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Droits voisins : Meta obligée de négocier vraiment avec les médias

« De bonne foi »
Droits voisins : Meta obligée de négocier vraiment avec les médias

Considérant que les pratiques de Meta portent une « atteinte grave et immédiate » au secteur de la presse, l’autorité de la concurrence enjoint l’entreprise à « négocier de bonne foi avec les éditeurs et agences de presse » concernant les contenus repris depuis début 2025. Et ce, sans dégrader les modalités d’affichage des contenus sur ses services en ligne.

Les négociations des droits voisins de la presse avec les GAFAM sont un serpent de mer. Que ce soit en France ou ailleurs, par exemple au Canada. Sur le sujet, l’Autorité de la concurrence française a infligé ce mercredi 8 juillet un carton jaune à Meta, considérant que l’entreprise ne faisait pas d’effort pour réellement négocier avec les différents médias.

En France, c’est une loi du 24 juillet 2019 qui a créé un droit voisin au profit des agences de presse et des éditeurs de presse. Celle-ci oblige « les services de communication au public en ligne » à rémunérer les éditeurs de presse et les agences pour la reproduction et la communication au public des publications de presse sous une forme numérique. Ainsi Google mais aussi les entreprises de réseaux sociaux comme Meta doivent négocier cette rémunération.

Suite à la loi, Meta a bien négocié avec l’Alliance de la Presse d’Information Générale (l’APIG, dont sont membres Le Monde et Libération, par exemple) et la Société des Droits Voisins de la Presse (DVP, qui compte dans ses rangs Le Point, l’AFP ou encore Médiapart) pour des accords conclus jusqu’au 31 janvier 2025 pour l’un et jusqu’au 31 décembre 2024 pour l’autre. Mais depuis, Meta ne verse plus rien aux éditeurs membres de ces associations et les négociations patinent pour de nouveaux accords. Excédées, les deux organisations ont saisi l’Autorité de la concurrence.

Un possible abus de position dominante dans les négociations

Dans un communiqué, celle-ci explique qu’elle considère que l’entreprise de Mark Zuckerberg est « susceptible de détenir une position dominante sur le marché des services de réseaux sociaux personnels (incluant les plateformes hybrides) », en prenant surtout en compte le nombre d’utilisateurs de Facebook. Et, selon l’autorité, Meta a abusé de cette position dominante dans les négociations en cours.

Ainsi, par exemple, l’entreprise a imposé de sortir de la méthodologie d’évaluation des sommes à verser « l’ensemble des services de Meta diffusant du contenu de presse, hormis les contenus postés par les utilisateurs sur Facebook », explique l’autorité. Elle estime que l’étroitesse du champ pris en compte « pourrait revenir à amoindrir le dispositif de la Loi sur les droits voisins ».

D’autre part, l’Autorité de la concurrence estime que Meta est « susceptible d’avoir contourné la loi sur les droits voisins ». En effet, celle-ci oblige « les services de communication au public » à « fournir aux éditeurs de presse et aux agences de presse tous les éléments d’information relatifs aux utilisations des publications de presse par leurs usagers ainsi que tous les autres éléments d’information nécessaires à une évaluation transparente de la rémunération mentionnée au premier alinéa du présent article et de sa répartition ». Or, l’entreprise aurait refusé de communiquer ces informations ou les aurait données « dans des conditions dégradées et avec retard ».

Des négociations qui doivent se dérouler « de bonne foi »

L’autorité de la concurrence enjoint donc Meta à négocier « de bonne foi » avec l’APIG et la DVP et « selon des critères transparents, objectifs et non discriminatoires ». Elle lui demande aussi de leur envoyer sous 15 jours les informations utiles aux discussions. Enfin, elle lui impose de « ne pas dégrader, pendant toute la période de négociation, les modalités d’affichage des contenus » des médias concernés sur Facebook, Instagram, etc. En effet, c’est un moyen que n’hésite pas à utiliser Meta pour peser sur ce genre de négociations, par exemple pour mettre la pression sur les médias canadiens.

« Cette décision est porteuse d’un signal fort dans un dossier qui dépasse les seuls intérêts des membres de DVP. Elle témoigne de l’importance attachée à la préservation de l’effectivité des droits voisins de la presse, ainsi qu’à la prévention d’un risque d’atteinte grave et immédiate au secteur », salue DVP.

De son côté, dans un communiqué envoyé à Reuters, Meta a annoncé son désaccord avec l’autorité. Elle se soumettra toutefois à la procédure, ajoutant : « Nous restons déterminés à parvenir à un accord équitable avec DVP et APIG, et nous espérons que ces décisions inciteront désormais les éditeurs à agir de bonne foi ».

