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Reçu — 20 octobre 2026 ⏭ LinuxFr.org : les dépêches

Tenzu, héritier de Taiga pour la gestion collaborative de projets

20 octobre 2026 à 06:43

Je vous présente Tenzu, un logiciel libre de gestion de projets qui propose des tableaux Kanban en ligne collaboratif. Tenzu veut offrir une expérience de collaboration moderne, tout en restant léger à faire tourner et à utiliser.

logo animé de Tenzu

Tenzu est sous licence AGPLv3 et n'est pas open core. Nous fournissons des recettes de déploiement sous Docker-compose et Kubernetes. Nous avons également un SaaS dont les revenus reposent sur la contribution libre.

L'équipe derrière Tenzu est une petite coopérative française nommée Biru (bonjour !).

Tenzu, anciennement connu sous le nom de Taiga-Next, est le successeur de Taiga. L'objectif derrière Taiga a été d'encourager les bonnes pratiques dans la mise en place de l'agilité au sein d'une équipe tout en restant facile à prendre en main. Tenzu reprend cette philosophie avec un outil plus moderne, qui permet par exemple l'édition collaborative en temps réel.

Dans cette dépêche, nous allons revenir plus en détail sur ce que fait Tenzu à l'heure actuelle, la stack technique, la genèse du projet ainsi que nos plans pour la suite.

Sommaire

Tenzu, c'est quoi ?

Description

Tenzu est actuellement une alternative à Trello. Cet outil permet d'organiser son travail, de répartir les tâches et d'en faire le suivi.

Démo de Tenzu en action

Les fonctionnalités disponibles sont :

  • Espaces de travail : le logiciel s'organise autour d'un découpage par espace de travail puis par projet
  • Kanban : Créez vos tableaux kanban avec des statuts personnalisables
  • Cartes : une interface d'édition de cartes (appelé "story" pour l'instant) riche avec édition collaborative temps réel, commentaires, pièces jointes, commentaires, et plus à venir rapidement !
  • Un thème sombre et trois langues (français, anglais, espagnol) sont disponibles
  • Tout ce qui relève des cycles de développement (type SCRUM) est encore en spécification, nous sommes preneurs de testeurs motivés !

Stack technique et licence

Tenzu est une application web SPA, écrite en Angular et Django. Elle utilise django-ninja pour construire l’API et, pour ajouter de la réactivité temps-réel, nous utilisons django-channels à base de Redis et de websockets. La base de données utilisée est en PostgreSQL et l’API REST est entièrement documentée sous le standard OpenAPI.

Concernant le déploiement, l’environnement de développement tourne sous Docker et des recettes docker-compose ainsi qu’un helm-chart pour les environnements Kubernetes sont fournis par l’équipe dans la doc technique. Le helm-chart proposé est également celui utilisé pour le déploiement du SaaS officiel.

L’intégralité du logiciel est sous licence AGPL v3 et garanti sans open core. Pour l’instant nous ne sommes pas ouverts aux contributions de code, faute de ressources qui nous permettraient de mettre en place et d’encadrer une politique de contribution claire. Le fork reste évidemment possible et l’ouverture aux contributions externes est un objectif que nous souhaitons atteindre dès lors que le projet aura un socle fonctionnel plus avancé.

L'équipe

Tenzu est développé par Biru, une coopérative française créée en 2024 est dont le développement de Tenzu est l'activité principale.

L'équipe est actuellement composée de trois personnes :

  • Julie Rymer (c'est moi !), co-fondatrice et qui s'occupe principalement du développement backend ;
  • Paul Guichon, co-fondateur qui s'occupe principalement du développement frontend et de l'administration système ;
  • Marie Jubault-Bregler, associée et notre précieuse Product Designer.

L'équipe a son premier stand
L'équipe au complet qui expose pour la première fois en 2026

Comment le projet est né

L’héritier de Taiga

BIRU, l’entreprise derrière Tenzu, était au départ une ESN (Entreprise de Services du Numérique) qui faisait du développement à la demande d'applications web. En accord avec leurs convictions personnelles, Julie et Paul ont choisi de fonder Biru sous la forme d’une SCOP, une coopérative où chaque membre peut participer aux décisions stratégiques et où les bénéfices sont répartis équitablement. Très engagés dans le libre et l'opensource, l'objectif de Paul et Julie (les fondateurs) était, à terme, de pouvoir reverser une partie de leurs bénéfices à tous les outils libres qu'ils utilisent au quotidien au sein de l'entreprise et de transitionner dès que possible pour devenir eux-mêmes éditeurs opensource, en lieu et place de leur activité d'ESN.
Tenzu est d’abord né d’un projet interne visant à servir de bac à sable didactique à une nouvelle recrue sur les technologies de l'entreprise : Django et Angular. Le projet choisi était la réécriture du frontend de Taiga 6.

Taiga est un logiciel libre de gestion de projets pensé pour être léger, facile à prendre en main et encourageant les bonnes pratiques dans la mise en place de l'agilité au sein d'une équipe. Julie et Paul sont des utilisateurs de Taiga de longue date, notamment Paul, qui a commencé à le déployer dans son équipe dès sa sortie en 2014. Taiga, dans sa version 6 actuelle, est toujours maintenu par une entreprise qui en assure le support technique, mais n'évolue plus depuis des années. La stack technique, composée de Django 3 et d’AngularJS en CoffeeScript, est vieillissante, très difficilement reprenable, et cela se ressent de plus en plus sur le produit.

