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[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

Un autre genre de chaine d'approvisionnement
[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle de systèmes de régulation du froid dans plusieurs centaines de supermarchés français. Danfoss, le fabricant danois de ces contrôleurs, affirme que les équipements compromis étaient soit obsolètes, soit non mis à jour. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Mise à jour du 13 octobre : Le CERT-FR a publié cette nuit un bulletin d’alerte sur la situation. « L’exposition d’une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques », pointe l’équipe, qui rappelle que l’administration à distance n’est pas toujours impérative. Si c’est le cas, le CERT conseille de durcir les systèmes impliqués et renvoie vers ses recommandations à destination des acteurs du secteur de l’énergie et de l’eau.

Publiées en janvier 2026, elles faisaient suite à de nombreux signalements reçus par l’ANSSI relatifs au ciblage par des groupes hacktivistes d’entités du secteur à des fins de déstabilisation, dont l’action la plus aboutie avait provoqué l’arrêt pendant quelques heures d’un parc éolien.

Si des signes de compromission sont repérés, le CERT recommande de filtrer les accès réseaux aux seuls prestataires impliqués, de réaliser un retour aux paramètres d’usine (factory reset), d’appliquer tous les correctifs disponibles, de lancer une rotation des secrets (dont le renouvellement des mots de passe), de vérifier les comptes existants et de « reconfigurer globalement l’équipement ».

Sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, conseille de déconnecter tout ce qui peut l’être, « ou d’adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive, en attendant d’en savoir plus ». Les détails manquent en effet sur l’attaque, comme le rappelle Vincent Strubel dans un commentaire sous sa publication : « Il y a plusieurs vulnérabilités qui sont des vecteurs possibles pour cette attaque, mais rien de réellement établi à ce stade ».

En plus des séries AK-SC et AK-SM de Danfoss, le CERT pointe désormais les contrôleurs Copeland xweb et Dixell xweb

Article original du 12 octobre : L’attaque a visé les meubles réfrigérés, les chambres froides et les centrales de froid. Selon BFMTV, les attaquants ont détourné la fonction de dégivrage automatique. Le cycle normal, qui prévoit environ deux heures de dégivrage par jour, aurait été remplacé par un dégivrage forcé et continu, avec une température fixée à 50 °C.

En conséquence, une quantité importante de nourriture a été perdue. L’heure de déclenchement a cependant joué un grand rôle. Dans une partie des magasins, ces modifications auraient commencé avant minuit, laissant les installations chauffer pendant plusieurs heures avant l’arrivée des premiers employés et provoquant la perte complète des stocks. Dans d’autres cas, plus tardifs, une partie des stocks aurait pu être sauvée.

Une centaine de coopératives U seraient concernées, ainsi que 300 magasins des enseignes Intermarché et Netto, selon BFMTV qui mentionne également des magasins Leclerc. Selon le parquet de Paris, cité par Le Monde, il y a également eu des « départs de feu ». Une enquête a été ouverte.

Les contrôleurs Danfoss

Le point commun de ces installations est la présence, au sein des équipements, d’un contrôleur de la marque Danfoss. Ils permettent, entre autres fonctions, une surveillance telle qu’imposée par l’Union européenne. Des normes strictes impliquant un horodatage des températures, des alarmes en cas de hausse anormale ou encore des actions de maintenance à distance, comme le rappelle Raphael Grably (BFMTV) sur X.

Le journaliste a obtenu la réaction du constructeur danois, qui affirme que les modèles visés relèvent de deux cas : soit des contrôleurs obsolètes, les AK-SM 800 et AK-SC 355, soit un contrôleur qui n’avait pas été mis à jour, l’AK-SM 800A.

Cette déclaration réoriente la responsabilité vers les magasins et les entreprises engagées dans la sous-traitance du matériel. L’exposition à internet suppose en effet une surveillance étroite du code employé. L’AK-SC 355 n’étant plus commercialisé, Danfoss recommande son remplacement par la gamme AK-SM 800. Quant à l’AK-SM 800A, l’actuel successeur, il reçoit régulièrement des mises à jour.