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Droits voisins : Meta obligée de négocier vraiment avec les médias

« De bonne foi »
Droits voisins : Meta obligée de négocier vraiment avec les médias

Considérant que les pratiques de Meta portent une « atteinte grave et immédiate » au secteur de la presse, l’autorité de la concurrence enjoint l’entreprise à « négocier de bonne foi avec les éditeurs et agences de presse » concernant les contenus repris depuis début 2025. Et ce, sans dégrader les modalités d’affichage des contenus sur ses services en ligne.

Les négociations des droits voisins de la presse avec les GAFAM sont un serpent de mer. Que ce soit en France ou ailleurs, par exemple au Canada. Sur le sujet, l’Autorité de la concurrence française a infligé ce mercredi 8 juillet un carton jaune à Meta, considérant que l’entreprise ne faisait pas d’effort pour réellement négocier avec les différents médias.

En France, c’est une loi du 24 juillet 2019 qui a créé un droit voisin au profit des agences de presse et des éditeurs de presse. Celle-ci oblige « les services de communication au public en ligne » à rémunérer les éditeurs de presse et les agences pour la reproduction et la communication au public des publications de presse sous une forme numérique. Ainsi Google mais aussi les entreprises de réseaux sociaux comme Meta doivent négocier cette rémunération.

Suite à la loi, Meta a bien négocié avec l’Alliance de la Presse d’Information Générale (l’APIG, dont sont membres Le Monde et Libération, par exemple) et la Société des Droits Voisins de la Presse (DVP, qui compte dans ses rangs Le Point, l’AFP ou encore Médiapart) pour des accords conclus jusqu’au 31 janvier 2025 pour l’un et jusqu’au 31 décembre 2024 pour l’autre. Mais depuis, Meta ne verse plus rien aux éditeurs membres de ces associations et les négociations patinent pour de nouveaux accords. Excédées, les deux organisations ont saisi l’Autorité de la concurrence.

Un possible abus de position dominante dans les négociations

Dans un communiqué, celle-ci explique qu’elle considère que l’entreprise de Mark Zuckerberg est « susceptible de détenir une position dominante sur le marché des services de réseaux sociaux personnels (incluant les plateformes hybrides) », en prenant surtout en compte le nombre d’utilisateurs de Facebook. Et, selon l’autorité, Meta a abusé de cette position dominante dans les négociations en cours.

Ainsi, par exemple, l’entreprise a imposé de sortir de la méthodologie d’évaluation des sommes à verser « l’ensemble des services de Meta diffusant du contenu de presse, hormis les contenus postés par les utilisateurs sur Facebook », explique l’autorité. Elle estime que l’étroitesse du champ pris en compte « pourrait revenir à amoindrir le dispositif de la Loi sur les droits voisins ».

D’autre part, l’Autorité de la concurrence estime que Meta est « susceptible d’avoir contourné la loi sur les droits voisins ». En effet, celle-ci oblige « les services de communication au public » à « fournir aux éditeurs de presse et aux agences de presse tous les éléments d’information relatifs aux utilisations des publications de presse par leurs usagers ainsi que tous les autres éléments d’information nécessaires à une évaluation transparente de la rémunération mentionnée au premier alinéa du présent article et de sa répartition ». Or, l’entreprise aurait refusé de communiquer ces informations ou les aurait données « dans des conditions dégradées et avec retard ».

Des négociations qui doivent se dérouler « de bonne foi »

L’autorité de la concurrence enjoint donc Meta à négocier « de bonne foi » avec l’APIG et la DVP et « selon des critères transparents, objectifs et non discriminatoires ». Elle lui demande aussi de leur envoyer sous 15 jours les informations utiles aux discussions. Enfin, elle lui impose de « ne pas dégrader, pendant toute la période de négociation, les modalités d’affichage des contenus » des médias concernés sur Facebook, Instagram, etc. En effet, c’est un moyen que n’hésite pas à utiliser Meta pour peser sur ce genre de négociations, par exemple pour mettre la pression sur les médias canadiens.

« Cette décision est porteuse d’un signal fort dans un dossier qui dépasse les seuls intérêts des membres de DVP. Elle témoigne de l’importance attachée à la préservation de l’effectivité des droits voisins de la presse, ainsi qu’à la prévention d’un risque d’atteinte grave et immédiate au secteur », salue DVP.

