❌

Vue normale

Hier — 5 avril 2025Technique

Gagner de l’argent en rechargeant sa voiture Ă©lectrique ? VoilĂ  comment c’est possible

Par : Hugo LARA
5 avril 2025 Ă  04:59

Cela parait farfelu, mais c’est pourtant vrai, Ă  certaines conditions. Un fournisseur d’énergie propose de rĂ©munĂ©rer les utilisateurs de voitures Ă©lectriques lorsqu’ils rechargent Ă  leur domicile via une offre spĂ©cifique. Le concept est finalement simple : en gĂ©rant les pĂ©riodes de recharge, le fournisseur Ă©change de l’électricitĂ© sur les marchĂ©s en rĂ©alisant une marge, et reverse une partie des bĂ©nĂ©fices Ă  ses clients.

Le prix du kilowattheure au tarif rĂ©glementĂ© a rĂ©cemment baissĂ© de 20 %, passant de 0,25 Ă  0,20 euro. Une baisse spectaculaire, mais un montant qui reste Ă©levĂ© pour ceux qui consomment de grandes quantitĂ©s d’électricitĂ©, comme les propriĂ©taires de voitures Ă©lectriques. La recharge complĂšte d’une citadine coĂ»te actuellement entre 7 et 10 euros, selon son contrat et son option tarifaire, soit entre et 300 et 400 euros annuels pour un petit rouleur.

Pour faire baisser la facture, certains ne rechargent que la nuit, durant les heures creuses, d’autres optent pour l’option Tempo d’EDF ou investissent dans des panneaux solaires. Mais une offre mĂ©connue peut Ă©galement rĂ©duire considĂ©rablement le coĂ»t des recharges. LancĂ©e au printemps 2025 par le fournisseur Octopus Energy, l’offre « Intelligent Octopus » propose Ă  ses clients un bonus de 0,12 euro par kilowattheure de recharge, sous forme de rabais sur la facture d’électricitĂ©. De quoi, Ă  priori, substituer plus de la moitiĂ© du coĂ»t de la recharge. C’est allĂ©chant, mais comment cela fonctionne ?

À lire aussi Gourmandes en Ă©lectricitĂ©, ces usines vont gagner de l’argent en dĂ©calant leur consommation

Laisser son fournisseur d’électricitĂ© gĂ©rer la recharge de sa voiture

Tout d’abord, il faut possĂ©der un vĂ©hicule ou un point de charge compatible (un simulateur est disponible sur le site d’Octopus). Vous devez ensuite souscrire Ă  l’offre Intelligent Octopus, dont le tarif de l’électricitĂ© est calquĂ© sur le tarif rĂ©glementĂ©, et tĂ©lĂ©charger l’application smartphone de l’opĂ©rateur. Avant de se brancher, l’utilisateur doit renseigner son objectif de recharge sur l’application : l’heure de dĂ©part et le pourcentage de batterie souhaitĂ©. Rien de plus. Octopus gĂšre ensuite la recharge en fonction du prix de l’électricitĂ©. Il peut la couper lorsqu’il est trop Ă©levĂ© et l’activer lors de pĂ©riodes de prix bas, voire nĂ©gatifs.

La recharge doit donc se faire lentement sur une longue pĂ©riode, la nuit par exemple. Un mode « charge rapide Â» permet d’ailleurs de s’en affranchir, mais supprime d’office toute possibilitĂ© de percevoir le bonus. Autrement, l’utilisateur bĂ©nĂ©ficie, chaque mois, des 12 centimes par kilowattheure « smartchargĂ© Â». Pour savoir d’oĂč vient cet argent, il faut se plonger dans les marchĂ©s de l’électricitĂ©.

L’électricitĂ© s’échange sur les marchĂ©s comme le pĂ©trole

Car, si les Ă©lectrons sont invisibles, ils s’échangent bel et bien sur des places de marchĂ©, presque de la mĂȘme façon que le pĂ©trole, le blĂ© et bien d’autres matiĂšres. Son prix varie donc en temps rĂ©el, en fonction de l’offre et de la demande, entre autres paramĂštres : il peut ĂȘtre nĂ©gatif lorsque la production Ă©lectrique est excĂ©dentaire et atteindre des montants ahurissants lorsqu’un doute plane sur les capacitĂ©s de production des centrales. Ainsi, les fournisseurs peuvent faire des bĂ©nĂ©fices en achetant de l’électricitĂ© sur des crĂ©neaux favorables.

« Parce qu’il nous laisse piloter la recharge, on reverse au client les Ă©conomies qu’on va pouvoir gĂ©nĂ©rer Â» rĂ©sume Caroline Carret, la responsable produit/marketing et spĂ©cialiste du vĂ©hicule Ă©lectrique chez Octopus. Les clients pourraient ainsi espĂ©rer « sans aucun compromis Â» un rabais annuel de 250 euros, dans le cas d’un vĂ©hicule « qui parcourt 12 000 km/an et consomme 17,5 kWh/100 km Â». Un rabais qui peut se transformer en vĂ©ritable bĂ©nĂ©fice net pour les propriĂ©taires d’une centrale solaire, qui utiliseraient leur production photovoltaĂŻque pour recharger leur vĂ©hicule. Un « problĂšme Â» sur lequel Octopus dit travailler, le fournisseur ne pouvant pour l’instant accĂ©der qu’à la consommation transmise par le compteur Linky, au pas de 30 minutes.

À lire aussi Cette sociĂ©tĂ© Ă©teint vos radiateurs pour Ă©viter le blackout

Peu de vĂ©hicules Ă©lectriques compatibles pour l’instant

Il faut toutefois noter que l’offre est pour l’instant trĂšs restrictive puisqu’il faut non seulement rĂ©sider en logement individuel et ĂȘtre propriĂ©taire d’un des rares modĂšles de voitures Ă©lectriques compatibles. Ni les modĂšles commercialisĂ©s par Renault, Peugeot, Fiat, Dacia, MG ni mĂȘme Hyundai et Kia ne sont acceptĂ©s. Les Tesla, Volkswagen, Audi et Seat le sont toutefois. Octopus dit viser un objectif de 50 % de vĂ©hicules compatibles d’ici la fin de l’annĂ©e.

Pour qu’un vĂ©hicule puisse bĂ©nĂ©ficier de l’offre Intelligent Octopus « il faut discuter avec chaque fabricant [de vĂ©hicule ou de borne, NDLR], pour pouvoir piloter et recevoir les donnĂ©es. C’est un boulot assez dense, car il y a peu de protocoles uniformisĂ©s, peu d’interopĂ©rabilitĂ© Â» dĂ©plore Caroline Carret.

LancĂ©e dĂ©but mars 2025 en France, l’offre Intelligent Octopus revendiquerait 200 clients. Au Royaume-Uni, pays d’origine du fournisseur, ce type de contrat compterait 250 000 abonnĂ©s, auxquels il faudrait ajouter 80 00 Ă  90 000 clients d’offres classiques rĂ©servĂ©es aux vĂ©hicules Ă©lectriques (sans rĂ©munĂ©ration). Un grand marchĂ© est donc Ă  saisir en France. Octopus n’est d’ailleurs pas le seul Ă  vouloir s’en emparer. RĂ©cemment, MyLight150 a lancĂ© une offre du mĂȘme genre, bien que moins avantageuse pour l’utilisateur.

L’article Gagner de l’argent en rechargeant sa voiture Ă©lectrique ? VoilĂ  comment c’est possible est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

À partir d’avant-hierTechnique

Ce pays d’Europe a fermĂ© sa derniĂšre grande centrale au charbon grĂące aux Ă©oliennes et au nuclĂ©aire

4 avril 2025 Ă  14:51

Elle Ă©tait en activitĂ© depuis plus de 40 ans. En Finlande, la centrale Ă©lectrique au charbon de Salmisaari vient d’ĂȘtre arrĂȘtĂ©e. Elle Ă©tait la derniĂšre du genre dans le pays. Ou presque


Depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ , l’essor des Ă©nergies renouvelables — essentiellement de l’éolien — et des changements de politique au sein du gouvernement ont fait chuter la consommation de charbon en Finlande. Mais ce mardi 1á”‰Êł avril — et ce n’est pas un poisson de mauvais goĂ»t — est Ă  marquer d’une pierre blanche. Comme le jour oĂč la derniĂšre centrale Ă©lectrique et thermique au charbon de Finlande a arrĂȘtĂ© ses activitĂ©s. Avec une belle avance, donc, sur l’objectif fixĂ© par le prĂ©cĂ©dent gouvernement du pays en 2019 de sortir du charbon d’ici 2029. « À l’époque, l’objectif semblait ambitieux », commente la ministre finlandaise du Climat et de l’Environnement, Sari Multala.

Ce rĂ©sultat encourageant a Ă©tĂ© obtenu grĂące Ă  un ensemble de politiques et de dispositifs de soutien. GrĂące aussi au forcing de quelques associations environnementales. Depuis 2020, les capacitĂ©s Ă©oliennes ont plus que doublĂ© et le pays a mis en service un nouveau rĂ©acteur nuclĂ©aire, l’EPR d’Olkiluoto. Ces deux Ă©nergies fournissent aujourd’hui autour de la moitiĂ© de l’électricitĂ© consommĂ©e en Finlande. La ConfĂ©dĂ©ration des industries finlandaises estime que l’éolien est dĂ©sormais le « principal moteur de la croissance Ă©conomique du pays ».

À lire aussi Finalement, l’Allemagne n’abandonnerait pas le charbon en 2030

Des Ă©nergies renouvelables pour remplacer le charbon

Le producteur d’énergie finlandais Helen prĂ©cise que la production annuelle de 175 mĂ©gawatts (MW) d’électricitĂ© et de 300 MW de chaleur de la centrale Ă  charbon de Salmisaari — un quartier d’Helsinki — sera dĂ©sormais remplacĂ©e par de l’électricitĂ© renouvelable ou nuclĂ©aire et par des pompes Ă  chaleur exploitant de la chaleur rĂ©siduelle ou environnementale. Des granulĂ©s et des copeaux de bois continueront, un temps, Ă  ĂȘtre brĂ»lĂ©s. Mais l’objectif affichĂ© par Helen est bien « d’éliminer toute combustion d’ici 2040 ».

Selon les chiffres communiquĂ©s par le producteur finlandais, la fermeture de la centrale de Salmisaari devrait faire baisser ses Ă©missions de dioxyde de carbone (CO2) de 50 % par rapport Ă  celles de 2024. Et celles de la ville d’Helsinki de 30 %.

À lire aussi Sans charbon ni biomasse, la centrale EDF de Cordemais peine Ă  se trouver un avenir Ă©nergĂ©tique

Un résidu de charbon reste à éliminer du mix finlandais

MalgrĂ© cela, dire que la Finlande est sortie du charbon n’est pas tout Ă  fait juste. Car une centrale Ă  charbon reste prĂȘte Ă  redĂ©marrer. Celle de Meri-Pori, dans le sud-ouest du pays. Et ce jusqu’à fin 2026. Si besoin Ă©tait, en situation d’urgence, de garantir la sĂ©curitĂ© d’approvisionnement du systĂšme Ă©lectrique finlandais.

