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Bercy « décode » la désinformation et promet… des « sources ouvertes et accessibles »

5 mai 2026 à 14:50
On les prend au pied de la lettre !
Bercy « décode » la désinformation et promet… des « sources ouvertes et accessibles »

Les fakes news envahissent – polluent serait plus juste – de plus en plus l’espace médiatique. Cela va au-delà de la mésinformation ou désinformation, avec des ingérences étrangères. Les risques sont nombreux, notamment en période d’élections (les présidentielles approchent). Bercy lance son « décodeur » maison et promet de la transparence.

Le dispositif a été annoncé hier par le gouvernement : « Face à la recrudescence des fausses informations qui peuvent influencer l’opinion, les ministères économiques et financiers se dotent d’un dispositif de lutte contre la désinformation sous le nom de Bercy décode ».

Le ministère explique que « cette stratégie de lutte contre la désinformation s’intègre dans les dispositifs existants et est en lien notamment avec VIGINUM, le service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères ». La menace est croissante et les élections présidentielles de 2027 seront sans aucun doute un terrain

Bercy décode promet des « sources ouvertes et accessibles »

Bercy décode se présente comme un redresseur de torts dispositif permettant de se fixer « comme objectif de garantir que les chiffres, règles et dispositifs publics puissent être consultés, compris et vérifiés à partir de sources ouvertes et accessibles ». Une promesse qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd !

Sur Next, nous avons un long historique de demandes CADA en tous genres afin d’obtenir des informations justement pour travailler sur des données fiables, officielles. On en vient à rêver d’un monde dans lequel l’accès à toutes les données des impôts sont facilement accessibles et intelligibles, de même pour celles des marchés publics, des algorithmes de la CAF, des dépenses dans l’éducation et la recherche…

Clarification des faits et décryptage de l’actualité

Bercy décode, c’est aussi un « identité visuelle » pour des « contenus de clarification […] permettant au public d’identifier immédiatement les décryptages officiels produits par le ministère sur différentes thématiques telles que fiscalité, finances publiques, énergie, numérique, etc. ».

Actuellement, une dizaine de décryptages sont disponibles. Le plus ancien concerne la revente de cartes Pokémon qui serait « désormais dans le viseur du fisc ». Spoiler : oui, mais ce n’est pas nouveau et cela ne concerne pas que Pokémon.

Deux décryptages concernent les éoliennes en mer (sur le bruit et le bilan carbone), deux autres les voitures électriques (la pollution et les longs trajets), un autre les impôts : « Est-ce que seule la moitié des ménages paie des impôts ? ». Réponse : « Faux. Si moins d’un foyer fiscal sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu, tous les Français contribuent néanmoins aux finances publiques. En effet, tous les Français s’acquittent des taxes sur la consommation, dont la principale est la TVA ».

Bercy en profite pour assurer une promo interne d’autres institutions qui ont également des outils contre la désinformation : le site du ministère de la Transition écologique, celui du ministère de la Santé (lire notre article sur son lancement), des Affaires étrangères, des Armées, de la Commission européenne et VIGINUM évidemment.

Le ministère se lance sur… TikTok. Et les autres réseaux sociaux ?

Le ministère de l’Économie en profite pour mettre en avant son récent compte TikTok, qui compte pour le moment une quinzaine de contenus. Il est déjà présent sur X depuis fin 2009. Si le ministre Roland Lescure est présent sur Bluesky, ce n’est pas le cas de son ministère. Encore trop souvent la classe politique et les institutions sont présents sur X, mais pas sur d’autres alternatives.

Le site Bercy décode propose enfin un dico de la désinfo – notamment sur la différence entre mésinformation et désinformation – et rappelle quelques bons réflexes à avoir pour éviter la désinformation :

  • Méfiez-vous des informations sensationalistes
  • Vérifiez la source
  • Recroisez l’information et vérifiez les faits
  • Faites attention aux photos et vidéos
  • Un doute ? Ne partagez pas l’information

Il manque un conseil : lire (ou relire) la longue enquête de Jean Marc sur les sites d’info générés par IA (il en a identifié plus de 13 000, rien qu’en français !), et installer l’extension Next pour être alerté lorsqu’on les consulte, ainsi que d’autres sites problématiques, notamment ceux identifiés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et les noms de domaines potentiellement suspects de RedFlagDomains.

