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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

Une attaque zéro-clic installant un logiciel espion via des publicités ciblées a infecté des appareils du média Al Jazeera avec un logiciel espion. Cette attaque zéro clic a été distribuée par l’entreprise de marketing israélienne Discover-Tech.

Les chercheurs du Citizen Lab de l’université de Toronto et l’entreprise de cybersécurité Confiant ont annoncé ce jeudi 15 octobre la découverte d’un nouveau type d’attaques zéro-clic. L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé des publicités ciblées pour infecter des appareils appartenant à des journalistes et des équipes du média Al Jazeera avec un logiciel espion attribué à la société Candiru, elle aussi israélienne et concurrente de NSO.

La « pubfection », infection via la publicité en ligne

Selon les découvreurs, c’est la « première confirmation technique publique d’une attaque par logiciel espion de type « zéro-clic » perpétrée par des mercenaires via la publicité ciblée ». Créant un mot-valise à partir d’« advertising » et d’« infection », ils ont appelé ce genre d’attaque « adfection », ce qu’on pourrait traduire par « pubfection ».

Discover-Tech profite de tout l’écosystème mis en place pour afficher de la publicité sur le web et les applications, utilisé aussi bien par les publicitaires que par les éditeurs. Cet écosystème s’appuie notamment sur des outils de gestion d’enchères en temps réel mis en place par des géants du numérique comme Google ou Yandex, par exemple.

Discover-Tech a réussi à intégrer la liste des vendeurs de publicités « certifiés » et « approuvés » par Google, mais aussi celle de l’IAB Europe (Association européenne dédiée à l’écosystème du marketing et de la publicité numériques). Elle a ainsi pu distribuer des publicités via la plateforme du géant américain mais aussi être intégrée à des bandeaux de consentement RGPD et ainsi récupérer des données si l’internaute cliquait sur « accepter ». Elle avait aussi accès aux outils d’autres entreprises de l’écosystème de publicité en ligne comme Yandex, Vungle, Beeswax (filiale de Comcast) ou encore Eskimi.

Informés par les chercheurs, Google, l’IAB Europe, Beeswax, Vungle et Eskimi ont débranché les accès à leurs outils. Mais les autres entreprises de cet écosystème contactées ne leur ont pas répondu.

Un code JavaScript malveillant si l’utilisateur est reconnu comme une cible

Cet écosystème ne permet pas seulement de créer des profils très ciblés des utilisateurs d’Internet mais aussi d’accompagner les publicités d’un code JavaScript. Si l’utilisateur qui reçoit la publicité est reconnu comme quelqu’un à attaquer, la publicité est donc accompagnée d’un code malveillant qui permet de passer la main à Candiru pour mettre en place son logiciel espion.

Selon le Citizen Lab qui a pu analyser l’attaque en examinant les appareils infectés d’Al Jazeera, ces derniers « établissent d’abord un contact avec des domaines de l’infrastructure Discover-Tech, ce qui indique l’affichage d’une publicité. Ensuite, les appareils établissent des connexions avec un serveur de validation Candiru. Ce serveur de validation effectue une vérification initiale de l’appareil avant que celui-ci ne fasse l’objet d’un profilage plus approfondi et ne soit infecté. Enfin, un appareil infecté communique avec un serveur de commande et de contrôle (C&C) Candiru ».

Au total, entre 2024 et 2025, 45 appareils du média qatari ont été touchés par cette attaque, expliquent les chercheurs. Selon le décompte de Citizen Lab, entre mars et juin 2026 , Discover-Tech a pu distribuer des publicités contenant des balises de script malveillantes auprès des utilisateurs de 75 373 applications Android et iOS différentes, ainsi qu’aux visiteurs de 120 768 sites web différents (via navigateurs desktop ou mobile).

Android plus touché qu’iOS

Pour Android, les chercheurs citent, entre autres, les applications MX Player, Yahoo Mail, Opera Mini, Duolingo ou encore Badoo ou Grindr, certaines ayant affiché plus d’1 million de publicités de Discover-Tech. Si l’écosystème iOS semble touché de la même façon concernant le nombre d’applications concernées, Citizen Lab explique que les apps tournant sur iPhone semblent avoir affiché moins de publicité de Discover-Tech (par exemple la version Android de Viber en a diffusé 700 000 alors que la version iOS n’en a diffusé « que » 200 000).

