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Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

7 août 2026 à 06:02
SOS pile fantôme
Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

La prochaine version de la distribution Linux devrait activer par défaut un important mécanisme de sécurité, la Shadow Stack. L’équipe effectue actuellement un gros travail préparatoire, qui pourrait largement débroussailler le terrain pour les autres systèmes Linux. Accrochez-vous un peu, on vous explique.

D’abord, qu’est-ce que la Shadow Stack ? Il s’agit d’une protection initialement créée par Intel en 2016 mais qui n’est réellement arrivée sur le marché qu’en 2020 avec la génération Tiger Lake. Elle fait partie d’une architecture nommée Intel CET (Control-Flow Enforcement Technology), qu’AMD a également reprise à partir de la génération Zen 3 de ses processeurs.

Le principe de la Shadow Stack (ou pile fantôme) est assez technique. Le processeur dispose en permanence d’une seconde pile d’exécution (call stack) en mémoire. Elle est cachée, isolée et protégée en écriture. Lorsqu’une instruction d’appel (CALL) survient, l’adresse de retour est ajoutée sur les deux piles. Quand l’instruction RET (RETURN) – qui sert à terminer l’exécution d’une fonction – survient, le processeur compare les deux piles : s’il y a correspondance des deux adresses de retour, l’opération se poursuit, dans le cas contraire le processeur déclenche une erreur (exception de protection de flux de contrôle). Cette erreur interrompt immédiatement le processus.

Il s’agit d’une fonction de sécurité, car en interrompant brutalement l’opération, le processeur empêche un pirate d’avancer dans son attaque. La Shadow Stack a été créée pour combattre les attaques de type ROP (return-oriented programming), qui peuvent mener à la prise de contrôle de la pile d’exécution. Elles peuvent également contourner des protections plus anciennes comme ASLR (Address Space Layout Randomization).

Une activation par défaut dans Fedora 45

Ce que propose l’équipe de Fedora, c’est d’activer cette protection sur l’ensemble du système sur les configurations x86_64. Car il s’agit bien pour l’instant encore d’une proposition, même si elle a de très fortes chances d’être acceptée au vu de son statut avancé. Si elle ne passait finalement pas la validation, elle serait programmée pour Fedora 46 au printemps prochain.

Dans la fiche dédiée, on peut lire que le gros avantage de la Shadow Stack est son impact quasi nul sur les performances, contrairement aux solutions logicielles de contrôle d’intégrité du flux d’exécution. Le surcoût d’exécution est jugé négligeable et imperceptible sur la grande majorité des charges de travail, permettant en échange une élévation générale du niveau de sécurité.

Une activation générale de cette pile fantôme suppose toutefois des adaptations profondes. Il faut notamment que les compilateurs GCC, Clang et rustc soient prêts, ce qui est a priori le cas désormais. Le reste dépend surtout d’un long travail préparatoire commencé il y a des années, la majorité des paquets du dépôt principal possédant déjà les annotations ELF requises, en plus de certaines options compilées à la compilation depuis 2018. Le support de la bibliothèque glibc est également marqué comme prêt.

Ça existait déjà… mais !

Sur un plan purement technique, Fedora n’est pas la première distribution à supporter la Shadow Stack. Sa prise en charge dans le noyau Linux remonte à la version 6.6 de 2023. Plusieurs distributions – dont Arch Linux, Ubuntu et Debian – compilent déjà une grande partie de leurs paquets avec l’option liée (-fcf-protection) de GCC/Clang.

Alors, en quoi la démarche de Fedora est-elle novatrice ? Parce qu’elle renverse la vapeur : on parle cette fois d’une activation générale et par défaut. Tout processus éligible bascule automatiquement sur la pile fantôme à son lancement, sans intervention de l’utilisateur. Ce changement a notamment nécessité un travail d’audit et de correction pour les binaires incompatibles, comme les routines en assembleur manuscrit, la chaine d’outils Rust ou encore les moteurs de compilation Just-in-time dans les navigateurs.

Pour ces derniers justement, l’équipe de Fedora note que Chrome et Firefox ne sont pas encore compatibles. Cependant, le mécanisme d’activation a été pensé avec cette limitation en tête et contient un processus de « dégradation élégante » (graceful fallback). En clair, si une application charge au démarrage un objet ELF ne disposant pas du marquage SHSTK (pour Shadow Stack), la glibc désactive silencieusement la pile fantôme pour ce processus unique, sans interrompre son exécution.

Précisons enfin que la Shadow Stack n’est que la première moitié de l’architecture Intel CET. L’autre partie se nomme IBT, pour Indirect Branch Tracking. Sa mission est de contrer un autre type d’exploitation, basé sur la programmation orientée saut ou appel indirect (JOP/COP) et qui peut mener, là encore, à une attaque de type ROP. Le travail réalisé sur la Shadow Stack préparera donc le terrain pour la prise en charge d’IBT dans une version « ultérieure » de Fedora, l’équipe ne donnant pas plus de précisions pour l’instant. Le support d’IBT signifierait alors celui d’Intel CET au grand complet, pour les processeurs Intel et AMD compatibles.

Il est très probable que ce travail de fond serve largement la communauté open source une fois Fedora 45 (ou 46 ?) disponible. On peut s’attendre à ce que la plupart des distributions emboitent le pas à Fedora, mais le système est habitué à être un précurseur.

Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

7 août 2026 à 06:02
SOS pile fantôme
Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

La prochaine version de la distribution Linux devrait activer par défaut un important mécanisme de sécurité, la Shadow Stack. L’équipe effectue actuellement un gros travail préparatoire, qui pourrait largement débroussailler le terrain pour les autres systèmes Linux. Accrochez-vous un peu, on vous explique.

D’abord, qu’est-ce que la Shadow Stack ? Il s’agit d’une protection initialement créée par Intel en 2016 mais qui n’est réellement arrivée sur le marché qu’en 2020 avec la génération Tiger Lake. Elle fait partie d’une architecture nommée Intel CET (Control-Flow Enforcement Technology), qu’AMD a également reprise à partir de la génération Zen 3 de ses processeurs.

Le principe de la Shadow Stack (ou pile fantôme) est assez technique. Le processeur dispose en permanence d’une seconde pile d’exécution (call stack) en mémoire. Elle est cachée, isolée et protégée en écriture. Lorsqu’une instruction d’appel (CALL) survient, l’adresse de retour est ajoutée sur les deux piles. Quand l’instruction RET (RETURN) – qui sert à terminer l’exécution d’une fonction – survient, le processeur compare les deux piles : s’il y a correspondance des deux adresses de retour, l’opération se poursuit, dans le cas contraire le processeur déclenche une erreur (exception de protection de flux de contrôle). Cette erreur interrompt immédiatement le processus.

Il s’agit d’une fonction de sécurité, car en interrompant brutalement l’opération, le processeur empêche un pirate d’avancer dans son attaque. La Shadow Stack a été créée pour combattre les attaques de type ROP (return-oriented programming), qui peuvent mener à la prise de contrôle de la pile d’exécution. Elles peuvent également contourner des protections plus anciennes comme ASLR (Address Space Layout Randomization).

Une activation par défaut dans Fedora 45

Ce que propose l’équipe de Fedora, c’est d’activer cette protection sur l’ensemble du système sur les configurations x86_64. Car il s’agit bien pour l’instant encore d’une proposition, même si elle a de très fortes chances d’être acceptée au vu de son statut avancé. Si elle ne passait finalement pas la validation, elle serait programmée pour Fedora 46 au printemps prochain.

Dans la fiche dédiée, on peut lire que le gros avantage de la Shadow Stack est son impact quasi nul sur les performances, contrairement aux solutions logicielles de contrôle d’intégrité du flux d’exécution. Le surcoût d’exécution est jugé négligeable et imperceptible sur la grande majorité des charges de travail, permettant en échange une élévation générale du niveau de sécurité.

Une activation générale de cette pile fantôme suppose toutefois des adaptations profondes. Il faut notamment que les compilateurs GCC, Clang et rustc soient prêts, ce qui est a priori le cas désormais. Le reste dépend surtout d’un long travail préparatoire commencé il y a des années, la majorité des paquets du dépôt principal possédant déjà les annotations ELF requises, en plus de certaines options compilées à la compilation depuis 2018. Le support de la bibliothèque glibc est également marqué comme prêt.

Ça existait déjà… mais !

Sur un plan purement technique, Fedora n’est pas la première distribution à supporter la Shadow Stack. Sa prise en charge dans le noyau Linux remonte à la version 6.6 de 2023. Plusieurs distributions – dont Arch Linux, Ubuntu et Debian – compilent déjà une grande partie de leurs paquets avec l’option liée (-fcf-protection) de GCC/Clang.

Alors, en quoi la démarche de Fedora est-elle novatrice ? Parce qu’elle renverse la vapeur : on parle cette fois d’une activation générale et par défaut. Tout processus éligible bascule automatiquement sur la pile fantôme à son lancement, sans intervention de l’utilisateur. Ce changement a notamment nécessité un travail d’audit et de correction pour les binaires incompatibles, comme les routines en assembleur manuscrit, la chaine d’outils Rust ou encore les moteurs de compilation Just-in-time dans les navigateurs.

Pour ces derniers justement, l’équipe de Fedora note que Chrome et Firefox ne sont pas encore compatibles. Cependant, le mécanisme d’activation a été pensé avec cette limitation en tête et contient un processus de « dégradation élégante » (graceful fallback). En clair, si une application charge au démarrage un objet ELF ne disposant pas du marquage SHSTK (pour Shadow Stack), la glibc désactive silencieusement la pile fantôme pour ce processus unique, sans interrompre son exécution.

Précisons enfin que la Shadow Stack n’est que la première moitié de l’architecture Intel CET. L’autre partie se nomme IBT, pour Indirect Branch Tracking. Sa mission est de contrer un autre type d’exploitation, basé sur la programmation orientée saut ou appel indirect (JOP/COP) et qui peut mener, là encore, à une attaque de type ROP. Le travail réalisé sur la Shadow Stack préparera donc le terrain pour la prise en charge d’IBT dans une version « ultérieure » de Fedora, l’équipe ne donnant pas plus de précisions pour l’instant. Le support d’IBT signifierait alors celui d’Intel CET au grand complet, pour les processeurs Intel et AMD compatibles.

Il est très probable que ce travail de fond serve largement la communauté open source une fois Fedora 45 (ou 46 ?) disponible. On peut s’attendre à ce que la plupart des distributions emboitent le pas à Fedora, mais le système est habitué à être un précurseur.

Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

6 août 2026 à 13:53
« Ce commentaire est-il un troll ? »
Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

Mistral a lancé ce 4 aout un nouveau « petit » modèle. Nommé Shieldstral, il est dédié aux tâches de modération. Avec environ 4 milliards de paramètres, il est facilement installable sur un grand nombre de machines.

