☕️ Le jeu vidéo français dans le rouge : Arkane et Don’t Nod en péril
À l’image de l’industrie occidentale du jeu vidéo, la situation en France est très difficile. Deux représentants hexagonaux du secteur, Arkane et Don’t Nod, pourraient en faire les frais.
Le sort d’Arkane et de ses 217 salariés pourrait être scellé le 13 novembre, rapporte Le Monde. C’est en effet la date de fin de la consultation du comité social et économique (CSE), un processus engagé cet été par Microsoft, propriétaire du studio depuis son acquisition du groupe ZeniMax (Bethesda, id Software, Obsidian) en 2021. Dans la foulée, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été lancé.
Arkane, victime du reset Xbox
Le 6 juillet, Asha Sharma, la directrice générale de Xbox, avait lancé le « reset » de la division gaming de Microsoft : 3 200 postes supprimés (la moitié immédiatement), et cinq studios abandonnés dont Arkane, basé à Lyon. La législation oblige les grandes entreprises (plus de 1 000 salariés) à rechercher un repreneur avant de fermer un site entraînant un licenciement collectif. Elle ne contraint pas pour autant le groupe à céder le site, ici en l’occurrence le studio.
D’après un délégué syndical interrogé par Le Monde, les négociations sur le PSE se passent mal. Microsoft continue « d’explorer différentes options » pour Arkane, et assure rechercher « un partenaire pour accompagner la prochaine phase de développement et permettre la commercialisation du projet ». Le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) espère gagner du temps et prolonger les négociations au-delà du 13 novembre.
Arkane est un studio qui compte dans l’industrie mondiale. Fondé en 1999, on lui doit des hits comme Deathloop et la saga Dishonored. La branche américaine installée à Austin avait déjà subi le coup de hache de Microsoft en 2024. Arkane Lyon planche sur un jeu Marvel basé sur le superhéros Blade depuis 2022 ; le développement, qui serait « plutôt sur la fin » selon le responsable syndical, pourrait attirer un repreneur.
Don’t Nod n’est pas mieux loti. Le studio parisien a annoncé l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal des activités économiques de Paris. « Notre niveau actuel de trésorerie ne nous permet pas de sécuriser dans des conditions satisfaisantes l’ensemble des besoins de financement associés à nos activités et à nos projets », explique Oskar Guilbert, PDG de l’entreprise.
Dans ce contexte, « la demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde constitue une démarche d’anticipation et de protection ». Le processus doit donner du temps pour « construire une solution durable », en permettant la poursuite des activités du studio. Le chiffre d’affaires au premier semestre a plongé de 14 %, avec un EBITDA dans le rouge de 4,3 millions (2,3 millions de plus par rapport au premier semestre 2025). Le studio, qui compte 85 salariés en France, est le créateur de Life is Strange. Son dernier jeu, Aphelion, n’a pas connu le succès escompté.