Quelques années plus tôt, l’équipe de Kaleidos, auteurs originels de Taiga, avait déjà commencé une réécriture, sous la forme du projet nommé Taiga Next. Plus moderne, repensée grâce à l'expérience de leur premier logiciel et avec un fort accent mis sur l'accessibilité, Taiga Next a suscité l'engouement de la communauté Taiga dont nous faisions partie.
Taiga Next était malheureusement resté au stade de pré-alpha depuis juillet 2023, et la communication se faisait absente depuis.

Association du logo de Biru et Taiga Next
Le logo de Biru embraçant celui de Taiga Next

Reprise de Taiga Next

Au bout de quelques mois, le 19 avril 2024, notre propre projet de réécriture a bien avancé et nous décidons de contacter Kaleidos pour leur présenter notre travail et vérifier auprès d'eux qu'une future communication de notre part à son sujet ne les embêterait pas. Ils nous répondent rapidement pour nous apprendre qu'ils sont activement à la recherche de repreneurs pour Taiga Next.

Nous obtenons à ce moment là une confirmation de la raison de l’arrêt de l’activité sur Taiga Next : à peu près en même temps que celui-ci, Kaleidos se lance sur Penpot, un concurrent libre de Figma pensé pour permettre une collaboration sans heurt entre développeurs et designers. En plus d'offrir une alternative opensource, Penpot résout un véritable besoin non satisfait sur le marché et le projet décolle, avec des levées de fonds à la clé. Kaleidos doit se rendre à l'évidence : il leur est impossible de continuer à travailler sur les deux projets à la fois.

Le 5 juin 2024, après avoir longuement étudié la question, nous candidatons publiquement à la reprise du projet. Fin juillet cette candidature est validée et nous commençons à travailler à temps plein dessus. La transition d'ESN à éditeur opensource est arrivée bien plus vite que prévu, pour notre plus grand bonheur.

Nouveau nom et transmission

Plusieurs échanges permettent à l’équipe espagnole de confirmer que nous partageons ses idéaux. Nos deux entreprises tiennent à ce que Taiga Next reste opensource, inclusif et simple d'utilisation. Kaleidos (d'ailleurs également une ancienne ESN devenue éditrice opensource) nous cède la propriété intellectuelle sur le code de Taiga Next, nous accorde un financement pour démarrer le projet (100 000€) et nous accompagne dans la reprise. Cette générosité totalement désintéressée a fait hausser les sourcils de plus d'une personne à qui nous l'avons comté, à commencer par notre comptable et notre avocate !

Cette reprise s'accompagne d'un changement de nom et d'identité graphique afin de ne pas empiéter sur Taiga. Taiga Next devient alors Tenzu (après un bref détour par MotherShip/MotherSheep dont nous avons conservée l'idée pour le logo), en référence aux kanjis japonais 天図 qui signifient individuellement "carte" + "céleste". (Anecdote : BIRU vient lui du mot japonais ビール, bière). Ces mots reflètent notre ambition de construire un logiciel qui pourra guider naturellement ses utilisateurs.

De Taiga Next à Tenzu
Taiga Next devient Tenzu

Transformation de la boîte et démarrage

Ce changement entraîne aussi un renouvellement de l'équipe. En effet, l’entreprise quitte le modèle économique de l'ESN, c'est-à-dire la vente de prestations informatiques et technologiques, pour transitionner vers un fonctionnement type "startup" où l’équipe fabrique un produit et qui implique des profils de “builders”. La prise de risque et l’incertitude associées à ce changement ne conviennent pas à tous les caractères ni à toutes les situations de vie. Nous étions six dans l'équipe à ce moment-là ; nous sommes redescendus à trois dans les mois qui ont suivi pour arriver à l'équipe actuelle.

Modèle financier

Le modèle financier de Tenzu repose sur plusieurs offres :

  1. Nous mettons à disposition un SaaS rémunéré par la contribution libre : chacun décide du montant qu’il ou elle souhaite nous reverser, y compris zéro. Ce modèle permet à chacun de participer à la hauteur de ses moyens et selon son utilisation de l'outil, sans engagement respectif.
  2. Nous travaillons également avec des partenaires qui proposent du support, de l’hébergement, de l'infogérance ou encore de la formation pour celles et ceux qui voudraient être accompagnés dans leur utilisation de Tenzu.

Aujourd’hui encore, nos revenus viennent uniquement des contributions et des subventions reçues pour ce projet.
Tenzu n'est pas gratuit, d'ailleurs aucun projet opensource ne l'est, mais nous avons choisi un modèle de financement qui convient à nos valeurs et nos ambitions.

Hier, aujourd'hui et demain

Première version

Notre ambition est claire : nous allons reprendre les fonctionnalités principales de Taiga en les améliorant en termes d’interface et d’expérience utilisateur, tout en conservant sa légèreté et sa simplicité. Nous avons pour objectif d’atteindre le plus rapidement possible un nombre d’utilisateurs qui nous permette de vivre de notre travail.

Nous sommes repartis de la dernière version de Taiga Next. Nous avons conservé en grande partie le backend existant mais avons dû repartir de zéro pour le frontend.

Le 30 octobre 2024, la première bêta de Tenzu sort sous la forme d'une démo en ligne, avec la mise à disposition de son code source. Nous y avons intégré les fonctionnalités cœur du logiciel : le multi-Kanban, les stories et les espaces de travail.
Le 4 mars 2025, nous sortons la documentation avec des recettes et toutes les explications nécessaires pour faire tourner Tenzu chez soi.

