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Jeux vidéo : Proton 11 passe à Wine 11 et s’avance vers ARM

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Jeux vidéo : Proton 11 passe à Wine 11 et s’avance vers ARM

Valve a lancé la nouvelle version majeure de Proton le 7 juillet. Cette mouture 11 suit comme d’habitude les évolutions de la couche de compatibilité Wine 11, sortie récemment et sur laquelle repose Proton. Au-delà des améliorations pour les jeux, Proton fait également un grand pas vers l’architecture ARM.

Proton 11 commence par mettre à jour bon nombre de composants internes, en plus de Wine 11, avec des numéros de version qui paraissent vite exotiques aux profanes : vkd3d 1.19-139-g30b93dcea8b0, DXVK 2.7.1-467-g83e503b4ae6d, dxvk-nvapi 0.9.1, Wine Mono 11.0.0, ou encore vkd3d-proton 20260410. Wine 11 constitue cependant le plus gros apport, car Proton hérite des centaines de correctifs liés, d’une meilleure compatibilité générale avec Win32, d’une meilleure prise en charge des API modernes ou encore d’une réduction du nombre de patchs spécifiques que Valve devait maintenir.

Tous ces apports permettent aux jeux vidéo de mieux fonctionner sur Linux. Ils se traduisent ainsi par moins de bugs DirectX 12, de meilleurs shaders, des améliorations nettes pour la compilation pipeline, moins de saccades dans les jeux, une meilleure stabilité pour le GPU ainsi qu’une prise en charge des derniers pilotes Vulkan. On trouve de nombreuses corrections pour les vidéos, les lanceurs de jeux, les overlays (affichage superposé d’éléments graphiques), les contrôleurs, ou encore les casques VR.

En conséquence, les jeux sont mieux pris en charge. Par exemple, She Sees Red, Chambers, Pentiment, Grounded, Phasmophobia, Sea of Solitude, Idle Trillionaire, Crimson Desert, Rei and the Floating City, Brighter Shores, Space Engineers, Elder Scrolls IV: Oblivion Game of the Year Edition et Call of Duty 2. D’autres font leur entrée dans la liste de compatibilité : Don’t Die Dateless, Dummy!, METAL GEAR SURVIVE, Warhammer: Vermintide 2, Metal Fatigue, SHOGUN: Total War, Unknown Faces, Gothic 1 Classic, X-Plane 12, Breath of Fire IV et Deadly Premonition.

On note enfin la prise en charge de FEX-2605 pour l’architecture ARM64. Fex est un traducteur binaire pour le code x86-64 vers ARM64, signifiant qu’un jeu compilé pour Windows sur une base x86 peut s’exécuter en théorie sur une machine ARM.

L’importance de la couche Proton aujourd’hui

Avec Proton, Valve s’est taillé une place de choix dans l’univers des joueurs. En plus de Steam, qui est de loin la plus grosse boutique de jeux vidéo, la société a rencontré un joli succès avec sa console portable Steam Deck, équipée de SteamOS dans lequel Proton tient une place centrale. La certification Steam Deck est devenue un facteur de différenciation pour les titres, qui peuvent ainsi montrer qu’ils sont optimisés pour la console. Valve aurait pu réitérer ce succès avec la Steam Machine, mais la crise autour de la mémoire vive et des SSD a largement plombé son tarif de lancement.

L’efficacité de Proton a entraîné sa popularité, au point qu’aujourd’hui la grande majorité des jeux peuvent fonctionner sur Linux. Proton est d’autant plus important que la plupart des jeux distribués par Steam sont conçus avant tout pour Windows. Avec cette couche de compatibilité, c’est la crédibilité de Linux lui-même qui s’en trouve renforcée, avec notamment des distributions spécialisées dans le jeu vidéo comme Bazzite, CachyOS ou encore la française GLF OS.

En outre, l’arrivée de Proton 11 avec une meilleure prise en charge d’ARM laisse entrevoir des ambitions plus larges que le seul Steam Deck. Si Valve poursuit cette direction, Proton pourrait devenir un composant essentiel pour exécuter des jeux Windows sur une diversité croissante de matériels Linux, qu’ils soient x86-64 ou ARM. Les améliorations de Wine, de DXVK, de VKD3D-Proton et de FEX convergent vers un objectif commun : rendre l’origine Windows d’un jeu de moins en moins perceptible pour l’utilisateur final. Le prochain Steam Deck pourrait-il être basé sur une puce ARM ?

