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GTA 6 : derrière la fuite, un groupe qui dit vouloir « protéger » les joueurs

Grand Theft Arnaque
GTA 6 : derrière la fuite, un groupe qui dit vouloir « protéger » les joueurs

Le « large aperçu » de GTA 6 qui sera diffusé en exclusivité sur Netflix le 27 août marquera le lancement de la campagne marketing du plus grand événement vidéo-ludique de l’année auprès du grand public (les joueurs sont sur le qui-vive depuis des mois !). Hélas pour le studio Rockstar et son éditeur Take-Two, une partie de la surprise a été gâchée par la fuite de plusieurs vidéos. Le groupe à l’origine de cette fuite dénonce les éditeurs qui « tuent » les jeux. Le mouvement Stop Killing Games ne veut pas être mêlé, de près ou de loin, à ce piratage.

Branle-bas de combat chez les joueurs curieux. Depuis ce mardi 18 août circulent deux vidéos supposées de gameplay de GTA 6, ainsi que la carte du jeu. Ces documents n’ont pas été authentifiés par Rockstar ou Take-Two, mais les deux entreprises font activement la chasse aux fuites, en réclamant la suppression des vidéos partout où elles peuvent apparaitre. Internet n’oubliant jamais, il est toujours possible de les visionner en fouillant un peu.

La « guerre » aux éditeurs

Cette fuite tombe bien mal, puisque Netflix diffusera le 27 août un large aperçu du jeu qui devrait être consacré, en bonne partie, à son gameplay. Les deux bandes-annonces proposées ces derniers mois ne disent rien de la manière dont le jeu fonctionne – même si la formule est désormais bien connue. La vidéo sera proposée en exclusivité aux abonnés de la plateforme, mais elle sera mise en ligne six heures plus tard sur YouTube. Le jeu sortira le 19 novembre sur PS5 et Xbox Series S/X.

Rockstar n’avait certainement aucune envie de voir sa surprise gâchée par des fuites intempestives. Le groupe à l’origine de la diffusion de ces documents, CyberLeek, n’a pas manqué d’intégrer aux vidéos son logo, des URL et une pub pour une crypto maison. L’argent collecté par ce biais servira à un « projet secret ». « Que les choses soient parfaitement claires », expliquent les pirates dans leur manifeste, « il ne s’agit pas d’une opération destinée à soutirer de l’argent. » On respire, ce n’est donc pas une escroquerie (ou peut-être bien que si !).

« Les fonds servent à financer l’infrastructure nécessaire pour frapper, ainsi que les mesures de sécurité et de protection indispensables pour résister aux inévitables contre-attaques des entreprises. » CyberLeek dit en effet mener une « guerre » contre les éditeurs qui « vendent des licences et appellent cela des achats » : ces derniers sont accusés de vendre des jeux inachevés, de verrouiller du contenu présent sur les supports physiques (« [ils] appellent cela des DLC »), et d’avoir des pratiques hostiles envers les consommateurs.

Le groupe promet de s’attaquer à tous les éditeurs qui ne respecteraient pas des engagements sur la vente de « faux DLC », sur les précommandes numériques jugées nuisibles, et sur la préservation du contenu solo. La majeure partie des éditeurs sont concernés. « Si CyberLeek peut atteindre Rockstar, personne n’est à l’abri », menace t-il.

Stop Killing Games ne veut pas être impliqué

GTA 6 sera vendu en dématérialisé évidemment, mais il y aura aussi une version « boîte »… qui ne contiendra qu’un code à saisir dans la boutique de sa console. Le petit monde du jeu vidéo est aussi toujours secoué par la décision de Sony d’abandonner les supports physiques pour les jeux PlayStation en janvier 2028.

La colère est toujours vive chez de nombreux joueurs, mais pour autant faut-il en venir à de telles extrémités ? Ce d’autant que cette fuite pourrait bien n’être qu’une bête arnaque à la crypto maquillée derrière une cause autrement plus sérieuse : celle de la préservation des jeux et des droits des consommateurs. Mais les militants qui travaillent depuis des années sur le sujet n’ont aucune envie de voir leur combat associé aux méthodes de CyberLeek.

