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[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un (sans) fil à la patte
[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un proche du gouvernement ukrainien affirme que Starlink a restreint le fonctionnement de son réseau à destination des appareils et drones en mouvement des forces militaires engagées contre la Russie. La Pologne a publiquement interpellé Elon Musk à ce sujet. L’entreprise n’a pas confirmé son intervention dans ces restrictions, alors que les tensions entre Donald Trump et l’Ukraine s’accentuent.

Mise à jour, 15 octobre, 9h07 : Elon Musk s’est finalement exprimé sur la situation ukrainienne mercredi soir (heure française), et l’entrepreneur a très explicitement renvoyé la responsabilité de ces restrictions à Washington, et plus précisément à Donald Trump :

« Les systèmes Starshield sont la propriété du gouvernement américain et sont contrôlés par lui. Toute limitation de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis. »

Musk répondait à un message de Mykhailo Fedorov, l’ex ministre de la Défense ukrainien, qui signalait un début de restauration du service Starshield pour les appareils évoluant jusqu’à 160 km/h. Le patron de SpaceX en a profité pour rappeler la distinction entre Starshield et Starlink vis-à-vis des usages militaires.

« Starlink est un service commercial détenu et exploité par SpaceX. Son utilisation est limitée aux activités civiles ou défensives et ne peut en aucun cas servir à des fins militaires offensives, ce qui serait inapproprié pour une entreprise commerciale. »

Donald Trump, généralement prompt à commenter publiquement ses décisions, ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet.

Publication initiale, 14 octobre, 17 heures :

Tour à tour, l’activiste Serhii Sternenko et l’expert en technologies militaires Serhii Beskrestnov, conseiller rangé aux côtés du président Volodymyr Zelensky, ont signalé mercredi 14 octobre au matin des restrictions constatées au niveau de l’accès à Internet fourni par Starlink aux forces militaires engagées dans la guerre contre la Russie.

« Les terminaux Starlink ont ​​été limités ce soir. La communication a commencé à se dégrader en mouvement à des vitesses supérieures à 160 km/h. Ceci a perturbé plusieurs missions importantes », a affirmé le premier sur Telegram, mercredi vers 7 h du matin. Le second a soutenu explicitement l’hypothèse une heure plus tard :

« Je peux confirmer que SpaceX a mis en place une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement [hier soir]. Nos forces de défense n’ont pas été informées de cette limitation, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions ».

Des restrictions sur les appareils en mouvement

D’après lui, les restrictions en question ne concernaient pas la couverture standard Starlink, mais l’offre plus spécifique Starshield, le sous-ensemble de la constellation SpaceX dédié aux usages gouvernementaux et militaires. Ici, elles porteraient sur un usage bien spécifique : la connexion fournie aux appareils en mouvement.

« Cette limitation s’applique actuellement au système Starshield militaire et est fixée à 160 km/h », écrit ainsi Serhii Beskrestnov. Les avions de combat, les drones ou les missiles dont les opérations dépendent de Starshield ont été bridés dès que leur vitesse atteignait cette limite.

Pour Sternenko comme pour Beskrestnov, ces restrictions ne peuvent pas être vues comme un accident. « Cette action n’est manifestement pas une coïncidence et est liée au contexte politique actuel », affirme le premier. « SpaceX prend vraisemblablement ces mesures à la demande de l’administration Trump », estime le second.

Relayé notamment par la presse ukrainienne, l’incident a fait réagir publiquement le ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski. Sur X, il a directement interpellé Elon Musk, patron de SpaceXAI (en passe d’être renommée SpaceXSI).

« Hey @elonmusk, grand homme, vous instrumentalisez encore la politique avec vos produits ? En tant que clients européens, nous vous surveillons ».

L’invective « grand homme » (« big man » en VO) fait référence à une passe d’armes survenue sur X en mars 2025 entre Radosław Sikorski, Elon Musk et Marco Rubio, le secrétaire d’État américain. À l’époque, le patron de SpaceX avait affirmé sur son réseau social que toute la ligne de défense ukrainienne s’effondrerait s’il coupait l’accès à Starlink.

Le ministre polonais lui avait alors rétorqué qu’une telle décision entraînerait la recherche d’un autre fournisseur, et soulignait que son gouvernement finançait la moitié des 42 000 terminaux Starlink alors en circulation en Ukraine, pour environ 50 millions de dollars par an. Elon Musk lui avait alors répondu : « Tais-toi, petit homme. Tu ne paies qu’une infime partie du coût. Et rien ne remplace Starlink ».

Dans son message initial, Elon Musk promettait à l’époque qu’il n’interviendrait pas sur les capacités fournies à l’Ukraine :

« Même si je désapprouve totalement la politique ukrainienne, Starlink ne coupera jamais ses terminaux… Nous ne ferions jamais une chose pareille et nous ne l’utiliserions jamais comme monnaie d’échange. »

Starlink, présent officiellement en Ukraine depuis 2022, a déjà appliqué des restrictions sur certains usages militaires et notamment sur le contrôle à distance de drones, comme le soulignait la BBC en 2023.

Depuis la mise en place du blocage de Starlink en Russie en février 2026, le réseau satellitaire fonctionne en Ukraine sur la base d’une liste blanche d’appareils autorisés par le gouvernement, et certaines restrictions de limitation de vitesse en mouvement peuvent toujours s’appliquer, prévient le service sur ses pages grand public.

Officiellement, Kiev garde cependant la main sur les usages de Starlink à des fins militaires, notamment pour les drones, qui recourent à une antenne satellitaire pour tenter de se prémunir des dispositifs de brouillage russes.

Des restrictions sur fond de refroidissement entre Kiev et Washington ?

La donne aurait-elle changé ? Les restrictions constatées par l’Ukraine interviennent alors que le pays s’inquiète d’un affaiblissement du soutien prodigué par les États-Unis, notamment en matière de renseignement consacré à la détection des frappes russes.

Volodymyr Zelensky a notamment déploré mercredi n’avoir reçu aucune information préventive de ses alliés alors que des frappes russes ont touché Kiev, Dnipropetrovsk et Zaporijia dans la nuit du 13 au 14 octobre. Des attaques ciblées ont également visé des centrales électriques autour de Kiev et de Kharkiv, alors que Donald Trump s’était félicité quelques jours plus tôt d’avoir réussi à mettre en place un cessez-le-feu bilatéral sur les infrastructures énergétiques en vue de l’hiver imminent.

Dans le même temps, Washington a clairement durci son discours vis-à-vis de l’Ukraine. Donald Trump a affirmé samedi 9 octobre que le pays aurait tout intérêt à élire un nouveau dirigeant, accusant ce dernier d’être responsable de la crise pétrolière en cours. Le même jour, il annonçait un accord avec Moscou portant sur l’achat de diesel russe, une première depuis 2022 et la mise en place des sanctions internationales sur la Russie.

Ni Musk, ni SpaceX, n’ont pour l’instant réagi formellement aux allégations ukrainiennes.

L’opérateur européen Eutelsat, dont l’État français est devenu le premier actionnaire, s’était dit par le passé prêt à prendre le relais de Starlink si nécessaire. « On a les mêmes compétences avec une couverture globale, mais la différence se situe dans notre capacité à voler un peu plus haut. Nous sommes à 1.200 kilomètres, contre 400 pour Starlink », faisait valoir sa directrice générale de l’époque, Eva Berneke, reconnaissant toutefois qu’Eutelsat ne pouvait pas lutter face à son concurrent américain pour ce qui est de la capacité.

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[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un (sans) fil à la patte
[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un proche du gouvernement ukrainien affirme que Starlink a restreint le fonctionnement de son réseau à destination des appareils et drones en mouvement des forces militaires engagées contre la Russie. La Pologne a publiquement interpellé Elon Musk à ce sujet. L’entreprise n’a pas confirmé son intervention dans ces restrictions, alors que les tensions entre Donald Trump et l’Ukraine s’accentuent.

Mise à jour, 15 octobre, 9h07 : Elon Musk s’est finalement exprimé sur la situation ukrainienne mercredi soir (heure française), et l’entrepreneur a très explicitement renvoyé la responsabilité de ces restrictions à Washington, et plus précisément à Donald Trump :

« Les systèmes Starshield sont la propriété du gouvernement américain et sont contrôlés par lui. Toute limitation de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis. »

Musk répondait à un message de Mykhailo Fedorov, l’ex ministre de la Défense ukrainien, qui signalait un début de restauration du service Starshield pour les appareils évoluant jusqu’à 160 km/h. Le patron de SpaceX en a profité pour rappeler la distinction entre Starshield et Starlink vis-à-vis des usages militaires.

« Starlink est un service commercial détenu et exploité par SpaceX. Son utilisation est limitée aux activités civiles ou défensives et ne peut en aucun cas servir à des fins militaires offensives, ce qui serait inapproprié pour une entreprise commerciale. »

Donald Trump, généralement prompt à commenter publiquement ses décisions, ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet.

Publication initiale, 14 octobre, 17 heures :

Tour à tour, l’activiste Serhii Sternenko et l’expert en technologies militaires Serhii Beskrestnov, conseiller rangé aux côtés du président Volodymyr Zelensky, ont signalé mercredi 14 octobre au matin des restrictions constatées au niveau de l’accès à Internet fourni par Starlink aux forces militaires engagées dans la guerre contre la Russie.

« Les terminaux Starlink ont ​​été limités ce soir. La communication a commencé à se dégrader en mouvement à des vitesses supérieures à 160 km/h. Ceci a perturbé plusieurs missions importantes », a affirmé le premier sur Telegram, mercredi vers 7 h du matin. Le second a soutenu explicitement l’hypothèse une heure plus tard :

« Je peux confirmer que SpaceX a mis en place une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement [hier soir]. Nos forces de défense n’ont pas été informées de cette limitation, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions ».

Des restrictions sur les appareils en mouvement

D’après lui, les restrictions en question ne concernaient pas la couverture standard Starlink, mais l’offre plus spécifique Starshield, le sous-ensemble de la constellation SpaceX dédié aux usages gouvernementaux et militaires. Ici, elles porteraient sur un usage bien spécifique : la connexion fournie aux appareils en mouvement.

« Cette limitation s’applique actuellement au système Starshield militaire et est fixée à 160 km/h », écrit ainsi Serhii Beskrestnov. Les avions de combat, les drones ou les missiles dont les opérations dépendent de Starshield ont été bridés dès que leur vitesse atteignait cette limite.

Pour Sternenko comme pour Beskrestnov, ces restrictions ne peuvent pas être vues comme un accident. « Cette action n’est manifestement pas une coïncidence et est liée au contexte politique actuel », affirme le premier. « SpaceX prend vraisemblablement ces mesures à la demande de l’administration Trump », estime le second.

Relayé notamment par la presse ukrainienne, l’incident a fait réagir publiquement le ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski. Sur X, il a directement interpellé Elon Musk, patron de SpaceXAI (en passe d’être renommée SpaceXSI).

« Hey @elonmusk, grand homme, vous instrumentalisez encore la politique avec vos produits ? En tant que clients européens, nous vous surveillons ».

L’invective « grand homme » (« big man » en VO) fait référence à une passe d’armes survenue sur X en mars 2025 entre Radosław Sikorski, Elon Musk et Marco Rubio, le secrétaire d’État américain. À l’époque, le patron de SpaceX avait affirmé sur son réseau social que toute la ligne de défense ukrainienne s’effondrerait s’il coupait l’accès à Starlink.

Le ministre polonais lui avait alors rétorqué qu’une telle décision entraînerait la recherche d’un autre fournisseur, et soulignait que son gouvernement finançait la moitié des 42 000 terminaux Starlink alors en circulation en Ukraine, pour environ 50 millions de dollars par an. Elon Musk lui avait alors répondu : « Tais-toi, petit homme. Tu ne paies qu’une infime partie du coût. Et rien ne remplace Starlink ».