☕️ Homebridge 2.0 se fait Matter (en plus de HomeKit)

5 mai 2026 à 12:15


Homebridge est une solution logicielle open source permettant d’ajouter le support de HomeKit (la plateforme d’objets connectés d’Apple) à des produits qui ne le sont pas nativement. Par exemple, des caméras Ring d’Amazon sont ainsi accessibles et utilisables depuis l’application Maison (Home en anglais) d’Apple grâce à Homebridge.

Après trois ans de bêta, Homebridge commence à prendre en charge le standard Matter et passe pour l’occasion en version 2.0. L’app fait donc office de pont Matter, en plus de HomeKit. Les plugins Homebridge peuvent ainsi utiliser des produits Matter (et s’ouvrent notamment à l’écosystème Google). L’application Maison d’Apple est de son côté déjà compatible HomeKit et Matter.

Avant la migration, les développeurs mettent en garde : « Avant de faire une mise à jour, assurez-vous que le(s) plugin(s) que vous utilisez sont compatibles avec cette nouvelle version de Homebridge […] Node.js 18 et 20 ne sont plus pris en charge. Homebridge v2 nécessite Node.js 22 ou 24 ».

Une sonnette connectée Ring d'Amazon

Comme le rapporte The Verge, le développeur voit deux principaux cas d’usage. Pour commencer, « combler le fossé dans la prise en charge des appareils HomeKit : Apple a commencé à utiliser Matter pour les nouveaux types d’appareils plutôt que de les ajouter directement à HomeKit. Les aspirateurs en sont un exemple récent : Apple a ajouté la prise en charge des aspirateurs à l’application Home, mais via Matter, et non via HomeKit. Notre objectif est de combler cette lacune afin que les plugins Homebridge puissent offrir toutes les fonctionnalités pour ces types d’appareils. Nous pensons que cet objectif est tout à fait réalisable et qu’il s’agit de la priorité immédiate ».

Deuxième cas d’usage : « Utiliser d’autres contrôleurs Matter avec les plugins Homebridge : cela permettrait d’accéder à vos plugins Homebridge depuis d’autres contrôleurs Matter, comme l’application Aqara par exemple. Il s’agit là d’un projet à plus long terme – il nécessitera des mises à jour individuelles des plugins pour être pris en charge. Il faut donc s’attendre à un déploiement progressif au fil du temps ».

L’année dernière, Apple et Google avaient fait plusieurs annonces autour de Matter afin de faciliter son adoption en vue d’en faire un standard avec l’adoption la plus large possible. Matter débarquait ainsi dans Google Home.

☕️ Dav2d : VideoLAN publie son décodeur AV2 open source

5 mai 2026 à 10:16


Presque huit ans après Dav1d, VideoLAN remet le couvert avec Dav2d. Comme son nom l’indique, c’est une implémentation logicielle pour décompresser des vidéos AV2, le codec en cours de développement par l’Alliance for Open Media. Il prend donc la suite de Dav1d – qui est l’acronyme récursif de Dav1d is an AV1 decoder – pensé pour le codec AV1.

Dans la foire aux questions, il est précisé que Dav2d est toujours récursif, « mais c’est moins drôle que dav1d », reconnait l’équipe. Quoi qu’il en soit, Dav2d est proposé sous une licence très permissive : BSD 2-Clause ou « Simplified BSD License ».

Illustration : Flock

Sur le GitLab dédié de VideoLAN, il est indiqué que « dav2d est un décodeur AV2 multiplateforme, open source, axé sur la vitesse et la précision. Il est basé sur notre décodeur dav1d, très populaire. Il s’agit d’un projet encore préliminaire, qui ne devrait pas être utilisé en production, notamment parce que la spécification AV2 n’est pas définitive ». Ce projet de VideoLAN est réalisé dans « le cadre de son adhésion à l’Alliance for Open Media/AOM », en charge d’AV1 et AV2.

