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Nouveautés de Sailfish OS 5.0

18 mars 2026 à 08:35

Depuis la dernière dépêche en 2024, Android se renferme et Sailfish OS s'ouvre lentement mais sûrement tout en restant une vraie alternative au duopole actuel. Voici un récapitulatif des nouveautés.

logo sailfishOS

Sommaire

SFOS 5.0

Lors de la dernière dépêche, en juin 2024, la version 4.6.0.13 venait juste d'être publiée.

Les premières versions 5 de Sailfish OS ont initialement été destinées au Jolla C2 dont nous parlerons un peu plus bas dans cette dépêche. Son principal fait d'arme est le support du C2 ainsi que certaines modifications visuelles liées à l'encoche sur l'écran du C2 pour la caméra frontale.

Ce n'est qu'avec la version 5.0.0.55, publiée le 30 janvier 2025, que tous les appareils sont passés à la même version 5. Elle apporte plusieurs grosses nouveautés comme :

  • La mise à jour du moteur de rendu Gecko vers la version ESR91
  • Une meilleure intégration de microG
  • Le blocage des appels indésirables
  • Le support de Wiregard
  • Le support du mode paysage pour l'affichage de l'accueil, des événements et de l'écran de verrouillage.

Ensuite, la version 5.0.0.71. apporte une amélioration du support Android, nommé Android App Support (ci-après AAS) mais elle a fait apparaître de nouveaux bugs nécessitant pour certains de ne pas lancer automatiquement l'AAS pour obtenir un fonctionnement normal. Une nouvelle version corrective, la 5.0.0.72, a été publiée le 11 novembre 2025 et corrige en effet le bug de la .71. Cette dernière corrige également un bug de la .71 sur certains XA2.

La version 5.0.0.73 pointe le bout de son nez et elle est pour le moment réservée aux « Early Access ». Cette dernière mise à jour (lors de la rédaction de cette dépêche), apporte plusieurs correctifs liés au support d'Android et apporte Android 13 (API niveau 33) pour une compatibilité accrues avec les applications Android.

Page d’accueil d'AAS

Prochainement, le support Bluetooth avec Android sera intégralement disponible avec le déploiement d'une application à installer depuis le Jolla Store.
Concernant la partie GPS, l'arrêt de Mozilla Location Service (MLS) a causé la fin du support du A-GPS. Depuis, la migration vers BeaconDB est en cours.

Libération du code

Pendant que certains se « merdifient » à grande vitesse, d'autres changent petit à petit de cap et exécutent leur promesse de libérer le code.
En effet, comme mentionné dans la dépêche précédente une procédure de sauvegarde a été initiée par Jolla afin de retirer l'actionnariat russe. Cette démarche a donné un nouveau coup de souffle et permis d'initier la libération des sources de divers composants. Ci-dessous, la liste des dernières applications libérées.

Météo

L'application météo, Sailfish Weather, qui faisait partie des logiciels de base fournis par jolla et par conséquent parfaitement intégrée dans Sailfish OS s'est brutalement arrêtée de fonctionner en août 2023 suite au non-renouvellement du contrat avec Foreca. Depuis, une solution de contournement a été trouvée avec l'application Meecast.

Jolla a libéré le code de Sailfish Weather sous licence BSD-3. Cette libération a permis d'apporter une demande de fusion et est en cours de polissage.

Notes

Cette application de simple prise de note a également été libérée une semaine après Sailfish Weather. Le code source de cette application est disponible chez Github sous licence BSD-3. Ainsi, une demande de fusion a été soumise pour synchroniser les notes avec Nextcloud.

Camera

La libération du code de Camera a été faite le 06 octobre 2025 toujours sous licence BSD-3. Le code source est disponible chez Github.

A noter que le travail sur le support de camera2 API est toujours en cours de développement. Cela améliorera considérablement la qualité des photographies et ajoutera ainsi un meilleur support des caméras sur les appareils Android récents. Le non-support de cette API occasionne un support des objectifs du X10 III, X10 IV et X10 V loin d'être complet.

Nextcloud

Les projets relatifs à Nextcloud (gestion du compte, synchronisation des photos, etc.) ont été libérés. Permettant dans un futur proche une meilleure intégration native.

