Congress Wants To Hand Your Parenting To Big Tech
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Dans la guerre des semiconducteurs, les États-Unis et Taïwan annoncent la signature d’un vaste accord portant sur des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars pour produire des puces aux États-Unis. La Chine rappelle qu’elle est « toujours opposée fermement » à ce genre d’accord. Ambiance…
Le 15 janvier 2026, le département du Commerce des États-Unis a publié une fiche d’information sur un accord avec Taïwan visant à « restaurer le leadership américain dans la fabrication de semi-conducteurs grâce à un accord sur le commerce et l’investissement ».
L’enjeu est important, comme le rappelle l’AFP : « L’île fabrique plus de la moitié des puces à l’échelle mondiale, et presque la totalité des plus perfectionnées » Certains parlent d’un « bouclier de silicium » pour Taïwan face à la Chine, qui considère que Taïwan fait partie de son territoire et menace régulièrement depuis de très nombreuses années d’un blocus ou carrément d’une invasion. À l’opposé par contre, ce bouclier « inciterait les États-Unis à la défendre ».
C’est pour rappel à Taïwan que se trouve le géant TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company). C’est le principal fondeur de semiconducteurs dans le monde. Parmi ses clients, on retrouve AMD, Intel, NVIDIA, Qualcomm… excusez du peu ! Cela fait des années que les États-Unis font les yeux doux à TSMC, cet accord est une forme de concrétisation.
L’accord prévoit que « les entreprises taïwanaises de semiconducteurs et de technologie réaliseront de nouveaux investissements directs totalisant au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis, afin de développer la production locale de puces. Il est aussi question de « garanties de crédit d’au moins 250 milliards de dollars supplémentaires ».
Enfin, les deux nouveaux meilleurs amis « établiront des parcs industriels de classe mondiale afin de renforcer les infrastructures industrielles américaines et positionner les États-Unis comme le centre mondial » de ce secteur.
Des transferts d’argent sont aussi prévus dans l’autre sens, avec « des investissements américains dans les industries taïwanaises des semi-conducteurs, de l’IA, des technologies de défense, des télécommunications et de la biotechnologie ».
À CNBC, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, chiffre ses ambitions : « Notre objectif est d’amener 40 % de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis ». Pour rappel, la nouvelle plateforme Core Intel Series 3 est la première « du processus Intel 18A conçue et fabriquée aux États-Unis ».
Le gouvernement de Donald Trump est monté cet été au capital d’Intel et le président américain a annoncé une entrée au capital d’Apple, sans que l’on sache si c’est une erreur ou une annonce qui n’a pas encore été officialisée. Avec Donald Trump, les deux sont possibles…
Le Département américain ajoute que cet accord prévoit que les « tarifs réciproques appliqués aux États-Unis aux produits taïwanais ne dépasseront pas 15 % », contre 20 % jusqu’à présent. Ces frais sont une arme dont Donald Trump n’hésite pas à se servir à tout bout de champ lors de négociations ou tentatives de passages en force.
Le site Taiwan Info, publié par le ministère des Affaires étrangères de Taïwan, rappelle que ce « taux dit “réciproque” de 15 % est identique à celui appliqué aux produits provenant des principaux partenaires commerciaux des États-Unis, tels que le Japon, la Corée du Sud et l’Union européenne ». De plus, les entreprises taïwanaises qui participeront à cet accord pourront importer davantage de produits dans des conditions avantageuses.
Taiwan Info remarque que « les États-Unis ont également accepté de fournir les ressources nécessaires, telles que des infrastructures, des terrains, des crédits d’impôt, les services publics et une aide aux demandes de visa ». Cette déclaration s’appuie sur des annonces du Yuan exécutif, la branche exécutive du gouvernement de Taïwan, rappelle Wikipédia. La version finale de cet accord doit prochainement être transmise au Parlement (Yuan législatif) pour examen.

Cet accord, qui doit donc encore être validé, est présenté par le premier ministre taïwanais Cho Jung-tai comme un « coup de maître » et « durement gagné », comme le rapporte Les Échos. Du côté de l’opposition pro-chinoise à Taïwan, ce n’est évidemment pas la même chanson. Cheng Li-wun, présidente du parti Kuomintang, affirme que cet accord pourrait « vider » l’économie de l’île, ajoutent nos confrères.