Mais ce ne sont pas seulement les cibles qui sont concernées par le problème. Comme l’explique le Citizen Lab, Discover-Tech profite de ses publicités pour faire comme tous les brokers de pubs : exploiter les utilisateurs.

Pendant cette même période, les outils de Discover-Tech ont « enchéri sur 3 770 286 576 impressions [de publicité] et semblent avoir remporté 441 954 291 d’entre elles (11,7 %) ».

Si les chercheurs n’ont pas observé de tentative d’attaques contre ces appareils, ils expliquent que leurs données indiquent que les pubs de Discover-Tech ont été diffusées sur des appareils connectés à des réseaux sensibles comme celui de l’OTAN, de divers ministères de la Défense, d’armées, d’agences de cybersécurité et de médias.

« Une impression publicitaire de Discover-Tech ne confirme pas en soi un ciblage ou une infection par un logiciel espion », explique Citizen Lab. « Toutefois, le fait que Discover-Tech ait pu enchérir et diffuser des publicités sur ces réseaux met en évidence le risque systémique que représentent la pubfection et l’écosystème publicitaire, et justifie une enquête urgente visant à déterminer si des utilisateurs de ces réseaux ont été infectés par un logiciel espion », ajoutent les chercheurs.

Sur les réseaux sociaux, le chercheur du Citizen Lab, John Scott-Railton, donne un conseil : « pour vous protéger, bloquez les publicités dès maintenant ».

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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

Une attaque zéro-clic installant un logiciel espion via des publicités ciblées a infecté des appareils du média Al Jazeera avec un logiciel espion. Cette attaque zéro clic a été distribuée par l’entreprise de marketing israélienne Discover-Tech.

Les chercheurs du Citizen Lab de l’université de Toronto et l’entreprise de cybersécurité Confiant ont annoncé ce jeudi 15 octobre la découverte d’un nouveau type d’attaques zéro-clic. L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé des publicités ciblées pour infecter des appareils appartenant à des journalistes et des équipes du média Al Jazeera avec un logiciel espion attribué à la société Candiru, elle aussi israélienne et concurrente de NSO.

La « pubfection », infection via la publicité en ligne

Selon les découvreurs, c’est la « première confirmation technique publique d’une attaque par logiciel espion de type « zéro-clic » perpétrée par des mercenaires via la publicité ciblée ». Créant un mot-valise à partir d’« advertising » et d’« infection », ils ont appelé ce genre d’attaque « adfection », ce qu’on pourrait traduire par « pubfection ».

Discover-Tech profite de tout l’écosystème mis en place pour afficher de la publicité sur le web et les applications, utilisé aussi bien par les publicitaires que par les éditeurs. Cet écosystème s’appuie notamment sur des outils de gestion d’enchères en temps réel mis en place par des géants du numérique comme Google ou Yandex, par exemple.

Discover-Tech a réussi à intégrer la liste des vendeurs de publicités « certifiés » et « approuvés » par Google, mais aussi celle de l’IAB Europe (Association européenne dédiée à l’écosystème du marketing et de la publicité numériques). Elle a ainsi pu distribuer des publicités via la plateforme du géant américain mais aussi être intégrée à des bandeaux de consentement RGPD et ainsi récupérer des données si l’internaute cliquait sur « accepter ». Elle avait aussi accès aux outils d’autres entreprises de l’écosystème de publicité en ligne comme Yandex, Vungle, Beeswax (filiale de Comcast) ou encore Eskimi.

Informés par les chercheurs, Google, l’IAB Europe, Beeswax, Vungle et Eskimi ont débranché les accès à leurs outils. Mais les autres entreprises de cet écosystème contactées ne leur ont pas répondu.

Un code JavaScript malveillant si l’utilisateur est reconnu comme une cible

Cet écosystème ne permet pas seulement de créer des profils très ciblés des utilisateurs d’Internet mais aussi d’accompagner les publicités d’un code JavaScript. Si l’utilisateur qui reçoit la publicité est reconnu comme quelqu’un à attaquer, la publicité est donc accompagnée d’un code malveillant qui permet de passer la main à Candiru pour mettre en place son logiciel espion.