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Jeux vidéo : Proton 11 passe à Wine 11 et s’avance vers ARM

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Jeux vidéo : Proton 11 passe à Wine 11 et s’avance vers ARM

Valve a lancé la nouvelle version majeure de Proton le 7 juillet. Cette mouture 11 suit comme d’habitude les évolutions de la couche de compatibilité Wine 11, sortie récemment et sur laquelle repose Proton. Au-delà des améliorations pour les jeux, Proton fait également un grand pas vers l’architecture ARM.

Proton 11 commence par mettre à jour bon nombre de composants internes, en plus de Wine 11, avec des numéros de version qui paraissent vite exotiques aux profanes : vkd3d 1.19-139-g30b93dcea8b0, DXVK 2.7.1-467-g83e503b4ae6d, dxvk-nvapi 0.9.1, Wine Mono 11.0.0, ou encore vkd3d-proton 20260410. Wine 11 constitue cependant le plus gros apport, car Proton hérite des centaines de correctifs liés, d’une meilleure compatibilité générale avec Win32, d’une meilleure prise en charge des API modernes ou encore d’une réduction du nombre de patchs spécifiques que Valve devait maintenir.

Tous ces apports permettent aux jeux vidéo de mieux fonctionner sur Linux. Ils se traduisent ainsi par moins de bugs DirectX 12, de meilleurs shaders, des améliorations nettes pour la compilation pipeline, moins de saccades dans les jeux, une meilleure stabilité pour le GPU ainsi qu’une prise en charge des derniers pilotes Vulkan. On trouve de nombreuses corrections pour les vidéos, les lanceurs de jeux, les overlays (affichage superposé d’éléments graphiques), les contrôleurs, ou encore les casques VR.

En conséquence, les jeux sont mieux pris en charge. Par exemple, She Sees Red, Chambers, Pentiment, Grounded, Phasmophobia, Sea of Solitude, Idle Trillionaire, Crimson Desert, Rei and the Floating City, Brighter Shores, Space Engineers, Elder Scrolls IV: Oblivion Game of the Year Edition et Call of Duty 2. D’autres font leur entrée dans la liste de compatibilité : Don’t Die Dateless, Dummy!, METAL GEAR SURVIVE, Warhammer: Vermintide 2, Metal Fatigue, SHOGUN: Total War, Unknown Faces, Gothic 1 Classic, X-Plane 12, Breath of Fire IV et Deadly Premonition.

On note enfin la prise en charge de FEX-2605 pour l’architecture ARM64. Fex est un traducteur binaire pour le code x86-64 vers ARM64, signifiant qu’un jeu compilé pour Windows sur une base x86 peut s’exécuter en théorie sur une machine ARM.

L’importance de la couche Proton aujourd’hui

Avec Proton, Valve s’est taillé une place de choix dans l’univers des joueurs. En plus de Steam, qui est de loin la plus grosse boutique de jeux vidéo, la société a rencontré un joli succès avec sa console portable Steam Deck, équipée de SteamOS dans lequel Proton tient une place centrale. La certification Steam Deck est devenue un facteur de différenciation pour les titres, qui peuvent ainsi montrer qu’ils sont optimisés pour la console. Valve aurait pu réitérer ce succès avec la Steam Machine, mais la crise autour de la mémoire vive et des SSD a largement plombé son tarif de lancement.

L’efficacité de Proton a entraîné sa popularité, au point qu’aujourd’hui la grande majorité des jeux peuvent fonctionner sur Linux. Proton est d’autant plus important que la plupart des jeux distribués par Steam sont conçus avant tout pour Windows. Avec cette couche de compatibilité, c’est la crédibilité de Linux lui-même qui s’en trouve renforcée, avec notamment des distributions spécialisées dans le jeu vidéo comme Bazzite, CachyOS ou encore la française GLF OS.

En outre, l’arrivée de Proton 11 avec une meilleure prise en charge d’ARM laisse entrevoir des ambitions plus larges que le seul Steam Deck. Si Valve poursuit cette direction, Proton pourrait devenir un composant essentiel pour exécuter des jeux Windows sur une diversité croissante de matériels Linux, qu’ils soient x86-64 ou ARM. Les améliorations de Wine, de DXVK, de VKD3D-Proton et de FEX convergent vers un objectif commun : rendre l’origine Windows d’un jeu de moins en moins perceptible pour l’utilisateur final. Le prochain Steam Deck pourrait-il être basé sur une puce ARM ?