De son côté, dans un communiqué envoyé à Reuters, Meta a annoncé son désaccord avec l’autorité. Elle se soumettra toutefois à la procédure, ajoutant : « Nous restons déterminés à parvenir à un accord équitable avec DVP et APIG, et nous espérons que ces décisions inciteront désormais les éditeurs à agir de bonne foi ».

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DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès

La bête noire qui court sur les nerfs d'Apple
DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès

Apple est un contrôleur d’accès aux yeux du règlement sur les marchés numériques (DMA), a jugé le Tribunal de l’Union européenne. Les recours introduits par le constructeur américain ont été rejetés par la juridiction.

En septembre 2023, la Commission européenne nommait les six premiers contrôleurs d’accès (« gatekeepers ») concernés par le DMA, qui totalisaient 22 services de plateformes essentiels (SPE). Parmi eux, Apple, à la tête de l’App Store, d’iOS et du navigateur Safari. Cette désignation, basée sur des critères quantitatifs, impose aux entreprises des obligations liées à la concurrence et à l’interopérabilité.

Bruxelles conforté dans ses décisions

Apple n’a pas cessé de batailler contre ce dispositif, en prenant le grand public à témoin ou devant la justice européenne. C’est peine perdue : le Tribunal de l’Union européenne a rejeté les recours introduits par l’entreprise et confirmé sa désignation « en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS et juge irrecevables les recours relatifs au service iMessage ».

Le dossier iMessage avait rebondi en février 2024. La Commission avait alors finalement décidé de ne pas désigner Apple comme contrôleur d’accès pour son protocole propriétaire d’envoi et de réception de messages texte dans l’application Messages. Néanmoins, l’enquête de Bruxelles a continué de qualifier iMessage comme service de communication interpersonnelle non fondé sur la numérotation (NIICS), ce qui constitue un service de plateforme essentiel.

Apple avait alors saisi le Tribunal pour contester cette décision concernant iMessage, ainsi que sa désignation en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS. La justice a renvoyé (PDF) le groupe dans les cordes. Le Tribunal écarte d’abord un argument procédural d’Apple : l’entreprise ne peut pas contester, dans ce recours, la légalité des obligations d’interopérabilité du DMA. Ces règles ne sont pas directement liées à la décision qui l’a désignée comme contrôleur d’accès.

Apple dans les cordes

Le Tribunal conforte également la Commission dans son appréciation de l’App Store, qui constitue bien un seul et unique service de plateforme essentiel. Apple tentait de faire valoir les différences dans les déclinaisons de sa boutique (pour l’iPhone, pour l’iPad, le Mac, etc.). L’objectif pour l’entreprise était évidemment de circonscrire le statut de SPE à l’App Store pour l’iPhone, le seul qui atteint les seuils requis de désignation.

« Indépendamment des appareils concernés, ces boutiques poursuivent une finalité identique, à savoir mettre en relation les développeurs d’applications et les utilisateurs finaux afin de faciliter la distribution d’applications logicielles », explique le Tribunal. Quant aux griefs d’Apple concernant la qualification d’iMessage comme NIICS constituant un SPE, le jugement les retoque : « cette qualification ne produit pas, à elle seule, d’effets juridiques obligatoires modifiant la situation juridique d’Apple ».

Aucune obligation du DMA ne s’applique à iMessage et pour cause, le service n’est pas désigné comme point d’accès majeur. Malgré ce revers, Apple continue de critiquer le DMA. « Nous sommes fermement convaincus que les obligations imposées par le DMA vont au-delà de ce qui est légal et proportionné, menaçant de fragiliser des décennies de protections en matière de confidentialité et de sécurité que nous avons construites, et exposant nos utilisateurs à de nouveaux risques », s’est plaint un porte-parole à Reuters.

L’entreprise peut faire appel de ce jugement auprès de la Cour de justice de l’Union, la plus haute juridiction européenne.

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DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès

La bête noire qui court sur les nerfs d'Apple
DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès

Apple est un contrôleur d’accès aux yeux du règlement sur les marchés numériques (DMA), a jugé le Tribunal de l’Union européenne. Les recours introduits par le constructeur américain ont été rejetés par la juridiction.

En septembre 2023, la Commission européenne nommait les six premiers contrôleurs d’accès (« gatekeepers ») concernés par le DMA, qui totalisaient 22 services de plateformes essentiels (SPE). Parmi eux, Apple, à la tête de l’App Store, d’iOS et du navigateur Safari. Cette désignation, basée sur des critères quantitatifs, impose aux entreprises des obligations liées à la concurrence et à l’interopérabilité.