Or, ces contrôleurs AK-SM 800A ont fait l’objet de deux séries de failles publiques. D’abord une série de trois failles en août 2023 dans la version 3.3 du microgiciel (firmware). La plus grave permettait à un attaquant authentifié d’exécuter des commandes à distance. Ensuite, en 2025, trois nouvelles failles signalées par la société Claroty, corrigées dans les versions 4.2 et 4.3.1. La plus importante, CVE-2025-41450, permet d’obtenir à distance une session d’administrateur. Dans l’article dédié publié en août dernier, Claroty indiquait que 2 765 interfaces AK-SM 800A étaient alors accessibles depuis internet.

Le lien avec l’attaque de cette nuit n’est cependant pas établi. Une partie des appareils cités par Danfoss, les AK-SM 800 et AK-SC 355, n’entre pas dans le champ de l’étude de Claroty, consacrée au seul AK-SM 800A. Selon ZATAZ, des versions antérieures à la version 4 auraient été visées, versions qui cumulent donc les failles de 2023 et 2025. En outre, modifier une consigne ou un cycle de dégivrage serait une fonction d’administration « ordinaire » : un accès avec un identifiant valide suffit, sans exploiter de faille.

Des conséquences financières très concrètes

L’enquête ouverte est dirigée par la section anti-cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’Office anti-cybercriminalité (OFAC). Elle devra déterminer comment l’attaque s’est produite et qui sont les responsables.

L’attaque soulève quoi qu’il en soit de nombreuses questions, notamment sur les processus de mise à jour des équipements, ou même sur la durée d’entretien logiciel pour ces équipements. Une telle attaque contre la chaine du froid à l’échelle d’un pays semble inédite et entraîne des conséquences très concrètes. Sur LinkedIn, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, s’en indigne : « S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable. »

Selon BFMTV, le magasin Leclerc de Wasselone aurait été obligé de jeter l’ensemble de ses produits surgelés et frais, pour une perte estimée à 220 000 euros, donnant une idée de l’ampleur des conséquences.

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[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

Un autre genre de chaine d'approvisionnement
[MàJ] Des frigos piratés dans les supermarchés à cause d’une console de gestion exposée

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle de systèmes de régulation du froid dans plusieurs centaines de supermarchés français. Danfoss, le fabricant danois de ces contrôleurs, affirme que les équipements compromis étaient soit obsolètes, soit non mis à jour. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Mise à jour du 13 octobre : Le CERT-FR a publié cette nuit un bulletin d’alerte sur la situation. « L’exposition d’une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques », pointe l’équipe, qui rappelle que l’administration à distance n’est pas toujours impérative. Si c’est le cas, le CERT conseille de durcir les systèmes impliqués et renvoie vers ses recommandations à destination des acteurs du secteur de l’énergie et de l’eau.

Publiées en janvier 2026, elles faisaient suite à de nombreux signalements reçus par l’ANSSI relatifs au ciblage par des groupes hacktivistes d’entités du secteur à des fins de déstabilisation, dont l’action la plus aboutie avait provoqué l’arrêt pendant quelques heures d’un parc éolien.

Si des signes de compromission sont repérés, le CERT recommande de filtrer les accès réseaux aux seuls prestataires impliqués, de réaliser un retour aux paramètres d’usine (factory reset), d’appliquer tous les correctifs disponibles, de lancer une rotation des secrets (dont le renouvellement des mots de passe), de vérifier les comptes existants et de « reconfigurer globalement l’équipement ».

Sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, conseille de déconnecter tout ce qui peut l’être, « ou d’adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive, en attendant d’en savoir plus ». Les détails manquent en effet sur l’attaque, comme le rappelle Vincent Strubel dans un commentaire sous sa publication : « Il y a plusieurs vulnérabilités qui sont des vecteurs possibles pour cette attaque, mais rien de réellement établi à ce stade ».

