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Peut on encore s’intéresser aux produits Chuwi ?

8 juin 2026 à 15:03

Chuwi vous pose problème. Vous êtes plusieurs à me poser la question au sujet de la pertinence d’un achat de produits de la marque. Et entre les influenceurs qui militent pour oublier le passé et les produits proposés, certains semblent à nouveau tentés par un achat.

Petit rappel des faits. Chuwi est une « vieille » marque qui mêle un catalogue à la fois générique et propriétaire. Elle propose également des prix parfois très intéressants sur ses produits. Elle a ainsi proposé des engins qui ont été des Best Seller sur Minimachines. C’est le cas, par exemple, de son MiniPC Herobox qui a été très apprécié de 2020 à 2023 sur le site. Un engin basique sous Celeron N4100, parfait pour un usage en tant que serveur ou solution de lecture multimédia qui proposait deux choses intéressantes. Il était fort peu cher, régulièrement vendu entre 150 et 160€ complet. Et surtout, il était fanless ce qui permettait une installation de salon efficace et absolument inaudible.

Au début 2023, patatras, Chuwi décide – très unilatéralement – de troquer son dissipateur passif pour une solution ventilée plus classique. La machine perd alors énormément en intérêt… La marque fait disparaître tardivement les notions de « fanless » et « zéro décibel » de ses pages en plaidant l’oubli et l’erreur. L’engin revient peu après à des prix défiant toute concurrence sous processeur Alder Lake N100 – 92€ à une époque en 8/256 Go – mais fait alors face à une tonne de produits concurrents en ayant perdu l’avantage du silence en fonctionnement.

Chuwi Corebook X, un ordinateur aux processeurs falsifiés

Plus récemment, en 2026, on apprend qu’au moins trois machines Chuwi ont été livrées avec un processeur maquillé. Des engins annoncés comme équipés de Ryzen 5 74030U « Barcelo R » de 2023 en Zen 3 mais en réalité équipés de Ryzen 5 5500U « Lucienne » lancés en 2021. Il n’y a pas d’autres termes pour décrire le fait que le processeur choisi était moins performant et moins cher que celui indiqué à bord. Le fait que le BIOS ait été altéré pour masquer la réalité du composant AMD embarqué aux logiciels de contrôle comme CPU-Z ne laisse pas de place à l’inattention ou à l’erreur involontaire. Le fabricant a bel et bien échangé une puce par une autre pour obtenir un avantage concurrentiel par rapport à ses concurrentes et a caché les traces de la manœuvre.

Deux théories sont possibles. Soit c’est un acte délibéré de Chuwi qui a voulu vendre plus facilement ses engins avec des puces sorties il y a longtemps. Soit c’est un tour de passe-passe de la part de son fabricant qui aurait fait le changement dans son dos. Impossible de savoir la vérité sur la responsabilité première de l’opération. Une seule chose est certaine, dans les deux cas c’est la marque qui commercialise le produit qui est responsable.

Même si cela s’est fait à l’insu de Chuwi, le fait qu’un sous-traitant puisse sortir sur le marché au moins trois machines ainsi maquillées est un vrai problème. Une des raisons pour lesquelles on achète une marque, Chuwi ou une autre, est liée au fait que cette marque assure un contrôle qualité. Comment faire confiance à une entité qui laisse passer de telles fraudes ? Cela veut dire que personne de chez Chuwi n’était présent pour vérifier les matériels et la chaîne d’assemblage pendant de longues périodes. Et cela sur trois modèles d’engin différents. Quelle envergure une telle fraude peut-elle avoir ?

Lors de la découverte de la première machine touchée, Chuwi à fait le mort. Lorsque la seconde a été relevée avec le même problème, aucun signe d’une quelconque action de leur part n’avait été émis. Il a fallu attendre la troisième pour que Chuwi daigne proposer un protocole de prise en charge fort contraignant pour ses clients. AMD a lui-même dû taper du poing sur la table pour rappeler l’illégalité de la pratique. Et on doit remarquer que les derniers engins proposés par la marque sont désormais tous sous processeurs… Intel.

AuBox Ryzen

Conseiller l’achat d’un MiniPC ou d’un portable Chuwi aujourd’hui ?

