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☕️ NIS2 : l’Europe s’apprêterait à déposer plainte contre la France pour son retard



Selon Politico, la Commission européenne préparerait un dépôt de plainte contre la France, l’Espagne et plusieurs autres pays. La raison ? Le retard pris sur la transposition de la directive NIS2, qui doit entrainer une hausse massive du niveau de cybersécurité sur le Vieux continent.

Toujours selon nos confrères, la Commission prévoirait de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) soit juste avant les congés d’été, soit juste après. Politico cite un responsable de la Commission, qui a souhaité garder l’anonymat.

Illustration : Flock

La Commission n’a pas directement confirmé, le porte-parole Thomas Regnier indiquant simplement que « la Commission pourrait saisir la Cour de justice à l’encontre de certains États membres », puisque le délai de transposition a expiré en octobre 2024. Cependant, Politico cite un responsable français selon lequel le secrétariat général des affaires européennes « prépare sa défense devant la CJUE ».

Pourquoi un tel retard en France ? Parce que la directive NIS2 n’est pas transposée seule. Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises en 2025, elle s’effectue sur trois textes en même temps : NIS2, qui élargit radicalement le périmètre d’action (de 600 entités sous NIS1 à 15 000), DORA pour la résilience du secteur financier et REC pour les entités critiques.

Or, comme nous le relations en mars dernier, il existe un point de clivage : l’article 16 bis, qui consacre la protection du chiffrement et interdit l’imposition de portes dérobées dans les messageries. La Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) évoquait alors une opposition du gouvernement. Le député Philippe Latombe, impliqué dans la transposition, critiquait pour sa part vertement la DGSI, qui cherchait à supprimer cet article.

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☕️ NIS2 : l’Europe s’apprêterait à déposer plainte contre la France pour son retard



Selon Politico, la Commission européenne préparerait un dépôt de plainte contre la France, l’Espagne et plusieurs autres pays. La raison ? Le retard pris sur la transposition de la directive NIS2, qui doit entrainer une hausse massive du niveau de cybersécurité sur le Vieux continent.

Toujours selon nos confrères, la Commission prévoirait de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) soit juste avant les congés d’été, soit juste après. Politico cite un responsable de la Commission, qui a souhaité garder l’anonymat.

Illustration : Flock

La Commission n’a pas directement confirmé, le porte-parole Thomas Regnier indiquant simplement que « la Commission pourrait saisir la Cour de justice à l’encontre de certains États membres », puisque le délai de transposition a expiré en octobre 2024. Cependant, Politico cite un responsable français selon lequel le secrétariat général des affaires européennes « prépare sa défense devant la CJUE ».

Pourquoi un tel retard en France ? Parce que la directive NIS2 n’est pas transposée seule. Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises en 2025, elle s’effectue sur trois textes en même temps : NIS2, qui élargit radicalement le périmètre d’action (de 600 entités sous NIS1 à 15 000), DORA pour la résilience du secteur financier et REC pour les entités critiques.

Or, comme nous le relations en mars dernier, il existe un point de clivage : l’article 16 bis, qui consacre la protection du chiffrement et interdit l’imposition de portes dérobées dans les messageries. La Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) évoquait alors une opposition du gouvernement. Le député Philippe Latombe, impliqué dans la transposition, critiquait pour sa part vertement la DGSI, qui cherchait à supprimer cet article.

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Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

L'histoire sans fin
Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

Microsoft a dû bloquer l’accès aux dépôts GitHub de plus de 70 de ses propres projets. Certains d’entre eux ont été piratés au cours d’une campagne de vols d’identifiants d’outils d’IA générative nommée Miasma.

L’éditeur de GitHub n’est pas épargné par les attaques actuelles contre la supply chain de logiciels open source. Ainsi, Microsoft a dû désactiver l’accès à plus de 70 de ses propres dépôts sur GitHub, comme l’expliquait le site Open Source Malware.

Dans le lot, le dépôt d’Azure nommé « functions-action » qui permet de déployer le code d’un projet utilisant « Azure Functions » ou encore le framework Durable Task, « utilisé activement en production par de nombreuses équipes, y compris les équipes d’ingénierie au sein de Microsoft ». Ceux-ci sont maintenant de nouveau accessibles comme d’autres, Microsoft redonnant accès à ses projets au fur et à mesure des corrections et vérifications.