En plus des séries AK-SC et AK-SM de Danfoss, le CERT pointe désormais les contrôleurs Copeland xweb et Dixell xweb

Article original du 12 octobre : L’attaque a visé les meubles réfrigérés, les chambres froides et les centrales de froid. Selon BFMTV, les attaquants ont détourné la fonction de dégivrage automatique. Le cycle normal, qui prévoit environ deux heures de dégivrage par jour, aurait été remplacé par un dégivrage forcé et continu, avec une température fixée à 50 °C.

En conséquence, une quantité importante de nourriture a été perdue. L’heure de déclenchement a cependant joué un grand rôle. Dans une partie des magasins, ces modifications auraient commencé avant minuit, laissant les installations chauffer pendant plusieurs heures avant l’arrivée des premiers employés et provoquant la perte complète des stocks. Dans d’autres cas, plus tardifs, une partie des stocks aurait pu être sauvée.

Une centaine de coopératives U seraient concernées, ainsi que 300 magasins des enseignes Intermarché et Netto, selon BFMTV qui mentionne également des magasins Leclerc. Selon le parquet de Paris, cité par Le Monde, il y a également eu des « départs de feu ». Une enquête a été ouverte.

Les contrôleurs Danfoss

Le point commun de ces installations est la présence, au sein des équipements, d’un contrôleur de la marque Danfoss. Ils permettent, entre autres fonctions, une surveillance telle qu’imposée par l’Union européenne. Des normes strictes impliquant un horodatage des températures, des alarmes en cas de hausse anormale ou encore des actions de maintenance à distance, comme le rappelle Raphael Grably (BFMTV) sur X.

Le journaliste a obtenu la réaction du constructeur danois, qui affirme que les modèles visés relèvent de deux cas : soit des contrôleurs obsolètes, les AK-SM 800 et AK-SC 355, soit un contrôleur qui n’avait pas été mis à jour, l’AK-SM 800A.

Cette déclaration réoriente la responsabilité vers les magasins et les entreprises engagées dans la sous-traitance du matériel. L’exposition à internet suppose en effet une surveillance étroite du code employé. L’AK-SC 355 n’étant plus commercialisé, Danfoss recommande son remplacement par la gamme AK-SM 800. Quant à l’AK-SM 800A, l’actuel successeur, il reçoit régulièrement des mises à jour.

Or, ces contrôleurs AK-SM 800A ont fait l’objet de deux séries de failles publiques. D’abord une série de trois failles en août 2023 dans la version 3.3 du microgiciel (firmware). La plus grave permettait à un attaquant authentifié d’exécuter des commandes à distance. Ensuite, en 2025, trois nouvelles failles signalées par la société Claroty, corrigées dans les versions 4.2 et 4.3.1. La plus importante, CVE-2025-41450, permet d’obtenir à distance une session d’administrateur. Dans l’article dédié publié en août dernier, Claroty indiquait que 2 765 interfaces AK-SM 800A étaient alors accessibles depuis internet.

Le lien avec l’attaque de cette nuit n’est cependant pas établi. Une partie des appareils cités par Danfoss, les AK-SM 800 et AK-SC 355, n’entre pas dans le champ de l’étude de Claroty, consacrée au seul AK-SM 800A. Selon ZATAZ, des versions antérieures à la version 4 auraient été visées, versions qui cumulent donc les failles de 2023 et 2025. En outre, modifier une consigne ou un cycle de dégivrage serait une fonction d’administration « ordinaire » : un accès avec un identifiant valide suffit, sans exploiter de faille.

Des conséquences financières très concrètes

L’enquête ouverte est dirigée par la section anti-cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’Office anti-cybercriminalité (OFAC). Elle devra déterminer comment l’attaque s’est produite et qui sont les responsables.