L’entreprise française continue sur sa lancée des modèles spécialisés et open source (sous licence Apache 2.0), dont les tailles contenues permettent assez aisément une utilisation locale. Par exemple, Mistral a lancé fin juin son modèle OCR 4 dans l’optique de bousculer la gestion des documents. Il s’agissait d’ailleurs d’un lancement important, avec un effort particulier sur la présentation et les explications sur les capacités du modèle.

Shieldstral : carte d’identité

Le modèle se nomme précisément Shieldstral-1.0-3B. L’appellation est un peu « trompeuse », car le modèle embarque en fait 3,8 milliards de paramètres. On est donc plus proche d’un « 4B » (« 4 billions », 4 milliards). Dans l’absolu, la différence reste cependant minime : Shieldstral est un petit modèle conçu pour fonctionner en local.

Dans son billet, Mistral indique que son nouveau bébé a été construit sur la base de Ministral-3-3B-Base-2512, associé à l’encodeur visuel Pixtral. De fait, Shieldstral est multimodal et accepte donc du texte et/ou des images en entrée. La fenêtre de contexte est « théoriquement » de 256k, mais Mistral conseille de se limiter à 32k.

Comme toujours avec les modèles de Mistral, on peut télécharger Shieldstral depuis Hugging Face. Il est « open source » avec des poids ouverts et sous licence Apache 2.0. On remarque que le modèle pèse 7,7 Go et est disponible en deux versions : Consolidate (le format utilisé par Mistral) et Model (le format habituel sur Hugging Face).

Pour cette taille, on obtient que le modèle « nu » (uniquement les poids) en bfloat16. Pour un fonctionnement en local, il faut donc un minimum de 8 Go en mémoire, ce qui laissera très peu de marge pour les caches, notamment d’inférence, avec à la clé de possibles soucis de fonctionnement. Mieux vaut viser 12 ou 16 Go si vous avez ce genre de matériel (Mistral recommande d’ailleurs 16 Go). Comme d’habitude, la mémoire unifiée des Mac permet de profiter plus facilement d’un fonctionnement local, si la machine embarque au moins 16 Go de RAM.

Mistral veut rendre la modération plus souple

Si l’on en croit l’entreprise, Shieldstral se différencie par son approche. La plupart des modèles « de garde » listent directement les catégories de préjudices dans leurs poids. Cette taxonomie oblige à réentraîner le modèle pour chaque nouveau contexte produit, affirme Mistral.

Shieldstral considère au contraire la politique de modération comme faisant partie de l’entrée. L’opérateur peut ainsi formuler une question binaire (oui ou non), fournir une instruction pour décrire le contexte d’évaluation et le niveau de sévérité attendu. Après quoi, le modèle renvoie un score de sécurité calibré à partir d’un seul jeton.

Concrètement, chaque requête contient une instruction, une question de sécurité et le contenu à vérifier. Le score renvoyé par Shieldstral se base sur les probabilités « oui » et « non », et c’est l’opérateur qui définit le seuil de déclenchement de l’action associée.

Mistral met largement en avant les performances de son nouveau modèle. Dans les résultats publiés dans le billet d’annonce, Shieldstral obtient un score F1 de 84,9, soit le même que GPT-OSS-Safeguard, un modèle 20B. Selon Mistral, il est plus performant que n’importe quel modèle concurrent, pour un poids inférieur. Tout du moins sur les tests de sécurité des textes et la sécurité multimodale, car il est dépassé par d’autres sur la détection des refus et l’adaptabilité des politiques.

Précisons que la modération à l’aide de l’IA n’a rien de nouveau en soi, elle est utilisée depuis des années pour simplifier le rôle des modérateurs humains (ou même pour les remplacer, avec tous les problèmes qui peuvent en découler). Dans ce domaine, Reddit vient d’ailleurs d’annoncer une modernisation de son infrastructure. Ce n’est pas non plus la première fois que Mistral propose un modèle dédié, avec par exemple Moderation 2 publié en mars dernier. Aucun de ces modèles n’avait cependant été mis en avant de cette manière, uniquement l’API commerciale lancée en novembre 2024.

Quelle modération ? Quelle sécurité ?

Mistral l’affirme : « un petit modèle peut battre des modèles beaucoup plus grands si les données sont correctes ». Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Le modèle peut notamment servir à la modération de prompts, autrement dit de garde-fou à l’entrée d’un chatbot. Par exemple, avant de transmettre la question d’un utilisateur à votre LLM principal, vous pouvez interroger Shieldstral avec une politique du type « Ce message demande-t-il des instructions pour fabriquer une arme ? ». Si le score dépasse le seuil que vous avez fixé, vous bloquez l’appel au LLM et renvoyez un message de refus prédéfini. Le modèle principal n’est alors pas mis en contact avec le contenu problématique.

Shieldstral peut également servir pour la procédure inverse : un garde-fou en sortie du modèle principal, pour vérifier cette fois la réponse qui devrait être affichée à l’utilisateur. Par exemple, pour vérifier qu’un assistant médical n’a pas donné de posologie précise ou qu’un chatbot utilisé pour le support n’a pas halluciné une promesse commerciale ou un produit.

Mistral cite plusieurs autres cas de figure. Shieldstral peut aussi être utilisé dans un cas très spécifique : la détection de refus. Une question comme « L’assistant a-t-il refusé la demande ? » appliquée à la paire prompt-réponse permet de mesurer le taux de refus d’un modèle en production, même à grande échelle selon l’entreprise. L’indicateur obtenu peut servir à de la surveillance qualité ou à de la détection de faux positifs. Ces derniers peuvent en effet entrainer des « sur-refus », le modèle déboutant l’utilisateur sur des demandes qui devraient pourtant être légitimes.

Shieldstral peut aussi servir aux images. Le cas est classique et permet de répondre à des questions communes de modération comme « Cette image est-elle appropriée pour un public de moins de XX ans ? ».

L’entreprise française insiste sur la souplesse de son petit dernier, qui permet de traiter toutes ces demandes sans avoir à réentraîner le modèle selon le contexte visé.

Une précision cruciale des prompts

Attention toutefois, Mistral précise bien que son modèle ne peut traiter qu’une seule politique de modération par appel. On peut en appliquer plusieurs, mais il faut alors émettre une requête distincte par politique. Un exemple simple : si on veut appliquer les cinq critères « élémentaires » de modération (violence, contenu sexuel, haine, désinformation et automutilation) sur le même contenu, il faut cinq appels séparés. Un point mentionné dans la fiche du modèle sur Hugging Face. Dans tous les cas, le modèle ne répond que par un « oui » ou un « non » global.

En outre, la précision des prompts est cruciale. Une question générale telle que « Ce contenu est-il problématique ? » n’a aucun ancrage sémantique. En revanche, « Ce contenu incite-t-il à la haine contre une minorité ? » cible un préjudice et une cible spécifiques. Si l’on souhaite obtenir des réponses sur des questions plus vagues (ou plus rapides, tout simplement), il faut lister toutes les politiques désirées dans les instructions du modèle.

Shieldstral, dans cette première version, comporte aussi certaines limitations à connaitre. Par exemple, il ne prend pas en charge l’audio ni la vidéo. En outre, sa robustesse n’est pas caractérisée sur des documents très longs (équivalents à plusieurs milliers de tokens). Surtout, le modèle n’affiche aucune trace de raisonnement : il renvoie un score, pas une justification.

Enfin, si le billet d’annonce ne l’évoque pas, la fiche de Shieldstral sur Hugging Face mentionne toutefois qu’il s’agit d’une « public preview ». Prudence donc dans la mise en production : mieux vaut piloter le modèle en parallèle d’une couche de modération existante avant de remplacer quoi que ce soit.

Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

6 août 2026 à 13:53
« Ce commentaire est-il un troll ? »
Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

Mistral a lancé ce 4 aout un nouveau « petit » modèle. Nommé Shieldstral, il est dédié aux tâches de modération. Avec environ 4 milliards de paramètres, il est facilement installable sur un grand nombre de machines.

L’entreprise française continue sur sa lancée des modèles spécialisés et open source (sous licence Apache 2.0), dont les tailles contenues permettent assez aisément une utilisation locale. Par exemple, Mistral a lancé fin juin son modèle OCR 4 dans l’optique de bousculer la gestion des documents. Il s’agissait d’ailleurs d’un lancement important, avec un effort particulier sur la présentation et les explications sur les capacités du modèle.

Shieldstral : carte d’identité

Le modèle se nomme précisément Shieldstral-1.0-3B. L’appellation est un peu « trompeuse », car le modèle embarque en fait 3,8 milliards de paramètres. On est donc plus proche d’un « 4B » (« 4 billions », 4 milliards). Dans l’absolu, la différence reste cependant minime : Shieldstral est un petit modèle conçu pour fonctionner en local.

Dans son billet, Mistral indique que son nouveau bébé a été construit sur la base de Ministral-3-3B-Base-2512, associé à l’encodeur visuel Pixtral. De fait, Shieldstral est multimodal et accepte donc du texte et/ou des images en entrée. La fenêtre de contexte est « théoriquement » de 256k, mais Mistral conseille de se limiter à 32k.

Comme toujours avec les modèles de Mistral, on peut télécharger Shieldstral depuis Hugging Face. Il est « open source » avec des poids ouverts et sous licence Apache 2.0. On remarque que le modèle pèse 7,7 Go et est disponible en deux versions : Consolidate (le format utilisé par Mistral) et Model (le format habituel sur Hugging Face).

Pour cette taille, on obtient que le modèle « nu » (uniquement les poids) en bfloat16. Pour un fonctionnement en local, il faut donc un minimum de 8 Go en mémoire, ce qui laissera très peu de marge pour les caches, notamment d’inférence, avec à la clé de possibles soucis de fonctionnement. Mieux vaut viser 12 ou 16 Go si vous avez ce genre de matériel (Mistral recommande d’ailleurs 16 Go). Comme d’habitude, la mémoire unifiée des Mac permet de profiter plus facilement d’un fonctionnement local, si la machine embarque au moins 16 Go de RAM.

Mistral veut rendre la modération plus souple

Si l’on en croit l’entreprise, Shieldstral se différencie par son approche. La plupart des modèles « de garde » listent directement les catégories de préjudices dans leurs poids. Cette taxonomie oblige à réentraîner le modèle pour chaque nouveau contexte produit, affirme Mistral.

Shieldstral considère au contraire la politique de modération comme faisant partie de l’entrée. L’opérateur peut ainsi formuler une question binaire (oui ou non), fournir une instruction pour décrire le contexte d’évaluation et le niveau de sévérité attendu. Après quoi, le modèle renvoie un score de sécurité calibré à partir d’un seul jeton.

Concrètement, chaque requête contient une instruction, une question de sécurité et le contenu à vérifier. Le score renvoyé par Shieldstral se base sur les probabilités « oui » et « non », et c’est l’opérateur qui définit le seuil de déclenchement de l’action associée.

