Vue normale

Revue de presse de l’April pour la semaine 35 de l’année 2026

1 septembre 2026 à 06:57

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Basta!] «Interdire l'IA»: des développeurs de logiciels libres rejettent l'intelligence artificielle

✍ Rachel Knaebel, le vendredi 28 août 2026.

La vaste communauté de développeurs de logiciels libres de Debian a discuté pendant l’été d’interdire le code produit avec des LLM. Pour certains, il faut bannir l’IA. Pour d’autres, l’IA est certes nuisible, mais incontournable, et, surtout, déjà là.

Note: le vote est clos et c’est la proposition “choix 5: usage responsable de l’IA générative” qui a gagné.

[Le Monde Informatique] AWS annonce le rachat de DuckLabs, le modèle open source sera préservé

✍ Elgodjam Hanna, le jeudi 27 août 2026.

Amazon Web Services va intégrer DuckLabs, l’entreprise d’Amsterdam à l’origine de DuckDB, une base de données analytique open source conçue pour être embarquée directement dans les applications. Annoncée le 26 août, l’opération doit permettre à AWS de renforcer ses capacités dans l’analytique tout en donnant à l’équipe de DuckLabs davantage de moyens pour développer son écosystème.

Et aussi:

[Les Echos] Nvidia continue de bâtir son empire en mettant la main sur la plateforme IA Hugging Face

Le jeudi 27 août 2026.

Selon plusieurs médias américains, le géant des puces électroniques va racheter la plateforme franco-américaine Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Une acquisition qui constituerait l’une des plus importantes de Nvidia à ce jour.

Et aussi:

[Les Numeriques] Toujours garantie sans IA, la suite bureautique LibreOffice 26.8 fait le plein d'améliorations

✍ Antoine Roche, le jeudi 27 août 2026.

La version 26.8 de LibreOffice est disponible et promet bien des améliorations et correctifs dans trois principaux domaines : la qualité typographique des documents générés, la diversité des systèmes d’écriture qu’elle prend correctement en charge, ainsi que la fidélité avec laquelle les documents conservent leur intégrité lors de leur échange avec d’autres suites bureautiques. Et tout ça, sans intelligence artificielle.

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

☕️ En Europe, Google ne dévalorisera plus les contenus sponsorisés des sites de presse

28 août 2026 à 10:35


Pour se plier au DMA européen, Google vient d’annoncer que son moteur de recherche n’allait plus considérer les contenus sponsorisés publiés automatiquement sur les sites de presse comme du spam.

En novembre 2025, la Commission européenne avait annoncé l’ouverture d’une enquête contre Google soupçonnant l’entreprise de « réduire la visibilité des contenus des éditeurs de médias ». Elle affirmait que la politique relative à l’abus de la réputation d’un site de Google « déclassait les sites web et les contenus des médias d’information et d’autres éditeurs dans les résultats de recherche Google lorsque ces sites comportaient du contenu provenant de partenaires commerciaux ».

Page d'accueil de google

La Commission donnait aussi le point de vue de Google : « cette politique vise à lutter contre les pratiques qui auraient pour but de manipuler le classement dans les résultats de recherche ». Et, en effet, depuis mars 2024, l’entreprise avait mis à jour ses règles concernant le spam. Elle y expliquait qu’elle considérait qu’un site utilisait sa réputation de façon abusive « lorsque des pages tierces sont publiées sans supervision ni implication étroite de la part du propriétaire, et que le but est de manipuler le classement dans les résultats de recherche en tirant parti des signaux de classement du site propriétaire ».

Elle ajoutait : « il s’agit des pages sponsorisées, publicitaires, de partenaires ou de tiers qui sont généralement indépendantes de l’objectif principal d’un site hôte ou qui ont été créées sans une supervision ni une implication étroite du site hôte, et qui ne présentent que peu ou pas d’intérêt pour les utilisateurs ».

Mais pour la Commission, « cette politique semble avoir un impact direct sur un moyen courant et légitime pour les éditeurs de monétiser leurs sites web et leurs contenus ».

Google lâche donc, en Europe, du lest sur cette politique. « À la suite de discussions avec la Commission européenne, nous adaptons notre approche en matière d’application de la réglementation au sein de l’Espace économique européen (EEE) et clarifions les critères que nous prenons en compte lors de la mise en œuvre de cette politique », affirme-t-elle.

À partir du 30 août prochain, en Europe seulement, les actions manuelles de Google contre ce genre de pratiques n’affecteront plus le classement des pages incriminées. L’entreprise note qu’elle continue de les étiqueter comme des spams dans son système pour qu’à terme, ces pages soient quand même classées indépendamment du reste du site.

