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CIFSwitch, nouvelle faille d’élévation de privilèges dans Linux

2 juin 2026 à 15:37
Hard times
CIFSwitch, nouvelle faille d’élévation de privilèges dans Linux

Une importante faille de sécurité a été découverte dans Linux par un ingénieur en sécurité de chez SpaceX. Exploitée, elle permet d’obtenir les droits root sur un compte local. Elle résidait dans le noyau depuis 2007.

La faille CIFSwitch fait parler d’elle depuis quelques jours. Découverte par Asim Viladi Oglu Manizada, ingénieur en sécurité chez SpaceX, elle a fait l’objet d’un billet détaillé par ce dernier le 27 mai. On peut notamment y lire qu’elle a été introduite en 2007 et réside à l’intersection du module CIFS (Common Internet File System) dans le noyau et d’un code en espace utilisateur.

Une absence de vérification

L’ingénieur explique que CIFS/SMB est un protocole de fichiers réseau de type Windows et est utilisé pour le montage de ressources distantes. La partie dans le noyau sert ainsi à monter le partage, communiquer avec le serveur, gérer les lectures et écritures, etc. Dans le cas de ressources protégées par Kerberos, le composant noyau fait cependant appel à un assistant (helper) en espace utilisateur fourni par cifs-utils.

C’est là que survient le problème. Quand un partage réseau nécessite une authentification Kerberos, le noyau demande une clé de type cifs.spnego. À ce moment, un composant disposant des droits root, cifs.upcall, est chargé de récupérer les informations d’identification pour que la requête d’une clé se poursuive. Malheureusement, rien n’empêche un utilisateur malintentionné et sans privilège de lancer la même requête avec des informations fabriquées de toutes pièces.

La fausse description peut ainsi introduire un identifiant PID contrôlé par le pirate. Or, le mécanisme de fourniture de la clé ne rejette pas les descriptions fournies par du code en espace utilisateur : elles sont traitées comme si elles venaient du noyau. Résultat, une belle faille de sécurité de type élévation de privilèges. Estampillée CVE-2026-46243, elle échappe de justesse à la qualification « critique » avec un score CVSS de 7,8.

Une dangerosité variable

Sa dangerosité réelle est difficile à exprimer, car elle dépend fortement des configurations. Il faut ainsi un noyau vulnérable, une version vulnérable de cifs-utils, ainsi que, au choix, un espace de noms utilisateur non privilégié ou une politique SELinux/AppArmor ne bloquant pas l’attaque.

Sur les distributions Ubuntu 18.04 à 24.04, Debian 11 à 13, openSUSE Leap 15.6 ou Oracle Linux 8 ou 9 notamment, si cifs-utils est installé, la configuration est vulnérable par défaut. Pour d’autres, comme Linux Mint (21.3 / 22.3), CentOS Stream 9, Rocky Linux 9, AlmaLinux 9, Kali Linux (versions 2021.4 à 2026.1) et SUSE Linux Enterprise Server 15 SP7, cifs-utils est installé par défaut, rendant ces distributions vulnérables.

Les correctifs sont en cours de distribution ou le seront très prochainement. Indépendamment du correctif, il est recommandé de vérifier si le protocole CIFS/SMB est installé et, s’il ne sert pas, de le supprimer. Cela fait plusieurs fois en quelques semaines que des failles d’élévation de privilèges sont détectées dans Linux.

CIFSwitch, nouvelle faille d’élévation de privilèges dans Linux

2 juin 2026 à 15:37
Hard times
CIFSwitch, nouvelle faille d’élévation de privilèges dans Linux

Une importante faille de sécurité a été découverte dans Linux par un ingénieur en sécurité de chez SpaceX. Exploitée, elle permet d’obtenir les droits root sur un compte local. Elle résidait dans le noyau depuis 2007.

La faille CIFSwitch fait parler d’elle depuis quelques jours. Découverte par Asim Viladi Oglu Manizada, ingénieur en sécurité chez SpaceX, elle a fait l’objet d’un billet détaillé par ce dernier le 27 mai. On peut notamment y lire qu’elle a été introduite en 2007 et réside à l’intersection du module CIFS (Common Internet File System) dans le noyau et d’un code en espace utilisateur.