Mistral met largement en avant les performances de son nouveau modèle. Dans les résultats publiés dans le billet d’annonce, Shieldstral obtient un score F1 de 84,9, soit le même que GPT-OSS-Safeguard, un modèle 20B. Selon Mistral, il est plus performant que n’importe quel modèle concurrent, pour un poids inférieur. Tout du moins sur les tests de sécurité des textes et la sécurité multimodale, car il est dépassé par d’autres sur la détection des refus et l’adaptabilité des politiques.

Précisons que la modération à l’aide de l’IA n’a rien de nouveau en soi, elle est utilisée depuis des années pour simplifier le rôle des modérateurs humains (ou même pour les remplacer, avec tous les problèmes qui peuvent en découler). Dans ce domaine, Reddit vient d’ailleurs d’annoncer une modernisation de son infrastructure. Ce n’est pas non plus la première fois que Mistral propose un modèle dédié, avec par exemple Moderation 2 publié en mars dernier. Aucun de ces modèles n’avait cependant été mis en avant de cette manière, uniquement l’API commerciale lancée en novembre 2024.

Quelle modération ? Quelle sécurité ?

Mistral l’affirme : « un petit modèle peut battre des modèles beaucoup plus grands si les données sont correctes ». Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Le modèle peut notamment servir à la modération de prompts, autrement dit de garde-fou à l’entrée d’un chatbot. Par exemple, avant de transmettre la question d’un utilisateur à votre LLM principal, vous pouvez interroger Shieldstral avec une politique du type « Ce message demande-t-il des instructions pour fabriquer une arme ? ». Si le score dépasse le seuil que vous avez fixé, vous bloquez l’appel au LLM et renvoyez un message de refus prédéfini. Le modèle principal n’est alors pas mis en contact avec le contenu problématique.

Shieldstral peut également servir pour la procédure inverse : un garde-fou en sortie du modèle principal, pour vérifier cette fois la réponse qui devrait être affichée à l’utilisateur. Par exemple, pour vérifier qu’un assistant médical n’a pas donné de posologie précise ou qu’un chatbot utilisé pour le support n’a pas halluciné une promesse commerciale ou un produit.

Mistral cite plusieurs autres cas de figure. Shieldstral peut aussi être utilisé dans un cas très spécifique : la détection de refus. Une question comme « L’assistant a-t-il refusé la demande ? » appliquée à la paire prompt-réponse permet de mesurer le taux de refus d’un modèle en production, même à grande échelle selon l’entreprise. L’indicateur obtenu peut servir à de la surveillance qualité ou à de la détection de faux positifs. Ces derniers peuvent en effet entrainer des « sur-refus », le modèle déboutant l’utilisateur sur des demandes qui devraient pourtant être légitimes.

Shieldstral peut aussi servir aux images. Le cas est classique et permet de répondre à des questions communes de modération comme « Cette image est-elle appropriée pour un public de moins de XX ans ? ».

L’entreprise française insiste sur la souplesse de son petit dernier, qui permet de traiter toutes ces demandes sans avoir à réentraîner le modèle selon le contexte visé.

Une précision cruciale des prompts

Attention toutefois, Mistral précise bien que son modèle ne peut traiter qu’une seule politique de modération par appel. On peut en appliquer plusieurs, mais il faut alors émettre une requête distincte par politique. Un exemple simple : si on veut appliquer les cinq critères « élémentaires » de modération (violence, contenu sexuel, haine, désinformation et automutilation) sur le même contenu, il faut cinq appels séparés. Un point mentionné dans la fiche du modèle sur Hugging Face. Dans tous les cas, le modèle ne répond que par un « oui » ou un « non » global.

En outre, la précision des prompts est cruciale. Une question générale telle que « Ce contenu est-il problématique ? » n’a aucun ancrage sémantique. En revanche, « Ce contenu incite-t-il à la haine contre une minorité ? » cible un préjudice et une cible spécifiques. Si l’on souhaite obtenir des réponses sur des questions plus vagues (ou plus rapides, tout simplement), il faut lister toutes les politiques désirées dans les instructions du modèle.

Shieldstral, dans cette première version, comporte aussi certaines limitations à connaitre. Par exemple, il ne prend pas en charge l’audio ni la vidéo. En outre, sa robustesse n’est pas caractérisée sur des documents très longs (équivalents à plusieurs milliers de tokens). Surtout, le modèle n’affiche aucune trace de raisonnement : il renvoie un score, pas une justification.

Enfin, si le billet d’annonce ne l’évoque pas, la fiche de Shieldstral sur Hugging Face mentionne toutefois qu’il s’agit d’une « public preview ». Prudence donc dans la mise en production : mieux vaut piloter le modèle en parallèle d’une couche de modération existante avant de remplacer quoi que ce soit.

Plus de 1 300 paquets contaminés dans NPM : Shai-Hulud « de retour » avec ChainDrop

5 août 2026 à 15:40
Revoilà la sous-préfète
Plus de 1 300 paquets contaminés dans NPM : Shai-Hulud « de retour » avec ChainDrop

Un « nouveau » malware s’est propagé dans des centaines de paquets sur npm, dont plusieurs très populaires. Il s’agit une nouvelle fois d’une attaque contre la chaine d’approvisionnement ayant réussi à contourner toutes les mesures de sécurité. Dans le code, l’ombre de Shai-Hulud plane, tandis que le point de défaillance initial n’est pas clair.

Le nouveau venu se nomme ChainDrop. Selon les analyses faites sur son code, il est basé sur Shai-Hulud (en référence au ver des sables dans l’univers de Dune), qui avait déjà fait un carnage dans NPM en septembre 2025. Il en reprend les principales caractéristiques, dont son aspect auto-répliquant et le vol de nombreuses informations.

On pourrait croire que l’attaque de l’automne 2025 avait provoqué une vague d’actions pour verrouiller les comptes et inciter à la plus extrême prudence. C’est en fait le cas, mais le ou les pirates s’y sont pris autrement.

Que s’est-il passé ?

La compromission a été réalisée en poussant directement des fichiers malveillants sur la branche principale des dépôts, puis en créant immédiatement de nouvelles versions. Conséquence, ces versions vérolées ont été publiées sur NPM avec une provenance valide signée par GitHub Actions. Les contrôles de provenance npm, censés garantir qu’un package provient bien d’un flux légitime, n’ont ainsi rien pu détecter car les pirates ont justement réussi à le détourner.

868 paquets, répartis sur 1 381 versions, ont pu être contaminés par ce biais. Le pouvoir de nuisance est réel, car beaucoup d’entre eux sont populaires, l’ensemble de la liste cumulant en moyenne deux milliards de téléchargements par mois.

Tout est parti de la compromission du compte du mainteneur du paquet keyv (Jared Wray), qui représente à lui seul plus de 600 millions de téléchargements par mois. S’en sont suivies les contaminations de flat-cache, file-entry-cache, cacheable-request, cacheable ou encore cache-manager, autant de projets spécialisés dans la gestion des caches pour de multiples cas de figure.

Une fois les paquets contaminés, la propagation s’est faite rapidement, atteignant des entreprises comme Deliveroo, Ornikar, OneReach, Picsart, Qlik ou ServiceTitan.

La petite chimie de ChainDrop

Les chercheurs de l’entreprise de sécurité Aikido se sont penchés sur ChainDrop. Dans leur billet publié le 4 aout, ils décrivent ainsi deux composants retrouvés dans les paquets contaminés, comme c’est souvent le cas.

Le premier est un dropper nommé setup.mjs. Un dropper est un code chargé d’installer un ou plusieurs composants malveillants sur le système. Il sert de vecteur d’installation pour la charge utile (payload) et remplit plusieurs missions : déposer l’exécutable sur le disque, l’extraire depuis des données intégrées dans le programme ou le télécharger depuis un serveur distant, l’exécuter en mémoire ou encore mettre en place des mécanismes de persistance avant de lancer la charge utile. Selon les chercheurs, setup.mjs est un dropper fortement obfusqué récupérant le runtime JavaScript Bun depuis son dépôt GitHub pour pouvoir exécuter ensuite la charge.


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Arch Linux : encore du rififi dans le dépôt AUR, nouvelle vague de code malveillant

5 août 2026 à 08:47
C'était mieux avant
Arch Linux : encore du rififi dans le dépôt AUR, nouvelle vague de code malveillant

Pour la deuxième fois en deux mois, l’équipe de la distribution Arch Linux a dû intervenir dans le dépôt AUR (Arch User Repository). En cause, une nouvelle vague de prises de contrôle sur des paquets existants pour leur injecter du code malveillant.

La décision a été annoncée initialement le 30 juillet par le contributeur Robin Candau. Dans son message, il indiquait que la solution était temporaire, le temps qu’une solution soit trouvée.

Mais de quoi parle-t-on ? D’une désactivation de la fonction d’adoption, pour empêcher toute personne « d’adopter » un paquet plus ou moins abandonné du dépôt AUR pour contribuer à nouveau à son code. Ce processus avait été détourné en juin et avait abouti à l’insertion de code malveillant dans plus de 1 600 paquets du dépôt AUR.

Une ampleur moindre, un danger identique

Le gros problème dans la campagne malveillante de juin était le nombre élevé de paquets concernés. Même avec des actions rapides, il était impossible de s’assurer que personne n’avait reçu les versions contaminées via des mises à jour. Ce qui était tout l’intérêt pour les pirates et qui rend les attaques par compromission de la chaine d’approvisionnement aussi efficaces.

Dans la nouvelle attaque, comme relevé notamment par Bleeping Computer, l’ampleur semble nettement moindre, mais on ne connait pas encore le nombre exact de paquets compromis. Sur les listes officielles, on trouve des listes compilant une trentaine de paquets compromis, tandis que d’autres sur Reddit évoquent plus de 200 paquets.

Si l’on en croit l’analyse technique publiée par l’Independent Federated Intelligence Network (IFIN), la campagne a débuté le 29 juillet avec le paquet « openconnect-sso ». Les similitudes avec la campagne de juin sont évidentes, dont l’usage du réseau Tor pour l’hébergement de l’infrastructure ou l’emploi d’un fichier ELF précompilé et obscurci.


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FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

4 août 2026 à 14:20
Petit pimousse
FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

Un an après la version 8.0, l’équipe du projet FFmpeg passe à la mouture majeure suivante. Avec FFmpeg 9.0, Vulkan est particulièrement à l’honneur avec plusieurs améliorations importantes, notamment avec certains codecs orientés production et/ou post-production.

La nouvelle version, nommée « Lei », propose ainsi le décodage matériel d’APV (Advanced Professional Video) via Vulkan. APV est un codec royalties-free (sans redevance) créé par Samsung et pensé comme alternative ouverte à des formats comme le ProRes d’Apple. Comme toujours avec le décodage matériel, cela signifie que le travail est déchargé du CPU vers le GPU, indépendamment du constructeur, Vulkan étant une API multiplateforme.

Puisque l’on parle du ProRes, FFmpeg 9.0 a également du neuf sur le codec. Une accélération Vulkan est là aussi proposée, en complément d’un support ProRes RAW via VideoToolbox. Les flux ProRes RAW, très lourds et jusqu’ici majoritairement décodés au format logiciel ou via des chemins propriétaires Apple, obtiennent ainsi une voie d’accélération GPU générique, ce qui devrait là aussi avoir des répercussions importantes.