« Bien que nous restions préoccupés par le fait qu’une application trop large du DMA puisse nous empêcher de lutter contre les menaces réelles pesant sur l’intégrité de nos résultats de recherche, nous estimons que cette approche nous permet de lutter contre les tentatives de manipulation des résultats de recherche destinées à nos utilisateurs », assure-t-elle.

« Nous nous félicitons de l’abrogation de cette mesure, qui pénalisait injustement les éditeurs et les autres utilisateurs professionnels de Google Search », a déclaré à Reuters Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne. « Grâce au DMA, Google Search ne reléguera plus les publications de presse au second plan au seul motif qu’elles hébergent du contenu tiers », a-t-il ajouté. « La Commission va désormais surveiller l’application de cette nouvelle politique afin de s’assurer qu’elle est conforme au DMA ».

☕️ En Europe, Google ne dévalorisera plus les contenus sponsorisés des sites de presse

28 août 2026 à 10:35


Pour se plier au DMA européen, Google vient d’annoncer que son moteur de recherche n’allait plus considérer les contenus sponsorisés publiés automatiquement sur les sites de presse comme du spam.

En novembre 2025, la Commission européenne avait annoncé l’ouverture d’une enquête contre Google soupçonnant l’entreprise de « réduire la visibilité des contenus des éditeurs de médias ». Elle affirmait que la politique relative à l’abus de la réputation d’un site de Google « déclassait les sites web et les contenus des médias d’information et d’autres éditeurs dans les résultats de recherche Google lorsque ces sites comportaient du contenu provenant de partenaires commerciaux ».

Page d'accueil de google

La Commission donnait aussi le point de vue de Google : « cette politique vise à lutter contre les pratiques qui auraient pour but de manipuler le classement dans les résultats de recherche ». Et, en effet, depuis mars 2024, l’entreprise avait mis à jour ses règles concernant le spam. Elle y expliquait qu’elle considérait qu’un site utilisait sa réputation de façon abusive « lorsque des pages tierces sont publiées sans supervision ni implication étroite de la part du propriétaire, et que le but est de manipuler le classement dans les résultats de recherche en tirant parti des signaux de classement du site propriétaire ».

Elle ajoutait : « il s’agit des pages sponsorisées, publicitaires, de partenaires ou de tiers qui sont généralement indépendantes de l’objectif principal d’un site hôte ou qui ont été créées sans une supervision ni une implication étroite du site hôte, et qui ne présentent que peu ou pas d’intérêt pour les utilisateurs ».

Mais pour la Commission, « cette politique semble avoir un impact direct sur un moyen courant et légitime pour les éditeurs de monétiser leurs sites web et leurs contenus ».

Google lâche donc, en Europe, du lest sur cette politique. « À la suite de discussions avec la Commission européenne, nous adaptons notre approche en matière d’application de la réglementation au sein de l’Espace économique européen (EEE) et clarifions les critères que nous prenons en compte lors de la mise en œuvre de cette politique », affirme-t-elle.

À partir du 30 août prochain, en Europe seulement, les actions manuelles de Google contre ce genre de pratiques n’affecteront plus le classement des pages incriminées. L’entreprise note qu’elle continue de les étiqueter comme des spams dans son système pour qu’à terme, ces pages soient quand même classées indépendamment du reste du site.

« Bien que nous restions préoccupés par le fait qu’une application trop large du DMA puisse nous empêcher de lutter contre les menaces réelles pesant sur l’intégrité de nos résultats de recherche, nous estimons que cette approche nous permet de lutter contre les tentatives de manipulation des résultats de recherche destinées à nos utilisateurs », assure-t-elle.

« Nous nous félicitons de l’abrogation de cette mesure, qui pénalisait injustement les éditeurs et les autres utilisateurs professionnels de Google Search », a déclaré à Reuters Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne. « Grâce au DMA, Google Search ne reléguera plus les publications de presse au second plan au seul motif qu’elles hébergent du contenu tiers », a-t-il ajouté. « La Commission va désormais surveiller l’application de cette nouvelle politique afin de s’assurer qu’elle est conforme au DMA ».

Google interpose ses propres liens dans les résultats de recherche

27 août 2026 à 13:33
Google brouille la piste
Google interpose ses propres liens dans les résultats de recherche

Google déploie discrètement un changement important sur son moteur de recherche. Les liens directs dans les résultats sont remplacés par des liens intermédiaires commençant par google.com/goto?. Une « mesure technique » pour se protéger des abus, explique l’entreprise.