Deux autres petites centrales Ă  charbon, celle de Vaskiluoto 2 — une Ăźle de l’ouest de la Finlande — et celle de Martinlaakso 2 — au nord d’Helsinki —, fonctionnent, elles aussi, encore au charbon pour une partie de leur production. Le reste Ă©tant assurĂ© par de la biomasse. Au total, elles fournissent 0,67 tĂ©rawattheure (TWh), soit 0,8 % de la consommation du pays.

AprĂšs le Royaume-Uni, sorti du charbon il y a quelques mois, la Finlande peut malgrĂ© tout s’ajouter Ă  la liste des 14 pays de l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomique (OCDE) qui produisent maintenant leur Ă©lectricitĂ© sans charbon. Sachez que 13 autres pays ont planifiĂ© l’abandon de cette Ă©nergie fossile d’ici 2030.

L’article Ce pays d’Europe a fermĂ© sa derniĂšre grande centrale au charbon grĂące aux Ă©oliennes et au nuclĂ©aire est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Le ballon d’eau chaude le plus Ă©conome du marchĂ© sera français

4 avril 2025 Ă  04:55

Peut-on rĂ©inventer l’eau chaude ? Dans un monde en pleine transition Ă©nergĂ©tique, la rĂ©ponse est bien sĂ»r un grand « oui ». Et aujourd’hui, c’est une sociĂ©tĂ© française qui innove, avec son futur ballon d’eau chaude thermodynamique ORA X.

Pour peu que l’on s’intĂ©resse aux Ă©conomies d’énergie et aux Ă©nergies renouvelables, Yack mĂ©rite qu’on se penche sur ses produits. Pour prendre un exemple, les chauffe-eau thermodynamiques de sa gamme ORA sont pour l’essentiel compatibles avec des capteurs solaires ou une chaudiĂšre externe, permettant ainsi de varier les sources d’énergie en fonction de leur disponibilitĂ© ; en la matiĂšre, la sociĂ©tĂ© a annoncĂ© en fin d’annĂ©e derniĂšre son partenariat d’exclusivitĂ© avec Abora, un fabricant espagnol de panneaux solaires hybrides.

Yack, fondĂ©e en 2000, commercialise des systĂšmes de climatisation, de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire. En pratique, elle est surtout importatrice de matĂ©riel, notamment de la marque Mitsubishi. Elle cherche toutefois Ă  dĂ©velopper sa propre marque, en devenant fabricant, tout en priorisant le « made in France ». Dans un environnement terriblement compĂ©titif, la sociĂ©tĂ© a bien compris que l’innovation Ă©tait la seule maniĂšre de parvenir Ă  percer, et pour ce faire, elle s’est dotĂ©e de moyens : un pĂŽle R&D et de formation de 1200 mÂČ dans le dĂ©partement du Var.

À lire aussi Isoler son ballon d’eau chaude pour Ă©conomiser de l’électricitĂ©, est-ce rentable ?

L’aboutissement de trois annĂ©es de travail

Yack a obtenu un financement du plan « France 2030 », via l’Ademe. Cette aide de 800 000 euros, dont 500 000 de subventions et 300 000 d’avance remboursable, a contribuĂ© Ă  la construction d’un prototype au terme de trois ans de recherche et dĂ©veloppement, tout en permettant de lever des fonds auprĂšs de banques.

Il en rĂ©sulte l’ORA X, un ballon d’eau chaude innovant en matĂ©riau composite. Selon la sociĂ©tĂ©, il aurait le meilleur rendement du marchĂ©, tout en bĂ©nĂ©ficiant d’une durĂ©e de vie doublĂ©e de 15 Ă  30 ans. Cependant, on n’en sait pas beaucoup plus pour le moment sur la technique employĂ©e pour ce chauffe-eau innovant ; une affaire Ă  suivre donc ! Quoi qu’il en soit, Yack indique que la production en sĂ©rie du nouveau produit dĂ©butera dĂšs 2025 dans ses installations en France, crĂ©ant ainsi de nombreux emplois d’aprĂšs la sociĂ©tĂ©. Nous aurons bientĂŽt l’occasion de le voir commercialisĂ©. Et donc d’en savoir plus.

L’article Le ballon d’eau chaude le plus Ă©conome du marchĂ© sera français est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Cette startup française veut produire du méthanol vert pour pas cher

3 avril 2025 Ă  14:50

Remplacer les carburants fossiles par des carburants biosourcés, une idée alléchante, sans aucun doute. Mais comment le faire en pratique, et à un coût compétitif ? Carbozym a inventé un systÚme basse pression et basse température, basé sur de simples enzymes, qui pourrait faire le travail.

Le mĂ©thanol, c’est une substance dont on entend de plus en plus parler, comme une petite musique qui monte, qui monte. Il faut dire que cette molĂ©cule a de nombreux avantages en tant que vecteur Ă©nergĂ©tique : il peut ĂȘtre produit Ă  partir d’énergie renouvelable et peut permettre de recycler le dioxyde de carbone, il est liquide, et donc plus facilement stockable, les moteurs Ă  combustible interne existants peuvent ĂȘtre adaptĂ©s Ă  son utilisation sans remplacement intĂ©gral, et enfin, il peut aussi servir dans des piles Ă  combustible.

Une rĂ©volution Ă  venir, donc, dans le domaine du transport propre ? À condition de trouver une solution pour produire le mĂ©thanol Ă  bas coĂ»t.

À lire aussi Comment l’IA pourrait rĂ©volutionner la production de mĂ©thanol Ă  partir du CO2

Une innovation au cƓur d’un biorĂ©acteur

Une solution, Jullien Drone et Nicolas Brun en ont une. Tous les deux sont chercheurs Ă  l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier, au sein du pĂŽle chimie Balard du CNRS. Ils ont inventĂ© une technologie basĂ©e sur des enzymes, bien diffĂ©rente des solutions alternatives basĂ©es par exemple sur l’électro-catalyse. Une biotechnologie innovante, donc, qui leur a permis de fonder Carbozym, avec le soutien de partenaires prestigieux : CNRS Innovation, Bpifrance, le Businness Innovation Center de Montpellier et la sociĂ©tĂ© AxLR.

L’idĂ©e est d’utiliser du dioxyde de carbone produit par des processus naturels, comme la mĂ©thanisation ou la fermentation Ă  partir de sources locales ou encore d’une source captive comme une installation industrielle. Le CO2 est ensuite injectĂ© dans un rĂ©acteur oĂč se trouvent les enzymes. L’enjeu, en l’occurrence, est de permettre des immobilisations d’une maniĂšre simple et peu coĂ»teuse, afin d’assurer une biocatalyse efficace. Pour ce faire, le rĂ©acteur est dotĂ© d’un support poreux innovant, qui, selon les auteurs, permet de fixer les enzymes sans avoir recours Ă  des Ă©tapes de purification prĂ©alables. Carbozym a dĂ©jĂ  dĂ©posĂ© deux brevets.

À lire aussi Cette centrale abandonne le charbon pour l’hydrogĂšne et le mĂ©thanol

L’idĂ©e intĂ©resse et Carbozym cherche des investisseurs

Premier avantage : le procĂ©dĂ© fonctionne ainsi Ă  tempĂ©rature et pression ambiante, et cela permet d’envisager une importante rĂ©duction des coĂ»ts par rapport Ă  des solutions Ă  haute pression et haute tempĂ©rature. Et bien sĂ»r, ce procĂ©dĂ© n’utilise pas de ressources fossiles ; ainsi Carbozym promet de rĂ©duire de plus de 95 % les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Une opportunitĂ©, sans doute, dans un marchĂ© du mĂ©thanol s’élevant Ă  plus de cent millions de tonnes par an et 40 milliards de dollars, essentiellement assurĂ© par des sources fossiles.

Carbozym va lancer deux levĂ©es de fonds, avec pour objectif de rĂ©unir 5 millions d’euros pour lancer la phase pilote, c’est-Ă -dire un systĂšme d’une capacitĂ© de 1000 L qui devrait dĂ©marrer en 2028. La sociĂ©tĂ© veut ensuite pouvoir proposer une installation industrielle de 20 000 L pour dĂ©but 2030.

L’article Cette startup française veut produire du mĂ©thanol vert pour pas cher est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

L’air comprimĂ©, bientĂŽt la technologie idĂ©ale pour stocker localement l’énergie ?

3 avril 2025 Ă  04:22

Dans la course au stockage d’énergie par air comprimĂ©, le français Segula Technologies joue la carte de la modularitĂ© pour s’adapter aux besoins des industries. Un pari intĂ©ressant pour permettre l’optimisation des Ă©nergies renouvelables locales.

Les potentielles applications du stockage d’énergie par air comprimĂ© se dessinent peu Ă  peu. La technologie, communĂ©ment appelĂ©e Compressed Air Energy Storage (CAES), a longtemps Ă©tĂ© envisagĂ©e comme solution pour stocker l’énergie. NĂ©anmoins, jusqu’à prĂ©sent, les systĂšmes classiques ne prĂ©sentaient pas un rendement suffisamment Ă©levĂ© pour ĂȘtre intĂ©ressants. En effet, du fait de pertes de chaleur lors de la compression, le rendement dĂ©passait difficilement les 50 %.

À lire aussi Les vieux puits de pĂ©trole et de gaz pourraient stocker de grandes quantitĂ©s d’électricitĂ©

La situation pourrait changer. Le groupe français d’ingĂ©nierie Segula Technologies a dĂ©veloppĂ© Remora, une technologie de stockage par air comprimĂ© qui repose sur un systĂšme de compression isotherme. D’abord dĂ©veloppĂ©e pour l’éolien offshore, cette technologie pourrait arriver sur la terre ferme par le biais de Remora Stack, une sorte de batterie Ă  air comprimĂ© qui prend la forme d’un conteneur de 12 mĂštres de long.

Selon Segula, grĂące Ă  ce systĂšme de compression isotherme, le rendement total atteindrait 70 %. Avec cette technologie, la puissance de stockage est dĂ©terminĂ©e par la taille du compresseur, et la capacitĂ© de stockage est dĂ©terminĂ©e par le volume d’air comprimĂ©. Pour l’heure, grĂące Ă  un financement du projet europĂ©en AIR4NRG, deux projets pilotes devraient ĂȘtre dĂ©ployĂ©s en Espagne d’ici 2026, d’une puissance de 200 kW chacun. La capacitĂ© de stockage n’a toutefois pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©e. L’industrialisation de la technologie est espĂ©rĂ©e pour 2028-2029.