Un des arguments phares concernant la marque chez des lecteurs semble être lié au fait qu’il ne s’agit que d’une seule et même puce maquillée pour les trois machines. Ce fameux Ryzen 5 74030U. Que les autres engins ne seraient pas touchés par le problème. Et qu’il faudrait passer l’éponge au même titre que l’on a passé l’éponge sur les problèmes de virus embarqués dans les MiniPC d’autres marques, grandes comme petites. 

La principale différence entre les deux états vient du fait que l’infection virale des systèmes d’exploitation ne rapporte rien à un fabricant si ce n’est des ennuis. Il est très difficile de proposer un engin infecté sans que cela soit repéré immédiatement par des antivirus mis à jour. Le jeu n’en vaut pas la chandelle pour un constructeur. La plupart du temps, l’infection est stoppée dès que les machines sont identifiées comme porteuses du virus. Les constructeurs rappellent leur stock et procèdent à une réinitialisation des stockages vers un système sain. Il y a une action menée très rapidement. 

Pour Chuwi, on comprend bien le gros intérêt de l’opération. On pourra passer devant la concurrence en proposant un engin moins cher que les autres produits à processeur égal. Il a fallu qu’un média soit alerté par un anonyme concernant le souci, puis que ce même média déterre d’autres machines touchées par le même défaut pour que Chuwi communique. Les engins n’ont pas été rappelés à leurs frais et la marque s’est contentée d’une excuse d’erreur de production pour 2 machines sur 3

La première question à se poser est donc la suivante : est-ce qu’il y a chez Chuwi des produits indisponibles chez la concurrence ? La réponse est oui. La marque a dans ses bagages d’excellentes machines très originales. Son récent Unibook en est un bon exemple. Les séries MiniBook de 10.5″ de diagonale sont également exemplaires. Un Corebook Air vient d’être présenté également et il semble très intéressant.

La seconde question est encore plus importante, êtes-vous prêt à prendre le risque d’un achat chez une marque ayant ce contrôle qualité ou de telles pratiques ? Je ne peux pas y répondre à votre place, mais c’est à vous de réfléchir là où vous voulez investir votre argent.

Chuwi Unibook

Chuwi Unibook

Informer et ne pas faire taire

J’ai publié récemment un billet sur l’Unibook de la marque et un autre sur la AuBox X sous Core ultra 7 256V. Je ne me suis pas privé pour signaler les problèmes rencontrés par la marque. Il me semble qu’il s’agit là du comportement le plus élémentaire quand on parle des produits d’une société ayant eu cet historique particulier. Et c’est peut-être le plus alarmant dans les mails que je reçois à ce propos. 

Que certains veuillent conseiller la marque, libre à eux de le faire. Ils en ont bien le droit. Qu’ils choisissent de ne pas éclairer les problématiques de la marque, c’est également leur plus grande latitude. Mais qu’ils discréditent ceux qui tentent de rappeler les faits reprochés au constructeur avec des arguments plus ou moins de bonne foi. Ceux qui effacent tout simplement les commentaires qu’ils jugent « problématiques » parce qu’ils pointent ces problèmes de falsifications ou ceux qui se prennent pour les porteurs de l’unique vérité et qui cherchent à excuser la marque pour garnir leur porte-monnaie en affiliation, cela n’est pas tolérable.

Que vous soyez tenté par l’achat d’un engin chez Chuwi, cela vous regarde. Mais qu’on cherche à vous influencer en passant sous silence les manquements graves de la marque et qu’on fasse taire ceux qui veulent vous les rappeler, c’est autrement plus problématique. 

Comptez sur moi pour vous informer au mieux sur la marque, relever ses nouveaux produits, mais sans glisser la poussière sous le tapis. Du moins tant que l’affaire sera aussi fraîche et que Chuwi n’aura pas donné tous les signes d’une rédemption complète. Et le premier signe d’une rédemption est justement d’accepter cette critique, ce que la marque fait pour le moment sans problème.

Peut on encore s’intéresser aux produits Chuwi ? © MiniMachines.net. 2026

Chuwi Unibook : un portable Wildcat Lake « premier prix »

20 mai 2026 à 12:29

Le Chuwi Unibook va t-il redorer le blason largement terni de la marque ? Il s’y essaye en tout cas en mettant en avant quelques arguments. Chuwi s’est emparé d’un processeur Wildcat Lake Core 3 304 pour piloter un écran 14″. Son ambition n’est pas de devenir un monstre capable de toucher à tout mais de proposer des services de base confortables pour tout type d’usage.