Selon le Citizen Lab qui a pu analyser l’attaque en examinant les appareils infectés d’Al Jazeera, ces derniers « établissent d’abord un contact avec des domaines de l’infrastructure Discover-Tech, ce qui indique l’affichage d’une publicité. Ensuite, les appareils établissent des connexions avec un serveur de validation Candiru. Ce serveur de validation effectue une vérification initiale de l’appareil avant que celui-ci ne fasse l’objet d’un profilage plus approfondi et ne soit infecté. Enfin, un appareil infecté communique avec un serveur de commande et de contrôle (C&C) Candiru ».

Au total, entre 2024 et 2025, 45 appareils du média qatari ont été touchés par cette attaque, expliquent les chercheurs. Selon le décompte de Citizen Lab, entre mars et juin 2026 , Discover-Tech a pu distribuer des publicités contenant des balises de script malveillantes auprès des utilisateurs de 75 373 applications Android et iOS différentes, ainsi qu’aux visiteurs de 120 768 sites web différents (via navigateurs desktop ou mobile).

Android plus touché qu’iOS

Pour Android, les chercheurs citent, entre autres, les applications MX Player, Yahoo Mail, Opera Mini, Duolingo ou encore Badoo ou Grindr, certaines ayant affiché plus d’1 million de publicités de Discover-Tech. Si l’écosystème iOS semble touché de la même façon concernant le nombre d’applications concernées, Citizen Lab explique que les apps tournant sur iPhone semblent avoir affiché moins de publicité de Discover-Tech (par exemple la version Android de Viber en a diffusé 700 000 alors que la version iOS n’en a diffusé « que » 200 000).

Mais ce ne sont pas seulement les cibles qui sont concernées par le problème. Comme l’explique le Citizen Lab, Discover-Tech profite de ses publicités pour faire comme tous les brokers de pubs : exploiter les utilisateurs.

Pendant cette même période, les outils de Discover-Tech ont « enchéri sur 3 770 286 576 impressions [de publicité] et semblent avoir remporté 441 954 291 d’entre elles (11,7 %) ».

Si les chercheurs n’ont pas observé de tentative d’attaques contre ces appareils, ils expliquent que leurs données indiquent que les pubs de Discover-Tech ont été diffusées sur des appareils connectés à des réseaux sensibles comme celui de l’OTAN, de divers ministères de la Défense, d’armées, d’agences de cybersécurité et de médias.

« Une impression publicitaire de Discover-Tech ne confirme pas en soi un ciblage ou une infection par un logiciel espion », explique Citizen Lab. « Toutefois, le fait que Discover-Tech ait pu enchérir et diffuser des publicités sur ces réseaux met en évidence le risque systémique que représentent la pubfection et l’écosystème publicitaire, et justifie une enquête urgente visant à déterminer si des utilisateurs de ces réseaux ont été infectés par un logiciel espion », ajoutent les chercheurs.

Sur les réseaux sociaux, le chercheur du Citizen Lab, John Scott-Railton, donne un conseil : « pour vous protéger, bloquez les publicités dès maintenant ».

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Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

6,6 milliards de crédits d'impôt pour faire musemuse ?
Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

Après une enquête du New York Times, des sénateurs états-uniens questionnent Mark Zuckerberg sur l’utilisation de 6,6 milliards de dollars de crédits d’impôt normalement destinés à la recherche pour équiper des datacenters IA.

Aux États-Unis, sept sénateurs et sénatrices démocrates ont envoyé une lettre à Mark Zuckerberg le questionnant sur un énorme potentiel détournement des crédits d’impôt fédéraux qui s’élèverait à 6,6 milliards de dollars entre 2023 et 2025.

S’appuyant sur un article du New York Times paru fin septembre, la sénatrice Elizabeth Warren et ses collègues écrivent [PDF] à Mark Zuckerberg que, « selon des informations rendues publiques, Meta aurait déclaré à l’Internal Revenue Service [IRS, agence américaine de collecte des impôts] dans ses déclarations fiscales fédérales que les datacenters dédiés à l’intelligence artificielle de l’entreprise constituaient des « modèles pilotes » expérimentaux pouvant bénéficier du crédit d’impôt pour la recherche ».

