Vue lecture

Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Technosolutionnisme magique
Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Les esprits s’échauffent à la Chancellerie, et ce n’est pas uniquement à cause de la canicule. Au lendemain de la publication du pré-rapport de la mission d’inspection chargée de faire la lumière sur l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a annoncé « un choc numérique » au ministère de la Justice.

« Zéro papier d’ici six mois » : l’annonce de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a de quoi étonner. Le ministère de la Justice n’est donc pas complètement numérisé et connecté ? Le traitement de la plainte pour viols sur mineure visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna, a mis en lumière plusieurs défaillances de la justice, comme l’a pointé le pré-rapport [PDF] de la mission d’inspection (la version définitive est attendue le 5 septembre, avec une étape intermédiaire le 10 juillet).

Courrier mal trié

Est notamment mise en cause la communication entre le parquet de Toulouse, qui s’était dessaisi du dossier au profit de celui d’Auch : la procédure a été transmise par courrier postal avec un scellé, sans envoi en parallèle d’une version dématérialisée. Alors que c’est tout à fait possible, et cela aurait permis d’accélérer la prise en compte rapide de la procédure.

Ce d’autant qu’une fois à Auch, cette procédure a été mal triée et n’a pas été enregistrée comme urgente. « La procédure prioritaire qui aurait dû être enregistrée le jour de son entrée au [Bureau d’ordre pénal] a été classée dans le stock des affaires à enregistrer sans caractère d’urgence, en raison d’une erreur de tri, par un service affecté d’un retard important d’enregistrements de procédures papier », explique le rapport. Le parquet de Toulouse n’a pas insisté sur le caractère prioritaire du dossier – pas de coup de fil ou de courriel.

Interrogé par France Info, Gérald Darmanin promet « un choc numérique au ministère de la Justice ». Un « choc » qui a commencé « depuis un an » affirme-t-il, avant d’expliquer que les deux juridictions possèdent bien des boîtes email, et que les parquets de Toulouse et d’Auch ont internet, « je tiens à vous rassurer ». Seuls deux tribunaux sur 160 étaient numérisés à son arrivée au ministère en 2024, indique-t-il aussi, contre la quasi-totalité aujourd’hui.

Un des problèmes qui se pose à la Justice, c’est le manque de moyens, et le garde des Sceaux ne le cache pas : « ce n’est pas si facile que ça avec les moyens que m’a donnés le président de la République ». Une manière polie de pousser l’Élysée à prendre ses responsabilités… « On a encore entre 20 et 30 % de papier dans les juridictions », déplore-t-il encore.

L’IA à tout faire

Une autre solution : faire appel à l’IA. « On va tout scanner [avec] l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ». L’IA peut-elle raisonnablement être la réponse aux difficultés du ministère ? Il est permis d’en douter, ne serait-ce que pour les problèmes de sécurité des données que cette technologie pose.

Gérald Darmanin en convient d’ailleurs, en notant aussi que les données de la Justice sont « très sensibles » et qu’il n’est pas question de les stocker ailleurs qu’en France. Mais il n’en démord pas : « Il faut des outils informatiques modernes qui répondent à la façon dont l’IA est utilisée par les avocats ou les notaires ou les citoyens ».

Sébastien Lecornu a présenté mi-juin la feuille de route de l’État pour intégrer l’IA dans les rouages de l’administration. Le ministère de la Justice va pouvoir accéder aux technologies « les plus avancées » développées par le ministère des Armées.

  •  

Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Technosolutionnisme magique
Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin promet un « choc numérique » à la Justice, et de l’IA

Les esprits s’échauffent à la Chancellerie, et ce n’est pas uniquement à cause de la canicule. Au lendemain de la publication du pré-rapport de la mission d’inspection chargée de faire la lumière sur l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a annoncé « un choc numérique » au ministère de la Justice.

« Zéro papier d’ici six mois » : l’annonce de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a de quoi étonner. Le ministère de la Justice n’est donc pas complètement numérisé et connecté ? Le traitement de la plainte pour viols sur mineure visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna, a mis en lumière plusieurs défaillances de la justice, comme l’a pointé le pré-rapport [PDF] de la mission d’inspection (la version définitive est attendue le 5 septembre, avec une étape intermédiaire le 10 juillet).

