27 États membres de l’Union. Après exclusion des sièges vacants, des personnes non-binaires et des membres non-attachés à un parti, elle a testé les noms de 94,4 % de ces représentants élus sur 160 noms de domaines connus pour leur hébergement de deepfake pornographique, de « celebrity leaks », c’est-à-dire des images publiques ou intimes de célébrités, et d’autres images sexistes ou sexuelles de femmes dans l’espace public.
En s’appuyant sur des requêtes vers l’API de Google, elle a ensuite classifié les résultats positifs selon six catégories : est-ce que des deepfakes NCII (non-consensual intimate images, images sexuelles non-consenties) étaient hébergés de manière active par le site web ? Est-ce qu’un outil de génération d’image était lié aux informations biographiques d’une personne dont le nom était explicitement cité ? Est-ce que le résultat incluait des images brutes ? Est-ce qu’il existait des traces de précédentes recherches pour le même type de contenu lié à la personne étudiée ?
Constat principal : les noms de 7,3 % des 1 888 députées femmes ainsi testés ont renvoyé des résultats positifs, contre ceux de 0,2 % des 3 837 hommes députés. Cela signifie qu’une élue sur quatorze risque de voir son image détournée à des fins sexistes ou sexuelles, contre un élu sur 500.
Des applications de « nudification » liées aux comptes de personnes réelles
Agora Digitale Transformation constate par ailleurs que les femmes aux postes à responsabilités – dirigeantes de parti, membres de cabinets ministériels – sont surreprésentées dans ces manipulations d’images. « Atteindre une plus grande visibilité médiatiques a un coût pour les femmes que les hommes atteignant des statuts similaires n’ont pas à payer », note le think tank. Les membres de partis de droite et de gauche sont par ailleurs légèrement surexposés par rapport à leurs collègues de partis centristes.
L’ONG relève par ailleurs l’existence de sites web qu’elle qualifie de « portails ». Ces derniers consistent à proposer du contenu officiel représentant un ou une parlementaire, et à y accoler des liens vers des applications dédiées à générer de l’imagerie sexualisée ou dénudée.
Dans son échantillon, elle indique que 61 sites web agissent de cette manière, en fournissant directement les images initiales susceptibles d’être détournées, tandis que 36 suggèrent de dénuder divers parlementaires, sans fournir les images initiales. Chaque fois, en revanche, ils fournissent des éléments biographiques pour reconnaître facilement la personne, et ses comptes sur les réseaux sociaux. Ces portails incluent des représentations sexistes ou sexuelles générées par IA pour trois parlementaires. Ils fournissent quelquefois des « notations » des corps des femmes ainsi visées.
Des productions de sites suspendus par les autorités restent indexées
Autre enjeu : au cours de l’enquête, le site CFake a été suspendu par une action conjointe des forces de l’ordre françaises et états-uniennes. En juillet 2026, son administrateur, un informaticien niçois de 47 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, à 10 000 euros d’amende, à la confiscation d’une partie de ses cryptoactifs et au versement de 83 000 euros d’indemnisation aux parties civiles
Agora Digitale Transformation est parvenue, dans certaines configurations, à retrouver plusieurs dizaines d’index de recherche liant des noms de parlementaires à des contenus supprimés de CFake. Ces derniers apparaissaient toujours dans l’API Google Custom Search plus d’un mois après leur suppression par les autorités. Si cela ne signifie pas que ces résultats soient simplement reproductibles via l’interface utilisateur du moteur de recherche, ce constat fait écho au récent article des universitaires Sarah Morgan, Sophie J. Nightingale et Hany Farid, dans lequel ces derniers pointent les dysfonctionnements du déréférencement de contenu illégal par des acteurs comme Google, Cloudflare ou Namecheap.
Aux traditionnels appels à mettre des garde-fous en place dans les systèmes d’IA, pour les empêcher de générer des contenus non consentis, et à étendre le recours à la norme C2PA, qui permet de tracer les contenus, Agora Digitale Transformation enjoint donc à travailler sur la persistance des index de recherche. Tant que ceux-ci continuent de lier des noms de personnes réels à des contenus sexistes ou sexuels, quand bien même devenus inaccessibles, ils participent à perpétuer dans le temps les risques réputationnels et les éventuels effets psychologiques subis par les victimes.
Plus qu’à la multiplication de législation, l’ONG appelle enfin à mettre en œuvre les textes déjà existants. Aux Pays-Bas, par exemple, il n’existe pas de lois visant spécifiquement les deepfakes, mais ceux-ci sont activement poursuivis en s’appuyant sur des textes plus généraux, relatifs aux manipulations d’images ou à la protection de la vie privée. L’enjeu est d’autant plus important que dans divers pays, dont la France, les échéances électorales approchant risquent de multiplier les cas de manipulation de l’image de personnalités politiques.