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☕️ La Document Foundation (LibreOffice) s’agace de la présentation d’Euro-Office

8 juin 2026 à 10:09


La Document Foundation, responsable de la suite libre et open source LibreOffice, vient de publier une lettre ouverte « aux utilisateurs de la suite Office ». Elle prévient : même si des annonces vont dans le sens de la souveraineté numérique, qui a le vent en poupe en Europe, elles ne sont pas les premières.

La fondation s’agace en particulier des annonces relayées dans la presse autour d’Euro-Office, parfois présentée comme la première suite souveraine développée en Europe. Faux, rappelle la fondation : OpenOffice.org a été créée en 2001, en partant du code de StarOffice, puis LibreOffice a pris le relais en 2010. Les deux sont développées en Europe.

Logo de LibreOffice

Une certaine amertume se fait sentir dans la communication de la fondation. Selon elle, les personnes qui militent aujourd’hui pour la souveraineté numérique « sont restées silencieuses en 2006 quand la norme ouverte ISO/IEC ODF […] a été annoncée ». La fondation affirme n’avoir pas été écoutée « pendant toutes ces années », certains membres ayant été « accueillis avec un sourire condescendant » :

« Si l’on peut parler de la souveraineté numérique en Europe aujourd’hui, c’est grâce à The Document Foundation et aux membres de la communauté LibreOffice en général, qui ont maintenu le drapeau des suites bureautiques open source alors que tout le monde prédisait leur disparition, et qui ont continué à développer le seul format véritablement ouvert et standard garantissant la souveraineté numérique, car il offre un contrôle total aux utilisateurs sur le contenu »

La lettre ouverte précise qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre Microsoft, mais que l’entreprise peut tirer parti de cette situation, car la suite Euro-Office doit se servir du format OOXML, présenté comme un standard ouvert, mais contre lequel la fondation s’est toujours battue. Elle avait déjà dénoncé ce choix dans un billet du 2 avril.

La suite Euro-Office a également été critiquée par OnlyOffice, qui a dénoncé « un fork hostile » du code de sa suite (sous AGPL V3). Ses développeurs ont argué qu’ils voulaient prendre leurs propres décisions. Pour rappel, Euro-Office est un projet soutenu notamment par IONOS, Nextcloud, Eurostack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian et BTactic. Des acteurs de poids qui pourraient peser dans la balance et pourraient « rassurer » les institutions dans ces temps changeants.

☕️ Ubuntu : vers de la reconnaissance vocale pour tous les champs texte

8 juin 2026 à 09:25


En avril dernier, Canonical a fait part de ses ambitions concernant l’intelligence artificielle dans Ubuntu. Comme signalé notamment par XDA Developers, cette annonce a provoqué des inquiétudes. Jon Seager, vice-président de l’ingénierie chez Canonical, a détaillé la position de l’entreprise fin mai lors du dernier Ubuntu Summit.

La thématique centrale est la compatibilité de l’open source en général avec l’intelligence artificielle, en particulier les modèles. Pour Seager, connaitre les poids est une chose, mais c’est peu en comparaison du niveau de transparence auquel le monde du libre est habitué. L’accent de Canonical est donc mis à la fois sur le type de fonctions que l’IA pourrait amener ou faciliter dans le système, autant que sur la licence qui accompagne le modèle retenu.

Mais quelles fonctions ? Bien que Canonical emploie les éléments de langage courants du secteur, évoquant par exemple l’idée de faire d’Ubuntu un « système agentique », les prétentions de l’éditeur semblent pour l’instant modestes et axées sur l’accessibilité.

Jon Seager a expliqué en effet que le premier cas identifié d’utilisation concrète était la reconnaissance vocale pour interagir avec les champs texte, rapporte OMGUbuntu. Cet apport est prévu pour Ubuntu 26.10, comme toujours si les tests donnent satisfaction dans les temps. L’ingénieur doute que cette méthode puisse être appliquée à l’intégralité des champs, mais la fonction devrait pouvoir s’appliquer à une majorité d’entre eux, avec les bénéfices qu’on imagine en matière d’accessibilité.

La volonté de Canonical semble être de poser les bases pour faciliter l’utilisation des agents dans son système, tout en ajoutant des cas d’usage au compte-gouttes. Cette reconnaissance vocale sera assurée par un LLM local, selon l’éditeur, mais aucune précision n’a été donnée. Le responsable a donné deux autres exemples de fonctions « implicites » : l’amélioration de l’autofocus pour la webcam et de la qualité du son pour le microphone, là encore en local.

Autre point important, ces fonctions seront basées sur un paquet Snap qu’il suffira de supprimer si on ne souhaite pas cette fonction. Canonical n’aborde pas ce point, mais il serait intéressant que l’installeur d’Ubuntu pose la question, car un modèle local consomme souvent plusieurs Go et peut donc alourdir l’empreinte de stockage. Un panneau avec des cases à cocher pour chaque service de type IA serait bienvenu.

☕️ Proton accélère son Drive et confirme l’arrivée d’un client Linux

8 juin 2026 à 08:00


Dans un billet de blog daté du 4 juin, Proton a annoncé d’importantes améliorations pour son service de stockage dans le cloud, Drive. Chiffré de bout en bout, comme le reste des services proposés par l’entreprise suisse, Drive a été reconstruit sur la base d’un nouveau SDK (Software Development Kit) pour l’ensemble des plateformes.

Selon Proton, il y a deux avantages principaux. D’une part, une meilleure intégration sur ces plateformes. D’autre part, une accélération significative des opérations : deux fois plus rapides pour les téléchargements, trois fois pour les téléversements et quatre fois pour les chiffrements/déchiffrements. Ce dernier point permet une réduction franche de la consommation et de la chaleur sur les smartphones Android et iOS. Un bon point, car les performances initiales laissaient à désirer.

Le SDK doit aussi permettre le support d’un plus grand nombre de plateformes – « et oui, y compris Linux », ajoute Proton. Si l’on savait que Proton travaillait à fournir d’autres clients, c’est la première fois que Linux est clairement mentionné. Cependant, aucune date ni information supplémentaire n’est donnée. Pour rappel, le client pour Windows était sorti en juillet 2023 et celui pour macOS quatre mois plus tard.

Le SDK est également open source, sous licence MIT et disponible sur GitHub. On peut s’en servir via les langages C# et TypeScript, avec des liaisons pour Kotlin et Swift (respectivement pour Android et iOS). Le SDK est prévu pour s’interfacer avec d’autres applications, mais Proton précise qu’il n’est pas prêt pour la production dans ce cas de figure.

Proton indique que toutes ces améliorations peuvent se « ressentir » aujourd’hui, mais leur disponibilité n’est pas tout à fait claire, ni si toutes les plateformes sont concernées. Nous avons demandé des éclaircissements à l’entreprise et mettrons cette actualité à jour en cas de réponse.

Mise à jour de 15h30 : Proton nous a confirmé que tous les clients avaient été mis à jour, il suffit de s’assurer que les dernières versions sont installées sur vos appareils.

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