Dans son message initial, Elon Musk promettait à l’époque qu’il n’interviendrait pas sur les capacités fournies à l’Ukraine :

« Même si je désapprouve totalement la politique ukrainienne, Starlink ne coupera jamais ses terminaux… Nous ne ferions jamais une chose pareille et nous ne l’utiliserions jamais comme monnaie d’échange. »

Starlink, présent officiellement en Ukraine depuis 2022, a déjà appliqué des restrictions sur certains usages militaires et notamment sur le contrôle à distance de drones, comme le soulignait la BBC en 2023.

Depuis la mise en place du blocage de Starlink en Russie en février 2026, le réseau satellitaire fonctionne en Ukraine sur la base d’une liste blanche d’appareils autorisés par le gouvernement, et certaines restrictions de limitation de vitesse en mouvement peuvent toujours s’appliquer, prévient le service sur ses pages grand public.

Officiellement, Kiev garde cependant la main sur les usages de Starlink à des fins militaires, notamment pour les drones, qui recourent à une antenne satellitaire pour tenter de se prémunir des dispositifs de brouillage russes.

Des restrictions sur fond de refroidissement entre Kiev et Washington ?

La donne aurait-elle changé ? Les restrictions constatées par l’Ukraine interviennent alors que le pays s’inquiète d’un affaiblissement du soutien prodigué par les États-Unis, notamment en matière de renseignement consacré à la détection des frappes russes.

Volodymyr Zelensky a notamment déploré mercredi n’avoir reçu aucune information préventive de ses alliés alors que des frappes russes ont touché Kiev, Dnipropetrovsk et Zaporijia dans la nuit du 13 au 14 octobre. Des attaques ciblées ont également visé des centrales électriques autour de Kiev et de Kharkiv, alors que Donald Trump s’était félicité quelques jours plus tôt d’avoir réussi à mettre en place un cessez-le-feu bilatéral sur les infrastructures énergétiques en vue de l’hiver imminent.

Dans le même temps, Washington a clairement durci son discours vis-à-vis de l’Ukraine. Donald Trump a affirmé samedi 9 octobre que le pays aurait tout intérêt à élire un nouveau dirigeant, accusant ce dernier d’être responsable de la crise pétrolière en cours. Le même jour, il annonçait un accord avec Moscou portant sur l’achat de diesel russe, une première depuis 2022 et la mise en place des sanctions internationales sur la Russie.

Ni Musk, ni SpaceX, n’ont pour l’instant réagi formellement aux allégations ukrainiennes.

L’opérateur européen Eutelsat, dont l’État français est devenu le premier actionnaire, s’était dit par le passé prêt à prendre le relais de Starlink si nécessaire. « On a les mêmes compétences avec une couverture globale, mais la différence se situe dans notre capacité à voler un peu plus haut. Nous sommes à 1.200 kilomètres, contre 400 pour Starlink », faisait valoir sa directrice générale de l’époque, Eva Berneke, reconnaissant toutefois qu’Eutelsat ne pouvait pas lutter face à son concurrent américain pour ce qui est de la capacité.

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Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Hysteria
Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Meta a lancé lundi Muse Wonder, sa nouvelle famille de modèles de pointe dont les performances rivalisent avec celles d’Opus 5.5 et de GPT-6. Les modèles concernés, présentés comme particulièrement doués pour les tâches au long cours et les missions déléguées à un agent, sont accessibles via API ou au travers d’un abonnement Muse Code.

Après de multiples redémarrages, des restructurations et des (dizaines de) milliards de dollars investis dans son Meta Superintelligence Labs, la maison-mère de Facebook affirme être revenue dans la course aux modèles de pointe. Meta a en effet présenté lundi 12 octobre une famille de deux grands modèles de langage généralistes baptisée Muse Wonder, dont les performances sont censées tenir la dragée haute aux références concurrentes que sont Opus 5.5 chez Anthropic et GPT-6 Astra chez OpenAI.

« La série Muse Wonder atteint des résultats de pointe sur les principaux critères de référence pour les agents personnels et professionnels, la mémoire et le code », revendique Meta, qui affirme avoir consacré 14 mois de travaux à ces nouveaux modèles, entraînés dans son premier datacenter majeur dédié à l’IA, Prometheus.

Un modèle au niveau des concurrents

D’après Meta, la version Muse Wonder Full obtiendrait ainsi un score de 56 dans la suite de tests de performances d’Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5 et 53 pour Claude Fable 5.1 ou GPT-6 Astra. La version standard Muse Wonder affiche quant à elle un score global de 52, équivalent à celui de GPT-6.1 Sol et en retrait de seulement 1 point par rapport à Gemini 4 Argon. Le précédent modèle de pointe de Meta, Spark 1.3, culminait quant à lui à 48.

Meta revendique un bond significatif dans le classement Artificial Analysis – crédit Meta

Sur des tests plus spécifiques, Meta revendique (sur la base de ses propres relevés) la première place en code, notamment sur les tâches au long cours, mais aussi en automatisation de processus, en finances ou sur des missions relevant du juridique.

C’est aussi, et surtout, vers l’utilisation de l’IA générative en tant qu’agent que se sont concentrés les efforts de Meta, c’est-à-dire la capacité du modèle à orchestrer et à mettre en œuvre lui-même les ressources nécessaires au traitement d’une requête complexe. Sur ce volet, Meta avance deux optimisations spécifiques.

La première, baptisée Active Memory, consiste en la capacité à se rappeler des échanges passés avec l’utilisateur, pour que le modèle tienne toujours compte du contexte général et des informations données lors de précédentes requêtes. Meta utilise ici une appellation marketing pour une fonction intégrée à tous les modèles concurrents. Elle revendique cependant une efficacité supérieure : en la matière, Muse Wonder obtient un score de 85,6 % sur un benchmark interne, contre 81,5 % pour Opus 5.5 ou 81,4 % pour GPT-6 Astra.

La seconde, Active Focus, relève elle aussi du marketing, puisqu’elle désigne la façon dont le modèle est censé persévérer et explorer des chemins de traverse lors de la résolution d’un problème complexe. Là aussi, Meta met en avant une évaluation interne, qui confère à Muse Wonder Full un score de 54,2 %, contre 47,7 % pour GPT-6 Astra, 45,8 % pour Opus 5.5 et 44,9 % pour Muse Wonder.

Un focus sur les tâches agentiques

D’après Meta, les deux nouveaux modèles présenteraient aussi des capacités d’adaptation intéressantes lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites, précisément parce qu’ils ont été entraînés sur un corpus particulièrement large.

« Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes : une base plus solide génère des gains post-entraînement qui se transposent plus efficacement aux tâches inconnues. Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes – dont certaines ne peuvent être anticipées lors de l’entraînement », décrit l’entreprise.

L’argument n’est pas anodin pour Meta : le groupe commercialise depuis le 8 septembre dernier aux États-Unis l’accès à un agent grand public, Muse, censé pouvoir réaliser des tâches du quotidien (achats en ligne, réservations, réponse aux messages ou aux appels téléphoniques etc.) pour le compte de ses utilisateurs. Initialement basé sur les modèles Muse Spark et souffrant de quelques lacunes, ce dernier devrait rapidement profiter des capacités offertes par Muse Wonder.

En matière de code ou de requêtes dangereuses, Meta assure enfin avoir particulièrement bien protégé ses modèles Muse Wonder, « tout en préservant l’accès aux capacités cyber de pointe à des fins défensives ».

Des prix calés sur ceux d’Anthropic

Si Meta dispose déjà d’une immense base de contacts via ses outils sociaux, reste la question du prix. Au lancement de l’agent de programmation Muse Code, en août dernier, Meta affichait des tarifs très compétitifs pour tenter d’imposer ses modèles Spark face à une concurrence supérieure sur le plan des performances.

4 dollars le million de tokens en entrée, 20 dollars en sortie, Meta a calqué ses prix sur ceux d’Anthropic – capture d’écran Next

Les nouveaux venus s’affichent à un prix censé refléter leur nouvelle promesse. Muse Wonder, doté d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, est facturé 4 dollars le million de tokens en entrée contre 20 dollars en sortie via API, et 0,20 dollar pour la lecture du cache, soit exactement les tarifs pratiqués par Anthropic pour Claude Opus 5.5. La version Wonder Full est quant à elle réservée aux souscripteurs d’un abonnement Muse Code, à partir de la formule « Utilisation intensive » facturée (en France) 42,99 euros par mois.

Notons pour finir que les modèles Muse Wonder sont pour l’instant réservés à Meta, et distribués de façon « fermée » : il n’est pas possible de télécharger les poids ou de les installer en local. Le groupe n’a toutefois pas abandonné l’approche ouverte, mais il faudra à ce niveau se contenter de Muse Glimmer, un modèle moins ambitieux (30 milliards de paramètres), distillé à partir de la famille Muse Spark.

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Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Hysteria
Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Meta a lancé lundi Muse Wonder, sa nouvelle famille de modèles de pointe dont les performances rivalisent avec celles d’Opus 5.5 et de GPT-6. Les modèles concernés, présentés comme particulièrement doués pour les tâches au long cours et les missions déléguées à un agent, sont accessibles via API ou au travers d’un abonnement Muse Code.

Après de multiples redémarrages, des restructurations et des (dizaines de) milliards de dollars investis dans son Meta Superintelligence Labs, la maison-mère de Facebook affirme être revenue dans la course aux modèles de pointe. Meta a en effet présenté lundi 12 octobre une famille de deux grands modèles de langage généralistes baptisée Muse Wonder, dont les performances sont censées tenir la dragée haute aux références concurrentes que sont Opus 5.5 chez Anthropic et GPT-6 Astra chez OpenAI.

« La série Muse Wonder atteint des résultats de pointe sur les principaux critères de référence pour les agents personnels et professionnels, la mémoire et le code », revendique Meta, qui affirme avoir consacré 14 mois de travaux à ces nouveaux modèles, entraînés dans son premier datacenter majeur dédié à l’IA, Prometheus.

Un modèle au niveau des concurrents

D’après Meta, la version Muse Wonder Full obtiendrait ainsi un score de 56 dans la suite de tests de performances d’Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5 et 53 pour Claude Fable 5.1 ou GPT-6 Astra. La version standard Muse Wonder affiche quant à elle un score global de 52, équivalent à celui de GPT-6.1 Sol et en retrait de seulement 1 point par rapport à Gemini 4 Argon. Le précédent modèle de pointe de Meta, Spark 1.3, culminait quant à lui à 48.

Meta revendique un bond significatif dans le classement Artificial Analysis – crédit Meta

Sur des tests plus spécifiques, Meta revendique (sur la base de ses propres relevés) la première place en code, notamment sur les tâches au long cours, mais aussi en automatisation de processus, en finances ou sur des missions relevant du juridique.

C’est aussi, et surtout, vers l’utilisation de l’IA générative en tant qu’agent que se sont concentrés les efforts de Meta, c’est-à-dire la capacité du modèle à orchestrer et à mettre en œuvre lui-même les ressources nécessaires au traitement d’une requête complexe. Sur ce volet, Meta avance deux optimisations spécifiques.

La première, baptisée Active Memory, consiste en la capacité à se rappeler des échanges passés avec l’utilisateur, pour que le modèle tienne toujours compte du contexte général et des informations données lors de précédentes requêtes. Meta utilise ici une appellation marketing pour une fonction intégrée à tous les modèles concurrents. Elle revendique cependant une efficacité supérieure : en la matière, Muse Wonder obtient un score de 85,6 % sur un benchmark interne, contre 81,5 % pour Opus 5.5 ou 81,4 % pour GPT-6 Astra.

La seconde, Active Focus, relève elle aussi du marketing, puisqu’elle désigne la façon dont le modèle est censé persévérer et explorer des chemins de traverse lors de la résolution d’un problème complexe. Là aussi, Meta met en avant une évaluation interne, qui confère à Muse Wonder Full un score de 54,2 %, contre 47,7 % pour GPT-6 Astra, 45,8 % pour Opus 5.5 et 44,9 % pour Muse Wonder.