À lire aussi Le plus grand site de stockage d’énergie par air comprimĂ© du monde lancĂ© en Chine

Une technologie adaptée à de nombreux usages

À l’origine, Segula a dĂ©veloppĂ© cette technologie pour permettre l’optimisation de la production de parcs Ă©oliens offshore. D’ailleurs, d’autres projets de stockage d’énergie Ă  l’échelle du rĂ©seau sont en cours de dĂ©veloppement, notamment en Californie. Mais avec le Remora Stack, le groupe français vise plutĂŽt un dĂ©ploiement sur des sites industriels, des Ă©coquartiers ou encore des infrastructures publiques grĂące Ă  un format compact, particuliĂšrement adaptĂ© Ă  ce type d’usage. La technologie se veut Ă  la fois fiable et modulable. Elle pourrait donc facilement ĂȘtre adaptĂ©e aux besoins Ă©volutifs d’un site industriel.

Avec sa technologie, Segula est allĂ© encore plus loin et a imaginĂ© cette mĂȘme technologie adaptĂ©e aux particuliers. Celle-ci prendrait la forme – et la taille – d’un ballon d’eau chaude. Elle permettrait de stocker l’énergie produite par des panneaux photovoltaĂŻques grĂące Ă  une technologie qui ne nĂ©cessite ni terre rare, ni lithium.

L’article L’air comprimĂ©, bientĂŽt la technologie idĂ©ale pour stocker localement l’énergie ? est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Ces chercheurs ont réussi à recycler 99,99% du lithium contenu dans les batteries

2 avril 2025 Ă  14:35

Enjeu fondamental de la transition Ă©nergĂ©tique, le recyclage des batteries vient peut-ĂȘtre de franchir une Ă©tape trĂšs importante. Des chercheurs chinois ont, en effet, rĂ©ussi Ă  recycler le lithium de batteries sans utiliser d’acide, ni utiliser de grandes quantitĂ©s d’énergie.

Composantes essentielles de notre quotidien, les batteries lithium-ion ont un dĂ©faut : leur recyclage peut ĂȘtre complexe et Ă©nergivore, et impliquer des impacts environnementaux notables selon les procĂ©dĂ©s mis en place. Mais ce constat pourrait bientĂŽt changer. Des chercheurs de l’UniversitĂ© centrale du sud Ă  Changsha, de l’UniversitĂ© normale de Guizhou et du Centre national de recherche en ingĂ©nierie des matĂ©riaux de stockage d’énergie avancĂ©s, ont rĂ©ussi Ă  dĂ©velopper une solution de recyclage plus efficace et plus durable. Celle-ci repose sur l’utilisation d’une solution liquide contenant du fer, du sel, de l’oxalate de sodium et surtout de la glycine. Ce liquide, au contact de la batterie, a la particularitĂ© de dĂ©composer la batterie. Les particules mĂ©talliques se retrouvent ainsi dissoutes dans la solution.

Les rĂ©sultats obtenus par cette nouvelle technique sont particuliĂšrement prometteurs. En moins de 15 minutes, le processus aurait permis de rĂ©cupĂ©rer 99,99 % du lithium, 96,80 % du nickel, 92,35 % du cobalt et 90,59 % du manganĂšse. Outre ces performances, cette solution a l’avantage d’ĂȘtre neutre. De plus, une fois l’extraction finie, la glycine n’est pas considĂ©rĂ©e comme un dĂ©chet, mais comme une ressource. En effet, riche, en azote, elle peut ĂȘtre utilisĂ©e comme engrais.

À lire aussi Cette nouvelle mĂ©thode de recyclage de batteries permettrait de rĂ©cupĂ©rer jusqu’à 98% des matĂ©riaux

La difficile optimisation du recyclage des batteries

À l’heure actuelle, le processus de recyclage repose principalement sur l’hydromĂ©tallurgie, qui consiste Ă  dissoudre les mĂ©taux contenus dans les batteries pour les rĂ©cupĂ©rer. Cette technique nĂ©cessite d’utiliser des acides forts comme l’acide sulfurique, l’acide chlorhydrique ou l’acide nitrique. Selon les procĂ©dĂ©s habituels, l’hydromĂ©tallurgie permet de rĂ©cupĂ©rer de 50 % Ă  80 % du lithium d’une batterie. De plus, les acides utilisĂ©s sont dĂ©licats Ă  gĂ©rer, et reprĂ©sentent un danger pour l’environnement.

Plus rĂ©cemment, une autre technique de recyclage a fait parler d’elle : le Flash Joule Heating. Ce procĂ©dĂ©, mis au point par l’UniversitĂ© de Rice, au Texas, permettrait d’atteindre jusqu’à 98 % des matĂ©riaux usagĂ©s. NĂ©anmoins, son principe de fonctionnement nĂ©cessite une trĂšs grande montĂ©e en tempĂ©rature (plus de 3 000 °C), nĂ©cessitant une importante dĂ©pense d’énergie.

L’article Ces chercheurs ont rĂ©ussi Ă  recycler 99,99% du lithium contenu dans les batteries est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Éoliennes et radars militaires : ce nouveau dĂ©cret veut Ă©viter les brouillages

Par : Ugo PETRUZZI
5 avril 2025 Ă  05:58

Le gouvernement français vient de prĂ©ciser les rĂšgles d’implantation des Ă©oliennes Ă  proximitĂ© des installations militaires. Ce projet de dĂ©cret, accompagnĂ© d’un projet d’arrĂȘtĂ© d’application, fixe des distances minimales et des critĂšres techniques pour limiter les interfĂ©rences Ă©lectromagnĂ©tiques avec les radars et autres dispositifs de surveillance.

Le projet de dĂ©cret proposĂ© par le gouvernement au Conseil supĂ©rieur de l’énergie (CSE) vise Ă  encadrer l’implantation des Ă©oliennes Ă  proximitĂ© des bases militaires. Il s’inscrit dans un cadre juridique prĂ©cisĂ© par une dĂ©cision du Conseil d’État du 6 novembre 2024. Cette derniĂšre imposait au gouvernement d’édicter des rĂšgles claires afin d’encadrer l’implantation des Ă©oliennes en lien avec les installations militaires.

« Les Ă©oliennes, par leur trĂšs forte signature radar, peuvent rĂ©duire fortement le champ Ă©lectromagnĂ©tique prĂ©sent Ă  l’arriĂšre. Cette rĂ©duction de champ va gĂ©nĂ©rer une zone oĂč le radar voit ses capacitĂ©s de dĂ©tection dĂ©gradĂ©es » explique le projet de dĂ©cret. Les nouvelles rĂšgles Ă©tablissent une zone d’exclusion stricte sous les 5 km autour des installations militaires. Dans un rayon de 5 Ă  10 km, il faudra prouver qu’aucune dĂ©gradation du signal n’est constatĂ©e sur les radiophares omnidirectionnels trĂšs haute frĂ©quence (VOR).

Au-delĂ , toute implantation sera soumise Ă  une Ă©tude de compatibilitĂ© au cas par cas. Des seuils spĂ©cifiques sont Ă©galement prĂ©cisĂ©s, notamment pour les Ă©oliennes de moins de 200 mĂštres de hauteur qui seront considĂ©rĂ©es comme acceptables si elles se situent Ă  plus de 70 km d’un radar.

À lire aussi Éolien en mer : par sĂ©curitĂ©, ce pays abandonne la quasi totalitĂ© de ses projets

Une cohabitation sous conditions

Les projets de dĂ©cret et d’arrĂȘtĂ© dĂ©finissent plusieurs critĂšres d’évaluation, prenant en compte :

  • La distance entre les Ă©oliennes et les installations militaires.
  • Le type d’infrastructure concernĂ©e (radars, radiophares omnidirectionnels, etc.).
  • La possibilitĂ© de mesures de compensation, telles que l’arrĂȘt temporaire des Ă©oliennes en cas de besoin militaire.

En cas d’incompatibilitĂ© avĂ©rĂ©e, le projet pourra ĂȘtre refusĂ© par le ministĂšre des ArmĂ©es. Autrement, des Ă©oliennes en mer pourront par exemple ĂȘtre temporairement arrĂȘtĂ©es sur demande du ministĂšre, avec compensation.

À lire aussi Cette sociĂ©tĂ© veut mieux protĂ©ger les oiseaux et les chauves-souris dans les parcs Ă©oliens offshore

L’exemple du parc de Dissay-sous-Courcillon

Le parc Ă©olien de Dissay-sous-Courcillon montre la difficile conciliation entre impĂ©ratifs militaires et dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables. SituĂ© Ă  32 km du centre de dĂ©tection et de contrĂŽle de Cinq-Mars-La-Pile, Ouest-France relĂšve que ce projet a Ă©tĂ© retoquĂ© en raison des perturbations qu’il engendrerait sur un radar stratĂ©gique. MalgrĂ© des propositions de bridage des Ă©oliennes par le promoteur, la justice pourrait confirmer le veto du ministĂšre des ArmĂ©es.

L’article Éoliennes et radars militaires : ce nouveau dĂ©cret veut Ă©viter les brouillages est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Produire de l’électricitĂ© Ă  partir de la rotation de la Terre : c’est possible selon les scientifiques

1 avril 2025 Ă  15:33

Ce n’est pas un poisson d’avril. Peut-on gĂ©nĂ©rer de l’électricitĂ© en utilisant le champ magnĂ©tique de la Terre et sa propre rotation autour d’elle-mĂȘme ? La rĂ©ponse a toujours Ă©tĂ© non. Mais cette Ă©quipe de chercheurs aurait rĂ©ussi Ă  montrer que c’est possible, dans un article scientifique qui, peut-ĂȘtre, fera date.

La Terre est dotĂ©e d’un champ magnĂ©tique, d’une intensitĂ© trĂšs faible, de l’ordre en France de 47 ”T (micro-Tesla), mais suffisant pour nous permettre de nous orienter Ă  l’aide d’une boussole. Par ailleurs, la Terre tourne sur elle-mĂȘme, ce qui est bien sĂ»r Ă  l’origine de l’alternance des jours et des nuits. Cette combinaison d’un champ magnĂ©tique et d’un mouvement peut laisser penser qu’il serait possible de produire un courant Ă©lectrique dans un conducteur, un peu comme dans un alternateur.

La science a toutefois dĂ©montrĂ© que ce n’était pas possible. En 1832, Michael Faraday dĂ©montre par une expĂ©rience qu’il est impossible de gĂ©nĂ©rer de l’électricitĂ© Ă  partir du champ magnĂ©tique et de la rotation de la Terre. Impossible donc ? Jusqu’en 2016, date Ă  laquelle Christopher Chyba de l’UniversitĂ© de Princeton, et Kevin Hand, du California Institute of Technology, pointent une faille dans le raisonnement. Et en 2025, ils publient les rĂ©sultats dans Physical Review Applied d’une expĂ©rimentation qui prouverait leur point de vue (l’article est disponible en source ouverte).

