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Agents IA : des « dizaines de milliers d’incidents » sont en cours d’examen

It's not AI bug, it's AI feature
Agents IA : des « dizaines de milliers d’incidents » sont en cours d’examen

OpenAI a reconnu que des sites du gouvernement états-unien avaient été attaqués par certains de ses agents IA, portant le nombre d’incidents documentés à plus de quinze. En élargissant le spectre à Anthropic et aux découvertes faites par des chercheurs extérieurs, le nombre d’incidents problématiques se chiffrerait en « dizaines de milliers ». En attendant, OpenAI a suspendu les activités d’entraînement de ses modèles les plus performants.

OpenAI a reconnu vendredi 25 septembre avoir appris que certains de ses agents IA avaient perturbé le fonctionnement des sites web des ministères états-uniens de l’Éducation et du Commerce, ainsi que de la Commission des opérations de bourse (SEC), rapporte le New York Times.

Selon des chercheurs du cabinet de recherche en IA Transluce, la technologie d’OpenAI a en effet tenté de pirater le site web du ministère de l’Éducation afin de collecter des données auprès du bureau des droits civiques de ce dernier, mais sans succès.

L’IA a également extrait des données du site web du Bureau du recensement, qui relève du ministère du Commerce, en utilisant des identifiants de connexion trouvés en ligne. Par ailleurs, des agents d’OpenAI ont aussi partagé des données publiques provenant du site web de la SEC sur un forum en ligne.

Des révélations qui font suite à l’annonce, en marge de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée aux risques de l’IA qui se tenait la semaine passée, que des sites du gouvernement australien avaient eux aussi été attaqués. Réunion qui avait vu de nombreux pays, mais également les principaux patrons des IA, en appeler à une régulation mondiale.

OpenAI suspend les activités d’entraînement de ses modèles les plus performants

OpenAI a également révélé avoir identifié 53 cas d’images partagées par des utilisateurs avec ChatGPT qui ont été publiées sur des sites d’hébergement d’images sous forme de liens non accessibles au public. Ces images provenaient de comptes dont les propriétaires avaient autorisé l’utilisation de leurs données pour améliorer les modèles. OpenAI précise avoir dissocié ces images de leurs comptes respectifs avant de les soumettre à un filtre de confidentialité.

Autre révélation d’OpenAI : un agent IA a conclu qu’il pouvait accéder à l’Internet public via un résolveur DNS. Son objectif était de savoir si un service de domaine public pouvait aider à déléguer une recherche vers une adresse intégrée dans le nom d’hôte : « Notre système de surveillance des désalignements a détecté cette anomalie en moins de 15 minutes, et une personne a commencé à l’examiner trois minutes plus tard. L’exécution a été interrompue 2 heures et demie plus tard. »

« Toutes les activités d’entraînement, d’évaluation et d’inférence liées à l’utilisation d’outils (au sens large) de nos modèles les plus performants restent suspendues », rajoute OpenAI.

Sam Altman a de son côté déclaré vendredi que l’entreprise n’avait « pas agi aussi rapidement qu’elle l’aurait souhaité » pour rendre publics ces incidents. « Nous établissons nos priorités du mieux que nous pouvons en fonction de la gravité », ajoutant que la violation de données chez Hugging Face en juillet dernier restait « l’incident le plus grave » que l’entreprise ait découvert.

Pour OpenAI, ces incidents ne constituent pas des failles de sécurité

L’entreprise a précisé qu’aucun de ces incidents ne constituait une faille de sécurité, mais qu’il s’agissait néanmoins d’exemples illustrant le comportement inattendu et préoccupant de sa technologie. « La plupart des activités que nous avons examinées jusqu’à présent concernaient des tâches de recherche courantes, telles que l’accès à des contenus web publics pour répondre à des questions », a précisé une porte-parole d’OpenAI au NYT. « Certaines concernaient des sites web gouvernementaux, car nos modèles s’y réfèrent souvent comme à des sources fiables d’informations publiques. »

Transluce, le labo de recherche IA a révélé la semaine passée que des agents d’OpenAI ont tenté de pirater deux sites gouvernementaux australiens. Il précise que ces incidents avaient comme points communs des agents IA cherchant à sonder des sites web gouvernementaux à l’aide de tactiques telles que l’utilisation d’identifiants exposés, le contournement des systèmes anti-bots et la création de faux comptes.