Ces deux ajouts, en plus du nouveau filtre v360_vulkan pour la reprojection vidéo 360° et/ou équirectangulaire, positionnent encore un peu plus FFmpeg comme pipeline GPU indépendant. Il fonctionne à l’identique sur les puces Intel, AMD ou encore NVIDIA, sur tous les systèmes d’exploitation, sans dépendre de SDK (kits de développement) propriétaires comme CUDA, NVENC, AMF ou encore VideoToolbox.

Invisible et omniprésent

Parmi les autres nouveautés, on peut noter la lecture native des WebP animés, des améliorations liées au cadre AMF d’AMD, l’arrivée d’un filtre transpose_cuda (rotation/retournement d’image accéléré CUDA, pour éviter les allers-retours GPU > CPU > GPU), le support et le passthrough des métadonnées dynamiques SMPTE 2094 - 50 pour améliorer la gestion des flux de travail HDR, le décodage HE-AAC 960 pour le contenu DAB+ côté audio, ou encore un nettoyage du code avec la suppression de plusieurs éléments obsolètes, dont le décodeur CELT et le parseur Ogg/CELT.

Comme toujours avec les nouvelles versions de FFmpeg, de nombreux composants sont mis à jour, comme libavutil 61.1.100, libavcodec 63.1.100, libavformat 63.1.100, libavdevice 63.1.100, libavfilter 12.1.100, libswscale 10.1.100 et libswresample 7.1.100.

L’importance de cette nouvelle version ne se révèlera, comme d’habitude, qu’une fois son intégration réalisée dans d’autres projets qui en exploiteront les capacités. Rappelons que FFmpeg, même s’il n’est pas connu généralement du grand public, est une brique d’infrastructure invisible mais omniprésente dans le traitement multimédia au sens large.

Si vous connaissez mal ce projet, il s’agit d’une boite à outil pour coder, décoder, transcoder, muxer, démuxer et filtrer à peu près tous les formats audio/vidéo existants. On le retrouve dans de nombreux logiciels et services connus, dont le plus célèbre est sans doute VLC. FFmpeg joue également un rôle essentiel dans YouTube, HandBrake, OBS Studio, des serveurs multimédia domestiques comme Plex et Jellyfin, Discord, Chrome, Blender ou encore WhatsApp. Certains services commerciaux ayant pignon sur rue, comme Netflix, s’en servent également, mais on ne connait pas la nature précise de cet usage.

FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

4 août 2026 à 14:20
Petit pimousse
FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

Un an après la version 8.0, l’équipe du projet FFmpeg passe à la mouture majeure suivante. Avec FFmpeg 9.0, Vulkan est particulièrement à l’honneur avec plusieurs améliorations importantes, notamment avec certains codecs orientés production et/ou post-production.

La nouvelle version, nommée « Lei », propose ainsi le décodage matériel d’APV (Advanced Professional Video) via Vulkan. APV est un codec royalties-free (sans redevance) créé par Samsung et pensé comme alternative ouverte à des formats comme le ProRes d’Apple. Comme toujours avec le décodage matériel, cela signifie que le travail est déchargé du CPU vers le GPU, indépendamment du constructeur, Vulkan étant une API multiplateforme.

Puisque l’on parle du ProRes, FFmpeg 9.0 a également du neuf sur le codec. Une accélération Vulkan est là aussi proposée, en complément d’un support ProRes RAW via VideoToolbox. Les flux ProRes RAW, très lourds et jusqu’ici majoritairement décodés au format logiciel ou via des chemins propriétaires Apple, obtiennent ainsi une voie d’accélération GPU générique, ce qui devrait là aussi avoir des répercussions importantes.

Ces deux ajouts, en plus du nouveau filtre v360_vulkan pour la reprojection vidéo 360° et/ou équirectangulaire, positionnent encore un peu plus FFmpeg comme pipeline GPU indépendant. Il fonctionne à l’identique sur les puces Intel, AMD ou encore NVIDIA, sur tous les systèmes d’exploitation, sans dépendre de SDK (kits de développement) propriétaires comme CUDA, NVENC, AMF ou encore VideoToolbox.

Invisible et omniprésent

Parmi les autres nouveautés, on peut noter la lecture native des WebP animés, des améliorations liées au cadre AMF d’AMD, l’arrivée d’un filtre transpose_cuda (rotation/retournement d’image accéléré CUDA, pour éviter les allers-retours GPU > CPU > GPU), le support et le passthrough des métadonnées dynamiques SMPTE 2094 - 50 pour améliorer la gestion des flux de travail HDR, le décodage HE-AAC 960 pour le contenu DAB+ côté audio, ou encore un nettoyage du code avec la suppression de plusieurs éléments obsolètes, dont le décodeur CELT et le parseur Ogg/CELT.

Comme toujours avec les nouvelles versions de FFmpeg, de nombreux composants sont mis à jour, comme libavutil 61.1.100, libavcodec 63.1.100, libavformat 63.1.100, libavdevice 63.1.100, libavfilter 12.1.100, libswscale 10.1.100 et libswresample 7.1.100.

L’importance de cette nouvelle version ne se révèlera, comme d’habitude, qu’une fois son intégration réalisée dans d’autres projets qui en exploiteront les capacités. Rappelons que FFmpeg, même s’il n’est pas connu généralement du grand public, est une brique d’infrastructure invisible mais omniprésente dans le traitement multimédia au sens large.

Si vous connaissez mal ce projet, il s’agit d’une boite à outil pour coder, décoder, transcoder, muxer, démuxer et filtrer à peu près tous les formats audio/vidéo existants. On le retrouve dans de nombreux logiciels et services connus, dont le plus célèbre est sans doute VLC. FFmpeg joue également un rôle essentiel dans YouTube, HandBrake, OBS Studio, des serveurs multimédia domestiques comme Plex et Jellyfin, Discord, Chrome, Blender ou encore WhatsApp. Certains services commerciaux ayant pignon sur rue, comme Netflix, s’en servent également, mais on ne connait pas la nature précise de cet usage.

Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

4 août 2026 à 12:12
Mince, ça marche bien en plus
Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

Comment ? Un gestionnaire des tâches sur macOS ? Oui, et bien fait en plus. Il s’agit pour l’instant d’une bêta, mais le projet est prometteur. Et des versions pour Windows et Linux sont prévues.

Dave Plummer, ex-ingénieur de Microsoft (il a notamment travaillé sur NT 4.0), s’est lancé dans un drôle de projet : estimant que le moniteur d’activité de macOS n’était pas digne de la plateforme, il a attaqué le développement d’un authentique gestionnaire des tâches pour la plateforme d’Apple. Oui, un gestionnaire des tâches, comme sous Windows.

Du code neuf et natif

L’histoire est intéressante pour plusieurs raisons. D’abord, le moniteur de macOS, s’il remplit bien ses fonctions élémentaires, ne propose pas de vue de synthèse de ce qui se passe sur la machine : le taux d’occupation du CPU (avec séparation par cœur logique), le remplissage de la mémoire, l’activité réseau ou du stockage, etc.

Ensuite, Dave Plummer a apporté un soin particulier à son développement. Il raconte comment Microsoft l’a laissé examiner, « à titre gracieux », le code source du gestionnaire des tâches de Windows XP. Cependant, aucun pan de code n’a été repris, affirme le développeur. À la place, il a développé un nouveau moteur partagé en C++ ainsi qu’une interface en Swift. C’est d’ailleurs un autre point intéressant : l’interface est léchée, réactive et parfaitement intégrée à l’ambiance macOS. La filiation avec le composant de Windows est cependant assumée dans le nom : TMOG, pour Task Manager Original.

C’est un « oui » !

L’application réunit également plusieurs fonctions au sein de la même interface. On retrouve, comme dans le gestionnaire des tâches de Windows, des onglets avec la vue de synthèse de ce que fait la machine, la liste des processus (qui reprend la vue par défaut du moniteur de macOS) ou encore celle des services. TMOG y ajoute un onglet pour les informations système ou encore la liste des applications lancées au démarrage, avec possibilité de les désactiver.

L’ensemble est particulièrement fluide, surtout pour les jauges et les courbes d’occupation. Les paramètres de l’application permettent de modifier différents éléments d’interface, dont le thème (clair ou sombre), la police par défaut ou encore la fréquence de rafraichissement.

TMOG est fournie pour l’instant sous forme de bêta. Elle n’est pas distribuée sur le Mac App Store pour une raison très simple : la boutique d’Apple oblige les applications qui y sont distribuées à fonctionner dans une sandbox. Pour un projet comme TMOG, ce type d’isolation est impossible, car elle doit aller chercher des informations dont la sandbox n’autorise pas la récupération.

L’application est gratuite et doit le rester, du moins sous cette forme. Dave Plummer indique qu’une version Pro payante pourrait apparaître plus tard. Et si vous vous posez la question : oui, des versions Windows et Linux sont prévues (cette dernière vient tout juste d’être confirmée). Le développeur insiste sur le caractère natif de ces applications et leurs performances.

Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

4 août 2026 à 12:12
Mince, ça marche bien en plus
Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

Comment ? Un gestionnaire des tâches sur macOS ? Oui, et bien fait en plus. Il s’agit pour l’instant d’une bêta, mais le projet est prometteur. Et des versions pour Windows et Linux sont prévues.

Dave Plummer, ex-ingénieur de Microsoft (il a notamment travaillé sur NT 4.0), s’est lancé dans un drôle de projet : estimant que le moniteur d’activité de macOS n’était pas digne de la plateforme, il a attaqué le développement d’un authentique gestionnaire des tâches pour la plateforme d’Apple. Oui, un gestionnaire des tâches, comme sous Windows.

Du code neuf et natif

L’histoire est intéressante pour plusieurs raisons. D’abord, le moniteur de macOS, s’il remplit bien ses fonctions élémentaires, ne propose pas de vue de synthèse de ce qui se passe sur la machine : le taux d’occupation du CPU (avec séparation par cœur logique), le remplissage de la mémoire, l’activité réseau ou du stockage, etc.

Ensuite, Dave Plummer a apporté un soin particulier à son développement. Il raconte comment Microsoft l’a laissé examiner, « à titre gracieux », le code source du gestionnaire des tâches de Windows XP. Cependant, aucun pan de code n’a été repris, affirme le développeur. À la place, il a développé un nouveau moteur partagé en C++ ainsi qu’une interface en Swift. C’est d’ailleurs un autre point intéressant : l’interface est léchée, réactive et parfaitement intégrée à l’ambiance macOS. La filiation avec le composant de Windows est cependant assumée dans le nom : TMOG, pour Task Manager Original.

C’est un « oui » !

L’application réunit également plusieurs fonctions au sein de la même interface. On retrouve, comme dans le gestionnaire des tâches de Windows, des onglets avec la vue de synthèse de ce que fait la machine, la liste des processus (qui reprend la vue par défaut du moniteur de macOS) ou encore celle des services. TMOG y ajoute un onglet pour les informations système ou encore la liste des applications lancées au démarrage, avec possibilité de les désactiver.