Microsoft avait identifié l’attaque chez Red Hat

Une bonne partie de ces dépôts ont été touchés par la campagne de vol d’identifiants « Miasma », selon Open Source Malware et l’entreprise de sécurité StepSecurity. Ironiquement, l’équipe de recherche en sécurité de Microsoft avait détecté que cette attaque visait la chaîne d’approvisionnement npm de Red Hat, touchant « 32 paquets modifiés de manière malveillante dans plus de 90 versions relevant du périmètre npm @redhat-cloud-services », expliquait l’entreprise le 2 juin dernier.

« Un pipeline CI/CD (Continuous Integration/Continuous Delivery) a permis à des pirates de publier des paquets infectés par des chevaux de Troie via le flux de publication légitime OpenID Connect (OIDC) de GitHub Actions. Ainsi, ces paquets malveillants portaient des signatures de provenance authentiques tout en intégrant le marqueur de campagne « Miasma : The Spreading Blight » », expliquait Microsoft concernant les paquets npm de Red Hat.

Mais l’entreprise de Redmond a été attaquée à son tour. StepSecurity a identifié le commit poussé dans le dépôt Azure/durabletask à l’aide d’un compte de contributeur piraté. « Cette modification a ajouté cinq fichiers destinés à permettre l’exécution automatique du code dans quatre outils de développement différents », explique l’entreprise dans son billet de blog et ajoute : « Cloner le dépôt ne présente aucun risque. L’ouvrir, en revanche, n’est pas sans danger ». Le code s’exécute automatiquement lorsqu’un développeur ouvre le dépôt dans Claude Code, Gemini CLI, Cursor ou VS Code et cherche à récupérer des identifiants.

Step Security fait le lien avec l’attaque Mini Shai-Hulud menée par TeamPCP, notamment car les deux utilisent un même domaine secondaire : C2 t.m-kosche[.]com. Elle explique aussi que « le compte piraté est celui du même contributeur dont les identifiants ont été utilisés lors de l’attaque contre PyPI du 19 mai » que l’entreprise de sécurité avait identifiée dans le dépôt du SDK durabletask maintenu par Microsoft.

La compromission des identifiants développeurs comme porte d’entrée

« Le génie de ce ver Miasma réside dans la manière dont il s’est fondu dans les flux de travail légitimes », explique Cloudsmith, une autre entreprise de sécurité qui a analysé le problème. « Il n’exploite aucune faille logicielle de GitHub ou de npm. Il tire plutôt parti du modèle de confiance sous-jacent de l’écosystème d’ingénierie moderne. La compromission des identifiants de développeurs a permis de demander un jeton OIDC GitHub légitime. Cela a été suivi de la publication d’une version malveillante dotée d’une provenance SLSA valide, ce qui a finalement conduit les scanners conventionnels à la considérer comme une mise à jour de routine fiable. En volant les identifiants légitimes du responsable de maintenance, le ver a pu agir exactement comme l’aurait fait un éditeur authentifié », ajoute Cloudsmith.

Le billet de l’entreprise explique aussi que Miasma génère une charge utile chiffrée de manière unique pour chaque infection, ce qui permet de passer outre les outils de détection traditionnels.

Microsoft a confirmé à 404 Media avoir désactivé les dépôts concernés. Interrogée par TechCrunch, l’entreprise explique : « Nous avons temporairement supprimé certains dépôts pendant que nous enquêtions sur la présence éventuelle de contenus malveillants ». « Certains de ces dépôts ont été rétablis après vérification, tandis que d’autres pourraient rester hors ligne pendant la poursuite des travaux », explique le porte-parole de l’entreprise, Ben Hope.

« Dans le cadre de notre enquête, nous avons contacté un petit nombre de clients susceptibles d’avoir téléchargé du contenu provenant des dépôts concernés. Nous poursuivrons notre enquête et, si nous identifions d’autres éléments nécessitant une intervention de la part des clients, nous les contacterons directement via nos canaux d’assistance habituels », ajoute-t-il, sans préciser ce « petit nombre ».

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Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

L'histoire sans fin
Des outils Microsoft piratés pour voler des identifiants d’outils IA comme Claude Code

Microsoft a dû bloquer l’accès aux dépôts GitHub de plus de 70 de ses propres projets. Certains d’entre eux ont été piratés au cours d’une campagne de vols d’identifiants d’outils d’IA générative nommée Miasma.

L’éditeur de GitHub n’est pas épargné par les attaques actuelles contre la supply chain de logiciels open source. Ainsi, Microsoft a dû désactiver l’accès à plus de 70 de ses propres dépôts sur GitHub, comme l’expliquait le site Open Source Malware.