Le 30 septembre 2025, exactement 11 mois après la sortie de la démo, la première version stable de Tenzu sort. L’intégration du SSO ainsi que l’ajout de commentaires arrivera très vite par la suite.
Notre SaaS sera hébergé par IndieHosters, une autre coopérative impliquée dans le libre, rencontrée via le réseau Libre Entreprise et qui a choisi de participer à l'aventure.

Améliorations apportées en 2026

De gros chantiers ont été finalisés en 2026, à commencer par l’écriture collaborative.
L’éditeur existant n’a pas changé en apparence, mais désormais, lorsque deux personnes ouvrent en même temps une même story, elles voient l’avatar de l’autre apparaître et un curseur individuel dans le champ de description leur permet de suivre en temps réel toutes les modifications apportées.

Puis est arrivée la possibilité d’importer vos projets depuis Taiga. Vous pouvez désormais récupérer vos projets et leurs rôles, ainsi que le contenu de vos Kanbans avec vos statuts, stories, commentaires et pièces jointes, ainsi que réinviter automatiquement vos utilisateurs !

Un fil d'actualité a également été ajouté pour permettre d’annoncer les nouvelles versions, les maintenances et poser d’éventuelles questions aux utilisateurs.
Le design system a été complètement revu, du point de vue de l’interface comme de la technique, pour apporter plus de simplicité et d’accessibilité. C’est un premier pas vers un système de configuration dynamique du thème qui permettra aux utilisateurs de personnaliser leur expérience.

Enfin, nous avons très récemment ajouté un système de tags afin d’enrichir et catégoriser vos stories.

Menu de paramétrage des tags d'un projet

Roadmap

Nous continuons de travailler sur plusieurs chantiers :

  • Permettre l’ajout de davantage de méta-informations sur les stories ;
  • La mise en place d’une barre de recherche et de filtres ;
  • La traduction communautaire, pour ajouter de nouvelles langues ;
  • L’exportation de vos données au format JSON.

Et rapidement nous allons mettre en place les cycles de développement de type SCRUM, le deuxième module majeur de Taiga et celui qui lui a permis de conquérir le cœur de ses utilisateurs face à la concurrence.

Tenzu a bientôt deux ans et nous continuons de le faire évoluer avec passion. Ancien utilisateurs de Taiga aguerris ou nouveaux venus, nous vous souhaitons la bienvenue à la découverte de notre aventure.

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Reçu — 13 octobre 2026 ⏭ LinuxFr.org : les dépêches

Space Cadet Talking : un fork du flipper classique pour Linux et Windows

3D Pinball Space Cadet Talking est un fork développé par Creatiel à partir de SpaceCadetPinball, le projet de rétro-ingénierie et de portage d’Andrey Muzychenko et de ses contributeurs. Il conserve la table et le principe du flipper classique tout en ajoutant des annonces vocales, un panneau d’affichage remanié et une prise en charge élargie des manettes.

Le projet propose également plusieurs réglages de jeu et des améliorations du rendu multilingue. La version 3.0.32 pour Windows corrige un bogue audio hérité du projet d’origine : diminuer le volume de la musique pouvait aussi réduire celui des voix et des bruitages. Des téléchargements pour Windows et Ubuntu 24.04 sont disponibles, ainsi qu’une archive complète des sources 3.0.32 accompagnée des instructions de compilation.

Flippper PinBall

Du flipper classique au fork Talking

Space Cadet a été développé à l’origine par Cinematronics et publié par Maxis. Andrey Muzychenko et les contributeurs de SpaceCadetPinball ont ensuite réalisé un travail de rétro-ingénierie permettant de porter le jeu sur des systèmes modernes.

Je suis Gérard Esperinas, à l’origine du fork 3D Pinball Space Cadet Talking, développé sous le nom Creatiel depuis 2026. Le projet s’appuie sur la version 2.1.0 de SpaceCadetPinball. L’objectif est de conserver le plaisir de jeu de la table originale tout en enrichissant ses indications sonores, son affichage et ses possibilités de réglage.

Le code est écrit en C++ et utilise SDL2 et SDL_mixer. Les marques historiques présentes sur la table ont été conservées.

Des annonces vocales et un affichage remanié

Les annonces vocales accompagnent plusieurs événements : accueil, bille supplémentaire, premier service, gros bonus, activation du poteau central, Multiball et fin de partie. Des applaudissements saluent également les scores qui entrent au classement.

Le panneau latéral a été redessiné avec des effets visuels animés. Le numéro de bille clignote brièvement lorsqu’il change, les réserves de billes supplémentaires disposent d’indicateurs et le tableau des meilleurs scores comporte huit entrées.

D’autres évolutions concernent les commandes et les réglages :

  • trois modes de Tilt : classique, adouci ou désactivé ;
  • durée du poteau central réglable à 30, 60, 90, 120 ou 180 secondes ;
  • compte à rebours affichant le temps de protection restant ;
  • prise en charge élargie des manettes, notamment des joysticks génériques SDL, avec attribution personnalisable des boutons ;
  • améliorations du rendu des caractères accentués et des textes chinois, russes et japonais ;
  • option Enhanced Scaling pour adapter le rendu de l’affichage.

