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Mistral lance une préversion de son LLM frontière Mistral Large 4, surnommé « Le Chonk »

6 octobre 2026 à 15:16
Il revient !
Mistral lance une préversion de son LLM frontière Mistral Large 4, surnommé « Le Chonk »

Mistral vient de lancer une préversion publique de son nouveau LLM de frontière Mistral Large 4. Surnommé « Le Chonk », il doit remettre l’entreprise française dans la course, après de longs mois de quasi-silence sur les grands modèles.

Mistral Large 4 affiche 1 050 milliards de paramètres, dont 49 milliards actifs simultanément, dans une architecture MoE (Mixture of Experts) désormais classique. La fenêtre de contexte est d’un million de tokens. Dans sa présentation, Mistral évoque un entraînement depuis zéro sur la base de 3 800 puces Grace Blackwell de NVIDIA dans ses propres centres de calcul en Europe.

S’agissant d’une préversion, l’entrainement est toujours en cours. Mistral indique que d’ici la publication de la version le 26 octobre, une version privée du modèle est mise entre les mains de « partenaires sélectionnés, en leur donnant accès à une version de nos endpoints avec une modération allégée et des fonctionnalités plus avancées dans le domaine de la cybersécurité, et en leur distribuant les poids de la préversion du modèle ». Les poids seront d’ailleurs publiés le 26 octobre également, en même temps que des informations plus précises.

L’entreprise semble sûre de son fait : « Le Chonk fait progresser l’état de l’art des modèles à poids ouverts en matière de fonctionnalités agentiques génériques. Sur les métriques agrégées, il se classe parmi les meilleurs modèles à poids ouverts et est de loin le meilleur en Europe et aux États-Unis. Parmi les modèles à poids ouverts, Le Chonk est à l’état de l’art sur les tâches de cybersécurité, sur les tâches liées à la production industrielle et à la finance, ainsi que sur l’usage multimodal. »

Les benchmarks publiés vont bien sûr dans ce sens, avec 61,7 % sur DeepSWE v1.1, 59,4 % sur SWE-Atlas-QnA et 28,3 % sur Terminal-Bench 4, soit 49,8 % à l’indice combiné, devant DeepSeek V4 Pro 0813 et Qwen3.8 Max. Des scores que l’on retrouve sur Artificial Analysis, qui place ML4 dans la moyenne haute des LLM en matière d’intelligence et de rapidité. En revanche, le site classe le nouveau LLM comme très verbeux. De fait, malgré une tarification intéressante de 1,36 dollar par million de jetons en entrée et 4,18 dollars en sortie, cette verbosité peut avoir une grande influence. Étrangement, Artificial Analysis évoque une fenêtre de contexte de 524 000 jetons, mais ce chiffre pourrait venir d’une préversion antérieure.

Un accent sur la cybersécurité

Selon Mistral, ML4 est « l’un des modèles d’IA les plus puissants au monde pour la cybersécurité », classé dans le Top 5 du Cyber Index d’Artificial Analysis, devançant « largement les modèles à poids ouverts développés hors de Chine ». Dans les tests du Cyber Index, ML4 aurait ainsi obtenu 82 %, soit le meilleur score à ce jour, et 93 % sur Cybench, se classant parmi les meilleurs modèles à poids ouverts.

L’entreprise française se fait un plaisir de s’engouffrer dans cette porte ouverte, abordant directement le problème des risques que de telles performances peuvent faire courir. Un quasi non-sujet pour Mistral, car il s’agit avant tout de défense. Elle pointe les modèles fermés comme Claude Opus 5.5 et GPT-6 Astra, qui obtiennent zéro au Cyber Index car ils refusent d’exécuter des tâches.

« C’est d’autant plus important que les acteurs malveillants font de plus en plus de jailbreaks de ces mêmes modèles pour soutenir une cyberactivité offensive : les défenseurs ont besoin de systèmes pouvant égaler ces capacités sans être contraints par les mêmes refus », ajoute Mistral. L’incident Hugging Face n’est pas directement cité, mais on se souvient que l’entreprise s’était plainte de ne pas avoir pu analyser les premières traces de l’attaque qu’elle subissait parce que les modèles fermés se cabraient devant les questions de cybersécurité. Ironie, Hugging Face s’était alors tournée vers un modèle chinois, GLM 5.2.

Enfin, pour le travail de bureau, Mistral indique 59,9 % sur AutomationBench. Sur des tâches financières et juridiques évaluées par vals.ai, il dépasserait GPT-6 Astra, et il est en tête des modèles ouverts sur le test juridique de Harvey. Pour l’ancrage visuel, il obtient 42 % contre 41 % pour GPT-6 Astra sur Dense 200, un écart minime.

De quoi remplacer prochainement GLM 5.3 dans Vibe Code avec un modèle maison ?

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☕️ Apple annonce un renforcement des autorisations d’accès au disque dans macOS

5 octobre 2026 à 14:16


Le 2 octobre, Apple a fait savoir par une courte note destinée aux développeurs que des changements allaient être introduits pour renforcer l’accès complet au disque dans macOS.

L’entreprise indique que de nombreux contrôles ont été mis en place avec le temps sur son système, mais que l’autorisation d’accès complet au disque permet largement de les contourner. Le fonctionnement était voulu pour « permettre aux applications de sauvegarde de fonctionner correctement sur Mac ».

Cependant, des « développeurs utilisent l’accès complet au disque de manières qui pourraient mettre les utilisateurs en danger, exposant tout ce qui se trouve sur leurs systèmes – y compris les fichiers, les courriels, les messages, et même l’historique de navigation – sans que les utilisateurs en aient pleinement connaissance et compréhension », indique Apple. L’entreprise ajoute que dans les applications de communication, la confidentialité des personnes en contact pourrait également être menacée.

L’entreprise ne compte pas supprimer l’accès disque complet, dont de nombreuses applications ont besoin, par exemple pour de la prise de contrôle à distance via Anydesk ou Teamviewer. En revanche, elle va introduire « des contrôles supplémentaires pour garantir que les utilisateurs qui souhaitent réellement accorder à une application ce niveau d’accès extraordinaire ne puissent le faire qu’avec une action très explicite ». Apple estime ce chantier « crucial », car « les agents IA deviennent de plus en plus capables et autonomes », l’entreprise semblant craindre que les risques associés augmentent « considérablement ».

La note est courte et ne contient aucun détail. Apple ne dit même pas quand ces changements vont être introduits. L’actuelle version 27.2 bêta de macOS ne contient pas ces modifications, mais on peut imaginer que le nouveau contrôle sera présent dans la mouture 27.3.

Le calendrier est également particulier. Comme le souligne TechCrunch, l’annonce survient quelques jours après que le journaliste Jason Aten a affirmé que Muse (Meta) avait lu ses conversations privées. Il assure qu’il n’a jamais donné à Muse l’accès au disque complet, mais que ce dernier lui a quand même suggéré un sujet sur la base d’éléments n’apparaissant que dans l’application Messages sur son Mac. Meta conteste cette version, affirmant que la lecture des conversations dans Messages exige non seulement l’accès complet au disque, mais aussi l’activation du connecteur spécifique Muse pour l’application d’Apple.

☕️ Le navigateur Orion pour Mac abandonne ses versions Linux et Windows

5 octobre 2026 à 10:04


Orion est un navigateur conçu d’abord pour macOS. Après une version 1.0 sortie en novembre 2025 et une 1.1 en juin, Orion s’est fait un petit nom dans le domaine des butineurs.

Orion est bâti autour de WebKit, le moteur utilisé par Safari, avec l’idée bien sûr d’une intégration poussée dans l’écosystème Apple. L’équipe de développement met largement l’accent sur la vie privée : aucune télémétrie par défaut, un blocage intégré des traqueurs et publicités, des fonctions avancées comme des conteneurs multi-comptes, ou encore la compatibilité avec les extensions Chrome et Firefox. Celle-ci n’est pas toujours parfaite, mais elle a le mérite d’exister.

Il était également prévu qu’Orion arrive sur Linux et Windows, mais les plans ont changé. Dans un billet daté du 2 octobre, son éditeur Kagi renonce en effet à ces versions. La raison principale est la petite taille de l’équipe face au défi immense de maintenir trois bases de code. Contrairement à Chromium, WebKit n’a pas l’avantage d’être « prêt à l’emploi » sur plusieurs plateformes.

Screenshot

En conséquence, la bêta actuelle pour Linux ne sera plus mise à jour, même si on peut encore l’utiliser. La version Windows, qui devait sortir avant la fin de l’année, est elle aussi abandonnée. Kagi promet que tout le code travaillé pour ces deux plateformes sera prochainement rendu open source, afin que la communauté le récupère si elle souhaite poursuivre le travail de son côté. Des détails seront publiés au cours des 30 prochains jours à ce sujet.

L’éditeur évoque en outre des craintes de certains utilisateurs, selon lesquelles la société pourrait se disperser en tentant l’aventure du multiplateforme. L’entreprise semble donc leur donner raison et annonce que les versions macOS et iOS seront désormais les seules : « L’équipe et les ressources réparties sur les plateformes se concentrent à rendre Orion plus rapide, plus stable [et avec plus de capacités] sur les appareils Apple. Attendez-vous à des améliorations régulières dans les mois à venir ».

☕️ Android : la vérification des développeurs tiers débute dans quatre pays

5 octobre 2026 à 09:44


En mars 2026, Google a annoncé de profondes modifications pour le « sideloading » des applications sur Android. Le sideloading désigne la possibilité d’installer des applications en passant par d’autres moyens que le Play Store ou même les boutiques tierces. C’est une marque de fabrique d’Android jusqu’ici et un facteur de différenciation face à l’iPhone et son « jardin fortifié ».

Les annonces de Google n’enterraient pas le sideloading. En revanche, les règles allaient être bouleversées, et plusieurs sont entrées en vigueur le 30 septembre dans quatre pays : Brésil, Indonésie, Singapour et Thailande.

Sur les appareils encore supportés et disposant d’Android 7 ou d’une version ultérieure, les applications distribuées via les boutiques participantes doivent avoir un développeur vérifié. Traduction : une personne enregistrée auprès de Google, avec ses coordonnées et une preuve d’identité, généralement le scan d’une pièce d’identité officielle. C’est ce programme, Android Developer Verification, qui est entré en vigueur il y a quelques jours.

Si cette vérification est limitée à quatre pays, Google a annoncé que la généralisation aura lieu en 2027 pour l’ensemble des marchés. Le mécanisme de vérification n’appose pas seulement un badge de vérification, il lie l’identité du développeur à ses applications et ses clés de signature. Pour Google, c’est une question de traçabilité et de sécurité.

Quand la transition sera terminée, le sideloading deviendra nettement plus complexe. Quand vous souhaiterez installer une application récupérée depuis un site, sans passer par une boutique, il faudra en effet activer le mode Développeur dans les options de l’appareil.