Les travaux ont débuté il y a quelques mois déjà, mais c’est encore une version très préliminaire en 0.0.1 (alias Merbanan). L’équipe cherche de l’aide, notamment des développeurs C et assembleur, ainsi que des testeurs… La FAQ se termine par un trait d’humour sur ce sujet : « Vous soucierez-vous de <mon architecture > ? De < mon OS > ? ». Réponse : « Oui, mais nous n’avons ni le temps ni les connaissances nécessaires. C’est pourquoi les correctifs et les contributions sont les bienvenus ».

AV1, pour rappel, a été lancé en 2018 et son adoption a pris du temps, notamment pour le navigateur Edge de Microsoft (version 121 en 2024) et les terminaux Apple (Mac avec puce M3, iPhone 15Pro et 16), comme le rappelle Lafibre.info dans son grand tableau récapitulatif des codecs populaires.

L’avantage d’AV1 est sa gratuité (pas de redevance, comme AV2), il peut être encapsulé dans des conteneurs tels que MP4, MKV ou même WebM. Il a donné naissance à AVIF pour AV1 Image File Format (un mélange entre les algorithmes de compression AV1 et du High Efficiency Image File Format ou HEIF).

En France, deux tiers des jeunes considèrent l’IA comme « un conseiller de vie »

5 mai 2026 à 09:08
IA là !
En France, deux tiers des jeunes considèrent l’IA comme « un conseiller de vie »

Ce n’est pas une surprise : les jeunes Français et Européens utilisent massivement des outils d’IA. Mais dans quelles proportions, à quelle fréquence et pour quels types d’usages ? La CNIL répond à ces questions.

La CNIL vient de publier les résultats d’une enquête réalisée par Ipsos BVA, en partenariat avec le Groupe VYV (acteur mutualiste de santé et de protection sociale en France) dans quatre pays européens. Elle concerne un sujet ô combien d’actualité : « IA conversationnelle et santé mentale des jeunes ». Pour le sondage, 3 800 jeunes âgés de 11 à 25 ans ont été interrogés en janvier 2026 dans quatre pays européens.

Quasiment 9 jeunes sur 10 utilisent l’IA, dès 11 ans

Premier constat : « 86 % des jeunes Français utilisent des outils d’IA »… et la France est en dernière position sur les quatre pays interrogés. L’Allemagne est en tête avec 92 %, suivie par l’Irlande à 89 % et la Suède à 87 %. À cela s’ajoute un usage dans la durée : « 3 jeunes sur 5 utilisent l’IA conversationnelle depuis plus d’un an ».

L’usage est intensif : un quart des jeunes utilise l’IA chaque jour (58 % une fois par semaine), dans le cadre scolaire ou professionnel. Ils sont également un tiers à la questionner au moins une fois par semaine sur leur vie personnelle et à lui demander des conseils, dont 16 % au moins une fois par jour.

Sur la santé mentale, la réalité semble bien différente du ressenti des utilisateurs. 84 % des jeunes Français – 79 % des filles vs 89 % des garçons – disent se sentir bien dans leur vie quotidienne, mais ils seraient dans le même temps (toujours selon le sondage) 65 % à présenter des troubles anxieux. Le chiffre varie entre 67 et 69 % dans les trois autres pays de l’étude.

L’IA est adoptée très tôt, dès 11 ans selon le sondage. Et, encore, c’est un âge plancher puisque les jeunes interrogés ont, pour rappel, entre 11 et 25 ans (impossible donc de dire ce qu’il en est pour les 10 ans et moins). On passe les 90 % dès la tranche d’âge 15 et 16 ans.