Bruxelles conforté dans ses décisions

Apple n’a pas cessé de batailler contre ce dispositif, en prenant le grand public à témoin ou devant la justice européenne. C’est peine perdue : le Tribunal de l’Union européenne a rejeté les recours introduits par l’entreprise et confirmé sa désignation « en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS et juge irrecevables les recours relatifs au service iMessage ».

Le dossier iMessage avait rebondi en février 2024. La Commission avait alors finalement décidé de ne pas désigner Apple comme contrôleur d’accès pour son protocole propriétaire d’envoi et de réception de messages texte dans l’application Messages. Néanmoins, l’enquête de Bruxelles a continué de qualifier iMessage comme service de communication interpersonnelle non fondé sur la numérotation (NIICS), ce qui constitue un service de plateforme essentiel.

Apple avait alors saisi le Tribunal pour contester cette décision concernant iMessage, ainsi que sa désignation en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS. La justice a renvoyé (PDF) le groupe dans les cordes. Le Tribunal écarte d’abord un argument procédural d’Apple : l’entreprise ne peut pas contester, dans ce recours, la légalité des obligations d’interopérabilité du DMA. Ces règles ne sont pas directement liées à la décision qui l’a désignée comme contrôleur d’accès.

Apple dans les cordes

Le Tribunal conforte également la Commission dans son appréciation de l’App Store, qui constitue bien un seul et unique service de plateforme essentiel. Apple tentait de faire valoir les différences dans les déclinaisons de sa boutique (pour l’iPhone, pour l’iPad, le Mac, etc.). L’objectif pour l’entreprise était évidemment de circonscrire le statut de SPE à l’App Store pour l’iPhone, le seul qui atteint les seuils requis de désignation.

« Indépendamment des appareils concernés, ces boutiques poursuivent une finalité identique, à savoir mettre en relation les développeurs d’applications et les utilisateurs finaux afin de faciliter la distribution d’applications logicielles », explique le Tribunal. Quant aux griefs d’Apple concernant la qualification d’iMessage comme NIICS constituant un SPE, le jugement les retoque : « cette qualification ne produit pas, à elle seule, d’effets juridiques obligatoires modifiant la situation juridique d’Apple ».

Aucune obligation du DMA ne s’applique à iMessage et pour cause, le service n’est pas désigné comme point d’accès majeur. Malgré ce revers, Apple continue de critiquer le DMA. « Nous sommes fermement convaincus que les obligations imposées par le DMA vont au-delà de ce qui est légal et proportionné, menaçant de fragiliser des décennies de protections en matière de confidentialité et de sécurité que nous avons construites, et exposant nos utilisateurs à de nouveaux risques », s’est plaint un porte-parole à Reuters.

L’entreprise peut faire appel de ce jugement auprès de la Cour de justice de l’Union, la plus haute juridiction européenne.

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[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

No kids zone
[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

Le gouvernement prend acte des réserves émises par la Commission européenne, mais estime que l’avis circonstancié rendu par cette dernière porte sur deux points de détail qui n’invalident pas la proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il maintient son objectif d’une mise en œuvre dès la rentrée de septembre.

Mise à jour, 21 juillet, 8 heures : conformément aux vœux du gouvernement, le texte a fait l’objet d’un examen express par une commission mixte paritaire (CMP) chargée d’harmoniser les versions issues du Sénat et de l’Assemblée nationale tout en prenant en compte les observations formulées par la Commission européenne.

Réunie lundi 20 juillet, cette CMP a accouché d’un nouveau texte discuté et voté mardi 21 juillet à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la dernière séance publique de la session extraordinaire du Parlement.

Le texte issu de la CMP revient pour l’essentiel à la version proposée par le gouvernement. Il supprime les deux points introduits par le Sénat sur lesquels l’Europe tiquait, à savoir la constitution d’une liste de réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans établie sur avis de l’Arcom, et la possibilité d’une dérogation supervisée par les représentants légaux de l’enfant mineur.

« Je me félicite de l’accord trouvé par les parlementaires en CMP sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Demain, la France sera le premier pays d’Europe à instaurer une majorité numérique pour mieux protéger nos enfants en ligne », s’est réjouie lundi la ministre déléguée chargée du Numérique, Anne Le Hénanff.