L’enquête du New York Times expliquait : « Voici comment procède Meta : à des fins fiscales, l’entreprise classe ses gigantesques datacenters, dont la valeur s’élève à plusieurs milliards de dollars, comme des « modèles pilotes » ».

Comme la France avec son Crédit impôt recherche (CIR), les États-Unis ont un mécanisme, mis en place dans les années 80, qui permet aux entreprises de bénéficier de crédits d’impôt sur leurs activités de recherche et d’expérimentation. Avec ce dispositif, elles peuvent aussi bénéficier d’un remboursement sur leurs achats de matériel, à condition qu’il soit utilisé dans un cadre expérimental et non dans les activités commerciales. Le New York Times affirme que Meta fait passer ses achats de puces utilisées en intelligence artificielle (notamment celles de Nvidia) via ce dispositif d’allègement fiscal. L’entreprise aurait ainsi fait baisser ses impôts de 3,9 milliards de dollars rien que pour l’année 2025. Cet abattement aurait été de 700 millions de dollars en 2023 et de 2 milliards en 2024.

Un risque assumé et provisionné par Meta devant les investisseurs

Le journal américain explique que l’entreprise a utilisé cette « astuce comptable » tout en reconnaissant dans une déclaration financière d’ « avantages fiscaux non comptabilisés » (UTB, pour unrecognized tax benefits en anglais) le risque que l’agence américaine la conteste.

Une étude récente montre que les déclarations UTB sont aussi valorisées positivement par les marchés quand elles sont utilisées dans les entreprises dirigées par des patrons jugés « hautement compétents, capables de minimiser les risques fiscaux tout en réduisant les paiements d’impôts ». Ainsi, ces dirigeants peuvent leur montrer quels risques ils prennent en utilisant les différentes niches fiscales existantes. Selon le New York Times, le montant provisionné que déclare Meta concernant ces risques a augmenté de 45 %, passant de 12,9 milliards de dollars en 2024 à 18,74 milliards en 2026. L’entreprise explique dans son rapport financier annuel, toujours selon nos confrères, que « les incertitudes liées à [ses] crédits d’impôt pour la recherche » sont le premier facteur de risque.

La subvention des datacenters IA de Meta est « loin de répondre aux exigences » de cette niche fiscale

Tout en prenant leurs précautions, en affirmant qu’ils ignorent « encore exactement comment Meta a pu réduire son assujettissement à l’impôt fédéral de plus de 6,6 milliards de dollars au cours des trois dernières années grâce aux crédits d’impôt fédéraux pour la recherche », le groupe de sénateurs rappelle à Mark Zuckerberg que les crédits d’impôt pour la recherche ne « sont pas destinés aux opérations commerciales courantes ni aux technologies disponibles dans le commerce et déjà utilisées ».

L’entreprise utiliserait cette niche fiscale pour ses datacenters dont elle a besoin pour l’IA générative et non pour les datacenters classiques, selon deux sources du New York Times. L’argument de Meta est que l’entreprise serait encore en phase de test concernant leur infrastructure. Ainsi, l’entreprise pense pouvoir passer différentes configurations physiques pour ses baies de serveurs, en incluant l’achat du matériel, dont les puces, pour de la R&D qui entre dans le dispositif de la niche fiscale. Mais l’IRS a déjà rejeté [PDF] des demandes similaires pour « des équipements et des technologies éprouvés et disponibles dans le commerce ».

« Le crédit d’impôt fédéral pour la recherche peut constituer un outil utile et indispensable pour soutenir l’économie de l’innovation et la recherche de pointe de notre pays. Subventionner la construction de votre datacenter dédié à l’intelligence artificielle est loin de répondre à cette exigence », affirment de leur côté les sénateurs.

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Après une enquête du New York Times, des sénateurs états-uniens questionnent Mark Zuckerberg sur l’utilisation de 6,6 milliards de dollars de crédits d’impôt normalement destinés à la recherche pour équiper des datacenters IA.

Aux États-Unis, sept sénateurs et sénatrices démocrates ont envoyé une lettre à Mark Zuckerberg le questionnant sur un énorme potentiel détournement des crédits d’impôt fédéraux qui s’élèverait à 6,6 milliards de dollars entre 2023 et 2025.