Les thèmes qui fâchent

Le navigateur Sailfish Browser

Lors de la dernière dépêche de 2024, nous indiquions que Sailfish Browser était encore basé sur la version ESR 78 de Firefox. David Llewellyn-Jones (alias flypig) avait pris les choses en mains pour migrer à la version ESR91 et c'est désormais choses faite ! Pour rappel flypig est un ancien salarié de Jolla, restant néanmoins un contributeur régulier de Sailfish.
Le travail de cette montée de version a été un très gros projet documenté dans son blog.

Actuellement, Jolla travaille désormais sur la version ESR 102. Cela a été confirmé lors du Fosdem 2025. Malheureusement, nous sommes cependant bien d'accord que le navigateur natif aura toujours du retard. Comme alternative, il est possible d'utiliser Angelfish ou la version Android de Firefox si l'on dispose du AppSupport. En parallèle, une meilleure intégration du protocole XDG shell, en cours de développement, permettrait d'utiliser la version bureau de Firefox.

Qt

Malheureusement aucune nouveauté à annoncer. Sailfish reste coincé avec la version 5.6 de Qt. Des réflexions sont posées pour fournir une version plus moderne de Silica, le module QML apportant les divers composants propre à l'interface graphique de Sailfish OS. L'idée serait de créer une version open-source avec Qt 6 et une autre propriétaire en 5.6 destinée aux entreprises. Rappelons-le que le frein au passage à Qt 6 est lié au changement de licence chez Qt. Cette modification impose l'achat d'une licence si le code source reste propriétaire.
En attendant des changements, cela n'a pas empêché la communauté d'intégrer le support de Qt 6 à Sailfish !

Nouveaux supports (Matériel)

Dans un premier temps, Sailfish OS a été disponible pour les X10 IV et X10 V sans l'AppSupport (AAS). Puis lors de la sortie de la version 5.0.0.55, AAS a été mis à disposition de ces deux appareils en version 13. Les Sony X10 II et X10 III ont suivi avec la version 5.0.0.73.

Sony Xperia 10 IV + Xperia 10 V

Annoncé le 18 avril 2024, le support de Sailfish n'est toujours pas complet sur les X10 IV et X10 V. Malheureusement, Jolla rencontre des difficultés avec Sony en raison des blobs d'AOSP/SOSP fournis par elle. Pour en savoir plus vous pourrez lire cette page : https://forum.sailfishos.org/t/new-binaries-blobs-for-xperia-v-and-iv-what-is-happening-actually/22584/182

Le C2

Les caractéristiques peuvent être trouvées ici (dans la section Specifications).

Le C2, nouvel appareil à destination de la communauté des utilisateurs de la même manière qu'a été le C1.
Pour rappel le C1 était le quasi clone de l'Intex Aquafish commercialisé en Inde en 2016. Le C1 était le fruit d'une collaboration entre Jolla et le fabricant indien Intex. Cette fois-ci, le C2 est une collaboration avec l'entreprise turque Reeder et basé sur leur modèle le Reeder S19 Max Pro S. La livraison du C2 auprès des acheteurs a été effectuée à partir d'octobre 2024.

Cette livraison n'a pas été sans soucis pour certains utilisateurs : chez certains, l'ordiphone est arrivé avec une batterie quasi vide faisant planter le smartphone le rendant impossible son initialisation. Jolla a alors repris les appareils concernés pour corriger le problème puis les a renvoyé.

Cet appareil, plutôt moyen de gamme, n'a pas de capteur digital pour permettre son déverrouillage, ni de NFC. Sa taille d'écran de 6' en fait un smartphone de grande taille. Ces caractéristiques ont pu rebuter certains utilisateurs mais pas suffisamment pour démarrer un second lot. Néanmoins, suite au renchérissement du prix de la RAM et des retards de livraisons auprès du fournisseur, Jolla a décidé de ne pas ouvrir un lot supplémentaire.

Nous devons préciser que de nouveaux utilisateurs sont apparus ! Nous pensons que cela fait suite à la volonté des consommateurs de vouloir acheter « européen » ou trouver des solutions plus souveraines.