Sur le dossier australien, OpenAI veut faire amende honorable. « Nous sommes désolés et nous nous efforçons de faire mieux à l’avenir », écrit l’entreprise dans un billet de blog. « Les gens veulent savoir que l’IA est développée en toute sécurité, et cela commence par ce que les entreprises comme la nôtre font elles-mêmes. »

Histoire de montrer patte blanche, elle a annoncé plusieurs mesures : soutien aux agences touchées, financement et assistance technique pour renforcer la cybersécurité des infrastructures critiques, et la création d’une « task force » australienne afin de proposer des améliorations pour les alertes, la coordination avec les pouvoirs publics et la protection des systèmes du gouvernement.

Samedi, le chercheur en sécurité Rowan Howard-Jones révélait que des agents d’OpenAI avaient tenté d’attaquer par force brute l’API du site statistique de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) plus de 16 000 fois entre avril et juin.

Ils semblaient avoir pour mission de collecter des données relatives à l’indice des capacités de production (PCI), aux secteurs exportateurs, au commerce des denrées alimentaires et à d’autres thèmes. Ils ont utilisé des proxys, des techniques d’obfuscation et même le jeu XSS de Google, créé pour familiariser ses utilisateurs à la notion de failles de sécurité XSS (pour cross-site scripting).

Des modus operandi faisant clairement penser à ceux utilisés dans les tentatives de piratage des sites gouvernementaux australiens. Les agents IA, bridés dans leur accès au web, chercheraient ainsi à répondre aux questions qui leur sont posées, par quelque moyen que ce soit, quitte à utiliser des tactiques, techniques et procédures (TTP) relevant du piratage informatique.

Une quinzaine de cas documentés, pour l’instant

En se basant sur une source interne, Reuters écrivait ce samedi qu’OpenAI avait recensé « environ deux douzaines d’incidents au cours desquels ses agents avaient agi de manière indésirable » mi-septembre. Deux personnes proches de l’entreprise précisaient à l’agence que le chiffre n’a depuis cessé d’augmenter, à mesure que les équipes d’OpenAI examinent les journaux internes relatifs aux activités des agents, et découvrent des cas jusqu’alors inconnus.

Une centaine de personnes auraient en effet été impliquées d’une manière ou d’une autre dans le processus visant à élucider le piratage de Hugging Face. Au cours de ce processus, des indices laissent supposer que d’autres incidents ont été mis au jour, dont « [une quinzaine] présentant des niveaux de gravité variables, (…) révélés par l’entreprise ».

De nombreux incidents ont par ailleurs été mis au jour par des chercheurs externes plutôt que par OpenAI directement, durant lesquels les agents ont procédé à des actions problématiques passées inaperçues au sein de l’entreprise pendant des mois.

OpenAI a indiqué que son examen « prendrait plusieurs mois, compte tenu de l’ampleur de la tâche », souligne Reuters. L’entreprise précisait également avoir d’ores et déjà signalé des activités inappropriées à des dizaines d’entreprises et organismes tiers.

Des « dizaines de milliers d’incidents » en cours d’examen

OpenAI n’est pas la seule entreprise de l’IA concernée par cette vague d’agents rebelles. Le site Axios a ainsi assuré qu’OpenAI donc, mais aussi Anthropic ainsi que des chercheurs en sécurité et en « sûreté de l’IA » (« AI Safety ») enquêtent actuellement sur « des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques ».

Ces incidents se sont produits lors de tests internes et en conditions réelles, et bon nombre d’entre eux n’ont pas encore été rendus publics, les chercheurs en sécurité poursuivant leurs investigations, précisent les sources.

OpenAI a annoncé le suspension de l’entraînement de ses modèles les plus performants et qu’il ne reprendrait « que lorsque nous serons certains d’avoir mis en place des mesures de sécurité supplémentaires et des améliorations en matière d’alignement », a déclaré un porte-parole. Il a ajouté que « ce n’est pas la première fois que nous faisons une pause pour prendre de telles mesures, et nous ne pensons pas que ce sera la dernière, car les capacités de l’IA ne cessent de progresser ».

