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Centrale thermique du Larivot : la Guyane verdit son électricité

20 mai 2021 à 15:16
Larivot électricité Guyane

La mise en service de la centrale électrique du Larivot, qui répond à la nécessité de sécuriser l’approvisionnement électrique de la Guyane, département français où la demande énergétique devrait croître à une cadence d’environ 3 % par an dans les prochaines années, devrait aboutir d’ici 2024.

La Guyane accélère sa transition énergétique en accueillant la biomasse liquide, alors que le chantier de la centrale électrique a débuté sur le site du Larivot (Commune de Matoury, sur l’île de Cayenne). Avec, à l’arrivée, une contribution importante à l’effort de transition énergétique tricolore, puisque le projet permettra de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre (GES) du territoire, par rapport à l’installation existante au fioul de Dégrad-des-Cannes (Commune de Rémire-Montjoly, sur l’île de Cayenne également) qu’elle doit remplacer, mais également les émissions d’oxydes d’azote (- 64 %) et d’oxydes de soufre (- 99,6 %), faisait savoir le ministère de la Transition écologique, l’an dernier, en donnant son feu vert aux travaux.

Fin 2020, EDF PEI (pour « Production Electrique Insulaire »), une filiale détenue à 100 % par l’énergéticien français, obtenait toutes les autorisations réglementaires requises pour la construction de la centrale du Larivot – permis de construire et autorisation environnementale. Dont la localisation, sur la presqu’île de Cayenne – principale zone de consommation électrique du territoire -, a été choisie, selon le rapport d’enquête publique, notamment en raison de la présence importante de lignes HTB (réseau de répartition haute tension) à proximité, limitant ainsi les travaux de raccordement du projet.

Consultation publique

Le public, les « parties prenantes locales » – propriétaires, communes, services de l’État ont  été consultés à plusieurs reprises, dans le cadre du projet, notamment lors d’une grande concertation publique sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) organisée, en 2018, sur la presqu’île de Cayenne. Durant cette concertation, il a été question, entre autres, du tracé de l’oléoduc reliant le site du Grand Port de la Guyane (Dégrad-des-Cannes) au site de production du Larivot. D’autres questions techniques, comme la limitation du défrichement et du trafic routier, ont été abordées en phase d’enquête publique, afin de « faire évoluer le projet de manière importante », selon le rapport.

D’ici 2023, un plan d’approvisionnement du territoire en bioliquides durables – muni d’un volet lié à la production locale – est attendu. Et ces biocombustibles, exige-t-on boulevard Saint-Germain, « ne devront pas provenir de matières premières présentant un risque élevé d’induire des changements dans l’affectation des sols », excluant dès lors le recours aux décriées huiles de palme et de soja. Un ensemble de choix qui, selon Barbara Pompili, devrait « réduire drastiquement l’impact environnemental de cette nouvelle centrale ».  

Le remplacement de la centrale électrique de Dégrad-des-Cannes est une exigence de longue date, initiée dès la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) adoptée en 2007, par les pouvoirs publics nationaux et la Collectivité Territoriale de Guyane. La nouvelle centrale du Larivot (120 mégawatts), ainsi que l’installation de panneaux photovoltaïques (4 MW), font partie intégrante de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la Guyane – adoptée en 2017 -, et pourra alimenter en électricité les quelques 414 kilomètres du réseau local, couvrant plus de 85 % de la population.

 

 

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