L’attaque soulève quoi qu’il en soit de nombreuses questions, notamment sur les processus de mise à jour des équipements, ou même sur la durée d’entretien logiciel pour ces équipements. Une telle attaque contre la chaine du froid à l’échelle d’un pays semble inédite et entraîne des conséquences très concrètes. Sur LinkedIn, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, s’en indigne : « S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable. »

Selon BFMTV, le magasin Leclerc de Wasselone aurait été obligé de jeter l’ensemble de ses produits surgelés et frais, pour une perte estimée à 220 000 euros, donnant une idée de l’ampleur des conséquences.

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Passkeys are a trap. Do not use them. - by The Hack

Wokay... tous les acteurs d'internet sont très pressés que vous utilisiez les Passkeys. Dans la pratique ils empêchent le vol de mot de passe et sont simples à utiliser.

Mais quand on gratte un peu l'aspect technique, ça devient nettement plus compliqué.
Copiable ou non-copiable ?
Transférable ou non-transférable ?
Logiciel ou matériel ?
Avec vérification de la présence utilisateur ou non ?
Avec attestation matérielle ou non ?

Quand on commence à combiner ces paramètres, ça n'est plus simple du tout. Avec les combinaisons, on arrive à 16 type de Passkeys différents, avec chaucun des limites spécifiques.

Et là où ça commence à poser problème, c'est le fait que les sites peuvent exiger des Passkeys avec attestation matérielle.
Par exemple, Twitter pourrait exiger que ses Passkey soient attestés uniquement sur Android et iOS, vous empêchant d'accéder à votre compte Twitter sous GrapheneOS.
Ou encore, Netflix pourrait exiger Windows, et vous empêcherait d'accéder à votre compte sous Linux.
YouTube pourrait exiger Chrome et refuser de vous laisser vous connecter ou accéder au site sur un autre navigateur.
Oui, c'est comme les DRM, mais en pire.
Avec des conséquences potentielles pour les dissidents politiques.

Et autant avec un mot de passe vous pouvez le copier, le stocker, ou le transférer selon votre bon vouloir à quelqu'un, les Passkeys sont généralement prisonniers de votre périphérique (smartphone, ou puce TPM sur PC). Et vous n'avez pas forcément la possibilité de les transférer.
Tout semble bien fonctionner jusqu'au jour où vous perdez votre périphérique ou vous vous le faites voler.

Je ne suis pas impatient d'utiliser les Passkeys. OUI ils apportent indéniablement une sécurité plus élevée que les mots de passe pour le commun des mortels, mais ils viennent avec diverses contraintes qui peuvent restreindre votre liberté de manière conséquente (et un risque accru de perdre *totalement* votre compte).

EDIT: Un contre-argument à cet article : https://sebsauvage.net/p/#/framapiaf.org/s/117428259114281844?view=full
et voir aussi cette critique : https://sebsauvage.net/p/#/framapiaf.org/s/117429130676430059?view=full


EDIT: Il est à noter que dans l'alliance FIDO qui définit les standards comme les Passkeys, il n'y a aucun représentant du grand public, des utilisateurs.

EDIT: Au final, pour "simplifier", finalement les Passkeys sont à peu près l'équivalent de certificats clients ssh créés à la volée et stockés dans un processeur sécurisé spécialisé. Par défaut, pour la plupart des gens, ça sera stocké dans le stockage sécurisé du smartphone. Je vois ce que ça donne quand qqun perd/casse son smartphone, et sans sauvegarde je m'attend à voir plein de genre PERDRE leurs comptes sur les sites web.
(Mais j'imagine que, probablement, les différents sites prévoient une méthode de récupération en cas de perte des Passkeys... que je m'attends à être, comme d'habitude, le mail (What else ?) si l'utilisateur l'a donné.)