Un tiers des jeunes parle de sujets intimes et personnels

Les usages sont évidemment variés, avec une forte proportion comme outils scolaire ou professionnel, mais aussi pour les loisirs pour 41 % des interrogés (musiques, images, astuces jeux vidéo, idées d’activités…). Les jeunes sont aussi entre 26 et 35 % à parler de sujets intimes et personnels pour recevoir des conseils lorsqu’ils sont stressés, rencontrent des problèmes avec leurs proches, se sentent tristes, en colère ou pas bien dans leur tête, pour gérer des conflits…

Dans sa synthèse, la CNIL note que « les jeunes les plus anxieux déclarent parler plus facilement de leurs problèmes avec une IA qu’avec leurs proches ou qu’avec des professionnels ». La tendance est la même dans les quatre pays.

Le fait qu’elle soit toujours disponible arrive en tête, mais aussi car c’est plus facile que de parler à une vraie personne pour 40 % des jeunes français.

Autre analyse intéressante : un jeune sur trois « ayant utilisé une IA pour des sujets personnels [déclare] s’être déjà [senti] mal à l’aise à cause d’un conseil reçu ». Là encore, cela ne devrait pas surprendre grand monde, mais cela n’empêche évidemment pas de le dire, au contraire !

Deux tiers des jeunes utilisent l’IA comme… un conseiller de vie

Plus de six jeunes Français sur dix considèrent l’IA comme un conseiller de vie et/ou un confident. Un sur deux comme un ami ou un psy, et même un jeune sur cinq comme un amoureux.

Pour 50 % des jeunes, l’IA permet aussi de se sentir mieux et d’avoir davantage confiance en soi. Un jeune sur trois considère même que l’IA peut comprendre les émotions humaines et qu’elle conseille mieux que les humains.

La jeunesse semble heureusement lucide sur la question de la confiance : « 80 % des jeunes n’ont pas totalement confiance en l’IA, malgré son adoption importante ». En être conscient ne veut pas forcément dire l’appliquer au quotidien, malheureusement. C’est un peu comme les mots de passe : tout le monde ou presque sait qu’il ne faut jamais réutiliser le même ; dans la pratique cela arrive souvent.

Les jeunes estiment à 69 % que les IA peuvent donner des conseils fiables, 56 % qu’elles peuvent garder secrets les échanges et 51 % qu’elles peuvent protéger les informations qui leur sont confiées. Preuve que les messages sur le côté statistique des réponses et des données réutilisées pour les entraînements ne sont pas passés auprès de tout le monde.

Des avis partagés, quid d’une disparition de l’IA ?

Les jeunes Français souhaitent davantage d’informations sur ce que l’IA fait de leurs informations, ce qu’il faut éviter de confier à une IA, connaitre les bonnes pratiques et les risques. Seuls 32 % des Français
se considèrent bien informés sur ce que deviennent leurs informations confiées à l’IA, contre 37 à 46 % dans les trois autres pays européens. Il serait intéressant de faire le même sondage auprés des autres générations… pas sur qu’elles s’en sortent mieux.

« La moitié des jeunes Français considère que l’IA peut aider à se sentir mieux, à gagner en confiance. L’autre moitié est en désaccord avec ces affirmations ». Pour la majorité des utilisateurs, « la disparition de l’IA n’aurait que très peu d’effets ». C’est une moyenne : les jeunes les plus fragiles (anxieux, qui utilisent l’IA pour des raisons personnelles et/ou intimes) sont ceux qui voient le plus de conséquences néfastes.

La CNIL milite pour une meilleure éducation au numérique

Dans sa conclusion, la CNIL expose qu’une « part croissante de l’expression du stress, du mal-être ou des difficultés personnelles se joue désormais en amont des parcours classiques de prévention et de recours aux professionnels ». Pour la Commission, cela doit appeler une réponse collective, notamment avec une meilleure éducation au numérique.

Pour le Groupe VYV et la Commission, « l’enjeu n’est ni de freiner l’innovation ni de banaliser les usages, mais de contribuer à construire un cadre de confiance ». Pour les deux partenaires du jour, « il devient essentiel d’intégrer pleinement le numérique dans les politiques de prévention, en articulant innovation, protection des données et accompagnement des usages ».

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