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Agents IA : des « dizaines de milliers d’incidents » sont en cours d’examen

It's not AI bug, it's AI feature
Agents IA : des « dizaines de milliers d’incidents » sont en cours d’examen

OpenAI a reconnu que des sites du gouvernement états-unien avaient été attaqués par certains de ses agents IA, portant le nombre d’incidents documentés à plus de quinze. En élargissant le spectre à Anthropic et aux découvertes faites par des chercheurs extérieurs, le nombre d’incidents problématiques se chiffrerait en « dizaines de milliers ». En attendant, OpenAI a suspendu les activités d’entraînement de ses modèles les plus performants.

OpenAI a reconnu vendredi 25 septembre avoir appris que certains de ses agents IA avaient perturbé le fonctionnement des sites web des ministères états-uniens de l’Éducation et du Commerce, ainsi que de la Commission des opérations de bourse (SEC), rapporte le New York Times.

Selon des chercheurs du cabinet de recherche en IA Transluce, la technologie d’OpenAI a en effet tenté de pirater le site web du ministère de l’Éducation afin de collecter des données auprès du bureau des droits civiques de ce dernier, mais sans succès.

L’IA a également extrait des données du site web du Bureau du recensement, qui relève du ministère du Commerce, en utilisant des identifiants de connexion trouvés en ligne. Par ailleurs, des agents d’OpenAI ont aussi partagé des données publiques provenant du site web de la SEC sur un forum en ligne.

Des révélations qui font suite à l’annonce, en marge de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée aux risques de l’IA qui se tenait la semaine passée, que des sites du gouvernement australien avaient eux aussi été attaqués. Réunion qui avait vu de nombreux pays, mais également les principaux patrons des IA, en appeler à une régulation mondiale.

OpenAI suspend les activités d’entraînement de ses modèles les plus performants

OpenAI a également révélé avoir identifié 53 cas d’images partagées par des utilisateurs avec ChatGPT qui ont été publiées sur des sites d’hébergement d’images sous forme de liens non accessibles au public. Ces images provenaient de comptes dont les propriétaires avaient autorisé l’utilisation de leurs données pour améliorer les modèles. OpenAI précise avoir dissocié ces images de leurs comptes respectifs avant de les soumettre à un filtre de confidentialité.

Autre révélation d’OpenAI : un agent IA a conclu qu’il pouvait accéder à l’Internet public via un résolveur DNS. Son objectif était de savoir si un service de domaine public pouvait aider à déléguer une recherche vers une adresse intégrée dans le nom d’hôte : « Notre système de surveillance des désalignements a détecté cette anomalie en moins de 15 minutes, et une personne a commencé à l’examiner trois minutes plus tard. L’exécution a été interrompue 2 heures et demie plus tard. »

« Toutes les activités d’entraînement, d’évaluation et d’inférence liées à l’utilisation d’outils (au sens large) de nos modèles les plus performants restent suspendues », rajoute OpenAI.

Sam Altman a de son côté déclaré vendredi que l’entreprise n’avait « pas agi aussi rapidement qu’elle l’aurait souhaité » pour rendre publics ces incidents. « Nous établissons nos priorités du mieux que nous pouvons en fonction de la gravité », ajoutant que la violation de données chez Hugging Face en juillet dernier restait « l’incident le plus grave » que l’entreprise ait découvert.

Pour OpenAI, ces incidents ne constituent pas des failles de sécurité

L’entreprise a précisé qu’aucun de ces incidents ne constituait une faille de sécurité, mais qu’il s’agissait néanmoins d’exemples illustrant le comportement inattendu et préoccupant de sa technologie. « La plupart des activités que nous avons examinées jusqu’à présent concernaient des tâches de recherche courantes, telles que l’accès à des contenus web publics pour répondre à des questions », a précisé une porte-parole d’OpenAI au NYT. « Certaines concernaient des sites web gouvernementaux, car nos modèles s’y réfèrent souvent comme à des sources fiables d’informations publiques. »

Transluce, le labo de recherche IA a révélé la semaine passée que des agents d’OpenAI ont tenté de pirater deux sites gouvernementaux australiens. Il précise que ces incidents avaient comme points communs des agents IA cherchant à sonder des sites web gouvernementaux à l’aide de tactiques telles que l’utilisation d’identifiants exposés, le contournement des systèmes anti-bots et la création de faux comptes.