EDIT: Encore une chose. Dans l'immédiat, les Passkeys résolvent, sans effort, un des problèmes majeurs de sécurité: Le vol de mots de passe. En rendant l'opération tout simplement impossible. Mais techniquement, même si ça n'est *pas* actuellement utilisé, j'imagine qu'il pourrait tout à fait être possible pour les services/sites web de n'accepter que *certains* modèles de Passkey (exemple: Accepter "Google Password Manager" mais refuser "Keepass" (passkeucépasûr, vous comprenez, c'est un Logiciel Libre))
La liste des AAGUID (identifiants des authenticateurs) est là : http://aaguid.nicolasuter.ch/

Cela offre la *possibilité technique* d'un verrouillage pour les GAFAMs assez énorme. D'autant que certains authenticateurs sont spécifiques à certaines plateformes/GAFAM/OS: Apple Passwords (lié à iOS et MacOS), Google Password Manager (lié à Android), Microsoft Password Manager...
Les GAFAMs n'étant pas des champion de l'interopérabilité et de l'ouverture à la concurrence, je me méfie. D'expérience, dès qu'un standard est créé c'est Embrace/Extend/Extinguish.
On a déjà les banques qui refusent GrapheneOS et les autres OS alternatifs à Android/iOS soit-disant "parce que ce n'est pas sûr". Je ne me fais pas d'illusion.

EDIT: voir aussi https://scotthelme.co.uk/passkeys-are-not-a-trap/
(Permalink)
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Frigos réglés à 50 degrés : une immense cyberattaque frappe Intermarché, Leclerc et Super U - Numerama

Woao... pas mal.

EDIT: https://www.commitstrip.com/fr/2019/06/03/smart-everything/

EDIT: Et ce n'est pas terminé : https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/tarn/albi/info-ici-tv-cyberattaque-apres-danfoss-le-fabricant-dixell-a-son-tour-vise-un-leclerc-du-tarn-prive-de-froid-3432828.html

Expliquez-moi, déjà, pourquoi un équipement comme ça a besoin d'être exposé frontalement sur internet ?
C'est pas comme si on savait faire des VLANs depuis plus de 20 ans pour isoler des équipements réseau, hein.
Donc oui, j'affirme que c'est de l'incompétence: Les équipements eux-même mal développés (mot de passe admin qui est la date du jour), et ceux qui les installent incompétents également (mauvaise architecture du réseau).
(Permalink)
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17Cyber : records de demandes d’aide, les cyberattaques débordent dans le monde réel

18cyber.fr c’est pour joindre l’ANSSI ?
17Cyber : records de demandes d’aide, les cyberattaques débordent dans le monde réel

Plus de 52 000 demandes sur le mois d’août, un record… qui n’a pas duré longtemps puisque septembre est à plus de 56 000. Jérôme Notin, directeur de Cybermalveillance, nous confirme que les cyberattaques ont de plus en plus de conséquences dans la vie réelle, avec deux exemples.

17Cyber est un assistant en ligne disponible depuis fin 2024. Il est proposé par la police, la gendarmerie et le site Cybermalveillance.gouv.fr. Il permet de suivre un parcours pour faire le diagnostic de votre situation et vous guider dans les démarches à suivre. 17Cyber est intégré à la plateforme Ma Sécurité du ministère de l’Intérieur, permettant ainsi de dialoguer à n’importe quel moment de la journée avec un policier ou un gendarme.

Jérôme Notin, directeur général du GIP ACYMA cybermalveillance.gouv.fr en charge de ce dispositif, a récemment publié des statistiques sur le nombre de parcours d’assistance réalisés via 17Cyber. Elles ne sont pas bonnes.

Deux records, coup sur coup

Le record depuis le lancement de la plateforme a été largement battu en août avec, pour la première fois, plus de 50 000 parcours (52 253 précisément). L’été est généralement une période calme, comme en témoigne le graphique ci-dessous (reprise de celui publié par Jérôme Notin avec, en orange, les deux mois d’été).

En septembre, rebelote avec de nouveau un record à 56 469 parcours. La barrière des 40 000 demandes a été franchie pour la première fois en octobre 2024 (à peu près au moment du lancement officiel de 17Cyber, qui a pris le relais de Cybermalveillance.gouv.fr pour les demandes d’assistance). Le chiffre était relativement stable depuis.

Aux Assises de la cybersécurité à Monaco, Jérôme Notin nous explique qu’une affaire récente a alimenté bon nombre de demandes.