Les internautes lambda ne verront pas la différence, mais le changement que Google est en train de déployer sur son moteur de recherche ne passe pas inaperçu chez les spécialistes du SEO. Quand le curseur de la souris survole un résultat, son URL apparait en bas du navigateur. Depuis quelques semaines chez certains internautes, cette information ne renvoie plus directement vers l’URL réelle de la page web, mais affiche une adresse débutant par google.com/goto?. Un clic sur le résultat active ensuite une redirection vers le site désiré.

Un détour entre l’internaute et le web

Avec cette redirection intermédiaire, on perd donc une information importante, celle de l’URL réelle du résultat de recherche. « Nous avons une longue tradition de déploiement de mesures techniques contre des formes d’abus en constante évolution, et nous prenons régulièrement des mesures pour protéger nos services et nos utilisateurs », confirme un porte-parole de Google au site Search Engine Roundtable.

À gauche, la page de résultats donne un lien direct. À droite, on voit la redirection implémentée par Google – capture d’écran Next

Pour l’utilisateur, ça ne change rien en surface : un clic sur le lien renvoie correctement vers le bon site. Et puis l’URL réelle est toujours présente sous le résultat. En termes de transparence en revanche, il y aurait à redire puisqu’on se retrouve avec des URL différentes pour le même résultat de recherche.

L’impact est bien plus important pour l’écosystème SEO, et pour tous ceux qui pratiquent la mesure d’audience au quotidien. Les outils de suivi de positions, d’analyses des pages de résultats d’un moteur de recherche (SERP) ou d’attribution vont voir des URL de type google.com/goto? au lieu des vraies adresses. Des outils peuvent être amenés à mal classer le trafic, créant une divergence avec Google Search Console.

Si Google est le seul a avoir les moyens de mesurer proprement les résultats, les outils indépendants qui aident les sites à comprendre leur visibilité seront affaiblis. Voilà qui pourrait intéresser les régulateurs voulant briser la domination de Google sur la recherche en ligne.

Google souhaite aussi probablement serrer la vis aux scrapers IA. Les robots qui aspirent automatiquement les résultats Google pour alimenter un moteur de réponse ou pour obtenir à moindre frais des données d’entraînement pour des modèles concurrents pourraient en faire les frais. Le scraping devient plus compliqué avec ces redirections opaques.

Quoi qu’il en soit, ce changement confère à Google un pouvoir accru sur l’accès aux données de recherche. L’entreprise contrôle déjà l’interface, le classement, les impressions, les clics, sa Console, les publicités Ads… Avec une redirection opaque comme c’est le cas ici, Google limite la capacité des chercheurs, des éditeurs et des concurrents à « voir » le web tel qu’il apparait dans le moteur dominant.

Google interpose ses propres liens dans les résultats de recherche

27 août 2026 à 13:33
Google brouille la piste
Google interpose ses propres liens dans les résultats de recherche

Google déploie discrètement un changement important sur son moteur de recherche. Les liens directs dans les résultats sont remplacés par des liens intermédiaires commençant par google.com/goto?. Une « mesure technique » pour se protéger des abus, explique l’entreprise.

Les internautes lambda ne verront pas la différence, mais le changement que Google est en train de déployer sur son moteur de recherche ne passe pas inaperçu chez les spécialistes du SEO. Quand le curseur de la souris survole un résultat, son URL apparait en bas du navigateur. Depuis quelques semaines chez certains internautes, cette information ne renvoie plus directement vers l’URL réelle de la page web, mais affiche une adresse débutant par google.com/goto?. Un clic sur le résultat active ensuite une redirection vers le site désiré.

Un détour entre l’internaute et le web

Avec cette redirection intermédiaire, on perd donc une information importante, celle de l’URL réelle du résultat de recherche. « Nous avons une longue tradition de déploiement de mesures techniques contre des formes d’abus en constante évolution, et nous prenons régulièrement des mesures pour protéger nos services et nos utilisateurs », confirme un porte-parole de Google au site Search Engine Roundtable.

À gauche, la page de résultats donne un lien direct. À droite, on voit la redirection implémentée par Google – capture d’écran Next

Pour l’utilisateur, ça ne change rien en surface : un clic sur le lien renvoie correctement vers le bon site. Et puis l’URL réelle est toujours présente sous le résultat. En termes de transparence en revanche, il y aurait à redire puisqu’on se retrouve avec des URL différentes pour le même résultat de recherche.