L'argumentaire du Chuwi Unibook est totalement ridicule en comparant sa fiche technique à celle d'un Macbook Neo.

L’argumentaire du Chuwi Unibook est totalement ridicule en comparant sa fiche technique à celle d’un Macbook Neo.

Le Core 3 304 du Chuwi Unibook est le processeur le plus entrée de gamme annoncé pour le moment dans la série Wildcat Lake. Une puce gravée en Intel 18A avec 5 cœurs. Le premier est 1 cœur Performant Cougar Cove à 4.3 GHz, les suivants sont 4 cœurs basse consommation Darkmont à 3.3 GHz. Il est associé à un cœur graphique Xe3 cadencé à 2.3 GHz, propose un NPU5 15 TOPS et consomme 15 watts. Un détail qui impose, semble-t-il, dans ce modèle le recours à une ventilation active. Cet assemblage peut faire penser à un Intel Twin Lake comme le N150 en plus vitaminé puisqu’il propose à la fois un cœur P plus puissant mais aussi un circuit graphique plus élaboré et un NPU. Il reste néanmoins cantonné à de la mémoire monocanal.

Le Chuwi Unibook propose ici un total de 8 Go de mémoire vive en LPDDR5-7467 soudée à la carte mère et non évolutive. On aurait pu s’attendre à mieux, mais l’idée de la marque n’est pas de venir se battre contre des produits concurrents issus de grands constructeurs. Son argumentaire est d’abord financier et à 449$ pièce, il est difficile de faire mieux que 8 Go en ce moment. Des modèles 16 Go pourront éventuellement sortir plus tard contre une hausse de prix. Le stockage est amovible, un SSD M.2 non détaillé en NVMe PCIe 3.0 de 256 petits gigaoctets fait partie de l’offre. Là encore des versions mieux équipées mais plus chères seront sans doute proposées au catalogue.

Le tout pilote un écran d’une diagonale de 14 pouces en 1920 x 1200 pixels de type IPS avec un rafraîchissement de 60 Hz. Le Chuwi Unibook promet une dalle couvrant totalement le spectre sRGB. Un module Wi-Fi6 et Bluetooth 5.2 est également intégré et la connectique fait état d’une sortie HDMI 2.0, d’un port Ethernet Gigabit, de deux USB 3.2 Type-A et d’un USB 2.0 Type-A ainsi que de deux ports USB 3.2 Type-C dont un pour l’alimentation du modèle. Pas de mention du Thunderbolt même si la puce prend en charge la techno, l’équipement est hors de portée du tarif visé. Un jack audio combo 3.5 mm et un lecteur de cartes MicroSDXC complètent cet équipement.

Le tout est livré avec un Windows 11 pro, propose un clavier QWERTY avec rétroéclairage 2 niveaux et une batterie 53.3 Wh qui n’annonce pas d’autonomie spécifique mais parle d’une autonomie « pour toute la journée ». Soit exactement l’argumentaire d’Intel pour les machines équipées en Wildcat Lake.

Le Chuwi Unibook joue d’abord sur la corde sensible du prix

A 449$ HT soit 464€ en ce moment avec 20% de TVA, cet ultraportable est alléchant. Mais il ne faut pas passer sous silence deux éléments importants. D’abord le fait que la marque ne fait pas ici de cadeau. Tous les postes sont dégradés par rapport à ce qui est préconisé pour un usage « serein » de Windows 11. Les 8 Go de mémoire seront suffisants pour la majorité des usages, mais n’autoriseront rien de confortable en multitâche. Les 256 Go de stockage seront vite à l’étroit. À moins de remplacer le système Microsoft par un Linux moins gourmand, l’utilisateur se sentira rapidement à l’étroit dans ce type de configuration.

Enfin et surtout, Chuwi sort d’un petit scandale. La marque a volontairement substitué un processeur AMD par un autre plus ancien dans au moins trois machines. Deux portables et un MiniPC. Effectuant au passage une falsification de leur BIOS afin de tromper les logiciels permettant de vérifier le matériel embarqué. Une fois prise la main dans le sac, la marque a proposé des modalités compensatoires fort peu convaincantes.