Sur le dossier australien, OpenAI veut faire amende honorable. « Nous sommes désolés et nous nous efforçons de faire mieux à l’avenir », écrit l’entreprise dans un billet de blog. « Les gens veulent savoir que l’IA est développée en toute sécurité, et cela commence par ce que les entreprises comme la nôtre font elles-mêmes. »

Histoire de montrer patte blanche, elle a annoncé plusieurs mesures : soutien aux agences touchées, financement et assistance technique pour renforcer la cybersécurité des infrastructures critiques, et la création d’une « task force » australienne afin de proposer des améliorations pour les alertes, la coordination avec les pouvoirs publics et la protection des systèmes du gouvernement.

Samedi, le chercheur en sécurité Rowan Howard-Jones révélait que des agents d’OpenAI avaient tenté d’attaquer par force brute l’API du site statistique de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) plus de 16 000 fois entre avril et juin.

Ils semblaient avoir pour mission de collecter des données relatives à l’indice des capacités de production (PCI), aux secteurs exportateurs, au commerce des denrées alimentaires et à d’autres thèmes. Ils ont utilisé des proxys, des techniques d’obfuscation et même le jeu XSS de Google, créé pour familiariser ses utilisateurs à la notion de failles de sécurité XSS (pour cross-site scripting).

Des modus operandi faisant clairement penser à ceux utilisés dans les tentatives de piratage des sites gouvernementaux australiens. Les agents IA, bridés dans leur accès au web, chercheraient ainsi à répondre aux questions qui leur sont posées, par quelque moyen que ce soit, quitte à utiliser des tactiques, techniques et procédures (TTP) relevant du piratage informatique.

Une quinzaine de cas documentés, pour l’instant

En se basant sur une source interne, Reuters écrivait ce samedi qu’OpenAI avait recensé « environ deux douzaines d’incidents au cours desquels ses agents avaient agi de manière indésirable » mi-septembre. Deux personnes proches de l’entreprise précisaient à l’agence que le chiffre n’a depuis cessé d’augmenter, à mesure que les équipes d’OpenAI examinent les journaux internes relatifs aux activités des agents, et découvrent des cas jusqu’alors inconnus.

Une centaine de personnes auraient en effet été impliquées d’une manière ou d’une autre dans le processus visant à élucider le piratage de Hugging Face. Au cours de ce processus, des indices laissent supposer que d’autres incidents ont été mis au jour, dont « [une quinzaine] présentant des niveaux de gravité variables, (…) révélés par l’entreprise ».

De nombreux incidents ont par ailleurs été mis au jour par des chercheurs externes plutôt que par OpenAI directement, durant lesquels les agents ont procédé à des actions problématiques passées inaperçues au sein de l’entreprise pendant des mois.

OpenAI a indiqué que son examen « prendrait plusieurs mois, compte tenu de l’ampleur de la tâche », souligne Reuters. L’entreprise précisait également avoir d’ores et déjà signalé des activités inappropriées à des dizaines d’entreprises et organismes tiers.

Des « dizaines de milliers d’incidents » en cours d’examen

OpenAI n’est pas la seule entreprise de l’IA concernée par cette vague d’agents rebelles. Le site Axios a ainsi assuré qu’OpenAI donc, mais aussi Anthropic ainsi que des chercheurs en sécurité et en « sûreté de l’IA » (« AI Safety ») enquêtent actuellement sur « des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques ».

Ces incidents se sont produits lors de tests internes et en conditions réelles, et bon nombre d’entre eux n’ont pas encore été rendus publics, les chercheurs en sécurité poursuivant leurs investigations, précisent les sources.

OpenAI a annoncé le suspension de l’entraînement de ses modèles les plus performants et qu’il ne reprendrait « que lorsque nous serons certains d’avoir mis en place des mesures de sécurité supplémentaires et des améliorations en matière d’alignement », a déclaré un porte-parole. Il a ajouté que « ce n’est pas la première fois que nous faisons une pause pour prendre de telles mesures, et nous ne pensons pas que ce sera la dernière, car les capacités de l’IA ne cessent de progresser ».

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☕️ Au Brésil comme en Europe, l’impartialité de la modération publicitaire de Meta questionnée



Les systèmes publicitaires de Meta font de nouveau des leurs. Ce 25 septembre, au Brésil, Meta a brièvement suspendu le recours à la publicité de la page Facebook de Luis Inácio Lula da Silva.

À 80 ans, ce dernier fait campagne pour un quatrième et dernier mandat électoral face à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême-droite Jair Bolsonaro. Ses équipes ont déposé une plainte via les systèmes de la plateforme, et attendent des explications sur le sujet. 