Courrier mal trié

Est notamment mise en cause la communication entre le parquet de Toulouse, qui s’était dessaisi du dossier au profit de celui d’Auch : la procédure a été transmise par courrier postal avec un scellé, sans envoi en parallèle d’une version dématérialisée. Alors que c’est tout à fait possible, et cela aurait permis d’accélérer la prise en compte rapide de la procédure.

Ce d’autant qu’une fois à Auch, cette procédure a été mal triée et n’a pas été enregistrée comme urgente. « La procédure prioritaire qui aurait dû être enregistrée le jour de son entrée au [Bureau d’ordre pénal] a été classée dans le stock des affaires à enregistrer sans caractère d’urgence, en raison d’une erreur de tri, par un service affecté d’un retard important d’enregistrements de procédures papier », explique le rapport. Le parquet de Toulouse n’a pas insisté sur le caractère prioritaire du dossier – pas de coup de fil ou de courriel.

Interrogé par France Info, Gérald Darmanin promet « un choc numérique au ministère de la Justice ». Un « choc » qui a commencé « depuis un an » affirme-t-il, avant d’expliquer que les deux juridictions possèdent bien des boîtes email, et que les parquets de Toulouse et d’Auch ont internet, « je tiens à vous rassurer ». Seuls deux tribunaux sur 160 étaient numérisés à son arrivée au ministère en 2024, indique-t-il aussi, contre la quasi-totalité aujourd’hui.

Un des problèmes qui se pose à la Justice, c’est le manque de moyens, et le garde des Sceaux ne le cache pas : « ce n’est pas si facile que ça avec les moyens que m’a donnés le président de la République ». Une manière polie de pousser l’Élysée à prendre ses responsabilités… « On a encore entre 20 et 30 % de papier dans les juridictions », déplore-t-il encore.

L’IA à tout faire

Une autre solution : faire appel à l’IA. « On va tout scanner [avec] l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ». L’IA peut-elle raisonnablement être la réponse aux difficultés du ministère ? Il est permis d’en douter, ne serait-ce que pour les problèmes de sécurité des données que cette technologie pose.

Gérald Darmanin en convient d’ailleurs, en notant aussi que les données de la Justice sont « très sensibles » et qu’il n’est pas question de les stocker ailleurs qu’en France. Mais il n’en démord pas : « Il faut des outils informatiques modernes qui répondent à la façon dont l’IA est utilisée par les avocats ou les notaires ou les citoyens ».

Sébastien Lecornu a présenté mi-juin la feuille de route de l’État pour intégrer l’IA dans les rouages de l’administration. Le ministère de la Justice va pouvoir accéder aux technologies « les plus avancées » développées par le ministère des Armées.

  •  

En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?

DystopIA générative
En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?

Cherchant à imaginer où en sera notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050, la délégation à la prospective du Sénat hésite : modèle trumpien des « faits alternatifs » ? Un monde dominé par les fantasmes d’humanité « augmentée » des prophètes des Big Tech’, où la réalité « n’a plus d’intérêt » face aux mondes virtuels ? Ou un « sursaut démocratique » qui ferait suite à une intense fatigue informationnelle engendrée par l’incapacité à distinguer le vrai du faux… mais un tantinet bisounours ?

Les médias d’opinion et de « réinformation », partisans des théories du complot et mercenaires de la désinformation, descendants de Donald Trump et Elon Musk, parviendront-ils à consolider leurs coups d’État sur la « post-vérité » au point qu’une grande partie de la population, immergée dans des mondes « virtuels » collant à leurs fantasmes, perde la notion même de « réalité » ?

Après avoir posé les termes du débat (voir notre premier article) concernant notre rapport à l’autorité et à la vérité, la délégation à la prospective du Sénat revient, dans une trentaine de pages de son rapport consacré au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 », sur quatre scénarios d’anticipation à l’horizon 2050.

Relevant clairement de la politique-fiction, ils s’inspirent par contre des dérives illibérales et autoritaires en cours aux États-Unis notamment, et de l’influence grandissante des Big Tech’. Ce pourquoi ils reposent sur deux variables : le degré d’autorité politique des dirigeants des démocraties occidentales, et la liberté de recherche de la vérité et de l’information, en cherchant à anticiper ce qui sera considéré comme plus ou moins acceptable d’ici 2050, eu égard à la fenêtre d’Overton.

Les quatre axes susceptibles d’améliorer ou d’altérer notre rapport à la vérité

Le rapport souligne cela dit en préambule que « la principale inconnue dans ces quatre scénarios est la survenue d’une guerre de haute intensité », alors que « les états-majors occidentaux anticipent une nouvelle guerre menée par la Russie sur le territoire européen d’ici 2030 ».