Ensuite, après un redémarrage, Google réclamera un délai de 24 heures. Comment l’entreprise justifie-t-elle ce délai ? Par la nécessité de lutter contre les arnaques reposant sur l’ingénierie sociale et la pression en temps réel. Précisons que le délai n’intervient qu’une fois pour toutes les installations, pas pour chacune. En outre, ADB (Android Debug Bridge) reste en place pour les développeurs.

Source : Google

Si cette mesure casse en effet certains scénarios malveillants, elle risque d’avoir un impact lourd pour les boutiques non agréées et le sideloading en général, car la motivation peut vite disparaître devant une telle procédure. La liste initiale des boutiques agréées comprend le Play Store, le Galaxy Store, l’App Market d’HONOR, l’App Market d’OPPO, GetApps de Xiaomi, le V-Appstore de Vivo et le Palm Store de Transsion. Notons que la vérification des développeurs n’est pas forcément un gage de sécurité.

Ce changement fait partie d’un mouvement plus large de restrictions autour d’Android. Google semble en effet serrer la vis sur de nombreux aspects, plusieurs étant pointés du doigt par GrapheneOS, qui critique largement les changements intervenus dans la gestion des correctifs pour AOSP (Android Open Source Program).

Facturation électronique : fuite d’informations chez VosFactures à cause d’un prestataire

5 octobre 2026 à 09:09
Quelque part en Pologne
Facturation électronique : fuite d’informations chez VosFactures à cause d’un prestataire

Alors que l’obligation de facturation électronique est entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre, une première plateforme agréée annonce une fuite de données. Elle n’a pas été directement attaquée, la brèche venant d’un prestataire polonais. Le problème a cependant été assez sérieux pour que l’administration coupe temporairement ses échanges avec la plateforme.

Une plateforme agréée par l’État, VosFactures, a vu une partie des données de ses utilisateurs consultée après le piratage de son prestataire polonais Fakturownia. L’intrusion a été détectée le 27 septembre et l’accès a été coupé le 28. Le lendemain, la plateforme VosFactures a été avertie. Les 500 000 clients que revendique la plateforme ont alors commencé à être contactés.

Dans le courrier envoyé, affiché par FuitesInfos, on apprend qu’une « personne non autorisée » est parvenue à exploiter une vulnérabilité dans un mécanisme de génération de fichiers PDF à partir de modèles de factures. Cette exploitation a ensuite permis au pirate d’accéder à certains fichiers de configuration sur des serveurs du prestataire, dont des clés applicatives et des identifiants. À partir de ces informations, le pirate a réussi à déclencher des commandes arbitraires sur plusieurs serveurs applicatifs et à accéder à une copie miroir de la base de données de production.

Dans le courrier, VosFactures insiste sur plusieurs points, dont le fait que ses serveurs n’ont pas été directement attaqués. « Toutefois, certaines données relatives aux utilisateurs de VosFactures étaient traitées par ce prestataire dans le cadre de la fourniture de services techniques à FACTUALI SAS [l’opérateur de VosFactures, ndlr]. Une personne non autorisée a ainsi pu accéder à certaines données relatives aux comptes VosFactures, au clients et fournisseurs de nos utilisateurs ainsi qu’à une partie des documents générés au moyen du service », indique la plateforme dans ses e-mails.

L’entreprise rappelle également que sa propre infrastructure bénéficie de la qualification SecNumCloud de l’ANSSI, rappelant ses obligations en matière de protection des systèmes, de sécurité des données et de maitrise de leur hébergement. « À ce stade, aucun élément dont nous disposons ne révèle une compromission directe de l’environnement SecNumCloud propre à FACTUALI SAS », ajoute le courriel.

Une portée des risques encore floue

VosFactures prévient des risques habituels dans ce type de cas : les éternelles tentatives d’hameçonnage (phishing) par e-mail ou SMS, d’usurpation d’identité, de fraude au changement de coordonnées bancaires ou aux faux fournisseurs, d’accès non autorisé à d’autres services en cas de réutilisation du même mot de passe, ou encore de prise de contact frauduleuse en se faisant passer par VosFactures. Sans surprise, la plateforme recommande la plus grande prudence, avec les règles élémentaires d’hygiène numérique.

Selon FuitesInfos, l’entreprise a envoyé un deuxième e-mail pour avertir que l’ensemble des codes API fournis jusqu’à présent étaient invalidés au 1ᵉʳ octobre. Pour les clients concernés, cela signifie une rupture dans les intégrations, par exemple dans des logiciels de comptabilité. Il faut donc générer de nouveaux codes et mettre à jour les connexions concernées.

Fakturownia a également communiqué sur l’incident le 1ᵉʳ octobre, l’entreprise polonaise indiquant elle aussi avoir contacté ses clients, corrigé la faille et averti le Bureau de protection des données personnelles et le CERT polonais. Toutefois, les données dérobées sont beaucoup plus nombreuses chez le prestataire, avec notamment les mots de passe hachés, les numéros IBAN, le détail des factures ou encore les historiques des paiements. Les courriels de VosFactures étant peu précis sur ce point, nous avons contacté l’entreprise pour obtenir plus de détails et mettrons à jour cette actualité en cas de réponse.

Selon la presse polonaise, un pirate se faisant appeler Fingerprint a revendiqué l’attaque. Il dit être en possession d’une base de données de 6 To, mais ce chiffre n’a pas pu être vérifié.

Suspension temporaire des échanges avec l’AIFE

L’information a en tout cas fortement déplu à l’AIFE, l’Agence pour l’informatique financière de l’État. Sur son portail Chorus Pro (service de réception des factures fournisseurs pour les administrations publiques), on peut voir encore à l’heure actuelle un bandeau rouge. Il a été mis en place le 1ᵉʳ octobre pour avertir d’une suspension provisoire des échanges entre la plateforme agréée concernée et l’AIFE.

« À l’issue de l’examen des éléments techniques communiqués par la PA concernant cet incident, il apparaît que la situation opérationnelle des services de la PA et les mesures de sécurité prises ne justifient pas le maintien de la suspension. Les échanges entre la PA et les services opérés par l’AIFE ont donc été rétablis et restent naturellement sous surveillance comme pour l’ensemble des partenaires », indique cependant le bandeau, mis à jour pendant le week-end.

L’information tombe mal quoi qu’il en soit. L’arrivée de la facturation électronique ne s’est pas faite en douceur, de nombreuses petites entreprises se sentant lésées par ce passage forcé. L’obligation augmente mécaniquement la pression sur la sécurité des données puisque toute entreprise doit passer par l’une des plateformes agréées, dont la liste est fournie par le ministère de l’Économie et des Finances.

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☕️ Fuite de données : et de quatre pour LDLC

2 octobre 2026 à 14:29


LDLC envoie actuellement des e-mails pour prévenir ses clients d’une nouvelle fuite de données. « Nous vous informons qu’un acte malveillant a permis un accès non autorisé à l’un de nos systèmes d’information, susceptible d’avoir entraîné la consultation de certaines données vous concernant », indique l’entreprise dans le courrier.

Les données concernées ? Pratiquement tout ce qu’il est possible d’avoir hors informations bancaires et de connexion : nom, prénom, adresse postale, adresse e-mail, fax, téléphone portable, téléphone fixe, langue du client, type de salutation (monsieur, madame…), codes clients techniques, type de client (particulier ou professionnel), date de dernière connexion sur le compte client web et date d’inscription sur le site.

« Vos données bancaires (RIB, numéro de carte), vos identifiants de connexion ou mots de passe n’ont pas été concernés », se dépêche d’ajouter LDLC. L’entreprise dit avoir immédiatement isolé la partie concernée de son infrastructure, révisé sa stratégie d’accès correspondante et notifié l’incident à la CNIL, « conformément à la réglementation applicable ».

Vitrée brisée

Comme toujours dans ce genre de cas, les données dérobées « pourraient être utilisées pour des tentatives de fraude et de hameçonnage (phishing) », prévient LDLC. S’ensuivent plusieurs conseils, comme ne pas cliquer sur des liens reçus par SMS ou e-mail, ou ne jamais communiquer ses informations personnelles, identifiants et coordonnées bancaires par e-mail, SMS ou au téléphone. On fera remarquer, non sans ironie, qu’un nombre croissant d’entreprises s’en chargent pour nous.

Pour LDLC, c’est le quatrième incident de ce type depuis 2021. Cette année-là, l’entreprise annonçait avoir été attaquée par le groupe de pirates Ragnar Locker, qui avait mis en vente 29,5 Go de données internes. Puis 2024 avait marqué un doublé : d’abord le 29 février avec le vol des données de 1,5 million de clients, puis en décembre, sans savoir cette fois combien de personnes sont concernées.

Elon Musk va évaluer les futurs visages de la guerre pour le Pentagone

2 octobre 2026 à 07:12
Du boeuf et des patates
Elon Musk va évaluer les futurs visages de la guerre pour le Pentagone

Le patron de SpaceXAI va participer à la création d’un important rapport prospectif sur les futurs visages de la guerre. Outre son retour officiel dans les sphères du pouvoir, plusieurs médias pointent les risques de conflits d’intérêt.

Le 30 septembre, le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a tenu un grand discours à la base des Marines de Quantico. Entre autres diatribes contre l’éternel « wokisme », se félicitant en particulier d’avoir sorti les « clowns idéologues » et d’avoir augmenté le nombre de tests de testostérone chez les soldats, il a évoqué une réduction de 20 % du nombre de généraux et amiraux. « Aujourd’hui, les médias parlent de purge. Moi, j’appelle cela rendre des comptes, et ça aurait dû être fait depuis longtemps », a-t-il déclaré, comme le relève Le Monde.

Le ministre était surtout venu annoncer six initiatives pour l’armée, dont plusieurs se distinguent par leur importance potentielle. C’est le cas notamment de l’Autonomous Warfare Command (Commandement de la guerre autonome).

Le communiqué le présente comme devant étendre la guerre autonome à l’ensemble des forces interarmées, sous la forme d’un « commandement de combat fonctionnel à quatre étoiles d’ici le 1ᵉʳ octobre 2027 ». Il s’appuie sur le programme Drone Dominance, qui aurait livré des milliers de systèmes robotisés au Moyen-Orient dans le cadre de l’opération Epic Fury.

De la bataille d’Azincourt à FORTRESS

Pour accoucher de ce commandement, une structure de transition chargée de préparer le terrain est mise en place, sous le nom de « Project Agincourt ». Agincourt, qui se traduit en français par Azincourt, est le nom d’une célèbre bataille de la Guerre de Cent Ans (en 1415), au cours de laquelle la chevalerie française fut écrasée par les Anglais et leurs redoutables arcs longs.

Le nom ne fait pas tant référence à la défaite française en elle-même qu’à la possibilité d’employer une arme bon marché en masse, qui l’emporte alors sur une force plus coûteuse et plus « prestigieuse ». Le projet a été confié au DRPM-UxS (Direct Reporting Portfolio Manager for Unmanned Systems), un poste créé trois mois plus tôt pour regrouper les activités du ministère de la Guerre dans le domaine des systèmes non habités.