S’appuyant sur un article du New York Times paru fin septembre, la sénatrice Elizabeth Warren et ses collègues écrivent [PDF] à Mark Zuckerberg que, « selon des informations rendues publiques, Meta aurait déclaré à l’Internal Revenue Service [IRS, agence américaine de collecte des impôts] dans ses déclarations fiscales fédérales que les datacenters dédiés à l’intelligence artificielle de l’entreprise constituaient des « modèles pilotes » expérimentaux pouvant bénéficier du crédit d’impôt pour la recherche ».

L’enquête du New York Times expliquait : « Voici comment procède Meta : à des fins fiscales, l’entreprise classe ses gigantesques datacenters, dont la valeur s’élève à plusieurs milliards de dollars, comme des « modèles pilotes » ».

Comme la France avec son Crédit impôt recherche (CIR), les États-Unis ont un mécanisme, mis en place dans les années 80, qui permet aux entreprises de bénéficier de crédits d’impôt sur leurs activités de recherche et d’expérimentation. Avec ce dispositif, elles peuvent aussi bénéficier d’un remboursement sur leurs achats de matériel, à condition qu’il soit utilisé dans un cadre expérimental et non dans les activités commerciales. Le New York Times affirme que Meta fait passer ses achats de puces utilisées en intelligence artificielle (notamment celles de Nvidia) via ce dispositif d’allègement fiscal. L’entreprise aurait ainsi fait baisser ses impôts de 3,9 milliards de dollars rien que pour l’année 2025. Cet abattement aurait été de 700 millions de dollars en 2023 et de 2 milliards en 2024.

Un risque assumé et provisionné par Meta devant les investisseurs

Le journal américain explique que l’entreprise a utilisé cette « astuce comptable » tout en reconnaissant dans une déclaration financière d’ « avantages fiscaux non comptabilisés » (UTB, pour unrecognized tax benefits en anglais) le risque que l’agence américaine la conteste.

Une étude récente montre que les déclarations UTB sont aussi valorisées positivement par les marchés quand elles sont utilisées dans les entreprises dirigées par des patrons jugés « hautement compétents, capables de minimiser les risques fiscaux tout en réduisant les paiements d’impôts ». Ainsi, ces dirigeants peuvent leur montrer quels risques ils prennent en utilisant les différentes niches fiscales existantes. Selon le New York Times, le montant provisionné que déclare Meta concernant ces risques a augmenté de 45 %, passant de 12,9 milliards de dollars en 2024 à 18,74 milliards en 2026. L’entreprise explique dans son rapport financier annuel, toujours selon nos confrères, que « les incertitudes liées à [ses] crédits d’impôt pour la recherche » sont le premier facteur de risque.

La subvention des datacenters IA de Meta est « loin de répondre aux exigences » de cette niche fiscale

Tout en prenant leurs précautions, en affirmant qu’ils ignorent « encore exactement comment Meta a pu réduire son assujettissement à l’impôt fédéral de plus de 6,6 milliards de dollars au cours des trois dernières années grâce aux crédits d’impôt fédéraux pour la recherche », le groupe de sénateurs rappelle à Mark Zuckerberg que les crédits d’impôt pour la recherche ne « sont pas destinés aux opérations commerciales courantes ni aux technologies disponibles dans le commerce et déjà utilisées ».

L’entreprise utiliserait cette niche fiscale pour ses datacenters dont elle a besoin pour l’IA générative et non pour les datacenters classiques, selon deux sources du New York Times. L’argument de Meta est que l’entreprise serait encore en phase de test concernant leur infrastructure. Ainsi, l’entreprise pense pouvoir passer différentes configurations physiques pour ses baies de serveurs, en incluant l’achat du matériel, dont les puces, pour de la R&D qui entre dans le dispositif de la niche fiscale. Mais l’IRS a déjà rejeté [PDF] des demandes similaires pour « des équipements et des technologies éprouvés et disponibles dans le commerce ».

« Le crédit d’impôt fédéral pour la recherche peut constituer un outil utile et indispensable pour soutenir l’économie de l’innovation et la recherche de pointe de notre pays. Subventionner la construction de votre datacenter dédié à l’intelligence artificielle est loin de répondre à cette exigence », affirment de leur côté les sénateurs.

