❌

Vue lecture

Naissance des Googlebooks et questions autour de Gemini

Les Googlebooks ont eu droit à leur lever de rideau et à une présentation complète de la part de Google. Au-delà des annonces et des effets théâtraux, on a du mal à voir de prime abord la différence entre ces modèles et les plus anciens Chromebooks autrement que par une montée en gamme du matériel et l’arrivée en force de Gemini, l’IA maison du moteur de recherche.

Les Googlebooks devraient monter sur la scène internationale dans quelques jours maintenant. Le top 5 des constructeurs d’ordinateurs personnels – hormis Apple – a présenté des modèles. Avalisant ainsi d’office l’offre de Google tout en cherchant à amorcer un début d’intérêt du côté des clients.

Lenovo GoogleBook 15

Lenovo GoogleBook 15

Lancement mondial des Googlebooks le 5 octobre

Est ainsi annoncé le Lenovo GoogleBook 15 qui joue sur la diagonale la plus grande avec 15.3 pouces en 2880 x 1800 pixels. Une dalle tactile enfermée dans un châssis haut de gamme réalisé en alliage de magnésium renforcé de fibres de carbone. Cela porte son épaisseur à 1.595 cm pour un poids qui reste très correct au vu de l’affichage proposé avec 1.28 Kg. La partie technique est confiée à un processeur Intel Panther Lake Core Ultra 5 avec 16 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage  SSD pour un tarif de base de 1349€. Des dérivés techniques mieux équipés seront également proposés.

HP Googlebook 14

HP Googlebook 14

Le HP Googlebook 14, une solution de 14 pouces de diagonale de type OLED avec une définition de 2560 x 1440 pixels. L’engin embarque un SoC ARM Snapdragon X Elite XE1-8-100 associé à 16 ou 32 Go de mémoire vive et un stockage minimal de 512 Go. La coque est classique et la machine semble confortable, le constructeur ayant mis l’accent sur l’affichage avec un écran doté d’une bonne colorimétrie et d’une luminosité de 500 cd/m². Prix indiqué 1099€.

Dell XPS Googlebook

Dell XPS Googlebook

Suit le Dell XPS Googlebook qui est une sorte d’XPS 13 version Google, un engin dont la forme rappelle le bestseller portable de la marque et un poids qui fait mouche avec tout juste un kilo. On retrouve une dalle de 13.4″ de type IPS en 2880 x 1800 pixels. Les entrailles techniques sont identiques, avec là encore, un Snapdragon X1 Elite XE1-8-100 et de 16 à 32 Go de mémoire vive. Le stockage pourra grimper à 512 Go et l’ensemble est enfermé dans un châssis aluminium de 12.7 mm d’épaisseur. On connait le prix de base de cette machine en euros, il est prévu uniquement aux USA à 1199$ HT.

Asus Googlebook 14

Asus Googlebook 14

L’Asus Googlebook 14 ne change pas vraiment de recette mais joue sur le ratio entre sa diagonale et son poids. La machine affiche sur 14 pouces en 3200 x 1440 pixels grâce à une dalle OLED 1000 nits 120 Hz tout en restant ultra léger avec 997 grammes pour 1.4 cm d’épaisseur. La coque en alliage aluminium-magnésium enferme un processeur Intel Panther Lake Core ultra 5 ou Core Ultra 7 avec de 16 à 64 Go de mémoire vive. Le stockage démarre à 256 Go pour un prix de base de 1399€ mais l’engin acceptera jusqu’à 1 To de stockage NVMe PCIe 4.0 au format M.2 non détaillé.

Acer Googlebook 14

Acer Googlebook 14

L’Acer Googlebook 14 s’annonce à un tarif de base de 1199€. La dalle est une 14 pouces tactile de type OLED en 2880 x 1800 pixels 120 Hz pilotée par un processeur Panther Lake Core Ultra 5 ou Ultra 7. La mémoire vive de base sera de 16 Go et le stockage atteindra 256 Go avec, là encore, des variantes à la hausse. Le tout sera intégré dans un châssis à charnière sur 360° permettant un usage de type tablette. La coque est réalisée dans un alliage aluminium-magnésium qui portera le poids total de l’engin à 1.13 Kg pour 1.39 cm d’épaisseur.