L’impact est bien plus important pour l’écosystème SEO, et pour tous ceux qui pratiquent la mesure d’audience au quotidien. Les outils de suivi de positions, d’analyses des pages de résultats d’un moteur de recherche (SERP) ou d’attribution vont voir des URL de type google.com/goto? au lieu des vraies adresses. Des outils peuvent être amenés à mal classer le trafic, créant une divergence avec Google Search Console.

Si Google est le seul a avoir les moyens de mesurer proprement les résultats, les outils indépendants qui aident les sites à comprendre leur visibilité seront affaiblis. Voilà qui pourrait intéresser les régulateurs voulant briser la domination de Google sur la recherche en ligne.

Google souhaite aussi probablement serrer la vis aux scrapers IA. Les robots qui aspirent automatiquement les résultats Google pour alimenter un moteur de réponse ou pour obtenir à moindre frais des données d’entraînement pour des modèles concurrents pourraient en faire les frais. Le scraping devient plus compliqué avec ces redirections opaques.

Quoi qu’il en soit, ce changement confère à Google un pouvoir accru sur l’accès aux données de recherche. L’entreprise contrôle déjà l’interface, le classement, les impressions, les clics, sa Console, les publicités Ads… Avec une redirection opaque comme c’est le cas ici, Google limite la capacité des chercheurs, des éditeurs et des concurrents à « voir » le web tel qu’il apparait dans le moteur dominant.

Un an après, l’efficacité de la vérification d’âge sur les sites pornos reste à prouver

27 août 2026 à 09:20
Les mauvais élèves gagnent
Un an après, l’efficacité de la vérification d’âge sur les sites pornos reste à prouver

Un an après la mise en œuvre du dispositif de vérification de l’âge aux portes des sites pornographiques, un sondage permet de tirer un premier bilan pour le moins contrasté de ce dispositif de la loi SREN.

Après bien des soubresauts, l’obligation de contrôle de l’âge pour l’accès aux sites pornos est la règle depuis le 15 juillet 2025 et une décision du Conseil d’État. Un sondage réalisé à l’occasion de la première année de mise en œuvre de cette mesure invite à relativiser l’efficacité du dispositif, comme dans d’autres pays où des mesures similaires ont été mises en place.

La consommation glisse vers les sites sans contrôle

L’étude a été réalisée en ligne par l’Ifop pour CAM4 du 9 au 15 juillet 2026 auprès d’un échantillon de 3 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, complété par un échantillon spécifique de 500 jeunes de 15 à 17 ans. Un des enseignements est que le dispositif de vérification de l’âge a déplacé la consommation vers des sites qui ne respectent pas le dispositif.

69 % des adultes et 78 % des mineurs (15 - 17 ans) ayant visionné du porno ces douze derniers mois l’ont en effet fait sur des sites ne réclamant pas l’âge. Près de la moitié des majeurs (48 %) et 65 % des mineurs ont cessé de consulter des sites imposant la vérification de l’âge, au profit de sites ne respectant pas l’obligation. 36 % des sondés ont consulté uniquement des sites n’exigeant pas la vérification de l’âge, contre 23 % qui n’ont consulté que des sites la demandant.

« C’est le résultat le plus embarrassant pour le dispositif : l’obligation légale a fabriqué, sans le vouloir, un avantage concurrentiel au bénéfice de ceux qui ne la respectent pas », explique l’Ifop. « Le paradoxe est que ce sont les opérateurs les plus vertueux, ceux qui ont investi dans une solution de vérification conforme, qui en paient le prix, en perdant des visiteurs. »

L’impact de cette mesure a donc été relativement modeste. Seuls 16 % des adultes et 22 % des 15 - 17 ans ont cessé de se rendre sur des sites pornos. Un tiers des mineurs ont réduit leur fréquentation. Pour la majorité des adultes (52 %) et pour 4 mineurs sur 10, l’obligation n’a rien changé à leur consommation.

« La friction introduite par le contrôle produit donc bien un effet dissuasif, et cet effet est deux fois plus fort chez les mineurs que chez les adultes, mais il ne concerne qu’un peu plus d’un adolescent sur trois, les deux autres tiers ayant trouvé le moyen d’accéder malgré tout à ces contenus », analyse l’Ifop.

La consommation des sites pour adultes n’a finalement guère évolué depuis 2023, relève encore l’institut. À l’époque, 58 % des 18 - 24 ans affirmaient avoir consulté des films ou des images pornographiques en ligne. Un chiffre similaire en 2026. On constate même une hausse de la consommation pour les sites sur abonnement type OnlyFans (+ 8 points) et de webcams (+ 4 points).