L’ensemble est particulièrement fluide, surtout pour les jauges et les courbes d’occupation. Les paramètres de l’application permettent de modifier différents éléments d’interface, dont le thème (clair ou sombre), la police par défaut ou encore la fréquence de rafraichissement.

TMOG est fournie pour l’instant sous forme de bêta. Elle n’est pas distribuée sur le Mac App Store pour une raison très simple : la boutique d’Apple oblige les applications qui y sont distribuées à fonctionner dans une sandbox. Pour un projet comme TMOG, ce type d’isolation est impossible, car elle doit aller chercher des informations dont la sandbox n’autorise pas la récupération.

L’application est gratuite et doit le rester, du moins sous cette forme. Dave Plummer indique qu’une version Pro payante pourrait apparaître plus tard. Et si vous vous posez la question : oui, des versions Windows et Linux sont prévues (cette dernière vient tout juste d’être confirmée). Le développeur insiste sur le caractère natif de ces applications et leurs performances.

Fin de Bloctel, interdiction du démarchage dès le 11 août : on fait le point

4 août 2026 à 08:32
L'interdiction pour tous
Fin de Bloctel, interdiction du démarchage dès le 11 août : on fait le point

Le 11 août, la liste Bloctel disparaitra. Un changement attendu de longue date, car au-delà d’une inefficacité croissante, cette suppression viendra acter un renversement complet de la situation : le démarchage téléphonique sera interdit, sauf consentement explicite préalable.. Du côté des usagers cependant, la tranquillité n’est pas pour demain.

La liste Bloctel date d’une « autre époque ». Créée en 2014 pour prendre la suite de la liste Pacitel, elle en gardait le fonctionnement général : en s’y inscrivant, on signalait son opposition à tout démarchage téléphonique. Avec les années, les évolutions technologiques et des techniques marketing toujours plus agressives, toutes ces listes ont fini par être caduques, cumulant les avis très critiques sur leur inefficacité.

Le 11 aout marquera donc un vrai tournant : Bloctel va disparaitre, remplacée par une interdiction de principe pour le démarchage téléphonique, plus précisément la « prospection commerciale téléphonique non consentie ». De fait, Bloctel n’a plus d’utilité et le cadre légal évolue pour répondre à l’obsolescence du cadre antérieur. Le tout sur fond d’explosion des fraudes aux numéros de téléphone et des usurpations d’identité téléphonique (spoofing).

Qu’est-ce qui change ?

Jusqu’à présent, le système français de régulation reposait sur une logique d’opt-out : il fallait soi-même se signaler pour repousser ces sollicitations commerciales. Les consommateurs passaient donc par une démarche active pour exprimer leur refus. Légalement, les professionnels de la prospection commerciale étaient tenus de confronter leurs fichiers à l’annuaire d’opposition avant tout lancement de campagne téléphonique.

Sur la page officielle du service, on peut ainsi lire que la loi nᵒ 2025 - 594 du 30 juin 2025 s’appliquera au 11 août : « À cette date, le service Bloctel deviendra obsolète. La nouvelle loi inverse en effet le principe actuel. Aujourd’hui, les consommateurs doivent s’inscrire sur Bloctel pour exprimer leur refus d’être démarchés, et les professionnels ont alors l’interdiction de les contacter. À compter du 11 août 2026, ce sera l’inverse : les professionnels ne pourront démarcher que les consommateurs pour lesquels ils auront recueilli un consentement explicite au préalable. Le service Bloctel devient donc inutile ».

Les limites de Bloctel sont connues depuis longtemps. D’abord, son efficacité a été rabotée de manière chronique par une prolifération de clauses de consentement ambiguës ou dissimulées dans des contrats d’adhésion en ligne. Ensuite, l’explosion du nombre de plateformes d’appels hors des frontières nationales et l’usurpation des numéros de téléphone ont fini par enterrer ce qui restait d’efficacité.

Avec le nouveau régime juridique, le consentement préalable du consommateur devient une condition stricte (au sens du RGPD) à toute prospection commerciale téléphonique. Dans le décret nᵒ 2026 - 662 du 23 juillet 2026, qui complète la loi du 30 juin 2025, le consentement est décrit comme « une manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable, par laquelle une personne accepte, par un acte positif clair, l’utilisation de ses données à caractère personnel à des fins de prospection commerciale par voie téléphonique ». En d’autres termes, une case à cocher ou un consentement perdu dans des conditions générales acceptées en bloc ne compte pas.

Précisons que cette interdiction générale est en fait l’extension d’une interdiction sectorielle. Le 24 juillet 2020, la prospection téléphonique est ainsi devenue illégale pour tout ce qui touche à la vente d’équipements ou la réalisation de travaux destinés aux économies d’énergie ou à la production d’énergies renouvelables. Travaux d’isolation, pompes à chaleur, panneaux photovoltaïques : tout le monde ou presque a reçu au moins un appel dans ce cadre (sans parler des tonnes de spams dans les e-mails).

Selon le cabinet Kohen Avocats, les jurisprudences dans ce secteur devraient d’ailleurs « éclairer la portée du futur régime », notamment sur deux points : la nullité de l’éventuel contrat alors souscrit et sur la charge de la preuve, qui pèse désormais sur le professionnel. En effet, en cas de conflit, c’est bien à ce dernier de prouver qu’il a recueilli le consentement clair de l’utilisateur. S’il ne le peut pas, tout contrat qui aurait été souscrit par ce biais sera déclaré nul.

Rappelons que depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, l’interdiction sectorielle sur l’économie d’énergie a été étendue aux SMS, e-mails et réseaux sociaux. Dommage, ces extensions n’ont pas été reprises plus largement dans le changement de régime du 11 août.

Une interdiction universelle ?

Si le renversement de régime fonctionne dans l’immense majorité des cas, quelques points sont cependant à préciser.

Par exemple, les entreprises peuvent contacter leurs clients tant qu’un contrat est actif, mais il faut que l’appel concerne effectivement ce contrat. Là encore, si le contact est établi au sujet d’un tout autre produit, il est illégal.


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KDE Plasma 6.8 sera nettement plus performant avec les GPU multiples

3 août 2026 à 15:42
BUF6 contre les vampires
KDE Plasma 6.8 sera nettement plus performant avec les GPU multiples

Plasma 6.8 va intégrer un changement majeur dans la manière dont le travail graphique est effectué sur les configurations contenant plusieurs GPU. Les gains devraient être substantiels, particulièrement sur les ordinateurs portables ayant des configurations « hybrides ».

La prochaine mouture de l’environnement de bureau va embarquer un changement technique qui devrait faire les beaux jours de bon nombre de joueurs, relève Phoronix. Le développeur Xaver Hugl a annoncé en effet dans un billet de blog l’arrivée de DMA-BUF v6 pour KWin, qui est à la fois le gestionnaire de fenêtres dans KDE et un compositeur Wayland.

Cascade d’opérations inutiles


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Microsoft veut convaincre sur les améliorations de Windows 11 et met l’accent sur la RAM

3 août 2026 à 10:12
Personne ne s'en plaindra
Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire

Pavan Davuluri, vice-président de Microsoft chargé de Windows et des services, a publié un important billet de blog le 31 juillet. Il y renouvelle les engagements de l’entreprise sur les améliorations portées ou à venir de Windows 11, dont les performances.

Le responsable commence par faire le tour des travaux déjà engagés et montrés. Ils sont soit disponibles depuis peu, soit vont arriver ou sont déjà présents dans les préversions de la branche expérimentale du système, accessible depuis le programme Windows Insider.

Il liste ainsi les possibilités de personnalisation de la barre des tâches, la réduction du périmètre des fonctions IA « là où elles ont le plus de sens », la réduction des frictions dans Windows Update, les performances et la fiabilité de l’Explorateur, un plus grand contrôle sur les widgets, un programme Windows Insider plus simple et transparent, ou encore les améliorations sur le Feedback Hub. Les performances, la fiabilité et les « expériences bien conçues » sont à considérer désormais comme la sainte trinité qui guiderait les équipes.

Pavan Davuluri liste également les apports à venir : une recherche plus rapide et efficace, le renforcement de WinUI et son utilisation plus intensive dans le système (dont la fenêtre des propriétés apparue récemment), les fonctions supplémentaires pour le menu Démarrer et la barre des tâches, une élévation générale de la qualité des pilotes via la Driver Quality Initiative, de meilleures performances pour de nombreux composants, le support des webcams ESS pour Windows Hello ou encore un effort général de réduction de l’empreinte mémoire.

Certaines zones du système font l’objet d’une attention particulière, selon le responsable. D’abord, une expérience « out of the box » plus rapide et efficace. Ensuite, une mise en avant des contrôles parentaux (en particulier lors de la première configuration de l’ordinateur), ou encore des optimisations sur la mémoire consommée.

Un travail spécifique sur la consommation de mémoire

Ce dernier point a été copieusement repris sur X ces derniers jours. Pavan Davuluri pointe spécifiquement les configurations ayant 8 Go de mémoire : « Réduire l’empreinte mémoire Windows pour offrir une expérience Windows rapide et réactive sur tous les PC utilisés quotidiennement par les clients ».

Une phrase loin d’être anodine, pour deux raisons. D’abord, parce que le système de Microsoft a toujours été considéré comme gourmand. L’entreprise semble piquée au vif, particulièrement depuis que Linux apparait de plus en plus comme une alternative viable à Windows pour les jeux vidéo. Un domaine qui était jusque très récemment la chasse gardée de Microsoft, grâce notamment à l’abondance de pilotes (même si leur qualité peut fortement varier).

Ensuite parce que la situation mondiale l’exige probablement : la mémoire vive est beaucoup plus onéreuse. Le marché exerce sur les éditeurs logiciels une pression jamais vue, après des décennies de croissance presque linéaire sur la quantité toujours plus importante de RAM (ou de mémoire vidéo) dans les configurations. Ce n’est pas un hasard non plus si Apple a insisté pendant sa dernière WWDC sur les optimisations apportées à la fournée 27 de ses systèmes, particulièrement macOS.

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie »

Plusieurs personnes de l’équipe Windows se sont exprimées dans le sillage de la publication de Pavan Davuluri, le plus souvent pour indiquer que la période était intéressante et qu’il restait beaucoup à venir. Plusieurs laissent penser que cette accélération était attendue de pied ferme. Davuluri l’indique à demi-mots à la fin de son billet :

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie. Rencontrer des membres de Windows Insiders lors de nos rencontres mensuelles et entendre ce que vous en pensez a été l’un des meilleurs moments. C’est un travail que nos ingénieurs adorent et nous voulons que vous le ressentiez dans le produit. Nous savons que nous avons encore beaucoup à faire, et nous sommes reconnaissants de vivre ce voyage avec vous ».