Quelques semaines plus tôt, Amnesty International publiait un travail dans lequel elle constatait l’inefficacité des systèmes algorithmiques de Meta pour suspendre les publicités visant à diffuser de la désinformation sur ses différentes plateformes.

Alors que la population brésilienne doit se rendre aux urnes le 4 octobre prochain, le président sortant Lula a alerté contre les risques d’ingérence dans le débat public, rappelle Novara media, visant notamment le soutien que le président des États-Unis Donald Trump pourrait apporter à la candidature de Bolsonaro.

Illustration : Flock

En Europe, où Meta a adopté une lecture extensive du règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique (TTPA), le (dys-)fonctionnement des outils publicitaires est aussi un enjeu récurrent pour comprendre l’état du débat public.

Début septembre, un théâtre de Barcelone, en Espagne, a vu Facebook et Instagram supprimer des publicités dédiées à l’adaptation théâtrale d’Une pièce à soi, de Virginia Woolf, au motif que ces travaux évoquaient des « sujets sociaux ». L’entreprise a précisé à l’institution culturelle que « toute mention de droits civiques, de féminisme ou de réformes sociales sont classifiée comme "sujets sociaux" par nos systèmes automatisés » et, à ce titre, empêchés de diffusion, rapporte the Guardian.

L’épisode rejoint des problématiques rencontrées en France, où la Fondation des Femmes a mis l’entreprise en demeure de diffuser l’une de ses campagnes, aux alentours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.

En France, dès les premières semaines qui ont suivi l’entrée en vigueur du TTPA, des ONG spécialisés dans des sujets aussi variés que la défense des droits des femmes, celle des droits des enfants, ou plus globalement à la défense des droits humains ont témoigné auprès de Next avoir constaté un raidissement net des pratiques de modération de leurs campagnes publicitaires.

Un an plus tôt, à l’inverse, une étude d’AI Forensics permettait d’établir que les systèmes de l’entreprise peinaient à modérer des publicités politiques dédiées à faire circuler des thèses pro-russes.

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☕️ Au Brésil comme en Europe, l’impartialité de la modération publicitaire de Meta questionnée



Les systèmes publicitaires de Meta font de nouveau des leurs. Ce 25 septembre, au Brésil, Meta a brièvement suspendu le recours à la publicité de la page Facebook de Luis Inácio Lula da Silva.

À 80 ans, ce dernier fait campagne pour un quatrième et dernier mandat électoral face à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président d’extrême-droite Jair Bolsonaro. Ses équipes ont déposé une plainte via les systèmes de la plateforme, et attendent des explications sur le sujet. 


Quelques semaines plus tôt, Amnesty International publiait un travail dans lequel elle constatait l’inefficacité des systèmes algorithmiques de Meta pour suspendre les publicités visant à diffuser de la désinformation sur ses différentes plateformes.

Alors que la population brésilienne doit se rendre aux urnes le 4 octobre prochain, le président sortant Lula a alerté contre les risques d’ingérence dans le débat public, rappelle Novara media, visant notamment le soutien que le président des États-Unis Donald Trump pourrait apporter à la candidature de Bolsonaro.

Illustration : Flock

En Europe, où Meta a adopté une lecture extensive du règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique (TTPA), le (dys-)fonctionnement des outils publicitaires est aussi un enjeu récurrent pour comprendre l’état du débat public.

Début septembre, un théâtre de Barcelone, en Espagne, a vu Facebook et Instagram supprimer des publicités dédiées à l’adaptation théâtrale d’Une pièce à soi, de Virginia Woolf, au motif que ces travaux évoquaient des « sujets sociaux ». L’entreprise a précisé à l’institution culturelle que « toute mention de droits civiques, de féminisme ou de réformes sociales sont classifiée comme "sujets sociaux" par nos systèmes automatisés » et, à ce titre, empêchés de diffusion, rapporte the Guardian.

L’épisode rejoint des problématiques rencontrées en France, où la Fondation des Femmes a mis l’entreprise en demeure de diffuser l’une de ses campagnes, aux alentours de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.

En France, dès les premières semaines qui ont suivi l’entrée en vigueur du TTPA, des ONG spécialisés dans des sujets aussi variés que la défense des droits des femmes, celle des droits des enfants, ou plus globalement à la défense des droits humains ont témoigné auprès de Next avoir constaté un raidissement net des pratiques de modération de leurs campagnes publicitaires.

