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Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

Askip, there is no alternative
Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

D’après le président du principal lobby européen des centres de données, qui représente aussi des acteurs numériques venus des États-Unis, l’Union européenne doit renoncer à ses objectifs climatiques si elle veut rester dans la course à l’IA.

À quelques jours de la vague de canicule historique qui sévit actuellement en Europe, le président de l’association européenne des centres de données a formulé une alerte tout à fait intéressante : soit l’Europe met l’accent sur le développement de l’intelligence artificielle, ce qui ne peut selon lui se faire qu’en recourant à de l’énergie carbonée, soit elle priorise ses objectifs climatiques.

C’est, du moins, les propos de Lex Coors auprès de Politico. Le contexte ? Dans le cadre de son plan d’action pour une IA continentale, la Commission européenne veut tripler les capacités rendues disponibles par l’industrie des centres de données d’ici 2032. Or, pour le président du principal lobby européen de cette industrie, qui représente aussi des géants états-uniens comme Microsoft, Google ou Amazon, ce plan est irréalisable si l’Union ne se repose que sur son énergie nucléaire ou renouvelable.

Entre centres de données et objectifs climatiques, il faudrait choisir

Si la France produit de l’énergie en excédent, cela ne signifie ni que c’est le cas de ses voisins, ni que le réseau permet pour autant d’encaisser les pics que lui demande l’installation de nouveaux data centers. Pour faire face à la demande impressionnante de ces usines de données, une possibilité consiste donc à lancer des projets permettant de les approvisionner directement en énergie.

Or, d’après Lex Coors, toutes les tentatives à l’étude en matière d’alimentation renouvelable ou nucléaire sont trop lentes. Si l’Union européenne veut réellement rester dans la course à l’IA, il appelle à « ouvrir la conversation » sur le recours à des énergies fossiles – des sources énergétiques auxquelles les géants de la tech font déjà largement recours, notamment sur le territoire états-unien.

Ce faisant, il met les pieds dans le sujet sur lequel le Think tank Shift Project alertait dès le mois d’octobre 2025 : menée sans discernement, la politique de l’IA pourrait empêcher l’Union européenne d’atteindre ses objectifs climatiques.

Plus largement, scientifiques et groupes de la société civile spécialisés dans les questions climatiques rappellent régulièrement le rôle des énergies fossiles dans le bouleversement climatique à l’échelle mondiale, et dans la vulnérabilité aux crises énergétiques à l’échelle européenne.

Pression à la souveraineté

Cette opposition entre course à l’IA et enjeux climatiques qui semble ne souffrir aucune alternative est par ailleurs formulée dans un contexte de forte pression à ce que l’Union européenne trouve une manière de renforcer sa souveraineté dans le domaine numérique en général, dans celui de l’IA en particulier.

Mi-juin, un think tank bruxellois publiait par exemple Europe 2031, une « expérience de pensée » qui venait alimenter l’idée selon laquelle l’Union européenne devrait nécessairement se lancer dans la course à l’IA sous des modalités proches de celles observées aux États-Unis ou en Chine, faute de quoi elle se verrait rapidement rayée de la carte économique mondiale. Le lendemain, Donald Trump obligeait Anthropic à fermer l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 aux pays étrangers.

Pour autant, alors que les émissions de CO₂ des centres de données français s’envolent déjà, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen indique que les data centers sont les bienvenus sur le territoire dans la mesure où ils participent à la transition énergétique – c’est-à-dire en finançant le déploiement d’énergie renouvelable et en recyclant leurs émissions de chaleur. L’Union travaille par ailleurs à des standards minimum en termes d’efficacité énergétique qu’elle pourrait imposer aux data centers à venir.

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Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

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Objectifs climatiques ou IA ? Pour le lobby des data centers, l’Europe doit choisir

D’après le président du principal lobby européen des centres de données, qui représente aussi des acteurs numériques venus des États-Unis, l’Union européenne doit renoncer à ses objectifs climatiques si elle veut rester dans la course à l’IA.

À quelques jours de la vague de canicule historique qui sévit actuellement en Europe, le président de l’association européenne des centres de données a formulé une alerte tout à fait intéressante : soit l’Europe met l’accent sur le développement de l’intelligence artificielle, ce qui ne peut selon lui se faire qu’en recourant à de l’énergie carbonée, soit elle priorise ses objectifs climatiques.