Une absence de vérification

L’ingénieur explique que CIFS/SMB est un protocole de fichiers réseau de type Windows et est utilisé pour le montage de ressources distantes. La partie dans le noyau sert ainsi à monter le partage, communiquer avec le serveur, gérer les lectures et écritures, etc. Dans le cas de ressources protégées par Kerberos, le composant noyau fait cependant appel à un assistant (helper) en espace utilisateur fourni par cifs-utils.

C’est là que survient le problème. Quand un partage réseau nécessite une authentification Kerberos, le noyau demande une clé de type cifs.spnego. À ce moment, un composant disposant des droits root, cifs.upcall, est chargé de récupérer les informations d’identification pour que la requête d’une clé se poursuive. Malheureusement, rien n’empêche un utilisateur malintentionné et sans privilège de lancer la même requête avec des informations fabriquées de toutes pièces.

La fausse description peut ainsi introduire un identifiant PID contrôlé par le pirate. Or, le mécanisme de fourniture de la clé ne rejette pas les descriptions fournies par du code en espace utilisateur : elles sont traitées comme si elles venaient du noyau. Résultat, une belle faille de sécurité de type élévation de privilèges. Estampillée CVE-2026-46243, elle échappe de justesse à la qualification « critique » avec un score CVSS de 7,8.

Une dangerosité variable

Sa dangerosité réelle est difficile à exprimer, car elle dépend fortement des configurations. Il faut ainsi un noyau vulnérable, une version vulnérable de cifs-utils, ainsi que, au choix, un espace de noms utilisateur non privilégié ou une politique SELinux/AppArmor ne bloquant pas l’attaque.

Sur les distributions Ubuntu 18.04 à 24.04, Debian 11 à 13, openSUSE Leap 15.6 ou Oracle Linux 8 ou 9 notamment, si cifs-utils est installé, la configuration est vulnérable par défaut. Pour d’autres, comme Linux Mint (21.3 / 22.3), CentOS Stream 9, Rocky Linux 9, AlmaLinux 9, Kali Linux (versions 2021.4 à 2026.1) et SUSE Linux Enterprise Server 15 SP7, cifs-utils est installé par défaut, rendant ces distributions vulnérables.

Les correctifs sont en cours de distribution ou le seront très prochainement. Indépendamment du correctif, il est recommandé de vérifier si le protocole CIFS/SMB est installé et, s’il ne sert pas, de le supprimer. Cela fait plusieurs fois en quelques semaines que des failles d’élévation de privilèges sont détectées dans Linux.

Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

2 juin 2026 à 14:20
Caisse de résonance
Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

Dans son édition 2026, le sommet Choose France semble être le lieu de réunion de tous les superlatifs. Dans son bilan publié ce 1ᵉʳ juin, on peut ainsi lire qu’un total de 93 milliards d’euros d’investissements a été annoncé. Le succès de cette édition reste cependant à relativiser sur plusieurs points.

L’initiative Choose France a été lancée en 2018 par Emmanuel Macron (qui entame sa dernière année de présidence). Depuis, elle a lieu chaque année au château de Versailles, un choix loin d’être anodin. L’idée est de rassembler dans les ors de ce lieu emblématique des centaines de grands dirigeants d’entreprises multinationales, de fonds souverains, d’investisseurs internationaux et autres pour les convaincre d’investir dans l’Hexagone. Comment ? En implantant ou en développant leurs activités au sein des frontières.

L’objectif est aussi industriel qu’économique et politique. La France investit dans son image de terre d’accueil pour les grandes entreprises, tout particulièrement dans la tech et l’IA. Outre des avantages promis sur la fiscalité, le pays met ainsi en avant des procédures simplifiées et surtout une énergie largement décarbonée via le parc nucléaire français. Autre bénéfice souvent relayé, un réseau électrique mature et solide.

Boum !

Via des avantages ciblés, la France peut ainsi flécher les investissements et attirer plus facilement le type d’entreprise qu’elle souhaite voir se développer. Par exemple, on peut lire dans le rapport qu’au titre des incitations fiscales, le pays propose des crédits d’impôts dans l’industrie verte « pour les nouveaux projets industriels dans les secteurs des batteries, de l’éolien, des panneaux solaires et des pompes à chaleur et de la production d’équipements aux matières premières critiques ».

Et le chiffre de cette année (PDF) a de quoi étonner : alors que l’édition 2025 avait atteint 40,8 milliards d’euros d’investissements annoncés, Choose France 2026 parade avec un score de 93 milliards d’euros. C’est la plus grande somme jamais annoncée pour l’un de ces sommets, très loin devant les éditions précédentes. Si loin même qu’elle reste supérieure au cumul de toutes les sommes annoncées depuis la création de l’évènement (voir le tableau ci-dessous).