La crypto : du monde numérique à la vie réelle


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Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

La confiance n'exclut pas le contrôle
Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

Suite à des signalements d’utilisateurs relatifs à des vols de cryptomonnaies, Ledger a confirmé la présence d’un implant matériel sur au moins l’un de ses portefeuilles matériels, distribué par l’intermédiaire d’un revendeur agréé d’Asie du Sud-Est. L’entreprise française annonce l’ouverture d’une enquête.

Les premiers témoignages sont apparus sur les réseaux sociaux. D’un côté, des utilisateurs se sont alarmés de voir que des transactions avaient été réalisées à leur insu à partir de leur portefeuille matériel Ledger dédié au stockage sécurisé de cryptomonnaies. « Mon portefeuille Ledger vient d’être vidé de près de 100 000 USDT. Ma phrase de récupération était manuscrite et conservée en lieu sûr. Je ne touche jamais à mon Ledger Stax. Ce portefeuille me servait uniquement à stocker des fonds et je n’interagissais avec lui que pour recevoir des paiements », décrit l’un d’eux, capture d’écran à l’appui.

De l’autre, Mark Karpelès, ancien CEO de la plateforme d’échange de bitcoins Mt. Gox arrêté et condamné pour malversations, a signalé mi-septembre la découverte de nouveaux implants matériels suspects sur des portefeuilles Ledger du commerce.

Ledger confirme au moins un cas de piratage matériel

Le lien entre les deux phénomènes semble confirmé. Après une première alerte de sécurité formulée vendredi 9 octobre, Ledger a admis samedi 10 octobre qu’au moins un de ses portefeuilles matériels, vendu par l’intermédiaire de la société asiatique CryptoBilis, contenait un implant matériel qui a pu contribuer au vol de cryptomonnaies stockées sur l’appareil, à l’insu de son propriétaire légitime.

L’entreprise annonce l’ouverture d’une enquête et appelle les clients de ce revendeur à ne pas paramétrer de nouveau portefeuille, ou à transférer leurs actifs vers un autre appareil, avec une autre phrase de sécurité.

« Par mesure de précaution, CryptoBilis a confirmé avoir suspendu la vente de tous ses portefeuilles matériels jusqu’à la fin de l’enquête. Ledger est en contact permanent avec CryptoBilis concernant les prochaines étapes », ajoute Ledger. CryptoBilis affiche désormais un avertissement similaire sur son site Web.

CryptoBilis a publié un avertissement sur son site invitant ses clients à ne pas paramétrer les portefeuilles Ledger achetés par son intermédiaire – capture d’écran Next

Les fondateurs de CryptoBilis ont dès vendredi pris leurs distances, expliquant avoir vendu leur société en mars 2026, et n’avoir plus ni responsabilité opérationnelle, ni accès aux données de l’entreprise, basée en Malaisie.

L’affaire pourrait cependant connaître de nouvelles répercussions : un utilisateur basé en Europe affirme lui aussi avoir découvert un implant matériel dans son portefeuille Ledger acheté auprès de la chaîne Mediamarkt.

Plusieurs dizaines de millions de dollars détournés ?

Ledger a de son côté pris à nouveau la parole dimanche soir pour tenter de rassurer ses clients :

« L’enquête se poursuit et nous collaborons avec les autorités compétentes. Le nombre d’appareils concernés est limité. Nous comprenons les inquiétudes que cela suscite, notamment chez les personnes directement touchées, et nous contactons les utilisateurs concernés. »

« De plus, nous conseillons vivement aux utilisateurs de ne pas acheter auprès de revendeurs non autorisés, car le risque d’acquérir des appareils suspects, contrefaits ou modifiés est important, aucun de ces appareils ne fonctionnant selon les directives de sécurité de Ledger. », écrit encore l’entreprise. Elle a supprimé lundi matin CryptoBilis de la liste des revendeurs autorisés de ses solutions.