C’est, du moins, les propos de Lex Coors auprès de Politico. Le contexte ? Dans le cadre de son plan d’action pour une IA continentale, la Commission européenne veut tripler les capacités rendues disponibles par l’industrie des centres de données d’ici 2032. Or, pour le président du principal lobby européen de cette industrie, qui représente aussi des géants états-uniens comme Microsoft, Google ou Amazon, ce plan est irréalisable si l’Union ne se repose que sur son énergie nucléaire ou renouvelable.

Entre centres de données et objectifs climatiques, il faudrait choisir

Si la France produit de l’énergie en excédent, cela ne signifie ni que c’est le cas de ses voisins, ni que le réseau permet pour autant d’encaisser les pics que lui demande l’installation de nouveaux data centers. Pour faire face à la demande impressionnante de ces usines de données, une possibilité consiste donc à lancer des projets permettant de les approvisionner directement en énergie.

Or, d’après Lex Coors, toutes les tentatives à l’étude en matière d’alimentation renouvelable ou nucléaire sont trop lentes. Si l’Union européenne veut réellement rester dans la course à l’IA, il appelle à « ouvrir la conversation » sur le recours à des énergies fossiles – des sources énergétiques auxquelles les géants de la tech font déjà largement recours, notamment sur le territoire états-unien.

Ce faisant, il met les pieds dans le sujet sur lequel le Think tank Shift Project alertait dès le mois d’octobre 2025 : menée sans discernement, la politique de l’IA pourrait empêcher l’Union européenne d’atteindre ses objectifs climatiques.

Plus largement, scientifiques et groupes de la société civile spécialisés dans les questions climatiques rappellent régulièrement le rôle des énergies fossiles dans le bouleversement climatique à l’échelle mondiale, et dans la vulnérabilité aux crises énergétiques à l’échelle européenne.

Pression à la souveraineté

Cette opposition entre course à l’IA et enjeux climatiques qui semble ne souffrir aucune alternative est par ailleurs formulée dans un contexte de forte pression à ce que l’Union européenne trouve une manière de renforcer sa souveraineté dans le domaine numérique en général, dans celui de l’IA en particulier.

Mi-juin, un think tank bruxellois publiait par exemple Europe 2031, une « expérience de pensée » qui venait alimenter l’idée selon laquelle l’Union européenne devrait nécessairement se lancer dans la course à l’IA sous des modalités proches de celles observées aux États-Unis ou en Chine, faute de quoi elle se verrait rapidement rayée de la carte économique mondiale. Le lendemain, Donald Trump obligeait Anthropic à fermer l’accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 aux pays étrangers.

Pour autant, alors que les émissions de CO₂ des centres de données français s’envolent déjà, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen indique que les data centers sont les bienvenus sur le territoire dans la mesure où ils participent à la transition énergétique – c’est-à-dire en finançant le déploiement d’énergie renouvelable et en recyclant leurs émissions de chaleur. L’Union travaille par ailleurs à des standards minimum en termes d’efficacité énergétique qu’elle pourrait imposer aux data centers à venir.

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☕️ Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft, meurt dans un accident d’avion



Ubisoft a perdu un de ses cofondateurs. Claude Guillemot, 69 ans, a trouvé la mort dans un accident d’avion de tourisme vendredi 19 juin, non loin de La Baule (Loire-Atlantique). Avec ses quatre autres frères, il a cofondé l’éditeur français de jeux vidéo (à l’origine sous le nom Ubi Soft) il y a quarante ans, en mars 1986. Le groupe est toujours dirigé par Yves Guillemot, mais les frères de la famille possèdent des parts égales dans l’entreprise ; ils siègent d’ailleurs tous au conseil d’administration.

Aîné de la famille, il cofonde deux ans plus tôt Guillemot Corporation, dont il prend la tête. Cette entreprise est spécialisée dans les périphériques de jeux vidéo, on connait mieux les deux principales marques sous sa bannière : Hercules et Thrustmaster.