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L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

Réguler, c'est pas si mal ?
L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

Alors qu’OpenAI a récemment laissé des agents IA attaquer deux sites gouvernementaux australiens et que les autres entreprises d’IA génératives ont suivi en faisant le même genre de revendication, la Commission européenne a lancé des enquêtes ciblant OpenAI et Anthropic. Elle en profite pour mettre en avant les vertus de l’AI Act mais se demande encore comment enquêter sur ce genre d’événement.

Depuis l’été, les entreprises d’IA générative se vantent régulièrement d’attaques par leurs propres agents IA contre des sites web, attaques dont elles n’auraient pas la maîtrise. Ainsi, OpenAI annonçait que certains de ses agents avaient tenté, en vain, d’exploiter des failles de sécurité et de pirater des sites web (dont deux sites de statistiques du ministère de la Santé australien). « Des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques », affirmait même l’entreprise fin septembre.

« Notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions »

La Commission européenne en profite pour mettre en avant le texte de l’AI Act qui doit encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle en Europe. Henna Virkkunen, la vice-présidente de la Commission, a pris la parole lors de l’International AI Summit qui se déroule ce 14 octobre à Dublin dans le cadre de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne 2026.

Elle y a rappelé que, depuis le 2 août, une révision ciblée de la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle est en application. Ajoutons quand même que, dans le même temps, certaines mesures ont été repoussées à des dates ultérieures.

Henna Virkkunen note quand même « qu’il n’existait pas d’agents d’IA modernes au moment de l’adoption de la loi sur l’IA ». « Pourtant, notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions », ajoute-t-elle.

Et d’insister sur ce qui est déjà en place et qui peut servir alors que les agents IA sont lancés dans la nature : « en particulier, le Code de bonnes pratiques de l’UE sur l’IA à usage général – que la plupart des fournisseurs d’IA ont déjà signé – définit les mesures que ces derniers doivent mettre en place pour se conformer aux obligations prévues par la loi sur l’IA. Ces mesures comprennent, par exemple, le recours à des évaluateurs externes ».

Des enquêtes concernant Anthropic et OpenAI

« Notre Bureau de l’IA a commencé à faire appliquer ces règles et a adressé des demandes d’informations portant sur des questions telles que la sécurité, l’évaluation externe et le suivi de l’utilisation des modèles », explique Henna Virkkunen. « Par ailleurs, vendredi dernier, j’ai convoqué une réunion avec le comité scientifique créé en vertu de l’AI Act afin de solliciter son avis et son aide sur la manière d’enquêter sur les incidents récents ».

Selon nos confrères d’Euronews, les enquêtes de la Commission portent notamment sur l’attaque d’un agent d’OpenAI contre Hugging Face et celles des agents d’Anthropic. Le bureau de l’IA créé par l’AI Act a envoyé des demandes d’information complémentaires aux deux entreprises après avoir estimé l’insuffisance des documents qu’elles lui avaient envoyés spontanément, toujours selon Euronews.

Des doutes sur l’application aux cas de R&D

Ces enquêtes pourraient devenir un premier test pour l’AI Act. En effet, si le texte s’applique aux services d’IA commercialisés ou au moins disponibles publiquement, les deux entreprises affirment que les attaques ont été perpétrées avec des outils internes encore en développement. La loi européenne comporte des exemptions concernant la R&D dont l’application ne sera pas simple : « l’AI Act part du principe qu’il existe une distinction nette entre la recherche et la commercialisation, mais en réalité, la recherche moderne s’inscrit souvent dans un continuum plutôt que dans une opposition binaire », expliquaient en début d’année des chercheurs dans la revue scientifique npj Digital Medicine.

Sous couvert d’anonymat, un responsable de la Commission a confié à Euronews : « Nous n’appliquerons pas la loi [sur les outils d’IA] en phase de test. Mais si le modèle d’IA sort de l’environnement de test et qu’il a ensuite un impact sur le marché de l’UE, comme cela a été le cas pour Hugging Face, alors la loi sur l’IA deviendra applicable ».

Officiellement, Henna Virkkunen assure que « la Commission s’est exprimée haut et fort : l’IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle de l’humain, et nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les entreprises respectent les règles de l’AI Act, afin que les citoyens et les entreprises européens puissent faire confiance aux modèles et aux systèmes d’IA ».