Dans le lot, le dépôt d’Azure nommé « functions-action » qui permet de déployer le code d’un projet utilisant « Azure Functions » ou encore le framework Durable Task, « utilisé activement en production par de nombreuses équipes, y compris les équipes d’ingénierie au sein de Microsoft ». Ceux-ci sont maintenant de nouveau accessibles comme d’autres, Microsoft redonnant accès à ses projets au fur et à mesure des corrections et vérifications.

Microsoft avait identifié l’attaque chez Red Hat

Une bonne partie de ces dépôts ont été touchés par la campagne de vol d’identifiants « Miasma », selon Open Source Malware et l’entreprise de sécurité StepSecurity. Ironiquement, l’équipe de recherche en sécurité de Microsoft avait détecté que cette attaque visait la chaîne d’approvisionnement npm de Red Hat, touchant « 32 paquets modifiés de manière malveillante dans plus de 90 versions relevant du périmètre npm @redhat-cloud-services », expliquait l’entreprise le 2 juin dernier.

« Un pipeline CI/CD (Continuous Integration/Continuous Delivery) a permis à des pirates de publier des paquets infectés par des chevaux de Troie via le flux de publication légitime OpenID Connect (OIDC) de GitHub Actions. Ainsi, ces paquets malveillants portaient des signatures de provenance authentiques tout en intégrant le marqueur de campagne « Miasma : The Spreading Blight » », expliquait Microsoft concernant les paquets npm de Red Hat.

Mais l’entreprise de Redmond a été attaquée à son tour. StepSecurity a identifié le commit poussé dans le dépôt Azure/durabletask à l’aide d’un compte de contributeur piraté. « Cette modification a ajouté cinq fichiers destinés à permettre l’exécution automatique du code dans quatre outils de développement différents », explique l’entreprise dans son billet de blog et ajoute : « Cloner le dépôt ne présente aucun risque. L’ouvrir, en revanche, n’est pas sans danger ». Le code s’exécute automatiquement lorsqu’un développeur ouvre le dépôt dans Claude Code, Gemini CLI, Cursor ou VS Code et cherche à récupérer des identifiants.

Step Security fait le lien avec l’attaque Mini Shai-Hulud menée par TeamPCP, notamment car les deux utilisent un même domaine secondaire : C2 t.m-kosche[.]com. Elle explique aussi que « le compte piraté est celui du même contributeur dont les identifiants ont été utilisés lors de l’attaque contre PyPI du 19 mai » que l’entreprise de sécurité avait identifiée dans le dépôt du SDK durabletask maintenu par Microsoft.

La compromission des identifiants développeurs comme porte d’entrée

« Le génie de ce ver Miasma réside dans la manière dont il s’est fondu dans les flux de travail légitimes », explique Cloudsmith, une autre entreprise de sécurité qui a analysé le problème. « Il n’exploite aucune faille logicielle de GitHub ou de npm. Il tire plutôt parti du modèle de confiance sous-jacent de l’écosystème d’ingénierie moderne. La compromission des identifiants de développeurs a permis de demander un jeton OIDC GitHub légitime. Cela a été suivi de la publication d’une version malveillante dotée d’une provenance SLSA valide, ce qui a finalement conduit les scanners conventionnels à la considérer comme une mise à jour de routine fiable. En volant les identifiants légitimes du responsable de maintenance, le ver a pu agir exactement comme l’aurait fait un éditeur authentifié », ajoute Cloudsmith.

Le billet de l’entreprise explique aussi que Miasma génère une charge utile chiffrée de manière unique pour chaque infection, ce qui permet de passer outre les outils de détection traditionnels.

Microsoft a confirmé à 404 Media avoir désactivé les dépôts concernés. Interrogée par TechCrunch, l’entreprise explique : « Nous avons temporairement supprimé certains dépôts pendant que nous enquêtions sur la présence éventuelle de contenus malveillants ». « Certains de ces dépôts ont été rétablis après vérification, tandis que d’autres pourraient rester hors ligne pendant la poursuite des travaux », explique le porte-parole de l’entreprise, Ben Hope.

« Dans le cadre de notre enquête, nous avons contacté un petit nombre de clients susceptibles d’avoir téléchargé du contenu provenant des dépôts concernés. Nous poursuivrons notre enquête et, si nous identifions d’autres éléments nécessitant une intervention de la part des clients, nous les contacterons directement via nos canaux d’assistance habituels », ajoute-t-il, sans préciser ce « petit nombre ».