Selon Ouest-France, le Cessna 421 de Claude Guillemot est parti vendredi 19 juin en fin d’après midi de Rennes pour participer à un rassemblement programmé le week-end dernier. Le bimoteur s’est écrasé quelques minutes plus tard, non loin de l’aérodrome de La Baule. Outre l’homme d’affaires, on déplore un autre décès, celui du pilote d’avion instructeur. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire pour éclaircir les circonstances du crash.

Le groupe a confirmé la terrible nouvelle dans une déclaration envoyée à la presse : « Ubisoft a appris avec une profonde tristesse le décès de Claude Guillemot, cofondateur du groupe et président de Guillemot Corporation, dans un accident. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches dans cette épreuve ». Anne Le Hénanff, ministre déléguée en charge du Numérique, a salué la mémoire du « grand entrepreneur breton » sur les réseaux sociaux :

nne Le Hénanff
@ALehenanff

Le monde du jeu vidéo français perd aujourd'hui l'un de ses pionniers.

C'est avec tristesse que j'apprends le décès de Claude Guillemot, cofondateur d'Ubisoft et grand entrepreneur breton.

Avec ses frères, il a bâti depuis la Bretagne l’un des studios les plus influents au monde, à l’origine de licences devenues cultes : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six, Rayman, Just Dance… Autant d’univers qui rassemblent des centaines de millions de joueurs et ont hissé la France au sommet de l’industrie mondiale du jeu vidéo.

J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et l'ensemble de ses collaborateurs.
2:29 PM · Jun 20, 2026
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☕️ Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft, meurt dans un accident d’avion



Ubisoft a perdu un de ses cofondateurs. Claude Guillemot, 69 ans, a trouvé la mort dans un accident d’avion de tourisme vendredi 19 juin, non loin de La Baule (Loire-Atlantique). Avec ses quatre autres frères, il a cofondé l’éditeur français de jeux vidéo (à l’origine sous le nom Ubi Soft) il y a quarante ans, en mars 1986. Le groupe est toujours dirigé par Yves Guillemot, mais les frères de la famille possèdent des parts égales dans l’entreprise ; ils siègent d’ailleurs tous au conseil d’administration.

Aîné de la famille, il cofonde deux ans plus tôt Guillemot Corporation, dont il prend la tête. Cette entreprise est spécialisée dans les périphériques de jeux vidéo, on connait mieux les deux principales marques sous sa bannière : Hercules et Thrustmaster.

Selon Ouest-France, le Cessna 421 de Claude Guillemot est parti vendredi 19 juin en fin d’après midi de Rennes pour participer à un rassemblement programmé le week-end dernier. Le bimoteur s’est écrasé quelques minutes plus tard, non loin de l’aérodrome de La Baule. Outre l’homme d’affaires, on déplore un autre décès, celui du pilote d’avion instructeur. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire pour éclaircir les circonstances du crash.

Le groupe a confirmé la terrible nouvelle dans une déclaration envoyée à la presse : « Ubisoft a appris avec une profonde tristesse le décès de Claude Guillemot, cofondateur du groupe et président de Guillemot Corporation, dans un accident. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches dans cette épreuve ». Anne Le Hénanff, ministre déléguée en charge du Numérique, a salué la mémoire du « grand entrepreneur breton » sur les réseaux sociaux :

nne Le Hénanff
@ALehenanff

Le monde du jeu vidéo français perd aujourd'hui l'un de ses pionniers.

C'est avec tristesse que j'apprends le décès de Claude Guillemot, cofondateur d'Ubisoft et grand entrepreneur breton.

Avec ses frères, il a bâti depuis la Bretagne l’un des studios les plus influents au monde, à l’origine de licences devenues cultes : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six, Rayman, Just Dance… Autant d’univers qui rassemblent des centaines de millions de joueurs et ont hissé la France au sommet de l’industrie mondiale du jeu vidéo.

J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et l'ensemble de ses collaborateurs.
2:29 PM · Jun 20, 2026
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Accessibilité du numérique public : une « non-conformité généralisée »

Exclusion numérique
Accessibilité du numérique public : une « non-conformité généralisée »

Dans un rapport sur l’accessibilité du numérique public, la Cour des comptes explique que « seulement seize des 244 démarches jugées essentielles pour les usagers (soit 6,6 %) sont conformes » au règlement en vigueur sur l’accessibilité. Elle souligne que cette situation n’est pas une source d’économies mais, au contraire, qu’elle « engendre des surcoûts ».