Certains observateurs semblent y voir un changement fort de signal. Ewan Dalton, de Windows Latest, indique ainsi avoir travaillé plus de 25 ans chez Microsoft. Selon lui, Windows « reçoit de nouveau les soins qu’il mérite ». Il estime que Microsoft s’est développé dans trop de directions pour que le système reste un produit de qualité, notamment avec l’arrivée d’Azure et plus généralement du cloud.

Maintenant que le système est attaqué de toute part (Linux, MacBook Neo, performances, expérience utilisateur…), l’éditeur bougerait enfin dans la bonne direction. La situation sera probablement plus claire d’ici quelques mois et nous ferons le point sur les promesses et les résultats.

Microsoft veut convaincre sur les améliorations de Windows 11 et met l’accent sur la RAM

3 août 2026 à 10:12
Personne ne s'en plaindra
Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire

Pavan Davuluri, vice-président de Microsoft chargé de Windows et des services, a publié un important billet de blog le 31 juillet. Il y renouvelle les engagements de l’entreprise sur les améliorations portées ou à venir de Windows 11, dont les performances.

Le responsable commence par faire le tour des travaux déjà engagés et montrés. Ils sont soit disponibles depuis peu, soit vont arriver ou sont déjà présents dans les préversions de la branche expérimentale du système, accessible depuis le programme Windows Insider.

Il liste ainsi les possibilités de personnalisation de la barre des tâches, la réduction du périmètre des fonctions IA « là où elles ont le plus de sens », la réduction des frictions dans Windows Update, les performances et la fiabilité de l’Explorateur, un plus grand contrôle sur les widgets, un programme Windows Insider plus simple et transparent, ou encore les améliorations sur le Feedback Hub. Les performances, la fiabilité et les « expériences bien conçues » sont à considérer désormais comme la sainte trinité qui guiderait les équipes.

Pavan Davuluri liste également les apports à venir : une recherche plus rapide et efficace, le renforcement de WinUI et son utilisation plus intensive dans le système (dont la fenêtre des propriétés apparue récemment), les fonctions supplémentaires pour le menu Démarrer et la barre des tâches, une élévation générale de la qualité des pilotes via la Driver Quality Initiative, de meilleures performances pour de nombreux composants, le support des webcams ESS pour Windows Hello ou encore un effort général de réduction de l’empreinte mémoire.

Certaines zones du système font l’objet d’une attention particulière, selon le responsable. D’abord, une expérience « out of the box » plus rapide et efficace. Ensuite, une mise en avant des contrôles parentaux (en particulier lors de la première configuration de l’ordinateur), ou encore des optimisations sur la mémoire consommée.

Un travail spécifique sur la consommation de mémoire

Ce dernier point a été copieusement repris sur X ces derniers jours. Pavan Davuluri pointe spécifiquement les configurations ayant 8 Go de mémoire : « Réduire l’empreinte mémoire Windows pour offrir une expérience Windows rapide et réactive sur tous les PC utilisés quotidiennement par les clients ».

Une phrase loin d’être anodine, pour deux raisons. D’abord, parce que le système de Microsoft a toujours été considéré comme gourmand. L’entreprise semble piquée au vif, particulièrement depuis que Linux apparait de plus en plus comme une alternative viable à Windows pour les jeux vidéo. Un domaine qui était jusque très récemment la chasse gardée de Microsoft, grâce notamment à l’abondance de pilotes (même si leur qualité peut fortement varier).

Ensuite parce que la situation mondiale l’exige probablement : la mémoire vive est beaucoup plus onéreuse. Le marché exerce sur les éditeurs logiciels une pression jamais vue, après des décennies de croissance presque linéaire sur la quantité toujours plus importante de RAM (ou de mémoire vidéo) dans les configurations. Ce n’est pas un hasard non plus si Apple a insisté pendant sa dernière WWDC sur les optimisations apportées à la fournée 27 de ses systèmes, particulièrement macOS.

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie »

Plusieurs personnes de l’équipe Windows se sont exprimées dans le sillage de la publication de Pavan Davuluri, le plus souvent pour indiquer que la période était intéressante et qu’il restait beaucoup à venir. Plusieurs laissent penser que cette accélération était attendue de pied ferme. Davuluri l’indique à demi-mots à la fin de son billet :

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie. Rencontrer des membres de Windows Insiders lors de nos rencontres mensuelles et entendre ce que vous en pensez a été l’un des meilleurs moments. C’est un travail que nos ingénieurs adorent et nous voulons que vous le ressentiez dans le produit. Nous savons que nous avons encore beaucoup à faire, et nous sommes reconnaissants de vivre ce voyage avec vous ».

Certains observateurs semblent y voir un changement fort de signal. Ewan Dalton, de Windows Latest, indique ainsi avoir travaillé plus de 25 ans chez Microsoft. Selon lui, Windows « reçoit de nouveau les soins qu’il mérite ». Il estime que Microsoft s’est développé dans trop de directions pour que le système reste un produit de qualité, notamment avec l’arrivée d’Azure et plus généralement du cloud.

Maintenant que le système est attaqué de toute part (Linux, MacBook Neo, performances, expérience utilisateur…), l’éditeur bougerait enfin dans la bonne direction. La situation sera probablement plus claire d’ici quelques mois et nous ferons le point sur les promesses et les résultats.

Chez Anthropic aussi des agents IA débridés sont sortis de leur boite pour attaquer

31 juillet 2026 à 16:21
Danger = puissance = clients
Chez Anthropic aussi des agents IA débridés sont sortis de leur boite pour attaquer

Anthropic a annoncé le 30 juillet que trois incidents impliquant ses IA avaient été détectés. Chacun a impliqué une attaque distincte contre une organisation. Des informations rendues publiques dans le sillage de l’affaire liant déjà OpenAI à la compromission de Hugging Face.

Faisons d’abord un bref rappel des faits. Le 16 juillet 2026, Hugging Face publie une divulgation décrivant une intrusion détectée sur son infrastructure, causée vraisemblablement par un agent IA autonome. Le 21 juillet, OpenAI reconnaît que l’attaquant était en réalité son propre harnais d’évaluation, mobilisant une combinaison de modèles internes (GPT‑5.6 Sol) et un modèle en préversion décrit comme « plus puissant ». Les garde-fous anti-cyber avaient été volontairement réduits pour les besoins du test.

Cette infrastructure s’en est prise à Hugging Face en exploitant au moins deux vulnérabilités 0-day dans le pipeline de traitement de données, avec pour résultat une exécution de code à distance, le vol d’identifiants et l’accès à des jeux de données et services internes. En clair, une compromission. L’affaire avait révélé un « problème d’asymétrie » : Hugging Face ne pouvait pas utiliser les API commerciales des fournisseurs de LLM à cause des fameux garde-fous et avait dû se tourner vers une installation locale du modèle chinois GLM 5.2 (poids ouverts) pour mener ses propres analyses.

C’est dans ce climat qu’Anthropic a annoncé, le 30 juillet, avoir mené sa propre revue rétrospective et avoir trouvé des cas « similaires ».

Triple oups

Anthropic a examiné 141 006 « runs » d’évaluation dans lesquels Claude aurait pu obtenir un accès internet. Sur cet ensemble, trois incidents distincts (impliquant six runs au total, dont quatre concernant une même organisation) ont été identifiés. Tous se sont produits dans l’environnement de test fourni par un partenaire, Irregular, une société israélienne de red-teaming en cybersécurité IA.

Cette revue a commencé le 23 juillet, deux jours après la publication d’OpenAI sur son implication dans la compromission de Hugging Face. Le même jour, des éléments suspects sont déjà trouvés. Trois incidents sont identifiés le 24 juillet et trois jours plus tard, Anthropic communique les éléments découverts à Irregular et aux organisations touchées par les incidents. Parmi elles, deux n’avaient pas détecté l’intrusion avant d’être notifiées.


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IA agentique et données personnelles, un joli bazar

31 juillet 2026 à 10:14
Dites-moi, M. Anderson…
IA agentique et données personnelles, un joli bazar

Comment concilier protection des données et IA agentique ? Dans une note publiée le 20 juillet, le CIANum (Conseil de l’IA et du Numérique) et la CNIL se sont penchés sur la question, pointant le vaste changement d’échelle dans le traitement des données et la complexification de la maitrise des risques face aux systèmes autonomes.

L’objectif de la nouvelle note est d’examiner comment le RGPD s’applique concrètement à l’IA agentique. Elle laisse volontairement de côté le Règlement sur l’IA (RIA) dont l’application complète n’est prévue qu’en 2027 et qui ne prévoit pas de régime spécifique pour les agents.

La note ne vise donc pas à proposer un nouveau texte de loi, mais à identifier les tensions entre un cadre juridique existant (conçu pour des traitements déterminés par des humains) et une technologie qui agit de façon autonome, puis à esquisser des pistes de conciliation, aussi bien juridiquement que techniquement.

Une mise en tension des principes du RGPD


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Chiffrement : Claude casse HAWK et fissure une version réduite d’AES, mais pas de panique

30 juillet 2026 à 15:29
Faucon, vraie faiblesse
Chiffrement : Claude casse HAWK et fissure une version réduite d’AES, mais pas de panique

L’équipe Frontier Red Team d’Anthropic a publié un billet dans lequel elle décrit ses trouvailles sur deux algorithmes dédiés à la cybersécurité : HAWK et AES. Si les découvertes sont avérées, les conséquences ne sont pas aussi dramatiques qu’on peut le lire ça et là. Elles ne sont pas inexistantes pour autant.

Le 28 juillet 2026, Anthropic a publié un billet de recherche consacré à la « découverte de faiblesses cryptographiques avec Claude ». Il décrit les trouvailles réalisées avec une préversion interne de Mythos qui n’est pas encore accessible au public.

Les découvertes concernent deux algorithmes de sécurité. D’abord HAWK, un schéma de signature numérique conçu pour résister aux ordinateurs quantiques. Ensuite AES, ou plus exactement une version réduite d’AES, utilisée en général en recherche pour mieux étudier la robustesse de cet algorithme.

Dans son billet, Anthropic affirme qu’aucune de ces découvertes n’a d’incidence sur l’informatique actuelle. Certes, mais elles ont tout de même quelques conséquences, même si elles sont loin de l’apocalypse décrite par certains.

Le vol court du faucon post-quantique


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Windows 11 recevra en août des améliorations attendues de longue date

29 juillet 2026 à 15:24
Déjà là, mais en fait pas trop
Windows 11 recevra en août des améliorations attendues de longue date

Microsoft a fait de nombreuses promesses cette année sur l’amélioration de la qualité générale dans Windows 11. Performances, recherche, code natif ou encore interface sont dans la ligne de mire. En août, le système va ainsi recevoir une longue série de nouveautés, dont certaines auraient dû arriver depuis bien longtemps.