Le principe séduit plus que ses modalités

À peine la moitié des sondés ont été confrontés à une demande de vérification de l’âge, ce qui pose la question de la réalité du dispositif et son respect par les les sites concernés. 64 % des personnes interrogées estiment d’ailleurs « peu efficace » ou « pas efficace du tout » le dispositif actuel.

83 % des Français voudraient que l’Arcom, chargé de faire respecter la loi, s’assure que tous les sites pornos mettent en place un système de vérification de l’âge. Et 86 % d’entre eux souhaitent que l’obligation soit étendue aux réseaux sociaux où circulent des contenus pornos.

Parmi les internautes confrontés à une demande de vérification de l’âge, 39 % des majeurs et 18 % des 15 - 17 ans ont effectué la démarche. Parmi ceux qui s’y sont refusés, 14 % ont utilisé un moyen de contournement type VPN. Le taux de conformité est minimal chez les 18 - 24 ans (24 %) pour grimper jusqu’à 49 % chez les 50 - 64 ans.

« Autrement dit, la vérification est d’autant mieux acceptée que l’internaute est éloigné de l’âge qu’elle vise à exclure », décrypte l’institut de sondage pour qui « on touche ici au paradoxe central du dispositif : le contrôle d’âge fonctionne surtout auprès de celles et ceux qu’il n’a pas pour objet de protéger » :

« Les quinquagénaires se vérifient, les adolescents contournent. Cette sélectivité inversée n’a rien d’étonnant sociologiquement : la maîtrise des outils de contournement (VPN, sites miroirs, moteurs alternatifs) est une compétence générationnelle, et le coût symbolique de la démarche – dire son nom pour dire son désir – est d’autant plus lourd que la sexualité est vécue dans la clandestinité. Un dispositif qui produit donc l’inverse de l’effet recherché : il filtre les adultes et laisse passer les mineurs les plus outillés. »

Un an après la mise en œuvre de cette obligation, la vérification de l’âge a donc fait bouger davantage les itinéraires (cap sur les sites pour adultes ne respectant pas la mesure) que les usages (les visites sur les sites porno n’ont pas reculé). « La moitié des consommateurs majeurs déclarent que rien n’a changé pour eux, et la proportion de ceux qui ont vraiment renoncé reste à un niveau qui ne permet pas de parler d’un recul significatif de la consommation de pornographie en France », indique l’institut.

Pourtant, les Français dans leur ensemble n’ont rien contre le dispositif, bien au contraire. 89 % se disent même favorables au principe de vérification d’âge pour les sites porno. Un jugement partagé par 86 % des mineurs de 15 - 17 ans. Ce sont surtout les techniques de vérification qui sont pointées du doigt. 57 % des sondés sont favorables à la transmission d’un document d’identité, 53 % à un système d’évaluation de l’âge à partir d’une photo ou d’une vidéo.

L’app européenne de vérification de l’âge recueille en revanche bien plus de suffrages (77 %), contre 64 % pour les solutions en double anonymat.

Un an après, l’efficacité de la vérification d’âge sur les sites pornos reste à prouver

27 août 2026 à 09:20
Les mauvais élèves gagnent
Un an après, l’efficacité de la vérification d’âge sur les sites pornos reste à prouver

Un an après la mise en œuvre du dispositif de vérification de l’âge aux portes des sites pornographiques, un sondage permet de tirer un premier bilan pour le moins contrasté de ce dispositif de la loi SREN.

Après bien des soubresauts, l’obligation de contrôle de l’âge pour l’accès aux sites pornos est la règle depuis le 15 juillet 2025 et une décision du Conseil d’État. Un sondage réalisé à l’occasion de la première année de mise en œuvre de cette mesure invite à relativiser l’efficacité du dispositif, comme dans d’autres pays où des mesures similaires ont été mises en place.

La consommation glisse vers les sites sans contrôle

L’étude a été réalisée en ligne par l’Ifop pour CAM4 du 9 au 15 juillet 2026 auprès d’un échantillon de 3 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, complété par un échantillon spécifique de 500 jeunes de 15 à 17 ans. Un des enseignements est que le dispositif de vérification de l’âge a déplacé la consommation vers des sites qui ne respectent pas le dispositif.

69 % des adultes et 78 % des mineurs (15 - 17 ans) ayant visionné du porno ces douze derniers mois l’ont en effet fait sur des sites ne réclamant pas l’âge. Près de la moitié des majeurs (48 %) et 65 % des mineurs ont cessé de consulter des sites imposant la vérification de l’âge, au profit de sites ne respectant pas l’obligation. 36 % des sondés ont consulté uniquement des sites n’exigeant pas la vérification de l’âge, contre 23 % qui n’ont consulté que des sites la demandant.