C’est le cas de Stop Killing Games (SKG), qui n’est pas cité nommément dans le manifeste, mais qui est le mouvement le plus visible sur le sujet. Il a posté sur Reddit un message pour prendre clairement ses distances avec CyberLeek. « Le groupe [CyberLeek] utilise cette fuite pour promouvoir un memecoin, en ajoutant aux vidéos des liens et des QR codes vers une cryptomonnaie et en demandant aux internautes de payer pour en voir davantage. »

SKG recommande de « ne pas envoyer d’argent à ces gens » : « C’est illégal et, très franchement, nous compatissons avec toutes les personnes chez Rockstar qui doivent une nouvelle fois traverser ce genre d’épreuve ». GTA 6 avait déjà fait l’objet d’une fuite majeure en 2022, « la personne (…) a fait l’objet d’un placement à durée indéterminée dans un établissement hospitalier », rappelle le mouvement.

Les joueurs devraient plutôt canaliser leur frustration vers « quelque chose de constructif », car aider ces pirates est « destructeur et n’aide personne ; pire encore, cela risque de ternir la réputation de nos communautés et de réduire nos chances d’obtenir des changements ». Rockstar ou Take-Two n’ont pas commenté.

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GTA 6 : derrière la fuite, un groupe qui dit vouloir « protéger » les joueurs

Grand Theft Arnaque
GTA 6 : derrière la fuite, un groupe qui dit vouloir « protéger » les joueurs

Le « large aperçu » de GTA 6 qui sera diffusé en exclusivité sur Netflix le 27 août marquera le lancement de la campagne marketing du plus grand événement vidéo-ludique de l’année auprès du grand public (les joueurs sont sur le qui-vive depuis des mois !). Hélas pour le studio Rockstar et son éditeur Take-Two, une partie de la surprise a été gâchée par la fuite de plusieurs vidéos. Le groupe à l’origine de cette fuite dénonce les éditeurs qui « tuent » les jeux. Le mouvement Stop Killing Games ne veut pas être mêlé, de près ou de loin, à ce piratage.

Branle-bas de combat chez les joueurs curieux. Depuis ce mardi 18 août circulent deux vidéos supposées de gameplay de GTA 6, ainsi que la carte du jeu. Ces documents n’ont pas été authentifiés par Rockstar ou Take-Two, mais les deux entreprises font activement la chasse aux fuites, en réclamant la suppression des vidéos partout où elles peuvent apparaitre. Internet n’oubliant jamais, il est toujours possible de les visionner en fouillant un peu.

La « guerre » aux éditeurs

Cette fuite tombe bien mal, puisque Netflix diffusera le 27 août un large aperçu du jeu qui devrait être consacré, en bonne partie, à son gameplay. Les deux bandes-annonces proposées ces derniers mois ne disent rien de la manière dont le jeu fonctionne – même si la formule est désormais bien connue. La vidéo sera proposée en exclusivité aux abonnés de la plateforme, mais elle sera mise en ligne six heures plus tard sur YouTube. Le jeu sortira le 19 novembre sur PS5 et Xbox Series S/X.

Rockstar n’avait certainement aucune envie de voir sa surprise gâchée par des fuites intempestives. Le groupe à l’origine de la diffusion de ces documents, CyberLeek, n’a pas manqué d’intégrer aux vidéos son logo, des URL et une pub pour une crypto maison. L’argent collecté par ce biais servira à un « projet secret ». « Que les choses soient parfaitement claires », expliquent les pirates dans leur manifeste, « il ne s’agit pas d’une opération destinée à soutirer de l’argent. » On respire, ce n’est donc pas une escroquerie (ou peut-être bien que si !).

« Les fonds servent à financer l’infrastructure nécessaire pour frapper, ainsi que les mesures de sécurité et de protection indispensables pour résister aux inévitables contre-attaques des entreprises. » CyberLeek dit en effet mener une « guerre » contre les éditeurs qui « vendent des licences et appellent cela des achats » : ces derniers sont accusés de vendre des jeux inachevés, de verrouiller du contenu présent sur les supports physiques (« [ils] appellent cela des DLC »), et d’avoir des pratiques hostiles envers les consommateurs.

Le groupe promet de s’attaquer à tous les éditeurs qui ne respecteraient pas des engagements sur la vente de « faux DLC », sur les précommandes numériques jugées nuisibles, et sur la préservation du contenu solo. La majeure partie des éditeurs sont concernés. « Si CyberLeek peut atteindre Rockstar, personne n’est à l’abri », menace t-il.