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Qu’est-ce que le GDID de Windows qui a permis au FBI de retrouver un suspect ?

L'espion qui m'a traqué
Qu’est-ce que le GDID de Windows qui a permis au FBI de retrouver un suspect ?

Le FBI a pu arrêter un pirate en se servant d’une information délivrée par Microsoft : le GDID. Il s’agit d’un identifiant généré par Windows, spécifique à la machine et ne pouvant pas être changé simplement. En revanche, cet identifiant n’est pas pensé initialement pour la surveillance. Explications.

Le département américain de la Justice (DoJ) a annoncé le 1ᵉʳ juillet qu’un membre du groupe de pirates Scattered Spider (aussi appelé Octo Tempest, UNC3944 ou Oktapus) avait été arrêté en Finlande et extradé aux États-Unis. Peter Stokes, 19 ans, citoyen américain et estonien, est poursuivi pour complot, intrusion informatique et fraude. Son arrestation remonte à avril dans le cadre d’une enquête impliquant notamment Interpol. Il a comparu mardi pour la première fois devant un tribunal fédéral à Chicago.

« La plainte pénale accuse Peter Stokes d’appartenance à Scattered Spider, un groupe de piratage impliqué dans plus de 100 intrusions sur le réseau, entraînant plus de 100 millions de dollars en rançons et des millions supplémentaires en dommages et intérêts aux victimes », indique le ministère :

« Les charges dévoilées aujourd’hui sont le fruit de plusieurs années de travail de la division pénale, du bureau du procureur des États-Unis pour le district nord de l’Illinois et du FBI. Nous continuerons à nous associer pour garantir que les cybercriminels ne puissent pas échapper à la justice des États-Unis. »

Le groupe Scattered Spider est connu, entre autres, pour avoir compromis le système informatique d’un détaillant de bijoux de luxe, exfiltré des données et fait une demande de rançon de 8 millions de dollars en cryptomonnaie en 2025.

« Le personnel de sécurité du détaillant a réussi à expulser les acteurs malveillants du réseau informatique de l’entreprise sans qu’aucune rançon n’ait été versée. Le détaillant a néanmoins subi une perte d’au moins 2 millions de dollars en raison de perturbations commerciales, d’enquêtes et de mesures d’atténuations de la menace », précise le DoJ.

Comment Peter Stokes a-t-il été retrouvé ?

La plainte, l’arrestation et l’extradition du pirate reposaient en partie sur la filature d’un identifiant présent dans Windows, signale notamment The Register. Dans la plainte (.pdf), on trouve page 34 la définition de cet identifiant GDID, pour Global Device Identifier :

« Selon un représentant de Microsoft, un Global Device Identifier dans l’écosystème Windows est un identifiant persistant au niveau de l’appareil, conçu pour identifier de manière unique une installation du système d’exploitation Windows sur un appareil, qu’il s’agisse d’un appareil physique (par exemple, un téléphone portable ou un ordinateur portable) ou d’une machine virtuelle, dans certains services et scénarios Microsoft. Un GDID est un identifiant unique mondial lié à l’installation de Windows sur un appareil. »

Les membres de Scattered Spider utilisent pourtant un outil de tunneling appelé ngrok, normalement conçu pour router et protéger le trafic vers des applications API et modèles d’IA. Les pirates s’en servent pour contourner les barrières réseau et maintenir un accès dans les serveurs compromis. Ils utilisent également un service VPN nommé Tzulo.

Les enquêteurs ont donc commencé par obtenir des enregistrements d’adresses IP auprès de ngrok et Tzulo, qui sont des entreprises et doivent donc se plier aux mandats. Ils se sont ensuite tournés vers Microsoft pour savoir si ces adresses IP pouvaient être associées avec des identifiants pour des appareils qui auraient été utilisés aux moments où les comptes auraient été configurés sur ces machines. C’est ce qu’a permis le GDID.

« Selon les archives Microsoft, vers le 12 mai 2025, à 19h21 UTC – lorsque, selon les archives ngrok, le compte ngrok a été créé – l’appareil avec le GDID a accédé, entre autres pages ngrok, à ‘https://dashboard.ngrok.com/signup’, la page ngrok pour créer un compte ngrok », indique le document. Ces mêmes archives ont montré que l’appareil utilisé avait aussi servi à contacter les serveurs de Tzulo. Le GDID a permis de relier cette masse d’informations à une adresse IP située en Estonie.