En dépit de ses caractéristiques (taille de l'écran trop grande pour certains, absence de capteur digital de déverrouillage), ce C2 semble a été un succès puisqu'un second lot a été ouvert. Néanmoins, avec la montée des prix des composants il n'est pas envisagé d'ouvrir un troisième lot.

Community ports

Une des particularités de Sailfish est la possibilité de porter l'OS sur d'autres appareils. Des développeurs s'aventurent dans ce projet. Récemment plusieurs téléphones ont été rendus compatibles, comme :

Des discussions ont lieu pour fournir AAS sur les appareils non-officiels, car elle est pour l'instant mieux aboutie et mieux intégrée à Sailfish OS que Waydroid.

Le J2

Le projet a démarré avec un premier sondage auprès des utilisateurs actifs, leur demandant les spécifications du nouvel appareil. Une démarche qualifiée de « Do It Together » où Jolla s'est montré à l'écoute des utilisateurs, tout en restant pragmatique dans le choix des composants.

La commercialisation a été estimée viable avec la pré-vente de 2'000 d'ici début janvier 2026 avec un tarif préférentiel de 499 €. En moins de 48 heures, les bons d'achat ont été dévalisés forçant Jolla a augmenter le lot en deux fois pour atteindre 10'000 appareils en pré-vente.
Afin de stimuler les ventes, il a été promis d'intégrer et de libérer le code lié au concept de « The Other Half » disponible avec le premier Jolla.
Pour rappel, « The Other Half » est une interface I3C et NFC au dos du téléphone permettant d'étendre ses fonctionnalités physiques.

Et fin février, ce sont 10'000 pré-ventes qui ont été effectués. Ce qui n'empêche pas de démarrer un 4ème lot avec 1'000 appareils ! En raison de la volatilité actuelle du marché des composants électroniques, Jolla a décidé de vendre un modèle 8 Go avec une option supplémentaire à 50 € pour obtenir 12 Go de RAM.

Les principales caractéristiques sont pour les appareils achetés depuis le 1er mars 2026 :

  • 5G avec double nano-SIM
  • 8 Go de RAM et 256 Go de stockage extensible jusqu'à 2 To. Option de mise à niveau à 12 Go de RAM disponible (c'était 12 Go pour les acheteurs des premières séries avant le 1er mars)
  • Écran : 6.36” ~390ppi FullHD AMOLED, aspect ratio 20:9, Gorilla Glass
  • Sailfish OS 5
  • Prise en charge des applications Android avec Jolla AppSupport
  • Coque arrière remplaçable par l'utilisateur avec plusieurs couleurs au choix
  • Batterie remplaçable par l'utilisateur (à priori 5500 mAh)
  • Commutateur physique de confidentialité

A noter que le J2 sera assemblé en Finlande à Salo, la ville où se trouvait une des usines Nokia.

Nouvelles licences ? Anciennes licences !

Il a été question fin 2024 ou début 2025 de rendre les licences payantes mensuellement (abonnement). Mais face aux difficultés à porter Sailfish OS sur les X10 IV et X10 V, Jolla a renoncé à cette initiative.

Souscription volontaire

Les utilisateurs peuvent désormais faire des dons en participant à une souscription volontaire.
Pour plus d'informations, vous pourrez aller sur cette page du forum. Jolla est assez discret et nous souhaiterions bien un peu de transparence sur le résultat de cette souscription.

Quelques nouvelles applications

SailPipe

Il s'agit d'une interface libre et légère basé sur NewPipe pour le streaming. Tout comme NewPipe, SailPipe permet de récupérer les flux sur Youtube, Bandcamp, Soundclound et media.ccc.de.

C'est un nouveau projet en Java + C++ + QML mené par flypig. Un journal est tenu par son auteur de la même manière que son journal sur la montée de version d'ESR68 à ESR91 pour le navigateur.

Une version beta a été publiée par flypig sur openrepos le 19 novembre.

Et la communauté dans tout ça ?