Autre initiative importante, FORTRESS, pour « Federal Operations for Resilience, Troop Resources, Energy, Supply, and Survivability ». À terme, chaque grande installation militaire américaine produirait ainsi sa propre électricité de façon autonome, pour continuer à fonctionner si le réseau civil tombe à la suite d’une cyberattaque ou d’un sabotage.

Cette initiative prévoit aussi de relocaliser les chaînes d’approvisionnement critiques : terres rares, métaux spéciaux, semi-conducteurs et ergols. Elle comprend également la constitution de réserves stratégiques de munitions, de carburant, de médicaments et de sang. Enfin, elle couvre le durcissement des installations contre les intrusions informatiques, le sabotage et les drones, ainsi que la protection des satellites et du spectre radioélectrique.

Meridian et le « retour » d’Elon Musk

Outre la création d’une nouvelle grande base sur le sol national ou encore celle d’un « Bureau des affaires religieuses », on remarque sous le projet Meridian. Il s’agit d’une étude prospective qui doit couvrir tous les domaines de combat futurs, des profondeurs souterraines à l’espace cislunaire. Cette mission doit aboutir sous 120 jours à un rapport public non classifié, mais accompagné d’une annexe classifiée. L’échéance est fixée au 28 janvier 2027 par le mémorandum, qui prévoit que le projet soit commandé par l’intermédiaire d’une organisation partenaire (aucun nom n’a été donné).

Si le projet Meridian fait couler de l’encre, ce n’est pas tellement parce qu’il sera piloté par Emil Michael, directeur technique du ministère de la Guerre, mais parce qu’il y associe Elon Musk, Palmer Luckey et Newt Gingrich. Beaucoup y voient un retour du patron de SpaceXAI dans le giron de la Maison-Blanche, même s’il faut nuancer le propos. Dans le cadre de Meridian, son rôle relève du Pentagone, il ne revient pas dans l’exécutif présidentiel, comme c’était le cas quand il pilotait le DOGE. En outre, la mission est bornée dans le temps et limitée à un rapport.

Selon le magazine Time, le processus de réconciliation avec Donald Trump aurait commencé en décembre 2025 lors d’une « réunion clandestine » à la Maison-Blanche. Le président aurait passé plusieurs heures à tester Grok, le chatbot IA de SpaceXAI. Il aurait notamment demandé comment les Vénézuéliens réagiraient si les États-Unis capturaient Maduro, alors au pouvoir. Grok aurait caractérisé ce dernier de « dictateur répressif et profondément impopulaire », ce qui aurait aidé Donald Trump à décider sa capture le mois suivant.

En revanche, la question des conflits d’intérêts bat son plein. Axios rappelle par exemple que les entreprises d’Elon Musk et de Palmer Luckey détiennent d’importants contrats avec le Pentagone. SpaceXAI assure ainsi l’essentiel des lancements liés à la sécurité nationale, tandis qu’Anduril fournit brouilleurs, intercepteurs, moteurs de roquette et drones d’accompagnement. Même Fox News, pourtant favorable à l’administration, relève que des dirigeants d’entreprises en concurrence pour des marchés de défense vont aider à définir les capacités que l’armée devrait acquérir.

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Sécurité : le premier point de situation REACTIV de l’ANSSI illustre l’ampleur du problème

1 octobre 2026 à 13:55
Il y a du travail
Sécurité : le premier point de situation REACTIV de l’ANSSI illustre l’ampleur du problème

L’ANSSI a publié le premier point de situation de son dispositif REACTIV. Le rapport est sobre et direct, alignant les causes des différents incidents cyber des deux derniers mois contre les ministères, avec des chiffres éloquents.

Le dispositif REACTIV (pour REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données) a été créé par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu. Annoncée publiquement le 7 septembre, elle constitue une réorientation des moyens opérationnels de l’ANSSI vers deux tâches : le traitement des comptes utilisateurs compromis et l’analyse des violations de données.

Cybersécurité : l’ANSSI lance son mécanisme REACTIV dédié aux services de l’État – Next↗

Comme nous l’indiquions au moment de l’annonce, l’agence obtient deux pouvoirs nouveaux. D’abord, elle centralise la communication technique de crise. Ensuite, et surtout, l’ANSSI peut imposer aux ministères des mesures de protection immédiates dans des délais contraints. Vincent Strubel, directeur de l’agence, avait bien précisé lors de l’annonce que l’effort était temporaire et qu’il se faisait au détriment d’autres pans de la menace.

La situation exigeait une forme d’urgence. Il n’aura fallu que trois semaines pour que l’ANSSI publie un premier point d’étape, faisant le bilan des attaques des deux derniers mois contre plusieurs ministères.

Des brèches en pagaille

Depuis le 1ᵉʳ août 2026, 99 violations de données ont été signalées à l’ANSSI, dont 67 sont confirmées et 32 sont en cours de traitement par l’agence.

Parmi les incidents, la faille CVE-2026-72898 (score CVSS 10) dans Metabase (une plateforme open source dédiée à l’intelligence économique) et son exploitation sont en bonne place. L’ANSSI évoque neuf instances ministérielles compromises depuis début août. « Cette vulnérabilité, de type injection SQL, permet l’accès à la base de données de l’application Metabase pour un utilisateur non authentifié et l’obtention des droits administrateurs de l’instance », indique le rapport.

Lorsque la faille a été découverte le 3 août par Metabase, elle était déjà exploitée. Le correctif a été publié le 6 août. Pour les ministères français en revanche, il ne s’agissait probablement déjà plus d’une faille 0-day, l’attaque contre France VAE étant par exemple survenue le 8 août. L’exploitation de cette faille a servi également contre Zéro Logement Vacant, Qualicharge et probablement Docurba, même si l’enquête n’est pas terminée.

Mais cette faille a aussi servi contre le propre Laboratoire d’innovation de l’ANSSI et contre la Direction interministérielle du numérique (DINUM), deux agences relevant du Premier ministre. Dans le premier cas, l’ANSSI pointe « la compromission de 118 comptes utilisateurs Metabase dont une trentaine de comptes d’utilisateurs externes (données statistiques d’utilisation, identifiants, courriels et mots de passe hachés) ». Les instances vulnérables ont été mises à jour, les mots de passe ont été renouvelés pour l’ensemble des comptes et les comptes inutilisés depuis plus de trois mois ont été désactivés.

Dans le cas de la DINUM, deux instances Metabase ont été compromises, ProConnect et Nuage-Public. « Les données exfiltrées portent sur des informations administratives d’organismes publics (SIREN, SIRET, budgets, effectifs), des métadonnées de contributions à des projets logiciels open source, et des historiques de connexions anonymisés », indique l’ANSSI. L’agence ajoute que ces données étaient cependant déjà publiques. Là encore, les vulnérabilités ont été colmatées, les secrets réinitialisés et les comptes créés par l’attaquant supprimés.

Le rapport n’indique pas toutefois dans quelle mesure ces instances Metabase étaient exposées à internet. Dans tous les cas, l’information tombe mal pour l’ANSSI, qui doit montrer l’exemple, notamment en matière de réactivité sur les correctifs sortant régulièrement. Il s’est écoulé au moins plusieurs jours entre la publication du correctif de Metabase et les premiers signes d’attaque contre la faille au sein des ministères, témoignant d’un retard dans l’application. Dans le cas de l’agence, même s’il s’agit uniquement de son Laboratoire d’innovation, le signal renvoyé n’est pas glorieux.

On peut noter également que l’avis du CERT-FR sur plusieurs failles Metabase a été publié le 24 août, alors que trois des quatre failles (dont CVE-2026-72898) étaient connues depuis le 6 et la dernière le 11.

Des défauts de sécurisation classiques

Les autres incidents relèvent malheureusement de défauts de sécurité classiques. Par exemple, des identifiants volés par des infostealers sur des postes personnels ou de partenaires, puis utilisés contre des services exposés sans double authentification. C’est le cas pour le PIGP (Portail de la Gestion Publique de la DGFIP), le cadastre et l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

L’absence de double authentification ressort justement dans le rapport, ou un deuxième facteur par simple e-mail, cette méthode n’étant plus considérée comme robuste depuis longtemps. Le point de situation évoque également la compromission de sous-traitants, dont un de TRACFIN, et le serveur d’échange avec les prestataires de la DGDDI.

On note aussi que plusieurs incidents sont en cours de qualification. Par exemple, pour Signal Logement (identification de logements insalubres) et le BCPR (Bureau des courriers parlementaires et réservés), duquel des e-mails auraient été exfiltrés, sans que l’ANSSI en soit certaine pour l’instant.

En outre, si la mission de REACTIV est surtout de pouvoir imposer des mesures concrètes dans des délais contraints, on ne sait rien des éventuels changements mis en place pour faire évoluer la culture de la cybersécurité chez l’ensemble des personnes concernées. Si l’exploitation de failles peut souvent être combattue par une application stricte des correctifs de sécurité, les attaques passant par des comptes compromis doivent interpeler les utilisateurs impliqués et leur hygiène numérique, dont la gestion de leurs mots de passe.

Une utilisation sérieuse de la double authentification ne semble pas toujours la règle non plus, le mécanisme relevant des ministères et de leurs services informatiques. À ce sujet, la position de l’ANSSI est d’ailleurs claire : « facteur clé de nombreux incidents analysés par l’ANSSI, l’absence de MFA, ou l’utilisation d’un second facteur faible (e-mail), a facilité les intrusions puisqu’un mot de passe faible ou une fuite de mot de passe suffisait à l’attaquant pour s’octroyer a minima un accès utilisateur ».

Les serveurs e-mail Zimbra visés par l’exploitation très active d’une faille critique

1 octobre 2026 à 07:36
Le correctif était pourtant là
Les serveurs e-mail Zimbra visés par l’exploitation très active d’une faille critique

Les personnes et organisations disposant de serveurs équipés de Zimbra pour la gestion de leurs e-mails doivent mettre à jour aussi rapidement que possible les composants logiciels. Une faille est exploitée depuis plus de deux mois, alors que le correctif existe depuis le 20 juillet.

Dans un long billet publié le 30 septembre, Microsoft Threat Intelligence a fourni une analyse de l’exploitation de CVE-2026-73570, une faille de type « injection de commandes système non authentifiée » dans Zimbra Collaboration Suite (ZCS), une solution e-mail très populaire.

Cette faille, présente dans toutes les versions antérieures à la 10.1.20, est en fait corrigée depuis juillet. Cependant, les systèmes non mis à jour seraient encore nombreux, Microsoft indique que la faille – critique, avec un score CVSS de 8,9 – est exploitée depuis fin juillet au moins. L’éditeur évoque un minimum de plusieurs centaines de serveurs compromis par l’exploitation de cette faille.

Cette vulnérabilité est présente dans le traitement des notifications SNMP de Zimbra. Elle peut être exploitée dès lors que le paquet optionnel zimbra-snmp est installé et que les notifications sont activées. Un attaquant non authentifié peut alors envoyer des requêtes SMTP spécialement conçues pour provoquer une erreur, lui permettant après coup d’exécuter des commandes système arbitraires avec les droits de l’utilisateur zimbra.

