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Direct-to-cell : la guerre des fréquences bat son plein dans les communications par satellite

Les ondes de la discorde
Direct-to-cell : la guerre des fréquences bat son plein dans les communications par satellite

Pour communiquer directement avec les terminaux, les satellites ont besoin d’avoir des fréquences compatibles avec les puces des smartphones. SpaceX veut imposer Starlink et sort le chéquier à coups de milliards de dollars pour des fréquences. En Europe, la résistance s’organise avec un groupement de quatre opérateurs, dont Orange.

La téléphonie mobile a le même fonctionnement depuis des décennies : des antennes relais sont installées partout sur le territoire pour former un maillage et ainsi proposer une large couverture de la population (très proche de 100 %). Il reste évidemment des zones blanches, mais c’est une autre histoire.

Depuis quelques années une nouvelle technologie s’installe : le direct-to-device ou direct-to-cell. Cette fois-ci les antennes sont dans l’espace, à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. Nous avons déjà longuement expliqué comment c’était possible pour un smartphone de dialoguer avec un satellite.

Que ce soit via des satellites ou des antennes relais posées au sol, le nerf de la guerre est le même : les fréquences. En France comme ailleurs, leur usage est réglementé et soumis à des autorisations spécifiques (vendues à prix d’or, aux enchères en France) pour certaines fréquences.

Quatre opérateurs européens s’associent

En Europe, quatre opérateurs – Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone – annoncent la signature d’une « lettre d’intention afin d’étudier une éventuelle candidature conjointe en vue de la future attribution, en Europe, de fréquences destinées aux Services Mobiles par Satellite (MSS) ». Des discussions étaient engagées depuis plusieurs semaines déjà.

Dans un communiqué commun, les opérateurs affirment que cette « initiative soutient l’ambition de la Commission européenne de renforcer la souveraineté, la sécurité et la résilience de l’Europe dans le domaine des infrastructures de connectivité critiques ».

Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone jouent la carte de l’ouverture : cette initiative « permettra également à tous les opérateurs de réseaux mobiles d’accéder, de manière ouverte et non discriminatoire, aux moyens nécessaires pour proposer des services Direct-to-Device (D2D) à leurs clients ».

La veille de cette annonce, l’ambassadeur américain auprès de l’UE (Andrew Puzder) prévenait que les entreprises européennes « pourraient faire face à des représailles “dévastatrices” si Bruxelles poursuit ses plans pour restreindre des rivaux américains tels que SpaceX d’Elon Musk sur certaines parties du marché européen », comme l’explique le Financial Times.

Orange et Deutsche Telekom s’associent déjà avec des Américains


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Revue de presse de l’April pour la semaine 42 de l’année 2026

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Next] Pour Linus Torvalds, le code généré par IA est légitime, à condition de savoir le lire

✍ Vincent Hermann, le vendredi 16 octobre 2026.

Le débat secoue la communauté du libre depuis des mois: faut-il accepter le code généré par IA ? Pour certains, c’est une trahison de l’esprit même du libre. Pour d’autres, ce n’est pas un problème. Pour Linus Torvalds, il n’y a vraiment aucun problème, mais à une condition. Au point de se mettre une nouvelle fois en colère.

Et aussi:

[Silicon.fr] Open source et réduction des coûts: l'Europe fait de moins en moins le parallèle

✍ Clément Bohic, le mercredi 14 octobre 2026.

Sur le périmètre européen, les participants au sondage annuel de la Fondation Linux considèrent de moins en moins l’open source comme levier de réduction des coûts.

Et aussi:

[Génération NT] L'administration néerlandaise abandonne Microsoft pour le logiciel libre

✍ Mathieu M., le mardi 13 octobre 2026.

Les autorités néerlandaises ont gelé le déploiement de la suite bureautique américaine dans leurs administrations fiscales et douanières. Ce revirement massif s’articule autour du projet DAWO, un environnement de travail basé sur l’écosystème Linux, visant à garantir une indépendance technologique totale face aux ingérences étrangères.

[ZDNET] Les autorités fiscales néerlandaises annulent le déploiement de Microsoft 365 dans le cloud, et se tournent vers l'open source

✍ Steven Vaughan-Nichols, le mardi 13 octobre 2026.

Cette nouvelle initiative en faveur de la souveraineté numérique freine à nouveau l’adoption de la suite bureautique américaine.

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French Tech : 71 des 80 start-ups deeptech confient leurs emails à des Américains

Les bras ne m’en tombent pas
French Tech : 71 des 80 start-ups deeptech confient leurs emails à des Américains

Les fournées de lauréats de la French Tech s’enchaînent et se ressemblent malheureusement sur la gestion de leurs emails : 71 startups sur 80 passent par des solutions étatsuniennes. Six sont chez des Français et une seule chez Proton. Cela soulève des questions de souveraineté et de dépendances.