FOSDEM 2025 et 2026

La communauté se réunit de manière très régulière (une fois par mois) à l'initiative de Jolla. Le dernier « Community meeting » s'est tenu le 20 novembre et le prochain se tiendra le 4 décembre. Un calendrier des réunion à venir est disponible au format .ics.

À noter la présence de Jolla sur le stand Linux Mobile lors du Fosdem 2025 et lors de l'édition de 2026.

Vous pourrez notamment retrouver ici les deux conférences données par David Llewelyn Jones.

Le rédacteur de ces lignes, bien que simple utilisateur depuis 2014 et non développeur, a pu constater sur place un réel intérêt pour Sailfish OS, beaucoup de personnes ayant examiné de près ce système. Nous pouvons espérer à nouveau la présence de Jolla lors du Fosdem 2026. Et encore de nouveaux utilisateurs !

Les rédacteurs de la dépêche n'étaient pas présents au FOSDEM 2026 et il nous sera difficille de vous en parler. Visiblement Sailfish OS a eu un certain succès de la part des visiteurs.

Hackathon à Prague

En septembre 2024 s'est tenu un hackaton à Prague. Rubdos, le développeur de l'application native de Signal, nous en a fait un résumé dans son blog (en anglais).

Journée francophone des utilisateurs de Sailfish OS à Lyon le 21 mars 2026.

Si vous avez envie d’échanger avec des utilisateurs de Sailish OS vous serez les bienvenus dans les locaux de LALIS de 10h à 18h. Le programme est en cours d'élaboration mais nous pourrions avoir un ou deux développeurs d'applications présents. Plus d'information dans ce fil. Nous tenons aussi à remercier l'ALDIL pour son aide précieuse dans l'organisation de cette journée !

Conclusion

Enfin, comme précisé dans nos précédentes dépêches et dans le préambule de cette dépêche, Sailfish OS n'est pas entièrement libre mais reste; en dépit de ses défauts et de ses manques, une des trop rares alternatives sur la marché face au duopole Android/iOS. Il nous semble donc important de vous tenir au courant des évolutions de Sailfish OS. Bien entendu, nous encourageons Jolla a poursuivre la libération du code des « briques » de Sailfish OS.

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Sortie de la Primtux 9

Sortie de la Primtux 9 le 1 mars 2026

L’équipe Pritmux est fière d’annoncer la sortie officielle de Primtux9, la nouvelle version de la distribution GNU/Linux dédiée à l’usage éducatif dans la francophonie.

Introduction

La Primtux 9 fait suite à la Primtux 8, sortie deux ans auparavant (avril 2024).

Nouveautés principales

  • Une Primtux basée sur la dernière Linux Mint 22.3. Support jusqu’en 2029.
  • Mise à jour des applications et ajouts.
  • Installation de la suite Thymio possible.
  • Activation possible d’un filtage DNS afin de protéger les enfants de contenus inappropriés.
  • Un formulaire dédié à la remontée de bugs et la suggestion d’améliorations.

Plus de détails

Le passage à la forge des communs numériques éducatifs : https://forge.apps.education.fr/

De nouvelles applications intégrées

  • Ajout d’enseignements artistiques : Histoire de la musique, Orchestre symphonique, découverte du timbre, ton, mode, hauteur, durée, etc.
  • Ajout de jeux éducatifs : Hanah's Horse (Pacman), Quadrapassel (Tétris), Quatre à la suite (Puissance 4) etc.
  • Ajout d’applications d’apprentissage de l’anglais
  • Ajout d’un exerciseur « maison »
  • Accès à https://duck.ai/.
  • Accès facilité au site « les fondamentaux » du Réseau Canopé : https://lesfondamentaux.reseau-canope.fr/.

Le Primtuxmenu

375 commits avec une grande part de bugs corrigés.

  • Ajout de statistiques sur l’utilisation des applications.
  • Ajout d’un formulaire de report de bugs, fonctionnalités, suggestions.
  • L’ajout/suppression d’une application via apt va rafraichir le menu.
  • La création de thèmes de Noël et de Pâques.

Création de contenu d’aide

  • Diaporama général pour découvrir Primtux.
  • Diaporama détaillé pour les enseignants et ERUN.
  • Mise à jour d’un tableau des logiciels.