Stop Killing Games ne veut pas être impliqué

GTA 6 sera vendu en dématérialisé évidemment, mais il y aura aussi une version « boîte »… qui ne contiendra qu’un code à saisir dans la boutique de sa console. Le petit monde du jeu vidéo est aussi toujours secoué par la décision de Sony d’abandonner les supports physiques pour les jeux PlayStation en janvier 2028.

La colère est toujours vive chez de nombreux joueurs, mais pour autant faut-il en venir à de telles extrémités ? Ce d’autant que cette fuite pourrait bien n’être qu’une bête arnaque à la crypto maquillée derrière une cause autrement plus sérieuse : celle de la préservation des jeux et des droits des consommateurs. Mais les militants qui travaillent depuis des années sur le sujet n’ont aucune envie de voir leur combat associé aux méthodes de CyberLeek.

C’est le cas de Stop Killing Games (SKG), qui n’est pas cité nommément dans le manifeste, mais qui est le mouvement le plus visible sur le sujet. Il a posté sur Reddit un message pour prendre clairement ses distances avec CyberLeek. « Le groupe [CyberLeek] utilise cette fuite pour promouvoir un memecoin, en ajoutant aux vidéos des liens et des QR codes vers une cryptomonnaie et en demandant aux internautes de payer pour en voir davantage. »

SKG recommande de « ne pas envoyer d’argent à ces gens » : « C’est illégal et, très franchement, nous compatissons avec toutes les personnes chez Rockstar qui doivent une nouvelle fois traverser ce genre d’épreuve ». GTA 6 avait déjà fait l’objet d’une fuite majeure en 2022, « la personne (…) a fait l’objet d’un placement à durée indéterminée dans un établissement hospitalier », rappelle le mouvement.

Les joueurs devraient plutôt canaliser leur frustration vers « quelque chose de constructif », car aider ces pirates est « destructeur et n’aide personne ; pire encore, cela risque de ternir la réputation de nos communautés et de réduire nos chances d’obtenir des changements ». Rockstar ou Take-Two n’ont pas commenté.

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« Techno-diversités » : ce que les Écologistes envisagent pour le secteur du numérique

Dissiper les mythos
« Techno-diversités » : ce que les Écologistes envisagent pour le secteur du numérique

Début juillet, les Écologistes publiaient un « carnet de doctrine numérique », qui doit servir de « cadre de pensée » à ses équipes et à sa secrétaire nationale, Marine Tondelier, candidate à la présidentielle. À la veille des journées d’été du parti, Next se penche sur le modèle de « technodiversité » qu’il promeut.

À quelle sauce les candidats à la présidentielle 2027 mangeront-ils la question numérique ? La question se posera régulièrement, au fil des mois à venir. Début juillet, le parti Les Écologistes lançait les hostilités avec un « carnet de doctrine numérique ». Candidate à la présidentielle, sa secrétaire nationale Marine Tondelier laisse encore la porte ouverte à des discussions avec les différents partis de gauche, alors que la perspective d’une « primaire de la gauche unitaire » s’est soldée par un échec.

Titré « Technodiversités, Reprendre la main sur le numérique », le document de 36 pages s’attelle à détailler la vision écologiste de l’industrie numérique en six chapitres. Au Salon de la Souveraineté Numérique qui se tenait fin juin à Paris, Marine Tondelier évoquait le document comme un « cadre de pensée », rapportait La Tribune. Au fil du document, le parti promeut une « diversité des outils, des acteurs, des infrastructures et des modèles numériques », qu’ils opposent à la logique de concentration des multinationales de la tech. Ce modèle, décrit comme « condition de la robustesse de nos sociétés et de notre souveraineté démocratique », est traduit par dix mesures du programme général présenté par les écologistes mi-juillet.

Les Verts ne sont pas les seuls à s’être emparés du sujet technologique : mi-juillet, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau exposait sa vision du sujet, presque uniquement sous le prisme de l’intelligence artificielle. Pour le sénateur de Vendée, l’IA « n’attend pas notre consentement », et à ce titre, la France doit investir 23 milliards d’euros de son budget du quinquennat à venir pour financer le domaine.

