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☕️ Microsoft se tournerait vers AWS pour absorber l’explosion des usages IA sur GitHub



GitHub, propriété de Microsoft, fait face à une explosion de son activité due aux outils de codage par IA (Copilot, agents autonomes, etc.). Selon Business Insider, qui cite deux sources internes, Microsoft aurait décidé de se tourner vers l’un de ses plus grands rivaux dans le cloud, Amazon, pour aider à résoudre des problèmes de capacité sur sa plateforme de code GitHub, suite à une série de pannes liées à l’IA.

Rappelons que GitHub, qui a longtemps profité d’une forme d’indépendance au sein du groupe de Redmond, était censé migrer intégralement vers Azure sous 24 mois, selon des déclarations formulées en octobre dernier.

Bien que Microsoft n’ait pas directement confirmé l’information relative à AWS, un porte-parole a indiqué à nos confrères que l’éditeur avait bien une stratégie multi-cloud : « L’incroyable pic du développement des agents qui a commencé à la fin de l’année dernière a mis à l’épreuve les limites de notre infrastructure ». Microsoft « accélère à la fois notre passage à Azure et continue d’explorer une stratégie multi-cloud afin de garantir la capacité future, l’élasticité de calcul et l’échelle horizontale nécessaires pour soutenir une croissance continue ».

On a d’ailleurs une idée assez précise du « pic extraordinaire » en question. Le 3 avril, Kyle Daigle, directeur des opérations de GitHub, publiait une statistique forte sur X : « Oui, l’activité de la plateforme explose. Il y avait eu un milliard de commits en 2025. Maintenant, c’est 275 millions par semaine, donc 14 milliards cette année si la croissance reste linéaire ». Il ajoutait : « Spoiler : ce ne sera pas le cas ».

Le responsable indiquait également que l’équipe poussait « comme des fous vers plus de CPU, l’évolutivité des services et le renforcement des fonctionnalités de base de GitHub ».

La situation ne manquerait pas d’ironie, puisque ce serait l’essor des outils d’IA de Microsoft elle-même qui engendrerait une demande que sa propre infrastructure Azure n’arriverait plus à absorber. Fin avril, plusieurs développeurs renommés, fidèles de GitHub, avaient annoncé leur intention de plier bagage en raison des dysfonctionnements de la plateforme.

Microsoft a depuis introduit une facturation à l’usage de GitHub Copilot qui, elle aussi, suscite son lot de critiques.

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☕️ Microsoft se tournerait vers AWS pour absorber l’explosion des usages IA sur GitHub



GitHub, propriété de Microsoft, fait face à une explosion de son activité due aux outils de codage par IA (Copilot, agents autonomes, etc.). Selon Business Insider, qui cite deux sources internes, Microsoft aurait décidé de se tourner vers l’un de ses plus grands rivaux dans le cloud, Amazon, pour aider à résoudre des problèmes de capacité sur sa plateforme de code GitHub, suite à une série de pannes liées à l’IA.

Rappelons que GitHub, qui a longtemps profité d’une forme d’indépendance au sein du groupe de Redmond, était censé migrer intégralement vers Azure sous 24 mois, selon des déclarations formulées en octobre dernier.

Bien que Microsoft n’ait pas directement confirmé l’information relative à AWS, un porte-parole a indiqué à nos confrères que l’éditeur avait bien une stratégie multi-cloud : « L’incroyable pic du développement des agents qui a commencé à la fin de l’année dernière a mis à l’épreuve les limites de notre infrastructure ». Microsoft « accélère à la fois notre passage à Azure et continue d’explorer une stratégie multi-cloud afin de garantir la capacité future, l’élasticité de calcul et l’échelle horizontale nécessaires pour soutenir une croissance continue ».

On a d’ailleurs une idée assez précise du « pic extraordinaire » en question. Le 3 avril, Kyle Daigle, directeur des opérations de GitHub, publiait une statistique forte sur X : « Oui, l’activité de la plateforme explose. Il y avait eu un milliard de commits en 2025. Maintenant, c’est 275 millions par semaine, donc 14 milliards cette année si la croissance reste linéaire ». Il ajoutait : « Spoiler : ce ne sera pas le cas ».

Le responsable indiquait également que l’équipe poussait « comme des fous vers plus de CPU, l’évolutivité des services et le renforcement des fonctionnalités de base de GitHub ».

La situation ne manquerait pas d’ironie, puisque ce serait l’essor des outils d’IA de Microsoft elle-même qui engendrerait une demande que sa propre infrastructure Azure n’arriverait plus à absorber. Fin avril, plusieurs développeurs renommés, fidèles de GitHub, avaient annoncé leur intention de plier bagage en raison des dysfonctionnements de la plateforme.