À lire aussi Quelle-est la consommation d’énergie des 8 milliards d’humains sur terre ?

Cette invention se glisserait dans une faille théorique

L’explication de l’échec de l’expĂ©rience de Faraday a Ă©tĂ© la suivante : le champ magnĂ©tique de la Terre produit bien un mouvement des Ă©lectrons, mais ce mĂȘme mouvement gĂ©nĂšre Ă  son tour un champ magnĂ©tique de retour qui annule l’effet du champ magnĂ©tique terrestre. Or, d’aprĂšs Chyba et Hand, ce raisonnement prĂ©senterait une faille : il suppose que le champ magnĂ©tique dans le conducteur change instantanĂ©ment.

Or ce n’est pas le cas : dans certains matĂ©riaux, le champ diffuse plus lentement, et cet effet pourrait ĂȘtre exploitĂ©. En effet, dans ce cas, le champ contre-moteur ne s’établit pas immĂ©diatement, ne permettant pas d’annuler immĂ©diatement le courant. Leurs calculs thĂ©oriques ont montrĂ© en outre qu’un courant serait produit s’il Ă©tait placĂ© de maniĂšre perpendiculaire Ă  l’équateur, donc selon un axe nord-sud.

À lire aussi Cette sociĂ©tĂ© veut stocker l’électricitĂ© sous terre avec de l’eau pressurisĂ©e

Une expérimentation indispensable

Les chercheurs ont donc fabriquĂ© un cylindre creux constituĂ© d’un ferrite de manganĂšse-zinc, de la taille approximative d’une grosse lampe de poche. Et ils l’ont testĂ© dans leur laboratoire. Ils ont constatĂ© un courant continu de quelques microvolts, conforme Ă  leurs calculs. La tension, l’intensitĂ© et la puissance Ă©lectrique gĂ©nĂ©rĂ©es ont Ă©tĂ© extrĂȘmement faibles ; un calcul de coin de table de l’auteur de cet article indiquerait une puissance Ă©lectrique infĂ©rieure au picowatt (soit moins de 0,000000000000011 W).

Une toute petite puissance gĂ©nĂ©rĂ©e, donc. Toutefois, les chercheurs envisagent une possible miniaturisation de leur systĂšme, ainsi qu’une mise en sĂ©rie, de façon Ă  augmenter la tension et la puissance gĂ©nĂ©rĂ©es. Leur invention pourrait ainsi alimenter des systĂšmes de plus grande taille, par exemple, des capteurs dans des sites isolĂ©s, voire de vĂ©ritables systĂšmes Ă  notre Ă©chelle, ne serait-ce qu’une maison. Avec un avantage incomparable : l’absence de besoin d’alimenter en combustible, ou de recharger une batterie. Le systĂšme serait ainsi totalement autonome.

À lire aussi Cette start-up veut forer Ă  20 km de profondeur pour gĂ©nĂ©rer de l’électricitĂ© verte et illimitĂ©e

Une source d’énergie naturelle, mais fossile

Magique ? Non, l’énergie vient bien de quelque part. De la rotation de la Terre. Le systĂšme conduirait donc, en retour, Ă  ralentir la rotation de notre planĂšte et Ă  augmenter la durĂ©e des jours. Un peu comme l’effet des marĂ©es lunaires, qui conduisent Ă  ralentir la durĂ©e du jour sur Terre, et Ă  Ă©loigner la Lune ; ainsi, il y a 620 millions d’annĂ©es, le jour durait environ 20 heures, et la Lune Ă©tait plus proche d’environ 20 000 km.

Il s’agit donc d’une source d’énergie fossile, pas du tout renouvelable. Mais ce n’est pas un problĂšme pour les auteurs, qui prĂ©cisent : « Nous avons prĂ©cĂ©demment montrĂ© que mĂȘme dans un scĂ©nario extrĂȘme oĂč notre civilisation obtiendrait toute son Ă©nergie Ă©lectrique Ă  partir de l’effet dĂ©crit ici, la rotation de la Terre ne ralentirait que de moins de 1 milliseconde par dĂ©cennie. » Fossile donc, mais avec un gisement si colossal, que cela n’aurait aucun effet sensible.

Du reste, nous devons ĂȘtre prudents sur cette dĂ©couverte. L’effet mesurĂ© Ă©tait si faible, qu’il pouvait ĂȘtre provoquĂ© par des phĂ©nomĂšnes parasites (par exemple, la diffĂ©rence de tempĂ©rature entre les faces du cylindre, par l’effet Seebeck). La publication a ainsi soulevĂ© son petit dĂ©bat, ce qui est tout Ă  fait normal dans le cadre de la mĂ©thode scientifique. Les auteurs appellent par ailleurs Ă  ce que leur expĂ©rience soit reproduite : « La prochaine Ă©tape consisterait pour un groupe indĂ©pendant Ă  reproduire (ou contredire) nos rĂ©sultats dans des conditions expĂ©rimentales trĂšs similaires Ă  celles utilisĂ©es ici ». Souhaitons en effet d’autres expĂ©riences, pour en avoir le cƓur net.

L’article Produire de l’électricitĂ© Ă  partir de la rotation de la Terre : c’est possible selon les scientifiques est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

PrĂšs de la moitiĂ© de l’électricitĂ© europĂ©enne a Ă©tĂ© produite par les renouvelables en 2024

Par : Ugo PETRUZZI
1 avril 2025 Ă  09:59

Les Ă©nergies renouvelables ont couvert 46,9 % de la production d’électricitĂ© nette dans l’Union europĂ©enne l’an dernier. En hausse de 2,6 points par rapport Ă  2023, les donnĂ©es publiĂ©es par Eurostat confirment la progression de l’éolien, de l’hydraulique et du solaire.

46,9 % : c’est la part de l’électricitĂ© produite dans l’Union europĂ©enne (UE) par les renouvelables en 2024. Parmi elles, l’agence europĂ©enne des statistiques Eurostat constate que l’éolien se dĂ©marque avec 39,1 % de la production renouvelable totale. L’hydroĂ©lectricitĂ© suit de prĂšs avec 29,9 % et enfin le solaire reprĂ©sente 22,4 %. À elles trois, elles participent Ă  se substituer aux Ă©nergies fossiles dans la production d’électricitĂ©.

À lire aussi 2024, l’annĂ©e de tous les records pour la France en matiĂšre d’électricitĂ© ?

De fortes disparités entre pays

La rĂ©partition de cette production reste inĂ©gale au sein de l’UE. Le Danemark affiche le taux le plus Ă©levĂ©, Ă  88,8 % d’électricitĂ© issue des renouvelables. Le Portugal suit (87,4 %) puis vient la Croatie (73,8 %). À l’opposĂ©, Luxembourg (5,1 %), Malte (15,1 %), la RĂ©publique tchĂšque (17,5 %) et Chypre (24,1 %) enregistrent les plus faibles contributions. La France, quant Ă  elle, se classe en 23ᔉ position avec une part infĂ©rieure Ă  30 %, dotĂ©e d’un gros parc hydroĂ©lectrique.

Le paquet lĂ©gislatif « Fit for 55 », Ă©laborĂ© par la Commission europĂ©enne, vise Ă  rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre de 55 % d’ici 2030 et Ă  atteindre la neutralitĂ© carbone en 2050. À ce titre, il met Ă  jour la directive sur les Ă©nergies renouvelables, avec un objectif de 42,5 % en 2030, voire l’atteinte de 45 % si possible sous REPowerEU, pour se dĂ©faire des Ă©nergies fossiles.

L’article PrĂšs de la moitiĂ© de l’électricitĂ© europĂ©enne a Ă©tĂ© produite par les renouvelables en 2024 est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Produire de l’électricitĂ© par fermentation des chaussettes sales, c’est possible

Une Ă©quipe de scientifiques nĂ©erlandais affirme avoir mis au point une technologie capable de produire de l’électricitĂ© Ă  partir de chaussettes usagĂ©es. Une solution bas-carbone, sans intermittence, et surtout abondante.

C’est une dĂ©couverte pour le moins inattendue qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par l’universitĂ© britannique de Stinks : un procĂ©dĂ© bioĂ©lectrochimique permettant de transformer des chaussettes sales en Ă©lectricitĂ©. BaptisĂ©e « Sock-to-Power », cette technologie repose sur la fermentation anaĂ©robie de textiles portĂ©s, combinĂ©e Ă  une catalyse enzymatique inspirĂ©e du systĂšme digestif du camĂ©lĂ©on d’Afrique de l’Ouest.

Une source d’énergie fĂ©tide mais stable

Le fonctionnement du procĂ©dĂ© est aussi simple que rĂ©volutionnaire. Les chaussettes, prĂ©alablement humectĂ©es Ă  l’effort (l’humiditĂ© corporelle jouant un rĂŽle essentiel), sont introduites dans une chambre de fermentation contenant une souche bactĂ©rienne modifiĂ©e, Lactobacillus absurdis. Cette bactĂ©rie se nourrit des composĂ©s organiques issus de la sueur humaine et libĂšre d’infimes quantitĂ©s d’électrons au cours du processus. Ces Ă©lectrons sont ensuite captĂ©s par des nanoconducteurs en cuivre, permettant une production continue d’électricitĂ©.

D’aprĂšs le professeur Jim Sarr-Dean, directeur du projet de recherche, « une seule paire de chaussettes portĂ©e pendant 48 heures permettrait de recharger un smartphone ». Il prĂ©cise toutefois que les rĂ©sultats sont meilleurs avec des chaussettes en laine, coton ou lin qu’en matiĂšre synthĂ©tique, ces fibres naturelles Ă©tant « un excellent substrat au dĂ©veloppement bactĂ©rien ».

Un gisement inépuisable

Le principal atout de cette technologie ? Sa disponibilitĂ©. Contrairement au solaire ou Ă  l’éolien, la chaussette sale ne dĂ©pend ni du climat ni de l’ensoleillement. L’ĂȘtre humain produit, en moyenne, 1,3 kg de linge malodorant par semaine. À l’échelle mondiale, cela reprĂ©sente un potentiel de production Ă©lectrique de 10 TWh chaque annĂ©e, selon une premiĂšre estimation. De l’électricitĂ© dont l’impact carbone est Ă©valuĂ© Ă  seulement 2 g de CO2 eq./kWh, soit moins que le nuclĂ©aire.

Une start-up baptisĂ©e ISLER (It smells like an energy revolution), s’est dĂ©jĂ  rapprochĂ© des universitaires Ă  l’origine de cette innovation, et annonce des discussions avancĂ©es avec plusieurs fabricants de baskets et d’équipements de sport. Des partenariats sont Ă©galement envisagĂ©s avec des salles de fitness, qui pourraient bientĂŽt se transformer en microcentrales Ă©nergĂ©tiques grĂące aux chaussettes de leurs abonnĂ©s. Le slogan de la start-up, « Just don’t wash it », fait d’ailleurs Ă©cho Ă  une cĂ©lĂšbre marque prisĂ©e des sportifs.