Windows nous surveille-t-il avec une donnée permanente ?

Oui et non. Comme toujours, la vérité est plus complexe. Pour comprendre, il faut entrer dans les éléments techniques.

Le Global Device Identifier n’est pas un identifiant matériel calculé à partir de numéros de série (contrairement à une rumeur qui a circulé). C’est un identifiant logiciel généré côté serveur par les services de comptes Microsoft : le service wlidsvc (Microsoft Account) provisionne l’appareil auprès de login.live.com et reçoit en retour un PUID d’appareil.

Cet identifiant est stocké dans le registre Windows, puis repris par le Connected Devices Platform (services CDPSvc/CDPUserSvc), qui l’enregistre dans le Device Directory Service, le graphe d’identité de Microsoft qui sert de fondation à des fonctions comme Phone Link, le presse-papier cloud ou « Continuer sur PC » sur plusieurs appareils liés.

Il est ensuite exposé sous le nom GlobalDeviceId (donc GDID) dans la table UCDOStatus de Delivery Optimization, documentée publiquement dans Azure Monitor. Le format est une chaîne « g:<chaine décimale> », ce qui correspond à celui cité dans la plainte : g:6755467234350028.

Sa persistance est quasi-totale : il ne change pas, quelles que soient les manipulations et opérations faites sur Windows, y compris les mises à jour, mineures comme majeures. En revanche, puisqu’il est attribué à la première connexion à un service de Microsoft, la réinstallation du système entraine la génération d’un nouveau GDID.

C’est, de manière générale, l’identifiant qui permet à plusieurs machines reliées par le même compte de donner une unicité à chacune d’elles. Il sert également pour des opérations comme la télémétrie pour les diagnostics, les rapports de bugs/plantages, la fréquence d’utilisation de certaines fonctions ou encore la vérification de la licence. Autant de services qui contactent les serveurs de Microsoft.

Mais contrairement à ce que l’on peut lire parfois, le GDID ne permet pas de « voir » directement une adresse IP malgré l’utilisation d’un VPN ou d’un réseau d’anonymisation comme Tor. C’est plus subtil : dans l’enquête, le GDID a servi de clé de corrélation stable entre des sessions dont l’IP change à chaque rotation de VPN. En revanche, tout n’est pas clair car les informations manquent : comment Microsoft a-t-il su que ce GDID avait visité une URL ngrok précise ? Au moins une technique complémentaire a probablement été utilisée.

Précision importante, le GDID n’est pas une information accessible publiquement. Elle ne peut notamment pas être repérée par les sites web lors des visites et servir par exemple à la construction d’une empreinte (fingerprint). Son obtention ne peut se faire qu’en le réclamant à Microsoft, avec un mandat.

Qu’en retenir ?

Le constat souvent fait dans la presse et chez les développeurs qui se sont penchés sur la question est que le GDID, même s’il est parfois mentionné dans la documentation de Microsoft, n’a pas de page dédiée. Les informations manquent à son sujet, expliquant une partie du « fantasme ». S’il s’agit bien d’une information pouvant être utilisée pour espionner, l’identifiant n’a pas été créé avec cet objectif.

Au-delà de cette information, on peut s’interroger sur le niveau pratique de certains pirates, qui n’appliquent pas le cloisonnement des identités. Un professionnel de l’anonymat « sérieux » n’utilise pas un Windows grand public avec ses comptes personnels pour des activités sensibles : il utilise des systèmes dédiés à usage unique (comme Tails ou Qubes OS) sans compte Microsoft associé ni mélange entre sessions identifiées et anonymes sur la même machine.

Sur son site, l’ingénieur Pasquale Pillitteri ajoute : « Quiconque croit que changer d’adresse IP équivaut à devenir invisible ignore le nombre d’identifiants stables que produit tout appareil moderne, du système d’exploitation au navigateur en passant par les comptes ».

Le GDID n’est pas un mouchard actif exploitable à distance par n’importe qui, mais c’est bien un identifiant réel, persistant, qui a démontré sa capacité à recouper des sessions VPN distinctes. Le « risque » est réel mais conditionnel : il suppose une machine Windows non cloisonnée, des services de télémétrie actifs et une coopération légale de Microsoft, pas une surveillance passive universelle.