Des améliorations techniques

  • Mise en place de chaines automatisées dans la CI : tests de non régression, génération du primtuxwebmenu, etc.
  • Le Primtuxmenu 0.2 est rétrocompatible : on peut l'utiliser sur la Primtux 8.

Configuration système requise et iso

PC récent datant d’au moins 2010 et doté d’au moins 2 Go de mémoire vive, 4 Go recommandés, secureboot désactivé, avec ou sans UEFI, 40 Go libres sur disque dur, SSD recommandé.
Cette version est basée sur Linuxmint 22.3, supportée jusqu’en 2029.

Téléchargement ici : https://primtux.fr/telecharger-primtux/

Les axes d’amélioration pour l’avenir ?

À court terme :

  • Premières briques d’internationalisation (pour être prêt à des besoins européens par exemple).
  • Un moteur de recherche directement intégré dans notre Primtuxmenu.
  • Un Primtuxmenu pilotable en ligne de commande.
  • Un enrichissement autour de l’apprentissage de l'Histoire.
  • Développement d’une version basée sur Debian.

A plus long terme :

  • Une meilleure intégration de la synthèse vocale et de la reconnaissance vocale.
  • Un store pour l’installation de logiciels.
  • Un storybook de présentation de notre design system et des composants réutilisables.
  • La possibilité d’adapter le nombre de sessions aux usages d’un établissement ou d’un foyer.

Remerciements

Merci à l’équipe de développement :
- Etienne Charignon
- Stéphane Deudon
- Jérémie Ferry
- Philippe Ronflette

À nos créateurs de contenu :
- Sylviane Deudon
- Marianne Hurbain
- Philippe Ronflette

À notre product designer et product manager :
- Romain Ronflette

À nos testeurs :
- Pierre Labarbe
- Olivier Le Borgne
- Thierry Munoz

A nos partenaires :

  • équipe Jclic : Cyril Pasteur (Besançon 2), Corinne Brutillot et Monique Moizan
  • équipe Gcompris

Liens utiles

Notre documentation : https://documentation.primtux.fr/
Vous désirez contribuer ? https://primtux.fr/participer-au-projet/

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Maintenant : monitorer toute sa stack Docker depuis un seul conteneur

Maintenant est un logiciel libre de monitoring d'infrastructure, conçu pour les administrateurs et développeurs qui font tourner des conteneurs Docker ou Kubernetes. Il se déploie sous la forme d'un unique conteneur qui auto-découvre et surveille l'ensemble d'une stack sans configuration préalable.

Le projet est publié sous licence AGPL-3.0. Le code source complet est disponible sur GitHub, y compris les fonctionnalités de l'édition Pro.

Le problème

Quand on auto-héberge une vingtaine (ou une quarantaine) de conteneurs sur un VPS, le monitoring finit souvent en une collection d'outils déconnectés : Uptime Kuma pour les checks HTTP, Healthchecks.io pour les tâches cron, un script bash pour les certificats SSL, Portainer ouvert dans un onglet pour voir si les conteneurs tournent, et un docker pull manuel de temps en temps pour vérifier les mises à jour. Cinq outils, zéro communication entre eux, aucune vue d'ensemble.

Maintenant regroupe tout ça dans un seul processus.

Sommaire

Ce que ça fait

Le conteneur se branche sur le socket Docker en lecture seule (il ne crée, ne démarre et n'arrête jamais de conteneurs) et découvre automatiquement tout ce qui tourne. À partir de là :