En Chine, qui revendique Taïwan comme une partie de son territoire, cet accord ne passe pas : « La Chine s’est toujours opposée fermement à la négociation et à la signature de tout accord à connotation souveraine et à caractère officiel entre la région chinoise de Taïwan et les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Les États-Unis doivent respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun.
Depuis cette annonce, le cours de la bourse de TSMC s’est envolé de près de 5 %. Ce n’est pas forcément le seul facteur. Dans le même temps, l’entreprise a en effet publié ses résultats pour le quatrième trimestre 2025, avec une hausse annuelle sur tous ses principaux indicateurs :+ 20 % sur le chiffre d’affaires et + 35 % sur les bénéfices nets. En trois mois, c’est respectivement 5,7 et 11,8 % de mieux.
La diplomatie française a intensifié son utilisation du compte French response pour ne pas laisser passer les attaques étrangères sur le réseau social d’Elon Musk. Ce compte réagit aussi aux attaques politiques du milliardaire états-unien comme du CEO de Telegram Pavel Durov.
« Ne rien céder dans la bataille des récits », c’est ainsi que Jean-Noël Barrot présentait le compte X French Response géré par la diplomatie française le 9 janvier pour les vœux aux ambassadrices et aux ambassadeurs.
Deux jours plus tard, ce compte répondait à Elon Musk sur son propre réseau avec une photo du CEO de X faisant un salut nazi lors de l’investiture de Donald Trump. Le milliardaire d’extrême droite avait précédemment provoqué son audience en demandant « Pourquoi le gouvernement britannique est-il si fasciste ? ».

En ce début d’année important géostratégiquement parlant, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères met en avant la stratégie lancée début septembre par son ministère pour contrer les discours étrangers critiquant la position de la France.
Pris via le prisme principal des manipulations de l’information venues de l’étranger, cette nouvelle communication du Quai d’Orsay se voit comme « une posture franche, teintée d’humour, de dérision, parfois d’autodérision, qui conduit à la viralité sur les réseaux sociaux, qui permet d’augmenter l’impact du message que nous voulons porter », a aussi assumé Jean-Noël Barrot devant les ambassadrices et les ambassadeurs du pays.
Car, si ce compte se permet de répondre à Elon Musk ou à Pavel Durov en pointant la prolifération de contenus pédocriminels sur Telegram pour contrer ses critiques contre la politique de l’Union européenne en la matière, il concentre surtout ses réponses vers des comptes russes et états-uniens diffusant la propagande de leurs pays respectifs, souvent avec les codes utilisés sur le réseau social X.
« Telegram lutte de longue date contre les détournements de sa plateforme, notamment la diffusion de contenus pédocriminels, via des équipes de modération spécialisées et des signalements émanant d’ONG internationales. Depuis 2018, ce dispositif s’est renforcé avec l’introduction de scans automatisés par empreinte numérique des contenus médias publiés sur la plateforme publique, ainsi que la publication de rapports de transparence quotidiens », a souhaité affirmer Telegram suite à cet article.
Ainsi, le compte du Quai d’Orsay répondait en octobre à Sputnik Afrika en remettant en question l’éthique de ses journalistes avec un mème. Comme nous l’expliquions à ses débuts, le compte a commencé en réfutant des propos du secrétaire d’État étasunien, Marco Rubio, en proposant un « factchecking » affirmant que « la reconnaissance de l’État palestinien n’a pas entraîné l’échec des négociations sur les otages ».
Plus récemment, French Response a pris des allures encore plus directement diplomatiques en réinterprétant ironiquement des photos utilisées par le département de la Sécurité intérieure américain pour illustrer la « panique » qui aurait envahi les leaders européens suite aux velléités répétées de Donald Trump de s’emparer du Groenland.
Pour le compte de la diplomatie française, « l’Europe ne panique pas, l’Europe vérifie juste que ses tempes ne se dégarnissent pas ». Ce dimanche, French Response lançait un « Make Dmitry Mannered Again (MDMA) » à un Dmitry Medvedev qui affirmait « Make America Great Again (MAGA)= Make Danmark Small Again (MDSA)= Make Europe Poor Again (MEPA). Avez-vous enfin compris, bande d’imbéciles ? ».

La France est donc entrée pleinement dans le jeu de la petite phrase publiée sur X pour faire rire et sourire les utilisateurs du réseau d’Elon Musk.