« C’est le résultat le plus embarrassant pour le dispositif : l’obligation légale a fabriqué, sans le vouloir, un avantage concurrentiel au bénéfice de ceux qui ne la respectent pas », explique l’Ifop. « Le paradoxe est que ce sont les opérateurs les plus vertueux, ceux qui ont investi dans une solution de vérification conforme, qui en paient le prix, en perdant des visiteurs. »

L’impact de cette mesure a donc été relativement modeste. Seuls 16 % des adultes et 22 % des 15 - 17 ans ont cessé de se rendre sur des sites pornos. Un tiers des mineurs ont réduit leur fréquentation. Pour la majorité des adultes (52 %) et pour 4 mineurs sur 10, l’obligation n’a rien changé à leur consommation.

« La friction introduite par le contrôle produit donc bien un effet dissuasif, et cet effet est deux fois plus fort chez les mineurs que chez les adultes, mais il ne concerne qu’un peu plus d’un adolescent sur trois, les deux autres tiers ayant trouvé le moyen d’accéder malgré tout à ces contenus », analyse l’Ifop.

La consommation des sites pour adultes n’a finalement guère évolué depuis 2023, relève encore l’institut. À l’époque, 58 % des 18 - 24 ans affirmaient avoir consulté des films ou des images pornographiques en ligne. Un chiffre similaire en 2026. On constate même une hausse de la consommation pour les sites sur abonnement type OnlyFans (+ 8 points) et de webcams (+ 4 points).

Le principe séduit plus que ses modalités

À peine la moitié des sondés ont été confrontés à une demande de vérification de l’âge, ce qui pose la question de la réalité du dispositif et son respect par les les sites concernés. 64 % des personnes interrogées estiment d’ailleurs « peu efficace » ou « pas efficace du tout » le dispositif actuel.

83 % des Français voudraient que l’Arcom, chargé de faire respecter la loi, s’assure que tous les sites pornos mettent en place un système de vérification de l’âge. Et 86 % d’entre eux souhaitent que l’obligation soit étendue aux réseaux sociaux où circulent des contenus pornos.

Parmi les internautes confrontés à une demande de vérification de l’âge, 39 % des majeurs et 18 % des 15 - 17 ans ont effectué la démarche. Parmi ceux qui s’y sont refusés, 14 % ont utilisé un moyen de contournement type VPN. Le taux de conformité est minimal chez les 18 - 24 ans (24 %) pour grimper jusqu’à 49 % chez les 50 - 64 ans.

« Autrement dit, la vérification est d’autant mieux acceptée que l’internaute est éloigné de l’âge qu’elle vise à exclure », décrypte l’institut de sondage pour qui « on touche ici au paradoxe central du dispositif : le contrôle d’âge fonctionne surtout auprès de celles et ceux qu’il n’a pas pour objet de protéger » :

« Les quinquagénaires se vérifient, les adolescents contournent. Cette sélectivité inversée n’a rien d’étonnant sociologiquement : la maîtrise des outils de contournement (VPN, sites miroirs, moteurs alternatifs) est une compétence générationnelle, et le coût symbolique de la démarche – dire son nom pour dire son désir – est d’autant plus lourd que la sexualité est vécue dans la clandestinité. Un dispositif qui produit donc l’inverse de l’effet recherché : il filtre les adultes et laisse passer les mineurs les plus outillés. »

Un an après la mise en œuvre de cette obligation, la vérification de l’âge a donc fait bouger davantage les itinéraires (cap sur les sites pour adultes ne respectant pas la mesure) que les usages (les visites sur les sites porno n’ont pas reculé). « La moitié des consommateurs majeurs déclarent que rien n’a changé pour eux, et la proportion de ceux qui ont vraiment renoncé reste à un niveau qui ne permet pas de parler d’un recul significatif de la consommation de pornographie en France », indique l’institut.

Pourtant, les Français dans leur ensemble n’ont rien contre le dispositif, bien au contraire. 89 % se disent même favorables au principe de vérification d’âge pour les sites porno. Un jugement partagé par 86 % des mineurs de 15 - 17 ans. Ce sont surtout les techniques de vérification qui sont pointées du doigt. 57 % des sondés sont favorables à la transmission d’un document d’identité, 53 % à un système d’évaluation de l’âge à partir d’une photo ou d’une vidéo.

L’app européenne de vérification de l’âge recueille en revanche bien plus de suffrages (77 %), contre 64 % pour les solutions en double anonymat.

gTLD : de nouvelles extensions arrivent : .gram, .coin, .agent ou peut-être .meta ?

