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Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

L'huile, le feu
Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

Alors que l’Irlande du Nord est secouée par des manifestations violentes, le gouvernement local, britannique, et le Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appellent les responsables de réseaux sociaux à lutter plus efficacement contre les discours de haine.

Au Royaume-Uni, la vidéo d’une agression commise ce 8 juin provoque un intense émoi. Pendant quelques minutes, dans une rue de Belfast, en Irlande du Nord, on y voit un homme frapper à plusieurs reprises, à coup de couteau, un autre homme, en sang et à terre. Le 9 au soir, puis de nouveau le 10, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville.

Alors que le militant d’extrême-droite Tommy Robinson et le patron de X, SpaceX et Tesla Elon Musk ont appelé à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », les autorités britanniques et le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ont pris la parole pour critiquer le rôle des réseaux sociaux dans les explosions de violences.

Multiples appels à manifester

Identifié, l’auteur de l’attaque se nomme Hadi Alodid : Soudanais, âgé de trente ans, il est arrivé en Irlande du Nord en 2023, en provenance de la République d’Irlande, ralliée depuis Paris. Sur place, il a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour dont la validité court jusqu’à 2028, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Face au juge, l’homme a refusé d’être assisté par un avocat. Inculpé pour tentative de meurtre, possession d’une arme blanche sur un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du Service national de santé (NHS), il est en détention provisoire jusqu’au 8 juillet, date d’une prochaine comparution. Stephen Ogilvie, sa victime, est un homme d’une quarantaine d’années, hospitalisé pour de « graves lacérations au dos et au visage ». Il a perdu son œil gauche.

Dès la diffusion de la vidéo, plusieurs personnalités de l’extrême-droite britannique ont appelé à manifester. Parmi eux, Tommy Robinson (dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon), ex-hooligan devenu influenceur d’extrême droite. Depuis les États-Unis, Elon Musk – qui a par ailleurs explicitement soutenu Tommy Robinson par le passé – s’en est mêlé, mettant la caisse de résonance de son compte X au service des appels à manifestation.

Si les autorités avaient appelé au calme, cela n’a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler le 9 au soir, souvent masquées. Des bus et divers véhicules ont été incendiés, avant que la foule ne s’en prenne à un immeuble, un salon de coiffure turc ou encore un magasin d’alimentation arabe, rapporte Le Figaro. Le lendemain, plusieurs dizaines de manifestants ont tenté d’entrer dans le Chimney Corner : d’après Le Point, l’hôtel a hébergé par le passé des demandeurs d’asiles.

Le Royaume-Uni a été secoué par plusieurs manifestations anti-immigrés de ce type dans les années récentes, en 2024 et en 2025 pour la seule Irlande du Nord. Ce 9 juin, des rassemblements ont aussi été organisés à Glasgow, Edimbourg ou encore Southampton. Située en Angleterre, cette dernière ville a déjà subi au début du mois des troubles issus d’un autre rassemblement. Ce dernier avait été organisé pour critiquer la manière dont la police s’était occupée du meurtre d’Henry Nowak, un étudiant blanc de 18 ans, par un homme sikh.

La « responsabilité » des plateformes mise en cause

Le 10 juin, la famille de Stephen Ogilvie a elle aussi appelé au calme. « Nous voulons être absolument clairs : les troubles de la nuit dernière ne sont pas bienvenus, et manifester dans le calme est la seule façon d’avancer » a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle déclare avoir été « contrainte » de communiquer pour corriger de fausses informations relatives à l’état de santé de la victime. Et d’appeler le public à « cesser de diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux, car cela est extrêmement éprouvant ».

La ministre de l’Intérieur nord-irlandaise Naomi Long et le premier ministre britannique Keir Starmer ont tous deux critiqué des rassemblements « racistes », en ce qu’ils visaient des personnes « en raison de leur origine ». L’autorité de régulation des télécommunications britannique (Ofcom) a de son côté envoyé une lettre aux plateformes numériques, les alertant sur le « risque accru qu’[elles] soient utilisées pour attiser la haine, inciter à la violence et commettre d’autres infractions à la législation britannique ». Elle leur demande d’agir « sans délai » pour empêcher la circulation de « contenus illégaux ».

Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk a, de son côté, souligné que les « fournisseurs de plateformes de médias sociaux doivent prendre au sérieux leurs responsabilités en matière de droits humains, notamment vis-à-vis des discours de haine et d’incitation à la violence ».