  • Suivi des conteneurs : états (running, stopped, restarting), health checks Docker natifs, détection de boucles de redémarrage, groupement automatique par projet Compose
  • Métriques de ressources : CPU, mémoire, réseau et I/O disque par conteneur, avec une vue "top consumers" pour identifier rapidement les gourmands
  • Monitoring d'endpoints : sondage actif HTTP/TCP avec suivi des temps de réponse, codes de statut, correspondance de mots-clés, seuils configurables
  • Monitoring de cron jobs : URLs de heartbeat uniques — votre tâche planifiée envoie un ping, Maintenant vous alerte si le ping n'arrive pas
  • Certificats SSL/TLS : détection automatique depuis les endpoints HTTPS, vérification de chaîne complète, alertes avant expiration (30j, 14j, 7j, 3j, 1j)
  • Détection des mises à jour : scan des registres OCI (Docker Hub, GHCR, etc.), comparaison de digests et de tags semver, signalement des sauts de version critiques, commandes de mise à jour et rollback intégrées (Compose-aware)
  • Analyse de sécurité réseau : détection automatique des configurations dangereuses — ports de bases de données exposés sur 0.0.0.0, conteneurs en mode privileged ou host-network, et pour Kubernetes, NodePort/LoadBalancer sans NetworkPolicy
  • Page de statut publique : intégrée, personnalisable, reflète automatiquement l'état des monitors
  • Serveur MCP : serveur Model Context Protocol intégré avec authentification OAuth2, pour requêter l'état de l'infrastructure depuis un assistant IA compatible

Stack technique

Le choix technique central est la simplicité de déploiement :

  • Binaire unique Go compilé statiquement, avec le frontend Vue 3 + TypeScript + Tailwind embarqué via embed.FS
  • SQLite en mode WAL pour le stockage — pas de base de données externe, pas de Redis, pas de file de messages
  • SSE (Server-Sent Events) pour les mises à jour temps réel dans le navigateur — plus simple que les WebSockets, fonctionne à travers n'importe quel reverse proxy sans configuration particulière
  • Moins de 20 Mo de RAM au repos
  • Image multi-architecture : amd64 et arm64
  • PWA : installable sur mobile

L'authentification n'est volontairement pas intégrée — Maintenant est conçu pour fonctionner derrière un reverse proxy avec middleware d'authentification (Authelia, Authentik, OAuth2 Proxy…), exactement comme Dozzle ou Prometheus. Les endpoints de heartbeat (/ping/{uuid}) et la page de statut publique sont prévus pour être accessibles sans authentification.

La configuration est possible soit par labels Docker sur les conteneurs, soit par l'interface web :

labels:
  maintenant.endpoint.http: "https://api:3000/health"
  maintenant.endpoint.interval: "15s"
  maintenant.alert.severity: "critical"
  maintenant.group: "production"

Support Kubernetes

Maintenant détecte automatiquement s'il tourne dans un cluster Kubernetes (via le compte de service) ou sur Docker (via le socket). Un ClusterRole read-only (maintenant-reader) suffit. Le monitoring se fait au niveau des workloads (Deployments, DaemonSets, StatefulSets) avec filtrage par namespace.

Modèle économique

Le projet suit un modèle open-core :

L'édition Community est complète et utilisable sans restriction pour un usage solo : monitoring conteneurs, endpoints, heartbeats, certificats, mises à jour, sécurité réseau, page de statut, support Kubernetes, alertes par webhooks et Discord, API REST + SSE.

L'édition Pro (9 €/mois ou 90 €/an) ajoute des canaux d'alerte supplémentaires (Slack, Microsoft Teams, Email/SMTP), la détection de CVE via OSV.dev, un tableau de bord de posture sécurité, la gestion d'incidents, les fenêtres de maintenance et les notifications aux abonnés de la page de statut.

L'intégralité du code source, y compris les fonctionnalités Pro, est visible sur GitHub sous AGPL-3.0. Le tier Pro est déverrouillé au runtime par une clé de licence — même binaire, même image Docker.

Déploiement rapide

services:
  maintenant:
    image: ghcr.io/kolapsis/maintenant:latest
    ports:
      - "8080:8080"
    volumes:
      - /var/run/docker.sock:/var/run/docker.sock:ro
      - /proc:/host/proc:ro
      - maintenant-data:/data
    environment:
      MAINTENANT_ADDR: "0.0.0.0:8080"
      MAINTENANT_DB: "/data/maintenant.db"
    restart: unless-stopped

volumes:
  maintenant-data:

Trente secondes plus tard, l'interface affiche tous vos conteneurs. Aucune configuration nécessaire.