26 août 2026 à 08:25
.pwned aussi ?
gTLD : de nouvelles extensions arrivent : .gram, .coin, .agent ou peut-être .meta ?

Après 14 ans d’attente, de nouvelles extensions, ou plutôt de nouveaux domaines génériques de premier niveau (gTLD), vont bientôt voir le jour. L’ICANN a fermé les inscriptions au nouveau round de demandes. On devrait connaître officiellement toutes les candidatures en octobre, mais certains, comme Telegram, ont déjà révélé avoir demandé des extensions. Next vous explique les enjeux.

Après le .xyz, le .amazon ou le .alsace, verra-t-on arriver des URL se finissant par .agent, .coin, .slides, .gram, .socialmedia, .meta ou d’autres terminaisons encore plus spécifiques ? C’est l’enjeu du nouveau round des nouveaux domaines génériques de premier niveau (gTLD) qui a lieu cette année.

L’ICANN a ouvert les candidatures pour la délégation de nouveaux gTLD en avril et les a fermées le 12 août dernier. Le lendemain, l’autorité de régulation d’Internet en charge de l’affectation des noms de domaine de premier niveau annonçait 1 600 candidatures, tout en précisant que ce ne serait pas forcément le nombre final de candidatures puisque les candidats avaient jusqu’au 19 août pour payer la facture du dossier : 227 000 dollars par demande minimum, à quoi s’ajoutent parfois des frais supplémentaires. L’ICANN prévoit de dévoiler toutes les candidatures mi-octobre.

Six mois avant l’ouverture des candidatures, le PDG de l’ICANN, Kurtis Lindqvist, évoquait sur Next un certain « frémissement » dans la communauté. Mais cette fois-ci, elle en aura reçu un peu moins qu’en 2012 : à l’époque, l’autorité avait communiqué sur 2 091 candidatures. Au final, au gré des refus de l’ICANN et des éventuels désistements, il ne pourrait rester qu’une liste d’un millier de nouveaux gTLD.

Les demandes de gTLD peuvent être faites pour une marque comme le .bnpparibas, le .sncf ou le .google, pour une région géographique comme le .alsace ou le .paris ou encore pour un terme générique comme le .lol ou le .guru ou le .xyz (tous ces exemples de gTLD ont été validés lors du round précédent).

Précisons que les TLD de marques ne peuvent être utilisés pour revendre des domaines de deuxième niveau. Ainsi, Google ne peut utiliser le .google que pour ses services et ne peut pas vendre des noms de domaine en nom.google, par exemple.

Pourquoi l’ICANN a-t-elle lancé des rounds de création de nouveaux gTLD en 2012 et vient de le faire de nouveau en 2026 ? « C’était pour amener du choix et de la concurrence », nous explique Benjamin Louis, créateur du .alsace. « L’espace de nommage .com, .net, .fr, qui est ancien, commençait à saturer, ce qui avait comme effet de doper un second marché à des prix qui devenaient loufoques. L’ICANN a décidé de laisser à peu près n’importe qui créer son extension ».

Telegram sur la liste de départ, peut-être aussi Meta et beaucoup d’autres acteurs du secteurs


Il reste 77% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Intel passe sous les 70 % sur le marché x86, son plus bas niveau depuis 1995

Nous constatons la pente descendante sur laquelle se trouvent les CPU d’Intel via les enquêtes Steam sur le matériel au fil des mois. Bien qu’en la matière, celles-ci soient beaucoup plus constantes qu'elle ne le sont pour d’autres indicateurs, les sondés ne constituent qu’une frange bien particulière du marché... [Tout lire]

Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

24 août 2026 à 06:04
Une neutralité toute relative
Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Le très haut débit pour tous aux États-Unis, c’est pas encore gagné. Et l’administration Trump vient d’abandonner l’objectif d’avoir, à long terme, un Internet à 1 Gbit/s pour tous.

En France, tous les internautes n’ont pas une connexion fixe très haut débit, mais en octobre dernier, l’Arcep annonçait que 93 % des locaux étaient éligibles à la fibre. Cela ne veut pas dire un Internet à 1 Gbit/s pour tous, mais on peut se projeter raisonnablement dans un avenir dans lequel cela sera possible.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en est encore loin de cet objectif. Pourtant, comme l’a repéré ArsTechnica, la Federal Communications Commission (l’agence de régulation américaine des télécommunications) a rayé d’un trait de plume l’objectif d’un haut débit de 1 Gbit/s en descente, associé à un débit de 500 Mbps en upload. Cet objectif avait été fixé par la même agence. Mais la directive avait été prise en 2024, sous l’administration de Joe Biden.