Matériel haut de gamme et Glowbar

On peut noter des tendances globales sur ces machines. Les matériaux haut de gamme employés, par exemple : alliages métalliques, fibre de carbone. Mais aussi la qualité des dalles qui permettent de bonnes colorimétries et des espaces de travail larges. Des éléments indispensables pour pouvoir afficher le contenu de son smartphone à l’écran. De la mémoire minimale, de l’espace de stockage, des puces puissantes. On est loin du scénario de base des Chromebooks qui, mis en avant comme des terminaux de surf, se contentaient à leurs débuts du strict minimum.

L’ergonomie n’est pas en reste avec d’énormes surfaces de trackpad en plus des écrans tactiles, des retours haptiques sur la majorité des modèles, des claviers avec rétroéclairage et des éléments pour la bonne prise en charge des services proposés : micro avec annulation de bruit ambiant, systèmes d’authentification biométrique. La connexion au réseau passe à minima par un Wi-Fi7 et du Bluetooth 6.0. On note également une autonomie générale de 14 heures annoncées.

La Glowbar est un gadget supplémentaire qui permettra quelques fonctions plus ou moins utiles mais surtout de différencier Chromebook et Googlebook. Cette petite barre de LEDs visible depuis l’extérieur de l’engin permet de savoir l’état de la charge de la batterie de l’engin. Elle s’illuminera par ailleurs lors de l’allumage des engins et offrira un jeu de pulsations lumineuses lorsque vous utiliserez Gemini. L’IA maison de Google intégrée au système. Ouverte à des développements externes, la barre pourra servir à une foule d’autres usages, mais colle bien à la volonté de la marque de mettre en valeur l’usage de l’IA maison.

Si vous vous demandez à quoi peut bien vous servir d’afficher sur le dos de votre PC portable une barre lumineuse signalant votre recours à l’IA Gemini, sachez que le but n’est pas de vous rendre service à vous mais bien de faire de la publicité à Google. Je ne doute pas une seule seconde qu’une des premières choses qui sera proposée par des développeurs indépendants le jour de la sortie de ces engins sera d’éteindre cette barre pour qu’elle ne réagisse plus. Je suppose qu’aucun étudiant en amphi n’a envie de voir son Googlebook clignoter en permanence pour signaler son usage de l’IA Gemini.

Googlebook

Googlebook OS remplace un ChromeOS déjà transformé par Android

Google a bien compris que le public était sensible à la continuité proposée par le duo smartphone / ordinateur. Et c’est compréhensible, apprendre à utiliser un logiciel de montage vidéo, un traitement de texte ou un outil de PréAO sur smartphone est chronophage. Pouvoir le retrouver à l’identique sur son ordinateur est donc un excellent moyen de gagner du temps. Googlebook OS poussera les développeurs à gérer leurs applications Android en plein écran, en prenant en compte clavier et souris et en s’exécutant au mieux sur les composants sélectionnés par les constructeurs2. 

Les logiciels phares comme les applications créatives Photoshop, Lightroom ou Capcut ainsi que, bien évidemment, les outils natifs de Google seront optimisés sur les books dès la sortie des machines histoire d’amorcer la pompe. Et le système encouragera cette mixité d’usages en augmentant la porosité entre les deux univers. Google promet une exploitation de son Googlebook dès la sortie de la boite. Une fois votre profil authentifié, le transfert des informations importantes débutera immédiatement. Pour l’utilisateur, cela se traduit par un effort minimal : la connexion du Googlebook à Internet. Une fois connectée, l’authentification de votre compte permettra de récupérer votre univers « smartphone » sur votre PC portable. Tout sera correctement chiffré et vos réglages, paramètres, mots de passe, réseaux Wi-Fi précédents, et autres données principales comme vos messages et identifiants de services seront récupérés immédiatement. L’expérience devrait être similaire à ce que propose Google quand on change de smartphone.

Continue On permettra de poursuivre facilement un travail d'un appareil à l'autre.

Continue On permettra de poursuivre facilement un travail d’un appareil à l’autre.

Le service « Continue On » permettra de sauter d’un appareil à l’autre. C’est une des fonctions les plus évidentes et qui manque le plus cruellement à ChromeOS aujourd’hui. L’idée de pouvoir poursuivre un travail commencé sur son smartphone sur l’interface plus ergonomique proposée par un portable. Typiquement un travail documentaire qui consiste à remplir des formulaires, entamé sur son smartphone, et qu’on découvre finalement trop complexe pour être poursuivi sur un écran de quelques pouces de diagonale. Le basculer sur son portable Googlebook en un clic pour le poursuivre sans recommencer à zéro est la meilleure proposition possible. Le fait de pouvoir accéder directement à ses fichiers, ses photos, stockées sur smartphone depuis son PC sera également un plus. Si on ajoute la possibilité d’afficher en temps réel l’écran du smartphone comme une fenêtre flottante sur son grand écran, on a une synergie complète entre les deux univers.