« J’étais circonspect, car cela revient à abaisser le débat public à du “tweet clash”, mais French Response a su reprendre tous les codes de la jeunesse, et tape juste », affirme le journaliste et consultant en lutte contre la désinformation Nicolas Hénin au Monde.
Dans son discours aux ambassadrices et ambassadeurs, Jean-Noël Barrot leur a promis : « vous verrez qu’aucune fausse information n’émane de ce compte ». Mais est-ce possible de jouer avec ces règles dans la cour d’un réseau dirigé par une des cibles de French Response et dont l’IA officielle est un superdiffuseur de désinformation et qui génère des messages antisémites et dénude des femmes sur demande ?
On peut se demander quel est réellement le but de ce compte. Toujours aux ambassadrices et ambassadeurs, le ministre explique qu’il a « une vertu, qui est de riposter lorsque des contenus portant atteinte à notre image sont diffusés. Mais “French Response” a aussi une vertu d’inhibition, parce que nos adversaires savent désormais que s’ils portent atteinte à notre image, ils peuvent être ridiculisés par “French Response ” ».
Cette diplomatie numérique se limite par contre pour l’instant au réseau social d’Elon Musk. Le ministère ne revendique pour l’instant pas de compte du même genre sur des réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou BlueSky sur lesquels il devrait sans doute adapter son discours à des environnements plus policés.
À 65 ans, Yann LeCun lance AMI Labs, pour Advanced Machine Intelligence. La start-up, installée à Paris, s’est lancée en décembre avec l’ex-directeur de Meta France Laurent Solly et le fondateur de la start-up de santé Nabla, Alexandre Lebrun.
D’après Bloomberg, la société a sécurisé le soutien du fonds américain de capital-risque Cathay Innovation et est en discussion avec Greycroft et le fonds britannique Hiro Capital, au conseil d’administration duquel siège Yann LeCun.
L’entreprise devrait clore un premier tour de financement de 350 millions d’euros, mais cherche à en obtenir 150 millions de plus, d’après une présentation de décembre. L’allemand HV Capital et les Français Bpifrance et Daphni pourraient aussi participer à la mise initiale.

Après une première vie de chercheur, qui lui a permis d’obtenir en 2018 le prix Turing, aux côtés de Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, puis une deuxième en recherche fondamentale en intelligence artificielle chez Meta, le nouvel entrepreneur explique au Monde avoir quitté la société de Mark Zuckerberg sur fond de désaccords stratégiques.
Et de regretter le « comportement grégaire » des sociétés spécialisées dans l’IA, qui les pousse à « toutes travailler sur la même chose parce qu’elles ne peuvent pas se permettre d’être en retard ». Avec AMI, lui veut creuser le sillon des « IA qui comprennent le monde réel, le monde physique », pour des applications dans les domaines de l’aviation ou de la robotique. Pour l’ingénieur, quand bien même les grands modèles de langage ont donné des résultats « utiles », ils n’en relèvent pas moins d’une forme d’« intelligence étroite » et ne permettront pas d’atteindre une forme d’intelligence générale.
Pour qu’une machine permette réellement de raisonner ou de planifier des décisions, estime-t-il, il lui faut accéder à un « modèle du monde », une représentation abstraite de son environnement qui lui permette de le comprendre. À l’inverse de la lecture d’image pixel par pixel présente dans les modèles génératifs, il s’agirait d’ignorer les détails pour envisager de grands concepts ou des objets dans leur totalité.
Dans un contexte géopolitique tendu, Yann LeCun critique par ailleurs la « dérive autoritaire » du président des États-Unis Donald Trump et ses soutiens dans l’industrie technologique comme Elon Musk – tout en déclarant, au sujet du ralliement de Meta à Trump, que les « grands capitaines d’industrie de la technologie n’ont pas le choix. Ils savent très bien que Trump peut tuer leur boîte par harcèlement réglementaire ».
Ce promoteur historique de l’ouverture des recherches de Meta en IA argumente encore pour une « diversité » dans le domaine, notamment permise par des logiques open source.
« Le citoyen doit avoir accès à une grande diversité d’IA, comme pour les organes de presse », insiste-t-il, alertant contre les risques de voir la population reposer sur les outils d’une poignée de plateformes, essentiellement construites aux États-Unis ou en Chine.