Le choix d’illustrer ces quatre scénarios par des images bas de gamme générées par IA, et donc de l’ « AI slop », est par ailleurs un marqueur signifiant révélateur du niveau quelque peu caricatural de ces projections prospectives. Leur lecture n’en reste pas moins instructive eu égard aux lignes de front auxquelles nous sommes d’ores et déjà confrontés en matière de rapport à l’autorité et à la vérité.

Les enseignants peuvent lire dans le cerveau des gens, et les dénoncer aux autorités


Il reste 76% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

To be or not to be online
Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

Temps d’écran, usages scolaires et loisirs du numérique, recours aux réseaux sociaux comme aux jeux vidéo pour sociabiliser, voire s’informer… pour accompagner les familles, le CLEMI et l’UNESCO publient le guide « Grandir dans un monde connecté ».

« Grandir dans un monde connecté, ça s’apprend. » Tel est le titre du guide publié par le CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information en charge de l’éducation aux médias et à l’information dans le système éducatif, jusqu’à la fin du secondaire.

Composé avec l’aide de 37 chercheurs, accessible en français, en anglais et en espagnol, le guide propose d’aider les parents à naviguer dans une variété de sujets susceptibles d’agiter les vies familiales, de la gestion du temps d’écran au recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en passant par la protection face aux cyberviolences et des outils pour affûter l’esprit critique.

En 112 pages, le guide cherche à équiper parents et éducateurs qui se « sentent souvent mal outillés pour accompagner les enfants et les jeunes dans l’usage des technologies numériques, d’une manière qui favorise leurs droits tout en les protégeant des risques ». L’enjeu est de taille : 44 % des adolescents accèdent aux réseaux sociaux avant l’âge légal de treize ans, plus de quatre sur cinq les utilisent au quotidien et 83 % déclarent y avoir été exposés à au moins un risque numérique, rappelle en préambule le ministre de l’Éducation.

L’exemple des adultes et la nécessité du mouvement

Logiquement, on y retrouve diverses propositions qui résonnent avec les débats politiques et légaux du moment. Alors que les parents se sentent « partagés entre leur devoir de protection et la place incontournable qu’occupent les outils numériques dans la vie quotidienne », pour reprendre les mots du directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le premier chapitre se penche sur la gestion du temps d’écran : « faut-il limiter, interdire ou négocier ? »

Au fil des pages, le guide est agrémenté de témoignages collectés par le gouvernement brésilien auprès d’enfants et d’adolescents de 43 municipalités. Ainsi de cette réflexion simple, mais qui demande aux adultes de s’interroger sur leurs propres pratiques numériques : « Quand les adultes donnent l’exemple, c’est plus facile pour nous de comprendre ce qu’on nous demande. »

Outre évoquer le rapport aux différents écrans et aux applications qui se trouvent dessus – le guide suggère notamment d’identifier les différences de pratiques liées à l’école et celles au loisir, et d’établir des temps dédiés en fonction de chaque usage –, le guide s’intéresse aux effets collatéraux de la connexion des plus jeunes. 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’elle est une « condition essentielle pour grandir en bonne santé ». Et de recommander diverses pratiques pour inciter au mouvement.

Le numérique comme espace de sociabilité et d’information

Le document incite par ailleurs les adultes à approcher les différents usages numériques avec nuance. Le jeu vidéo, par exemple, réunit les dimensions de réseau social, de commerce en ligne (avec ses effets de mode et ses demandes de monnaie virtuelle, payable en euros bien réels) et d’espace de créativité. Pour mieux approcher ces diverses dimensions, le Clemi et l’Unesco incitent les parents à jouer « ne serait-ce qu’une fois » avec leurs enfants, pour créer la confiance et faciliter les discussions.

Les réseaux sociaux, eux, sont autant d’espaces de sociabilité que d’information (la principale source en la matière pour 44 % des 18 - 24 ans). Comme le relève un récent rapport du Reuters Institute, le recours aux chatbots d’IA générative pour s’informer grimpe aussi, même s’il est encore loin derrière la consommation de vidéos publiées sur des réseaux comme TikTok, YouTube ou Instagram.