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Alors qu’OpenAI a récemment laissé des agents IA attaquer deux sites gouvernementaux australiens et que les autres entreprises d’IA génératives ont suivi en faisant le même genre de revendication, la Commission européenne a lancé des enquêtes ciblant OpenAI et Anthropic. Elle en profite pour mettre en avant les vertus de l’AI Act mais se demande encore comment enquêter sur ce genre d’événement.

Depuis l’été, les entreprises d’IA générative se vantent régulièrement d’attaques par leurs propres agents IA contre des sites web, attaques dont elles n’auraient pas la maîtrise. Ainsi, OpenAI annonçait que certains de ses agents avaient tenté, en vain, d’exploiter des failles de sécurité et de pirater des sites web (dont deux sites de statistiques du ministère de la Santé australien). « Des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques », affirmait même l’entreprise fin septembre.

« Notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions »

La Commission européenne en profite pour mettre en avant le texte de l’AI Act qui doit encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle en Europe. Henna Virkkunen, la vice-présidente de la Commission, a pris la parole lors de l’International AI Summit qui se déroule ce 14 octobre à Dublin dans le cadre de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne 2026.

Elle y a rappelé que, depuis le 2 août, une révision ciblée de la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle est en application. Ajoutons quand même que, dans le même temps, certaines mesures ont été repoussées à des dates ultérieures.

Henna Virkkunen note quand même « qu’il n’existait pas d’agents d’IA modernes au moment de l’adoption de la loi sur l’IA ». « Pourtant, notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions », ajoute-t-elle.

Et d’insister sur ce qui est déjà en place et qui peut servir alors que les agents IA sont lancés dans la nature : « en particulier, le Code de bonnes pratiques de l’UE sur l’IA à usage général – que la plupart des fournisseurs d’IA ont déjà signé – définit les mesures que ces derniers doivent mettre en place pour se conformer aux obligations prévues par la loi sur l’IA. Ces mesures comprennent, par exemple, le recours à des évaluateurs externes ».

Des enquêtes concernant Anthropic et OpenAI

« Notre Bureau de l’IA a commencé à faire appliquer ces règles et a adressé des demandes d’informations portant sur des questions telles que la sécurité, l’évaluation externe et le suivi de l’utilisation des modèles », explique Henna Virkkunen. « Par ailleurs, vendredi dernier, j’ai convoqué une réunion avec le comité scientifique créé en vertu de l’AI Act afin de solliciter son avis et son aide sur la manière d’enquêter sur les incidents récents ».

Selon nos confrères d’Euronews, les enquêtes de la Commission portent notamment sur l’attaque d’un agent d’OpenAI contre Hugging Face et celles des agents d’Anthropic. Le bureau de l’IA créé par l’AI Act a envoyé des demandes d’information complémentaires aux deux entreprises après avoir estimé l’insuffisance des documents qu’elles lui avaient envoyés spontanément, toujours selon Euronews.

Des doutes sur l’application aux cas de R&D

Ces enquêtes pourraient devenir un premier test pour l’AI Act. En effet, si le texte s’applique aux services d’IA commercialisés ou au moins disponibles publiquement, les deux entreprises affirment que les attaques ont été perpétrées avec des outils internes encore en développement. La loi européenne comporte des exemptions concernant la R&D dont l’application ne sera pas simple : « l’AI Act part du principe qu’il existe une distinction nette entre la recherche et la commercialisation, mais en réalité, la recherche moderne s’inscrit souvent dans un continuum plutôt que dans une opposition binaire », expliquaient en début d’année des chercheurs dans la revue scientifique npj Digital Medicine.

Sous couvert d’anonymat, un responsable de la Commission a confié à Euronews : « Nous n’appliquerons pas la loi [sur les outils d’IA] en phase de test. Mais si le modèle d’IA sort de l’environnement de test et qu’il a ensuite un impact sur le marché de l’UE, comme cela a été le cas pour Hugging Face, alors la loi sur l’IA deviendra applicable ».

Officiellement, Henna Virkkunen assure que « la Commission s’est exprimée haut et fort : l’IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle de l’humain, et nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les entreprises respectent les règles de l’AI Act, afin que les citoyens et les entreprises européens puissent faire confiance aux modèles et aux systèmes d’IA ».

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