À quand les centrales podologiques ?

Si la technologie en est encore Ă  ses balbutiements, plusieurs projets pilotes sont en cours. Un gymnase prĂšs de Stinky City teste depuis quelques mois une mini-centrale Sock-to-Power. Les premiers retours sont trĂšs encourageants : « on n’a plus de factures d’électricitĂ©, mais on a dĂ» interdire les sandales », confie la directrice technique de l’établissement, Dora Dee. D’autres pistes sont Ă  l’étude : l’utilisation de sous-vĂȘtements, de chaussures de randonnĂ©e, et mĂȘme de gants de toilette.

Ceci est notre poisson d'avril 2025 🐟

L’article Produire de l’électricitĂ© par fermentation des chaussettes sales, c’est possible est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Un mini réacteur nucléaire français pour chauffer le CEA de Cadarache ?

31 mars 2025 Ă  14:36

Si les projets de nouveau nucléaire rivalisent de créativité en France et dans le monde, les exemples de réalisations concrÚtes ne sont pas encore au rendez-vous. Le gouvernement aurait enfin pris une décision pour le site de Cadarache. De quoi donner une chance à un de ces petits nouveaux.

Calogena dĂ©veloppe le Cal-30, un petit rĂ©acteur modulaire (SMR) de 30 MW thermiques, destinĂ© exclusivement Ă  la production de chaleur, notamment pour le chauffage urbain. Nous rapportions dans nos colonnes en fin d’annĂ©e derniĂšre, que la start-up du groupe GorgĂ© manifestait de l’intĂ©rĂȘt pour le projet d’Helsinki de se doter d’une source d’énergie nuclĂ©aire pour alimenter son rĂ©seau de chaleur urbain ; la capitale de la Finlande est en effet dotĂ©e d’un rĂ©seau de chaleur parmi les plus importants du monde.

L’entreprise a dĂ©posĂ© il y a peu son Dossier d’option de sĂ»retĂ© (DOS) auprĂšs de l’AutoritĂ© de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire et de radioprotection (ASNR), marquant ainsi une premiĂšre Ă©tape de son processus de certification. Dans le cadre de sa dĂ©marche visant Ă  concrĂ©tiser son projet, elle cherche par ailleurs un site pour construire une tĂȘte de sĂ©rie.

À lire aussi Fusion nuclĂ©aire : la France bat un record de durĂ©e de plasma

Décarboner un site nucléaire
 qui se chauffe au gaz fossile !

Il semblerait que ce site soit Cadarache, le vaste site de recherche nuclĂ©aire du CEA (Commissariat Ă  l’énergie nuclĂ©aire et aux Ă©nergies alternatives) dans les Bouches-du-RhĂŽne. Le choix de cet emplacement prĂ©sente plusieurs intĂ©rĂȘts. En premier lieu, il est dĂ©jĂ  dotĂ© d’un rĂ©seau de chaleur, aujourd’hui alimentĂ© au gaz naturel fossile – et l’ironie pourrait prĂȘter sourire pour un site aussi important dans l’histoire de la filiĂšre nuclĂ©aire française.

Par ailleurs, il s’agit d’un site dĂ©jĂ  nuclĂ©arisĂ© par plusieurs rĂ©acteurs, ce qui implique sans doute de moindres difficultĂ©s en ce qui concerne les dĂ©marches administratives d’autorisation. Il existe par ailleurs plusieurs autres projets de construction Ă  proximitĂ© (le rĂ©acteur de fusion ITER, le rĂ©acteur de recherche Jules Horowitz RJH), et on peut supposer que ce soit favorable Ă©galement en termes d’infrastructure et de logistique.

Cette dĂ©cision aurait Ă©tĂ© prise lors du quatriĂšme Conseil de politique nuclĂ©aire (CPN), qui s’est tenue Ă  l’ÉlysĂ©e le 17 mars. Une chance serait donc donnĂ©e Ă  Calogena de faire ses preuves, tout en dĂ©carbonant un site emblĂ©matique du nuclĂ©aire. Notons toutefois que pour le moment, cette dĂ©cision n’a pas fait l’objet d’une confirmation officielle.

L’article Un mini rĂ©acteur nuclĂ©aire français pour chauffer le CEA de Cadarache ? est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Émissions record de CO2, avĂšnement de la voiture Ă©lectrique : les contradictions relevĂ©es par l’Agence internationale de l’énergie en 2024

Par : Ugo PETRUZZI
31 mars 2025 Ă  04:45

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publiĂ© son observation annuelle 2024 du secteur de l’énergie. Elle relĂšve notamment une hausse de la consommation d’énergie (+2,2 %), qu’une voiture vendue sur cinq est Ă©lectrique et des Ă©missions records de CO2.

La consommation d’électricitĂ© a bondi de 4,3 % en 2024, relĂšve l’AIE dans son rapport annuel, avec +1 100 tĂ©rawattheures (TWh) sur le rĂ©seau mondial. Elle s’explique par la multiplication des systĂšmes de refroidissement face aux tempĂ©ratures extrĂȘmes, l’électrification croissante des transports et de l’industrie et le dĂ©ploiement des centres de donnĂ©es et de l’intelligence artificielle.

Alors que la demande en Ă©lectricitĂ© Ă©tait en berne dans les pays dĂ©veloppĂ©s, Ă  rebours de la tendance d’électrification et de dĂ©carbonation, la tendance commence Ă  s’inverser. Aux États-Unis et en France, la demande a renouĂ© avec la croissance.

À lire aussi Ces nouvelles centrales au charbon que le monde continue d’installer à tour de bras

Le pétrole en recul, le gaz en hausse

La part du pĂ©trole dans le mix Ă©nergĂ©tique mondial est tombĂ©e, pour la premiĂšre fois depuis longtemps, sous les 30 %. Elle culminait Ă  46 % il y a cinquante ans. En revanche, la consommation de gaz naturel a enregistrĂ© la plus forte progression parmi les Ă©nergies fossiles (+2,7 %, 115 milliards de mĂštres cubes supplĂ©mentaires) portĂ©e par l’Asie. La croissance du charbon ralentit cependant (+1 %).

CĂŽtĂ© Ă©lectricitĂ©, les Ă©nergies renouvelables et le nuclĂ©aire ont couvert 80 % de l’augmentation de la production d’électricitĂ© en 2024. La part combinĂ©e du nuclĂ©aire et des renouvelables dans la production Ă©lectrique mondiale a atteint un pic Ă  40 %. Dans l’Union europĂ©enne, la production solaire et Ă©olienne a dĂ©passĂ© pour la premiĂšre fois celle combinĂ©e du gaz et du charbon. Aux États-Unis, leur part a grimpĂ© Ă  16 %, dĂ©passant celle du charbon, et mĂȘme en Chine prĂšs de 20 % du mix Ă©lectrique.

À lire aussi Plus de 800 centrales Ă  charbon dans le monde pourraient ĂȘtre fermĂ©es de maniĂšre rentable

+ 25 % de ventes de véhicules électriques

La mobilitĂ© Ă©lectrique poursuit son expansion, avec une voiture sur cinq vendue dans le monde dĂ©sormais Ă©lectrique. Les ventes ont progressĂ© de plus de 25 % en 2024, notamment en Chine, oĂč elles ont enregistrĂ© une hausse de prĂšs de 40 %. Si la transition Ă©nergĂ©tique s’accĂ©lĂšre, les Ă©missions de CO2 liĂ©es au secteur Ă©nergĂ©tique ont, elles, atteint un niveau record en 2024 (+0,8 %). Les tempĂ©ratures extrĂȘmes de l’annĂ©e ont contribuĂ© pour moitiĂ© Ă  cette augmentation des Ă©missions.

L’AIE note que le dĂ©ploiement des Ă©nergies bas-carbone permet d’éviter l’émission de 2,6 milliards de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 7 % des Ă©missions mondiales.

L’article Émissions record de CO2, avĂšnement de la voiture Ă©lectrique : les contradictions relevĂ©es par l’Agence internationale de l’énergie en 2024 est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Pourquoi le monde restera obÚse de son pétrole en 2025

30 mars 2025 Ă  14:34

Rien n’est encore gagnĂ©, pour la transition Ă©nergĂ©tique. MalgrĂ© des chiffres records en matiĂšre de production d’énergie renouvelable, le pĂ©trole reste le mĂštre Ă©talon mondial, en matiĂšre d’énergie. 

Comme tous les mois, l’Agence internationale de l’énergie vient de publier son rapport sur le marchĂ© pĂ©trolier pour fĂ©vrier 2025. Riche en enseignements, ce rapport tĂ©moigne du dĂ©sĂ©quilibre qui semble se crĂ©er entre l’offre et la demande de pĂ©trole sur l’annĂ©e 2025.

Ce rapport montre que la baisse du recours aux Ă©nergies fossiles n’est pas encore d’actualitĂ©. En effet, l’annĂ©e 2025 devrait ĂȘtre marquĂ©e par une hausse des besoins en pĂ©trole estimĂ©e Ă  1,1 million de barils par jour (mbpj). Cette hausse est principalement liĂ©e aux besoins grandissants de la Chine, en particulier pour son industrie pĂ©trochimique. La consommation totale devrait donc atteindre 103,9 millions de barils par jour. Cette situation dans le secteur pĂ©trolier ne fait que confirmer les observations faites au sujet de la consommation de gaz : le monde n’est pas encore prĂȘt Ă  se dĂ©faire des Ă©nergies fossiles.

À lire aussi MalgrĂ© l’essor des Ă©nergies bas-carbone, la consommation mondiale de gaz a encore augmentĂ© en 2024

Réelle décroissance des besoins, ou situation macroéconomique complexe ?

NĂ©anmoins, il est intĂ©ressant de noter que l’offre mondiale devrait augmenter d’autant plus, et surpasser la demande de pĂ©trole Ă  hauteur de 600 000 bpj. Cette diffĂ©rence entre offre et demande pourrait mĂȘme atteindre 1 million de bp/j si l’Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pĂ©trole et ses alliĂ©s) prolonge la hausse de production au-delĂ  du mois d’avril. Parmi ces pays, on peut citer le Kazakhstan qui dĂ©passe ses objectifs de production fixĂ©s par l’Opep+, Il en va de mĂȘme pour l’Iran et le Venezuela qui ont augmentĂ© leur production en prĂ©vision de potentielles futures restrictions. Hors Opep+, de nombreux pays produisent Ă©galement Ă  des niveaux records avec les États-Unis en tĂȘte.