Un bogue MIDI Windows hérité du projet d’origine

Les tests de la version Windows ont révélé un comportement gênant pour une édition fondée sur les annonces vocales : baisser le volume de la musique MIDI faisait également descendre le volume de toute l’application dans le mélangeur Windows.

Le code de la version 2.1.0 contenait déjà un commentaire signalant cet effet. Le lecteur MIDI natif employait un réglage de volume qui, sur le PC de test, affectait aussi les voix et les bruitages.

La version 3.0.32 désactive cette lecture native sous Windows et utilise la synthèse logicielle TiMidity intégrée à SDL_mixer, avec des instruments Freepats fournis. Le volume de la musique peut ainsi être réglé indépendamment des autres sons, sans modifier le niveau choisi dans le mélangeur Windows. Cette correction a été validée sur le poste de test Windows 11.

La configuration audio Linux reste inchangée.

Disponibilité et compilation

La page officielle propose :

  • un installateur Windows 10 et 11, 64 bits, avec raccourci dans le menu Démarrer et raccourci facultatif sur le Bureau ;
  • une version portable Windows ;
  • un paquet .deb 3.0.31 révision 2 pour Ubuntu 24.04, 64 bits, intégrant la correction des chemins des polices ;
  • les sources complètes 3.0.32, avec le changelog, les notices de licence et les instructions de compilation.

La différence de version entre les paquets Windows et Ubuntu vient du correctif MIDI propre à Windows. Les versions distribuées ont été testées sur Windows 11 et Ubuntu 24.04. Aucun paquet macOS validé n’est proposé pour le moment.

Sous Ubuntu 24.04, la compilation utilise les dépendances suivantes :

sudo apt install build-essential cmake libsdl2-dev libsdl2-mixer-dev timidity fluid-soundfont-gm
cmake -S . -B build
cmake --build build -j2

Le guide inclus dans l’archive décrit également la compilation Windows et la disposition des ressources nécessaires à l’exécution.

Code et ressources : des licences distinctes

La licence MIT du code d’origine est conservée avec ses mentions de copyright. Les polices Unifont et les instruments Freepats disposent de leurs propres notices.

Les données historiques de la table, la musique MIDI d’origine et les bruitages historiques sont exclus de l’archive source. Ils doivent être fournis séparément, depuis une copie que l’utilisateur est autorisé à utiliser, pour lancer le jeu compilé. La licence du code ne doit donc pas être confondue avec les droits sur ces ressources.

Retours et contributions

Les retours sur l’équilibre sonore, les manettes, les traductions et le comportement sur d’autres configurations sont les bienvenus. La page officielle rassemble les téléchargements, les sources et l’historique des modifications :

https://creatiel.info/logiciels/3d-pinball-space-cadet-talking/

Projet communautaire d’origine :

https://github.com/k4zmu2a/SpaceCadetPinball

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Reçu — 21 septembre 2026 ⏭ LinuxFr.org : les dépêches

Bonjour les cornichons, Unicode vient de sortir en version 18

21 septembre 2026 à 12:02

Le standard Unicode a ajouté dans son bocal : 13 007 caractères. Il en contient donc aujourd’hui 172 808. Ce n’est pas une version révolutionnaire. Les modifications sont principalement liées à l’ajout des nouveaux systèmes d’écritures et caractères afin de pouvoir s’adapter à leur comportement, comme pour la version précédente. Il n’y a donc pas de nouvel algorithme. Outre trois symboles monétaires, on voit arriver 11 328 idéogrammes d’écritures chinoises anciennes, le petit sceau et les sinogrammes Jurchen. Unicode 18 accueille aussi en son sein des chiffres proto-cunéiformes ou encore des symboles musicaux. Et bien sûr, des émojis.

Qu’écouter à la lecture de cette dépêche ? Stéphane Bortzmeyer suggère la chanson de Nino Ferrer « Les cornichons ». Vous avez le choix entre la version originale chantée ou une purement instrumentale.

Bocal de cornichons renversé, remix d’oksmith sur openclipart

Sommaire

Selon votre navigateur, vous verrez, ou pas, les caractères s’afficher. Ils finiront très probablement par l’être un jour, de toute façon, raison pour laquelle ils figurent à côté de leur numéro Unicode.

Des symboles monétaires

Trois symboles monétaires ont été ajoutés. Dans sa note de blog (EN), le consortium Unicode les considère comme les caractères les plus attendus, à savoir :

  • la rufyaa ou roupie maldivienne, MVR ou Rf, devise des Maldives, U+20C2, ⃂ ;
  • le D avec une double barre du dirham des Émirats arabes unies, AED, U+20C3, ⃃ ;
  • et le rial omanais, OMR, une boucle sur deux barres, monnaie officielle du sultanat d’Oman, U+20C4, ⃄.

Des systèmes d’écritures

Les nouveautés d’Unicode 18 en matière d’écriture sont des anciennes, voire, des très anciennes écritures. Les références AEC signifient Avant l’Ère Commune, donc avec des périodes s’écrivant dans le sens inverse de la datation actuelle : du plus grand nombre au plus petit.

L’écriture petit sceau

L’écriture petit sceau ou xiǎo zhuàn en chinois est une écriture sigillaire. En d’autres termes elle est basée sur les divers sceaux utilisés pour authentifier les différents actes et documents officiels mais aussi pour les particuliers et, évidemment, les artistes.