Les records précédents ont été pulvérisés, le bilan 2026 étant largement porté par l’annonce de SoftBank d’un grand centre de données dans les Hauts-de-France, comme nous le relations hier (45 milliards des 93 annoncés). Parmi les autres participations majeures, citons également le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, dont les 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’année dernière sont finalement réévalués à 30 milliards, toujours pour des infrastructures liées à l’IA, dont un nouveau campus à Cambrai (Nord). Le fonds émirati MGX est lui aussi de la partie, allié à Bpifrance pour l’occasion, afin d’investir 7,5 milliards d’euros dans les infrastructures de calcul intensif.

Au son du clairon

Le succès de l’évènement est indéniable : que l’annonce SoftBank (en partenariat avec Schneider Electric) représente à elle seule presque la moitié du montant total ne change rien au fait que le chantier se fera en France. Même chose pour les autres annonces majeures.

En tout, 71 investissements ont ainsi été présentés, permettant à Emmanuel Macron (cité par Le Monde) de déclarer : « Cette édition de Choose France va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment, de très loin, une édition record et c’est historique ». Pour le président, « nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe ».

Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, a confirmé peu après que le nucléaire tricolore avait joué un rôle important dans la construction du dossier, et que l’électricité française, jusqu’ici exportée, allait pouvoir être convertie « en tant que matière brute en intelligence précieuse ». Il a ajouté : « Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe ». De quoi réjouir l’Élysée, qui ne veut pas se contenter de fournir de l’énergie aux mastodontes américains, qui captent actuellement la majorité de la chaine de valeur, comme le soulignait Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La plupart des annonces sont liées au numérique et ont trait au développement d’infrastructures ou de zones de formation, telles que des campus. Par exemple, un partenariat entre Foxconn et Bull va injecter au moins 120 millions d’euros dans des usines et infrastructures d’IA en France, avec la volonté de devenir un acteur clé dans la chaine d’approvisionnement et les capacités de calcul en Europe. L’Américain Databricks va investir 258 millions d’euros dans la formation et le développement de son activité de conseil auprès des entreprises françaises et leurs projets de déploiement de l’IA. Citons également un autre Américain, HPE, qui va injecter 350 millions d’euros dans l’AI Factory Lab de Grenoble, en partenariat avec NVIDIA.

Aux côtés de ces investissements mis en avant, on en trouve d’autres dans le spatial et la défense. Par exemple, l’Australien Electro Optic Systems va débourser plus de 10 millions d’euros pour « faire de la France son hub européen autour des systèmes anti-drones ». PDL Space (Espagne) investit 35 millions d’euros dans la construction et l’aménagement d’un complexe de lancement à Kourou (Guyane), Tekever (Portugal) ajoute 100 millions aux 100 millions annoncés l’année dernière pour renforcer ses activités de systèmes autonomes avancés, et Venturi Space (Monaco) ajoute 150 millions d’euros à son centre dédié aux technologies critiques à Toulouse.

Même si la tech représente l’essentiel des annonces, Choose France est dédié de manière plus générale à l’industrialisation. On retrouve ainsi dans les annonces des investissements d’entreprises comme Diageo (Royaume-Uni) dans le domaine CHR (cafés, hôtels, restaurants), DHL (Allemagne) pour la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures en France, ou encore Inpost (Pologne), le créateur de Mondial Relay, qui a annoncé investir 500 millions d’euros pour développer ses activités en France.

Oui, mais…

Toutes ces annonces sont à relativiser en partie. D’abord, certaines sont en fait des confirmations ou des reprises de précédentes décisions. Selon Boursorama par exemple, la décision de Softbank d’investir 45 milliards en France avait déjà été prise en avril, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron au Japon.

Dans la même idée, cette édition 2026 peut être vue comme un prolongement du Sommet pour l’Action sur l’IA de l’année dernière. Les engagements et promesses avaient atteint un cumul de 109 milliards d’euros, faisant de Choose France une caisse de résonance politique pour une majorité de confirmations. C’est le cas notamment de l’usine de semi-conducteurs de Foxconn à Bordeaux, avec les groupes français Thales et Radiall.