Microsoft a depuis introduit une facturation à l’usage de GitHub Copilot qui, elle aussi, suscite son lot de critiques.

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La promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun a du plomb dans l’aile

Vivement l’INdependance Day !
La promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun a du plomb dans l’aile

En plus de faire réagir toute la classe politique, la coupure des derniers modèles d’Anthropic remet en avant des questions de souveraineté et d’autonomie. Pour le Conseil de l’IA, « la menace sur l’autonomie numérique européenne n’est plus une hypothèse, elle est devenue une réalité tangible ».

Dans une note publiée quelques jours seulement après la coupure de Mythos 5 et de sa version pour le grand public Fable 5, le Conseil de l’IA et du Numérique évoque un « point de bascule ». Le terme est peut-être fort, mais cette coupure a été l’occasion d’éveiller les esprits sur les questions de souveraineté et de rappeler notre dépendance à des technologies américaines.

Conseil de l’IA et enjeux de souveraineté

Pour le Conseil, cette suspension soudaine « révèle en réalité des tendances de fond sur l’intelligence artificielle (IA), qui s’amplifient depuis déjà un certain temps ». Il affirme que la maîtrise des dépendances technologiques doit devenir une priorité dans le numérique.

Les enjeux de souveraineté numérique, les membres du Conseil le connaissent bien, déjà par le biais de ses deux co-présidents : Anne Bouverot (ex-Orange, présidente du conseil d’administration de l’ENS) ainsi que Guillaume Poupard (ex-patron de l’ANSSI, CTO d’Orange). Sébastien Soriano et Patrick Chaize sont également membres du Conseil.

Kill switch : jour, nuit, jour, nuit…

Cette coupure des deux modèles est la matérialisation d’une menace régulièrement évoquée : un kill switch. La question se posait déjà lors de la mise en place de S3ns et Bleu, des clouds basés sur les technologies de Google et Microsoft, mais sous le contrôle et la maîtrise d’entreprises françaises. S3ns est d’ailleurs qualifié SecNumCloud par l’ANSSI, la plus haute certification.

La question était de savoir ce qu’il se passerait si Google ou Microsoft fermaient le robinet et arrêtaient d’envoyer des mises à jour. Les cloud continueraient de fonctionner, mais sans nouvelles fonctionnalités, ni correctifs de bugs ou de sécurité. C’est certainement le point le plus sensible.

Nous avions évoqué le sujet avec les deux entités. S3ns pense pouvoir tenir quelques mois, Bleu pousse à un an et pourrait proposer à ses clients des liaisons directes afin de « fonctionner en autarcie », totalement isolé d’Internet.

Les précédents : Adobe au Venezuela, le juge de la CPI Nicolas Guillou

Comme nous l’avons vu avec l’intelligence artificielle générative, le kill switch d’Anthropic a coupé les modèles à l’ensemble des clients, partout dans le monde. Ce n’est pas une première. En octobre 2019, « Adobe avait suspendu ses services – notamment l’ouverture de documents PDF – au Venezuela à la suite d’un Executive Order signé par l’administration Trump ».

Rappelons aussi le cas Nicolas Guillou, juge français de la Cour pénale internationale qui « n’a plus accès aux services numériques développés outre-Atlantique ». Le principal intéressé avait expliqué que l’Europe était (est encore) en situation de « vassalisation, dans un contexte de déclin de l’ordre mondial ».

Pour le Conseil de l’IA, « les restrictions imposées sur les deux modèles les plus avancés d’Anthropic marquent une étape supplémentaire, significative et inédite vers la généralisation pratique de ce risque ». Si le numérique est depuis toujours un enjeu de pouvoir, les LLM deviennent des actifs stratégiques.

Washington veut s’éviter un nouveau « moment DeepSeek »

Il ajoute que cette mesure « prolonge la stratégie de containment (endiguement) technologique, jusqu’ici principalement incarnée par les restrictions à l’exportation des puces NVIDIA les plus performantes » sur le marché chinois.

Le but est évident pour les États-Unis : tenter de garder cette avance pour eux afin que ses entreprises technologiques en profitent en premier, voire en exclusivité. Le gouvernement américain veut ainsi s’« éviter un nouveau « moment DeepSeek », qui avait fortement marqué les esprits à Washington ».

