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L’énergie en Afrique, grande oubliée du plan Net Zéro 2050 de l’AIE

27 mai 2021 à 16:16
L’énergie en Afrique, grande oubliée du plan Net Zéro 2050 de l'AIE

L’AIE vient de publier la feuille de route de son plan Net Zéro 2050 mais la question de l’énergie en Afrique est la grande absente des recommandations de l’Agence. La feuille de route doit servir à accompagner les décideurs politiques pour atteindre la neutralité carbone. Gel des investissements dans les énergies fossiles, développement des énergies vertes, déconsommation énergétique… Autant de sujets pertinents pour les pays développés. Mais ils sont loin de répondre aux problèmes africains. Alors que l’Afrique se bat pout le simple accès à l’énergie, le plan défendu par l’AIE semble bien loin de la réalité du continent.

Energie en Afrique : l’AIE oublie le défi de l’électrification

“La transition énergétique mondiale doit être inclusive, équitable et juste. Malheureusement, la feuille de route établie par l’AIE ne répond à aucune de ces exigences.” Le ton est donné. Jeudi 27 mai, la Chambre de l’Energie Africaine n’a pas manqué de réagir au plan Net Zéro présenté par l’AIE dans un communiqué on ne peut plus critique. En cause ? Le groupement des professionnels du secteur africain de l’énergie constatent un plan inadapté aux pays en développement. Pire : certaines recommandations de l’AIE pour l’énergie de 2050 vont à l’encontre des intérêts de l’Afrique. Elles oublient un peu vite les contraintes de la région.

Le plan de l’AIE repose en partie sur le fait que, d’ici 2030, la majeure partie de la population mondiale aura accès à des alternatives propres pour leur consommation énergétique. Mais en Afrique, l’heure n’est pas au choix : la priorité, c’est l’électrification. Le continent doit en premier lieu lutter contre la pauvreté énergétique. Encore 592 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité sur le continent. Même l’Afrique du Sud, pays le plus développé du continent, est confronté à une situation électrique inextricable avec un réseau vieillissant et instable. Dans ce pays comme sur le reste du continent, il semble improbable que la situation évolue drastiquement dans les dix prochaines années.

Les nations africaines se sentent d’autant plus oubliées du projet de transition énergétique global qu’elles comptent parmi les pays les moins pollueurs au monde. Pour l’année 2020, le continent africain a émis sept fois moins de CO2 que la Chine à elle seule. Elles craignent également qu’un cadre énergétique de plus en plus contraignant ne freine encore leur développement industriel et économique.

Qui pour investir dans les énergies renouvelables en Afrique ?

A l’heure actuelle, le continent africain fait preuve d’un dynamisme inégal en matière de développement énergétique. A l’instar des disparités constatées au sein de l’Europe, tous les pays africains n’ont pas les mêmes priorités en matière de transition énergétique. Toutefois, les gouvernements sont largement mobilisés en faveur du développement de l’autonomie énergétique du continent. Et plusieurs pays investissent dans le domaine des énergies vertes. C’est notamment le cas du Maroc, qui développe sa production d’énergie solaire depuis plusieurs années maintenant.

D’après la feuille de route de l’AIE, la transition énergétique a avant tout besoin de plus d’investissements pour atteindre la neutralité carbone. L’AIE recommande de multiplier par cinq les investissements mondiaux pour développer les énergies vertes. Le budget total passerait donc de 1 000 milliards de dollars à 5 000. Mais là encore, les pays africains sont sceptiques quant à la capacité de financement de leur continent.

L’Afrique a du mal à capter les financements internationaux pour soutenir des projets liés aux énergies renouvelables. Les partenaires commerciaux qui s’intéressent à l’énergie en Afrique sont principalement présents pour les ressources fossiles : pétrole et gaz. Or, ces ressources fossiles sont aussi le principal levier de financement pour les états africains. Des leviers que le plan de l’AIE, qui prône un gel des investissements dans les énergies carbone, ne prend pas en compte. Comme le souligne la Chambre de l’Energie Africaine : “L’industrie pétrolière est la principale source de revenus de nombreuses nations africaines. Sans la poursuite de la production pétrolière […] leurs économies souffriront.”

L’ombre de la Chine plane sur le pétrole africain

L’avenir de l’économie fossile inquiète d’ailleurs particulièrement les pays africains. Le continent, dont les réserves fossiles sont importantes, attise l’intérêt de la Chine, dont les besoins énergétiques croissent chaque année. Cet intérêt se manifeste par la multiplication des investissements chinois dans des projets pétroliers sur plusieurs territoires africains : Angola, Guinée équatoriale, Nigéria, République Démocratique du Congo et Soudan. Dès 2008, un rapport du CAIRN constatait une relation de forte dépendance en train de s’installer entre la Chine et l’Afrique. “L’une des caractéristiques principales de la relation Chine-Afrique est la place prépondérante du commerce de matières premières africaines pour alimenter l’expansion économique chinoise.” Mais cette attention chinoise n’est pas nécessairement confortable pour les pays africains.