Des attaques rondement menées

Dans son billet, Microsoft dit avoir observé deux outils de balayage le 28 juillet et le 7 août, donc après le correctif mais avant la divulgation, intervenue le 13 août avec la publication des informations dans la base NVD. « Les sondes incluaient des requêtes HTTP et des vérifications d’identité DNS, ICMP et en bande, utilisant des commandes telles que curl, wget, ping, nslookup et id », vers des services d’interaction comme oast[.]fun ou requestrepo[.]com, ou vers une infrastructure propre à la campagne d’attaque sous bypass[.]eu[.]org. Les requêtes HTTP portaient un User-Agent spécifique, ZB73570, suggérant selon Microsoft que des acteurs ont analysé le correctif avant la publication des détails du bulletin CVE.

Les attaquants ont ensuite déposé des pages JSP malveillantes (webshells) dans les répertoires Jetty et mailboxd, puis les ont recopiées sur les autres nœuds de boîtes aux lettres. Ils allaient parfois jusqu’à ouvrir temporairement les droits d’écriture du répertoire public avant de les rétablir. Ils ont aussi installé un service systemd déguisé, zimlog.service, dont les horodatages avaient été modifiés pour imiter sshd.service.

Source : Microsoft

L’exploitation se faisait au moyen du journal zmmailboxd.out remplacé par un lien symbolique vers /etc/pam.d/sudo, qui invoquait alors zmmailboxdmgr, exécuté avec des privilèges élevés. Les pirates étaient ensuite capables de voler des secrets, de se déplacer latéralement dans l’infrastructure et d’exfiltrer des contenus. Microsoft n’attribue cette activité à aucun acteur nommé, le rapport mentionnant des victimes dans plusieurs régions et secteurs, et un mélange d’opérations automatisées et manuelles.

Du pain sur la planche

Selon le rapport, toute instance Zimbra qui n’a pas été mise à jour avant fin juillet doit être considérée comme potentiellement compromise. L’installation de la mise à jour est la mesure la plus urgente à entreprendre. À défaut, si l’opération est impossible dans l’immédiat, Microsoft recommande la désinstallation du paquet zimbra-snmp, la désactivation des notifications SNMP et la restriction de l’accès SNMP et SMTP aux seuls hôtes de confiance.

Une fois la mise à jour effectuée, plusieurs actions sont encore nécessaires :

  • Renouveler toutes les clés zimbraPreAuthKey et zimbraAuthTokenKey
  • Inspecter /etc/sudoers.d/ (notamment 81_metric), /etc/pam.d/ et les unités systemd (zimlog.service, chronyd-helper.service, syslog_init.service)
  • Chercher les JSP et fichiers *_jsp.java inattendus sur la totalité des nœuds

Microsoft dégaine ses conteneurs WSL (Linux) en version finale

1 octobre 2026 à 05:59
Compose viendra, promis
Microsoft dégaine ses conteneurs WSL (Linux) en version finale

Microsoft a donné le coup d’envoi officiel pour ses conteneurs WSL. Ils permettent de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux directement depuis Windows.

Au début de l’été, Microsoft a profité de sa conférence Build pour présenter un nouveau projet baptisé « WSL Container », avec une préversion dans la foulée. L’objectif était clair : fournir un moyen intégré et prêt pour l’entreprise de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux sur Windows, sans nécessiter d’outillage tiers supplémentaire.

Depuis le 29 septembre, la fonction est disponible en version finale. Microsoft n’y va pas par quatre chemins : « WSL est au cœur de notre engagement à faire de Windows le meilleur endroit pour construire, exécuter et gérer des charges de travail Linux. À mesure que l’IA, le développement cloud-native, les conteneurs et les écosystèmes open source continuent de converger vers Linux, de plus en plus de développeurs choisissent d’exécuter ces charges directement sur des appareils Windows ». Les conteneurs sont donc une évolution logique de WSL, affirme l’éditeur.

Petit point de rappel d’abord : qu’est-ce que WSL ? Le Windows Subsystem for Linux est un composant de Windows permettant de faire fonctionner directement une distribution Linux virtualisée. Plusieurs sont disponibles d’ailleurs dans le Microsoft Store, comme Ubuntu et Debian.

Source : Microsoft

Disponible directement dans la nouvelle version de WSL

Pour utiliser les conteneurs, pas besoin d’installer de nouveaux composants, car la nouvelle fonction fait simplement partie de la dernière mouture du WSL (3.0.1). On peut donc l’installer soit en récupérant le binaire depuis le dépôt GitHub, soit via la commande « wsl --update » dans le terminal.

Le produit livré hier soir repose sur deux briques. D’abord, l’outil wslc.exe qui sert à construire, lancer et déployer les conteneurs. Microsoft fournit en même temps un alias intégré container.exe pour reprendre les commandes habituelles. Ensuite, une API – sous forme de paquet NuGet Microsoft.WSL.Containers – pour permettre aux applications Windows natives de piloter ces conteneurs. L’éditeur donne comme exemple l’exécution locale de charges IA.

En matière d’architecture, chaque utilisateur a sa propre session, dont les privilèges peuvent être réglés, y compris de manière centralisée en entreprise. Le stockage, lui, peut se faire de trois manières : un VHD par session, des volumes reposant sur VHD ou des volumes de conteneurs reposant sur virtiofs, que Microsoft présente comme jusqu’à deux fois plus rapides que l’approche plan9 utilisée jusqu’à présent par WSL.

Quant au réseau, il est géré par un composant nommé Consommé, qui consiste en un processus s’occupant de tout ce qui touche au DNS, au routage et au mappage des ports. Cette approche doit notamment permettre de travailler plus facilement avec des VPN et des pare-feux.

Docker dans la ligne de mire

D’accord, mais pour quoi faire ? On trouve sur le site de Microsoft ou dans la presse des exemples d’utilisation. Le plus simple est celui d’une application Windows embarquant un composant Linux. Ainsi, un logiciel de bureau en C# peut lancer un conteneur servant un modèle d’inférence, communiquer avec lui puis l’arrêter à la fermeture. C’est l’exemple de charge IA locale donné précédemment par Microsoft.

Si le nom n’est jamais cité, Docker est directement dans la ligne de mire. Microsoft met en avant ses intégrations avec d’autres produits de son écosystème, Intune et Defender for Endpoint étant cités. L’arrivée des conteneurs WSL permet aux applications Windows de les exploiter directement, sans passer par des produits tiers (il faut quand même que WSL soit installé).

Il s’agit cependant d’une version 1.0, qui cible surtout les grandes entreprises dans lesquelles ce niveau d’intégration peut faire la différence. En outre, il y a des limites. Selon Microsoft, la fonction la plus demandée est la compatibilité avec Docker Compose, via la prise en charge directe des fichiers compose.yaml existants. L’entreprise affirme que ce support est « une priorité pour nos prochaines versions ».

La version finale apporte des nouveautés

Si vous avez testé les conteneurs WSL cet été, la version finale apporte bon nombre d’améliorations, notamment pour les commandes disponibles, qui en comptent une dizaine de nouvelles. Citons par exemple « wslc container restart » qui permet de redémarrer un conteneur en fonctionnement, « wslc system info » pour voir une vue de synthèse de l’environnement conteneur, ou « wslc network connect » pour attacher les conteneurs au réseau (ou « disconnect » pour les détacher).

Entre temps, des intégrations sont également apparues avec des partenaires ou des projets communautaires. Les conteneurs sont ainsi supportés (sans grande surprise) dans Visual Studio Code, dans lequel on peut déclarer wslc comme pilote par défaut pour créer et interagir avec les conteneurs WSL. Microsoft cite aussi Aspire, Lazywslc, WSL Container Desktop ou encore WSLc Remote. Ce dernier permet de lancer wslc depuis les distributions Linux prises en charge par WSL.

Microsoft ajoute que les investissements dans WSL continueront. « Au fil du temps, nous voyons Linux sous Windows évoluer au-delà d’un environnement de développement vers une plateforme d’exécution stratégique pour l’IA et les charges de travail natives cloud, participant aux mêmes cadres de sécurité, de gestion et de gouvernance d’entreprise que Windows », assure ainsi l’entreprise.

Reçu — 30 septembre 2026 ⏭ Next - Articles gratuits

☕️ Ubuntu 24.04 LTS peut maintenant migrer vers la version 26.04

30 septembre 2026 à 13:22


Ce 29 septembre, Canonical a officiellement ouvert la mise à niveau directe d’Ubuntu 24.04 LTS (Noble Numbat) vers Ubuntu 26.04.1 LTS (Resolute Raccoon). L’information peut surprendre, Ubuntu 26.04 ayant près de six mois déjà. Pourtant, ce chemin de migration n’a en réalité qu’un mois de retard sur le calendrier habituel.

Pour rappel, les versions printanières sortant les années paires comme 24.04 et 26.04 sont étiquetées LTS, pour Long Term Support. Chez Canonical, cela signifie un support de cinq ans, extensible via l’offre Ubuntu Pro. Par défaut, ces versions ne se mettent pas à jour vers les versions intérimaires (c’est-à-dire autres que LTS). Si l’on ne touche à rien, les seules évolutions possibles sont vers les nouvelles LTS.

Souvent, les personnes choisissant ces versions privilégient la stabilité au détriment des nouveautés. En entreprise ou dans d’autres organisations, Ubuntu peut par exemple être utilisé sur des appareils de production, des serveurs, etc. Le choix de migration est donc prudent : le chemin ne s’ouvre qu’une fois que Canonical s’est assuré que les principaux problèmes ont été réglés.

Dans une annonce, Canonical indique que le chemin de migration commence à être ouvert. L’entreprise y explique que la version 26.04.1 va être proposée dans les jours qui viennent à l’ensemble des ordinateurs équipés de 24.04, via le gestionnaire de mises à jour. Le déploiement étant progressif, la notification peut ne pas apparaître tout de suite.

Signalons quand même plusieurs éléments. D’une part, rien n’oblige à installer cette nouvelle version, qui peut être refusée : Ubuntu 24.04 est supportée jusqu’en 2029, ou 2034 avec Ubuntu Pro. D’autre part, les personnes qui n’ont pas envie d’attendre la notification peuvent lancer la commande « do-release-upgrade » dans le terminal. Enfin, la migration ne peut se faire que si toutes les mises à jour en attente sont installées, que ce soit dans le gestionnaire graphique ou en ligne de commande avec apt.

En outre, attention à la migration, car ce type d’installation n’est jamais anodin. Canonical souligne plusieurs points de vigilance, dont la fin de la session GNOME sous Xorg. Le serveur graphique n’est ainsi pas supprimé, mais l’option disparait de l’écran de connexion. La session par défaut repose sur Wayland, les applications X11 passant par XWayland depuis Ubuntu 25.10. En revanche, Xfce, LXQt, Cinnamon et MATE prennent toujours en charge Xorg. Autre point de vigilance, la quantité de mémoire recommandée : 6 Go, contre 4 Go pour Ubuntu 24.04. L’installation n’est pas bloquée sur une machine avec 4 Go de mémoire, mais l’ensemble fonctionnera sans doute moins bien.