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WhatsApp identifie (encore) trois nouvelles attaques émanant d’un logiciel espion de NSO

« Fighting Spyware », as usual
WhatsApp identifie (encore) trois nouvelles attaques émanant d’un logiciel espion de NSO

Placée sur liste noire par l’administration Biden depuis 2021, l’ex-entreprise israélienne NSO avait été condamnée l’an passé à ne plus tenter de pirater la messagerie de Meta. Depuis rachetée par un ancien avocat de Donald Trump, elle viendrait pourtant de recommencer.

Dans un communiqué intitulé « Lutte contre les logiciels espions : une mise à jour de WhatsApp », la messagerie de Meta vient d’annoncer avoir de nouveau détecté et déjoué des tentatives d’hameçonnage personnalisé (ou « spear phishing ») liées à NSO, l’ex-entreprise israélienne connue pour son logiciel espion Pegasus et figurant sur la liste noire du gouvernement américain depuis 2021.

L’administration Biden lui avait alors reproché d’avoir « commercialisé un outil numérique mis au service de la répression de dissidents, militants et journalistes » et d’avoir « participé à des activités contraires à la sécurité nationale ou aux intérêts de politique étrangère des États-Unis ».

WhatsApp avait pourtant réussi à faire condamner NSO par la justice états-unienne, en juillet 2025, aux termes d’un procès entamé par Meta il y a six ans, pour avoir infecté environ 1 400 smartphones, dont des journalistes, militants des droits humains et dissidents.

En octobre, l’amende de 168 millions de dollars avait été réduite à 4 millions, mais le juge avait ordonné à NSO de cesser de cibler WhatsApp. Une décision qui, selon la société lors de sa défense, risquait de la conduire à la faillite. NSO avait fait appel de la décision, et demandé un sursis.

Le nouveau président de NSO est un ancien avocat de Donald Trump

En novembre, l’entreprise annonçait qu’un groupe d’investisseurs dirigé par un producteur hollywoodien venait d’investir des dizaines de millions de dollars afin de prendre le contrôle de l’entreprise israélienne.

Mais, et surtout, NSO se dotait d’un nouveau président exécutif, David Friedman, un ancien avocat d’affaires ayant notamment défendu les intérêts de Donald Trump dans le cadre des faillites de ses casinos d’Atlantic City.

Il avait ensuite été nommé ambassadeur des États-Unis en Israël de 2017 à 2021, sous la première présidence de Donald Trump. Une nomination qui avait alors été dénoncée par cinq anciens ambassadeurs des États-Unis en Israël, notamment parce que l’impétrant se présentait comme un fervent partisan des implantations israéliennes et de l’annexion de la Cisjordanie.

Des noms de domaine inspirés de Gaza, des Frères musulmans et de France24

« Lorsqu’une entreprise malveillante figurant sur la liste des entités du gouvernement américain continue de défier les tribunaux américains, les restrictions en vigueur doivent rester strictement en vigueur », rappelle Meta dans son communiqué :

« Les assouplir compromettrait la sécurité nationale des États-Unis et mettrait en danger les entreprises américaines ainsi que des milliards de personnes à travers le monde qui dépendent de communications sécurisées. »

Meta indique avoir demandé au tribunal de « condamner NSO pour outrage au tribunal pour avoir enfreint une injonction permanente qui lui interdisait de cibler WhatsApp et ses utilisateurs ».

L’entreprise souligne qu’elle a reçu le mois dernier le soutien de 12 ONG de premier plan spécialisées dans la défense des droits civiques – dont Access Now et le Knight Institute – afin de s’opposer à l’appel interjeté par NSO contre l’injonction permanente.

Meta a par ailleurs rendu public les noms de domaine utilisés par NSO pour tenter d’installer son logiciel espion sur les terminaux de ses cibles : hxxps://ghazacast[.]com (pouvant potentiellement faire penser à un dispositif de broadcast associé à la bande de Ghaza), hxxps://ikhwancast[.]com (inspiré des noms de domaine des sites web des Frères musulmans), et hxxps://fr24cast[.]com (en lien avec France24 ?).

Un représentant de Meta précise au New York Times avoir été alerté de ces tentatives de « spear phishing » suspectes par des victimes potentielles, qu’elles ont échoué et semblaient concerner moins de dix utilisateurs de WhatsApp, principalement en Jordanie et au Liban.