De fait, depuis dix ans, les investissements chinois dans le pétrole africain sont à la hausse. La Chine investit désormais dans une vingtaine de pays africains pour développer ses importations de pétrole. La Chambre de l’Energie Africaine constate que, dans les années à venir, “les gouvernements africains n’auront guère d’autre choix que de s’associer à la Chine”. Le rapport de la CEA va plus loin : “Dans ce scénario, la Chine deviendra l’entité la plus influente dans l’industrie pétrolière et gazière africaine. Et donner à la Chine un tel monopole est un jeu dangereux.”

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Sécuriser l’approvisionnement électrique : les enjeux en 2021

17 mai 2021 à 16:42
Sécuriser l'approvisionnement électrique : les enjeux en 2021

Sécuriser l’approvisionnement électrique est un des principaux enjeux énergétiques en 2021. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) l’a mis en évidence dans un de ses derniers rapports. D’après elle, la croissance de la consommation électrique mondiale et les objectifs de transition énergétique sont les deux contraintes majeures pour les états. Pour y répondre, les réseaux électriques vont devoir devenir plus flexibles que jamais.

Plus d’énergies renouvelables : plus de défis pour les réseaux électriques

Bonne nouvelle pour la transition énergétique : les énergies renouvelables continuent de gagner du terrain. La production d’électricité verte devrait croître de façon significative en 2021. Mais ce n’est pas sans effet sur la question de la sécurité électrique. Car les réseaux électriques sont encore globalement mal préparés à soutenir une plus grande part d’ENR. L’intégration et la gestion des coûts devront être les priorités des pays cette année. Et comme le rappelle l’AIE, il n’y a malheureusement pas de recette miracle en la matière. “Les défis en lien avec l’intégration d’ENR sont liés à un contexte spécifique. Il n’y a pas deux systèmes identiques aussi bien en termes d’infrastructure légale, de ressources solaires et éoliennes, que de flexibilité des ressources.”

Comme le pointe l’AIE dans son rapport, la seule chose qui soit comparable d’un système électrique à l’autre, c’est le schéma d’intégration des ENR dans le système électrique. En la matière, l’AIE a identifié six phases d’intégration. D’un impact négligeable sur le système électrique une phase de surplus de production d’électricité verte, l’AIE note les changements structurels qui impactent plus ou moins lourdement le réseau.

Pour faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans leur mix électrique, l’AIE encourage les états à anticiper les problématiques liées à ces phases. Parmi les défis à relever, le rapport souligne notamment la capacité du réseau électrique lors de la croissance de la puissance des ENR. Il pointe aussi l’importance de bien gérer les phases de déficit ou de surplus de production d’électricité verte. Enfin, il faut déployer des solutions pour stocker les surplus d’électricité verte afin d’optimiser la production d’énergie.

2021 : un réseau électrique plus connecté que jamais

C’est la conséquence directe de la montée en puissance des énergies renouvelables. Le monitoring des réseaux électriques devient plus complexe. Pour sécuriser l’approvisionnement électrique, le rapport de l’AIE souligne la nécessité de transformer les réseaux électriques et de les rendre plus flexibles. L’optimisation du réseau électrique passera par la prise en compte de la multiplicité des points de production de l’électricité. Dans une logique de Smart Grid, il faudra aussi intégrer l’intermittence inhérente à plusieurs de ces sources, ainsi que les besoins en stockage. Enfin, le monitoring doit inclure une meilleure connaissance des schémas de consommation en temps réel (en fonction des horaires, des jours de la semaine et de la saisonnalité). Ce n’est qu’en prenant en compte l’intégralité du parcours de l’électricité que le réseau électrique sera le plus fiable, mais aussi le plus efficace en terme de coût de production.

Les engagements pour la transition énergétique, le développement technologique et la volonté de réduire les coûts de production de l’énergie. D’après l’AIE, la convergence de ces trois éléments favorisent l’émergence des réseaux électriques intelligents. Et cette tendance devrait encore se renforcer cette année, à la faveur de la crise sanitaire de son impact sur la consommation d’énergie mondiale.

Plus d’interconnections pour sécuriser l’approvisionnement électrique

L’union fait la force. Et c’est précisément une des recommandations de l’AIE pour sécuriser l’approvisionnement électrique dans le monde. Les experts de l’AIE sont très clairs sur le sujet. “Une intégration trans-frontière apporte des bénéfices économiques et favorise la sécurité, et elle devrait se généraliser dans les systèmes du futur.” L’AIE a ainsi remarqué que plusieurs régions du globe ont déjà déployé des interconnections électriques entre plusieurs pays voisins. En combinant leurs systèmes électriques, ils renforcent la sécurité de leurs réseaux. Et parviennent même à faire baisser les coûts de fonctionnement des réseaux électriques.

En Europe, les interconnexions électriques sont déjà nombreuses. Et le transport électrique entre pays a même augmenté entre 2000 et 2021. En Europe, les 500 millions d’habitants consomment en moyenne 3 200 TWh d’électricité par an. Les parcs de production de chaque pays se complètent pour faciliter le transport d’une électricité décarbonée.

La tendance est aussi à la hausse aux Etats-Unis, où les districts multiplient les synergies. En Chine, où la demande électrique va croissante, les provinces multiplient également les interconnexions pour répondre aux besoins. Ces interconnexions sont d’autant plus cruciales que certaines provinces n’ont pas encore la capacité de produire l’énergie dont elles ont besoin, comme par exemple Tianjin, Fujian, Hubei et Hunan.

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