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Qu’est-ce que le GDID de Windows qui a permis au FBI de retrouver un suspect ?

L'espion qui m'a traqué
Qu’est-ce que le GDID de Windows qui a permis au FBI de retrouver un suspect ?

Le FBI a pu arrêter un pirate en se servant d’une information délivrée par Microsoft : le GDID. Il s’agit d’un identifiant généré par Windows, spécifique à la machine et ne pouvant pas être changé simplement. En revanche, cet identifiant n’est pas pensé initialement pour la surveillance. Explications.

Le département américain de la Justice (DoJ) a annoncé le 1ᵉʳ juillet qu’un membre du groupe de pirates Scattered Spider (aussi appelé Octo Tempest, UNC3944 ou Oktapus) avait été arrêté en Finlande et extradé aux États-Unis. Peter Stokes, 19 ans, citoyen américain et estonien, est poursuivi pour complot, intrusion informatique et fraude. Son arrestation remonte à avril dans le cadre d’une enquête impliquant notamment Interpol. Il a comparu mardi pour la première fois devant un tribunal fédéral à Chicago.

« La plainte pénale accuse Peter Stokes d’appartenance à Scattered Spider, un groupe de piratage impliqué dans plus de 100 intrusions sur le réseau, entraînant plus de 100 millions de dollars en rançons et des millions supplémentaires en dommages et intérêts aux victimes », indique le ministère :

« Les charges dévoilées aujourd’hui sont le fruit de plusieurs années de travail de la division pénale, du bureau du procureur des États-Unis pour le district nord de l’Illinois et du FBI. Nous continuerons à nous associer pour garantir que les cybercriminels ne puissent pas échapper à la justice des États-Unis. »

Le groupe Scattered Spider est connu, entre autres, pour avoir compromis le système informatique d’un détaillant de bijoux de luxe, exfiltré des données et fait une demande de rançon de 8 millions de dollars en cryptomonnaie en 2025.

« Le personnel de sécurité du détaillant a réussi à expulser les acteurs malveillants du réseau informatique de l’entreprise sans qu’aucune rançon n’ait été versée. Le détaillant a néanmoins subi une perte d’au moins 2 millions de dollars en raison de perturbations commerciales, d’enquêtes et de mesures d’atténuations de la menace », précise le DoJ.

Comment Peter Stokes a-t-il été retrouvé ?

La plainte, l’arrestation et l’extradition du pirate reposaient en partie sur la filature d’un identifiant présent dans Windows, signale notamment The Register. Dans la plainte (.pdf), on trouve page 34 la définition de cet identifiant GDID, pour Global Device Identifier :

« Selon un représentant de Microsoft, un Global Device Identifier dans l’écosystème Windows est un identifiant persistant au niveau de l’appareil, conçu pour identifier de manière unique une installation du système d’exploitation Windows sur un appareil, qu’il s’agisse d’un appareil physique (par exemple, un téléphone portable ou un ordinateur portable) ou d’une machine virtuelle, dans certains services et scénarios Microsoft. Un GDID est un identifiant unique mondial lié à l’installation de Windows sur un appareil. »

Les membres de Scattered Spider utilisent pourtant un outil de tunneling appelé ngrok, normalement conçu pour router et protéger le trafic vers des applications API et modèles d’IA. Les pirates s’en servent pour contourner les barrières réseau et maintenir un accès dans les serveurs compromis. Ils utilisent également un service VPN nommé Tzulo.

Les enquêteurs ont donc commencé par obtenir des enregistrements d’adresses IP auprès de ngrok et Tzulo, qui sont des entreprises et doivent donc se plier aux mandats. Ils se sont ensuite tournés vers Microsoft pour savoir si ces adresses IP pouvaient être associées avec des identifiants pour des appareils qui auraient été utilisés aux moments où les comptes auraient été configurés sur ces machines. C’est ce qu’a permis le GDID.

« Selon les archives Microsoft, vers le 12 mai 2025, à 19h21 UTC – lorsque, selon les archives ngrok, le compte ngrok a été créé – l’appareil avec le GDID a accédé, entre autres pages ngrok, à ‘https://dashboard.ngrok.com/signup’, la page ngrok pour créer un compte ngrok », indique le document. Ces mêmes archives ont montré que l’appareil utilisé avait aussi servi à contacter les serveurs de Tzulo. Le GDID a permis de relier cette masse d’informations à une adresse IP située en Estonie.