MalgrĂ© le dĂ©veloppement massif des Ă©nergies renouvelables Ă  travers le monde, le constat est sans appel : le pĂ©trole reste le facteur dĂ©cisif d’une Ă©conomie mondiale tourmentĂ©e, et la source de tensions grandissantes entre les puissances Ă©conomiques actuelles. Les États-Unis, moteurs de cette situation, viennent de menacer d’une hausse de 25 % des droits de douane tout pays qui achĂšterait du pĂ©trole au Venezuela.

L’article Pourquoi le monde restera obĂšse de son pĂ©trole en 2025 est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

En accueillant une centrale nucléaire, ces villages français sont devenus de petits Dubaï

30 mars 2025 Ă  05:09

Parfois qualifiĂ©es « d’émirats municipaux », les communes accueillant les centrales nuclĂ©aires françaises sont gĂ©nĂ©ralement trĂšs bien loties. Cette situation devrait perdurer avec le programme de relance du nuclĂ©aire qui prĂ©voit la construction de 6 EPR2. 

Si le financement dĂ©finitif des deux EPR2 de Penly n’a pas encore Ă©tĂ© validĂ©, les travaux prĂ©paratoires, eux, ont bel et bien commencĂ©. Sur le site de la centrale, les Ă©quipes d’Eiffage GĂ©nie Civil s’affairent autour de l’emplacement des deux futurs rĂ©acteurs dans le but de prĂ©parer la plateforme, et de renforcer la digue existante. Mais il n’y a pas que sur le site de la centrale que les projets de travaux s’accumulent.

Les chiffres sont impressionnants : on prĂ©voit prĂšs de 9 000 places de parking supplĂ©mentaires, 6 000 nouveaux logements, et un nouvel hĂŽpital de 45 millions d’euros, qu’EDF a aidĂ© Ă  financer. L’impact du chantier des 2 EPR2 va jusqu’à Dieppe, oĂč le service des urgences devrait ĂȘtre agrandi, et la gare modernisĂ©e. Au TrĂ©port, la municipalitĂ© a mĂȘme rachetĂ© un camping Ă  la ferme pour accueillir des ouvriers du chantier, et ainsi Ă©viter l’engorgement des campings municipaux.

À lire aussi Y a-t-il vraiment un problĂšme avec le bĂ©ton des futurs rĂ©acteurs EPR de Penly ?

Des communes abreuvĂ©es d’emplois

Ce branle-bas de combat gĂ©nĂ©ral est loin d’ĂȘtre anecdotique pour Petit-Caux, la nouvelle commune qui englobe 18 communes rĂ©parties autour de la centrale. Au plus fort de l’activitĂ©, ce sont prĂšs de 8 000 salariĂ©s qui sont attendus sur le chantier, soit presque autant que toute la population de la commune. Dans bien des cas, les salariĂ©s devraient d’ailleurs venir avec leur famille, augmentant d’autant plus les besoins des collectivitĂ©s locales.

MĂȘme pendant la phase d’exploitation, Ă  partir de 2038 si tout va bien, ce sont plus de 3 000 personnes qui devraient continuer de travailler sur le site. De ce fait, les capacitĂ©s de toutes les infrastructures publiques vont devoir ĂȘtre revues Ă  la hausse : Ă©coles, lycĂ©es, Ă©quipements sportifs, etc.

EDF aménage des espaces naturels autour de ses centrales

VĂ©ritable conscience Ă©cologique, ou simple outil de communication ? Depuis le dĂ©but du programme nuclĂ©aire, EDF a pris l’habitude de soigner les espaces naturels aux abords de ces centrales. On peut souvent y trouver des sentiers de randonnĂ©e, et mĂȘme une zone naturelle d’intĂ©rĂȘt Ă©cologique, faunistique et floristique Ă  proximitĂ© directe de la centrale de Nogent-sur-Seine.

À lire aussi Relance du nuclĂ©aire : doit-on forcĂ©ment opter pour des EPR2 ?

Centres aquatiques, festivals et coquetteries

Heureusement, les communes qui accueillent des centrales nuclĂ©aires bĂ©nĂ©ficient historiquement d’une situation Ă©conomique (trĂšs) favorable. DĂšs le dĂ©but du programme nuclĂ©aire, dans les annĂ©es 1960, EDF a privilĂ©giĂ© l’installation des centrales dans de petites communes rurales, Ă  quelques exceptions prĂšs. Comme l’explique ce dossier, rĂ©alisĂ© par GĂ©oconfluences, en dĂ©cembre 2017, ces petites communes ont pu profiter de taxes fonciĂšres sur bĂąti et non bĂąti dont le montant repose sur la valeur des biens prĂ©sents dans les centrales.

Comprenez qu’EDF verse des taxes trĂšs Ă©levĂ©es Ă  des communes comptant peu d’administrĂ©s. Ces retombĂ©es fiscales ont permis Ă  ces communes de rĂ©aliser des travaux d’embellissement, et bien plus encore. Le village de Belleville-sur-Loire, par exemple, qui accueille la Centrale de Belleville, a procĂ©dĂ© Ă  l’enfouissement de l’ensemble des rĂ©seaux Ă©lectriques et tĂ©lĂ©phoniques de la commune. Du fait de ces budgets municipaux trĂšs Ă©levĂ©s, les communes en question ont pu multiplier les investissements dans des infrastructures de loisir particuliĂšrement inhabituelles compte tenu de leur nombre d’habitants.

Par exemple, les villages d’Avoine (1 900 habitants), Golfech (1 000 habitants) ou Dampierre-en-Burly (1 400 habitants) possĂšdent tous les trois des piscines, voire mĂȘme des centres aquatiques ! Certaines de ces communes ont mĂȘme organisĂ© des festivals Ă  portĂ©e internationale, Ă  l’image de Belleville-sur-Loire avec Val en Jazz ou Avoine avec Avoine Zone Groove.

À lire aussi En accueillant une centrale nuclĂ©aire, ces villages français sont devenus de petits DubaĂŻ

Une pluie d’avantages pour les habitants

Pour les habitants, les avantages ne s’arrĂȘtent pas lĂ . Avant qu’elle soit supprimĂ©e, la taxe d’habitation Ă©tait Ă©galement trĂšs avantageuse dans les communes concernĂ©es. À Avoine, en 2016, elle Ă©tait affichĂ©e Ă  seulement 0,10 % contre 12 % de moyenne pour les autres communes similaires du dĂ©partement. Enfin, d’autres services ont pu ĂȘtre dĂ©ployĂ©s comme Ă  Chooz. Dans le petit village de 800 habitants, chaque foyer est gratuitement Ă©quipĂ© de la fibre optique, et d’un dĂ©codeur donnant accĂšs au bouquet de chaĂźnes de Canalsat.

Du fait de cette situation financiĂšre exceptionnelle, on comprendra donc pourquoi les habitants des communes accueillant des centrales nuclĂ©aires sont gĂ©nĂ©ralement favorable Ă  la prĂ©sence de la centrale. Le dĂ©bat autour de la potentielle fermeture de Fessenheim, en 2012, en est l’exemple parfait. Les communes ayant affichĂ© un soutien au maintien de la centrale Ă©taient toutes situĂ©es Ă  proximitĂ© directe du site, tandis que le reste du dĂ©partement appelaient globalement Ă  la fermeture du site.

L’article En accueillant une centrale nuclĂ©aire, ces villages français sont devenus de petits DubaĂŻ est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Les vieux puits de pĂ©trole et de gaz pourraient stocker de grandes quantitĂ©s d’électricitĂ©

29 mars 2025 Ă  16:08

Parmi les systĂšmes de stockage, celui par air comprimĂ© est intrinsĂšquement intĂ©ressant. Jusqu’ici, il coĂ»tait toutefois encore trop cher de le mettre en Ɠuvre. Mais des chercheurs ont peut-ĂȘtre trouvĂ© une solution.

Tout le monde le sait dĂ©sormais. Si nous voulons rĂ©ussir Ă  faire la part belle aux Ă©nergies renouvelables intermittentes, il nous faudra nous Ă©quiper de systĂšmes de stockage de l’électricitĂ©. Des batteries, bien sĂ»r. Mais aussi d’autres technologies. Comme celle que les experts connaissent sous le nom de CAES. CAES, c’est l’acronyme de compressed-air energy storage. Comprenez, stockage d’énergie par air comprimĂ©. L’idĂ©e est intĂ©ressante : utiliser de l’électricitĂ© verte quand elle est disponible en quantitĂ© pour comprimer de l’air et le stocker sous terre. Lorsque l’électricitĂ© renouvelable se fait rare, la dĂ©compression de cet air permet de complĂ©ter la production pour rĂ©pondre Ă  la demande. Toutefois, tout cela coĂ»te aujourd’hui encore un peu cher pour sĂ©duire les industriels.

À lire aussi Pourquoi le pĂ©trole et le gaz tuent plus d’oiseaux que les Ă©oliennes

Un stockage d’énergie par air comprimĂ© assistĂ© par gĂ©othermie

Mais des chercheurs de l’universitĂ© Penn State (États-Unis) viennent de faire une dĂ©couverte qui pourrait tout changer en la matiĂšre. Ils rapportent en effet qu’exploiter les infrastructures existantes d’anciens puits de pĂ©trole et de gaz pour stocker l’air comprimĂ© pourrait aider Ă  rĂ©duire les coĂ»ts initiaux tout en amĂ©liorant l’efficacitĂ© des CAES de 9,5 %. De quoi enfin dĂ©passer le seuil de rentabilitĂ© de ce type de projet.

Ce que les modĂ©lisations et les simulations numĂ©riques ont montrĂ©, c’est que l’installation de CAES dans des puits de pĂ©trole ou de gaz abandonnĂ©s augmente considĂ©rablement la tempĂ©rature de l’air dans ces systĂšmes. Or, la pression des gaz augmente naturellement avec la tempĂ©rature. Ainsi les quelque 3,9 millions de ces puits recensĂ©s, rien qu’aux États-Unis, pourraient-ils stocker davantage d’énergie. GrĂące Ă  une sorte de nouveau systĂšme de stockage par air comprimĂ© assistĂ© par gĂ©othermie.

À lire aussi Ces projets de forages pĂ©troliers en France mĂ©tropolitaine qui font polĂ©mique

Des effets collatéraux intéressants

Les chercheurs n’hĂ©sitent pas Ă  qualifier leur nouvelle idĂ©e d’« excellente solution ». D’autant qu’ils expliquent que la rĂ©utilisation de ces anciens puits de pĂ©trole et de gaz Ă  des fins de stockage pourrait aussi aider Ă  attĂ©nuer leur impact environnemental. Parce que les puits abandonnĂ©s, s’ils sont mal scellĂ©s, peuvent laisser Ă©chapper du mĂ©thane dans l’air. Or le mĂ©thane est lui aussi un puissant gaz Ă  effet de serre. Utiliser des puits de pĂ©trole et de gaz pour le stockage de l’énergie par air comprimĂ©, en revanche, contraint Ă  fermer hermĂ©tiquement ces puits.