Un an plus tôt, à l’inverse, une étude d’AI Forensics permettait d’établir que les systèmes de l’entreprise peinaient à modérer des publicités politiques dédiées à faire circuler des thèses pro-russes.

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Face à l’e-facturation, agriculteurs, petits commerçants et auto-entrepreneurs protestent

Technocomptabilité
Facturation électronique : fuite d’informations chez VosFactures à cause d’un prestataire

Dans plusieurs villes de France, des mobilisations s’organisent contre l’obligation de passage à la facturation électronique. LFI a déposé une proposition de loi pour imposer un moratoire sur cette évolution à destination des plus petites structures économiques.

L’évolution ne passe pas : partout en France, des petits entrepreneurs, paysans, commerçants se mobilisent contre le passage à la facturation électronique. Devenue obligatoire au 1ᵉʳ septembre pour toutes les sociétés assujetties à la TVA en France, l’évolution fait craindre de nouveaux casse-têtes administratifs à des professionnels d’Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique ou d’Ariège.

En cause : l’éclatement des fournisseurs et le retard de près d’un tiers des petites et moyennes entreprises (PME) françaises. En Ariège comme en Bretagne, des réunions publiques sont désormais organisées pour mobiliser contre l’évolution imposée, rapporte Basta.

Un refus qui ne date pas d’hier

Les protestations remontent à plusieurs mois. À l’origine, l’État devait fournir un portail public de gestion des factures. Ce Portail Public de Facturation a été revu à la baisse courant 2024, pour ne plus devenir qu’un annuaire des plateformes agréées.

Le recul a inquiété de tous les côtés de l’échiquier politique et suscité des oppositions populaires. Ici on s’inquiète de voir les gestionnaires privés des plateformes d’e-facturation se muer en sociétés monétisant les données qui transitent par leurs services. Là, on crée une pétition contre la facturation électronique sur le site de l’Assemblée nationale (cette dernière compte 31 000 signatures fin septembre 2026, contre 24 000 au mois de juin).

Maintenant que l’évolution est entrée en vigueur, des rassemblements s’organisent, ce 28 septembre à Redon, en Ille-et-Vilaine, ou encore le 6 octobre à Foix, en Ariège. Olivier Niol, agriculteur breton, témoigne auprès de Reporterre des implications de l’évolution : lui n’a « toujours pas de smartphone », et vit dans un circuit où « les gens paient en chèque ou en liquide ». Il part d’une comptabilité encore entièrement papier et ne se voit pas passer au tout numérique.

Éleveuse de brebis, Anissa proteste dans Basta contre la nouvelle charge de travail que cela lui impose face à un écran, tandis que Léandre, gérant de foodtruck, s’inquiète de la probabilité que ses fournisseurs locaux, des PME, comme lui, ne soient pas équipés, donc incapables de lui fournir les justificatifs dont il aurait besoin. Nombreux sont ceux qui, par ailleurs, gèrent leur comptabilité par trimestre, ou par points ponctuels, au fil de l’année. Avec les nouvelles obligations d’e-reporting, l’État leur impose désormais de faire remonter leurs données chaque mois.

Des partis s’emparent du sujet

Si l’administration présente le passage à la facturation électronique comme une mesure de compétitivité française, il s’agit aussi, surtout, de lutter contre la fraude à la TVA.

Pour les petites structures, cette numérisation obligatoire représente une charge de travail numérique supplémentaire – qui implique potentiellement la prise en main de nouveaux outils. Quelques semaines après la révélation d’une triple intrusion dans le système d’information des impôts, nombreux sont ceux qui s’inquiètent, par ailleurs, de l’exploitation de leurs données par des acteurs tiers, qu’ils soient légitimes ou non.

Plusieurs partis politiques s’emparent du sujet. Fin août, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy appelait ainsi à « suspendre » la réforme. Le 15 septembre, c’est la députée insoumise Mathilde Hignet qui a déposé une proposition de loi visant l’instauration d’un moratoire sur le déploiement de la facturation électronique. Tel que le texte est écrit, celui-ci viserait spécifiquement les autoentrepreneurs, les très petites entreprises (TPE), les PME et les agriculteurs et agricultrices. Le moratoire courrait jusqu’à la mise en place d’un réel portail public de facturation.