Windows nous surveille-t-il avec une donnée permanente ?

Oui et non. Comme toujours, la vérité est plus complexe. Pour comprendre, il faut entrer dans les éléments techniques.

Le Global Device Identifier n’est pas un identifiant matériel calculé à partir de numéros de série (contrairement à une rumeur qui a circulé). C’est un identifiant logiciel généré côté serveur par les services de comptes Microsoft : le service wlidsvc (Microsoft Account) provisionne l’appareil auprès de login.live.com et reçoit en retour un PUID d’appareil.

Cet identifiant est stocké dans le registre Windows, puis repris par le Connected Devices Platform (services CDPSvc/CDPUserSvc), qui l’enregistre dans le Device Directory Service, le graphe d’identité de Microsoft qui sert de fondation à des fonctions comme Phone Link, le presse-papier cloud ou « Continuer sur PC » sur plusieurs appareils liés.

Il est ensuite exposé sous le nom GlobalDeviceId (donc GDID) dans la table UCDOStatus de Delivery Optimization, documentée publiquement dans Azure Monitor. Le format est une chaîne « g:<chaine décimale> », ce qui correspond à celui cité dans la plainte : g:6755467234350028.

Sa persistance est quasi-totale : il ne change pas, quelles que soient les manipulations et opérations faites sur Windows, y compris les mises à jour, mineures comme majeures. En revanche, puisqu’il est attribué à la première connexion à un service de Microsoft, la réinstallation du système entraine la génération d’un nouveau GDID.

C’est, de manière générale, l’identifiant qui permet à plusieurs machines reliées par le même compte de donner une unicité à chacune d’elles. Il sert également pour des opérations comme la télémétrie pour les diagnostics, les rapports de bugs/plantages, la fréquence d’utilisation de certaines fonctions ou encore la vérification de la licence. Autant de services qui contactent les serveurs de Microsoft.

Mais contrairement à ce que l’on peut lire parfois, le GDID ne permet pas de « voir » directement une adresse IP malgré l’utilisation d’un VPN ou d’un réseau d’anonymisation comme Tor. C’est plus subtil : dans l’enquête, le GDID a servi de clé de corrélation stable entre des sessions dont l’IP change à chaque rotation de VPN. En revanche, tout n’est pas clair car les informations manquent : comment Microsoft a-t-il su que ce GDID avait visité une URL ngrok précise ? Au moins une technique complémentaire a probablement été utilisée.

Précision importante, le GDID n’est pas une information accessible publiquement. Elle ne peut notamment pas être repérée par les sites web lors des visites et servir par exemple à la construction d’une empreinte (fingerprint). Son obtention ne peut se faire qu’en le réclamant à Microsoft, avec un mandat.

Qu’en retenir ?

Le constat souvent fait dans la presse et chez les développeurs qui se sont penchés sur la question est que le GDID, même s’il est parfois mentionné dans la documentation de Microsoft, n’a pas de page dédiée. Les informations manquent à son sujet, expliquant une partie du « fantasme ». S’il s’agit bien d’une information pouvant être utilisée pour espionner, l’identifiant n’a pas été créé avec cet objectif.

Au-delà de cette information, on peut s’interroger sur le niveau pratique de certains pirates, qui n’appliquent pas le cloisonnement des identités. Un professionnel de l’anonymat « sérieux » n’utilise pas un Windows grand public avec ses comptes personnels pour des activités sensibles : il utilise des systèmes dédiés à usage unique (comme Tails ou Qubes OS) sans compte Microsoft associé ni mélange entre sessions identifiées et anonymes sur la même machine.

Sur son site, l’ingénieur Pasquale Pillitteri ajoute : « Quiconque croit que changer d’adresse IP équivaut à devenir invisible ignore le nombre d’identifiants stables que produit tout appareil moderne, du système d’exploitation au navigateur en passant par les comptes ».

Le GDID n’est pas un mouchard actif exploitable à distance par n’importe qui, mais c’est bien un identifiant réel, persistant, qui a démontré sa capacité à recouper des sessions VPN distinctes. Le « risque » est réel mais conditionnel : il suppose une machine Windows non cloisonnée, des services de télémétrie actifs et une coopération légale de Microsoft, pas une surveillance passive universelle.

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