Comparaison avec les outils existants

Maintenant Uptime Kuma Portainer Dozzle Prometheus+Grafana
Auto-découverte conteneurs Oui Non Oui Oui Via cAdvisor
Monitoring endpoints HTTP/TCP Oui Oui Non Non Via Blackbox
Monitoring cron/heartbeat Oui Oui Non Non Non
Certificats SSL Oui Oui Non Non Via exporter
Métriques CPU/RAM/réseau Oui Non Limité Non Oui
Détection mises à jour images Oui Non Oui Non Non
Sécurité réseau Oui Non Non Non Non
Page de statut Oui Oui Non Non Non
Dépendances externes Aucune Node.js Docker API Docker API 3+ conteneurs

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Créer un site Web local de documentation pouvant exporter en PDF avec mdBook

La documentation du langage Rust (le langage qui veut remplacer le C et le C++ en sécurisant l’accès mémoire et en supprimant le ramasse-miette) est écrite en Markdown.

Comme cette documentation doit pouvoir suivre l’évolution du langage (et donc évoluer avec chaque version de Rust) l’équipe Rust a créé mdBook pour pouvoir générer un livre en PDF à partir de chapitres HTML écrits en Markdown.

Licence de mdBook

mdBook est un logiciel libre sous licence Mozilla Public Licence v2.0.

Vous pouvez en trouver les sources pour y contribuer sur GitHub (https://github.com/rust-lang/mdBook).

Pour savoir comment contribuer à améliorer mdBook suivez le guide en anglais (https://github.com/rust-lang/mdBook/blob/master/CONTRIBUTING.md).

Installation de mdBook 0.52

Les fichiers sources d’installation sont disponibles sur GitHub pour MacOS, Windows, et Linux.

Vous pouvez aussi installer mdBook, si vous avez installé au préalable le langage Rust sur votre ordinateur en écrivant dans une fenêtre de Terminal la commande :
cargo install mdbook

Comme cela vous pourrez voir en direct comment cargo compile un programme Rust.

Création de votre mdBook

Mettez mdBook dans la variable PATH de votre poste, pour lancer les commandes mdbook depuis n’importe quel endroit.

Pour créer un mdBook, utilisez votre terminal pour lancer la commande mdbook init livre-exemple.
Cette commande créera le répertoire vide « livre-exemple ».
mdBook vous posera alors plusieurs questions pour créer votre premier livre vide.

Allez dans ce nouveau répertoire avec la commande cd livre-exemple (\home\nom_utilisateur\livre-exemple sur un ordinateur GNU/Linux).

Puis lancez le serveur Web local de votre livre avec la commande mdbook serve --open.

Cette commande va lancer le serveur Web local et ouvrir votre navigateur par défaut sur votre mdBook vide.

Fichiers de configuration

book.toml

Ce fichier contient le titre de votre futur livre dans le champ "title".
Il contient aussi un champ « author » à renseigner avec votre nom (ou votre pseudo-littéraire) et un champ « langage » qui par défaut à la valeur « en », mais que vous pouvez évidemment modifier en « fr » avec votre éditeur de texte favori (gedit par exemple sous GNU/Linux).

src/SUMMARY.md

Ce fichier contient la structure de votre futur livre (la liste des chapitres).
Pour créer facilement un chapitre, une préface, une introduction, une annexe… ajoutez des lignes dans ce fichier Markdown.

Par exemple :

    # Summary

    - [00-Introduction](./Introduction.md)
    - [01-Mon premier chapitre](./01-mon-premier-chapitre.md)

Les chapitres seront créés vides dans le répertoire src au fur et à mesure de votre saisie dans le fichier src/SUMMAY.md par le programme mdBook.

Publication de votre mdBook

Une fois vos chapitres créés en Markdown avec votre éditeur de texte, publiez votre mdBook avec la commande :
mdbook build.
Cette commande créera un répertoire \livre-exemple\book. Vous pourrez diffuser ce sous-répertoire « book » sur votre serveur Web en le transférant par FTP.

Astuce : rien ne vous empêche de renommer ce répertoire « book » en fr-livre-exemple-2026 avant de le transférer en FTP sur votre serveur Web.

Les 4 fonctionnalités de votre mdBook

1) La table des matières s’affiche en cliquant sur le menu hamburger en haut à gauche de votre page Web.