Elle fait partie des six styles de l’écriture chinoise1 :

  • le grand sceau ou dà zhuàn ;
  • le xiaozhuan qui est une forme de l’écriture grand sceau ;
  • le petit sceau qui nous occupe aujourd’hui ;
  • le lì shū, écriture classique des documents administratifs des dynasties Qin et Han ;
  • le kǎi shū, style régulier qui est la norme de l’écriture chinoise ;
  • le xíng shū qui est une écriture semi-cursive.

L’écriture petit sceau a commencé à être utilisé sous la dynastie Qin, 221-207 AEC, et ce, pendant deux cents ans. C’est sous cette dynastie et sous l’impulsion du pouvoir impérial que l’écriture chinoise se normalisera. L’Unicode vient d’intégrer 11 328 caractères dans les blocs Unicode 3D000 à 3FC3F.

L’écriture Jürchen

Chinoise elle aussi, l’écriture Jürchen date de la dynastie Jin et du XIIe siècle. Elle comporte neuf cents caractères et n’est actuellement que partiellement déchiffrée.

Les Jürchen était un peuple du nord-est de la Chine. Le chef Jürchen Wanyan Aguda (1068-1123) devenu le premier empereur Jürchen en 1115 demande en 1119 à Wanyan Xiyin (?-1140) de travailler à un système d’écriture à la hauteur d’un empire. Ce sera donc l’écriture Jürchen qui occupe les blocs Unicode 18E00 à 1919F et 191A0 à 191DF pour les radicaux2.

On pourrait écrire une histoire politique de la Chine à travers celle de son écriture.

Les nombres proto-cunéiformes

Le proto-cunéiforme ou cunéiforme archaïque est apparu en Mésopotamie vers 3 200 (voire, 3 400) AEC. C’est, probablement, le tout premier système d’écriture, tout du moins, c’est le système d’écriture le plus ancien dont on ait la trace. Il évoluera vers le cunéiforme aux alentours du deuxième millénaire. Ce dernier se répandra largement notamment grâce aux échanges commerciaux.

L’écriture se faisait sur des tablettes d’argile à l’aide de stylets, la forme des lettres rappelant celle des clous : une ligne avec une tête. Alors que le proto-cunéiforme était plus figuratif, le cunéiforme devient plus abstrait.

Le cunéiforme occupait déjà les blocs Unicode 12400 à 1247F. Les chiffres proto-cunéiforme, font leur entrée dans les blocs Unicode 12550 à 1268F.

Tablette en écriture cunéiforme archaïque (2005)
Contrat de vente en proto-cunéiforme. La tablette est écrite en cases et se lit verticalement. Shuruppak, vers 2600 AEC. Musée du Louvre, photo Marie-Lan Nguyen.

Le bengali

Le Bengali est la langue nationale du Bangladesh. Il fait partie des vingt-deux langues officielles de l’Inde. C’est la langue des états du Bengale-occidental et de Tripura. Selon l’Inalco il y aurait dans le monde 250 millions de locuteurs et de locutrices de cette langue.

Il figurait déjà dans les blocs Unicode 0980 à 09FF. La version 18 vient d’ajouter un supplément : 11DF0 à 11DFF.

Aspect « technique »

Les modifications plus « techniques » concernent presque essentiellement la prise en compte de ces nouveaux systèmes d’écritures avec l’ajout de fichiers de données.

À cela se rajoutent des recommandations destinées aux implémentations pour rendre plus visibles les utilisations non conformes des sélecteurs de variation. Le langage de conformité de ces derniers a été mis à jour.

Des émojis et des symboles divers

Vous avez sans doute deviné au moins un des nouveaux émojis de cette version, on a donc :

  • un cornichon, pickle, U+1FADD, 🫝, à ne pas confondre avec le concombre, U+1F952, 🥒 qui existait déjà ;
  • une face fissurée, cracking face, qui ressemble assez à un genre de sablé rond avec des lézardes sur le pourtour, U+1FAEB, 🫫 ;
  • un filet à papillon, net with handle, U+1FA8D, 🪍,
  • une gomme, eraser, U+1FA8C, 🪌, impeccable en période de rentrée des classes ;
  • une météorite, meteor, U+1FA8B, 🪋 ;
  • et un papillon monarque, monarch buttterfly, U+1FACC, 🫌. C’est d’ailleurs assez intéressant cet ajout car il existait déjà un papillon 🦋, U+1F98B.

Unicode 18 voit arriver des symboles musicaux supplémentaires : bloc 1D250 à 1D28F. On y trouvera notamment des symboles pour l’utilisation des talons et des orteils pour les pédales d’orgue, respectivement U+1D273 et U+1D274 ou encore, U+1D256, le symbole pour le bémol quart de ton arabe.

Les symboles divers et flèches se voient également gratifier de nouvelles entrées aux blocs 1DB00 à 1DBFF. Par exemple en U+1DB0A les deux lignes « plus grand que » et en 1DB0B les deux lignes « plus petit que ». Les deux symboles affichent deux lignes horizontales de tailles inégales.

Remerciement et mots de la fin

Cette dépêche n’aurait sans doute pas été rédigée si rapidement après la sortie d’Unicode 18 sans Stéphane Bortzmeyer qui m’a fait lire en avant-première sa note de blog au moment où j’allais lui demander de me tenir au courant. Tous mes remerciements. Évidemment, je vous suggère fortement de lire sa note de blog sur le sujet.

La version originale de l’image de tête est sur OpenClipart (EN), elle a été dessinée par qubodup (EN). Le bocal avait un couvercle bleu (EN) que l’auteur a repeint en vert (EN). Plus tard, oksmith (EN) a rempli le bocal de cornichons (EN), bocal que j’ai malencontreusement renversé (EN).