Finir sa réservation de billets sur Googlebook alors qu'on l'a commencée sur smartphone

Finir sa réservation de billets sur Googlebook alors qu’on l’a commencée sur smartphone

Un exemple simple, vous avez pris des photos avec votre smartphone d’un objet à vendre sur un site d’occasion entre particuliers. Vous les retouchez légèrement avec l’appareil et notez des informations sur le produit. Mais quand vous décidez de mettre l’annonce en ligne, les choses se compliquent. Pour la création de votre compte, le service vous demande des informations sur vous, des documents à transférer pour prouver votre identité et votre adresse. Un IBAN, une copie de votre carte d’identité. Pour faciliter les démarches, vous ouvrez votre GoogleBook et transférez la tâche. Vous pouvez alors facilement glisser-déposer les documents, récupérer vos photos retouchées et, puisque vous y êtes, vous pouvez faire un tour en ligne pour récupérer des éléments qui vont étayer votre annonce. Une description de l’objet piochée sur le site du fabricant. La date et le lieu de son achat pour ajouter des informations techniques. Tout ce qu’il faut pour compléter au mieux votre tâche, sans avoir à tout reprendre.

Au moment de votre inscription au service, le code de vérification de votre compte apparaîtra dans la fenêtre de votre smartphone affichée à l’écran. Vous n’aurez même pas besoin de reprendre votre appareil en main.

La touche G à la place de la touche Copilot à la place de la touche Windows...

La touche G à la place de la touche Copilot à la place de la touche Windows…

Googlebook OS change surtout de cheval de bataille

ChromeOS est apparu en 2011 en se basant sur une distribution Linux Gentoo. Son fonctionnement découle du format des machines qui l’abritaint. On parle ici d’ordinateurs portables classiques et d’un Google qui cherchait à inventer des solutions de croissance sur un marché trusté par Microsoft et Apple. Pour GoogleBook OS la donne est légèrement différente. Si ChromeOS a petit à petit ouvert ses portes aux applications Android, l’intégration restait une surcouche du système de base construit sur un navigateur. C’est désormais l’inverse qui est proposé.

La construction technique de Googlebook OS est issue d’Android ce qui rend évidemment plus simple le portage des applications du système mobile de Google vers ces nouvelles machines. Techniquement, les outils développés pour les smartphones pourront donc être exécutés par les Googlebooks sans autre contrainte que le format de leur affichage et les problématiques de contrôle. Cela fait toute une différence par rapport à ChromeOS même si l’usage réel ne sera pas si différent entre les deux systèmes.

Google a lancé les Chromebook dans un monde où l’objectif était d’être le point d’entrée d’Internet. La marque pilotait déjà fortement le segment de la recherche avec son navigateur et son moteur. Elle voulait capitaliser sur les services afférents en ouvrant ses portes à plus de nouveaux clients. Conscient que les utilisateurs de Windows, de Linux et d’Apple auraient du mal à décrocher de leurs habitudes, le lancement de ChromeOS permettait de viser des débutants ou des gens peu friands de technologie. En leur promettant notamment un usage simple mais aussi une approche peu coûteuse.

Les premiers Chromebooks étaient ainsi vantés pour leur sobriété, leur prix et l’ouverture vers des services complets : navigation, recherche, bureautique, contenus média. Le tout au travers de la bulle que Google avait déployée en ligne. L’approche éducative de l’offre au travers de partenariats avec des établissements scolaires permettait de toucher un public qui allait découvrir l’informatique grâce à cet univers. La recette a plus ou moins bien fonctionné, mais les Chromebooks ont continué leur bonhomme de chemin jusqu’ici avec un fort accent sur l’approche éducative.

Pousser l’usage de Gemini

En 2026 cependant, le marché a largement changé. Le smartphone a fini de régler ses comptes avec l’informatique classique et apparait désormais comme le point d’entrée des usages quotidiens. Pour énormément d’utilisateurs, l’ordinateur est devenu secondaire. On est passé d’un téléphone compagnon du monde de l’ordinateur personnel à un scénario totalement inverse. L’idée logique pour Google est donc de faire du GoogleBook le vassal du smartphone Android.