L’initiative « K2 » de Microsoft vise à apporter à Windows 11 une foule d’améliorations tous azimuts. L’éditeur a abordé aussi bien les performances que l’utilisation de code natif (le menu Démarrer est partiellement écrit en React par exemple), la cohérence de l’interface, l’efficacité de la recherche et autres. De manière générale, le mouvement consisterait à donner – enfin – aux utilisateurs ce qu’ils attendent depuis des années. En théorie.

Les mises à jour mensuelles ont commencé à apporter certaines de ces améliorations. Celle du mois prochain s’annonce particulièrement copieuse, quand elle sera proposée en même temps que les correctifs de sécurité le 11 aout. Cette mise à jour est en fait déjà disponible dans la zone des téléchargements facultatifs dans Windows Update, pour les personnes un peu « aventurières » qui voudraient s’essayer aux nouveautés un mois en avance.

Explorateur, recherche et menu Démarrer

La mise à jour, référencée KB5101684, contient un peu de tout. Microsoft tire dans toutes les directions, preuve que l’éditeur semble assez sérieux sur les améliorations promises. Certains apports auraient d’ailleurs dû être dans Windows depuis bien longtemps.

C’est le cas de l’affichage automatique de l’unité de poids la plus adaptée dans la vue Détails de l’Explorateur. Aujourd’hui, et depuis bien longtemps, cette taille est systématiquement en Ko. Avec la mise à jour, l’unité s’adapte automatiquement pour afficher des Mo et Go en fonction du poids.

Dans l’Explorateur, on trouve plusieurs autres apports. D’abord la possibilité d’ouvrir un onglet depuis un clic molette sur un élément de la barre d’adresse ou de l’écran d’accueil. Ensuite, les miniatures dans la zone des contenus recommandés sont plus nettes. Enfin, le bug qui faisait apparaitre parfois un flash gris pendant le chargement ou le défilement a été corrigé.

La recherche est probablement une des fonctions qui reçoit le plus d’améliorations en ce moment. Outre la possibilité en approche de se concentrer uniquement sur les résultats locaux, la mise à jour d’août la rend plus tolérante sur les fautes typographiques (ce qu’elle n’est pas actuellement). Un fonctionnement élémentaire aujourd’hui, mais sur lequel Windows faisait l’impasse jusqu’ici. En outre, les résultats commencent à s’afficher à partir de deux lettres, contre trois jusqu’à présent. Les applications sont également mieux mises en avant dans les résultats.

On trouve aussi des améliorations de fiabilité plus générales. Par exemple, au chargement du systray dans la barre des tâches quand le système est utilisé en mode tablette.

Lecteurs d’empreintes ESS pour tout le monde

Les personnes intéressées par les empreintes digitales comme facteur de sécurité pourront désormais utiliser des lecteurs tiers pour Windows Hello Enhanced Sign-in Security (ESS), à condition qu’ils soient compatibles.

Dans sa version standard, Windows Hello repose sur des pilotes en espace utilisateur et/ou noyau. Si la machine est compromise par un programme malveillant disposant des privilèges administrateur, un attaquant peut théoriquement intercepter la mémoire ou usurper le signal de la caméra. ESS propose de résoudre ce problème en appliquant une architecture Zero Trust au niveau du silicium.

Sans surprise, ESS fonctionne avec des composants matériels dédiés. À la manière par exemple de la Secure Enclave dans un produit Apple, les données biométriques sont stockées dans le capteur et n’en sortent jamais. La vérification est effectuée directement sur la puce du capteur, qui communique ensuite le résultat chiffré au système via un certificat signé. Ce fonctionnement existe également pour les webcams, mais il faut là aussi des modèles spécifiques.

Dans sa documentation, Microsoft indique que tous les PC Copilot+ fonctionnent déjà avec ESS pour les webcams et les lecteurs d’empreintes intégrés. La mise à jour permet donc désormais d’utiliser des lecteurs tiers sur l’ensemble des PC avec le niveau de sécurité le plus élevé.

Windows Update, alimentation, accessibilité et autres

Windows Update récolte plusieurs améliorations sous le capot, après avoir reçu récemment la possibilité de repousser indéfiniment l’installation des correctifs en attente (ce qui n’est jamais recommandé, mais au moins les utilisateurs ont le contrôle). C’est la fiabilité générale du processus qui est cette fois concernée, avec des informations plus précises sur la progression de la mise à jour (téléchargement, installation, pourcentages…). L’opération de nettoyage post-installation est décrite comme plus efficace.

Du neuf également dans la gestion de l’alimentation. À partir de maintenant, tous les changements faits par l’utilisateur sur les temps d’inaction avant extinction de l’écran, mise en veille et hibernation du PC sont répercutés sur tous les modes (Performances, Équilibre…), et plus uniquement celui en cours. De plus, Microsoft réintègre dans le même panneau le réglage pour personnaliser le niveau de batterie à partir duquel l’ordinateur portable passe en mode d’économie d’énergie.

Côté accessibilité, on note des améliorations significatives. Accès vocal – qui permet de piloter la session Windows avec la voix – gagne ainsi un mode Isolation. Il peut être réglé selon trois crans : désactivé, bruits de fond uniquement, isolation complète. La Loupe fait de son côté disparaître les barres tactiles verticale et horizontale dans la zone, afin qu’elles n’interfèrent plus avec le contenu. Il est possible de les remettre en place en passant par les options.

On trouve également d’autres changements plus ou moins importants, dont certains spécifiques aux PC Copilot+. Par exemple, il est maintenant possible sur ces derniers de désinstaller le composant IA relatif à la génération d’images. Au fil des mises à jour, Microsoft augmente donc le nombre de ces composants désinstallables.

Microsoft signale en outre une série d’améliorations liées à la fiabilité. Pour Explorer.exe, l’éditeur signale ainsi du mieux avec l’ouverture des Jump Lists et des fichiers récents, lors du partage de fichiers et de dossiers, ainsi que lors de l’utilisation de la Vue Tâches et de plusieurs bureaux. Du mieux également pour les écrans de connexion et de verrouillage du système, « surtout quand la mémoire système est faible ». On note aussi une meilleure fiabilité du presse-papiers quand il est utilisé dans certains scénarios de bureau à distance et de bureau virtuel Azure.

Oui, mais…

Si cette mise à jour contient de sympathiques bonus et – manifestement – de nombreux bugs corrigés, vous ne pourrez pas forcément profiter de tout et tout de suite.

L’installation elle-même est possible depuis n’importe quelle machine équipée de la version 24H2 ou 25H2 de Windows 11. L’ordinateur peut redémarrer jusqu’à trois fois selon les cas. Ne soyez donc pas surpris et n’interrompez pas le processus.

En revanche, si vous cherchez les nouveautés visibles, vous pourriez faire chou blanc. Microsoft a la désagréable habitude d’activer les nouvelles fonctions progressivement. Dans notre cas, la plupart des améliorations ne sont pas utilisables par exemple (alors que nous nous faisions une joie de profiter des apports sur la recherche). Si vous ne voyez pas les nouveautés « promises », il faudra peut-être attendre plusieurs semaines.

Windows 11 recevra en août des améliorations attendues de longue date

29 juillet 2026 à 15:24
Déjà là, mais en fait pas trop
Windows 11 recevra en août des améliorations attendues de longue date

Microsoft a fait de nombreuses promesses cette année sur l’amélioration de la qualité générale dans Windows 11. Performances, recherche, code natif ou encore interface sont dans la ligne de mire. En août, le système va ainsi recevoir une longue série de nouveautés, dont certaines auraient dû arriver depuis bien longtemps.

L’initiative « K2 » de Microsoft vise à apporter à Windows 11 une foule d’améliorations tous azimuts. L’éditeur a abordé aussi bien les performances que l’utilisation de code natif (le menu Démarrer est partiellement écrit en React par exemple), la cohérence de l’interface, l’efficacité de la recherche et autres. De manière générale, le mouvement consisterait à donner – enfin – aux utilisateurs ce qu’ils attendent depuis des années. En théorie.

Les mises à jour mensuelles ont commencé à apporter certaines de ces améliorations. Celle du mois prochain s’annonce particulièrement copieuse, quand elle sera proposée en même temps que les correctifs de sécurité le 11 aout. Cette mise à jour est en fait déjà disponible dans la zone des téléchargements facultatifs dans Windows Update, pour les personnes un peu « aventurières » qui voudraient s’essayer aux nouveautés un mois en avance.

Explorateur, recherche et menu Démarrer

La mise à jour, référencée KB5101684, contient un peu de tout. Microsoft tire dans toutes les directions, preuve que l’éditeur semble assez sérieux sur les améliorations promises. Certains apports auraient d’ailleurs dû être dans Windows depuis bien longtemps.

C’est le cas de l’affichage automatique de l’unité de poids la plus adaptée dans la vue Détails de l’Explorateur. Aujourd’hui, et depuis bien longtemps, cette taille est systématiquement en Ko. Avec la mise à jour, l’unité s’adapte automatiquement pour afficher des Mo et Go en fonction du poids.

Dans l’Explorateur, on trouve plusieurs autres apports. D’abord la possibilité d’ouvrir un onglet depuis un clic molette sur un élément de la barre d’adresse ou de l’écran d’accueil. Ensuite, les miniatures dans la zone des contenus recommandés sont plus nettes. Enfin, le bug qui faisait apparaitre parfois un flash gris pendant le chargement ou le défilement a été corrigé.

La recherche est probablement une des fonctions qui reçoit le plus d’améliorations en ce moment. Outre la possibilité en approche de se concentrer uniquement sur les résultats locaux, la mise à jour d’août la rend plus tolérante sur les fautes typographiques (ce qu’elle n’est pas actuellement). Un fonctionnement élémentaire aujourd’hui, mais sur lequel Windows faisait l’impasse jusqu’ici. En outre, les résultats commencent à s’afficher à partir de deux lettres, contre trois jusqu’à présent. Les applications sont également mieux mises en avant dans les résultats.

On trouve aussi des améliorations de fiabilité plus générales. Par exemple, au chargement du systray dans la barre des tâches quand le système est utilisé en mode tablette.

Lecteurs d’empreintes ESS pour tout le monde

Les personnes intéressées par les empreintes digitales comme facteur de sécurité pourront désormais utiliser des lecteurs tiers pour Windows Hello Enhanced Sign-in Security (ESS), à condition qu’ils soient compatibles.

Dans sa version standard, Windows Hello repose sur des pilotes en espace utilisateur et/ou noyau. Si la machine est compromise par un programme malveillant disposant des privilèges administrateur, un attaquant peut théoriquement intercepter la mémoire ou usurper le signal de la caméra. ESS propose de résoudre ce problème en appliquant une architecture Zero Trust au niveau du silicium.

Sans surprise, ESS fonctionne avec des composants matériels dédiés. À la manière par exemple de la Secure Enclave dans un produit Apple, les données biométriques sont stockées dans le capteur et n’en sortent jamais. La vérification est effectuée directement sur la puce du capteur, qui communique ensuite le résultat chiffré au système via un certificat signé. Ce fonctionnement existe également pour les webcams, mais il faut là aussi des modèles spécifiques.