Dans la guerre des semiconducteurs, les États-Unis et Taïwan annoncent la signature d’un vaste accord portant sur des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars pour produire des puces aux États-Unis. La Chine rappelle qu’elle est « toujours opposée fermement » à ce genre d’accord. Ambiance…
Le 15 janvier 2026, le département du Commerce des États-Unis a publié une fiche d’information sur un accord avec Taïwan visant à « restaurer le leadership américain dans la fabrication de semi-conducteurs grâce à un accord sur le commerce et l’investissement ».
L’enjeu est important, comme le rappelle l’AFP : « L’île fabrique plus de la moitié des puces à l’échelle mondiale, et presque la totalité des plus perfectionnées » Certains parlent d’un « bouclier de silicium » pour Taïwan face à la Chine, qui considère que Taïwan fait partie de son territoire et menace régulièrement depuis de très nombreuses années d’un blocus ou carrément d’une invasion. À l’opposé par contre, ce bouclier « inciterait les États-Unis à la défendre ».
C’est pour rappel à Taïwan que se trouve le géant TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company). C’est le principal fondeur de semiconducteurs dans le monde. Parmi ses clients, on retrouve AMD, Intel, NVIDIA, Qualcomm… excusez du peu ! Cela fait des années que les États-Unis font les yeux doux à TSMC, cet accord est une forme de concrétisation.
L’accord prévoit que « les entreprises taïwanaises de semiconducteurs et de technologie réaliseront de nouveaux investissements directs totalisant au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis, afin de développer la production locale de puces. Il est aussi question de « garanties de crédit d’au moins 250 milliards de dollars supplémentaires ».
Enfin, les deux nouveaux meilleurs amis « établiront des parcs industriels de classe mondiale afin de renforcer les infrastructures industrielles américaines et positionner les États-Unis comme le centre mondial » de ce secteur.
Des transferts d’argent sont aussi prévus dans l’autre sens, avec « des investissements américains dans les industries taïwanaises des semi-conducteurs, de l’IA, des technologies de défense, des télécommunications et de la biotechnologie ».
À CNBC, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, chiffre ses ambitions : « Notre objectif est d’amener 40 % de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis ». Pour rappel, la nouvelle plateforme Core Intel Series 3 est la première « du processus Intel 18A conçue et fabriquée aux États-Unis ».
Le gouvernement de Donald Trump est monté cet été au capital d’Intel et le président américain a annoncé une entrée au capital d’Apple, sans que l’on sache si c’est une erreur ou une annonce qui n’a pas encore été officialisée. Avec Donald Trump, les deux sont possibles…
Le Département américain ajoute que cet accord prévoit que les « tarifs réciproques appliqués aux États-Unis aux produits taïwanais ne dépasseront pas 15 % », contre 20 % jusqu’à présent. Ces frais sont une arme dont Donald Trump n’hésite pas à se servir à tout bout de champ lors de négociations ou tentatives de passages en force.
Le site Taiwan Info, publié par le ministère des Affaires étrangères de Taïwan, rappelle que ce « taux dit “réciproque” de 15 % est identique à celui appliqué aux produits provenant des principaux partenaires commerciaux des États-Unis, tels que le Japon, la Corée du Sud et l’Union européenne ». De plus, les entreprises taïwanaises qui participeront à cet accord pourront importer davantage de produits dans des conditions avantageuses.
Taiwan Info remarque que « les États-Unis ont également accepté de fournir les ressources nécessaires, telles que des infrastructures, des terrains, des crédits d’impôt, les services publics et une aide aux demandes de visa ». Cette déclaration s’appuie sur des annonces du Yuan exécutif, la branche exécutive du gouvernement de Taïwan, rappelle Wikipédia. La version finale de cet accord doit prochainement être transmise au Parlement (Yuan législatif) pour examen.

Cet accord, qui doit donc encore être validé, est présenté par le premier ministre taïwanais Cho Jung-tai comme un « coup de maître » et « durement gagné », comme le rapporte Les Échos. Du côté de l’opposition pro-chinoise à Taïwan, ce n’est évidemment pas la même chanson. Cheng Li-wun, présidente du parti Kuomintang, affirme que cet accord pourrait « vider » l’économie de l’île, ajoutent nos confrères.