Rappelons qu’Ubuntu 26.10 arrivera le 15 octobre. Pour les personnes utilisant Ubuntu 26.04 (ou 24.04 et sur le point de migrer), la situation est celle que nous décrivions : cette mise à jour ne vous sera pas proposée. Pour recevoir cette mise à jour, il faudra soit avoir déjà une version intérimaire (semestrielle), soit avoir une version LTS configurée pour les recevoir. Si vous voulez changer ce réglage sur Ubuntu 26.04 par exemple, il faut vous rendre l’application « Logiciels et mises à jour », dans l’onglet « Mises à jour ». Dans le champ « Me notifier des nouvelles versions d’Ubuntu » choisissez alors « Pour toute nouvelle version ».

Windows 11 : la mise à jour « majeure » 26H2 est disponible

30 septembre 2026 à 10:12
La grande loterie des nouveautés
Windows 11 : la mise à jour « majeure » 26H2 est disponible

Microsoft a lancé ce 29 septembre sa nouvelle mise à jour annuelle. Contrairement aux années précédentes cependant, la 26H2 est surtout là pour prolonger le support, Microsoft ayant choisi une approche plus souple.

L’automne est toujours pour Windows synonyme de mise à jour majeure, d’autant que Microsoft n’en propose désormais plus qu’une par an, le reste étant fourni en continu au fil des mois. Si les versions 24H2 et 25H2 ont apporté de longues listes de nouveautés, la 26H2 est cependant d’un genre nouveau. Ses apports ont en fait été disséminés dans les mises à jour mensuelles depuis quelques mois.

En clair, pour une machine actuellement à jour en 25H2, la 26H2 ne va pas apporter grand-chose. Son rôle premier est de relancer un cycle de support technique : 24 mois pour les éditions Famille et Professionnelle, 36 mois pour Entreprise et Éducation. Ce cycle de deux ans pour le grand public signifie que l’heure de la fin est proche pour la 24H2. Si vous avez encore une machine sur cette version, il est temps de passer à la 25H2 ou 26H2, car vous n’aurez plus de mises à jour mensuelles de sécurité après le 13 octobre.

Le déploiement de cette version 26H2 est dit « contrôlé ». Un comportement habituel chez Microsoft, qui propose d’abord ses versions majeures aux machines jugées les plus compatibles. Ensuite, au fur et à mesure des installations, la télémétrie permet à l’éditeur de voir l’état du déploiement et des bugs rencontrés. Le téléchargement est ensuite proposé à un nombre croissant d’ordinateurs au cours des mois suivants. Toutefois, il est possible de court-circuiter ce mécanisme en allant dans Windows Update pour cliquer sur le bouton « Rechercher des mises à jour », ou chez les personnes qui ont activé l’option « Recevez les dernières mises à jour dès qu’elles sont disponibles ».

Et donc, c’est tout ? Pas tout à fait. La situation va être très variable selon les configurations. Les fonctions ajoutées au cours des derniers mois ne sont pas activées chez tout le monde. Ce fonctionnement flou est une marque de fabrique de Microsoft depuis longtemps. En revanche, l’arrivée de la 26H2 signifie dans la plupart des cas l’activation des nouveautés « dormantes », et elles peuvent être nombreuses.

Côté interface, beaucoup de bonnes choses

Si vous n’avez pas suivi l’actualité des derniers mois, la 26H2 peut être synonyme de bonne surprise, surtout dans les fonctions du quotidien. La barre des tâches récupère ainsi la possibilité d’être placée sur n’importe quel bord de l’écran, avec en plus une option pour réduire sa taille. Des fonctions présentes depuis longtemps dans les systèmes de Microsoft mais que Windows 11 avait supprimées.

Le menu Démarrer a droit à une refonte qui le rend nettement plus personnalisable. On peut désormais choisir précisément les sections à afficher, supprimer les catégories et les applications recommandées, avoir uniquement la liste alphabétique des applications installées, etc. Autre nouveauté, la possibilité de choisir entre des versions petite et grande du menu.

Autre gros morceau, la recherche est enfin à la hauteur. On peut ainsi désactiver les résultats web dans les options pour n’afficher que les contenus locaux. La recherche tolère maintenant les fautes de frappe (il était temps), affiche un aperçu des résultats et indexe automatiquement les dossiers fréquemment utilisés. On peut également supprimer la recherche dans le Microsoft Store.

L’Explorateur a reçu de son côté bon nombre d’améliorations. Il s’ouvre nettement plus vite et l’affichage de l’Accueil est plus rapide. On y trouve aussi la prise en charge d’autres types d’archives (uu, cpio, xar et nupkg), la conservation des préférences d’affichage et de tri (enfin !) ou encore la possibilité d’utiliser la dictée vocale pour renommer un fichier ou un dossier. En revanche, certains travaux arriveront plus tard, dont le menu contextuel remanié et personnalisable. Dans ce dernier, on peut quand même signaler le regroupement des actions OneDrive dans un sous-menu dédié.

Ces apports ont été répartis sur l’été et ne sont pas encore présents chez tout le monde. Si certains ne vous disent rien, l’installation de la 26H2 devrait changer la donne, la mise à jour étant surtout un « Enablement Package », pour reprendre la terminologie de Microsoft.

Du neuf pour la sécurité

L’un des plus gros apports de ces derniers mois est la protection Administrateur, dont le rôle est de remplacer les droits d’administration permanents. Les droits sont maintenant accordés au moment du besoin, avec séparation des profils pour renforcer le système contre l’élévation de privilèges. Dans les entreprises, cette fonction s’active via Intune ou une stratégie de groupe. Pour le grand public, l’option doit apparaitre dans le centre de sécurité, dans la section Protection du compte. Si elle n’est pas là, c’est qu’elle fait l’objet d’un déploiement progressif. Dans notre cas, elle est absente pour le moment.

Parmi les autres apports, signalons l’intégration native de Sysmon pour la capture des évènements système, que l’on peut ensuite utiliser pour de la détection de menaces. Smart App Control peut à présent être activé ou désactivé à la volée, sans plus nécessiter une réinstallation propre du système. Un changement majeur, car si la protection permet de surveiller le comportement des applications pour bloquer les comportements douteux, elle peut entrainer des soucis de compatibilité dans certains scénarios.

Voici d’autres nouveautés dans le domaine de la sécurité :

  • Windows accepte désormais les gestionnaires de mots de passe tiers pour les clés d’accès, s’ils sont compatibles avec cette nouvelle intégration à l’échelle du système
  • Windows Hello Enhanced Sign-in Security (ESS) prend en charge les lecteurs d’empreintes périphériques compatibles, et plus uniquement ceux intégrés dans les ordinateurs
  • Windows ne fait plus confiance par défaut aux pilotes à signature croisée, seuls restant admis les pilotes du programme WHCP et une liste de pilotes historiques de confiance
  • Prise en charge des algorithmes de cryptographie post-quantique ML-KEM et ML-DSA

Un peu de tout

Les modifications ajoutées au cours des derniers mois sont nombreuses. Voici une liste pêle-mêle de ce que vous pourriez avoir avec la version 26H2 si ces fonctions n’étaient pas déjà présentes.

Parmi les dernières nouveautés, on note un renforcement important de la fiabilité et des performances pour le Bluetooth, surtout dans des scénarios comme les appels, la reconnexion après veille prolongée, l’écoute via LE Audio, ou encore la synchronisation de la mise en sourdine. On trouve également du mieux pour l’USB, dont une connexion plus fiable des écrans via des docks et hubs USB4.

Windows Update se veut en outre plus léger sur ses procédures d’installations, avec moins de redémarrages. Les mises à jour éligibles sont installées en même temps que celles de sécurité et le mécanisme est capable de restaurer certains comportements. Par exemple, Windows Update peut sortir un PC de veille pour installer des correctifs et le remettre ensuite en veille. Ce cas ne survient que pour les machines configurées pour ne jamais se mettre en veille automatiquement, mais quand même plongées en veille manuellement. Microsoft ne donne pas d’autres précisions sur ce fonctionnement, qui reste en partie mystérieux.

Le gestionnaire des tâches récupère plusieurs nouvelles colonnes optionnelles : NPU, moteur NPU, mémoire NPU dédiée ou partagée, et « Isolation » pour pointer les applications exécutées dans un AppContainer.

Enfin, côté accessibilité, la Loupe accepte un pourcentage de zoom précis ainsi qu’un niveau de zoom distinct par écran en mode étendu. Le Narrateur intègre maintenant Braille Viewer et améliore la navigation dans Word. L’accès vocal comprend le langage naturel sur les PC Copilot+ et ajoute le français, l’allemand, l’espagnol et le coréen.

Installation et problèmes connus

Avant de vous lancer, sachez que plusieurs problèmes sont déjà connus et que cette liste peut évoluer fortement dans les prochaines semaines. Par exemple, les problèmes de son signalés apparus avec les derniers correctifs du Patch Tuesday sont considérés comme « atténués », mais pas complètement corrigés. Idem pour les soucis déjà signalés de perte d’approbation à des domaines en entreprise ou d’écran noir après connexion dans certains environnements de bureau virtuel.

Quant à l’installation, selon votre configuration, elle peut se révéler très rapide. Sur une machine en 25H2 à jour, la 26H2 ne va servir que de module d’activation pour les nouveautés des derniers mois. Elle ne sera pas plus lourde qu’une mise à jour mensuelle et ne devrait donc pas immobiliser longtemps la machine. Comme toujours, le temps dépend de la configuration logicielle et de la puissance de la machine.

À moins d’être passé au travers des déploiements progressifs des derniers mois, nous recommandons d’attendre que Windows Update propose de lui-même cette nouvelle version. Le déclenchement manuel de l’installation peut révéler des incompatibilités.

Enfin, la page de téléchargement de l’image ISO de Windows 11 a été mise à jour. Si vous avez envie ou besoin de réinstaller proprement le système, l’image fournie correspond bien désormais à la version 26H2 (build 26300).

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☕️ Firefox 157 et son interface Nova sont disponibles

29 septembre 2026 à 15:25


Firefox 157 est désormais disponible au téléchargement, y compris en mise à jour. La nouveauté la plus visible littéralement est sa nouvelle interface. Baptisée Nova, elle ambitionne de moderniser le navigateur, en tablant largement sur les arrondis et des couleurs plus vivantes.

Il s’agit d’un changement visuel, qui n’implique pas de modifications plus profondes. Mozilla a pris soin de l’expliquer à plusieurs reprises, dont une dernière fois sur les réseaux sociaux le 23 septembre. L’arrivée de Nova ne change rien aux performances et n’a pas d’impact sur les extensions, les raccourcis ou encore les menus. Nova est disponible aussi bien dans la version pour ordinateurs que dans la mouture mobile.

L’ensemble se veut plus « propre », offrant moins de distractions visuelles. Nova affecte l’apparence de tous les éléments, de la forme des onglets aux couleurs de l’ensemble, en passant par les menus, les zones de sélection et ainsi de suite. Comme on pouvait cependant le voir sur X le 23 septembre, les réactions étaient globalement peu enthousiastes.