Et, bien sûr si vous avez la chanson de Nino Ferrer qui tourne en boucle dans votre crâne, je dénie toute responsabilité.


  1. Selon les sources, on recense cinq ou six styles d’écriture chinoise. ↩

  2. Les radicaux sont les clés qui composent les idéogrammes chinois. ↩

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Reçu — 13 septembre 2026 ⏭ LinuxFr.org : les dépêches

CalyxOS est de retour

Après une pause de près d'un an, CalyxOS est de retour. Pour ceux qui ne connaissent pas, et pour citer Wikipedia, il s'agit d'un système d'exploitation pour téléphones basé sur Android avec des logiciels majoritairement libres et open source. Il est produit par le Calyx Institute, une organisation américaine à but non lucratif, qui s'est fixé pour mission la confidentialité et la sécurité numérique pour tous. CalyxOS est une de ses activités principales. Pour la petite histoire, Nicholas Merrill, le fondateur, était auparavant propriétaire d'un petit fournisseur d'accès Internet. En 2004, il a contesté devant les tribunaux américains le régime des National Security Letters du Patriot Act, qui permettait notamment aux autorités d'obtenir certaines informations auprès d'entreprises. Cette procédure a duré environ dix ans et a contribué à influencer les règles concernant l'accès du FBI aux informations personnelles. Merrill a par la suite fondé le Calyx Institute en 2010.

La compatibilité de CalyxOS avec les services Google est assurée par microG, qui envoie beaucoup moins de données à Google que les Play Services de ce dernier. En pratique, la compatibilité logicielle est très bonne. Pour ce qui est du matériel, une bonne vingtaine de téléphones sont compatibles, dont beaucoup qui ne sont plus maintenus par leurs constructeurs, et qui peuvent donc avec une deuxième vie, par exemple le Pixel 5 de 2020, qu'on trouve facilement à 150€ d'occasion.

Le projet est comparable à LineageOS, à la différence que CalyxOS essaie de conserver les propriétés de sécurité d'un téléphone Android "officiel". Des applications comme Signal ou Tor sont mises en avant, et le bootloader est reverrouillé après installation, les mises à jour sont régulières et installables automatiquement, et elles sont signées et vérifiées. C'était d'ailleurs une des raison de la pause de près d'un an dans le projet: suite au départ de Nicholas Merrill et de Chirayu Desai, responsable technique de CalyxOS, les nouveaux responsables ont décidé:

  • du changement des clefs et du processus de signature
  • de la modernisation de l’infrastructure de développement
  • de la stabilisation des cycles de publication des mises à jour
  • de la révision et la mise à jour de la documentation d’utilisation et de développement, du wiki et des guides utilisateur

Cela a pris plus longtemps que prévu à l'origine. La traversée du désert est donc terminée et la nouvelle version (7.2.2.0) est disponible sur le site.

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Reçu — 11 septembre 2026 ⏭ LinuxFr.org : les dépêches

PyConFR 2026, planning et inscriptions

L'édition 2026 de la PyConFR aura lieu à Biarritz 🌊 le week-end de la Toussaint (du jeudi 29 octobre au dimanche 1er novembre) !

PyConFR 2026

La PyConFR est la conférence annuelle francophone dédiée au langage de programmation Python 🐍 et à sa communauté, entièrement gratuite car organisée par les bénévoles de l'AFPy (Association Francophone Python) avec le soutien de sponsors (voir plus bas).

Présentation de l'événement

L'événement se déroule donc sur 4 jours en se divisant en deux parties :

  • 💻 Les sprints ont lieu le jeudi (29/10) et le vendredi (30/10) : il s'agit de sessions participatives de code pour travailler en groupe sur des projets open-source.
  • 🎤 Les conférences et ateliers ont lieu le samedi (31/10) et le dimanche (01/11) : ce sont des présentations sur divers sujets autour de la programmation en Python ou d'horizons plus larges et des ateliers de codage participatifs.

Vous trouverez plus d'informations sur la PyConFR sur le site de l'événement.

Inscriptions

La conférence est gratuite mais l'inscription reste obligatoire, afin de nous aider à prévoir le nombre de participant·e·s et d'adapter l'événement en fonction.

Lors de votre inscription, vous pourrez aussi choisir de commander un t-shirt de l'événement (15€) et une place pour la soirée du samedi qui aura lieu à la brasserie SPOT à proximité du lieu de conférence (30€).

Inscriptions à la PyConFR 2026

Programme de l'événement

Le programme des différents sprints, conférences et ateliers qui auront lieu pendant l'événement a été publié : https://www.pycon.fr/2026/fr/schedule.html.

Vous pourrez y retrouver les descriptions complètes des interventions ainsi que les biographies des orateurs et oratrices.

Les sujets sont majoritairement en français (l'association s'adresse principalement à la communauté francophone) mais une salle de conférence est réservée aux sujets en anglais pour notre public non-francophone.

Conférences plénières

L'association, dans le but d'augmenter la diversité de l'événement, fait tenir par des femmes les trois conférences plénières proposées pendant la PyConFR.

Les conférences plénières annoncées cette année sont :

  • « Typographie et code : expérimentations pour la broderie et le tricot » par Amélie Dumont, designer graphique typographe.
  • « Le mot esquive, l'instrument tranche : autonomie stratégique, souveraineté numérique et l'épreuve de la cyber » par Rayna Stamboliyska, fondatrice et CEO de RS Strategy.
  • « Sustaining Open Source for the Future » par Georgi Ker, vice-présidente de la Python Software Foundation.