À ce titre, les échanges sur le fonctionnement du journalisme, celui des réseaux sociaux sur lesquels l’information circule, les manières de repérer de la désinformation, sont autant de sujets aussi utiles pour aiguiser le sens critique que pour éviter les manipulations. Il en va de même pour tout ce qui relève de l’exposition sur les réseaux sociaux, souvent autant le fait des parents, et de pratiques comme le sharenting (partage de photos des enfants en ligne, alors que ceux-ci sont trop jeunes pour y consentir pleinement), que de leurs enfants.

Cas pratiques et sensibilisation des parents

Les enjeux que posent les compagnons IA, très plébiscités par les adolescents, sont ainsi détaillés, de même que les nouveaux visages du cyberharcèlement (qui passe notamment, aussi, par le recours à l’IA générative). Clemi et Unesco fournissent plusieurs listes de signaux à repérer pour prendre soin de la santé mentale des plus jeunes et aider les parents à protéger leurs enfants des risques numériques – y compris de la cyber pédocriminalité.

En s’appuyant sur de nombreux cas pratiques, le guide se veut une bibliothèque d’outils à même d’aider les adultes à naviguer les aléas de l’éducation au numérique.

  •  

Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

To be or not to be online
Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

Temps d’écran, usages scolaires et loisirs du numérique, recours aux réseaux sociaux comme aux jeux vidéo pour sociabiliser, voire s’informer… pour accompagner les familles, le CLEMI et l’UNESCO publient le guide « Grandir dans un monde connecté ».

« Grandir dans un monde connecté, ça s’apprend. » Tel est le titre du guide publié par le CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information en charge de l’éducation aux médias et à l’information dans le système éducatif, jusqu’à la fin du secondaire.

Composé avec l’aide de 37 chercheurs, accessible en français, en anglais et en espagnol, le guide propose d’aider les parents à naviguer dans une variété de sujets susceptibles d’agiter les vies familiales, de la gestion du temps d’écran au recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en passant par la protection face aux cyberviolences et des outils pour affûter l’esprit critique.

En 112 pages, le guide cherche à équiper parents et éducateurs qui se « sentent souvent mal outillés pour accompagner les enfants et les jeunes dans l’usage des technologies numériques, d’une manière qui favorise leurs droits tout en les protégeant des risques ». L’enjeu est de taille : 44 % des adolescents accèdent aux réseaux sociaux avant l’âge légal de treize ans, plus de quatre sur cinq les utilisent au quotidien et 83 % déclarent y avoir été exposés à au moins un risque numérique, rappelle en préambule le ministre de l’Éducation.

L’exemple des adultes et la nécessité du mouvement

Logiquement, on y retrouve diverses propositions qui résonnent avec les débats politiques et légaux du moment. Alors que les parents se sentent « partagés entre leur devoir de protection et la place incontournable qu’occupent les outils numériques dans la vie quotidienne », pour reprendre les mots du directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le premier chapitre se penche sur la gestion du temps d’écran : « faut-il limiter, interdire ou négocier ? »

Au fil des pages, le guide est agrémenté de témoignages collectés par le gouvernement brésilien auprès d’enfants et d’adolescents de 43 municipalités. Ainsi de cette réflexion simple, mais qui demande aux adultes de s’interroger sur leurs propres pratiques numériques : « Quand les adultes donnent l’exemple, c’est plus facile pour nous de comprendre ce qu’on nous demande. »

Outre évoquer le rapport aux différents écrans et aux applications qui se trouvent dessus – le guide suggère notamment d’identifier les différences de pratiques liées à l’école et celles au loisir, et d’établir des temps dédiés en fonction de chaque usage –, le guide s’intéresse aux effets collatéraux de la connexion des plus jeunes. 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’elle est une « condition essentielle pour grandir en bonne santé ». Et de recommander diverses pratiques pour inciter au mouvement.

Le numérique comme espace de sociabilité et d’information

Le document incite par ailleurs les adultes à approcher les différents usages numériques avec nuance. Le jeu vidéo, par exemple, réunit les dimensions de réseau social, de commerce en ligne (avec ses effets de mode et ses demandes de monnaie virtuelle, payable en euros bien réels) et d’espace de créativité. Pour mieux approcher ces diverses dimensions, le Clemi et l’Unesco incitent les parents à jouer « ne serait-ce qu’une fois » avec leurs enfants, pour créer la confiance et faciliter les discussions.