Nova est cependant là pour rester, même si rien n’empêche Mozilla d’adapter petit à petit cette interface aux retours des utilisateurs. Il s’agit également de l’interface par défaut de Firefox, elle ne peut pas être supprimée, même si le thème peut être changé. Il n’est pas non plus possible de revenir sur l’ancienne version. Et tant pis pour les personnes qui voient dans toutes ces rondeurs des abominations visuelles. Sur ce point, Vivaldi reste loin devant avec des options de personnalisation très poussées, dont la possibilité de régler l’arrondi des angles.

L’arrivée de Nova va de pair avec le retour d’une fonction réclamée à cor et à cri : le mode compact. Un retour d’autant plus bienvenu que Nova, dans son affichage par défaut, a tendance à prendre un peu plus de place. Le mode compact réduit ainsi la taille des onglets et des barres d’outils, y compris dans la barre latérale.

En dehors de Nova, il y a peu de nouveautés majeures. On note toutefois que le navigateur sait maintenant utiliser le décodage matériel pour AV1 pour les appels WebRTC si la machine utilisée en est capable.

Enfin, Firefox 157 corrige une longue liste de vulnérabilités, dont 38 critiques.

Discord : un « mode jeu » pour réduire l’empreinte CPU/GPU, mais quid de la RAM ?

29 septembre 2026 à 14:43
Pauvres barrettes
Discord : un « mode jeu » pour réduire l’empreinte CPU/GPU, mais quid de la RAM ?

Discord travaillerait sur un mode jeu pour réduire son empreinte sur le processeur et la carte graphique. Si l’information reste à confirmer, elle laisse sur le carreau la question de la mémoire vive, inévitablement associée aux applications Electron. La pression actuelle sur le marché de la RAM augmente encore l’effet grossissant.

Sur X, le compte Discord Previews a pour habitude de vendre la mèche sur les changements en préparation dans l’application, le plus souvent avec précision. Le 26 septembre, il a affirmé que Discord travaillait sur un « mode jeu ».

Le fonctionnement de ce mode serait à peu près le même que dans les systèmes d’exploitation qui en proposent aussi, notamment Windows 11 et macOS. « Une fois activé, le client Discord réduira automatiquement les animations et désactivera les effets lorsqu’il détectera qu’un jeu est en cours, libérant ainsi des ressources CPU et GPU qui pourraient aider votre jeu à tourner de manière plus fluide », indique le tweet.

Source : Discord Previews

Du CPU, du GPU, mais pas de RAM

Si cette annonce doit encore être confirmée officiellement, elle arrive dans un contexte particulier. Discord a souvent été accusée de consommer trop de mémoire, l’application étant basée sur Electron et embarquant, dans les grandes lignes, un navigateur quasi complet (Chromium) pour afficher ce dont elle a besoin, un fonctionnement qualifié de « wrapper web ». Un gros avantage bien sûr pour les développeurs : le code est pratiquement identique d’une plateforme à l’autre, permettant à Discord de proposer des clients pour tous les systèmes ou presque.

Côté utilisateur, c’est parfois une autre paire de manches. Le sujet avait atteint un pic en décembre 2025, quand un employé de Discord était venu sur Reddit pour évoquer une expérience menée par l’entreprise : le redémarrage automatique de l’application si les 4 Go de mémoire étaient atteints. Un cas rare selon l’employé, et un redémarrage n’intervenant que dans des conditions précises (inaction depuis 30 min, jamais pendant un appel, etc.), mais qui jetait une lumière crue sur la situation.

Or, le mode jeu – qui doit encore être confirmé – ne corrigerait pas ce point. Il s’attaquerait à la consommation CPU et GPU pour s’assurer que Discord ne prélève aucune ressource inutile. Mais il ne peut sans doute rien contre le fonctionnement même de la technologie Electron, souvent décriée pour cette raison.

Discord semble pourtant sérieuse sur le sujet des performances, avec certains pans de code réécrits en Rust, ou encore tout récemment le passage à la version 42 d’Electron. Cette dernière a permis de réduire l’utilisation médiane du processeur de 17 %, mais cette baisse s’est faite au prix d’une augmentation médiane de 4 % de la mémoire. Or, si le CPU et le GPU sont cruciaux pour les jeux, la quantité de mémoire disponible l’est également.

L’IA joue les trouble-fêtes

Windows Latest, qui a repris le tweet de Discord Preview, généralise ce type de constat à l’ensemble des applications Electron, notamment WhatsApp et Teams. Nos confrères pointent ces applications parce qu’elles sont fréquentes et peuvent donc fonctionner de concert sur la même machine. Ils militent pour le code natif, encourageant Discord à s’affranchir d’Electron pour une application moderne basée sur WinUI. Précisons que le code natif a beau être nettement plus léger, il demande souvent plus d’entretien, car il oblige à maintenir un plus grand nombre de spécificités pour chaque plateforme.

Cette « détestation » des applications Electron n’est pas nouvelle, mais elle prend une autre saveur à la jonction de deux trajectoires, intimement liées : la popularisation du « vibe coding » et les prix de la RAM.

On trouve depuis plusieurs mois un nombre croissant de témoignages de personnes s’étant lancées dans le développement, sans en avoir forcément les bases. L’objectif ? Répondre à un besoin spécifique ou… en finir avec les wrappers web. Sur X, l’Italien Carmine Paolino s’est par exemple fait un nom en développant Spotifast et Zapfast, des clients alternatifs pour respectivement Spotify et WhatsApp, développés en Rust et sous licence MIT.

Le problème, dans une grande partie des cas, est de pouvoir le faire avec un fonctionnement fiable, donc en passant par des API publiques. La zone est plus ou moins grise, selon le projet. Dans le cas de WhatsApp, les conditions d’utilisation interdisent ce type d’utilisation, l’entreprise se réservant le droit de bloquer les comptes qui en abuseraient.

Mais ces projets répondent à une demande autant qu’à une frustration. En juin dernier, nous relevions ainsi que la fin du client WhatsApp natif pour Windows avait laissé sa place à une application Electron, la consommation moyenne de mémoire explosant alors pour atteindre 1,2 Go, avec des pointes jusqu’à plus de 3 Go. Le mouvement était d’autant plus étonnant que l’ancienne version Windows était fluide et légère, ce qui soulignait une volonté d’économies au sein de Meta.

À l’heure où les prix de la mémoire continuent de grimper, les entreprises ne peuvent cependant plus compter sur l’accroissement « naturel » de la quantité moyenne de RAM. Parallèlement, la demande pour des applications et composants natifs augmente. Elle a notamment conduit Microsoft à faire une série d’annonces pour Windows 11 plus tôt dans l’année, l’éditeur affirmant que de gros efforts étaient en préparation dans ce sens, via son initiative K2.

☕️ Apple corrige en urgence une faille critique exploitée dans iOS, iPadOS et macOS

29 septembre 2026 à 12:00


Apple a déployé ce 28 septembre des mises à jour pour l’ensemble de ses plateformes 26 pour les iPhone, iPad et Mac. Ces mises à jour sont estampillées « 26.7.1 », mais macOS Sequoia a également droit à une version 15.8.1.

Le rapport est laconique : « Traiter un fichier mal conçu peut entraîner une exécution de code arbitraire. Apple est au courant d’un rapport selon lequel ce problème aurait pu être exploité lors d’une attaque extrêmement sophistiquée contre des individus ciblés spécifiques sur des versions antérieures à iOS 27 ».

Tout juste apprend-on qu’elle se situe dans le composant CoreGraphics et est de type « écriture hors limites ». Estampillée CVE-2026-86950, sa découverte est attribuée à Meta. Sur le site du NIST, on peut lire que la faille a reçu un score de sévérité de 8,8.

Piratage de la DGFiP : pas d’attaque sophistiquée, mais une série de défaillances techniques
Illustration : Flock

Il n’est pas rare qu’Apple publie ce genre de correctif en urgence, sans attendre des versions un peu plus « majeures ». Les mots employés laissent penser qu’il s’agit d’une attaque menée par un groupe étatique, ce qu’Apple suggère souvent par « attaque extrêmement sophistiquée ».

Si l’expression a tendance à faire penser à des profils particuliers (personnalités politiques, activistes, journalistes…), il est recommandé d’installer la mise à jour au plus vite, ce qui entraînera le redémarrage de l’appareil. La situation est d’autant plus urgente que la publication d’un correctif entraîne mathématiquement une plus grande attention sur le composant incriminé, avec le danger que d’autres trouvent la faille.

À noter qu’Apple a publié également des versions 27.0.1 pour ses nouveaux systèmes. La société précise qu’il n’y a pas de CVE associé, donc a priori pas de problèmes de sécurité, à moins que ces informations soient ajoutées plus tard. En revanche, ces mises à jour corrigent plusieurs défauts de jeunesse, notamment un souci pénible avec Face ID sur les iPhone 18 Pro et Pro Max.

AMD rachète World Labs et ses « modèles de monde » pour 8,2 milliards de dollars

29 septembre 2026 à 08:01
8 milliards en deux ans
AMD rachète World Labs et ses « modèles de monde » pour 8,2 milliards de dollars

AMD vient de s’offrir une jeune pousse de l’IA, spécialisée dans la conception de « modèles de monde ». La firme américaine veut obtenir des données synthétiques de qualité et mieux sentir le sens du vent dans le domaine de l’IA.

AMD a annoncé le 28 septembre 2026 un accord définitif en vue d’acquérir World Labs, pour la somme de 8,2 milliards de dollars, payés intégralement en actions.

World Labs est une jeune pousse du secteur de l’IA (créée en 2024) qui développe des « modèles de monde », pour simuler des environnements en trois dimensions. Son premier modèle, Marble, vise les contenus de divertissement et la création d’environnements simulés pour l’entraînement de robots. Son dernier modèle, Atlas, peut générer la réplique virtuelle d’une usine ou d’un entrepôt à partir de quelques photos, et simuler des objets en mouvement comme des convoyeurs. L’entreprise n’est pas la seule sur ce créneau : AMI Labs (Yann LeCun) travaille aussi sur ce type de modèle.

World Labs est dirigée par Fei-Fei Li, professeure de mathématiques à l’Université américaine de Stanford, connue pour son rôle dans la gestion de la base de données ImageNet et la compétition associée, qui ont permis d’importants progrès en reconnaissance d’images. Au terme du rachat, celle-ci obtiendra une double casquette chez AMD : vice-présidente et surtout directrice scientifique. Elle ne rendra compte qu’à Lisa Su, CEO d’AMD.

Cette acquisition n’est pas complètement une surprise. L’opération intervient sept mois après qu’AMD a participé à un tour de table de 1 milliard de dollars, valorisant World Labs à 5 milliards. La somme de 8,2 milliards place le rachat comme deuxième plus important de l’histoire d’AMD, derrière Xilinx en 2022, pour laquelle la société avait déboursé 50 milliards de dollars.