Embracing Weird Code, d’Ivana Kellyer
Le rêve de tout enfant - devenir DBA ?, de Karen Jex
Être un·e allié·e du numérique pour tou·te·s en environnement hostile, de Morgane Rozenn Hauguel

Sponsoring

L'événement existe grâce aux dons des sponsors qui permettent chaque année de couvrir les différentes dépenses liées à l'organisation (locaux, assurance, captation vidéo, boissons, bourses, etc.).

Si vous, votre entreprise ou l'un de vos contact souhaite participer au financement de cet événement, vous pouvez contacter le trésorier de l'AFPy (tresorier@afpy.org) pour discuter des modalités.

Les différents niveaux de sponsoring et les contreparties associées sont détaillées sur cette page.

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Reçu — 2 septembre 2026 ⏭ LinuxFr.org : les dépêches

Présentation de SlyOS, un système basé sur Arch linux équipé d'OpenRC, ReGreet et niri

Arch Linux est une distribution très connue pour être une bonne base permettant de créer son propre système Linux personnalisé de fond en comble. La possibilité d’y ajouter des logiciels libres peu connus du grand public via l' AUR est l’une des grandes forces d’Arch Linux.

J’ai donc une vision personnelle assez précise du bureau Linux idéal, et je souhaite la partager ici en vous présentant un projet sur lequel je travaille depuis un peu moins d’un an, presque non-stop. Ma propre distribution Linux : SlyOS, un système d'exploitation libre distribué sous licence GPLv3.

Par exemple, voici quelques logiciels disponibles dans l'AUR : DeaDBeeF, Cine, Warehouse, Carburetor, …

Arch Linux est aussi une distribution valorisée par son choix presque illimité d'environnements de bureau. En effet, on peut prendre l'exemple de mon expérience personnelle sur ce point.

J’ai tout d'abord commencé par découvrir GNOME. Son interface m’a immédiatement convaincu et il reste aujourd’hui l’un de mes environnements de bureau préférés. La principale réserve que j’ai à son sujet concerne sa dépendance trop marquée à plusieurs composants de systemd (j’expliquerai plus tard dans la dépêche ce qui me tracasse vraiment à ce sujet).

GNOME

J’ai ensuite essayé plusieurs environnements de bureau moins répandus, notamment Pantheon. Je reste particulièrement attaché à son interface, mais j’ai fini par l’abandonner en raison de bugs que j’ai rencontrés avec le compositeur Gala, ainsi que des difficultés liées à la transition de X11 vers Wayland. Cette transition a notamment retiré Plank, que j’appréciais beaucoup, sans vraiment lui apporter de remplaçant…

Pantheon

Ou encore moins connu : herbstluftwm que j'aimais beaucoup mais que j'ai fini par abandonner aussi à cause du manque d'outils de personnalisation sur X11 pour un gestionnaire de fenêtre si minimal.

herbstluftwm

J'ai aussi testé plein d'autres gestionnaires de fenêtre et de d'environnements de bureau tels que Cinnamon, Xfce, Hyprland, Fluxbox, LXQt, MATE, Sway, IceWM…

Avec le temps, j'ai façonné quelques opinions sur les différentes options que nous propose la communauté. Par exemple, cela peut en affecter certains, mais j’essaie d’éviter Qt au maximum et de privilégier GTK. Ma position concerne principalement le modèle économique de Qt : je ne reproche pas à un projet libre de chercher à se financer, mais Qt repose notamment sur les revenus provenant de logiciels propriétaires et de licences commerciales (proposant des offres payantes sur son site web). Je préfère donc soutenir des projets qui privilégient d’autres modèles, comme les dons, à l’image de ce qui existe autour de GTK. Ma position peut paraître controversée, notamment parce que l’écosystème Linux dépend lui aussi largement de grandes entreprises (comme Google, ou même Microsoft qui détient GitHub). Je ne prétends donc pas pouvoir éviter toute dépendance de ce type, mais j’essaie, autant que possible, de privilégier des logiciels et des projets capables de subsister sans être directement financés par le logiciel propriétaire.

De même, je n’aime pas vraiment systemd car c'est de plus en plus un programme qui obtient le monopole, avec une étendue de fonctionnalités et une complexité qui s'éloignent du principe KISS. Surtout que récemment, systemd a été au cœur de débats controversés, notamment à travers une proposition de vérification de l’âge intégrée directement à celui-ci. Le problème n’est pas uniquement l’existence de ce champ optionnel (birthDate), mais le fait que systemd puisse devenir un point central pour intégrer ce type de mécanisme à l’avenir. C'est pourquoi je préfère limiter les composants centraux aux fonctions dont le système a réellement besoin.

Cette problématique de vérification d'âge ne se limite d'ailleurs pas à systemd : le plus gros problème actuel est aussi xdg-desktop-portal. Mais il est à l'heure actuelle compliqué de changer cela, puisque xdg-desktop-portal est une dépendance presque cruciale dans Arch Linux. Un paquet alternatif contenant un patch pourrait être envisageable dans le dépôt de SlyOS via notamment l'alternative de xdg-desktop-portal Ageless Linux, mais je n'ai pas vraiment le temps d'accomplir cela pour l'instant.