Un focus sur les tâches agentiques

D’après Meta, les deux nouveaux modèles présenteraient aussi des capacités d’adaptation intéressantes lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites, précisément parce qu’ils ont été entraînés sur un corpus particulièrement large.

« Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes : une base plus solide génère des gains post-entraînement qui se transposent plus efficacement aux tâches inconnues. Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes – dont certaines ne peuvent être anticipées lors de l’entraînement », décrit l’entreprise.

L’argument n’est pas anodin pour Meta : le groupe commercialise depuis le 8 septembre dernier aux États-Unis l’accès à un agent grand public, Muse, censé pouvoir réaliser des tâches du quotidien (achats en ligne, réservations, réponse aux messages ou aux appels téléphoniques etc.) pour le compte de ses utilisateurs. Initialement basé sur les modèles Muse Spark et souffrant de quelques lacunes, ce dernier devrait rapidement profiter des capacités offertes par Muse Wonder.

En matière de code ou de requêtes dangereuses, Meta assure enfin avoir particulièrement bien protégé ses modèles Muse Wonder, « tout en préservant l’accès aux capacités cyber de pointe à des fins défensives ».

Des prix calés sur ceux d’Anthropic

Si Meta dispose déjà d’une immense base de contacts via ses outils sociaux, reste la question du prix. Au lancement de l’agent de programmation Muse Code, en août dernier, Meta affichait des tarifs très compétitifs pour tenter d’imposer ses modèles Spark face à une concurrence supérieure sur le plan des performances.

4 dollars le million de tokens en entrée, 20 dollars en sortie, Meta a calqué ses prix sur ceux d’Anthropic – capture d’écran Next

Les nouveaux venus s’affichent à un prix censé refléter leur nouvelle promesse. Muse Wonder, doté d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, est facturé 4 dollars le million de tokens en entrée contre 20 dollars en sortie via API, et 0,20 dollar pour la lecture du cache, soit exactement les tarifs pratiqués par Anthropic pour Claude Opus 5.5. La version Wonder Full est quant à elle réservée aux souscripteurs d’un abonnement Muse Code, à partir de la formule « Utilisation intensive » facturée (en France) 42,99 euros par mois.

Notons pour finir que les modèles Muse Wonder sont pour l’instant réservés à Meta, et distribués de façon « fermée » : il n’est pas possible de télécharger les poids ou de les installer en local. Le groupe n’a toutefois pas abandonné l’approche ouverte, mais il faudra à ce niveau se contenter de Muse Glimmer, un modèle moins ambitieux (30 milliards de paramètres), distillé à partir de la famille Muse Spark.

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Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

La confiance n'exclut pas le contrôle
Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

Suite à des signalements d’utilisateurs relatifs à des vols de cryptomonnaies, Ledger a confirmé la présence d’un implant matériel sur au moins l’un de ses portefeuilles matériels, distribué par l’intermédiaire d’un revendeur agréé d’Asie du Sud-Est. L’entreprise française annonce l’ouverture d’une enquête.

Les premiers témoignages sont apparus sur les réseaux sociaux. D’un côté, des utilisateurs se sont alarmés de voir que des transactions avaient été réalisées à leur insu à partir de leur portefeuille matériel Ledger dédié au stockage sécurisé de cryptomonnaies. « Mon portefeuille Ledger vient d’être vidé de près de 100 000 USDT. Ma phrase de récupération était manuscrite et conservée en lieu sûr. Je ne touche jamais à mon Ledger Stax. Ce portefeuille me servait uniquement à stocker des fonds et je n’interagissais avec lui que pour recevoir des paiements », décrit l’un d’eux, capture d’écran à l’appui.

De l’autre, Mark Karpelès, ancien CEO de la plateforme d’échange de bitcoins Mt. Gox arrêté et condamné pour malversations, a signalé mi-septembre la découverte de nouveaux implants matériels suspects sur des portefeuilles Ledger du commerce.

Ledger confirme au moins un cas de piratage matériel

Le lien entre les deux phénomènes semble confirmé. Après une première alerte de sécurité formulée vendredi 9 octobre, Ledger a admis samedi 10 octobre qu’au moins un de ses portefeuilles matériels, vendu par l’intermédiaire de la société asiatique CryptoBilis, contenait un implant matériel qui a pu contribuer au vol de cryptomonnaies stockées sur l’appareil, à l’insu de son propriétaire légitime.

L’entreprise annonce l’ouverture d’une enquête et appelle les clients de ce revendeur à ne pas paramétrer de nouveau portefeuille, ou à transférer leurs actifs vers un autre appareil, avec une autre phrase de sécurité.

« Par mesure de précaution, CryptoBilis a confirmé avoir suspendu la vente de tous ses portefeuilles matériels jusqu’à la fin de l’enquête. Ledger est en contact permanent avec CryptoBilis concernant les prochaines étapes », ajoute Ledger. CryptoBilis affiche désormais un avertissement similaire sur son site Web.

CryptoBilis a publié un avertissement sur son site invitant ses clients à ne pas paramétrer les portefeuilles Ledger achetés par son intermédiaire – capture d’écran Next

Les fondateurs de CryptoBilis ont dès vendredi pris leurs distances, expliquant avoir vendu leur société en mars 2026, et n’avoir plus ni responsabilité opérationnelle, ni accès aux données de l’entreprise, basée en Malaisie.

L’affaire pourrait cependant connaître de nouvelles répercussions : un utilisateur basé en Europe affirme lui aussi avoir découvert un implant matériel dans son portefeuille Ledger acheté auprès de la chaîne Mediamarkt.

Plusieurs dizaines de millions de dollars détournés ?

Ledger a de son côté pris à nouveau la parole dimanche soir pour tenter de rassurer ses clients :

« L’enquête se poursuit et nous collaborons avec les autorités compétentes. Le nombre d’appareils concernés est limité. Nous comprenons les inquiétudes que cela suscite, notamment chez les personnes directement touchées, et nous contactons les utilisateurs concernés. »

« De plus, nous conseillons vivement aux utilisateurs de ne pas acheter auprès de revendeurs non autorisés, car le risque d’acquérir des appareils suspects, contrefaits ou modifiés est important, aucun de ces appareils ne fonctionnant selon les directives de sécurité de Ledger. », écrit encore l’entreprise. Elle a supprimé lundi matin CryptoBilis de la liste des revendeurs autorisés de ses solutions.

En s’appuyant sur les informations partagées par les victimes et notamment sur les adresses vers lesquelles ont été transférés les fonds volés, certains analystes indépendants ont tenté d’estimer l’ampleur du phénomène. Le compte pseudonyme Specter avance le chiffre de 86 millions de dollars, récupérés à partir de plusieurs centaines de portefeuilles. Bitquery, qui édite une plateforme d’analyse et d’indexation de données blockchain, évoque pour sa part une enveloppe de 93,2 millions de dollars, volée sur un ensemble de 315 portefeuilles individuels.

Compromission de la chaîne d’approvisionnement

Le phénomène des wallets « piégés » n’est pas nouveau (voir par exemple ce témoignage daté de 2025, à partir d’un exemplaire acheté en Thaïlande), c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Ledger appelle à ne se fournir que chez des revendeurs agréés. En cas de doute, l’entreprise propose d’ailleurs une page d’aide permettant à ses clients de vérifier l’intégrité de leur matériel, en comparant leur Ledger avec les photos d’un exemplaire légitime.

Reste à savoir à quel niveau la chaîne d’approvisionnement a été compromise. Mark Karpelès affirme, photo à l’appui, avoir constaté la présence d’un implant espion dans un Ledger Nano acheté auprès de CryptoBilis. D’après lui, l’implant en question a nettement gagné en sophistication. Plus discret, il intègre un module LTE, de quoi gérer une carte SIM virtuelle (e-SIM) et un microcontrôleur connecté au bus SPI du Ledger, « qui analyse les caractères affichés à l’utilisateur et envoie les données dès que votre phrase de récupération est configurée ».

Si ses constatations sont justes, l’implant serait donc capable de détecter le moment où l’utilisateur paramètre sa phrase de récupération, la séquence de 24 mots qui constitue la clé pour déclencher une transaction à partir du portefeuille. Une fois l’information reçue, l’attaquant serait alors en mesure de vider le portefeuille à distance, sans y avoir jamais eu accès physiquement.

Contactée par nos soins lundi matin pour de plus amples informations, Ledger n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.

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Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

La confiance n'exclut pas le contrôle
Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

Suite à des signalements d’utilisateurs relatifs à des vols de cryptomonnaies, Ledger a confirmé la présence d’un implant matériel sur au moins l’un de ses portefeuilles matériels, distribué par l’intermédiaire d’un revendeur agréé d’Asie du Sud-Est. L’entreprise française annonce l’ouverture d’une enquête.

Les premiers témoignages sont apparus sur les réseaux sociaux. D’un côté, des utilisateurs se sont alarmés de voir que des transactions avaient été réalisées à leur insu à partir de leur portefeuille matériel Ledger dédié au stockage sécurisé de cryptomonnaies. « Mon portefeuille Ledger vient d’être vidé de près de 100 000 USDT. Ma phrase de récupération était manuscrite et conservée en lieu sûr. Je ne touche jamais à mon Ledger Stax. Ce portefeuille me servait uniquement à stocker des fonds et je n’interagissais avec lui que pour recevoir des paiements », décrit l’un d’eux, capture d’écran à l’appui.

De l’autre, Mark Karpelès, ancien CEO de la plateforme d’échange de bitcoins Mt. Gox arrêté et condamné pour malversations, a signalé mi-septembre la découverte de nouveaux implants matériels suspects sur des portefeuilles Ledger du commerce.

Ledger confirme au moins un cas de piratage matériel

Le lien entre les deux phénomènes semble confirmé. Après une première alerte de sécurité formulée vendredi 9 octobre, Ledger a admis samedi 10 octobre qu’au moins un de ses portefeuilles matériels, vendu par l’intermédiaire de la société asiatique CryptoBilis, contenait un implant matériel qui a pu contribuer au vol de cryptomonnaies stockées sur l’appareil, à l’insu de son propriétaire légitime.

L’entreprise annonce l’ouverture d’une enquête et appelle les clients de ce revendeur à ne pas paramétrer de nouveau portefeuille, ou à transférer leurs actifs vers un autre appareil, avec une autre phrase de sécurité.

« Par mesure de précaution, CryptoBilis a confirmé avoir suspendu la vente de tous ses portefeuilles matériels jusqu’à la fin de l’enquête. Ledger est en contact permanent avec CryptoBilis concernant les prochaines étapes », ajoute Ledger. CryptoBilis affiche désormais un avertissement similaire sur son site Web.

CryptoBilis a publié un avertissement sur son site invitant ses clients à ne pas paramétrer les portefeuilles Ledger achetés par son intermédiaire – capture d’écran Next

Les fondateurs de CryptoBilis ont dès vendredi pris leurs distances, expliquant avoir vendu leur société en mars 2026, et n’avoir plus ni responsabilité opérationnelle, ni accès aux données de l’entreprise, basée en Malaisie.

L’affaire pourrait cependant connaître de nouvelles répercussions : un utilisateur basé en Europe affirme lui aussi avoir découvert un implant matériel dans son portefeuille Ledger acheté auprès de la chaîne Mediamarkt.

Plusieurs dizaines de millions de dollars détournés ?

Ledger a de son côté pris à nouveau la parole dimanche soir pour tenter de rassurer ses clients :

« L’enquête se poursuit et nous collaborons avec les autorités compétentes. Le nombre d’appareils concernés est limité. Nous comprenons les inquiétudes que cela suscite, notamment chez les personnes directement touchées, et nous contactons les utilisateurs concernés. »

« De plus, nous conseillons vivement aux utilisateurs de ne pas acheter auprès de revendeurs non autorisés, car le risque d’acquérir des appareils suspects, contrefaits ou modifiés est important, aucun de ces appareils ne fonctionnant selon les directives de sécurité de Ledger. », écrit encore l’entreprise. Elle a supprimé lundi matin CryptoBilis de la liste des revendeurs autorisés de ses solutions.