Surtout, pour l’essentiel des annonces, ces investissements vont s’étaler sur plusieurs années, notamment pour les plus gros montants. Les 45 milliards de SoftBank s’étaleront ainsi jusqu’en 2031, les 2 milliards de Salesforce d’ici 2030, les 300 millions de SAP d’ici 2032 et ainsi de suite. Il en va de même pour la création d’emplois : si le rapport de l’Élysée évoque 15 600 emplois créés, ce chiffre représente le total en fin de montée en puissance, notamment pour tout ce qui touche aux infrastructures cloud et IA, donc la plupart du temps vers 2030.

Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

2 juin 2026 à 14:20
Caisse de résonance
Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

Dans son édition 2026, le sommet Choose France semble être le lieu de réunion de tous les superlatifs. Dans son bilan publié ce 1ᵉʳ juin, on peut ainsi lire qu’un total de 93 milliards d’euros d’investissements a été annoncé. Le succès de cette édition reste cependant à relativiser sur plusieurs points.

L’initiative Choose France a été lancée en 2018 par Emmanuel Macron (qui entame sa dernière année de présidence). Depuis, elle a lieu chaque année au château de Versailles, un choix loin d’être anodin. L’idée est de rassembler dans les ors de ce lieu emblématique des centaines de grands dirigeants d’entreprises multinationales, de fonds souverains, d’investisseurs internationaux et autres pour les convaincre d’investir dans l’Hexagone. Comment ? En implantant ou en développant leurs activités au sein des frontières.

L’objectif est aussi industriel qu’économique et politique. La France investit dans son image de terre d’accueil pour les grandes entreprises, tout particulièrement dans la tech et l’IA. Outre des avantages promis sur la fiscalité, le pays met ainsi en avant des procédures simplifiées et surtout une énergie largement décarbonée via le parc nucléaire français. Autre bénéfice souvent relayé, un réseau électrique mature et solide.

Boum !

Via des avantages ciblés, la France peut ainsi flécher les investissements et attirer plus facilement le type d’entreprise qu’elle souhaite voir se développer. Par exemple, on peut lire dans le rapport qu’au titre des incitations fiscales, le pays propose des crédits d’impôts dans l’industrie verte « pour les nouveaux projets industriels dans les secteurs des batteries, de l’éolien, des panneaux solaires et des pompes à chaleur et de la production d’équipements aux matières premières critiques ».

Et le chiffre de cette année (PDF) a de quoi étonner : alors que l’édition 2025 avait atteint 40,8 milliards d’euros d’investissements annoncés, Choose France 2026 parade avec un score de 93 milliards d’euros. C’est la plus grande somme jamais annoncée pour l’un de ces sommets, très loin devant les éditions précédentes. Si loin même qu’elle reste supérieure au cumul de toutes les sommes annoncées depuis la création de l’évènement (voir le tableau ci-dessous).

Les records précédents ont été pulvérisés, le bilan 2026 étant largement porté par l’annonce de SoftBank d’un grand centre de données dans les Hauts-de-France, comme nous le relations hier (45 milliards des 93 annoncés). Parmi les autres participations majeures, citons également le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, dont les 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’année dernière sont finalement réévalués à 30 milliards, toujours pour des infrastructures liées à l’IA, dont un nouveau campus à Cambrai (Nord). Le fonds émirati MGX est lui aussi de la partie, allié à Bpifrance pour l’occasion, afin d’investir 7,5 milliards d’euros dans les infrastructures de calcul intensif.

Au son du clairon

Le succès de l’évènement est indéniable : que l’annonce SoftBank (en partenariat avec Schneider Electric) représente à elle seule presque la moitié du montant total ne change rien au fait que le chantier se fera en France. Même chose pour les autres annonces majeures.

En tout, 71 investissements ont ainsi été présentés, permettant à Emmanuel Macron (cité par Le Monde) de déclarer : « Cette édition de Choose France va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment, de très loin, une édition record et c’est historique ». Pour le président, « nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe ».

Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, a confirmé peu après que le nucléaire tricolore avait joué un rôle important dans la construction du dossier, et que l’électricité française, jusqu’ici exportée, allait pouvoir être convertie « en tant que matière brute en intelligence précieuse ». Il a ajouté : « Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe ». De quoi réjouir l’Élysée, qui ne veut pas se contenter de fournir de l’énergie aux mastodontes américains, qui captent actuellement la majorité de la chaine de valeur, comme le soulignait Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La plupart des annonces sont liées au numérique et ont trait au développement d’infrastructures ou de zones de formation, telles que des campus. Par exemple, un partenariat entre Foxconn et Bull va injecter au moins 120 millions d’euros dans des usines et infrastructures d’IA en France, avec la volonté de devenir un acteur clé dans la chaine d’approvisionnement et les capacités de calcul en Europe. L’Américain Databricks va investir 258 millions d’euros dans la formation et le développement de son activité de conseil auprès des entreprises françaises et leurs projets de déploiement de l’IA. Citons également un autre Américain, HPE, qui va injecter 350 millions d’euros dans l’AI Factory Lab de Grenoble, en partenariat avec NVIDIA.