Dernier atout de la mĂ©thode, et pas forcĂ©ment des moindres, le potentiel Ă©conomique pour les populations qui vivent dans ces rĂ©gions. Elles pourraient y retrouver des opportunitĂ©s d’emploi inespĂ©rĂ©es.

L’article Les vieux puits de pĂ©trole et de gaz pourraient stocker de grandes quantitĂ©s d’électricitĂ© est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Terres rares et mĂ©taux stratĂ©giques : pour gagner en souverainetĂ©, l’Europe dĂ©voile 47 projets

Par : Ugo PETRUZZI
29 mars 2025 Ă  06:04

Bruxelles a dĂ©voilĂ©, mardi, une liste de 47 projets stratĂ©giques visant Ă  sĂ©curiser l’approvisionnement de l’Union europĂ©enne en terres rares et mĂ©taux stratĂ©giques. « Soyons clairs : nous sommes dans l’obligation d’ouvrir de nouvelles mines en Europe » martĂšle StĂ©phane SĂ©journĂ©, commissaire europĂ©en chargĂ© de la prospĂ©ritĂ© et de la stratĂ©gie industrielle.

Extraction, raffinage, recyclage : l’Union europĂ©enne (UE) dĂ©voile 47 projets europĂ©ens couvrant l’ensemble de la chaĂźne de valeur des minerais. Le but : permettre Ă  l’UE de rĂ©duire sa dĂ©pendance aux importations, notamment en provenance de Chine.

Parmi les métaux concernés, le lithium occupe une place centrale, avec 22 projets dédiés. Utilisé dans la fabrication des batteries de véhicules électriques, ce métal est actuellement majoritairement importé. « Le lithium chinois ne peut pas devenir le gaz russe de demain », a averti le commissaire européen chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné.

À lire aussi La France en quĂȘte de souverainetĂ© pour les minĂ©raux de la transition Ă©nergĂ©tique

L’Europe souhaite couvrir, d’ici 2030, au moins 10 % de ses besoins en extraction, 40 % en transformation et 25 % en recyclage pour 17 matiĂšres premiĂšres stratĂ©giques, dont le nickel, le cobalt, le manganĂšse et le graphite. L’UE souhaite aussi Ă©viter qu’un seul pays tiers ne reprĂ©sente plus de 65 % de ses besoins. 13 États membres sont laurĂ©ats, dont la France qui devrait accueillir huit projets. Parmi eux, deux sites d’extraction de lithium, Ă  Beauvoir (Allier) pour le groupe Imerys et en Alsace pour Eramet.

« Il n’y a pas de dĂ©carbonation possible sans gallium pour construire les panneaux solaires, sans cuivre pour acheminer l’électricitĂ©. Pas d’industrie de dĂ©fense sans les terres rares qui rentrent dans la composition de nos radars, nos sonars, nos systĂšmes de ciblage – et pour lesquelles nous dĂ©pendons Ă  100 % de la matiĂšre raffinĂ©e chinoise » explique le commissaire.

À lire aussi La transition Ă©nergĂ©tique va-t-elle manquer de matiĂšres premiĂšres ?

Des permis accélérés et un soutien financier pour les mines

Pour ces projets, l’UE promet une simplification administrative. Les dĂ©lais d’octroi des permis ne dĂ©passeront pas 27 mois pour l’extraction et 15 mois pour le raffinage et le recyclage, contre cinq Ă  dix ans actuellement. Le financement est Ă©galement sĂ©curisĂ© : deux milliards d’euros seront mobilisĂ©s en 2025 via la Banque europĂ©enne d’investissement. Ces projets bĂ©nĂ©ficieront aussi d’un soutien Ă  la mise en relation avec des acheteurs industriels.

L’UE tire les leçons de sa dĂ©pendance passĂ©e dont la guerre en Ukraine a montrĂ© l’intĂ©rĂȘt stratĂ©gique. « Il y a une dimension d’urgence qu’il n’y avait pas il y a trois ou quatre mois », depuis le retour de Donald Trump, a reconnu StĂ©phane SĂ©journĂ©. En complĂ©ment de ces projets, l’UE prĂ©voit d’annoncer dans les semaines Ă  venir une liste d’initiatives situĂ©es hors de son territoire, notamment en Ukraine et au Groenland. Un second appel Ă  projets intra-europĂ©en est aussi prĂ©vu cette annĂ©e.

L’article Terres rares et mĂ©taux stratĂ©giques : pour gagner en souverainetĂ©, l’Europe dĂ©voile 47 projets est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Panneaux solaires : voici l’énorme baisse des tarifs de rachat de l’électricitĂ© par EDF

Par : Ugo PETRUZZI
28 mars 2025 Ă  15:24

Le gouvernement a publiĂ©, le 27 mars, un arrĂȘtĂ© modifiant le dispositif de soutien au petit photovoltaĂŻque sur bĂątiment. Applicable dĂšs le 28 mars, il rĂ©duit considĂ©rablement les aides publiques pour un secteur qui en a dĂ©sormais moins besoin.

L’arrĂȘtĂ© photovoltaĂŻque S21 dĂ©finissant le soutien public au petit photovoltaĂŻque a Ă©tĂ© publiĂ© le 27 mars par le gouvernement. C’est lui qui segmente les aides suivant la puissance des installations. Pour les centrales solaires infĂ©rieures Ă  9 kilowatts crĂȘte (kWc), l’arrĂȘtĂ© supprime tout bonnement la possibilitĂ© de vendre sa production en totalitĂ© (sans autoconsommation). Ceux qui voudraient opter pour l’autoconsommation avec vente du surplus devront composer avec un tarif nettement rabotĂ© : de 0,1269 €/kWh le trimestre dernier, il passe Ă  0,04 €/kWh. Une baisse de plus de 68 % qui rend cette option sans intĂ©rĂȘt face Ă  l’autoconsommation totale, sans contrat auprĂšs d’EDF OA.

À lire aussi Panneaux solaires : voici l’énorme baisse des tarifs de rachat de l’électricitĂ© par EDF

La prime Ă  l’autoconsommation est Ă©galement rĂ©duite Ă  peau de chagrin, passant de 210 €/kWc Ă  80 €/kWc pour les centrales jusqu’à 3 kWc et de 160 €/kWc Ă  80 €/kWc pour les centrales de plus de 3 kWc jusqu’à 9 kWc.

PrĂ©sentĂ©e comme un moyen d’offrir aux particuliers une meilleure rĂ©silience face aux fluctuations des prix de l’électricitĂ©, la dĂ©cision de baisser le soutien public a suscitĂ© des rĂ©actions mitigĂ©es. La filiĂšre solaire plaidait pour que ces baisses n’interviennent qu’aprĂšs l’instauration d’une TVA rĂ©duite Ă  5,5 % en octobre 2025.

Tableau des tarifs d’achat de l’électricitĂ© solaire au deuxiĂšme trimestre 2025 / CRE.

Les centrales de plus grande puissance bĂ©nĂ©ficient d’un sursis

Les installations solaires d’une puissance supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  9 kWc et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  36 kWc bĂ©nĂ©ficient de tarifs inchangĂ©s pour l’instant, en vente totale (0,1295 €/kWh) comme en autoconsommation avec vente du surplus (0,0761 €/kWh). Pour les centrales de 100 Ă  500 kWc, le tarif d’achat baisse lĂ©gĂšrement Ă  0,95 €/kWh jusqu’à fin juin 2025, avant d’ĂȘtre soumis Ă  un mĂ©canisme de dĂ©gressivitĂ©.

Par ailleurs, un systĂšme d’appel d’offres simplifiĂ© sera mis en place Ă  partir du second semestre 2025, afin de mieux contrĂŽler le volume des projets et d’en garantir la maturitĂ©. Un dispositif de caution bancaire de 10 000 euros sera Ă©galement instaurĂ© pour s’assurer du sĂ©rieux des porteurs de projet. Pour les collectivitĂ©s, une dĂ©libĂ©ration municipale remplacera cette caution.

MalgrĂ© les consultations menĂ©es avec les acteurs du secteur, notamment via la Commission de RĂ©gulation de l’Énergie (CRE) et le Conseil SupĂ©rieur de l’Énergie (CSE), cet arrĂȘtĂ© inquiĂšte toujours les professionnels.

À lire aussi ÉlectricitĂ© Ă  prix nĂ©gatifs : comment le gestionnaire du rĂ©seau français veut y mettre fin

Un frein pour le dĂ©veloppement de l’énergie solaire ?

Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) redoutent un frein au développement des installations sur toitures et ombriÚre. En particulier, la dégressivité des tarifs, effective dÚs la publication du texte pour les installations de 9 à 100 kWc, est perçue comme un risque pour la rentabilité des projets.

Le ministre de l’Énergie, Marc Ferracci, dĂ©fend cette trajectoire. « Cet arrĂȘtĂ© illustre la mĂ©thode Ă  laquelle je tiens : garder le cap de la trajectoire pluriannuelle de l’énergie, veiller Ă  l’impact sur les finances publiques, Ă©changer avec les filiĂšres et sĂ©curiser, Ă  l’issue de cette concertation, le dĂ©veloppement du photovoltaĂŻque indispensable Ă  la sĂ©curisation de notre Ă©nergie et Ă  notre souverainetĂ© », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Avec l’arrĂȘtĂ©, l’exĂ©cutif met en avant d’autres dispositifs de soutien, comme les rĂ©cents appels d’offres pour le photovoltaĂŻque au sol et sur bĂątiment, qui ont dĂ©jĂ  dĂ©signĂ© plusieurs centaines de mĂ©gawatts crĂȘte de capacitĂ©.

L’article Panneaux solaires : voici l’énorme baisse des tarifs de rachat de l’électricitĂ© par EDF est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

1 milliard de tonne de charbon produit : pourquoi l’Inde en est si fiùre ?

28 mars 2025 Ă  05:29

C’est avec une certaine fiertĂ© que l’Inde vient d’annoncer avoir franchi la barre symbolique du milliard de tonne de charbon produit en une annĂ©e. Cette annonce remet en perspective l’état de la transition Ă©nergĂ©tique Ă  l’échelle mondiale. 

C’est par le biais d’un post sur le rĂ©seau social X (ex-Twitter) que le ministĂšre indien du charbon a annoncĂ© avoir franchi le cap des 1 milliard de tonne de charbon produit en une annĂ©e. En passant ce cap, l’Inde conforte sa position de deuxiĂšme producteur mondial de charbon avec un part de 9,3 %. D’un point de vue europĂ©en, l’annonce a de quoi surprendre.

Si le gaz et le pĂ©trole sont encore massivement utilisĂ©s, le charbon, lui, est clairement sur la pente descendante en raison de ses effets environnementaux et sanitaires. En France, il ne reste plus que deux centrales Ă  charbon encore utilisĂ©es, et le Royaume-Uni s’apprĂȘte Ă  fermer son unique centrale utilisant ce type d’énergie. MĂȘme l’Allemagne, dont la production d’énergie repose encore massivement sur le charbon et le lignite (21,3 % du mix Ă©lectrique), ne cesse de fermer des centrales.