En Chine, qui revendique Taïwan comme une partie de son territoire, cet accord ne passe pas : « La Chine s’est toujours opposée fermement à la négociation et à la signature de tout accord à connotation souveraine et à caractère officiel entre la région chinoise de Taïwan et les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Les États-Unis doivent respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun.
Depuis cette annonce, le cours de la bourse de TSMC s’est envolé de près de 5 %. Ce n’est pas forcément le seul facteur. Dans le même temps, l’entreprise a en effet publié ses résultats pour le quatrième trimestre 2025, avec une hausse annuelle sur tous ses principaux indicateurs :+ 20 % sur le chiffre d’affaires et + 35 % sur les bénéfices nets. En trois mois, c’est respectivement 5,7 et 11,8 % de mieux.
La diplomatie française a intensifié son utilisation du compte French response pour ne pas laisser passer les attaques étrangères sur le réseau social d’Elon Musk. Ce compte réagit aussi aux attaques politiques du milliardaire états-unien comme du CEO de Telegram Pavel Durov.
« Ne rien céder dans la bataille des récits », c’est ainsi que Jean-Noël Barrot présentait le compte X French Response géré par la diplomatie française le 9 janvier pour les vœux aux ambassadrices et aux ambassadeurs.
Deux jours plus tard, ce compte répondait à Elon Musk sur son propre réseau avec une photo du CEO de X faisant un salut nazi lors de l’investiture de Donald Trump. Le milliardaire d’extrême droite avait précédemment provoqué son audience en demandant « Pourquoi le gouvernement britannique est-il si fasciste ? ».

En ce début d’année important géostratégiquement parlant, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères met en avant la stratégie lancée début septembre par son ministère pour contrer les discours étrangers critiquant la position de la France.
Pris via le prisme principal des manipulations de l’information venues de l’étranger, cette nouvelle communication du Quai d’Orsay se voit comme « une posture franche, teintée d’humour, de dérision, parfois d’autodérision, qui conduit à la viralité sur les réseaux sociaux, qui permet d’augmenter l’impact du message que nous voulons porter », a aussi assumé Jean-Noël Barrot devant les ambassadrices et les ambassadeurs du pays.
Car, si ce compte se permet de répondre à Elon Musk ou à Pavel Durov en pointant la prolifération de contenus pédocriminels sur Telegram pour contrer ses critiques contre la politique de l’Union européenne en la matière, il concentre surtout ses réponses vers des comptes russes et états-uniens diffusant la propagande de leurs pays respectifs, souvent avec les codes utilisés sur le réseau social X.
« Telegram lutte de longue date contre les détournements de sa plateforme, notamment la diffusion de contenus pédocriminels, via des équipes de modération spécialisées et des signalements émanant d’ONG internationales. Depuis 2018, ce dispositif s’est renforcé avec l’introduction de scans automatisés par empreinte numérique des contenus médias publiés sur la plateforme publique, ainsi que la publication de rapports de transparence quotidiens », a souhaité affirmer Telegram suite à cet article.
Ainsi, le compte du Quai d’Orsay répondait en octobre à Sputnik Afrika en remettant en question l’éthique de ses journalistes avec un mème. Comme nous l’expliquions à ses débuts, le compte a commencé en réfutant des propos du secrétaire d’État étasunien, Marco Rubio, en proposant un « factchecking » affirmant que « la reconnaissance de l’État palestinien n’a pas entraîné l’échec des négociations sur les otages ».
Plus récemment, French Response a pris des allures encore plus directement diplomatiques en réinterprétant ironiquement des photos utilisées par le département de la Sécurité intérieure américain pour illustrer la « panique » qui aurait envahi les leaders européens suite aux velléités répétées de Donald Trump de s’emparer du Groenland.
Pour le compte de la diplomatie française, « l’Europe ne panique pas, l’Europe vérifie juste que ses tempes ne se dégarnissent pas ». Ce dimanche, French Response lançait un « Make Dmitry Mannered Again (MDMA) » à un Dmitry Medvedev qui affirmait « Make America Great Again (MAGA)= Make Danmark Small Again (MDSA)= Make Europe Poor Again (MEPA). Avez-vous enfin compris, bande d’imbéciles ? ».

La France est donc entrée pleinement dans le jeu de la petite phrase publiée sur X pour faire rire et sourire les utilisateurs du réseau d’Elon Musk.