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WhatsApp identifie (encore) trois nouvelles attaques émanant d’un logiciel espion de NSO

« Fighting Spyware », as usual
WhatsApp identifie (encore) trois nouvelles attaques émanant d’un logiciel espion de NSO

Placée sur liste noire par l’administration Biden depuis 2021, l’ex-entreprise israélienne NSO avait été condamnée l’an passé à ne plus tenter de pirater la messagerie de Meta. Depuis rachetée par un ancien avocat de Donald Trump, elle viendrait pourtant de recommencer.

Dans un communiqué intitulé « Lutte contre les logiciels espions : une mise à jour de WhatsApp », la messagerie de Meta vient d’annoncer avoir de nouveau détecté et déjoué des tentatives d’hameçonnage personnalisé (ou « spear phishing ») liées à NSO, l’ex-entreprise israélienne connue pour son logiciel espion Pegasus et figurant sur la liste noire du gouvernement américain depuis 2021.

L’administration Biden lui avait alors reproché d’avoir « commercialisé un outil numérique mis au service de la répression de dissidents, militants et journalistes » et d’avoir « participé à des activités contraires à la sécurité nationale ou aux intérêts de politique étrangère des États-Unis ».

WhatsApp avait pourtant réussi à faire condamner NSO par la justice états-unienne, en juillet 2025, aux termes d’un procès entamé par Meta il y a six ans, pour avoir infecté environ 1 400 smartphones, dont des journalistes, militants des droits humains et dissidents.

En octobre, l’amende de 168 millions de dollars avait été réduite à 4 millions, mais le juge avait ordonné à NSO de cesser de cibler WhatsApp. Une décision qui, selon la société lors de sa défense, risquait de la conduire à la faillite. NSO avait fait appel de la décision, et demandé un sursis.

Le nouveau président de NSO est un ancien avocat de Donald Trump

En novembre, l’entreprise annonçait qu’un groupe d’investisseurs dirigé par un producteur hollywoodien venait d’investir des dizaines de millions de dollars afin de prendre le contrôle de l’entreprise israélienne.

Mais, et surtout, NSO se dotait d’un nouveau président exécutif, David Friedman, un ancien avocat d’affaires ayant notamment défendu les intérêts de Donald Trump dans le cadre des faillites de ses casinos d’Atlantic City.

Il avait ensuite été nommé ambassadeur des États-Unis en Israël de 2017 à 2021, sous la première présidence de Donald Trump. Une nomination qui avait alors été dénoncée par cinq anciens ambassadeurs des États-Unis en Israël, notamment parce que l’impétrant se présentait comme un fervent partisan des implantations israéliennes et de l’annexion de la Cisjordanie.

Des noms de domaine inspirés de Gaza, des Frères musulmans et de France24

« Lorsqu’une entreprise malveillante figurant sur la liste des entités du gouvernement américain continue de défier les tribunaux américains, les restrictions en vigueur doivent rester strictement en vigueur », rappelle Meta dans son communiqué :

« Les assouplir compromettrait la sécurité nationale des États-Unis et mettrait en danger les entreprises américaines ainsi que des milliards de personnes à travers le monde qui dépendent de communications sécurisées. »

Meta indique avoir demandé au tribunal de « condamner NSO pour outrage au tribunal pour avoir enfreint une injonction permanente qui lui interdisait de cibler WhatsApp et ses utilisateurs ».

L’entreprise souligne qu’elle a reçu le mois dernier le soutien de 12 ONG de premier plan spécialisées dans la défense des droits civiques – dont Access Now et le Knight Institute – afin de s’opposer à l’appel interjeté par NSO contre l’injonction permanente.

Meta a par ailleurs rendu public les noms de domaine utilisés par NSO pour tenter d’installer son logiciel espion sur les terminaux de ses cibles : hxxps://ghazacast[.]com (pouvant potentiellement faire penser à un dispositif de broadcast associé à la bande de Ghaza), hxxps://ikhwancast[.]com (inspiré des noms de domaine des sites web des Frères musulmans), et hxxps://fr24cast[.]com (en lien avec France24 ?).

Un représentant de Meta précise au New York Times avoir été alerté de ces tentatives de « spear phishing » suspectes par des victimes potentielles, qu’elles ont échoué et semblaient concerner moins de dix utilisateurs de WhatsApp, principalement en Jordanie et au Liban.

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