Les réseaux sociaux, eux, sont autant d’espaces de sociabilité que d’information (la principale source en la matière pour 44 % des 18 - 24 ans). Comme le relève un récent rapport du Reuters Institute, le recours aux chatbots d’IA générative pour s’informer grimpe aussi, même s’il est encore loin derrière la consommation de vidéos publiées sur des réseaux comme TikTok, YouTube ou Instagram.

À ce titre, les échanges sur le fonctionnement du journalisme, celui des réseaux sociaux sur lesquels l’information circule, les manières de repérer de la désinformation, sont autant de sujets aussi utiles pour aiguiser le sens critique que pour éviter les manipulations. Il en va de même pour tout ce qui relève de l’exposition sur les réseaux sociaux, souvent autant le fait des parents, et de pratiques comme le sharenting (partage de photos des enfants en ligne, alors que ceux-ci sont trop jeunes pour y consentir pleinement), que de leurs enfants.

Cas pratiques et sensibilisation des parents

Les enjeux que posent les compagnons IA, très plébiscités par les adolescents, sont ainsi détaillés, de même que les nouveaux visages du cyberharcèlement (qui passe notamment, aussi, par le recours à l’IA générative). Clemi et Unesco fournissent plusieurs listes de signaux à repérer pour prendre soin de la santé mentale des plus jeunes et aider les parents à protéger leurs enfants des risques numériques – y compris de la cyber pédocriminalité.

En s’appuyant sur de nombreux cas pratiques, le guide se veut une bibliothèque d’outils à même d’aider les adultes à naviguer les aléas de l’éducation au numérique.

  •  

« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Un petit boulot pour les robots
« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Le géant chinois du commerce en ligne JD.com veut remplacer ses centaines de milliers de livreurs par des robots. Richard Liu, fondateur et président du groupe, ne veut cependant laisser personne « sans manger ni travail ».

« Tôt ou tard », les livreurs de JD.com seront remplacés par des robots, a prévenu Richard Liu, le président de l’entreprise, un des plus importants acteurs du commerce en ligne en Chine. « À l’avenir, lorsque les robots livreront les colis, tôt ou tard viendra un jour où les livreurs ne seront pratiquement plus nécessaires », a-t-il expliqué durant le forum des PDG de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à Shenzhen.

Plusieurs projets pilotes ont déjà démarré en Chine : livraison de repas à l’aéroport de Shenzhen, directement jusqu’aux portes d’embarquement ; d’autres réapprovisionnent les supérettes en empruntant les trains de banlieue.

Le casse-tête social des robots livreurs

Richard Liu n’est cependant pas allé jusqu’à prédire quand les robots prendront la place de ses livreurs. Néanmoins, il l’a martelé : « Ce seront assurément des robots qui livreront les colis », a-t-il indiqué dans une déclaration reprise par le Financial Times. Mais il assure aussi qu’il ne laissera personne sur le bord du chemin : « Je ne veux vraiment pas que nos 700 000 collègues se retrouvent sans revenus, sans emploi. » Comment résoudre cette quadrature du cercle ?

Pour lui, les métiers liés à la maintenance des robots devraient se multiplier, « parce que les robots sont des machines (…) et qu’ils finiront toujours, à un moment ou à un autre, par tomber en panne ». La technologie doit « améliorer la vie des êtres humains » et rendre le travail « plus intéressant », indique Liu qui ne veut pas « priver les personnes de leur droit au travail ».

En attendant, JD.com va faire bûcher 120 établissements de formation pour lancer le processus de reconversion des livreurs vers ces nouveaux métiers.

Il n’y a bien sûr pas qu’en Chine que les entreprises de commerce en ligne s’intéressent aux robots de livraison. Amazon travaille ce dossier depuis des années : en 2019 par exemple, le mastodonte américain avait lancé une expérimentation de robots autonomes Scout pour livrer des colis sur le dernier kilomètre dans un quartier au nord de Seattle.

En mars dernier, Amazon s’offrait les services de Rivr, une start-up suisse issue du laboratoire de robotique de l’ETH de Zurich. La jeune pousse conçoit des robots de livraison, là aussi pour parcourir les derniers mètres entre le camion et le client.

Au-delà des livreurs, une enquête du New York Times en octobre dernier indiquait que l’avènement de la robotique allait éviter à Amazon 600 000 nouvelles embauches d’ici 2033. L’entreprise aurait comme objectif d’automatiser 75 % des opérations réalisées dans ses entrepôts.