Lisa Su et Fei-Fei Li, source : Fei-Fei Li

Sentir le vent tourner

Pourquoi un tel rachat ? Lisa Su l’explique dans le communiqué : « Construire les plateformes de calcul pour la prochaine génération d’IA nécessite une compréhension approfondie de l’évolution des modèles. Fei-Fei et l’équipe des World Labs apportent un leadership exceptionnel en recherche et une expertise exemplaire. Ensemble, nous pouvons utiliser ces connaissances pour développer le matériel, les logiciels et les systèmes qui alimenteront la prochaine génération d’IA et renforceront l’écosystème ouvert de l’IA »

En d’autres termes, AMD veut avoir une vision précoce de l’évolution des modèles pour mieux orienter ses futurs produits, matériels et logiciels. C’est aussi une bonne manière de ne pas laisser NVIDIA prendre trop d’avance dans le domaine, avec ses modèles ouverts, son Open Agent Safety Platform lancée récemment pour tenir les agents en laisse, ses GPU bien sûr ou encore le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. AMD pourrait ainsi devenir un acteur de poids dans la production de données synthétiques pour l’entraînement des modèles.

« Faire progresser la prochaine génération de technologies d’IA nécessite une collaboration étroite entre la recherche sur les modèles, les systèmes et le calcul. Rejoindre AMD donnera à notre équipe les ressources et la profondeur d’ingénierie nécessaires pour accélérer nos recherches et aider à définir l’infrastructure nécessaire à la prochaine ère de l’IA », a indiqué Fei-Fei Li. Position qu’elle développe également dans un billet dédié sur son Substack.

World Labs restera une entité indépendante jusqu’à la finalisation du rachat, attendue pour la fin de l’année. Après quoi, « l’équipe de World Labs continuera de se concentrer sur l’avancement de la recherche sur les modèles d’IA », indique simplement le communiqué.

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Truecaller veut concentrer les informations sur les arnaques avec son Scam Checker

28 septembre 2026 à 14:56
Rester pertinent
Truecaller veut concentrer les informations sur les arnaques avec son Scam Checker

Truecaller vient de lancer un service gratuit de vérification des arnaques. Accessible depuis le web, le service ambitionne de guider encore davantage les usagers, en leur donnant plus rapidement accès aux informations fréquemment cherchées, particulièrement en Inde.

Truecaller est un éditeur suédois connu pour son application du même nom, qui sert à la fois à identifier les appelants et à bloquer les appels et SMS indésirables. Elle affiche le nom de l’appelant et signale les numéros suspects à partir d’une base alimentée par ses utilisateurs, complétée par une détection automatique. Selon TechCrunch, l’application compte plus de 500 millions d’utilisateurs mensuels, dont plus de 350 millions en Inde, de loin son marché principal.

L’éditeur veut cependant aller plus loin. Avec son nouveau service Scam Checker, il se propose de remplir le rôle d’une recherche sur le web pour obtenir des compléments d’informations.

All-in sur les arnaques

Fraîchement lancé ce 27 septembre, Scam Checker est un service web et Android qui permet de coller un numéro de téléphone, un lien ou un message suspect pour savoir s’il s’agit d’une fraude. Il fait remonter les signalements associés issus de ScamFeed, la communauté existante d’utilisateurs de Truecaller. Sous cette forme, aucune application ou compte n’est nécessaire. Les informations plus détaillées sur un numéro, dont le nom associé, restent réservées au service existant qui exige un compte.

Scam Checker développe les liens raccourcis et suit les redirections jusqu’à la destination finale. Ce résultat est comparé à la base de risques de Truecaller et d’autres indicateurs de fraude. Pour les messages directement copiés/collés dans l’interface, le service extrait le numéro ou le lien, puis remonte les signalements communautaires correspondants.

Truecaller prévoit d’ajouter la prise en charge d’un plus grand nombre de techniques d’arnaques, des captures d’écran et d’autres fonctions dans « un avenir proche ».

« Les gens sentent souvent que quelque chose ne va pas, mais ils ont besoin d’un moyen rapide de vérifier avant de répondre. Scam Checker réunit nos capacités de détection et ce que notre communauté a rapporté afin que les gens puissent enquêter sur un lien, un numéro ou une histoire suspecte en un seul endroit », indique le CEO de l’entreprise, Rishit Jhunjhunwala.

Côté disponibilité, le service est accessible dans l’ensemble des marchés depuis le site web officiel. En Inde, Scam Checker a également été intégré directement dans l’application Truecaller. La disponibilité de cette intégration dans les autres pays et dans l’application iOS sont prévues à « une date ultérieure », sans précision.

La récupération des recherches complémentaires

Truecaller justifie ce lancement par l’évolution des canaux d’arnaque. Elle se fonde sur les usages de recherche, notant par exemple une recrudescence des recherches sur le web pour obtenir des informations sur une suspicion d’arnaque.

Rishit Jhunjhunwala indique ainsi à TechCrunch : « Quand vous en avez besoin, vous êtes généralement ailleurs. Le lien apparaît sur WhatsApp. Votre mère reçoit un message concernant une amende de circulation. Un ami vous envoie une capture d’écran et vous demande : ‘Est-ce que c’est réel ?’. Ce que les gens font à ce moment-là, c’est une recherche ».

Sans trop de surprise, Truecaller a décidé d’exploiter la mine d’or que représente sa communauté. L’entreprise indique ainsi que ScamFeed, son flux participatif où les utilisateurs peuvent publier et discuter des arnaques, contient aujourd’hui 20 000 signalements environ. Mais ce chiffre croît rapidement, avec 1 300 nouveaux signalements chaque semaine. Truecaller indique en outre avoir analysé 12,9 milliards de messages dans le monde entre les 14 et 20 septembre et en avoir étiqueté 20,3 millions comme frauduleux.

Un contexte spécifique en Inde

Comme le notent nos confrères, ce lancement n’est pas un hasard. L’Inde est de très loin le plus gros marché de Truecaller, représentant environ 70 % de sa base d’utilisateurs. Or, la situation y évolue rapidement depuis plusieurs mois. En avril dernier, le site évoquait déjà une pression croissante autour de Truecaller, entre évolution des techniques, usage plus intensif de l’IA et renforcement divers dans les systèmes Android et iOS eux-mêmes. La croissance s’est ralentie et l’année 2025 a été particulièrement rude pour l’entreprise en bourse.

Plus récemment, la situation est devenue encore un peu plus tendue. Le gouvernement indien soutient ainsi un service central nommé Calling Name Presentation (CNAP), qui permet justement l’identification de l’appelant. Il est en cours d’intégration chez les opérateurs de téléphonie dans le pays. De plus, mi-septembre, la Telecom Regulatory Authority of India (TRAI) a rendu obligatoire le partage des informations collectées sur les numéros liés à des arnaques. Ces données doivent être partagées, là encore, avec les opérateurs de téléphonie, via l’utilisation d’une blockchain. Truecaller n’est guère satisfaite du changement, critiquant un « échange à sens unique ».

Truecaller veut donc rester pertinent face à une évolution rapide du contexte, en simplifiant cette étape de recherche des informations complémentaires. Scam Checker se présente en complément de l’activité principale, un canal d’acquisition et de collecte de signaux qui ne sont pas couverts par le CNAP ni les obligations imposées par le TRAI.

En France, Truecaller est un acteur parmi d’autres. Il fait face à des concurrents comme Saracroche ou même Orange Téléphone (utilisable sans être abonné à l’opérateur). En dépit d’une évolution législative importante avec la fin du démarchage téléphonique classique, on pourrait penser que ces applications sont moins importantes. Mais les appels restent fréquents, notamment parce que de nombreux acteurs malveillants ignorent la loi.

Enfin, précisons que si Scam Checker est ouvert à tous, il contient surtout pour l’instant des signalements portant sur l’Inde.

Citrix corrige en urgence deux failles critiques déjà exploitées dans ses produits NetScaler

28 septembre 2026 à 08:06
Reprise en fanfare
Citrix corrige en urgence deux failles critiques déjà exploitées dans ses produits NetScaler

Citrix a corrigé huit vulnérabilités critiques en urgence le 27 septembre dans deux produits NetScaler. Il est recommandé aux administrateurs concernés de les installer aussi rapidement que possible car deux d’entre elles sont déjà exploitées. C’est la troisième fois en quelques mois que des failles sont exploitées dans NetScaler.

L’urgence vient de la criticité des failles et de la situation : deux vulnérabilités, estampillées CVE-2026-88771 et CVE-2026-88772, étaient déjà exploitées avant même la publication des correctifs. En outre, il n’existe pas de mesure d’atténuation, la seule méthode pour restaurer la sécurité des équipements étant de les mettre à jour puis de vérifier s’ils ont été compromis, indique Citrix dans son bulletin.

Deux failles déjà exploitées

Des deux failles, CVE-2026-88771 est la plus grave. C’est un défaut de validation des entrées (CWE-20) qui permet à un attaquant non authentifié d’exécuter des commandes arbitraires. Son score CVSS est de 9,5 sur 10, soit proche du maximal. Elle touche tous les déploiements NetScaler ADC et NetScaler Gateway, y compris en configuration par défaut, sans besoin d’activer la moindre fonction particulière. Examiner la configuration ne sert donc à rien, seule la version installée compte.

L’autre faille, 2026 - 88772, est un débordement mémoire (CWE-19) affichant le même score CVSS de 9,5. Exploitée, elle aussi peut permettre des exécutions de code arbitraires, ou des dénis de service. Seule petite différence avec la première faille sur l’exploitation, il faut que DTLS soit actif, ce qui est le cas par défaut. Une passerelle est vulnérable si DTLS n’a pas été désactivé avec l’option -dtls OFF, et les autres serveurs virtuels le sont s’ils sont de type DTLS, indique Citrix.

Citrix liste les équipements concernés par l’exploitation de ces failles :

  • NetScaler ADC et NetScaler Gateway 14.1 avant 14.1 - 73.37
  • NetScaler ADC et NetScaler Gateway 13.1 avant 13.1 - 64.23
  • NetScaler ADC FIPS avant 14.1 - 73.37 FIPS
  • NetScaler ADC, FIPS et NDcPP avant 13.1 - 37.279

Six autres failles sont corrigées dans les mises à jour publiées ce dimanche, dont une critique. CVE-2026-88773 affiche ainsi un score CVSS de 9,3 et est de type contrebande de requêtes HTTP (HTTP Request Smuggling) à cause d’une interprétation incohérente des requêtes. Elle est à peine moins critique que les deux premières, mais elle ne semble pas activement exploitée. Les autres vulnérabilités affichent un score allant de 7 à 8,8 et sont donc de sévérité importante.

Vérifier la compromission

Les différents bulletins de sécurité avertissent que l’installation des correctifs est essentielle mais pas suffisante. Elle empêche simplement les nouvelles exploitations, mais ne peut rien dans le cas d’une exploitation déjà active.

Il est ainsi recommandé de conserver l’image mémoire de l’équipement et les journaux d’au moins un mois, puis de continuer à surveiller l’équipement après la mise à jour. Ensuite, comme indiqué notamment par watchTowr, il faut chercher des traces de compromission. Deux méthodes sont possibles : lancer l’analyse des marqueurs depuis la page de sécurité de la console NetScaler (version 14.1 - 73.36 ou ultérieure, avec télémétrie activée), ou demander les marqueurs au support Citrix.