En s’appuyant sur les informations partagées par les victimes et notamment sur les adresses vers lesquelles ont été transférés les fonds volés, certains analystes indépendants ont tenté d’estimer l’ampleur du phénomène. Le compte pseudonyme Specter avance le chiffre de 86 millions de dollars, récupérés à partir de plusieurs centaines de portefeuilles. Bitquery, qui édite une plateforme d’analyse et d’indexation de données blockchain, évoque pour sa part une enveloppe de 93,2 millions de dollars, volée sur un ensemble de 315 portefeuilles individuels.

Compromission de la chaîne d’approvisionnement

Le phénomène des wallets « piégés » n’est pas nouveau (voir par exemple ce témoignage daté de 2025, à partir d’un exemplaire acheté en Thaïlande), c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Ledger appelle à ne se fournir que chez des revendeurs agréés. En cas de doute, l’entreprise propose d’ailleurs une page d’aide permettant à ses clients de vérifier l’intégrité de leur matériel, en comparant leur Ledger avec les photos d’un exemplaire légitime.

Reste à savoir à quel niveau la chaîne d’approvisionnement a été compromise. Mark Karpelès affirme, photo à l’appui, avoir constaté la présence d’un implant espion dans un Ledger Nano acheté auprès de CryptoBilis. D’après lui, l’implant en question a nettement gagné en sophistication. Plus discret, il intègre un module LTE, de quoi gérer une carte SIM virtuelle (e-SIM) et un microcontrôleur connecté au bus SPI du Ledger, « qui analyse les caractères affichés à l’utilisateur et envoie les données dès que votre phrase de récupération est configurée ».

Si ses constatations sont justes, l’implant serait donc capable de détecter le moment où l’utilisateur paramètre sa phrase de récupération, la séquence de 24 mots qui constitue la clé pour déclencher une transaction à partir du portefeuille. Une fois l’information reçue, l’attaquant serait alors en mesure de vider le portefeuille à distance, sans y avoir jamais eu accès physiquement.

Contactée par nos soins lundi matin pour de plus amples informations, Ledger n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.

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Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

La confiance n'exclut pas le contrôle
Des portefeuilles Ledger compromis par un implant matériel

Suite à des signalements d’utilisateurs relatifs à des vols de cryptomonnaies, Ledger a confirmé la présence d’un implant matériel sur au moins l’un de ses portefeuilles matériels, distribué par l’intermédiaire d’un revendeur agréé d’Asie du Sud-Est. L’entreprise française annonce l’ouverture d’une enquête.

Les premiers témoignages sont apparus sur les réseaux sociaux. D’un côté, des utilisateurs se sont alarmés de voir que des transactions avaient été réalisées à leur insu à partir de leur portefeuille matériel Ledger dédié au stockage sécurisé de cryptomonnaies. « Mon portefeuille Ledger vient d’être vidé de près de 100 000 USDT. Ma phrase de récupération était manuscrite et conservée en lieu sûr. Je ne touche jamais à mon Ledger Stax. Ce portefeuille me servait uniquement à stocker des fonds et je n’interagissais avec lui que pour recevoir des paiements », décrit l’un d’eux, capture d’écran à l’appui.

De l’autre, Mark Karpelès, ancien CEO de la plateforme d’échange de bitcoins Mt. Gox arrêté et condamné pour malversations, a signalé mi-septembre la découverte de nouveaux implants matériels suspects sur des portefeuilles Ledger du commerce.

Ledger confirme au moins un cas de piratage matériel

Le lien entre les deux phénomènes semble confirmé. Après une première alerte de sécurité formulée vendredi 9 octobre, Ledger a admis samedi 10 octobre qu’au moins un de ses portefeuilles matériels, vendu par l’intermédiaire de la société asiatique CryptoBilis, contenait un implant matériel qui a pu contribuer au vol de cryptomonnaies stockées sur l’appareil, à l’insu de son propriétaire légitime.

L’entreprise annonce l’ouverture d’une enquête et appelle les clients de ce revendeur à ne pas paramétrer de nouveau portefeuille, ou à transférer leurs actifs vers un autre appareil, avec une autre phrase de sécurité.