En s’appuyant sur les informations partagées par les victimes et notamment sur les adresses vers lesquelles ont été transférés les fonds volés, certains analystes indépendants ont tenté d’estimer l’ampleur du phénomène. Le compte pseudonyme Specter avance le chiffre de 86 millions de dollars, récupérés à partir de plusieurs centaines de portefeuilles. Bitquery, qui édite une plateforme d’analyse et d’indexation de données blockchain, évoque pour sa part une enveloppe de 93,2 millions de dollars, volée sur un ensemble de 315 portefeuilles individuels.

Compromission de la chaîne d’approvisionnement

Le phénomène des wallets « piégés » n’est pas nouveau (voir par exemple ce témoignage daté de 2025, à partir d’un exemplaire acheté en Thaïlande), c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Ledger appelle à ne se fournir que chez des revendeurs agréés. En cas de doute, l’entreprise propose d’ailleurs une page d’aide permettant à ses clients de vérifier l’intégrité de leur matériel, en comparant leur Ledger avec les photos d’un exemplaire légitime.

Reste à savoir à quel niveau la chaîne d’approvisionnement a été compromise. Mark Karpelès affirme, photo à l’appui, avoir constaté la présence d’un implant espion dans un Ledger Nano acheté auprès de CryptoBilis. D’après lui, l’implant en question a nettement gagné en sophistication. Plus discret, il intègre un module LTE, de quoi gérer une carte SIM virtuelle (e-SIM) et un microcontrôleur connecté au bus SPI du Ledger, « qui analyse les caractères affichés à l’utilisateur et envoie les données dès que votre phrase de récupération est configurée ».

Si ses constatations sont justes, l’implant serait donc capable de détecter le moment où l’utilisateur paramètre sa phrase de récupération, la séquence de 24 mots qui constitue la clé pour déclencher une transaction à partir du portefeuille. Une fois l’information reçue, l’attaquant serait alors en mesure de vider le portefeuille à distance, sans y avoir jamais eu accès physiquement.

Contactée par nos soins lundi matin pour de plus amples informations, Ledger n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.

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Michelangelus, la police qui s’inspire de l’écriture manuscrite de Michel-Ange

Le dessin, racine de toutes les sciences
Michelangelus, la police qui s’inspire de l’écriture manuscrite de Michel-Ange

La Fabbrica di San Pietro a commandé à un studio graphique une police de caractères inspirée à la fois de l’écriture manuscrite et des œuvres de Michel-Ange. Baptisée Michelangelus, elle intrigue surtout par son processus de création  : comment restituer par l’intermédiaire d’un jeu de caractères les capacités créatives et la maîtrise d’un des grands maîtres de la Renaissance ?

Au sein du Vatican, la Fabbrica di San Pietro (Fabrique de Saint-Pierre) est l’institution chargée de veiller aux destinées de la basilique Saint-Pierre, dont le dôme et plusieurs des peintures ornant les chapelles sont l’œuvre de Michel-Ange. Pour perpétuer le travail de ce dernier, elle a choisi une voie inédite : concevoir, ou plutôt faire concevoir, une police de caractères inspirée de l’écriture de l’artiste, baptisée Michelangelus.

La commande a été passée en début d’année, avec en ligne de mire les célébrations associées aux 400 ans de la consécration de la basilique par le pape Urbain VIII, le 18 novembre 1626. Elle a été confiée à l’agence de création italo-allemande studiogusto et c’est Microsoft, dont l’éventuelle participation financière au projet n’a pas été précisée, qui a été choisi comme vecteur de diffusion de cette nouvelle police. « Le projet Michelangelus est l’une des initiatives numériques confiées à Microsoft par la Fabbrica di San Pietro in Vaticano pour promouvoir et valoriser son patrimoine culturel », indique de son côté l’institution.

Entre lettres personnelles et œuvres monumentales

L’éditeur la propose dès à présent au téléchargement pour les systèmes d’exploitation prenant en charge les polices de type OpenFont, et annonce qu’elle sera diffusée au travers des outils de la suite Microsoft 365, probablement aux alentours du mois de novembre. La police réunit 500 glyphes, déclinés en standard, italique, gras et gras italique, soit un total de 2 000 caractères et symboles.

Des quatre déclinaisons, c’est sans doute la version italique qui traduit le mieux la volonté de retranscrire une écriture manuscrite : on y observe un « g » au trait très différent de celui des polices courantes, ainsi qu’un « f » qui comme en écriture cursive, descend sous la ligne de base.

Aperçu de la police Michelangelus italique – capture d’écran Next

Plus que la police d’écriture en tant que telle, c’est la démarche de création de Michelangelus qui interpelle. La Fabbrica di San Pietro souhaitait en effet aller plus loin qu’une simple transposition de l’écriture manuscrite de Michel-Ange. « L’ambition est plus large : dégager de son écriture une logique visuelle, un système de proportions, de rythme et d’harmonie guidé par le regard de l’artiste », écrit-elle, affirmant par ailleurs vouloir réussir à proposer « un système typographique complet, doté d’une identité singulière, tout en restant lisible et polyvalent, conçu pour une grande variété d’usages, aussi bien dans l’imprimé que dans les applications numériques ».

Également décrit par Microsoft, le processus de création a commencé par la recherche et la compilation d’écrits de Michel-Ange, avec une exploration selon deux axes : son écriture manuscrite, celle des correspondances épistolaires et des documents de travail conservés au Vatican, et son écriture publique, celle qui apparait sur ses œuvres les plus monumentales, de la Pietà à la coupole de Saint-Pierre.

Le travail d’analyse a sans doute été aidé par une tradition d’écriture florentine que l’on retrouve chez Michel-Ange : pour garantir la lisibilité et la régularité de ses textes, l’artiste avait pris l’habitude de détacher ses caractères, contrairement à l’écriture cursive courante dans laquelle les lettres ont tendance à s’enchaîner sans interruption.

« Plusieurs caractéristiques récurrentes se sont progressivement dégagées : la construction des majuscules, le rapport entre les espaces positifs et négatifs, les proportions des formes, la régularité des inclinaisons, la forme des terminaisons et le rythme général de l’écriture », décrit la Fabbrica di San Pietro, selon qui l’étude a permis de déterminer que même dans ses lettres personnelles, Michel-Ange conservait une écriture extrêmement précise. « Une grille invisible régit les traits, créant un équilibre entre vitalité et discipline ». Une dualité que le maître n’aurait sans doute pas reniée.

La Fabbrica di San Pietro indique que cette police « s’accompagne d’un modèle de licence conçu pour protéger l’intégrité et la distribution de la famille typographique ». Le contrat d’utilisateur associé est une licence Microsoft standard, qui autorise l’installation et l’usage, mais ne donne aucun droit de distribution ou de sous-licence.

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Michelangelus, la police qui s’inspire de l’écriture manuscrite de Michel-Ange

Le dessin, racine de toutes les sciences
Michelangelus, la police qui s’inspire de l’écriture manuscrite de Michel-Ange

La Fabbrica di San Pietro a commandé à un studio graphique une police de caractères inspirée à la fois de l’écriture manuscrite et des œuvres de Michel-Ange. Baptisée Michelangelus, elle intrigue surtout par son processus de création  : comment restituer par l’intermédiaire d’un jeu de caractères les capacités créatives et la maîtrise d’un des grands maîtres de la Renaissance ?

Au sein du Vatican, la Fabbrica di San Pietro (Fabrique de Saint-Pierre) est l’institution chargée de veiller aux destinées de la basilique Saint-Pierre, dont le dôme et plusieurs des peintures ornant les chapelles sont l’œuvre de Michel-Ange. Pour perpétuer le travail de ce dernier, elle a choisi une voie inédite : concevoir, ou plutôt faire concevoir, une police de caractères inspirée de l’écriture de l’artiste, baptisée Michelangelus.

La commande a été passée en début d’année, avec en ligne de mire les célébrations associées aux 400 ans de la consécration de la basilique par le pape Urbain VIII, le 18 novembre 1626. Elle a été confiée à l’agence de création italo-allemande studiogusto et c’est Microsoft, dont l’éventuelle participation financière au projet n’a pas été précisée, qui a été choisi comme vecteur de diffusion de cette nouvelle police. « Le projet Michelangelus est l’une des initiatives numériques confiées à Microsoft par la Fabbrica di San Pietro in Vaticano pour promouvoir et valoriser son patrimoine culturel », indique de son côté l’institution.

Entre lettres personnelles et œuvres monumentales

L’éditeur la propose dès à présent au téléchargement pour les systèmes d’exploitation prenant en charge les polices de type OpenFont, et annonce qu’elle sera diffusée au travers des outils de la suite Microsoft 365, probablement aux alentours du mois de novembre. La police réunit 500 glyphes, déclinés en standard, italique, gras et gras italique, soit un total de 2 000 caractères et symboles.

Des quatre déclinaisons, c’est sans doute la version italique qui traduit le mieux la volonté de retranscrire une écriture manuscrite : on y observe un « g » au trait très différent de celui des polices courantes, ainsi qu’un « f » qui comme en écriture cursive, descend sous la ligne de base.

Aperçu de la police Michelangelus italique – capture d’écran Next

Plus que la police d’écriture en tant que telle, c’est la démarche de création de Michelangelus qui interpelle. La Fabbrica di San Pietro souhaitait en effet aller plus loin qu’une simple transposition de l’écriture manuscrite de Michel-Ange. « L’ambition est plus large : dégager de son écriture une logique visuelle, un système de proportions, de rythme et d’harmonie guidé par le regard de l’artiste », écrit-elle, affirmant par ailleurs vouloir réussir à proposer « un système typographique complet, doté d’une identité singulière, tout en restant lisible et polyvalent, conçu pour une grande variété d’usages, aussi bien dans l’imprimé que dans les applications numériques ».

Également décrit par Microsoft, le processus de création a commencé par la recherche et la compilation d’écrits de Michel-Ange, avec une exploration selon deux axes : son écriture manuscrite, celle des correspondances épistolaires et des documents de travail conservés au Vatican, et son écriture publique, celle qui apparait sur ses œuvres les plus monumentales, de la Pietà à la coupole de Saint-Pierre.

Le travail d’analyse a sans doute été aidé par une tradition d’écriture florentine que l’on retrouve chez Michel-Ange : pour garantir la lisibilité et la régularité de ses textes, l’artiste avait pris l’habitude de détacher ses caractères, contrairement à l’écriture cursive courante dans laquelle les lettres ont tendance à s’enchaîner sans interruption.

« Plusieurs caractéristiques récurrentes se sont progressivement dégagées : la construction des majuscules, le rapport entre les espaces positifs et négatifs, les proportions des formes, la régularité des inclinaisons, la forme des terminaisons et le rythme général de l’écriture », décrit la Fabbrica di San Pietro, selon qui l’étude a permis de déterminer que même dans ses lettres personnelles, Michel-Ange conservait une écriture extrêmement précise. « Une grille invisible régit les traits, créant un équilibre entre vitalité et discipline ». Une dualité que le maître n’aurait sans doute pas reniée.

La Fabbrica di San Pietro indique que cette police « s’accompagne d’un modèle de licence conçu pour protéger l’intégrité et la distribution de la famille typographique ». Le contrat d’utilisateur associé est une licence Microsoft standard, qui autorise l’installation et l’usage, mais ne donne aucun droit de distribution ou de sous-licence.

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☕️ Attaque par déni de service sur la plateforme de vote pour la primaire de la gauche



La plateforme e-votez, où se déroule le vote pour la « primaire de la gauche socialiste et démocratique », fait l’objet d’une attaque par déni de service, qui ralentit mais ne compromet pas, à ce stade, son fonctionnement.