Publication initiale, 8 juillet, 10h24 :

Le cabinet de la ministre déléguée au Numérique et à l’IA, Anne Le Hénanff, s’est dit mardi optimiste quant à la possibilité de faire promulguer, au 1er septembre, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et ce malgré les réserves exprimées par la Commission européenne dans son avis circonstancié, rendu public lundi 7 juillet.

« La Commission européenne pointe le fait que nous sommes fondés à agir. Niveau calendrier, nous sommes donc toujours sur une entrée en vigueur au 1er septembre, conformément à l’ambition du président de la République. Ce délai nous permet de continuer les travaux parlementaires, et notamment de convoquer une commission mixte paritaire, ce que nous allons faire dans la suite de la session extraordinaire », a déclaré le cabinet lors d’un point presse téléphonique.

Deux dispositions ajoutées par le Sénat en question

Si Bruxelles ne remet pas en cause les velléités françaises de limiter l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux, l’avis rendu par la Commission pointe toutefois deux dispositions considérées comme non compatibles avec le droit européen. Les deux points concernés ne figuraient pas dans la proposition de loi initialement votée à l’Assemblée nationale, souligne le cabinet.

Ajoutées lors de la lecture du texte au Sénat, le 31 mars dernier, elles concernent respectivement la création d’une liste des réseaux sociaux interdits aux mineurs de moins de 15 ans, et la possibilité d’un accès dérogatoire sous réserve de l’accord parental. Le cabinet d’Anne Le Hénanff avait alerté dans la foulée du vote d’un risque d’incompatibilité avec le droit européen.

L’avis rendu par Bruxelles semble lui donner raison. « Sur ces deux points, l’avis nous dit que la mise en œuvre serait contraire aux pratiques d’harmonisation maximales du DSA, puisqu’on viendrait imposer de nouvelles contraintes aux plateformes, ce qui ne peut être fait qu’au niveau européen », décrit Bercy.

Dans la petite loi issue du Sénat, il est prévu que l’interdiction s’applique à une liste de réseaux sociaux « établie par un arrêté du ministre chargé du numérique pris après avis de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique ».

« L’Arcom n’est pas fondée à établir des critères qui viendraient discriminer les plateformes, on ne peut pas qualifier de façon individuelle les acteurs », déchiffre à ce sujet le cabinet ministériel.

La dérogation qui permettrait à un mineur de moins de 15 ans d’accéder à un réseau « s’il peut justifier de l’accord préalable exprès d’au moins l’un de ses administrateurs légaux » poserait quant à elle un problème dans la mesure où elle imposerait aux plateformes la mise en place d’un dispositif de recueil du consentement spécifique à la France. « C’est contraire au principe du pays d’origine de la directive e-commerce », résument les conseillers d’Anne Le Hénanff.

Rappelons que ce principe prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison, etc.).

Un calendrier (très) serré

L’examen des travaux de la Commission mixte paritaire (CMP) est d’ores et déjà à l’ordre du jour du 21 juillet de l’Assemblée nationale. Les deux chambres ont donc environ deux semaines pour réunir cette CMP et la faire plancher vers une proposition harmonisée répondant aux deux objections formulées par Bruxelles, avant le vote final.

Extrait de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale issu de la conférence des présidents du 6 juillet dernier – capture d’écran Next

En cas de succès, il ne sera pas nécessaire de solliciter un nouvel avis de la Commission, estime Bercy, ce qui permettrait donc d’envisager une promulgation expresse à la rentrée de septembre. La vérification d’âge s’appliquerait alors à l’ensemble des services qui répondent à la double définition de réseau social selon le DMA et de plateforme en ligne selon le DSA.

Le cas échéant, il restera à juger sur pièces de la qualité des dispositifs de vérification d’âge mis en œuvre. L’expérience acquise avec les sites pornographiques permet pour l’instant de douter de leur efficacité…

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[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

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[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

Le gouvernement prend acte des réserves émises par la Commission européenne, mais estime que l’avis circonstancié rendu par cette dernière porte sur deux points de détail qui n’invalident pas la proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il maintient son objectif d’une mise en œuvre dès la rentrée de septembre.

Mise à jour, 21 juillet, 8 heures : conformément aux vœux du gouvernement, le texte a fait l’objet d’un examen express par une commission mixte paritaire (CMP) chargée d’harmoniser les versions issues du Sénat et de l’Assemblée nationale tout en prenant en compte les observations formulées par la Commission européenne.

Réunie lundi 20 juillet, cette CMP a accouché d’un nouveau texte discuté et voté mardi 21 juillet à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la dernière séance publique de la session extraordinaire du Parlement.