« Par mesure de précaution, CryptoBilis a confirmé avoir suspendu la vente de tous ses portefeuilles matériels jusqu’à la fin de l’enquête. Ledger est en contact permanent avec CryptoBilis concernant les prochaines étapes », ajoute Ledger. CryptoBilis affiche désormais un avertissement similaire sur son site Web.

CryptoBilis a publié un avertissement sur son site invitant ses clients à ne pas paramétrer les portefeuilles Ledger achetés par son intermédiaire – capture d’écran Next

Les fondateurs de CryptoBilis ont dès vendredi pris leurs distances, expliquant avoir vendu leur société en mars 2026, et n’avoir plus ni responsabilité opérationnelle, ni accès aux données de l’entreprise, basée en Malaisie.

L’affaire pourrait cependant connaître de nouvelles répercussions : un utilisateur basé en Europe affirme lui aussi avoir découvert un implant matériel dans son portefeuille Ledger acheté auprès de la chaîne Mediamarkt.

Plusieurs dizaines de millions de dollars détournés ?

Ledger a de son côté pris à nouveau la parole dimanche soir pour tenter de rassurer ses clients :

« L’enquête se poursuit et nous collaborons avec les autorités compétentes. Le nombre d’appareils concernés est limité. Nous comprenons les inquiétudes que cela suscite, notamment chez les personnes directement touchées, et nous contactons les utilisateurs concernés. »

« De plus, nous conseillons vivement aux utilisateurs de ne pas acheter auprès de revendeurs non autorisés, car le risque d’acquérir des appareils suspects, contrefaits ou modifiés est important, aucun de ces appareils ne fonctionnant selon les directives de sécurité de Ledger. », écrit encore l’entreprise. Elle a supprimé lundi matin CryptoBilis de la liste des revendeurs autorisés de ses solutions.

En s’appuyant sur les informations partagées par les victimes et notamment sur les adresses vers lesquelles ont été transférés les fonds volés, certains analystes indépendants ont tenté d’estimer l’ampleur du phénomène. Le compte pseudonyme Specter avance le chiffre de 86 millions de dollars, récupérés à partir de plusieurs centaines de portefeuilles. Bitquery, qui édite une plateforme d’analyse et d’indexation de données blockchain, évoque pour sa part une enveloppe de 93,2 millions de dollars, volée sur un ensemble de 315 portefeuilles individuels.

Compromission de la chaîne d’approvisionnement

Le phénomène des wallets « piégés » n’est pas nouveau (voir par exemple ce témoignage daté de 2025, à partir d’un exemplaire acheté en Thaïlande), c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Ledger appelle à ne se fournir que chez des revendeurs agréés. En cas de doute, l’entreprise propose d’ailleurs une page d’aide permettant à ses clients de vérifier l’intégrité de leur matériel, en comparant leur Ledger avec les photos d’un exemplaire légitime.

Reste à savoir à quel niveau la chaîne d’approvisionnement a été compromise. Mark Karpelès affirme, photo à l’appui, avoir constaté la présence d’un implant espion dans un Ledger Nano acheté auprès de CryptoBilis. D’après lui, l’implant en question a nettement gagné en sophistication. Plus discret, il intègre un module LTE, de quoi gérer une carte SIM virtuelle (e-SIM) et un microcontrôleur connecté au bus SPI du Ledger, « qui analyse les caractères affichés à l’utilisateur et envoie les données dès que votre phrase de récupération est configurée ».

Si ses constatations sont justes, l’implant serait donc capable de détecter le moment où l’utilisateur paramètre sa phrase de récupération, la séquence de 24 mots qui constitue la clé pour déclencher une transaction à partir du portefeuille. Une fois l’information reçue, l’attaquant serait alors en mesure de vider le portefeuille à distance, sans y avoir jamais eu accès physiquement.

Contactée par nos soins lundi matin pour de plus amples informations, Ledger n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.

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