En bloquant les puces, les États-Unis entendent limiter les capacités d’entraînement des plus gros modèles ; avec des restrictions sur des modèles, ils veulent « limiter les risques de distillation hostile ». Selon la note, c’est grâce à la distillation que « des laboratoires chinois, comme DeepSeek, ont très certainement pu combler une grande partie de leur retard sur les modèles américains par le passé ».

Cette histoire entre en collision avec la « promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun », sans oublier les questions de coûts : « l’accès aux IA performantes est jusqu’à présent très largement subventionné », avec des forfaits qui seraient bien en deçà du coût réel.

Des sociétés comme OpenAI et Anthropic n’ont de cesse de vanter les performances de leurs modèles, rappelant à qui veut l‘entendre qu’ils ne doivent pas être mis entre toutes les mains (l‘Executive Order de Donald Trump va dans ce sens).

Pour le Conseil, c’est le « retour en force de la doctrine du risque catastrophique, voire existentiel, associé à l’IA »… qui va de pair avec une « mécanique bien connue, initiée par les GAFAM, selon lesquels seule une poignée d’acteurs devraient disposer des technologies les plus avancées en raison de leur dangerosité supposée – affirmation loin de faire consensus sur le plan scientifique. En revanche, une telle posture permet à ces mêmes acteurs de justifier un contrôle accru sur ces technologies et les revenus qui en découlent, en limitant ainsi la concurrence et l’innovation ouverte ».

Vers un Independance Day ?

Pour le Conseil de l’IA, il faut donc agir, et vite. Il met en avant une approche dont nous parlons depuis des années (dans le spatial comme le numérique) : « buy european first », c’est-à-dire une préférence européenne dans la commande publique.

Autre point d’attention : les AI factories en France. Si la volonté de rééquilibrer les infrastructures critiques sur le territoire national est claire, « une vigilance particulière devra être portée sur l’allocation effective de la puissance de calcul qui, si elle s’avérait principalement fléchée vers les géants américains, ne résoudrait aucunement l’enjeu de souveraineté numérique et de la captation de la valeur produite ».

Le dernier point concerne les chercheurs. Si la France dispose d’écoles et de centres de recherche parmi les meilleurs au monde, le pays « accuse un retard croissant dans la course aux talents de l’IA, en particulier lorsqu’il s’agit de retenir ses talents ou d’en attirer d’autres ». Alors que nous étions 3e sur le nombre de « top chercheurs en IA » en 2016, nous avons glissé à la 9e place l’année dernière.

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La promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun a du plomb dans l’aile

Vivement l’INdependance Day !
La promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun a du plomb dans l’aile

En plus de faire réagir toute la classe politique, la coupure des derniers modèles d’Anthropic remet en avant des questions de souveraineté et d’autonomie. Pour le Conseil de l’IA, « la menace sur l’autonomie numérique européenne n’est plus une hypothèse, elle est devenue une réalité tangible ».

Dans une note publiée quelques jours seulement après la coupure de Mythos 5 et de sa version pour le grand public Fable 5, le Conseil de l’IA et du Numérique évoque un « point de bascule ». Le terme est peut-être fort, mais cette coupure a été l’occasion d’éveiller les esprits sur les questions de souveraineté et de rappeler notre dépendance à des technologies américaines.

Conseil de l’IA et enjeux de souveraineté

Pour le Conseil, cette suspension soudaine « révèle en réalité des tendances de fond sur l’intelligence artificielle (IA), qui s’amplifient depuis déjà un certain temps ». Il affirme que la maîtrise des dépendances technologiques doit devenir une priorité dans le numérique.

Les enjeux de souveraineté numérique, les membres du Conseil le connaissent bien, déjà par le biais de ses deux co-présidents : Anne Bouverot (ex-Orange, présidente du conseil d’administration de l’ENS) ainsi que Guillaume Poupard (ex-patron de l’ANSSI, CTO d’Orange). Sébastien Soriano et Patrick Chaize sont également membres du Conseil.

Kill switch : jour, nuit, jour, nuit…

Cette coupure des deux modèles est la matérialisation d’une menace régulièrement évoquée : un kill switch. La question se posait déjà lors de la mise en place de S3ns et Bleu, des clouds basés sur les technologies de Google et Microsoft, mais sous le contrôle et la maîtrise d’entreprises françaises. S3ns est d’ailleurs qualifié SecNumCloud par l’ANSSI, la plus haute certification.

La question était de savoir ce qu’il se passerait si Google ou Microsoft fermaient le robinet et arrêtaient d’envoyer des mises à jour. Les cloud continueraient de fonctionner, mais sans nouvelles fonctionnalités, ni correctifs de bugs ou de sécurité. C’est certainement le point le plus sensible.