Malgré la mise en place par l’État d’un « dispositif juridique et administratif très complet, avec un pilotage interministériel et des ressources spécifiques », la Cour des comptes constate la « non-conformité généralisée » du numérique public français.

Elle confirme ainsi ce que dénoncent les associations comme le Collectif Français du Handicap Visuel qui a récemment porté plainte contre la Direction générale des Finances publiques.

La juridiction financière a publié un rapport [PDF] en fin de semaine dernière sur le sujet. Celui-ci rappelle que la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a été adoptée en 2005. Son article 47 affirmait que « les services de communication publique en ligne des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ».

Plus de 20 ans après, la Cour des comptes constate que l’État a continué à affirmer « une ambition politique forte en matière d’accessibilité numérique » en déclinant plusieurs directives européennes « au niveau réglementaire (décret de 2019) et technique (le règlement général d’amélioration de l’accessibilité, RGAA), avec une obligation d’audit régulier des sites internet publics, de déclaration du taux de conformité et de plan de mise en conformité ».

La juridiction financière souligne aussi la mise à disposition de guichets de financement interministériels et la possibilité d’un accompagnement par la DINUM « articulé autour de prestations d’expertise, de formations et d’audits ». La Cour des comptes juge que « ces outils offrent aujourd’hui des moyens étendus pour accompagner les administrations de l’État en charge des services publics numériques ».

« Pas de véritable culture de l’accessibilité numérique »

Mais, malgré cet affichage volontariste, elle note l’inefficacité du dispositif avec, au final, « une très faible accessibilité effective pour les personnes handicapées ». Et la Cour fait le constat amer que « l’accessibilité numérique n’est, au fond, pas traitée comme un enjeu prioritaire. Le décalage est fort entre normes et pratiques ». « On n’observe pas de véritable culture de l’accessibilité numérique » assène-t-elle encore.

Ainsi, « seulement 16 des 244 démarches jugées essentielles pour les usagers sont aujourd’hui conformes au RGAA, alors que ces démarches ont concentré depuis cinq ans les annonces politiques et les dispositifs de suivi et de pilotage ». Pour la juridiction, les niveaux de conformité sont « globalement insuffisants ».

« Les résultats décevants en matière d’accessibilité se manifestent également sur les sites internet publics les plus fréquentés en France. Les sites francetravail.fr, sante.gouv.fr, solidarites.gouv.fr economie.gouv.fr, ants.gouv.fr, education.gouv.fr, impots.gouv.fr, interieur.gouv.fr, parcoursup.fr et legifrance.fr affichent une conformité partielle tandis que le site ameli.fr est non conforme, énumère-t-elle.

Mais elle ajoute que le périmètre est beaucoup plus vaste, citant ainsi le contrôle automatique de l’accessibilité numérique de 37 000 sites publics mené par l’association Adullact.


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Vers une ère de « post-réalité », instrumentalisée par des médias de « réinformation »

Nés sous X
Vers une ère de « post-réalité », instrumentalisée par des médias de « réinformation »

La délégation à la prospective du Sénat consacre une étude au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 ». Elle anticipe une ère de « post-réalité », fictionnalisée et instrumentalisée par les « médias d’opinion » et de « réinformation » promouvant des « faits alternatifs », aux dépens du « vivre ensemble » reposant sur le principe de « réalité partagée » incarné par le journalisme.

« Les journalistes sont parmi les humains les plus malhonnêtes au monde », déclarait en janvier 2017 Donald Trump, au lendemain de sa première cérémonie d’investiture : « j’allume la télé et je tombe sur une chaîne qui montre une esplanade vide. Ils ont dit qu’il y avait 250.000 personnes (…) C’est un mensonge », déplorait le nouveau président, qui revendiquait de son côté 1,5 million de supporters environ, et pas seulement : « C’était le plus grand public jamais vu à une inauguration, à la fois en personne et dans le monde ».