2) Vous pouvez changer le thème de votre page Web en cliquant sur le pinceau (par défaut le thème affiché est « Auto »).

3) Vous pouvez chercher un mot dans votre mdBook en cliquant sur la loupe.

4) Vous pouvez imprimer ce livre (au format PDF, ou sur votre imprimante) en cliquant sur l’icône de l’imprimante en haut à droite de votre page Web.

Utilisations possibles de mdBook

Vous pouvez utiliser mdBook pour créer la documentation multilingue de votre logiciel libre (par exemple un mdBook en français et un mdBook en anglais), voire de votre distribution GNU/Linux préférée.

Vous pouvez préciser la licence de votre livre en créant un chapitre licence, et par exemple choisir de publier votre livre en licence Creative Commons, Cecill ou Art Libre.

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Open Source Masterclass : un MOOC pour se lancer dans la contribution au logiciel libre

Vous avez envie de contribuer à des projets libres mais vous ne savez pas trop par où commencer ? Un groupe de contributeurs et contributrices vient d'annoncer la mise en ligne d'Open Source Masterclass, un MOOC entièrement libre (CC-BY-SA) qui vise précisément à répondre à cette question. Il est écrit par des contributeurs expérimentés des projets Open edX, OpenStack, Wikipedia, etc.

Concrètement, le cours mêle théorie et pratique autour de l'écosystème FLOSS. Au programme :

  • un peu d'histoire du logiciel libre (ça ne fait jamais de mal) ;
  • les forges logicielles ;
  • le fonctionnement des communautés et la communication dans les projets ;
  • et surtout, un accompagnement pas à pas vers une première vraie contribution à un projet libre.

L'idée n'est donc pas seulement de regarder des vidéos dans son coin, mais bien d'arriver au bout avec un patch ou une merge request à son actif.

À signaler aussi à toute personne de votre entourage qui coderait mais n'aurait pas encore franchi le pas de la contribution. :-)

Retours, suggestions et commentaires sur le contenu sont les bienvenus !

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Open ModelSphere, un outil de modélisation

Open ModelSphere est un outil de modélisation et de gestion de modèles, qui combine les fonctionnalités de modélisation de processus, de données et UML, tout en offrant un environnement de gestion de modèles des plus flexibles. Il est aussi possible de générer des diagrammes via du code ou base de données.

modelsphere

Parce qu’il a été conçu en Java, Open ModelSphere peut être installé sur la plupart des plateformes, soit Windows, Linux et Unix.

Open ModelSphere permet aux utilisateurs de construire leurs modèles plus facilement, à partir de zéro ou via rétro-ingénierie provenant d’une variété de sources (SGBDR ou autres sources non-relationnelles comme Java).

Les utilisateurs peuvent choisir entre plusieurs systèmes cibles SQL, comme Oracle, Informix, SQL Server de Microsoft, Sybase et DB2 UDB. Ensuite, ils peuvent facilement employer le processus de génération pour mettre leurs bases de données à jour.

Open ModelSphere propose également une fonction de génération de rapport en format HTML améliorée, permettant une personnalisation du contenu et du format.

Il offre une documentation API ouverte qui facilite l’intégration de la solution Open ModelSphere dans les environnements de développement existants.

Grace à la notion de plugin, des fonctionnalités peuvent être ajoutées à l’application.

Historique

Au début des années 1990, des professeurs et des étudiants de l’Université Laval ont lancé le développement d’un outil CASE (Génie Logiciel Assisté par Ordinateur) qui allait devenir le produit commercial Silverrun. Ce n’est qu’en 2008 que l’entreprise a pris le virage de l’innovation ouverte en libérant le code source du logiciel. Il est rare qu’un logiciel de cette trempe soit libéré. De la documentation utilisateur et technique existe.

Énormément de patrons de programmation et de concepts sont employés par l’application qui est une vraie mine d’or pour tout développeur.

Pour ces raisons, j’ai décidé de faciliter l’usage de l’application en lui permettant de fonctionner avec Java 11 et Gradle. Si vous avez du temps, il ne faut pas hésiter à y participer.

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