J'ai dû parfois remettre en question certaines de mes opinions comme ma préférence à X11. Cela a par exemple opéré quand j'ai découvert niri et la stabilité et fluidité de Wayland nettement supérieure à X11.

niri

SlyOS
SlyOS est basé sur Arch Linux et construit à l’aide d’archiso. Le projet a commencé comme une expérience personnelle pour en apprendre davantage sur Linux. Je me suis rendu compte par la suite qu’il y avait un réel intérêt à proposer ma vision du bureau Linux parfait, car je ne l’avais étrangement vue nulle part ailleurs (par défaut dans un système d'exploitation).

Je sais que les concepts revendiqués par une distribution peuvent paraître flous ou consensuels (moderne, léger, simple à utiliser, intuitive, personnalisable, performant, stable, respectant le principe KISS), mais dans SlyOS, chacun de ces principes correspond à des choix concrets et justifiés qui permettent à SlyOS d'être une distribution :

  • Moderne : SlyOS propose niri, un gestionnaire de fenêtres entièrement basé sur Wayland, relativement récent, qui a déjà fait ses preuves (notamment par sa popularité en croissance exponentielle) et qui bénéficie d’un développement actif.

  • Légère : la version minimale de SlyOS contient moins de 700 paquets, tandis que la version complète en contient moins de 850. Les ISO sont nettement plus légères que celles de nombreuses distributions x86_64, réduisant les composants susceptibles de poser problème, sans pour autant supprimer les fonctionnalités essentielles.

  • Simple d’utilisation et intuitive : SlyOS propose un programme d’accueil dès le live ou après l'installation, présentant les raccourcis principaux. Le système peut être utilisé sans ligne de commande grâce à Pamac. Le bureau minimal et l'accès aux paramètres permettent à un débutant de prendre le système en main rapidement.

  • Performante et stable : SlyOS utilise le noyau linux-cachyos-lts pour un bon compromis performances/stabilité. La consommation de RAM au démarrage est très basse grâce à un nombre limité de services en arrière-plan grâce à l'esprit minimaliste de SlyOS.

  • Personnalisable : SlyOS s’appuie sur des outils Wayland comme Ironbar, Wofi, Hyprlock ou Vibepanel. Ils offrent un environnement complet tout en laissant une grande liberté de modification (ils peuvent être désinstallés et remplacés). Le choix de niri facilite également cette personnalisation profonde puisque largement reconnu dans le domaine du "Rice".

  • Respectueuse de la vie privée : remplacer systemd par OpenRC est une première marche vers une meilleure protection de la vie privée dans un système Linux. De plus, SlyOS contient LibreWolf, un navigateur axé sur la vie privée bloquant le pistage, ainsi que les extensions uBlock Origin (bloqueur de pubs et traqueurs efficace) et Decentraleyes (empêche le suivi par les CDN en servant les ressources localement). Il intègre aussi le DNS Mullvad Base qui chiffre vos requêtes DNS pour empêcher les écoutes et les fuites de données vers votre FAI.

  • Suivre le principe KISS en évitant systemd (plus d'informations ici) : SlyOS utilise OpenRC, un système d'initialisation qui suit une approche plus modulaire et plus proche du principe KISS que systemd, régulièrement critiqué pour son poids et sa complexité. Ce choix permet d'éviter de renforcer la position dominante de systemd tout en limitant les risques de dérive (comme l'intégration d'un champ birthDate).

À ses débuts, la distribution ne respectait pas entièrement tous ces critères. Elle utilisait GNOME / MATE, avec systemd ainsi que le noyau linux-cachyos-lts.

La distribution ressemblait à ceci à ses débuts, dans sa version 0.1 « Dxtrus » (pour "dexterous" en anglais) :

SlyOS

SlyOS

Depuis, le projet a considérablement évolué et est progressivement devenu un système plus complet et abouti, illustrant concrètement la direction prise par SlyOS. La version 0.2 « Invativ » (pour "innovative" en anglais) utilise désormais :

  • niri comme gestionnaire de fenêtres
  • OpenRC comme système d’initialisation
  • ReGreet, une interface de connexion en GTK4 écrite en Rust pour greetd
  • Le noyau linux-cachyos-lts
  • Plymouth pour afficher un écran graphique lors du démarrage et de l’arrêt du système

Voici à quoi ressemble la distribution depuis :

SlyOS

SlyOS

La distribution inclut également un centre de contrôle appelé Thymbr, qui permet de configurer de nombreux aspects du système depuis une interface centralisée. Cela rend SlyOS bien plus intuitif et simple d’utilisation, bien que le caractère intuitif se juge surtout à l'utilisation.

Le site web du projet est disponible ici

Je vous conseille d’y jeter un coup d’œil. Le site propose une version française et fournit des explications plus approfondies sur le projet, notamment à travers les principes présentés sur la page d’accueil ainsi que la FAQ, accessible dans la catégorie « Aide ». Le meilleur moyen de se faire une opinion reste de tester SlyOS, par exemple dans une machine virtuelle.

La configuration archiso est disponible sur Codeberg : https://codeberg.org/Minaucro/SlyOS

Je travaille à rendre SlyOS pratique, optimisé, simple et performant, selon ma propre vision d’un système d’exploitation Linux destiné aux ordinateurs de bureau. Le projet est encore en développement, mais il est déjà suffisamment mature pour être testé et utilisé au quotidien.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.


SlyOS a été créé par Minaucro (slyos@minaucro.fr).

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