Aux côtés de ces investissements mis en avant, on en trouve d’autres dans le spatial et la défense. Par exemple, l’Australien Electro Optic Systems va débourser plus de 10 millions d’euros pour « faire de la France son hub européen autour des systèmes anti-drones ». PDL Space (Espagne) investit 35 millions d’euros dans la construction et l’aménagement d’un complexe de lancement à Kourou (Guyane), Tekever (Portugal) ajoute 100 millions aux 100 millions annoncés l’année dernière pour renforcer ses activités de systèmes autonomes avancés, et Venturi Space (Monaco) ajoute 150 millions d’euros à son centre dédié aux technologies critiques à Toulouse.

Même si la tech représente l’essentiel des annonces, Choose France est dédié de manière plus générale à l’industrialisation. On retrouve ainsi dans les annonces des investissements d’entreprises comme Diageo (Royaume-Uni) dans le domaine CHR (cafés, hôtels, restaurants), DHL (Allemagne) pour la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures en France, ou encore Inpost (Pologne), le créateur de Mondial Relay, qui a annoncé investir 500 millions d’euros pour développer ses activités en France.

Oui, mais…

Toutes ces annonces sont à relativiser en partie. D’abord, certaines sont en fait des confirmations ou des reprises de précédentes décisions. Selon Boursorama par exemple, la décision de Softbank d’investir 45 milliards en France avait déjà été prise en avril, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron au Japon.

Dans la même idée, cette édition 2026 peut être vue comme un prolongement du Sommet pour l’Action sur l’IA de l’année dernière. Les engagements et promesses avaient atteint un cumul de 109 milliards d’euros, faisant de Choose France une caisse de résonance politique pour une majorité de confirmations. C’est le cas notamment de l’usine de semi-conducteurs de Foxconn à Bordeaux, avec les groupes français Thales et Radiall.

Surtout, pour l’essentiel des annonces, ces investissements vont s’étaler sur plusieurs années, notamment pour les plus gros montants. Les 45 milliards de SoftBank s’étaleront ainsi jusqu’en 2031, les 2 milliards de Salesforce d’ici 2030, les 300 millions de SAP d’ici 2032 et ainsi de suite. Il en va de même pour la création d’emplois : si le rapport de l’Élysée évoque 15 600 emplois créés, ce chiffre représente le total en fin de montée en puissance, notamment pour tout ce qui touche aux infrastructures cloud et IA, donc la plupart du temps vers 2030.

☕️ Souveraineté numérique : le CIAN évoque « l’urgence » de la situation

1 juin 2026 à 15:33


Le Conseil national de l’intelligence artificielle et du numérique (CIAN) a publié le 22 mai un rapport sur la souveraineté numérique. On peut y lire notamment que la « dépendance française et européenne aux acteurs étrangers en matière d’infrastructures numériques interroge notre capacité à en maîtriser les risques ».

Dans l’ensemble, ce (long) rapport rassemble de nombreux constats déjà faits au cours des dernières années. Par exemple, que le numérique est « dominé par une poignée d’acteurs qui contrôlent, sans contre-pouvoir, des outils omniprésents dans nos vies quotidiennes », avec tous les dangers que cela suppose. Elle dresse un portrait déjà connu : un double discours étatique, des écarts béants entre intentions et décisions, un manque de coordination, un gâchis de ressources, une intervention publique fragmentée, ou encore un écosystème peu compétitif. Des éléments que la Cour des comptes avait mis en avant en octobre dernier.

Illustration : Flock

Puisque le CIAN est l’organe devant conseiller le gouvernement sur ces sujets, il y va donc de ses recommandations. Le Conseil propose ainsi la création d’une Fabrique des Communs Numériques et un renforcement du mandat de l’EDIC Digital Commons (d’ailleurs installé à Paris).