đ‡đąđŹđ­đšđ«đąđœ đŒđąđ„đžđŹđ­đšđ§đž! 🇼🇳

India has crossed a monumental 1 BILLION TONNES of coal production!

With cutting-edge technologies and efficient methods, we’ve not only increased production but also ensured sustainable and responsible mining. This achievement will fuel
 pic.twitter.com/KRGOBQ1SA7

— G Kishan Reddy (@kishanreddybjp) March 21, 2025

1,5 milliard de tonnes de charbon d’ici 2030

L’Inde et la Chine sont donc dans une toute autre dynamique que l’Europe en matiĂšre de charbon. En 2023, l’Inde a consommĂ© plus de charbon que toute l’Europe et les AmĂ©riques rĂ©unies, du fait d’un mix Ă©lectrique reposant Ă  72 % sur cette Ă©nergie. D’ailleurs, poussĂ©e par les deux pays, la consommation mondiale de charbon a augmentĂ© de 10 % sur les 10 derniĂšres annĂ©es.

Le recours massif au charbon de l’Inde s’explique en partie par sa trĂšs grande densitĂ© de population. S’il se place au troisiĂšme rang mondial en termes de consommation d’électricitĂ©, sa consommation par habitant ne reprĂ©sente que 20 % de celle de la France. Mais le pays doit fournir de l’électricitĂ© Ă  plus d’1,4 milliard de personnes, soit le double de la population europĂ©enne. Dans ce contexte, le charbon, dont le pays possĂšde de grandes quantitĂ©s, constitue un moyen rapide et efficace de produire de l’électricitĂ©, tout en assurant une forme de souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique. Le pays compte continuer d’exploiter massivement ses rĂ©serves, estimĂ©es Ă  122 milliards de tonnes, et atteindre une cadence de 1,5 milliard de tonnes produit par an d’ici 2030.

À lire aussi Ces nouvelles centrales au charbon que le monde continue d’installer à tour de bras

L’Inde investit Ă©galement dans les Ă©nergies bas-carbone

En parallĂšle, le pays mise aussi sur l’avenir avec les Ă©nergies renouvelables, en mettant en Ɠuvre parmi les plus grandes centrales photovoltaĂŻques et Ă©oliennes du monde. Enfin, le pays compte Ă©galement accĂ©lĂ©rer sur le nuclĂ©aire et vise les 100 GW installĂ©s d’ici 2047. Ces objectifs restent insuffisants pour compenser les plus de 237 GW de centrales Ă  charbon en activitĂ© dans le pays.

La Chine reste loin devant

Si la Chine est championne du dĂ©ploiement d’énergies renouvelables, elle est Ă©galement championne du charbon. Entre 2000 et 2022, le pays a augmentĂ© sa production d’électricitĂ© Ă  partir du charbon de 421 % ! Le charbon reprĂ©sente, en 2022, 62 % de son mix Ă©lectrique. En termes de production, la Chine bat Ă©galement des records. Celle-ci s’élevait Ă  3,9 milliards de tonnes par an en 2020, et pourrait dĂ©passer les 4 milliards en 2025. 

L’article 1 milliard de tonne de charbon produit : pourquoi l’Inde en est si fiĂšre ? est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Sans charbon ni biomasse, la centrale EDF de Cordemais peine à se trouver un avenir énergétique

27 mars 2025 Ă  05:44

EDF est priĂ© de revoir sa copie, concernant le destin de la centrale de Cordemais. Quelques mois aprĂšs l’annonce de la fin d’un projet de conversion Ă  la biomasse, le SĂ©nat demande que l’activitĂ© de production ou de stockage d’électricitĂ© soit maintenu aprĂšs la fermeture de la centrale. 

Que va devenir la centrale Ă©lectrique de Cordemais ? Une chose est sĂ»re : Ă  partir de 2027, elle ne produira plus d’électricitĂ© Ă  partir de charbon. Mais au-delĂ , rien n’est encore dĂ©cidĂ©. Il y a bien eu le projet Ecocombust 2, qui devait permettre la reconversion de l’une des deux derniĂšres centrales Ă  charbon du pays Ă  la biomasse. Mais en fin d’annĂ©e 2024, EDF a finalement dĂ©cidĂ© d’abandonner le projet, par crainte d’un manque de rentabilitĂ©.

L’électricien français a bien une idĂ©e en tĂȘte, et souhaite transformer le site en usine de production de tuyaux pour les EPR2. Le site pourrait entrer en service Ă  partir de 2029, et serait gĂ©rĂ© par Framatome. Mais il y a un hic : cette usine de production ne permettrait d’assurer qu’une centaine d’emplois dans un premier temps, et 200 emplois Ă  terme. On est donc loin des 328 salariĂ©s d’EDF qui travaillent actuellement sur le site.

À lire aussi La centrale au charbon de Cordemais enfin reconvertie à la biomasse ?

Fabrication de tuyaux ou production d’électricitĂ© ?

Dans cette situation, les sĂ©nateurs de Loire-Atlantique viennent de faire voter un projet d’amendement auprĂšs de la commission des affaires Ă©conomiques du SĂ©nat. Cet amendement, qui vient d’ĂȘtre adoptĂ©, contraint EDF Ă  proposer un plan de conversion de la centrale, soit pour assurer une production d’électricitĂ© Ă  partir d’énergies renouvelables, soit pour stocker de l’électricitĂ©. Selon la sĂ©natrice Karine Daniel, le site a une grande importance dans le mix Ă©nergĂ©tique français, et doit conserver son rĂŽle dans l’équilibre du rĂ©seau Ă©lectrique. Pilotable, la centrale a, en effet, l’avantage de permettre Ă  EDF d’ajuster efficacement sa production d’électricitĂ© en fonction de la demande.

Il semble donc qu’EDF soit contraint de revoir – ou complĂ©ter – ses plans pour remettre la production d’électricitĂ© au cƓur du projet Cordemais. Compte tenu de ses infrastructures Ă©lectriques, le site pourrait ĂȘtre converti en batterie stationnaire, ou pourrait mĂȘme accueillir un SMR, comme Ă©voquĂ© fin 2023 par Christelle Morançais, prĂ©sidente de la rĂ©gion Pays de Loire.

L’article Sans charbon ni biomasse, la centrale EDF de Cordemais peine Ă  se trouver un avenir Ă©nergĂ©tique est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

Les prix de l’électricitĂ© baissent mais restent volatiles en Europe

Par : Ugo PETRUZZI
26 mars 2025 Ă  06:00

En 2024, le marchĂ© europĂ©en de l’électricitĂ© a connu des prix plus bas qu’en 2023, atteignant en moyenne 81 euros par mĂ©gawattheure (€/MWh), selon le rapport de l’Agence de coopĂ©ration des rĂ©gulateurs de l’énergie (ACER).

La baisse des prix de l’électricitĂ© par rapport aux sommets de la crise Ă©nergĂ©tique de 2022 est certaine, constate le rĂ©gulateur europĂ©en : ils sont passĂ©s de 227 Ă  81 €/MWh. Mais cette tendance cache leur volatilitĂ©, alimentĂ©e par l’intermittence des Ă©nergies renouvelables et l’influence persistante du gaz sur la formation des prix. L’augmentation de la production d’énergies renouvelables, combinĂ©e au retour en puissance du parc nuclĂ©aire français, a permis de rĂ©duire la dĂ©pendance aux combustibles fossiles.

En 2024, les Ă©nergies renouvelables ont reprĂ©sentĂ© 34 % de la production d’électricitĂ© en Europe. Elles ont permis de faire chuter les prix, en particulier au printemps et en Ă©tĂ© avec les pleines capacitĂ©s de production solaire et Ă©olienne. En revanche, l’abondance d’électricitĂ© intermittente a aussi eu pour effet d’augmenter le nombre d’épisodes de prix nĂ©gatifs. Ces derniers, oĂč les producteurs doivent payer pour injecter leur Ă©lectricitĂ© sur le rĂ©seau, ont augmentĂ© de 50 % par rapport Ă  2023. Il illustre la difficile adĂ©quation entre l’offre et la demande avec les renouvelables, faute de flexibilitĂ© suffisante sur le rĂ©seau.

À lire aussi Le prix de l’électricitĂ© chez les fournisseurs alternatifs n’est plus aussi allĂ©chant depuis la baisse des tarifs rĂ©glementĂ©s

Une volatilitĂ© exacerbĂ©e par le gaz et l’absence de stockage

MalgrĂ© la baisse des prix moyens, l’ACER souligne que le gaz joue toujours un rĂŽle important dans l’équilibre du marchĂ© de l’électricitĂ©. En effet, les centrales Ă  gaz restent indispensables lors des pĂ©riodes de forte demande oĂč de faible production renouvelable, maintenant une corrĂ©lation entre les prix du gaz et ceux de l’électricitĂ©.

En 2024, les prix du gaz sont descendus Ă  34 €/MWh en moyenne, mais les tensions sur l’approvisionnement et les fluctuations du marchĂ© international ont entraĂźnĂ© des hausses ponctuelles rĂ©percutĂ©es sur l’électricitĂ©. L’absence actuelle de flexibilitĂ© du systĂšme Ă©nergĂ©tique reste encore un point faible. Le stockage d’électricitĂ©, via les batteries ou le pompage-turbinage, est encore trop limitĂ© pour absorber les surplus renouvelables et pallier les creux de production.

À lire aussi Les prix de l’électricitĂ© baissent mais restent volatiles en Europe

DĂ©velopper les interconnexions

Aussi, le dĂ©veloppement des interconnexions entre pays europĂ©ens, qui permet une meilleure rĂ©partition de l’électricitĂ© disponible entre les besoins des pays, « doit encore progresser » selon l’ACER. L’ACER pointe un autre problĂšme : la forte variabilitĂ© des prix de l’électricitĂ© au sein d’une mĂȘme journĂ©e. En 2024, les fluctuations dĂ©passant 50 €/MWh entre le prix le plus bas et le plus haut ont Ă©tĂ© observĂ©es lors de 70 % des journĂ©es de l’annĂ©e. Cette instabilitĂ© complique la prĂ©visibilitĂ© des coĂ»ts pour les consommateurs et les industriels.

L’agence europĂ©enne appelle donc Ă  accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement des solutions de flexibilitĂ©. Sans ces mesures, l’Europe pourrait se retrouver dans une situation oĂč l’électricitĂ© est abondante et bon marchĂ© Ă  certains moments, mais hors de prix lors des pics de consommation.

L’article Les prix de l’électricitĂ© baissent mais restent volatiles en Europe est apparu en premier sur RĂ©volution ÉnergĂ©tique.

❌
❌