« La plateforme e-votez, prestataire du vote pour la primaire socialiste et démocratique, est victime d’une cyberattaque depuis son ouverture ce vendredi matin 8h00 », a signalé le compte X du Parti socialiste vers midi, reprenant un communiqué de la commission d’organisation de la primaire.

Communiqué de la commission d’organisation de la primaire de la gauche

« De fait, cet afflux massif et fictif de connexions entrave la capacité à voter d’une partie des électrices et électeurs. Toutefois, à aucun moment la plateforme de vote n’a été interrompue et le scrutin a pu se poursuivre sans coupure depuis son ouverture. L’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise », rassure la commission.

« Dès l’identification de cette attaque, toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la continuité du scrutin et permettre à chacune et chacun d’exercer son droit de vote », indique encore l’organisation, qui promet des poursuites :

« Les organisations politiques parties prenantes condamnent fermement cette tentative de perturbation et saisissent la justice de cette grave attaque d’un processus démocratique. »

Le premier tour de la primaire oppose Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Il se tient les vendredi 9 et samedi 10 octobre, avant un second tour programmé les 16 et 17 octobre.

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☕️ Attaque par déni de service sur la plateforme de vote pour la primaire de la gauche



La plateforme e-votez, où se déroule le vote pour la « primaire de la gauche socialiste et démocratique », fait l’objet d’une attaque par déni de service, qui ralentit mais ne compromet pas, à ce stade, son fonctionnement.

« La plateforme e-votez, prestataire du vote pour la primaire socialiste et démocratique, est victime d’une cyberattaque depuis son ouverture ce vendredi matin 8h00 », a signalé le compte X du Parti socialiste vers midi, reprenant un communiqué de la commission d’organisation de la primaire.

Communiqué de la commission d’organisation de la primaire de la gauche

« De fait, cet afflux massif et fictif de connexions entrave la capacité à voter d’une partie des électrices et électeurs. Toutefois, à aucun moment la plateforme de vote n’a été interrompue et le scrutin a pu se poursuivre sans coupure depuis son ouverture. L’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise », rassure la commission.

« Dès l’identification de cette attaque, toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la continuité du scrutin et permettre à chacune et chacun d’exercer son droit de vote », indique encore l’organisation, qui promet des poursuites :

« Les organisations politiques parties prenantes condamnent fermement cette tentative de perturbation et saisissent la justice de cette grave attaque d’un processus démocratique. »

Le premier tour de la primaire oppose Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Il se tient les vendredi 9 et samedi 10 octobre, avant un second tour programmé les 16 et 17 octobre.

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Le téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire

Les motards apprécieront
Le téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire

Le gouvernement confirme la généralisation de la possibilité désormais offerte aux préfets d’appliquer une suspension administrative du permis de conduire aux automobilistes surpris avec un téléphone portable à la main alors qu’ils conduisent, même si aucune autre infraction n’a été commise. En cas de contrôle, la suspension n’est pas immédiate.

Annoncée par voie de presse début octobre, la généralisation de la mesure est à présent officielle. Le site gouvernemental Service public informe ainsi, dans une actualité datée du 8 octobre, de la généralisation de la mise en œuvre de la suspension administrative du permis de conduire en cas de téléphone au volant.

Tenir le téléphone en main suffit à déclencher la sanction

Cette publication fait suite à l’envoi, le 29 septembre dernier, d’une instruction du ministère de l’Intérieur qui enjoint aux préfets de généraliser le recours à cette disposition déjà prévue par le Code de la route.

« La possibilité existait déjà dans le Code de la route, mais elle n’était appliquée que dans certains départements, à commencer par les Landes. Nous la généralisons donc à tout le territoire », a précisé le 2 octobre dernier au Figaro Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté.

« L’instruction vise bien l’usage du téléphone seul : il ne sera donc pas nécessaire que le conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis puisse être suspendu », a-t-elle ajouté.

Jusqu’ici, la suspension administrative n’était en effet de mise que lorsque la conduite téléphone en main était associée à une autre infraction, rappelle la notice dédiée du site Service public.

L’actualité du 8 octobre confirme : « Il n’est pas nécessaire qu’un conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis soit suspendu administrativement pour avoir tenu un téléphone portable dans sa main ».

De quinze jours à six mois de suspension

Elle précise par ailleurs que la rétention de permis n’est pas immédiate au moment du contrôle qui acte le flagrant délit : elle intervient a posteriori, après décision du préfet, qui apprécie la durée de la sanction « en fonction notamment des circonstances de l’infraction ». Une voie de recours existe : « le conducteur peut présenter ses observations dans le cadre d’une procédure contradictoire ».

« Dans les départements qui appliquent déjà cette mesure, la durée retenue est généralement de quinze jours. Elle peut aussi être d’un mois et aller, dans certains cas, jusqu’à six mois », précise à ce sujet Marie-Pierre Vedrenne. L’amende forfaitaire de 135 euros et le retrait de trois points sur le permis de conduire restent en vigueur.

Le préfet des Landes Gilles Clavreul, qui a fait partie des premiers à tester la mesure dès fin 2025, a prononcé environ 700 suspensions de permis sur un an et affirme que le dispositif porte ses fruits. « On a une diminution du nombre d’infractions de – 11% sur 12 mois, donc plus de contrôle, moins d’infractions. Ça veut dire qu’il y a un vrai changement de comportement qui s’est manifesté », déclare l’intéressé à France Info.

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Le téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire

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Le téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire

Le gouvernement confirme la généralisation de la possibilité désormais offerte aux préfets d’appliquer une suspension administrative du permis de conduire aux automobilistes surpris avec un téléphone portable à la main alors qu’ils conduisent, même si aucune autre infraction n’a été commise. En cas de contrôle, la suspension n’est pas immédiate.

Annoncée par voie de presse début octobre, la généralisation de la mesure est à présent officielle. Le site gouvernemental Service public informe ainsi, dans une actualité datée du 8 octobre, de la généralisation de la mise en œuvre de la suspension administrative du permis de conduire en cas de téléphone au volant.

Tenir le téléphone en main suffit à déclencher la sanction

Cette publication fait suite à l’envoi, le 29 septembre dernier, d’une instruction du ministère de l’Intérieur qui enjoint aux préfets de généraliser le recours à cette disposition déjà prévue par le Code de la route.

« La possibilité existait déjà dans le Code de la route, mais elle n’était appliquée que dans certains départements, à commencer par les Landes. Nous la généralisons donc à tout le territoire », a précisé le 2 octobre dernier au Figaro Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté.

« L’instruction vise bien l’usage du téléphone seul : il ne sera donc pas nécessaire que le conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis puisse être suspendu », a-t-elle ajouté.

Jusqu’ici, la suspension administrative n’était en effet de mise que lorsque la conduite téléphone en main était associée à une autre infraction, rappelle la notice dédiée du site Service public.

L’actualité du 8 octobre confirme : « Il n’est pas nécessaire qu’un conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis soit suspendu administrativement pour avoir tenu un téléphone portable dans sa main ».

De quinze jours à six mois de suspension

Elle précise par ailleurs que la rétention de permis n’est pas immédiate au moment du contrôle qui acte le flagrant délit : elle intervient a posteriori, après décision du préfet, qui apprécie la durée de la sanction « en fonction notamment des circonstances de l’infraction ». Une voie de recours existe : « le conducteur peut présenter ses observations dans le cadre d’une procédure contradictoire ».

« Dans les départements qui appliquent déjà cette mesure, la durée retenue est généralement de quinze jours. Elle peut aussi être d’un mois et aller, dans certains cas, jusqu’à six mois », précise à ce sujet Marie-Pierre Vedrenne. L’amende forfaitaire de 135 euros et le retrait de trois points sur le permis de conduire restent en vigueur.

Le préfet des Landes Gilles Clavreul, qui a fait partie des premiers à tester la mesure dès fin 2025, a prononcé environ 700 suspensions de permis sur un an et affirme que le dispositif porte ses fruits. « On a une diminution du nombre d’infractions de – 11% sur 12 mois, donc plus de contrôle, moins d’infractions. Ça veut dire qu’il y a un vrai changement de comportement qui s’est manifesté », déclare l’intéressé à France Info.

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Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

PR stunt
Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

Anthropic promettait d’offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API et un an d’abonnement gratuit aux startups qui s’inscrivaient sur sa plateforme, après simple validation d’un formulaire. Trois jours plus tard, l’entreprise fait marche arrière, se disant victime de son succès.

Trop beau pour être vrai ? Le 6 octobre dernier, Anthropic a annoncé l’extension de son programme Claude Startups, avec une promesse particulièrement séduisante : les entrepreneurs éligibles se voyaient offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API, et un abonnement Team d’un an susceptible d’accueillir jusqu’à cinq personnes. En bonus, Anthropic promettait jusqu’à 45 000 dollars d’avantages sous forme de crédits offerts chez des partenaires.

Pour profiter de ces avantages, Anthropic ne demandait que de s’inscrire sur sa plateforme avec un e-mail professionnel, et de remplir un formulaire renseignant les informations relatives à l’entreprise, ainsi que les projets envisagés avec les outils Claude.

Anthropic se dit victime de son succès

La nouvelle s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, alimentée par des témoignages d’internautes signalant que leur candidature avait été très rapidement acceptée, même quand ils n’étaient pas à proprement parler des fondateurs de startups.

Le phénomène semble avoir provoqué un tel afflux d’inscriptions qu’Anthropic a finalement décidé de faire marche arrière. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’entreprise a commencé à communiquer auprès des derniers inscrits à son programme, pour signaler la mise en pause de son offre.

« Comme vous l’avez peut-être constaté, l’offre Claude Startups a été retirée de votre compte. Nous souhaitions vous en expliquer les raisons. Nous avons sous-estimé la demande pour ce programme, et les offres Claude Team et 1 000 $ de crédits API ont atteint leur capacité maximale bien plus rapidement que prévu », écrit l’entreprise, évoquant des « centaines de milliers » de demandes.

Anthropic fait marche arrière par mail auprès des candidats à son offre Claude Startups – capture d’écran Next

Sur le site dédié à la consommation de Claude par API, Anthropic affiche également un message aux candidats déçus : « Si vous avez déjà profité des offres Claude, elles resteront disponibles sur votre compte. Le reste est en cours de vérification. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée ».

Autrement dit, les plus rapides à avoir réclamé cet avantage devraient pouvoir continuer à en profiter. Pour les autres en revanche, l’entreprise indique qu’elle procèdera au réexamen individuel des dossiers, mais elle prévient que les souscripteurs qui ont validé la première étape sans activer immédiatement les avantages en question risquent d’être retoqués. « Malheureusement, cela signifie que certains comptes déjà approuvés ne pourront pas bénéficier de l’offre. Nous comprenons votre déception et nous en sommes sincèrement désolés ».

En attendant, Anthropic peut sans doute se réjouir d’avoir collecté des centaines de milliers d’adresses e-mail de comptes professionnels.

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Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

PR stunt
Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

Anthropic promettait d’offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API et un an d’abonnement gratuit aux startups qui s’inscrivaient sur sa plateforme, après simple validation d’un formulaire. Trois jours plus tard, l’entreprise fait marche arrière, se disant victime de son succès.

Trop beau pour être vrai ? Le 6 octobre dernier, Anthropic a annoncé l’extension de son programme Claude Startups, avec une promesse particulièrement séduisante : les entrepreneurs éligibles se voyaient offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API, et un abonnement Team d’un an susceptible d’accueillir jusqu’à cinq personnes. En bonus, Anthropic promettait jusqu’à 45 000 dollars d’avantages sous forme de crédits offerts chez des partenaires.

Pour profiter de ces avantages, Anthropic ne demandait que de s’inscrire sur sa plateforme avec un e-mail professionnel, et de remplir un formulaire renseignant les informations relatives à l’entreprise, ainsi que les projets envisagés avec les outils Claude.