Dans le cadre du programme French Tech 2030, le gouvernement vient d’annoncer « une nouvelle promotion de 80 start-up deeptech pour maîtriser les technologies et les ressources essentielles à notre économie et notre avenir ». Ambition affichée : « inventer et produire en France les technologies qui comptent ».

Huit secteurs d’activité sont mis en avant : intelligence artificielle, spatial, quantique, cybersécurité, robotique, semi-conducteurs, santé, énergie et décarbonation. Dans les 80 DeepTech, 79 % ont des activités à l’étranger et plus encore – 89 % – confient leurs emails à des entreprises étasuniennes (majoritairement Google et Microsoft) ; avec toutes les questions que cela soulève sur la dépendance et la souveraineté.

Pourtant, dans le communiqué de l’annonce, il est indiqué : « Parce que ce sont des entreprises qui développent des technologies hautement stratégiques, la Mission French Tech les sensibilise aux enjeux de souveraineté, de cybersécurité et de propriété intellectuelle et industrielle ».

8 sites seulement en .fr, le .com domine toujours largement

Sur les 80 entreprises lauréates, 79 ont un site web, seul Valmy (dans la catégorie IA) n’en a pas. La French Tech ne semble pas beaucoup s’intéresser à l’extension nationale .fr : 8 sites seulement sont en .fr, contre 48 en .com (géré par l’Américain Verisign). Il y a également 10 sites en .ai, 4 en .io et 3 en .eu. Glimps a décidé d’utiliser un .re, l’extension officielle de La Réunion (gérée par l’Afnic, comme le .fr) alors que l’entreprise est en Bretagne. Soit.

Quoi qu’il en soit, trois entreprises utilisent un domaine en .fr pour leurs emails (ceux identifiés sur leur site pour le contact), alors que leur site principal est en .io ou .com : Evertrust, Inbolt et Shark Robotics. Notez que le site en .fr redirige automatiquement vers le domaine principal.

Le cas inverse existe aussi chez One Biosciences : son site principal est en .fr, mais les emails en .com (et aussi en .fr, les deux sont référencés). U-Space est particulier : le site officiel est u-space.fr, l’adresse de contact contact@u-space.com… mais c’est une erreur, le bon email (indiqué plus bas dans la page) est contact@u-space.fr. Embêtant, d’autant que le domaine u-space.com propose des box de stockage à Kashiwa… au Japon. Nous avons signalé la boulette à l’entreprise.

DeepTech 80 : les emails de 85 % des lauréats chez Google ou Microsoft

Qu’en est-il des enregistrements MX et donc des serveurs par lesquels passent les emails ? Sans aucune surprise, Microsoft et Google dominent plus que largement avec pas moins de 68 entreprises de la sélection DeepTech, soit 85 %.

Les deux géants sont à peu près à 50/50 sur les 68 entreprises.


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mVPN : Free renforce ses « protections » et ajoute six destinations

Et sinon, l’IPv6 c’est pour quand ?
mVPN : Free renforce ses « protections » et ajoute six destinations

Free Mobile propose six nouvelles destinations avec son VPN, dont des sorties en Asie et en Amériques. mVPN permet aussi d’ajouter deux niveaux de « protection », qui passent par des DNS personnalisés basés « sur des listes de domaines identifiés comme dangereux ou relevant des catégories » comme des sites malveillants, frauduleux ou pour adultes.

En septembre de l’année dernière, Free ajoutait un VPN à ses forfaits mobiles : mVPN. Il ne proposait que deux points de sortie – en Italie ou aux Pays-Bas –, avec ou sans protection contre des sites malveillants. Cette « protection » était en lien direct avec le DNS, et passait plus particulièrement par le service DNS4EU. L’analyse du fonctionnement mVPN nous permettait en effet de remonter aux adresses IP des serveurs de DNS4EU pour la partie DNS.

Free Mobile annonce aujourd’hui du nouveau pour son VPN maison : « un filtrage des sites malveillants et des contenus pour adultes, le choix entre huit pays de connexion et un accès simplifié depuis l’app Free ». Dans le premier cas, il s’agit de proposer trois niveaux de protection. Dans le second, cela permet de sortir de l’Union européenne et d’aller au Brésil, au Canada, aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et en Suisse.

Next en vadrouille dans 8 pays, le résolveur DNS nous suit

Nous avons testé les différents points de sortie du réseau de Free Mobile lorsque mVPN est activé. Aux Pays-Bas, comme l’année dernière, c’est via le réseau de Scaleway que nous arrivons sur Internet. Pour l’Italie, c’est le réseau de Scaleway aussi. Dans les deux cas cela reste en interne car Scaleway appartient à iliad, comme Free et Free Mobile.