Le CIAN aimerait également que soit créé un fonds européen dédié à ces communs, ainsi qu’un label European Open Standards. Cartographie nationale des briques numériques existantes, exemplarité de la commande publique, contribution à la gouvernance active des communautés open source ou encore renforcement des formations aux communs numériques sont également cités.

☕️ Souveraineté numérique : le CIAN évoque « l’urgence » de la situation

1 juin 2026 à 15:33


Le Conseil national de l’intelligence artificielle et du numérique (CIAN) a publié le 22 mai un rapport sur la souveraineté numérique. On peut y lire notamment que la « dépendance française et européenne aux acteurs étrangers en matière d’infrastructures numériques interroge notre capacité à en maîtriser les risques ».

Dans l’ensemble, ce (long) rapport rassemble de nombreux constats déjà faits au cours des dernières années. Par exemple, que le numérique est « dominé par une poignée d’acteurs qui contrôlent, sans contre-pouvoir, des outils omniprésents dans nos vies quotidiennes », avec tous les dangers que cela suppose. Elle dresse un portrait déjà connu : un double discours étatique, des écarts béants entre intentions et décisions, un manque de coordination, un gâchis de ressources, une intervention publique fragmentée, ou encore un écosystème peu compétitif. Des éléments que la Cour des comptes avait mis en avant en octobre dernier.

Illustration : Flock

Puisque le CIAN est l’organe devant conseiller le gouvernement sur ces sujets, il y va donc de ses recommandations. Le Conseil propose ainsi la création d’une Fabrique des Communs Numériques et un renforcement du mandat de l’EDIC Digital Commons (d’ailleurs installé à Paris).

Le CIAN aimerait également que soit créé un fonds européen dédié à ces communs, ainsi qu’un label European Open Standards. Cartographie nationale des briques numériques existantes, exemplarité de la commande publique, contribution à la gouvernance active des communautés open source ou encore renforcement des formations aux communs numériques sont également cités.

Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

1 juin 2026 à 14:47
Pas de panique
Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.

En développement depuis des années, AV2 doit naturellement prendre la relève du codec AV1. Celui-ci s’est fait connaitre pour son efficacité à compresser les flux en très haute définition (4K) et sa licence open source, sans redevance. Sa visibilité est montée d’un cran quand l’équipe de VideoLAN (VLC) a publié Dav1d, son implémentation libre d’AV1. VideoLAN a d’ailleurs remis le couvert il y a un peu moins d’un mois, avec une première version de Dav2d. L’association recommandait cependant de ne pas l’utiliser en environnement de production, puisque la norme était encore susceptible d’évoluer.

Bien qu’AV2 soit finalisé et ses sources publiées sur GitHub tout récemment, ses avantages sont connus depuis longtemps. Comme toujours avec les nouveaux codecs vidéo, la promesse est celle de l’efficacité : soit une qualité identique pour un débit moindre (25 à 30 % ici en moyenne, voire davantage selon Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN), soit une qualité supérieure à débit équivalent. De fait, les bénéfices attendus se concentrent sur la réduction de la bande passante nécessaire. À la clé, des avantages comme le soulagement des infrastructures de diffusion et l’augmentation ou le maintien de la qualité dans des conditions de réception moins bonnes.

Outre une meilleure efficacité dans la compression, on note des améliorations dans la qualité d’image, la prise en charge de plus grandes définitions, ainsi qu’un plus grand nombre de cas d’usage pris en compte, notamment la réalité virtuelle et la diffusion sur écrans partagés, par exemple la visioconférence via un travail sur la latence. Le HDR10+ est également de la partie.

« AV2 est la spécification de codage vidéo de nouvelle génération de l’Alliance for Open Media (AOMedia). S’appuyant sur les fondations d’AV1, AV2 est conçu pour offrir une efficacité de compression supérieure, permettant une livraison vidéo de haute qualité à des débits binaires nettement plus bas. Il est optimisé pour répondre aux exigences évolutives du streaming, de la diffusion et de la visioconférence en temps réel », résume l’Alliance sur son site.

De l’annonce à la pratique

L’utilisation pratique d’AV2 devra cependant attendre. Comme l’a rappelé Jean-Baptiste Kempf dans son billet du 31 mai, Dav2d n’est pas terminé. Il reste notamment un long travail d’optimisation car – sans surprise – AV2 réclame plus de ressources qu’AV1. « Le décodage AV2 est environ cinq fois plus complexe que celui d’AV1. En pratique, cela signifie que les logiciels fonctionnant sur le matériel actuel auront du mal à décoder AV2 en temps réel sans une optimisation soigneuse et spécifique à l’architecture », précise le président de VideoLAN.