« Dissiper les mythologies numériques » pour « reprendre la main »

Pour les Écologistes, l’un des premiers enjeux consiste à « dissiper les mythologies numériques », pour pouvoir ensuite « reprendre la main » sur son infrastructure, « briser les monopoles et les modèles toxiques » et « reconnaître le travail » que la mécanique de l’automatisation tend à cacher.

Par mythologies, le parti entend notamment une diversité de récits « conçus pour désarmer la critique » et « naturaliser » des choix politiques. Ainsi de ceux relatifs à l’intelligence artificielle : « le récit de la machine qui s’éveille, de la superintelligence imminente ou de la singularité relève d’une forme dévoyée de pensée mystique », indique le carnet de doctrine numérique.

Plus largement, le document critique la vision de l’évolution technologique comme relevant d’une « fatalité », ou encore les approches techno-solutionnistes, qui confondent « systématiquement optimisation et robustesse », une thèse que l’on devine inspirée par les travaux du biologiste Olivier Hamant sur la robustesse comme principe d’action : l’optimisation permet de « régler chaque rouage pour un rendement maximal dans des conditions données » mais rend le système « rigide et fragile », indique le carnet. À l’inverse, le vivant « tient par la diversité et la redondance » et grâce aux marges d’évolution que ces dernières permettent.

Ancré dans ses préoccupations environnementales, le parti critique par ailleurs les descriptions des technologies numériques comme « immatérielles », occultant leurs besoins en eau, en énergie ou en métaux. Plus loin, le parti souligne que le modèle numérique dominant repose sur un extractivisme « matériel, énergétique et informationnel », dont les deux premiers « suffisent à eux seuls à compromettre la trajectoire de l’Accord de Paris, tout en aggravant la pollution et l’artificialisation des sols ».

Une souveraineté assurée par la « robustesse » de la « diversité »

Derrière ces thèses, le parti Écologistes critique le fait que, « par omission ou par décision, la puissance publique a progressivement laissé des acteurs privés décider de ce qui aurait dû relever du choix collectif ». À l’échelle française et européenne, il souhaite « résister à la tentation mimétique », c’est-à-dire à la construction de champions européens qui viseraient à égaler et concurrencer directement ceux, déjà existants, implantés en Chine ou aux États-Unis.

La souveraineté défendue par les Écologistes, de ce fait, « ne se résume pas à la taille d’un champion » mais plutôt à la possibilité d’éviter la dépendance à un acteur unique, à celle de « pouvoir changer d’outil sans tout perdre ». Pour y parvenir, le carnet envisage de se préoccuper des diverses couches de la chaîne de valeur numérique, notamment en investissant « dans les infrastructures critiques, depuis l’hébergement jusqu’aux semi-conducteurs ». Le parti promeut par ailleurs l’interopérabilité, les normes ouvertes et le chiffrement de bout en bout. Quelques pages plus loin, il refuse aussi la « privatisation du pouvoir normatif » par des géants numériques ainsi qu’une vision de la souveraineté utilisée comme « prétexte à l’extension du domaine de la surveillance d’État ».

Au-delà des questions d’infrastructures, le carnet questionne les modèles économiques qui influent sur le fonctionnement actuel du paysage numérique. En l’occurrence, il recommande de combattre les monopoles des géants numériques de deux manières : en recourant au droit de la concurrence et en préservant ou en rouvrant « des alternatives, y compris non numériques, afin que nul ne soit jamais contraint de passer par un outil unique ». Une piste qui viendrait notamment répondre au recul de l’accès aux droits sociaux résultant de la numérisation de l’accès aux services publics et signalé à plusieurs reprises par la Défenseure des droits.

Les Écologistes veulent par ailleurs encadrer « strictement la publicité fondée sur le profilage » et proscrire « les procédés de captation conçus pour exploiter nos vulnérabilités cognitives », décrits comme « sources de la toxicité numérique » – que ce soit en termes de désinformation, de dégradation du débat public ou encore d’effets sur la santé mentale. Globalement, le carnet critique le « gigantisme » des acteurs du numérique, qui « sert d’abord la concentration » et rend le système « plus fragile et plus vorace ».

Face à la démesure, une « troisième voie » décentralisée


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