Attention cependant, car Citrix prévient que ces marqueurs ne couvrent pas tous les types de compromissions. De fait, watchTowr conseille de renouveler l’ensemble des secrets et certifications stockés sur les équipements affectés, tandis que Bleeping Computer recommande de réduire autant que possible l’exposition à internet si les correctifs ne peuvent pas être installés rapidement.

Signes précurseurs

Selon Bleeping Computer, c’est le Centre national néerlandais de cybersécurité (NCSC) qui a réagi publiquement le premier. Il a envoyé une notification aux entreprises néerlandaises au sujet des deux failles critiques activement exploitées dans les produits NetScaler. Les informations du NCSC sont venues du CERT européen, qui a également publié son propre bulletin ce 27 septembre.

Nos confrères indiquent que la notification du NCSC est arrivée avant et ne contenait pas encore les CVE, qui n’avaient pas encore été publiés. Le message envoyé aux entreprises indiquait simplement que Citrix avait découvert ces failles en enquêtant sur des incidents signalés dans des environnements clients. L’entreprise avait alors découvert l’exploitation active. Il semble que les premiers signes soient apparus le 26 septembre sur un fil Reddit. Le même jour, la situation était débattue sur les réseaux sociaux, notamment par l’expert en cybersécurité Kevin Beaumont sur Mastodon.

L’information a rapidement circulé grâce au Cyber Resilience Act. Comme nous l’indiquions plus tôt dans le mois, le règlement européen instaurera un régime de responsabilité pour la sécurité des produits électroniques fin 2027. Mais depuis le 11 septembre, il rend obligatoire le signalement des failles découvertes aux CERT nationaux. Dans le cas présent, ce fonctionnement explique comment le NCSC a pu prévenir les entreprises néerlandaises avant la publication du bulletin de Citrix.

Point intéressant, le NCSC ne reconnait pas clairement l’envoi de sa notification. Interrogé par Bleeping Computer, le centre de sécurité a répondu qu’il était de son rôle de surveiller « les développements pertinents et les menaces cyber affectant les Pays-Bas ». Il a ajouté : « Nous fournissons des informations et des conseils aux organisations afin qu’elles puissent prendre les mesures appropriées. Comme vous ne faites pas partie de notre circonscription, nous ne pouvons divulguer aucune information supplémentaire pour le moment ». Depuis, le bulletin du centre néerlandais est devenu public.

Troisième vague d’attaques en deux mois

C’est la troisième vague de failles NetScaler exploitées en peu de temps. Selon Tenable, la CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) américaine avait déjà ajouté CVE-2026-8452 à son catalogue en août, puis CVE-2026-19490 le 9 septembre, deux failles critiques ayant été activement exploitées.

Toujours d’après Tenable, environ deux tiers de l’activité malveillante visant NetScaler ces sept dernières années venaient de groupes étatiques (APT), et un tiers de groupes de rançongiciels et de leurs affiliés.

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Microsoft fusionne ses applications Copilot en une seule « app à tout faire »

25 septembre 2026 à 15:57
Allez, on recommence tout
Microsoft fusionne ses applications Copilot en une seule « app à tout faire »

Sans doute lassée des quolibets, Microsoft a choisi de rassembler toutes ses applications Copilot en une seule, à l’exception de GitHub Copilot. L’éditeur ambitionne désormais de répondre à toutes les demandes depuis une interface unique, avec plusieurs onglets et un choix de modèle piloté selon les besoins.

Comme on pouvait le craindre, l’explosion de l’intelligence artificielle générative n’a pas été maitrisée par tout le monde. Chez Microsoft, les fonctions dopées à l’IA ont envahi tous les produits, au point de provoquer une saturation rapide, ainsi que des hausses de prix, notamment dans Microsoft 365. Au point que l’éditeur fait maintenant machine arrière. À travers son initiative K2 pour Windows 11, ces fonctions sont en recul, tantôt supprimées tantôt désactivées par défaut.

L’un des facteurs qui a mené Microsoft « à sa perte » semble être la multiplication des applications. Le nom « Copilot » est presque devenu un sujet de moquerie, tant les applications se sont multipliées, là où Google n’a par exemple qu’un Gemini, dont les fonctions plongent dans d’autres produits. Le public s’est également habitué à ChatGPT et Claude, avec leur interface unique.

Outre les travaux actuels dans Windows et les applications de l’éditeur, le repositionnement de Copilot se révèle par d’autres émanations. La presse américaine note par exemple que l’étiquette Copilot+ disparait peu à peu des produits qui pouvaient y prétendre. Les caractéristiques techniques minimales sont toujours là, mais l’appellation semble avoir fait son temps, comme l’a confirmé un responsable de Microsoft à Windows Central. Les produits Surface récemment lancés n’ont d’ailleurs pas l’étiquette. On pourrait également relever les nouvelles possibilités de réaffectation dans Windows 11 pour la touche Copilot sur les claviers équipés.

Et voilà que Microsoft annonce désormais une refonte complète de son application centrale Copilot, avec l’idée d’en faire désormais une « super app ».

Tout au même endroit

Le changement le plus important est le même que chez OpenAI ou Anthropic : avoir tout au même endroit. Microsoft restructure donc son application en trois parties.

Home devient le nouveau point d’entrée, en réunissant Chat et Cowork. Dans cette partie, on trouve aussi Office. Pas des visionneuses, mais bien la suite bureautique au grand complet, tout du moins Word, Excel et PowerPoint. Vient ensuite Code, pour lancer des projets de développement comme on le ferait avec le Code de ChatGPT ou celui de Claude. À la différence que Microsoft met l’accent sur le choix du modèle. La dernière partie est Autopilot, qui permet de créer de gérer un agent persistant pour continuer de travailler de manière autonome sur les tâches confiées par l’utilisateur. Pour les personnes qui avaient suivi la conférence Build en juin dernier, Autopilot est simplement le nom officiel du projet Scout.

L’application a l’ambition de servir tous les besoins ou presque. Home est clairement orientée vers le travail quotidien, tandis que Code vise plus spécifiquement les non-développeurs, avec la promesse vendue de pouvoir réaliser rapidement les projets qu’ils pourraient avoir en tête. Microsoft précise que rien ne change pour les développeurs : GitHub Copilot est toujours là (il sert également de fondation à Code). Pour l’éditeur, les avantages de cette approche sont évidents : une personne peut décrire une application, un tableau de bord ou n’importe quelle forme d’automatisation, le résultat tirant partie des données liées au compte.

Dans le cadre d’une utilisation en entreprise, l’ensemble doit rester dans un contexte professionnel via Microsoft IQ. Microsoft joue bien sûr la carte de l’écosystème : Fabric IQ apporte du contexte à partir des données présentes dans Copilot (dont les modèles sémantiques de Power BI), un ancrage est prévu dans les données et flux de Dynamics 365 et Power Platform, etc.

Même si Microsoft possède ses propres modèles (et s’en sert notamment pour son infrastructure de recherche de failles Perception), l’éditeur semble vouloir devenir surtout le pourvoyeur d’une solution « pratique », où l’on peut tout faire au même endroit. Dans un tweet publié ce 25 septembre, Satya Nadella indique ainsi : « Nous construisons Copilot comme un nouveau système d’exploitation pour le travail qui englobe chaque modèle, chaque format, et chaque tâche ».

Une tarification en deux parties

Côté tarification, l’entreprise adopte une approche double, dans laquelle l’IA du quotidien reste à un prix fixe par utilisateur, tandis que l’IA agentique fonctionne sur des crédits Copilot. La licence fixe est simplement la licence Microsoft 365 Copilot actuelle, qui couvre Word, Excel, PowerPoint, Outlook et Teams pour 30 dollars par utilisateur et par mois. Elle fonctionne par défaut sur un mode « Auto » censé choisir le modèle le plus adapté selon la requête. GPT-5.6 et Sonnet 5 sont présents, mais pas encore Astra ni le récent Opus 5.5.

Si cette licence est un prérequis, les crédits Copilot servent à alimenter tout ce qui touche à l’agentique. Il s’agit donc d’une facturation à l’utilisation, avec un poids plus ou moins important selon les tâches confiées à Copilot et le modèle utilisé. Dans tous les cas, les usages sont paramétrables par l’équipe d’administration.

☕️ Le gestionnaire de tâches TMOG s’élance sur Windows et Linux

25 septembre 2026 à 13:21


En août, nous relevions la sortie d’un drôle d’oiseau : TMOG. Ce gestionnaire de tâches, semblable à ce que l’on peut trouver dans Windows 11, a été développé par Dave Plummer, ancien ingénieur chez Microsoft qui a notamment travaillé sur Windows NT 4.0. Surtout, il est l’auteur du premier gestionnaire des tâches il y a 30 ans.

La première version de son outil était dédiée à macOS. Dave Plummer estimait en effet que le moniteur d’activité du système d’Apple n’était pas digne de la plateforme. Il évoquait alors un code totalement natif, partant d’un cœur en C++ pour effectuer les mesures et d’un enrobage fait de Swift et AppKit. Dans notre prise en main, nous notions la grande fluidité de l’ensemble. Des versions Windows et Linux étaient également prévues.

Elles viennent d’être lancées, respectivement les 23 et 24 septembre. L’orientation générale de l’application n’a pas changé. Le cœur C++ reste le même, mais les technologies changent selon la plateforme utilisée, toujours dans l’idée : Win32 et Direct2D sur Windows, Qt6 sur Linux.

TMOG pour Windows

Contrairement à la bêta de l’application disponible cet été, il s’agit désormais d’une mouture 1.0.0 finale avec plusieurs traductions, dont le français. Sur les trois plateformes, l’interface est soignée et particulièrement réactive.

Trop peut-être, l’auteur ayant choisi de montrer les capacités de son application avec une fréquence de rafraîchissement élevée par défaut dans les mesures et leur rendu. TMOG peut donner une petite impression de « sapin de Noël » au premier abord, mais les options permettent de modifier finement les délais de mesures et rafraichissements. Ce point n’est pas anodin, un gestionnaire des tâches prélevant des ressources pour son fonctionnement.

TMOG pour Linux

Les fonctions proposées sont à peu près les mêmes sur les trois plateformes. Pour rappel, l’application propose plusieurs thèmes pour personnaliser les couleurs, ainsi qu’une jauge de saturation. Avec cette version 1.0, on note l’arrivée d’un « enregistreur de vol », qui permet d’enregistrer l’activité de la machine pendant un temps prédéfini. Cette fonction est cependant réservée à la licence Pro.

Dans sa forme gratuite en effet, TMOG fournit globalement les mêmes fonctions que pendant la bêta. Mais dans la colonne latérale, on trouve maintenant une section « PRO » avec plusieurs nouveaux onglets : Puissance et fréquence, Enregistreur de vol, Connexions, Apps installées, Pilotes, Espace disque et Benchmarks. La licence Pro est vendue 39,95 dollars « à vie », donc sans abonnement. Les versions gratuites peuvent être téléchargées depuis le site officiel.

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