Devant les inquiétudes, l’entrée en vigueur a été allégée : elle se fait avec une période de tolérance, ce qui signifie qu’aucune sanction ne sera appliquée d’ici la fin de l’année.

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Face à l’e-facturation, agriculteurs, petits commerçants et auto-entrepreneurs protestent

Technocomptabilité
Face à l’e-facturation, agriculteurs, petits commerçants et auto-entrepreneurs protestent

Dans plusieurs villes de France, des mobilisations s’organisent contre l’obligation de passage à la facturation électronique. LFI a déposé une proposition de loi pour imposer un moratoire sur cette évolution à destination des plus petites structures économiques.

L’évolution ne passe pas : partout en France, des petits entrepreneurs, paysans, commerçants se mobilisent contre le passage à la facturation électronique. Devenue obligatoire au 1ᵉʳ septembre pour toutes les sociétés assujetties à la TVA en France, l’évolution fait craindre de nouveaux casse-têtes administratifs à des professionnels d’Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique ou d’Ariège.

En cause : l’éclatement des fournisseurs et le retard de près d’un tiers des petites et moyennes entreprises (PME) françaises. En Ariège comme en Bretagne, des réunions publiques sont désormais organisées pour mobiliser contre l’évolution imposée, rapporte Basta.

Un refus qui ne date pas d’hier

Les protestations remontent à plusieurs mois. À l’origine, l’État devait fournir un portail public de gestion des factures. Ce Portail Public de Facturation a été revu à la baisse courant 2024, pour ne plus devenir qu’un annuaire des plateformes agréées.

Le recul a inquiété de tous les côtés de l’échiquier politique et suscité des oppositions populaires. Ici on s’inquiète de voir les gestionnaires privés des plateformes d’e-facturation se muer en sociétés monétisant les données qui transitent par leurs services. Là, on crée une pétition contre la facturation électronique sur le site de l’Assemblée nationale (cette dernière compte 31 000 signatures fin septembre 2026, contre 24 000 au mois de juin).

Maintenant que l’évolution est entrée en vigueur, des rassemblements s’organisent, ce 28 septembre à Redon, en Ille-et-Vilaine, ou encore le 6 octobre à Foix, en Ariège. Olivier Niol, agriculteur breton, témoigne auprès de Reporterre des implications de l’évolution : lui n’a « toujours pas de smartphone », et vit dans un circuit où « les gens paient en chèque ou en liquide ». Il part d’une comptabilité encore entièrement papier et ne se voit pas passer au tout numérique.

Éleveuse de brebis, Anissa proteste dans Basta contre la nouvelle charge de travail que cela lui impose face à un écran, tandis que Léandre, gérant de foodtruck, s’inquiète de la probabilité que ses fournisseurs locaux, des PME, comme lui, ne soient pas équipés, donc incapables de lui fournir les justificatifs dont il aurait besoin. Nombreux sont ceux qui, par ailleurs, gèrent leur comptabilité par trimestre, ou par points ponctuels, au fil de l’année. Avec les nouvelles obligations d’e-reporting, l’État leur impose désormais de faire remonter leurs données chaque mois.

Des partis s’emparent du sujet

Si l’administration présente le passage à la facturation électronique comme une mesure de compétitivité française, il s’agit aussi, surtout, de lutter contre la fraude à la TVA.

Pour les petites structures, cette numérisation obligatoire représente une charge de travail numérique supplémentaire – qui implique potentiellement la prise en main de nouveaux outils. Quelques semaines après la révélation d’une triple intrusion dans le système d’information des impôts, nombreux sont ceux qui s’inquiètent, par ailleurs, de l’exploitation de leurs données par des acteurs tiers, qu’ils soient légitimes ou non.

Plusieurs partis politiques s’emparent du sujet. Fin août, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy appelait ainsi à « suspendre » la réforme. Le 15 septembre, c’est la députée insoumise Mathilde Hignet qui a déposé une proposition de loi visant l’instauration d’un moratoire sur le déploiement de la facturation électronique. Tel que le texte est écrit, celui-ci viserait spécifiquement les autoentrepreneurs, les très petites entreprises (TPE), les PME et les agriculteurs et agricultrices. Le moratoire courrait jusqu’à la mise en place d’un réel portail public de facturation.

Devant les inquiétudes, l’entrée en vigueur a été allégée : elle se fait avec une période de tolérance, ce qui signifie qu’aucune sanction ne sera appliquée d’ici la fin de l’année.

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