Cela s’explique également par le changement qui s’opère en ce moment sur l’internet mondial. La recherche en ligne bascule d’un scénario de moteur passif à un futur totalement dominé par l’intelligence artificielle. Les recherches n’auront plus lieu via un site spécifique mais seront directement gérées par les systèmes d’exploitation. Proposer un outil commun et universel comme Gemini sur tous les formats permettant de naviguer est probablement devenu l’objectif le plus important pour Google pour ne pas se faire doubler. Les LLM deviennent des moyens de recherche pour beaucoup d’utilisateurs car elles vont mieux défricher un sujet que ce que proposent les premières pages de résultat d’un moteur classique. La qualité des recherches ayant sombré dans des gouffres abysmaux depuis plusieurs années, la cupidité du moteur laissant les contenus sponsorisés truster quasiment toute la première page des requêtes d’utilisateurs. Le public est ravi de voir un outil IA faire le ménage à leur place. Alphabet3 s’est d’ailleurs mis au diapason, tuant lui-même sa poule aux œufs d’or, forcé par l’ascendant de ses concurrents, en ajoutant un résultat IA à ses propres recherches.

L’étape suivante est donc cruciale pour Google car si le réflexe est pris par les utilisateurs de demander un résultat à ChatGPT, Claude ou autre LLM pour la moindre recherche en ligne, le sort de son moteur est en danger. Et que font Apple et Microsoft si ce n’est proposer eux-mêmes ce type de moteur ? Apple Intelligence et Copilot sont taillés sur mesure pour lui couper l’herbe sous le pied en étant nativement intégrés à leurs systèmes.

L’arrivée des Googlebooks s’explique donc en grande partie par la volonté du moteur de recherche de pousser en avant Gemini, son IA de recherche. Impossible à pousser de manière universelle sur ChromeOS à cause de la disparité du parc, elle devient possible sur ces nouvelles machines aux équipements, on l’a vu ci-dessus, très peu exotiques. Deux types de puces, 16 Go de mémoire vive minimum, des NPU à bord de chacun pour piloter des usages IA… De quoi porter cette utilisation de l’outil en ligne comme hors ligne et profiter d’un développement commun.

Une fois bien secoué, l'énorme curseur des Googlebooks se transforme en assistant Gemini

Gemini devient omniprésent

Devenir un réflexe. C’est l’objectif affiché par les Googlebook pour Gemini. cela passe par des usages aussi gadgets qu’intéressants. L’idée est de vous habituer à l’utiliser le plus possible pour que cela devienne une seconde nature. Si tout le monde dit « Googler » à la place de « faire une recherche en ligne » c’est parce qu’à son heure de gloire le moteur était simplement l’évidence. Et c’est cette évidence d’usage que recherche à nouveau la firme pour Gemini.

Cela passe par des usages aussi futiles que complets. Magic Pointer est probablement le point d’entrée le plus efficace dans l’univers de Gemini. En effectuant un raccourci clavier ou en « secouant » son pointeur à l’écran, le système comprend que vous lui demandez l’analyse des documents affichés. Le curseur classique se transforme en version « magique ».  De là votre image repérée en ligne peut être recherchée, votre texte analysé, vos emails vérifiés pour s’assurer de leur provenance. Il sera possible de demander des tâches complexes comme le mélange de deux images, une traduction d’une langue vers une autre ou la vérification orthographique d’un passage que vous venez de rédiger. Véritable agent IA, Gemini pourra également prendre en charge des tâches plus abouties comme proposer des dates libres dans votre planning pour aller au restaurant indiqué par rapport aux horaires affichés.

Cela se combine alors avec une fonction baptisée Magic Cues qui ressemble à un agent IA tout ce qu’il y a de plus classique. Une fois les clés de vos comptes en mains, cet outil pourra suggérer des actions de manière proactive. Votre agenda, vos emails et tout ce qui se passera à l’écran sera analysé de manière contextuelle pour proposer des actions à mener. Avec la force d’être secondé par un smartphone toujours avec vous, Gemini proposera alors de remplir vos rendez-vous, de répondre à un e-mail, de suggérer des modifications. Une béquille technique censée vous soulager au quotidien tout en vous rendant dépendant de son activation.

Même chose pour Rambler. Une application qui se chargera de condenser un discours décousu et des prises de notes sur Googlebook ou smartphone pour en faire un travail structuré plein de listes à bulles et d’actions à mener. Vous n’aurez pas besoin de prononcer un discours parfaitement cohérent et articulé pour obtenir un compte rendu clair et lisible. Un autre bon moyen de vous rendre dépendant de l’usage de votre machine à long terme.