Dans sa documentation, Microsoft indique que tous les PC Copilot+ fonctionnent déjà avec ESS pour les webcams et les lecteurs d’empreintes intégrés. La mise à jour permet donc désormais d’utiliser des lecteurs tiers sur l’ensemble des PC avec le niveau de sécurité le plus élevé.

Windows Update, alimentation, accessibilité et autres

Windows Update récolte plusieurs améliorations sous le capot, après avoir reçu récemment la possibilité de repousser indéfiniment l’installation des correctifs en attente (ce qui n’est jamais recommandé, mais au moins les utilisateurs ont le contrôle). C’est la fiabilité générale du processus qui est cette fois concernée, avec des informations plus précises sur la progression de la mise à jour (téléchargement, installation, pourcentages…). L’opération de nettoyage post-installation est décrite comme plus efficace.

Du neuf également dans la gestion de l’alimentation. À partir de maintenant, tous les changements faits par l’utilisateur sur les temps d’inaction avant extinction de l’écran, mise en veille et hibernation du PC sont répercutés sur tous les modes (Performances, Équilibre…), et plus uniquement celui en cours. De plus, Microsoft réintègre dans le même panneau le réglage pour personnaliser le niveau de batterie à partir duquel l’ordinateur portable passe en mode d’économie d’énergie.

Côté accessibilité, on note des améliorations significatives. Accès vocal – qui permet de piloter la session Windows avec la voix – gagne ainsi un mode Isolation. Il peut être réglé selon trois crans : désactivé, bruits de fond uniquement, isolation complète. La Loupe fait de son côté disparaître les barres tactiles verticale et horizontale dans la zone, afin qu’elles n’interfèrent plus avec le contenu. Il est possible de les remettre en place en passant par les options.

On trouve également d’autres changements plus ou moins importants, dont certains spécifiques aux PC Copilot+. Par exemple, il est maintenant possible sur ces derniers de désinstaller le composant IA relatif à la génération d’images. Au fil des mises à jour, Microsoft augmente donc le nombre de ces composants désinstallables.

Microsoft signale en outre une série d’améliorations liées à la fiabilité. Pour Explorer.exe, l’éditeur signale ainsi du mieux avec l’ouverture des Jump Lists et des fichiers récents, lors du partage de fichiers et de dossiers, ainsi que lors de l’utilisation de la Vue Tâches et de plusieurs bureaux. Du mieux également pour les écrans de connexion et de verrouillage du système, « surtout quand la mémoire système est faible ». On note aussi une meilleure fiabilité du presse-papiers quand il est utilisé dans certains scénarios de bureau à distance et de bureau virtuel Azure.

Oui, mais…

Si cette mise à jour contient de sympathiques bonus et – manifestement – de nombreux bugs corrigés, vous ne pourrez pas forcément profiter de tout et tout de suite.

L’installation elle-même est possible depuis n’importe quelle machine équipée de la version 24H2 ou 25H2 de Windows 11. L’ordinateur peut redémarrer jusqu’à trois fois selon les cas. Ne soyez donc pas surpris et n’interrompez pas le processus.

En revanche, si vous cherchez les nouveautés visibles, vous pourriez faire chou blanc. Microsoft a la désagréable habitude d’activer les nouvelles fonctions progressivement. Dans notre cas, la plupart des améliorations ne sont pas utilisables par exemple (alors que nous nous faisions une joie de profiter des apports sur la recherche). Si vous ne voyez pas les nouveautés « promises », il faudra peut-être attendre plusieurs semaines.

Des fuites de Claude sur des conversations partagées ? Pas vraiment

29 juillet 2026 à 14:25
Encore un problème de l’interface chaise-clavier
Des fuites de Claude sur des conversations partagées ? Pas vraiment

Des internautes ont signalé qu’il était simple de retrouver des conversations Claude partagées. Pour Anthropic cependant, il n’y a aucun problème : c’est le fonctionnement attendu de cette capacité. Mais ce n’est pas tout à fait aussi simple. Encore plus inquiétant, c’est le quatrième incident du genre en un an.

Durant le week-end du 25 - 26 juillet, des utilisateurs de Reddit ont découvert que l’opérateur de recherche « site:claude.ai/share » faisait remonter dans Google une longue liste de conversations Claude partagées, ainsi que des éléments nommés Artefacts par Anthropic : documents et mini-applications interactifs générés dans l’outil.

Le 27 juillet, 404 Media publie un article évoquant la situation, rapidement suivi par d’autres, comme TechCrunch. Depuis, nombre de sites et personnes ont évoqué la situation, relevant qu’on peut trouver une foule d’informations dans ces éléments partagés.

Ces révélations ont pris un tour plus dangereux quand certaines informations se sont avérées être sensibles. Futurism, cité par plusieurs médias, a identifié un rapport médical détaillé nommant un patient, des résultats d’essai clinique avec des noms de patients, ainsi que des fichiers contenant les noms et numéros de téléphone d’enfants d’école primaire. Le contenu exposé allait de notes de programmation et de fausses critiques de livres à des éléments bien plus sensibles : rapports médicaux de patients, données d’essais cliniques avec noms réels, documents internes d’entreprise, évaluations de salariés, clés API et identifiants de connexion.

Pour Anthropic, c’est tout à fait normal

Pour l’entreprise à l’origine de Claude, c’est le résultat d’un comportement parfaitement attendu : les conversations partagées sont accessibles à toute personne possédant le lien. Or, il suffit que ce lien ait été publié dans un endroit accessible aux moteurs de recherche pour qu’il se retrouve dans les résultats, si la requête est conçue spécifiquement pour le retrouver et que le fichiers robots.txt n’interdit pas explicitement la récupération des informations.

Amie Rotherham, porte-parole d’Anthropic, a ainsi indiqué à TechCrunch :

« Nous donnons aux gens le contrôle pour partager publiquement leurs conversations avec Claude, et conformément à nos principes de confidentialité, nous ne partageons pas les annuaires de discussion ni les sitemaps avec des moteurs de recherche comme Google. Ces liens partageables ne sont ni devinables ni découvrables à moins que les gens choisissent de les partager eux-mêmes. Lorsqu’une personne partage une conversation, elle rend ce contenu accessible au public, et comme tout autre contenu public sur le web, il peut être archivé par des services tiers ».

Du côté de Google, on cherche également à se montrer clair : « Ni Google ni aucun autre moteur de recherche ne contrôle quelles pages sont rendues publiques sur le web, et ces pages ont été indexées sur de nombreux moteurs de recherche. Nous donnons aux propriétaires de sites des contrôles clairs pour décider si les pages peuvent être explorées ou indexées, et nous respectons toujours ces directives ». En d’autres termes, ces liens étaient publics et ont été repris par tous les moteurs, sous-entendu : « pas nous uniquement ».

Mais ce n’est pas si simple

La situation semble à l’heure réglée, les résultats ayant disparu dans l’après-midi du lundi 27 juillet. Si le fonctionnement des conversations partagées était normal, pourquoi cette disparition.

Parce qu’en dépit de ce qu’a déclaré Anthropic, il semble bien qu’il y ait eu un problème, selon Search Engine Journal. Nos confrères ont réalisé un audit des en-têtes HTTP ce même 27 juillet. Le chemin /share/* de claude.ai est bloqué par une directive Disallow dans le robots.txt, sous le groupe générique User-agent: *.

Or, les pages elles-mêmes renvoient un en-tête X-Robots-Tag: none, que les directives de Google traitent comme équivalent à noindex et nofollow. Le chemin de partage est ainsi bloqué par le robots.txt de claude.ai.

Et c’est là que survient le problème, selon Search Engine Journal : « À cause de cela, les règles entrent en conflit. Selon les directives de Google, un tag noindex ne fonctionne que si l’outil d’exploration est autorisé à accéder et à lire la page. Si une page est bloquée par robots.txt, elle peut toujours être indexée si d’autres pages y renvoient, puisque Googlebot note l’URL sans l’ouvrir réellement ».

Le bot de Google voit donc une page disposant d’une directive de non-référencement et en indexe l’URL nue, sans le contenu. Il en va de même pour les URL présentes sur cette page, dont les directives ne peuvent pas être lues à cause du premier blocage. Ce conflit a entrainé le référencement des adresses de partage des conversations Claude, sans leur contenu. Voilà pourquoi on pouvait les retrouver avec un opérateur de recherche.

Anthropic n’a pas communiqué de correctif technique explicite. La disparition des résultats de recherche dès le lundi après-midi a été constatée par 404 Media, TechCrunch mais également par Next, sans confirmation officielle du mécanisme corrigé. Ce nettoyage et les observations réalisées par Search Engine Journal laissent cependant penser que l’entreprise s’est peut-être rendu compte du conflit potentiel entre les directives.

Que faire côté internaute ?

Si vous ne partagez pas vos conversations Claude ou que vous ne le faites qu’au travers d’autres moyens que des pages web (par exemple une messagerie instantanée), il n’y a rien à craindre. Toutes les conversations sont privées (au sens d’Anthropic) par défaut.

Si vous avez des conversations partagées, vous pouvez cependant en révoquer l’accès. Rendez-vous dans les paramètres du compte, puis dans « Confidentialité ». Là, descendez jusqu’à la ligne « Conversations partagées » puis cliquez sur « Gérer ». La liste apparaitra, avec possibilité de voir la conversation et de la supprimer.

Notez bien que l’icône de poubelle, qui désigne la suppression, ne signifie pas que la conversation elle-même sera effacée, uniquement le partage associé. Autre information importante, la gestion des Artefacts est séparée et se fait depuis la ligne juste en-dessous de « Conversations partagées ».

Ce n’est pas une première, loin de là

Ce n’est pas la première fois (et certainement pas la dernière) que ce genre de couac arrive. Il y a un an, OpenAI corrigeait le tir de son IA générative qui laissait vos discussions « publiques » avec ChatGPT être indexées par les moteurs de recherche, dont Google. Quelques semaines après OpenAI, xAI aussi y est allé de sa pierre à l’édifice avec des centaines de milliers de conversations rendues accessibles via les moteurs de recherche.

En septembre, Forbes alertait sur la présence de plusieurs centaines de conversations avec le chatbot Claude d’Anthropic dans Google. Déjà à l’époque, l’entreprise rejetait la faute sur les utilisateurs : « La porte-parole d’Anthropic, Gabby Curtis, a déclaré à Forbes que les conversations avec Claude n’étaient visibles que sur Google et Bing parce que les utilisateurs avaient publié des liens vers ces conversations en ligne ou sur les réseaux sociaux », expliquaient nos confrères.

Quatre incidents du même genre en seulement un an, le problème est récurrent. C’est l’occasion de rappeler une règle élémentaire : ne pas partager publiquement le lien d’un document que vous souhaitez garder pour vous. On pourrait même recommander de ne pas créer de lien de partage tout court afin de limiter les risques. Parfois, certains ne savent même pas que les documents sont accessibles publiquement, comme nous l’avons démontré avec des Google Groupes en accès libre aux quatre vents.

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