« J’étais circonspect, car cela revient à abaisser le débat public à du “tweet clash”, mais French Response a su reprendre tous les codes de la jeunesse, et tape juste », affirme le journaliste et consultant en lutte contre la désinformation Nicolas Hénin au Monde.
Dans son discours aux ambassadrices et ambassadeurs, Jean-Noël Barrot leur a promis : « vous verrez qu’aucune fausse information n’émane de ce compte ». Mais est-ce possible de jouer avec ces règles dans la cour d’un réseau dirigé par une des cibles de French Response et dont l’IA officielle est un superdiffuseur de désinformation et qui génère des messages antisémites et dénude des femmes sur demande ?
On peut se demander quel est réellement le but de ce compte. Toujours aux ambassadrices et ambassadeurs, le ministre explique qu’il a « une vertu, qui est de riposter lorsque des contenus portant atteinte à notre image sont diffusés. Mais “French Response” a aussi une vertu d’inhibition, parce que nos adversaires savent désormais que s’ils portent atteinte à notre image, ils peuvent être ridiculisés par “French Response ” ».
Cette diplomatie numérique se limite par contre pour l’instant au réseau social d’Elon Musk. Le ministère ne revendique pour l’instant pas de compte du même genre sur des réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou BlueSky sur lesquels il devrait sans doute adapter son discours à des environnements plus policés.
À 65 ans, Yann LeCun lance AMI Labs, pour Advanced Machine Intelligence. La start-up, installée à Paris, s’est lancée en décembre avec l’ex-directeur de Meta France Laurent Solly et le fondateur de la start-up de santé Nabla, Alexandre Lebrun.
D’après Bloomberg, la société a sécurisé le soutien du fonds américain de capital-risque Cathay Innovation et est en discussion avec Greycroft et le fonds britannique Hiro Capital, au conseil d’administration duquel siège Yann LeCun.
L’entreprise devrait clore un premier tour de financement de 350 millions d’euros, mais cherche à en obtenir 150 millions de plus, d’après une présentation de décembre. L’allemand HV Capital et les Français Bpifrance et Daphni pourraient aussi participer à la mise initiale.

Après une première vie de chercheur, qui lui a permis d’obtenir en 2018 le prix Turing, aux côtés de Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, puis une deuxième en recherche fondamentale en intelligence artificielle chez Meta, le nouvel entrepreneur explique au Monde avoir quitté la société de Mark Zuckerberg sur fond de désaccords stratégiques.
Et de regretter le « comportement grégaire » des sociétés spécialisées dans l’IA, qui les pousse à « toutes travailler sur la même chose parce qu’elles ne peuvent pas se permettre d’être en retard ». Avec AMI, lui veut creuser le sillon des « IA qui comprennent le monde réel, le monde physique », pour des applications dans les domaines de l’aviation ou de la robotique. Pour l’ingénieur, quand bien même les grands modèles de langage ont donné des résultats « utiles », ils n’en relèvent pas moins d’une forme d’« intelligence étroite » et ne permettront pas d’atteindre une forme d’intelligence générale.
Pour qu’une machine permette réellement de raisonner ou de planifier des décisions, estime-t-il, il lui faut accéder à un « modèle du monde », une représentation abstraite de son environnement qui lui permette de le comprendre. À l’inverse de la lecture d’image pixel par pixel présente dans les modèles génératifs, il s’agirait d’ignorer les détails pour envisager de grands concepts ou des objets dans leur totalité.
Dans un contexte géopolitique tendu, Yann LeCun critique par ailleurs la « dérive autoritaire » du président des États-Unis Donald Trump et ses soutiens dans l’industrie technologique comme Elon Musk – tout en déclarant, au sujet du ralliement de Meta à Trump, que les « grands capitaines d’industrie de la technologie n’ont pas le choix. Ils savent très bien que Trump peut tuer leur boîte par harcèlement réglementaire ».
Ce promoteur historique de l’ouverture des recherches de Meta en IA argumente encore pour une « diversité » dans le domaine, notamment permise par des logiques open source.
« Le citoyen doit avoir accès à une grande diversité d’IA, comme pour les organes de presse », insiste-t-il, alertant contre les risques de voir la population reposer sur les outils d’une poignée de plateformes, essentiellement construites aux États-Unis ou en Chine.
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