Nous avions évoqué le sujet avec les deux entités. S3ns pense pouvoir tenir quelques mois, Bleu pousse à un an et pourrait proposer à ses clients des liaisons directes afin de « fonctionner en autarcie », totalement isolé d’Internet.

Les précédents : Adobe au Venezuela, le juge de la CPI Nicolas Guillou

Comme nous l’avons vu avec l’intelligence artificielle générative, le kill switch d’Anthropic a coupé les modèles à l’ensemble des clients, partout dans le monde. Ce n’est pas une première. En octobre 2019, « Adobe avait suspendu ses services – notamment l’ouverture de documents PDF – au Venezuela à la suite d’un Executive Order signé par l’administration Trump ».

Rappelons aussi le cas Nicolas Guillou, juge français de la Cour pénale internationale qui « n’a plus accès aux services numériques développés outre-Atlantique ». Le principal intéressé avait expliqué que l’Europe était (est encore) en situation de « vassalisation, dans un contexte de déclin de l’ordre mondial ».

Pour le Conseil de l’IA, « les restrictions imposées sur les deux modèles les plus avancés d’Anthropic marquent une étape supplémentaire, significative et inédite vers la généralisation pratique de ce risque ». Si le numérique est depuis toujours un enjeu de pouvoir, les LLM deviennent des actifs stratégiques.

Washington veut s’éviter un nouveau « moment DeepSeek »

Il ajoute que cette mesure « prolonge la stratégie de containment (endiguement) technologique, jusqu’ici principalement incarnée par les restrictions à l’exportation des puces NVIDIA les plus performantes » sur le marché chinois.

Le but est évident pour les États-Unis : tenter de garder cette avance pour eux afin que ses entreprises technologiques en profitent en premier, voire en exclusivité. Le gouvernement américain veut ainsi s’« éviter un nouveau « moment DeepSeek », qui avait fortement marqué les esprits à Washington ».

En bloquant les puces, les États-Unis entendent limiter les capacités d’entraînement des plus gros modèles ; avec des restrictions sur des modèles, ils veulent « limiter les risques de distillation hostile ». Selon la note, c’est grâce à la distillation que « des laboratoires chinois, comme DeepSeek, ont très certainement pu combler une grande partie de leur retard sur les modèles américains par le passé ».

Cette histoire entre en collision avec la « promesse d’une « IA pour tous » au service du bien commun », sans oublier les questions de coûts : « l’accès aux IA performantes est jusqu’à présent très largement subventionné », avec des forfaits qui seraient bien en deçà du coût réel.

Des sociétés comme OpenAI et Anthropic n’ont de cesse de vanter les performances de leurs modèles, rappelant à qui veut l‘entendre qu’ils ne doivent pas être mis entre toutes les mains (l‘Executive Order de Donald Trump va dans ce sens).

Pour le Conseil, c’est le « retour en force de la doctrine du risque catastrophique, voire existentiel, associé à l’IA »… qui va de pair avec une « mécanique bien connue, initiée par les GAFAM, selon lesquels seule une poignée d’acteurs devraient disposer des technologies les plus avancées en raison de leur dangerosité supposée – affirmation loin de faire consensus sur le plan scientifique. En revanche, une telle posture permet à ces mêmes acteurs de justifier un contrôle accru sur ces technologies et les revenus qui en découlent, en limitant ainsi la concurrence et l’innovation ouverte ».

Vers un Independance Day ?

Pour le Conseil de l’IA, il faut donc agir, et vite. Il met en avant une approche dont nous parlons depuis des années (dans le spatial comme le numérique) : « buy european first », c’est-à-dire une préférence européenne dans la commande publique.

Autre point d’attention : les AI factories en France. Si la volonté de rééquilibrer les infrastructures critiques sur le territoire national est claire, « une vigilance particulière devra être portée sur l’allocation effective de la puissance de calcul qui, si elle s’avérait principalement fléchée vers les géants américains, ne résoudrait aucunement l’enjeu de souveraineté numérique et de la captation de la valeur produite ».

Le dernier point concerne les chercheurs. Si la France dispose d’écoles et de centres de recherche parmi les meilleurs au monde, le pays « accuse un retard croissant dans la course aux talents de l’IA, en particulier lorsqu’il s’agit de retenir ses talents ou d’en attirer d’autres ». Alors que nous étions 3e sur le nombre de « top chercheurs en IA » en 2016, nous avons glissé à la 9e place l’année dernière.

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