Le texte issu de la CMP revient pour l’essentiel à la version proposée par le gouvernement. Il supprime les deux points introduits par le Sénat sur lesquels l’Europe tiquait, à savoir la constitution d’une liste de réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans établie sur avis de l’Arcom, et la possibilité d’une dérogation supervisée par les représentants légaux de l’enfant mineur.

« Je me félicite de l’accord trouvé par les parlementaires en CMP sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Demain, la France sera le premier pays d’Europe à instaurer une majorité numérique pour mieux protéger nos enfants en ligne », s’est réjouie lundi la ministre déléguée chargée du Numérique, Anne Le Hénanff.

Publication initiale, 8 juillet, 10h24 :

Le cabinet de la ministre déléguée au Numérique et à l’IA, Anne Le Hénanff, s’est dit mardi optimiste quant à la possibilité de faire promulguer, au 1er septembre, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et ce malgré les réserves exprimées par la Commission européenne dans son avis circonstancié, rendu public lundi 7 juillet.

« La Commission européenne pointe le fait que nous sommes fondés à agir. Niveau calendrier, nous sommes donc toujours sur une entrée en vigueur au 1er septembre, conformément à l’ambition du président de la République. Ce délai nous permet de continuer les travaux parlementaires, et notamment de convoquer une commission mixte paritaire, ce que nous allons faire dans la suite de la session extraordinaire », a déclaré le cabinet lors d’un point presse téléphonique.

Deux dispositions ajoutées par le Sénat en question

Si Bruxelles ne remet pas en cause les velléités françaises de limiter l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux, l’avis rendu par la Commission pointe toutefois deux dispositions considérées comme non compatibles avec le droit européen. Les deux points concernés ne figuraient pas dans la proposition de loi initialement votée à l’Assemblée nationale, souligne le cabinet.

Ajoutées lors de la lecture du texte au Sénat, le 31 mars dernier, elles concernent respectivement la création d’une liste des réseaux sociaux interdits aux mineurs de moins de 15 ans, et la possibilité d’un accès dérogatoire sous réserve de l’accord parental. Le cabinet d’Anne Le Hénanff avait alerté dans la foulée du vote d’un risque d’incompatibilité avec le droit européen.

L’avis rendu par Bruxelles semble lui donner raison. « Sur ces deux points, l’avis nous dit que la mise en œuvre serait contraire aux pratiques d’harmonisation maximales du DSA, puisqu’on viendrait imposer de nouvelles contraintes aux plateformes, ce qui ne peut être fait qu’au niveau européen », décrit Bercy.

Dans la petite loi issue du Sénat, il est prévu que l’interdiction s’applique à une liste de réseaux sociaux « établie par un arrêté du ministre chargé du numérique pris après avis de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique ».

« L’Arcom n’est pas fondée à établir des critères qui viendraient discriminer les plateformes, on ne peut pas qualifier de façon individuelle les acteurs », déchiffre à ce sujet le cabinet ministériel.

La dérogation qui permettrait à un mineur de moins de 15 ans d’accéder à un réseau « s’il peut justifier de l’accord préalable exprès d’au moins l’un de ses administrateurs légaux » poserait quant à elle un problème dans la mesure où elle imposerait aux plateformes la mise en place d’un dispositif de recueil du consentement spécifique à la France. « C’est contraire au principe du pays d’origine de la directive e-commerce », résument les conseillers d’Anne Le Hénanff.

Rappelons que ce principe prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison, etc.).

Un calendrier (très) serré

L’examen des travaux de la Commission mixte paritaire (CMP) est d’ores et déjà à l’ordre du jour du 21 juillet de l’Assemblée nationale. Les deux chambres ont donc environ deux semaines pour réunir cette CMP et la faire plancher vers une proposition harmonisée répondant aux deux objections formulées par Bruxelles, avant le vote final.

Extrait de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale issu de la conférence des présidents du 6 juillet dernier – capture d’écran Next

En cas de succès, il ne sera pas nécessaire de solliciter un nouvel avis de la Commission, estime Bercy, ce qui permettrait donc d’envisager une promulgation expresse à la rentrée de septembre. La vérification d’âge s’appliquerait alors à l’ensemble des services qui répondent à la double définition de réseau social selon le DMA et de plateforme en ligne selon le DSA.

Le cas échéant, il restera à juger sur pièces de la qualité des dispositifs de vérification d’âge mis en œuvre. L’expérience acquise avec les sites pornographiques permet pour l’instant de douter de leur efficacité…

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