Vue normale

Allons-nous bientôt faire revivre des espèces disparues ?

7 juin 2026 à 06:35

Mammouth laineux, tigre de Tasmanie, loup sinistre ou encore dodo. Ces espèces ont disparu, parfois depuis des millénaires. Une entreprise américaine a pourtant décidé de les faire revivre. Et pourrait même adapter les espèces actuelles. Cette démarche a un nom : la désextinction.

Il y a un peu plus d’un an, en avril 2025, une couverture du Time faisait le tour du monde. Le magazine proclamait le premier cas de résurrection d'une espèce. Le dire wolf, ou loup sinistre, disparu depuis plus de 10 000 ans, revenait parmi nous.

Stupéfaction immédiate et générale. D'autant que personne ne l’avait vu venir. D’autres médias emboîtent presque instantanément le pas au Time à coups de titres sensationnalistes. Certains d’entre eux restent néanmoins plus prudents. Il faut dire que la nouvelle est à peine croyable tant elle alimente depuis longtemps notre imaginaire collectif.

À l’origine de ce qui apparaît comme un véritable exploit : Colossal Biosciences, une startup américaine fondée en 2021 par George Church et Ben Lamm. Cette rencontre est celle de deux génies. Church, considéré comme l’un des pères de la biologie synthétique et professeur de génétique à Harvard, apporte à l’entreprise texane le génie de l’édition génomique. Lamm, entrepreneur en série, apporte celui du récit, pour ne pas dire celui de la mise en scène. En quelques années, l'entreprise a levé plus de 555 millions de dollars avec la promesse de faire revenir des espèces disparues grâce aux technologies de « désextinction ».

Article réservé à nos abonnés.

Lire la suite s'abonner dès 5€/mois

 
 

L’article Allons-nous bientôt faire revivre des espèces disparues ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

Quel avenir pour la viande ?

17 mai 2026 à 06:33

Certains dénoncent son impact environnemental. D’autres s’émeuvent de la souffrance animale. D’autres encore en font un symbole culturel, identitaire, voire même politique. Tandis que les plus technophiles imaginent déjà ne plus l’élever, mais la cultiver en labo. Demain, l’humanité mangera-t-elle encore de la viande ? Et sous quelle forme ?

Elle est dans (presque) toutes les bouches : entre 80 % et 90 % de l’humanité consomme de la viande, plus ou moins régulièrement. Incarnation de l’élévation du niveau de vie pour beaucoup, symbole de virilité pour quelques-uns, habitude quotidienne pour les autres, une telle consommation a de lourdes conséquences environnementales, éthiques et sur notre capacité à nourrir durablement la planète. Trois scénarios s’affrontent.

Trajectoire numéro 1 : le statu quo

La première hypothèse est celle de la continuité. La consommation de viande poursuit sa progression à mesure que les conditions économiques s’améliorent, notamment dans les pays émergents. L’élevage intensif se développe pour répondre à une demande mondiale toujours plus forte, avec des gains d’efficacité marginaux, mais sans transformation structurelle.

Dans ce scénario, les avantages sont immédiats et tangibles : la production mondiale — aujourd’hui d’environ 360 millions de tonnes par an — continue de croître pour répondre à une demande en hausse. Ce modèle permet de maintenir des prix relativement accessibles et de soutenir des filières économiques majeures. Mais ses coûts sont considérables. L’élevage représente déjà à lui seul environ 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon la FAO, mobilise près de 77 % des terres agricoles (pâturages et cultures destinées à l’alimentation animale) tout en ne fournissant qu’environ 18 % des calories à l’échelle planétaire. Il constitue aussi l’un des principaux moteurs de la déforestation, notamment en Amazonie. À cela s’ajoute une pression croissante sur les ressources en eau et en céréales, dans un contexte où plus d’un tiers des cultures est destiné à nourrir les animaux plutôt que les humains. Sur le plan éthique, la production actuelle interroge également. Elle implique chaque année l’abattage d’environ 80 milliards d’animaux terrestres, majoritairement issus d’élevages intensifs, souvent critiqués pour leurs conditions de vie et de mise à mort. Autant d’éléments qui, sans remise en cause profonde, tendent à s’intensifier dans ce scénario.

Article réservé à nos abonnés.

Lire la suite s'abonner dès 5€/mois

L’article Quel avenir pour la viande ? est apparu en premier sur Les Électrons Libres.

💾

❌