Mais on parle là de décodage logiciel. Qu’en est-il du matériel ? Si l’on se réfère à AV1, il a fallu être patient. Les spécifications ont été publiées en 2018 et il a fallu attendre en moyenne deux ans pour un support par les GPU, et plusieurs années supplémentaires selon les cas. Comme nous le rappelions début mai, Apple n’a réellement commencé qu’en 2023. Microsoft n’a inséré cette exploitation matérielle dans Edge qu’en 2024. L’arrivée de puces compatibles réclamera donc probablement encore du temps.

Un codage gourmand en puissance

Et quid du codage ? Car la lecture de contenus AV2 dépend aussi de la création de ces contenus. VideoCardz évoque des problèmes de performances et de rétention des détails. Mais comme dans le cas de la lecture, il faudra surtout attendre le support matériel, le codage réclamant bien plus de puissance que le décodage.

L’histoire se répétera ainsi probablement, avec une implémentation logicielle par VideoLAN devenant une référence (Dav2d) et plusieurs années d’attente pour des puces compatibles, notamment dans l’électronique grand public, comme les smartphones et tablettes. Les usages, particulièrement les plateformes de streaming, attendront quelques années. À titre d’exemple, Netflix indiquait fin 2025 que l’AV1 était utilisé sur environ 30 % de son catalogue.

Enfin, AV2 se retrouvera en concurrence avec le codec propriétaire VVC, comme AV1 l’a été avec HEVC.

Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

1 juin 2026 à 14:47
Pas de panique
Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence

Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.

En développement depuis des années, AV2 doit naturellement prendre la relève du codec AV1. Celui-ci s’est fait connaitre pour son efficacité à compresser les flux en très haute définition (4K) et sa licence open source, sans redevance. Sa visibilité est montée d’un cran quand l’équipe de VideoLAN (VLC) a publié Dav1d, son implémentation libre d’AV1. VideoLAN a d’ailleurs remis le couvert il y a un peu moins d’un mois, avec une première version de Dav2d. L’association recommandait cependant de ne pas l’utiliser en environnement de production, puisque la norme était encore susceptible d’évoluer.

Bien qu’AV2 soit finalisé et ses sources publiées sur GitHub tout récemment, ses avantages sont connus depuis longtemps. Comme toujours avec les nouveaux codecs vidéo, la promesse est celle de l’efficacité : soit une qualité identique pour un débit moindre (25 à 30 % ici en moyenne, voire davantage selon Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN), soit une qualité supérieure à débit équivalent. De fait, les bénéfices attendus se concentrent sur la réduction de la bande passante nécessaire. À la clé, des avantages comme le soulagement des infrastructures de diffusion et l’augmentation ou le maintien de la qualité dans des conditions de réception moins bonnes.

Outre une meilleure efficacité dans la compression, on note des améliorations dans la qualité d’image, la prise en charge de plus grandes définitions, ainsi qu’un plus grand nombre de cas d’usage pris en compte, notamment la réalité virtuelle et la diffusion sur écrans partagés, par exemple la visioconférence via un travail sur la latence. Le HDR10+ est également de la partie.

« AV2 est la spécification de codage vidéo de nouvelle génération de l’Alliance for Open Media (AOMedia). S’appuyant sur les fondations d’AV1, AV2 est conçu pour offrir une efficacité de compression supérieure, permettant une livraison vidéo de haute qualité à des débits binaires nettement plus bas. Il est optimisé pour répondre aux exigences évolutives du streaming, de la diffusion et de la visioconférence en temps réel », résume l’Alliance sur son site.

De l’annonce à la pratique

L’utilisation pratique d’AV2 devra cependant attendre. Comme l’a rappelé Jean-Baptiste Kempf dans son billet du 31 mai, Dav2d n’est pas terminé. Il reste notamment un long travail d’optimisation car – sans surprise – AV2 réclame plus de ressources qu’AV1. « Le décodage AV2 est environ cinq fois plus complexe que celui d’AV1. En pratique, cela signifie que les logiciels fonctionnant sur le matériel actuel auront du mal à décoder AV2 en temps réel sans une optimisation soigneuse et spécifique à l’architecture », précise le président de VideoLAN.