Anthropic se dit victime de son succès

La nouvelle s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, alimentée par des témoignages d’internautes signalant que leur candidature avait été très rapidement acceptée, même quand ils n’étaient pas à proprement parler des fondateurs de startups.

Le phénomène semble avoir provoqué un tel afflux d’inscriptions qu’Anthropic a finalement décidé de faire marche arrière. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’entreprise a commencé à communiquer auprès des derniers inscrits à son programme, pour signaler la mise en pause de son offre.

« Comme vous l’avez peut-être constaté, l’offre Claude Startups a été retirée de votre compte. Nous souhaitions vous en expliquer les raisons. Nous avons sous-estimé la demande pour ce programme, et les offres Claude Team et 1 000 $ de crédits API ont atteint leur capacité maximale bien plus rapidement que prévu », écrit l’entreprise, évoquant des « centaines de milliers » de demandes.

Anthropic fait marche arrière par mail auprès des candidats à son offre Claude Startups – capture d’écran Next

Sur le site dédié à la consommation de Claude par API, Anthropic affiche également un message aux candidats déçus : « Si vous avez déjà profité des offres Claude, elles resteront disponibles sur votre compte. Le reste est en cours de vérification. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée ».

Autrement dit, les plus rapides à avoir réclamé cet avantage devraient pouvoir continuer à en profiter. Pour les autres en revanche, l’entreprise indique qu’elle procèdera au réexamen individuel des dossiers, mais elle prévient que les souscripteurs qui ont validé la première étape sans activer immédiatement les avantages en question risquent d’être retoqués. « Malheureusement, cela signifie que certains comptes déjà approuvés ne pourront pas bénéficier de l’offre. Nous comprenons votre déception et nous en sommes sincèrement désolés ».

En attendant, Anthropic peut sans doute se réjouir d’avoir collecté des centaines de milliers d’adresses e-mail de comptes professionnels.

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Orange lance un décodeur Home Cinéma avec 4 hauts-parleurs intégrés

Un décodeur "sonsationnel" (sic)
Orange lance un décodeur Home Cinéma avec 4 hauts-parleurs intégrés

Orange lance un nouveau décodeur TV haut de gamme, muni de quatre hauts-parleurs intégrés et capable d’accueillir deux enceintes optionnelles pour offrir un son immersif. Fonctionnant sous Android TV, il n’est pas vendu de façon indépendante, mais proposé comme une option au forfait fibre le plus haut de gamme de l’opérateur.

Huit ans après la Freebox Delta, Orange se relance dans la course aux décodeurs TV haut de gamme, avec l’annonce, jeudi 8 octobre, du « décodeur Home Cinéma » : un boîtier destiné à prendre place sous la télévision du salon qui promet, sur le papier, de pouvoir remplacer avantageusement les enceintes par défaut, sans passer par l’installation d’un équipement dédié.

Un décodeur Home Cinéma à trois voies sous Android TV

Le décodeur, fourni par Sagemcom comme l’ensemble de la gamme Orange, intègre quatre hauts-parleurs : un woofer, deux enceintes latérales et une voie centrale dédiée aux dialogues. Le tout prend place dans un boîtier aux dimensions contenues (environ 20 cm de large), habillé du même revêtement que les actuelles Livebox 6 et 7, et fourni avec une télécommande.

Fort de ce système à trois voies, conçu en association avec Bang & Olufsen, Orange revendique la compatibilité Dolby Atmos, une première pour un boîtier TV d’opérateur en France. Deux enceintes satellite arrière sont proposées en option pour compléter le dispositif. Ces dernières exploitent la technologie Dolby Atmos FlexConnect pour la communication sans fil et le calibrage automatique en fonction de la configuration de la pièce.

Côté image, Orange affiche la prise en charge de la 4K, du HDR10+ et du Dolby Vision, sans plus de précisions à ce stade. L’opérateur ne s’étend pas sur les caractéristiques techniques précises du boîtier, mais on peut trouver quelques informations supplémentaires en se tournant vers l’Espagne. Orange y commercialise en effet déjà ce boîtier, au sein d’une offre baptisée Infinity HomeBox.

Les notices associées révèlent la référence du boîtier chez SagemCom (VSB3918) et quelques éléments de configuration, dont le recours à un processeur Broadcom BCM72178 (quad core Cortex A-55 à 2 GHz), 4 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage, avec HDMI 2.1, Ethernet Gigabit, WiFi 6 en 2×2 bandes et Bluetooth 5.0.

Sur la partie logicielle, le décodeur adopte Android TV, ce qui ouvre l’accès au magasin d’applications de Google. Les applications des services de streaming courants de type Netflix, Prime Video et Disney+ sont d’ailleurs préinstallées. Orange indique que son décodeur fait également office d’enceinte connectée : on peut ainsi lire de la musique depuis un téléphone relié en Bluetooth, sans allumer la TV.

Disponible exclusivement au travers de l’offre Livebox Max

Au niveau commercial, Orange adopte une approche ciblée : le décodeur Home Cinéma n’est pas proposé à tous les abonnés Livebox, mais présenté comme une option en forme de produit d’appel. Il est ainsi réservé aux souscripteurs de son abonnement résidentiel le plus haut de gamme, le forfait Livebox Max (affiché à 47,99 euros par mois pendant un an, puis 57,99 euros par mois).

Les abonnés éligibles peuvent l’obtenir en échange de frais d’activation de 50 euros (nouveaux clients) ou de frais d’échange s’élevant à 40 euros pour les clients existants. Les enceintes satellites sont quant à elles facturées en option, à 80 euros.

Reste à voir si les clients concernés – a priori consommateurs de contenus multimédias s’ils ont opté pour ce forfait richement doté en chaînes de TV – adhèreront à l’idée d’un Home Cinéma dont le concept même suppose une forme de compromis. Le boîtier tout intégré offre l’avantage de la simplicité (une prise HDMI et une liaison Wi-Fi suffisent) mais, en dépit des savoir-faire techniques mis en œuvre, ses dimensions réduites ne lui permettent sans doute pas de rivaliser avec les performances audio d’une barre de son ou d’un ensemble home cinéma haut de gamme.

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Orange lance un décodeur Home Cinéma avec 4 hauts-parleurs intégrés

Un décodeur "sonsationnel" (sic)
Orange lance un décodeur Home Cinéma avec 4 hauts-parleurs intégrés

Orange lance un nouveau décodeur TV haut de gamme, muni de quatre hauts-parleurs intégrés et capable d’accueillir deux enceintes optionnelles pour offrir un son immersif. Fonctionnant sous Android TV, il n’est pas vendu de façon indépendante, mais proposé comme une option au forfait fibre le plus haut de gamme de l’opérateur.

Huit ans après la Freebox Delta, Orange se relance dans la course aux décodeurs TV haut de gamme, avec l’annonce, jeudi 8 octobre, du « décodeur Home Cinéma » : un boîtier destiné à prendre place sous la télévision du salon qui promet, sur le papier, de pouvoir remplacer avantageusement les enceintes par défaut, sans passer par l’installation d’un équipement dédié.

Un décodeur Home Cinéma à trois voies sous Android TV

Le décodeur, fourni par Sagemcom comme l’ensemble de la gamme Orange, intègre quatre hauts-parleurs : un woofer, deux enceintes latérales et une voie centrale dédiée aux dialogues. Le tout prend place dans un boîtier aux dimensions contenues (environ 20 cm de large), habillé du même revêtement que les actuelles Livebox 6 et 7, et fourni avec une télécommande.

Fort de ce système à trois voies, conçu en association avec Bang & Olufsen, Orange revendique la compatibilité Dolby Atmos, une première pour un boîtier TV d’opérateur en France. Deux enceintes satellite arrière sont proposées en option pour compléter le dispositif. Ces dernières exploitent la technologie Dolby Atmos FlexConnect pour la communication sans fil et le calibrage automatique en fonction de la configuration de la pièce.

Côté image, Orange affiche la prise en charge de la 4K, du HDR10+ et du Dolby Vision, sans plus de précisions à ce stade. L’opérateur ne s’étend pas sur les caractéristiques techniques précises du boîtier, mais on peut trouver quelques informations supplémentaires en se tournant vers l’Espagne. Orange y commercialise en effet déjà ce boîtier, au sein d’une offre baptisée Infinity HomeBox.

Les notices associées révèlent la référence du boîtier chez SagemCom (VSB3918) et quelques éléments de configuration, dont le recours à un processeur Broadcom BCM72178 (quad core Cortex A-55 à 2 GHz), 4 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage, avec HDMI 2.1, Ethernet Gigabit, WiFi 6 en 2×2 bandes et Bluetooth 5.0.

Sur la partie logicielle, le décodeur adopte Android TV, ce qui ouvre l’accès au magasin d’applications de Google. Les applications des services de streaming courants de type Netflix, Prime Video et Disney+ sont d’ailleurs préinstallées. Orange indique que son décodeur fait également office d’enceinte connectée : on peut ainsi lire de la musique depuis un téléphone relié en Bluetooth, sans allumer la TV.

Disponible exclusivement au travers de l’offre Livebox Max

Au niveau commercial, Orange adopte une approche ciblée : le décodeur Home Cinéma n’est pas proposé à tous les abonnés Livebox, mais présenté comme une option en forme de produit d’appel. Il est ainsi réservé aux souscripteurs de son abonnement résidentiel le plus haut de gamme, le forfait Livebox Max (affiché à 47,99 euros par mois pendant un an, puis 57,99 euros par mois).

Les abonnés éligibles peuvent l’obtenir en échange de frais d’activation de 50 euros (nouveaux clients) ou de frais d’échange s’élevant à 40 euros pour les clients existants. Les enceintes satellites sont quant à elles facturées en option, à 80 euros.

Reste à voir si les clients concernés – a priori consommateurs de contenus multimédias s’ils ont opté pour ce forfait richement doté en chaînes de TV – adhèreront à l’idée d’un Home Cinéma dont le concept même suppose une forme de compromis. Le boîtier tout intégré offre l’avantage de la simplicité (une prise HDMI et une liaison Wi-Fi suffisent) mais, en dépit des savoir-faire techniques mis en œuvre, ses dimensions réduites ne lui permettent sans doute pas de rivaliser avec les performances audio d’une barre de son ou d’un ensemble home cinéma haut de gamme.

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☕️ Margaret Hamilton, génie de l’ingénierie logicielle, est morte à 90 ans



Margaret Hamilton, pionnière de l’ingénierie logicielle moderne et directrice de l’équipe en charge du logiciel embarqué dans la mission lunaire Apollo 11, est décédée le 30 septembre dernier, à 90 ans. C’est la revue du MIT, où elle a découvert les joies du logiciel à partir de 1959 au département de météorologie, avant d’y exercer pendant près de vingt ans, qui a annoncé la nouvelle, mardi 7 octobre, saluant sa contribution exceptionnelle à l’informatique et son rôle iconique en faveur de la reconnaissance des femmes dans l’univers des sciences et de la technologie.

« Dire que Margaret Hamilton était une pionnière – dire qu’elle était en avance sur son temps – serait un euphémisme dramatique. Elle était ingénieure logicielle à une époque où ce domaine en était à ses débuts, et elle a non seulement développé elle-même un code avancé, mais a également dirigé une équipe dans l’utilisation de cette technologie naissante pour développer l’un des systèmes les plus complexes jamais réalisés par l’humanité », salue Olivier de Weck, professeur du programme Apollo et directeur par intérim du département d’aéronautique et d’astronautique du MIT.

Née en 1936 dans l’Indiana, Margaret Hamilton a poursuivi des études de mathématiques à l’université du Michigan, avant de rejoindre en 1959 le département de météorologie du MIT pour y travailler sur un logiciel de prévision météo. Deux ans plus tard, elle bascule vers le projet Semi-Automatic Ground Environment (SAGE), le premier système de défense aérienne des États-Unis, où elle écrit le logiciel d’un prototype d’ordinateur dédié à la détection d’avions hostiles.