S’il est possible de faire semblant de ne pas le voir pour tenter l’aventure d’un Chuwi Unibook en étant aveuglé par son prix, il me semble tout de même important de le rappeler. Il faudra juger sur pièces et probablement avoir de nombreux retours sur cette machine avant de lui offrir à nouveau une totale confiance. 

Pour ma part, j’attends de voir ce que la concurrence de grande marque va proposer. Entre un Chuwi Unibook sous Core 3 304 8/256 Go sous les 500€ et un portable signé, garanti 2 ans, en 16/512 Go et évolutif dans cette enveloppe de prix laissée par le MacBook Neo, mon portefeuille devrait s’orienter vers l’offre la plus rassurante. Celle qui sera à même de durer un peu plus longtemps et donc de me coûter moins cher au final.

 

Intel Core Series 3 : les puces Wildcat Lake enfin officialisées

Chuwi Unibook : un portable Wildcat Lake « premier prix » © MiniMachines.net. 2026

Le Chuwi AuBox X évolue vers le Core Ultra 7 256V

20 avril 2026 à 10:07

Le Chuwi AuBox X nous a d’abord été présenté comme le « Aubox X1 » en février. Il était alors annoncé sous processeur Intel Core Ultra 5 226V. Aujourd’hui, nous découvrons un nouveau modèle avec une puce Lunar Lake plus musclée, un Intel Core Ultra 7 256V.

AuBox X

Pour le reste, pas de gros changements. Le Chuwi AuBox X reste sur le même châssis en palstique de 12.83 cm de côté et 4 cm d’épaisseur. La connectique propose de l’USB4, un USB 3.2 Gen1 Type-A, quatre USB 3.2 Type-A, un USB 2.0 Type-A, deux HDMI 2.1, un DisplayPort 1.4, un Ethernet 2.5 Gigabit et un jack audio combo 3.5 mm. Le tout est alimenté par un USB Type-C. Une minimachine assez intéressante sur le papier. La version 226V en 16/512 Go est proposée à 699€ et la version 256V en 16Go/1To est lancée à 829€.

Ce serait une piste à suivre si la réputation de la marque Chuwi n’avait pas totalement explosé en vol il y a quelques semaines. 

L'ouverture du boitier n'est pas la chose la plus aisée pour le consommateur lambda.

Petit problème pour Chuwi et son AuBox X : sa réputation

En mars, nous apprenions que la marque proposait des processeurs « falsifiés ». Des processeurs AMD Ryzen 5 5500U avaient été présentés comme des Ryzen 5 7430U plus récents par un tour de passe-passe dans le BIOS. Une méthode qui s’est retrouvée sur au moins deux portables et un MiniPC qui montrait plus un système de commercialisation qu’une erreur technique comme le prétendait alors la marque. La marque a certes proposé de rembourser les acheteurs floués, mais avec des contraintes techniques telles que cela n’incitait guère à tenter l’aventure.

Vous voyez d’ici le problème. Qui dit à l’acheteur final que le Ryzen Ultra 7 256V sera bien la puce embarquée et non pas un Ultra 5 226V simplement maquillé dans le BIOS du MiniPC ? Et même si la puce est la bonne, qui a envie de refaire confiance dans la marque en investissant 699€ ou 829€ ? Chuwi a perdu énormément de crédit auprès des utilisateurs avec ses méthodes. Il faudra du temps et probablement énormément de travail, pour que le public lui fasse à nouveau confiance.

AuBox X

Et c’est vraiment dommage car certains de ses produits étaient vraiment intéressants par le passé. Chuwi n’avait probablement pas besoin de ce type de méthode pour trouver son public. Jouer avec des arguments de qualité, de services, de développement aurait sans doute été plus rentable pour le fabricant. D’autant plus qu’en ce moment le temps est assez sombre pour les différents acteurs du marché informatique. Proposer une image solide, stable et dans laquelle on peut avoir confiance est plus que jamais important.

 

Le Chuwi Corebook X pris en flagrant délit de falsification processeur

 

 

Le Chuwi AuBox X évolue vers le Core Ultra 7 256V © MiniMachines.net. 2026

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