Des propos réitérés par le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer, lors de son premier point presse, et défendus par Kellyanne Conway, conseillère du président américain Donald Trump, qui avait alors rétorqué qu’il s’agissait de « faits alternatifs ». Quatre ans plus tard, la cellule de fact-checking du journal Washington Post estimait que Donald Trump aurait menti 30 573 fois pendant son premier mandat, soit plus de 20 mensonges par jour.

Ce qui aurait pu rester anecdotique est depuis devenu programmatique, et pas qu’aux États-Unis, constate la délégation à la prospective du Sénat.

Dans le cadre de son thème de travail 2025 - 2026 « Quelles valeurs en 2050 ? » elle a en effet mené une réflexion selon quatre axes : l’évolution des valeurs dans le champ économique, sociales, l’avenir du modèle démocratique et le futur du rapport à l’autorité et à la vérité :

« Comment pourrait évoluer le rapport à l’autorité, au respect, à la vérité ? Quel impact dans le domaine de l’éducation ? Comment seront perçues la justice, l’information scientifique, la parole des médias ? Comment recréer de la confiance dans les institutions, lutter contre la désinformation ? »

Dans un rapport de 98 pages, elle envisage quatre scénarios d’évolution : un « ministère de la post-vérité » avec une autorité suprême détenue par un « homme fort », un « sursaut démocratique » garant de la libre recherche de la vérité et de l’information, un « empire technologique » mondial dominé par les Big Tech et « destructeur de toutes les formes d’autorité », et des « communautés de résistance pour faire vivre l’idéal de la Vérité ».

Une « hausse alarmante de la crédulité, surtout chez les plus jeunes »

La délégation à la prospective rappelle, de façon liminaire, que dans nos démocraties occidentales, les responsables politiques ont vocation à « garantir le respect de l’autorité des institutions, la libre détermination de la vérité judiciaire par les juges, la recherche scientifique sans entrave, le libre établissement de l’information par les journalistes et la liberté d’enseignement des professeurs ».

Elle n’en constate pas moins que cet idéal est aujourd’hui souvent remis en cause, en particulier dans les démocraties illibérales, et que les figures de l’autorité, individuelles ou collectives, sont toutes questionnées, parfois violemment, « tandis que nous sommes peut-être entrés dans l’ère
de la post-vérité
».

Les 65 premières pages du rapport posent les termes du débat, tout comme les 60 pages de ses 16 annexes. Il y est notamment question de défiance croissante à l’égard des élus nationaux et de la justice, de « hausse alarmante de la crédulité, surtout chez les plus jeunes », de méfiance grandissante envers les scientifiques, d’agressions d’enseignants et de « confiance dans le journalisme en berne ».

« Ce qui compte, c’est de présenter une fiction séduisante »

Le rapport rappelle que le concept de « post-vérité », apparu en 2004 mais présenté comme mot de l’année de 2016, est défini dans l’Oxford English Dictionary comme ce qui « concerne ou dénote des circonstances dans lesquelles les faits objectifs sont moins influents pour former l’opinion publique que l’appel aux émotions et aux convictions personnelles ». Une tendance « alimentée par la montée en puissance des réseaux sociaux » et par la « méfiance croissante » à l’égard des médias traditionnels.

La post-vérité se caractérise en outre, d’une part par une « indifférence à la vérité », d’autre part par un « effacement du partage entre le vrai et le faux » et donc un « brouillage des frontières entre la vérité et le mensonge, la sincérité et la tromperie » :

« Ce qui compte, c’est de présenter une fiction séduisante, qui présente le monde non pas tel qu’il est, mais tel qu’il devrait être, en créant si besoin des faits factices ou en accordant une place excessive à des faits mineurs. »

La délégation à la prospective estime que les progrès technologiques pourraient nous conduire vers ce qu’elle qualifie de « post-réalité », alors même que le fait de « fonder notre vie ensemble » repose sur le principe de « réalité partagée » :

« Or, ce « principe de réalité partagée » est remis en cause par les « bulles de filtres » créées par les moteurs de recherche comme Google, l’effet d’enfermement des algorithmes sur les réseaux sociaux, l’explosion des deep fake, l’essor des robots conversationnels et les projets de développement des métavers. »

Une rupture sociologique, voire anthropologique, dans l’accès à l’information


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