Aux États-Unis comme en Chine et ailleurs, l’avènement des robots livreurs risque de mettre à mal une grande partie de la « gig economy », autrement dit les travailleurs indépendants à la tâche. En Chine, cette économie des petits boulots occupe 320 millions de travailleurs, d’après le centre de recherche chinois sur les nouvelles formes de travail. Ces derniers représenteraient environ 40 % de l’emploi urbain du pays.

Image : JD.com

JD.com opère la plateforme d’e-commerce Joybuy dans plusieurs pays européens, dont la France. Le service possède sa propre logistique entre entrepôts et livreurs regroupés sous la bannière JoyExpress, qui compte une centaine de salariés dans l’Hexagone. Il n’est pas question de les remplacer (pour l’instant) par des robots.

  •  

« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Un petit boulot pour les robots
« Tôt ou tard », les 700 000 livreurs de JD.com seront remplacés par des robots

Le géant chinois du commerce en ligne JD.com veut remplacer ses centaines de milliers de livreurs par des robots. Richard Liu, fondateur et président du groupe, ne veut cependant laisser personne « sans manger ni travail ».

« Tôt ou tard », les livreurs de JD.com seront remplacés par des robots, a prévenu Richard Liu, le président de l’entreprise, un des plus importants acteurs du commerce en ligne en Chine. « À l’avenir, lorsque les robots livreront les colis, tôt ou tard viendra un jour où les livreurs ne seront pratiquement plus nécessaires », a-t-il expliqué durant le forum des PDG de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à Shenzhen.

Plusieurs projets pilotes ont déjà démarré en Chine : livraison de repas à l’aéroport de Shenzhen, directement jusqu’aux portes d’embarquement ; d’autres réapprovisionnent les supérettes en empruntant les trains de banlieue.

Le casse-tête social des robots livreurs

Richard Liu n’est cependant pas allé jusqu’à prédire quand les robots prendront la place de ses livreurs. Néanmoins, il l’a martelé : « Ce seront assurément des robots qui livreront les colis », a-t-il indiqué dans une déclaration reprise par le Financial Times. Mais il assure aussi qu’il ne laissera personne sur le bord du chemin : « Je ne veux vraiment pas que nos 700 000 collègues se retrouvent sans revenus, sans emploi. » Comment résoudre cette quadrature du cercle ?

Pour lui, les métiers liés à la maintenance des robots devraient se multiplier, « parce que les robots sont des machines (…) et qu’ils finiront toujours, à un moment ou à un autre, par tomber en panne ». La technologie doit « améliorer la vie des êtres humains » et rendre le travail « plus intéressant », indique Liu qui ne veut pas « priver les personnes de leur droit au travail ».

En attendant, JD.com va faire bûcher 120 établissements de formation pour lancer le processus de reconversion des livreurs vers ces nouveaux métiers.

Il n’y a bien sûr pas qu’en Chine que les entreprises de commerce en ligne s’intéressent aux robots de livraison. Amazon travaille ce dossier depuis des années : en 2019 par exemple, le mastodonte américain avait lancé une expérimentation de robots autonomes Scout pour livrer des colis sur le dernier kilomètre dans un quartier au nord de Seattle.

En mars dernier, Amazon s’offrait les services de Rivr, une start-up suisse issue du laboratoire de robotique de l’ETH de Zurich. La jeune pousse conçoit des robots de livraison, là aussi pour parcourir les derniers mètres entre le camion et le client.

Au-delà des livreurs, une enquête du New York Times en octobre dernier indiquait que l’avènement de la robotique allait éviter à Amazon 600 000 nouvelles embauches d’ici 2033. L’entreprise aurait comme objectif d’automatiser 75 % des opérations réalisées dans ses entrepôts.

Aux États-Unis comme en Chine et ailleurs, l’avènement des robots livreurs risque de mettre à mal une grande partie de la « gig economy », autrement dit les travailleurs indépendants à la tâche. En Chine, cette économie des petits boulots occupe 320 millions de travailleurs, d’après le centre de recherche chinois sur les nouvelles formes de travail. Ces derniers représenteraient environ 40 % de l’emploi urbain du pays.

Image : JD.com

JD.com opère la plateforme d’e-commerce Joybuy dans plusieurs pays européens, dont la France. Le service possède sa propre logistique entre entrepôts et livreurs regroupés sous la bannière JoyExpress, qui compte une centaine de salariés dans l’Hexagone. Il n’est pas question de les remplacer (pour l’instant) par des robots.

  •  
❌