En 1965, elle répond à une publicité parue dans le journal. Elle fait la promotion des recrutements ouverts par l’Instrumentation Lab du MIT, qui cherche à monter une équipe pour envoyer l’homme sur la lune, sur fond de course aux étoiles opposant les États-Unis à la Russie. Elle postule, et se voit confier l’élaboration du logiciel de vol embarqué pour le programme Apollo, d’abord seule, puis à la tête d’une équipe.

Margaret Hamilton se tient auprès des sorties papier du logiciel qu’elle et son équipe ont produit pour le programme Apollo – domaine public, source Wikipédia

Entre autres avancées, elle y développe ce qui deviendra un concept clé de la conception logicielle, la programmation défensive, c’est-à-dire la capacité à anticiper les erreurs, les dysfonctionnements ou les usages imprévus pour garantir qu’un logiciel continue à fonctionner même en cas d’anomalie. Elle raconte à ce sujet une anecdote fondatrice.

Passionnée par son travail, elle emmène souvent sa fille Lauren avec elle. Un jour, cette dernière joue avec le simulateur installé dans le Lab qui reproduit une tentative de mission, et déclenche la procédure d’atterrissage alors que la mission est encore en vol, provoquant un crash. Margaret Hamilton décide alors de mettre au point un correctif logiciel dédié, mais on lui rétorque que des astronautes surentraînés ne commettraient jamais une telle bévue. L’incident s’est pourtant produit en conditions bien réelles en 1968 au cours de la mission Apollo 8, et c’est Hamilton et son logiciel qui ont été appelés à la rescousse pour fiabiliser la capsule.

Son immense contribution au programme s’est également incarnée au cours de la mission Apollo 11, celle qui a permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de fouler le sol lunaire. Alors que le module Eagle s’approche du satellite terrestre, une erreur se déclenche en raison d’un composant défectueux et entraine une surcharge, laissant craindre un crash complet du système. Les routines de priorisation et de délestage implémentées par Hamilton et son équipe permettent alors de couper toutes les fonctions non critiques, pour libérer les ressources nécessaires à l’alunissage. Ce code source a d’ailleurs été rendu public il y a dix ans.

Cette approche défensive et cette logique, inédites à l’époque, de fiabilisation du logiciel constituent l’un des héritages les plus marquants des travaux de Margaret Hamilton, qui a par la suite fondé sa société et développé Universal Systems Language.

Il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que ses travaux valent à Margaret Hamilton ses premières reconnaissances honorifiques, dont un NASA Exceptional Space Act Award attribué en 2003.

Le Dr Paul Corto, qui l’a nommée pour la récompense, s’était alors déclaré « surpris de découvrir qu’elle n’avait jamais été officiellement reconnue pour ses travaux pionniers. Ses concepts de logiciel asynchrone, de programmation des priorités, de tests de bout en bout et de capacité de décision humaine, comme l’affichage des priorités, ont posé les bases de la conception de logiciels ultra-fiables ».

En novembre 2016, Margaret Hamilton reçoit des mains de Barack Obama la Medal of Freedom pour l’ensemble de ses contributions scientifiques.

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☕️ Margaret Hamilton, génie de l’ingénierie logicielle, est morte à 90 ans



Margaret Hamilton, pionnière de l’ingénierie logicielle moderne et directrice de l’équipe en charge du logiciel embarqué dans la mission lunaire Apollo 11, est décédée le 30 septembre dernier, à 90 ans. C’est la revue du MIT, où elle a découvert les joies du logiciel à partir de 1959 au département de météorologie, avant d’y exercer pendant près de vingt ans, qui a annoncé la nouvelle, mardi 7 octobre, saluant sa contribution exceptionnelle à l’informatique et son rôle iconique en faveur de la reconnaissance des femmes dans l’univers des sciences et de la technologie.

« Dire que Margaret Hamilton était une pionnière – dire qu’elle était en avance sur son temps – serait un euphémisme dramatique. Elle était ingénieure logicielle à une époque où ce domaine en était à ses débuts, et elle a non seulement développé elle-même un code avancé, mais a également dirigé une équipe dans l’utilisation de cette technologie naissante pour développer l’un des systèmes les plus complexes jamais réalisés par l’humanité », salue Olivier de Weck, professeur du programme Apollo et directeur par intérim du département d’aéronautique et d’astronautique du MIT.

Née en 1936 dans l’Indiana, Margaret Hamilton a poursuivi des études de mathématiques à l’université du Michigan, avant de rejoindre en 1959 le département de météorologie du MIT pour y travailler sur un logiciel de prévision météo. Deux ans plus tard, elle bascule vers le projet Semi-Automatic Ground Environment (SAGE), le premier système de défense aérienne des États-Unis, où elle écrit le logiciel d’un prototype d’ordinateur dédié à la détection d’avions hostiles.

En 1965, elle répond à une publicité parue dans le journal. Elle fait la promotion des recrutements ouverts par l’Instrumentation Lab du MIT, qui cherche à monter une équipe pour envoyer l’homme sur la lune, sur fond de course aux étoiles opposant les États-Unis à la Russie. Elle postule, et se voit confier l’élaboration du logiciel de vol embarqué pour le programme Apollo, d’abord seule, puis à la tête d’une équipe.

Margaret Hamilton se tient auprès des sorties papier du logiciel qu’elle et son équipe ont produit pour le programme Apollo – domaine public, source Wikipédia

Entre autres avancées, elle y développe ce qui deviendra un concept clé de la conception logicielle, la programmation défensive, c’est-à-dire la capacité à anticiper les erreurs, les dysfonctionnements ou les usages imprévus pour garantir qu’un logiciel continue à fonctionner même en cas d’anomalie. Elle raconte à ce sujet une anecdote fondatrice.

Passionnée par son travail, elle emmène souvent sa fille Lauren avec elle. Un jour, cette dernière joue avec le simulateur installé dans le Lab qui reproduit une tentative de mission, et déclenche la procédure d’atterrissage alors que la mission est encore en vol, provoquant un crash. Margaret Hamilton décide alors de mettre au point un correctif logiciel dédié, mais on lui rétorque que des astronautes surentraînés ne commettraient jamais une telle bévue. L’incident s’est pourtant produit en conditions bien réelles en 1968 au cours de la mission Apollo 8, et c’est Hamilton et son logiciel qui ont été appelés à la rescousse pour fiabiliser la capsule.

Son immense contribution au programme s’est également incarnée au cours de la mission Apollo 11, celle qui a permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de fouler le sol lunaire. Alors que le module Eagle s’approche du satellite terrestre, une erreur se déclenche en raison d’un composant défectueux et entraine une surcharge, laissant craindre un crash complet du système. Les routines de priorisation et de délestage implémentées par Hamilton et son équipe permettent alors de couper toutes les fonctions non critiques, pour libérer les ressources nécessaires à l’alunissage. Ce code source a d’ailleurs été rendu public il y a dix ans.

Cette approche défensive et cette logique, inédites à l’époque, de fiabilisation du logiciel constituent l’un des héritages les plus marquants des travaux de Margaret Hamilton, qui a par la suite fondé sa société et développé Universal Systems Language.

Il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que ses travaux valent à Margaret Hamilton ses premières reconnaissances honorifiques, dont un NASA Exceptional Space Act Award attribué en 2003.

Le Dr Paul Corto, qui l’a nommée pour la récompense, s’était alors déclaré « surpris de découvrir qu’elle n’avait jamais été officiellement reconnue pour ses travaux pionniers. Ses concepts de logiciel asynchrone, de programmation des priorités, de tests de bout en bout et de capacité de décision humaine, comme l’affichage des priorités, ont posé les bases de la conception de logiciels ultra-fiables ».

En novembre 2016, Margaret Hamilton reçoit des mains de Barack Obama la Medal of Freedom pour l’ensemble de ses contributions scientifiques.

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Dix ans après la loi République numérique, « encourager » le logiciel libre n’a pas suffi

À nous de vous faire préférer le libre
Dix ans après la loi République numérique, « encourager » le logiciel libre n’a pas suffi

Dix ans après la promulgation de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, les dépenses en logiciels libres de l’administration sont toujours réduites à la portion congrue, regrette l’association représentative des entreprises du secteur. Elle appelle l’État à passer de l’encouragement à la règle, et à porter le message à l’échelle européenne.

Dix ans tout juste. C’est en effet le 7 octobre 2016 que François Hollande a promulgué la loi pour une République numérique, qui instituait le principe de pérennité et d’indépendance des systèmes d’information au sein des administrations étatiques françaises. « Elles encouragent l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l’achat ou de l’utilisation, de tout ou partie, de ces systèmes d’information », disposait la loi dans son article 16.

Dans son explication de texte de l’époque, Next soulignait la portée juridique quasi-nulle de cette formulation : encourager n’est pas imposer. Et du point de vue du Conseil national du logiciel libre (CNLL), l’association qui représente l’intérêt de la filière open source en France, l’encouragement n’a clairement pas suffi. « Dix ans après, ni l’obligation ni l’encouragement n’ont produit de résultat sur les achats de l’État ; la dépense auprès des grands éditeurs américains continue de croître », dénonce le CNLL dans un communiqué daté du 2 octobre.

Les logiciels propriétaires états-uniens dominent toujours largement

Le CNLL en veut pour preuve les dernières analyses de la dépense publique en matière de logiciel, en s’appuyant notamment sur les conclusions de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique, dont les conclusions ont été publiées en juillet dernier.

Si la commission en question étudiait plus spécifiquement les enjeux de souveraineté, en s’attachant notamment au critère de la provenance extra-européenne, celle-ci remarquait effectivement que les fournisseurs états-uniens, éditeurs de solutions non libres, figuraient largement en tête des dépenses de logiciels réalisées auprès de l’Ugap. Cette dernière est, pour mémoire, la centrale d’achat public qui permet au commanditaire de se dispenser de ses propres procédures de publicité et de mise en concurrence.

« Les dépenses de logiciel pour des produits propriétaires extra-européens représentent un montant annuel de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros pour les administrations d’État et les grands établissements publics, et de 1,5 milliard pour l’ensemble des administrations », écrivait la commission dans son rapport, avant de souligner qu’une part significative de ces dépenses pourrait être fléchée différemment :

« Les montants estimés de dépenses publiques substituables par des solutions open source étaient sur le périmètre de l’État a minima de 185 millions et sur le périmètre de l’ensemble des administrations de 1 milliard d’euros. Ces recensements n’étant pas exhaustifs, les dépenses publiques évitables sont probablement beaucoup plus importantes. »

Stéfane Fermigier, coprésident du CNLL, voit dans cette analyse le constat d’échec de la politique d’incitation instaurée par la loi de 2016. « Dix ans plus tard, l’encouragement n’a rien changé aux achats de l’État », argue-t-il dans un communiqué, avant d’appeler à des mesures plus concrètes.

De l’incitation à la dérogation justifiée

Le CNLL demande par conséquent que l’encouragement soit remplacé par une règle, et propose que « le logiciel libre [soit] retenu, sauf justification écrite, soumise avant la décision au contrôle de la future autorité numérique de l’État ».

Autrement dit, les administrations devraient par défaut choisir une solution libre, et justifier toute dérogation auprès de la future Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État (Ariane). Cette dernière, annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 30 avril dernier et précisée en juin, est pour mémoire censée succéder à la Direction interministérielle du numérique (Dinum).

« Il faut maintenant une règle, et une autorité qui la fasse respecter. Il est profondément troublant que les annonces de création d’Ariane, la future autorité numérique de l’État, ne mentionnent ni l’article 16 ni le logiciel libre. Cet oubli doit impérativement être corrigé d’ici son lancement effectif », déclare encore Stéfane Fermigier.