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’insère ainsi dans la politique britannique : en 2025, il avait notamment accusé Keir Starmer et plusieurs autres membres du gouvernement britannique de complicité avec des réseaux pédocriminels. Quelques jours avant le cas présent, le premier ministre l’avait déjà accusé de « susciter la division », alors que l’entrepreneur états-unien critiquait le travail de la police britannique au sujet du meurtre d’Henry Nowak. Son activisme a ceci de particulier qu’il impacte très peu ses activités économiques, à commencer par son projet d’introduction en bourse de SpaceX, remarque Axios, alors que des actions similaires auraient pu disqualifier d’autres chefs d’entreprise.

Ministre responsable de l’Irlande du Nord, Hilary Benn a déclaré que le gouvernement britannique « introduirait de nouvelles mesures la semaine prochaine » pour lutter contre la circulation de fausses informations. Il a qualifié d’ « inacceptable » le fait que des internautes aient diffusé en ligne les adresses de personnes qu’ils considéraient être ressortissantes étrangères.

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Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

L'huile, le feu
Les réseaux sociaux mis en cause dans la violence qui déferle en Irlande du Nord

Alors que l’Irlande du Nord est secouée par des manifestations violentes, le gouvernement local, britannique, et le Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appellent les responsables de réseaux sociaux à lutter plus efficacement contre les discours de haine.

Au Royaume-Uni, la vidéo d’une agression commise ce 8 juin provoque un intense émoi. Pendant quelques minutes, dans une rue de Belfast, en Irlande du Nord, on y voit un homme frapper à plusieurs reprises, à coup de couteau, un autre homme, en sang et à terre. Le 9 au soir, puis de nouveau le 10, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville.

Alors que le militant d’extrême-droite Tommy Robinson et le patron de X, SpaceX et Tesla Elon Musk ont appelé à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », les autorités britanniques et le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ont pris la parole pour critiquer le rôle des réseaux sociaux dans les explosions de violences.

Multiples appels à manifester

Identifié, l’auteur de l’attaque se nomme Hadi Alodid : Soudanais, âgé de trente ans, il est arrivé en Irlande du Nord en 2023, en provenance de la République d’Irlande, ralliée depuis Paris. Sur place, il a obtenu le statut de réfugié et un titre de séjour dont la validité court jusqu’à 2028, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Face au juge, l’homme a refusé d’être assisté par un avocat. Inculpé pour tentative de meurtre, possession d’une arme blanche sur un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du Service national de santé (NHS), il est en détention provisoire jusqu’au 8 juillet, date d’une prochaine comparution. Stephen Ogilvie, sa victime, est un homme d’une quarantaine d’années, hospitalisé pour de « graves lacérations au dos et au visage ». Il a perdu son œil gauche.

Dès la diffusion de la vidéo, plusieurs personnalités de l’extrême-droite britannique ont appelé à manifester. Parmi eux, Tommy Robinson (dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon), ex-hooligan devenu influenceur d’extrême droite. Depuis les États-Unis, Elon Musk – qui a par ailleurs explicitement soutenu Tommy Robinson par le passé – s’en est mêlé, mettant la caisse de résonance de son compte X au service des appels à manifestation.

Si les autorités avaient appelé au calme, cela n’a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler le 9 au soir, souvent masquées. Des bus et divers véhicules ont été incendiés, avant que la foule ne s’en prenne à un immeuble, un salon de coiffure turc ou encore un magasin d’alimentation arabe, rapporte Le Figaro. Le lendemain, plusieurs dizaines de manifestants ont tenté d’entrer dans le Chimney Corner : d’après Le Point, l’hôtel a hébergé par le passé des demandeurs d’asiles.

Le Royaume-Uni a été secoué par plusieurs manifestations anti-immigrés de ce type dans les années récentes, en 2024 et en 2025 pour la seule Irlande du Nord. Ce 9 juin, des rassemblements ont aussi été organisés à Glasgow, Edimbourg ou encore Southampton. Située en Angleterre, cette dernière ville a déjà subi au début du mois des troubles issus d’un autre rassemblement. Ce dernier avait été organisé pour critiquer la manière dont la police s’était occupée du meurtre d’Henry Nowak, un étudiant blanc de 18 ans, par un homme sikh.