Mais on parle là de décodage logiciel. Qu’en est-il du matériel ? Si l’on se réfère à AV1, il a fallu être patient. Les spécifications ont été publiées en 2018 et il a fallu attendre en moyenne deux ans pour un support par les GPU, et plusieurs années supplémentaires selon les cas. Comme nous le rappelions début mai, Apple n’a réellement commencé qu’en 2023. Microsoft n’a inséré cette exploitation matérielle dans Edge qu’en 2024. L’arrivée de puces compatibles réclamera donc probablement encore du temps.

Un codage gourmand en puissance

Et quid du codage ? Car la lecture de contenus AV2 dépend aussi de la création de ces contenus. VideoCardz évoque des problèmes de performances et de rétention des détails. Mais comme dans le cas de la lecture, il faudra surtout attendre le support matériel, le codage réclamant bien plus de puissance que le décodage.

L’histoire se répétera ainsi probablement, avec une implémentation logicielle par VideoLAN devenant une référence (Dav2d) et plusieurs années d’attente pour des puces compatibles, notamment dans l’électronique grand public, comme les smartphones et tablettes. Les usages, particulièrement les plateformes de streaming, attendront quelques années. À titre d’exemple, Netflix indiquait fin 2025 que l’AV1 était utilisé sur environ 30 % de son catalogue.

Enfin, AV2 se retrouvera en concurrence avec le codec propriétaire VVC, comme AV1 l’a été avec HEVC.

☕️ Canonical s’occupe désormais de Flutter Desktop

1 juin 2026 à 08:07


Le kit de développement multiplateforme Flutter, open source et créé par Google, a d’abord été conçu pour simplifier la création d’applications mobiles. Il a rapidement pris du galon et a notamment débordé sur les ordinateurs (desktop), avec des débouchés vers toutes les plateformes principales.

Le projet avait particulièrement intéressé Canonical, au point que l’entreprise s’est occupée officiellement du portage vers Linux. Depuis, le père d’Ubuntu s’en est amplement servi, aussi bien pour certaines applications (dont App Center, Firmware Updater et Security Center) que pour le module d’installation d’Ubuntu.

Durant la Google I/O, une petite information s’est toutefois glissée en douce : durant la présentation des nouveautés de Flutter, Kate Lovett (responsable ingénierie de l’équipe Flutter Framework chez Google) a annoncé (à 39min16) que Canonical supervise désormais tout ce qui touche à Flutter Desktop. L’entreprise gèrera ainsi toute la maintenance et la feuille de route, comme repéré par OMGUbuntu.

Kate Lovett a mis en avant la « grande expertise technique » de Canonical dans le domaine et « l’incroyable partenariat d’ingénierie » entre les deux sociétés. Flutter est donc dirigé par une hydre à deux têtes, même si Canonical semble désormais s’occuper de l’essentiel du travail. Précisons que ce dernier s’applique aussi bien à Linux qu’à Windows et macOS et que les nouveautés continueront à s’appliquer aux trois plateformes.

☕️ Canonical s’occupe désormais de Flutter Desktop

1 juin 2026 à 08:07


Le kit de développement multiplateforme Flutter, open source et créé par Google, a d’abord été conçu pour simplifier la création d’applications mobiles. Il a rapidement pris du galon et a notamment débordé sur les ordinateurs (desktop), avec des débouchés vers toutes les plateformes principales.

Le projet avait particulièrement intéressé Canonical, au point que l’entreprise s’est occupée officiellement du portage vers Linux. Depuis, le père d’Ubuntu s’en est amplement servi, aussi bien pour certaines applications (dont App Center, Firmware Updater et Security Center) que pour le module d’installation d’Ubuntu.

Durant la Google I/O, une petite information s’est toutefois glissée en douce : durant la présentation des nouveautés de Flutter, Kate Lovett (responsable ingénierie de l’équipe Flutter Framework chez Google) a annoncé (à 39min16) que Canonical supervise désormais tout ce qui touche à Flutter Desktop. L’entreprise gèrera ainsi toute la maintenance et la feuille de route, comme repéré par OMGUbuntu.

Kate Lovett a mis en avant la « grande expertise technique » de Canonical dans le domaine et « l’incroyable partenariat d’ingénierie » entre les deux sociétés. Flutter est donc dirigé par une hydre à deux têtes, même si Canonical semble désormais s’occuper de l’essentiel du travail. Précisons que ce dernier s’applique aussi bien à Linux qu’à Windows et macOS et que les nouveautés continueront à s’appliquer aux trois plateformes.

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