En attendant de découvrir la feuille de route exacte de l’Ariane, le CNLL note qu’un premier décret d’application relatif à l’article 16 de la loi de 2016 a finalement été publié… le 18 mars 2026, avec des dispositions qui vont dans le sens de ce que réclame l’association.

Il prévoit en effet une validation a priori de la direction interministérielle du numérique (et donc demain de l’Ariane) des choix de logiciels, mais avec une portée limitée aux grands projets informatiques « répondant à des caractéristiques, notamment de coût prévisionnel, fixées par arrêté du Premier ministre ». Bref, un premier pas tardif qui apparait bien limité aux représentants du monde du libre.

Partant du principe qu’il faut une rupture plus franche pour casser les vieilles habitudes et les logiques de licences groupées, le CNLL propose plusieurs mesures qui contribueraient, selon lui, à accélérer le virage et favoriser les acteurs du libre. Il suggère notamment de découpler la souscription d’une licence et du support technique du chantier d’intégration dans les services. « Une part de la dépense revient ainsi à ceux qui produisent le logiciel et finance son évolution », justifie-t-il.

Il demande également que les contrats d’achat chiffrent directement les coûts de sortie (migration, adaptation des applications métier, etc.). Il enjoint par ailleurs chaque ministère à publier chaque année ses dépendances logicielles, en intégrant la part du libre dans ses dépenses, et propose qu’un fonds public participe au financement de la maintenance des logiciels libres critiques dont dépend l’administration, à l’image de ce que fait la Sovereign Tech Agency en Allemagne. Via son fonds dédié, cette dernière participe par exemple au financement de Mastodon, comme l’avait expliqué son directeur technique Renaud Chaput devant la commission d’enquête sur les dépendances numériques, ou plus récemment à celui de l’environnement KDE.

Porter le message à Bruxelles

Enfin, le CNLL demande que la France porte ce passage d’une simple incitation à une règle contraignante au niveau européen. Le calendrier n’est pas anodin : les instances de l’Union européenne travaillent actuellement à la rédaction du futur règlement européen sur le cloud et l’IA (surnommé CADA, pour Cloud and AI Development Act).

Or l’article 41 de la proposition de règlement, telle qu’elle a été rendue publique le 3 juin dernier, s’attache précisément à la question de la préférence donnée à l’open source et au logiciel libre. Au grand dam du CNLL, elle reprend cependant, dans sa formulation actuelle, la logique d’encouragement :

« L’Union et les États membres prennent les mesures nécessaires pour encourager les entités de l’Union et les organismes du secteur public à utiliser et à faciliter la réutilisation des normes et composants ouverts publiés sous une licence open source lors de la construction de leur écosystème ou pile cloud et IA, en tenant compte des fonctionnalités, notamment la sécurité, le coût total et d’autres critères objectifs pertinents et dûment justifiés. »

Le CNLL profite enfin de sa communication pour rappeler que l’argument selon lequel la préférence accordée au logiciel libre contreviendrait au principe fondamental de neutralité technologique, d’égalité de traitement des candidats et de liberté d’accès à la commande publique, a déjà été déminé à différents niveaux.

« Les services de recherche du Bundestag ont conclu, dans un avis juridique du 5 mars 2026, qu’une restriction à l’open source est licite si elle est justifiée, proportionnée et écrite. Après l’arrêt de la Cour de justice de l’Union du 9 janvier 2025 (affaire C-578/23), ils estiment même que choisir l’open source ou des droits complets sur le code dès le premier achat peut être exigé par le droit des marchés », fait-il par exemple valoir.

Notons que l’arrêt de la CJUE en question concernait la maintenance d’un système fiscal tchèque, attribuée sans concurrence à IBM au motif que l’éditeur détenait les droits d’auteur sur le code. Elle avait alors jugé que l’acheteur ne pouvait pas invoquer une exclusivité dont il était lui-même à l’origine par son premier choix. C’est le Bundestag qui en a ensuite déduit qu’exiger des droits étendus sur le code ou choisir un logiciel libre peut de ce fait être préconisé, voire exigé.

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Dix ans après la loi République numérique, « encourager » le logiciel libre n’a pas suffi

À nous de vous faire préférer le libre
Dix ans après la loi République numérique, « encourager » le logiciel libre n’a pas suffi

Dix ans après la promulgation de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, les dépenses en logiciels libres de l’administration sont toujours réduites à la portion congrue, regrette l’association représentative des entreprises du secteur. Elle appelle l’État à passer de l’encouragement à la règle, et à porter le message à l’échelle européenne.

Dix ans tout juste. C’est en effet le 7 octobre 2016 que François Hollande a promulgué la loi pour une République numérique, qui instituait le principe de pérennité et d’indépendance des systèmes d’information au sein des administrations étatiques françaises. « Elles encouragent l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l’achat ou de l’utilisation, de tout ou partie, de ces systèmes d’information », disposait la loi dans son article 16.

Dans son explication de texte de l’époque, Next soulignait la portée juridique quasi-nulle de cette formulation : encourager n’est pas imposer. Et du point de vue du Conseil national du logiciel libre (CNLL), l’association qui représente l’intérêt de la filière open source en France, l’encouragement n’a clairement pas suffi. « Dix ans après, ni l’obligation ni l’encouragement n’ont produit de résultat sur les achats de l’État ; la dépense auprès des grands éditeurs américains continue de croître », dénonce le CNLL dans un communiqué daté du 2 octobre.

Les logiciels propriétaires états-uniens dominent toujours largement

Le CNLL en veut pour preuve les dernières analyses de la dépense publique en matière de logiciel, en s’appuyant notamment sur les conclusions de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique, dont les conclusions ont été publiées en juillet dernier.

Si la commission en question étudiait plus spécifiquement les enjeux de souveraineté, en s’attachant notamment au critère de la provenance extra-européenne, celle-ci remarquait effectivement que les fournisseurs états-uniens, éditeurs de solutions non libres, figuraient largement en tête des dépenses de logiciels réalisées auprès de l’Ugap. Cette dernière est, pour mémoire, la centrale d’achat public qui permet au commanditaire de se dispenser de ses propres procédures de publicité et de mise en concurrence.

« Les dépenses de logiciel pour des produits propriétaires extra-européens représentent un montant annuel de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros pour les administrations d’État et les grands établissements publics, et de 1,5 milliard pour l’ensemble des administrations », écrivait la commission dans son rapport, avant de souligner qu’une part significative de ces dépenses pourrait être fléchée différemment :

« Les montants estimés de dépenses publiques substituables par des solutions open source étaient sur le périmètre de l’État a minima de 185 millions et sur le périmètre de l’ensemble des administrations de 1 milliard d’euros. Ces recensements n’étant pas exhaustifs, les dépenses publiques évitables sont probablement beaucoup plus importantes. »

Stéfane Fermigier, coprésident du CNLL, voit dans cette analyse le constat d’échec de la politique d’incitation instaurée par la loi de 2016. « Dix ans plus tard, l’encouragement n’a rien changé aux achats de l’État », argue-t-il dans un communiqué, avant d’appeler à des mesures plus concrètes.

De l’incitation à la dérogation justifiée

Le CNLL demande par conséquent que l’encouragement soit remplacé par une règle, et propose que « le logiciel libre [soit] retenu, sauf justification écrite, soumise avant la décision au contrôle de la future autorité numérique de l’État ».

Autrement dit, les administrations devraient par défaut choisir une solution libre, et justifier toute dérogation auprès de la future Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État (Ariane). Cette dernière, annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 30 avril dernier et précisée en juin, est pour mémoire censée succéder à la Direction interministérielle du numérique (Dinum).

« Il faut maintenant une règle, et une autorité qui la fasse respecter. Il est profondément troublant que les annonces de création d’Ariane, la future autorité numérique de l’État, ne mentionnent ni l’article 16 ni le logiciel libre. Cet oubli doit impérativement être corrigé d’ici son lancement effectif », déclare encore Stéfane Fermigier.

En attendant de découvrir la feuille de route exacte de l’Ariane, le CNLL note qu’un premier décret d’application relatif à l’article 16 de la loi de 2016 a finalement été publié… le 18 mars 2026, avec des dispositions qui vont dans le sens de ce que réclame l’association.

Il prévoit en effet une validation a priori de la direction interministérielle du numérique (et donc demain de l’Ariane) des choix de logiciels, mais avec une portée limitée aux grands projets informatiques « répondant à des caractéristiques, notamment de coût prévisionnel, fixées par arrêté du Premier ministre ». Bref, un premier pas tardif qui apparait bien limité aux représentants du monde du libre.

Partant du principe qu’il faut une rupture plus franche pour casser les vieilles habitudes et les logiques de licences groupées, le CNLL propose plusieurs mesures qui contribueraient, selon lui, à accélérer le virage et favoriser les acteurs du libre. Il suggère notamment de découpler la souscription d’une licence et du support technique du chantier d’intégration dans les services. « Une part de la dépense revient ainsi à ceux qui produisent le logiciel et finance son évolution », justifie-t-il.

Il demande également que les contrats d’achat chiffrent directement les coûts de sortie (migration, adaptation des applications métier, etc.). Il enjoint par ailleurs chaque ministère à publier chaque année ses dépendances logicielles, en intégrant la part du libre dans ses dépenses, et propose qu’un fonds public participe au financement de la maintenance des logiciels libres critiques dont dépend l’administration, à l’image de ce que fait la Sovereign Tech Agency en Allemagne. Via son fonds dédié, cette dernière participe par exemple au financement de Mastodon, comme l’avait expliqué son directeur technique Renaud Chaput devant la commission d’enquête sur les dépendances numériques, ou plus récemment à celui de l’environnement KDE.

Porter le message à Bruxelles

Enfin, le CNLL demande que la France porte ce passage d’une simple incitation à une règle contraignante au niveau européen. Le calendrier n’est pas anodin : les instances de l’Union européenne travaillent actuellement à la rédaction du futur règlement européen sur le cloud et l’IA (surnommé CADA, pour Cloud and AI Development Act).

Or l’article 41 de la proposition de règlement, telle qu’elle a été rendue publique le 3 juin dernier, s’attache précisément à la question de la préférence donnée à l’open source et au logiciel libre. Au grand dam du CNLL, elle reprend cependant, dans sa formulation actuelle, la logique d’encouragement :

« L’Union et les États membres prennent les mesures nécessaires pour encourager les entités de l’Union et les organismes du secteur public à utiliser et à faciliter la réutilisation des normes et composants ouverts publiés sous une licence open source lors de la construction de leur écosystème ou pile cloud et IA, en tenant compte des fonctionnalités, notamment la sécurité, le coût total et d’autres critères objectifs pertinents et dûment justifiés. »

Le CNLL profite enfin de sa communication pour rappeler que l’argument selon lequel la préférence accordée au logiciel libre contreviendrait au principe fondamental de neutralité technologique, d’égalité de traitement des candidats et de liberté d’accès à la commande publique, a déjà été déminé à différents niveaux.

« Les services de recherche du Bundestag ont conclu, dans un avis juridique du 5 mars 2026, qu’une restriction à l’open source est licite si elle est justifiée, proportionnée et écrite. Après l’arrêt de la Cour de justice de l’Union du 9 janvier 2025 (affaire C-578/23), ils estiment même que choisir l’open source ou des droits complets sur le code dès le premier achat peut être exigé par le droit des marchés », fait-il par exemple valoir.

Notons que l’arrêt de la CJUE en question concernait la maintenance d’un système fiscal tchèque, attribuée sans concurrence à IBM au motif que l’éditeur détenait les droits d’auteur sur le code. Elle avait alors jugé que l’acheteur ne pouvait pas invoquer une exclusivité dont il était lui-même à l’origine par son premier choix. C’est le Bundestag qui en a ensuite déduit qu’exiger des droits étendus sur le code ou choisir un logiciel libre peut de ce fait être préconisé, voire exigé.

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