Plus gadget et pas très intéressant, une application de génération de widgets jouera plusieurs rôles sur la machine. Baptisée Create My Widget et toujours en phase de bêta, elle offrira la possibilité de générer les outils de votre choix en combinant des fonctions génériques. Peu de détails ont émergé de cette solution, mais je suppose qu’elle se basera sur des flux et des API authentifiés par Google. Vous pourrez par exemple créer une horloge qui affichera les horaires des prochains BUS à l’écran. Un calendrier qui mettra en valeur vos sorties sportives en indiquant la météo. Cette génération de widgets n’apportera sans doute pas grand-chose de plus que ce que proposent des outils traditionnels, mais vous donnera l’impression de développer pour la machine grâce à Gemini. Cela permettra également de ne pas avoir l’impression d’exploiter le même système que votre voisin mais quelque chose de plus personnel.

Enfin, Antigravity permettra à des agents IA de développer et de tester des applications sur votre Googlebook. Un bon moyen d’encourager un développement de nouveaux outils et de profiter d’une personnalisation fine qui fait souvent défaut aux autres systèmes. Pour certains utilisateurs, ce type de développement simple permet de diminuer fortement le temps à consacrer à des tâches répétitives. De la gestion de notes de frais à des réponses programmées à des emails classiques.

Plein de cerises sur le gâteau

Problème pour Google, la sortie de ces machines se fait dans un contexte absolument horrible d’un point de vue tarifaire. Les engins sont aux tarifs d’un ordinateur normal qui sera à première vue plus complet et plus sécurisant dans la diversité de ses usages qu’une solution de ce type. Pour compenser cela, Google  a décidé de faire beaucoup, beaucoup de cadeaux.

Cela commence par un abonnement de 12 mois à… Google AI Pro et Nano Banana. Soit l’équivalent d’un abonnement à 249.99$. Ce qui proposera à l’utilisateur un accès à Gemini Pro pendant un an, à 5 To de stockage dans les nuages et à Fitbit Premium à partager avec votre smartphone. Des abonnements annexes de trois mois à Youtube Premium, Bandlab, Luminar, Photoshop, Capcut et même de 12 mois d’abonnement à GeForce Now de Nvidia, installé par défaut sur chaque système.

Enfin, les Googlebooks devraient profiter de nombreuses mises à jour majeures : au moins dix selon Google. Cela ne nous renseigne pas beaucoup sur la durée de vie de celles-ci puisqu’on ne connait pas leur périodicité pour le moment.

Beaucoup de questions en suspens ?

Deux grands questionnements majeurs. Le premier étant évidemment la question de l’impact d’une IA comme Gemini en permanence a portée de clic ou étant même proactive dans votre environnement informatique. On le sait, la seule manière pour un des géants de l’intelligence artificielle d’être potentiellement rentable un jour est dans l’usage généralisé de leurs services. En dehors de toute considération éthique et écologique, la volonté de Gemini sur le Googlebook est de vous inciter soit à devenir moins compétent en vous reposant sur lui pour travailler à votre place. Soit à devenir plus efficace en l’exploitant pour améliorer votre productivité. Dans les deux cas, l’idée est de vous rendre dépendant du service. Gemini Pro ne restera pas gratuit et si du jour au lendemain, 365 jours après l’activation de votre machine, vous perdez en productivité, si vous avez fait rouiller vos langues étrangères ou votre capacité à organiser une simple réunion, vous n’aurez pas d’autre choix que de vous réabonner.

Seconde grande question concernant Gemini, son angle de vue sur la société. Faire une recherche avec Google au travers de son moteur, on a vu ce que cela a donné. Des années de départ où les réponses étaient parfaitement pertinentes, on est arrivé à des résultats plus orientés par les partenariats que par toute autre considération. La grande question n’est donc pas de savoir si Gemini glissera vers la même pente, mais quand. À partir de quel moment l’IA de Google vous indiquera-t-elle-t-elle le restaurant ayant payé sa dîme comme lieu de rendez-vous idéal avec votre nouveau client plutôt que le moins cher ou le plus proche, tout aussi compatible ?

Et on pourrait évidemment aller plus loin dans l’analyse en oubliant la simple cupidité commerciale pour s’intéresser aux enjeux géopolitiques du système. Une IA qui génère un texte en réponse à vos questionnements peut très bien le faire selon un point de vue précis et orienté. Si vous ne choisissez pas le résultat de vos recherches en restant coincé par défaut avec Gemini4, vous offrez le flanc à tous les biais d’interprétation de Google. 

Googlebook : un nouveau format de portables, dopé à l’IA

Naissance des Googlebooks et questions autour de Gemini © MiniMachines.net. 2026

  •  
❌