La « responsabilité » des plateformes mise en cause

Le 10 juin, la famille de Stephen Ogilvie a elle aussi appelé au calme. « Nous voulons être absolument clairs : les troubles de la nuit dernière ne sont pas bienvenus, et manifester dans le calme est la seule façon d’avancer » a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle déclare avoir été « contrainte » de communiquer pour corriger de fausses informations relatives à l’état de santé de la victime. Et d’appeler le public à « cesser de diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux, car cela est extrêmement éprouvant ».

La ministre de l’Intérieur nord-irlandaise Naomi Long et le premier ministre britannique Keir Starmer ont tous deux critiqué des rassemblements « racistes », en ce qu’ils visaient des personnes « en raison de leur origine ». L’autorité de régulation des télécommunications britannique (Ofcom) a de son côté envoyé une lettre aux plateformes numériques, les alertant sur le « risque accru qu’[elles] soient utilisées pour attiser la haine, inciter à la violence et commettre d’autres infractions à la législation britannique ». Elle leur demande d’agir « sans délai » pour empêcher la circulation de « contenus illégaux ».

Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk a, de son côté, souligné que les « fournisseurs de plateformes de médias sociaux doivent prendre au sérieux leurs responsabilités en matière de droits humains, notamment vis-à-vis des discours de haine et d’incitation à la violence ».

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’insère ainsi dans la politique britannique : en 2025, il avait notamment accusé Keir Starmer et plusieurs autres membres du gouvernement britannique de complicité avec des réseaux pédocriminels. Quelques jours avant le cas présent, le premier ministre l’avait déjà accusé de « susciter la division », alors que l’entrepreneur états-unien critiquait le travail de la police britannique au sujet du meurtre d’Henry Nowak. Son activisme a ceci de particulier qu’il impacte très peu ses activités économiques, à commencer par son projet d’introduction en bourse de SpaceX, remarque Axios, alors que des actions similaires auraient pu disqualifier d’autres chefs d’entreprise.

Ministre responsable de l’Irlande du Nord, Hilary Benn a déclaré que le gouvernement britannique « introduirait de nouvelles mesures la semaine prochaine » pour lutter contre la circulation de fausses informations. Il a qualifié d’ « inacceptable » le fait que des internautes aient diffusé en ligne les adresses de personnes qu’ils considéraient être ressortissantes étrangères.

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Les menaces contre les politiques ont explosé après la limitation de la modération de Meta

Qui aurait pu prédire ?
Les menaces contre les politiques ont explosé après la limitation de la modération de Meta

Menaces violentes, discours de haine et harcèlement des représentants politiques états-uniens ont explosé à la suite du changement de politique de modération de Meta, démontre le Center for Countering Digital Hate.

Le 7 janvier 2025, alors que Donald Trump revenait au pouvoir, Mark Zuckerberg faisait voler la modération des plateformes de Meta en éclat. En quelques semaines, ses programmes de vérification des faits étaient fermés et les discours de haine explosaient sur Facebook et Instagram.

Dix-huit mois plus tard, le Center for Countering Digital Hate (CCDH) publie une étude sur l’évolution concrète de la violence en et hors ligne, aux États-Unis, à la suite de cette décision. Parmi ses constats principaux : les menaces violentes envers des membres du Congrès des États-Unis ont quadruplé dans les six mois qui ont suivi l’évolution des règles de modération, les contenus haineux ont quadruplé eux aussi ainsi que ceux relevant du harcèlement ont doublé.

Donald Trump lui-même est visé par une violence accrue, alors que plusieurs patrons de médias sociaux ont déclaré réduire la modération sur leurs plateformes au nom de la défense d’une liberté d’expression envisagée de la même manière que le candidat républicain. Avant Meta, et quand bien même la plateforme est moins utilisée que Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, X (anciennement Twitter) avait ainsi donné l’exemple, sous la houlette d’Elon Musk. Dans son analyse des publications violentes accessibles sur Facebook, le CCDH relève que nombre de menaces, notamment formulées à l’encontre du président des États-Unis, « pourraient être qualifiées d’infractions pénales ».

Explosion de la violence après la réduction de modération

De l’assassinat de Charlie Kirk à celui de la députée Melissa Hortman et de son époux Mark chez eux, en passant par les trois tentatives d’assassinat qui ont visé Donald Trump, la violence s’est ouvertement accrue aux États-Unis. Alimentée par les discours de haine non réfrénés sur les réseaux sociaux, elle se traduit par des suppressions de débats publics, ou leur transfert en ligne, relève le directeur du CCDH Imran Ahmed.


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