Dans l’ensemble des nouvelles destinations (il y en a donc six), l’adresse IP qui nous est attribuée appartient à DataCamp Limited ; et de même pour l’adresse IP du résolveur DNS. DataCamp porte le numéro d’AS60068 et propose des services de CDN (via CDN77) et de serveurs dédiés (Datapacket) pour ceux qui ont de gros besoins en bande passante.


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[Tuto] Installer facilement son propre résolveur DNS sur Raspberry Pi, VM Freebox, VPS

Après le poker menteur, le DNS menteur
[Tuto] Installer facilement son propre résolveur DNS sur Raspberry Pi, VM Freebox, VPS

Vous n’avez plus envie de dépendre d’un résolveur DNS externe, que ce soit celui de votre FAI ou d’un géant du numérique ? Alors Next vous propose un petit tuto avec unbound. Quelques lignes suffisent pour le mettre en place et le configurer sur un Raspberry Pi, une VM de Freebox et un VPS.

C’est quoi le DNS et pourquoi avoir le sien ?

Le DNS fait le lien entre un nom de domaine et une adresse IP d’un serveur, permettant ainsi d’arriver au bon endroit. Par exemple, pour accéder à Next.ink, l’IP correspondante est 45.147.208.45 en v4 et 2a06:c484:4::cafe en v6.

En France, les FAI proposent leur propre résolveur DNS, mais il est possible d’en utiliser d’autres. Des géants du Net comme Google et Cloudflare en proposent ouverts au public, l’Europe aussi depuis juin 2025 avec DNS4EU. Comme le DNS fait le lien entre le nom de domaine et l’adresse IP du serveur, un résolveur peut aussi bloquer certaines demandes ; on parle de DNS menteur.

DNS4EU, par exemple, est disponible avec ou sans « protections », ces dernières étant un filtrage sur des noms de domaines jugés malveillants ; il est repris par Free Mobile avec son mVPN. En France, nous avons aussi l’Arcom qui utilise massivement le blocage DNS avec plus de 15 000 noms de domaines bloqués depuis 2022. Ces blocages ordonnés par la justice avaient poussé OpenDNS à quitter la France.

Nous allons voir qu’installer son propre résolveur est simple. Vous prenez vos informations à la source sans dépendre d’un tiers, qui pourrait vous « mentir », bloquer certaines demandes, etc. Stéphane Bortzmeyer, spécialiste des réseaux et du DNS, recommandait dès 2013 d’avoir son propre résolveur DNS « en raison de l’intensification de la censure utilisant le DNS ». 13 ans plus tard, c’est toujours le cas.

Cela ne demande quasiment pas de ressources et un résolveur peut donc tourner sur à peu près n’importe quoi. Nous allons l’installer sur trois types de machines : un Raspberry Pi (qui peut aussi servir à d’autres choses en plus de résolveur DNS), une VM dans la Freebox Delta (ou Ultra) et enfin un VPS externe chez un hébergeur.


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Starlink bridé en Ukraine, un ministre polonais tance Elon Musk : « Mon grand, tu fais encore de la politique avec tes produits ? »

elon musk starlink

Radosław Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, a interpellé Elon Musk, après que SpaceX a bridé à 160 km/h les terminaux Starlink de l'armée ukrainienne. Les deux hommes s'étaient déjà accrochés publiquement en mars 2025 et en janvier 2026.

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Revue de presse de l’April pour la semaine 41 de l’année 2026

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[clubic.com] Open source: le code vient d'Europe, mais les décisions se prennent ailleurs

✍ Guillaume Belfiore, le vendredi 9 octobre 2026.

Selon la Linux Foundation, 94% des organisations européennes jugent la souveraineté numérique importante, mais seules 37% participent à la gouvernance des projets open source dont elles dépendent.

[Next] Dix ans après la loi République numérique, à «encourager» le logiciel libre n’a pas suffi

✍ Alexandre Laurent, le mercredi 7 octobre 2026.

Dix ans après la promulgation de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, les dépenses en logiciels libres de l’administration sont toujours réduites à la portion congrue, regrette l’association représentative des entreprises du secteur. Elle appelle l’État à passer de l’encouragement à la règle, et à porter le message à l’échelle européenne.

[01net.] Submergé par l'IA, Google prend une décision radicale en matière de cybersécurité

✍ Florian Bayard, le lundi 5 octobre 2026.

Google a mis en pause son programme de récompenses pour les failles dans les logiciels open source. L’entreprise est en effet victime d’une explosion de rapports générés automatiquement par intelligence artificielle. Les primes sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Le groupe s’engage à annoncer des changements début 2027.

Et aussi:

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