Supprimer sans remplacer l’objectif

Depuis le retour de Donald Trump, le républicain Brendan Carr est à la tête de la FCC. Celui-ci avait fait la proposition [PDF] de supprimer cet objectif en juillet 2025. « Nous proposons de supprimer sans le remplacer l’objectif à long terme de 1 000/500 Mbps fixé dans le rapport de 2024 », affirmait-il. « Non seulement l’article 706 ne fait aucune mention d’un objectif à long terme, mais le maintien d’un tel objectif risque de fausser le marché en désignant inutilement des gagnants et des perdants sur le plan technologique ».

Et, en effet, l’objectif fixé sous l’administration Biden ne comportait aucune date butoir à laquelle le pays devait l’atteindre. Mais la FCC aurait simplement pu en fixer une. Quant au deuxième argument, il semble étonnant. Mais il est confirmé dans le document officiel publié par la FCC la semaine dernière.

Ainsi, celui-ci affirme que cet objectif pourrait violer les obligations de l’agence de « rester technologiquement neutre », ajoutant étonnamment qu’« abaisser les normes pour garantir que certaines technologies puissent atteindre un niveau de référence va à l’encontre de la neutralité technologique ».

Pas de preuve qu’un objectif soit nécessaire, selon la FCC

On pourrait imaginer que cet objectif servirait plutôt, aux États-Unis, à pousser les débits vers le haut. Mais la FCC assume son désaccord avec de nombreux commentaires à ce sujet : « Nous ne partageons pas l’avis des commentateurs qui affirment, sans apporter de preuves, que la définition d’un objectif à long terme est nécessaire pour encourager l’innovation et renforcer la compétitivité américaine », indique le document. Une note de bas de page ajoute : « À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la nature des préférences futures des consommateurs et, étant donné que cet objectif n’est pas imposé par la loi et ne sert aucun objectif utile (comme expliqué dans le présent document), nous estimons qu’il est prudent de le supprimer ».

Ciblant, en creux, le lobbying de certains industriels, la commissaire démocrate Anna Gomez a apporté un point de vue différent dans le document officiel : « Abaisser les normes pour permettre à certaines technologies d’atteindre un seuil de référence va à l’encontre de la neutralité technologique », commente-t-elle.

« La neutralité technologique exige l’évaluation de toutes les technologies selon la même norme et le soutien de celles qui offrent les meilleures performances. Nous n’avons pas besoin d’abaisser les normes ni de les supprimer complètement pour permettre à certaines technologies de prospérer malgré leurs lacunes », a ajouté Anna Gomez.

Starlink, qui est à la peine face à ses concurrents concernant le débit ascendant mais aussi descendant selon Speedgeo, peut souffler : la FCC ne lui mettra pas de bâton dans les roues avec cet objectif maintenant abandonné.

Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

24 août 2026 à 06:04
Une neutralité toute relative
Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Le très haut débit pour tous aux États-Unis, c’est pas encore gagné. Et l’administration Trump vient d’abandonner l’objectif d’avoir, à long terme, un Internet à 1 Gbit/s pour tous.

En France, tous les internautes n’ont pas une connexion fixe très haut débit, mais en octobre dernier, l’Arcep annonçait que 93 % des locaux étaient éligibles à la fibre. Cela ne veut pas dire un Internet à 1 Gbit/s pour tous, mais on peut se projeter raisonnablement dans un avenir dans lequel cela sera possible.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en est encore loin de cet objectif. Pourtant, comme l’a repéré ArsTechnica, la Federal Communications Commission (l’agence de régulation américaine des télécommunications) a rayé d’un trait de plume l’objectif d’un haut débit de 1 Gbit/s en descente, associé à un débit de 500 Mbps en upload. Cet objectif avait été fixé par la même agence. Mais la directive avait été prise en 2024, sous l’administration de Joe Biden.

Supprimer sans remplacer l’objectif

Depuis le retour de Donald Trump, le républicain Brendan Carr est à la tête de la FCC. Celui-ci avait fait la proposition [PDF] de supprimer cet objectif en juillet 2025. « Nous proposons de supprimer sans le remplacer l’objectif à long terme de 1 000/500 Mbps fixé dans le rapport de 2024 », affirmait-il. « Non seulement l’article 706 ne fait aucune mention d’un objectif à long terme, mais le maintien d’un tel objectif risque de fausser le marché en désignant inutilement des gagnants et des perdants sur le plan technologique ».

Et, en effet, l’objectif fixé sous l’administration Biden ne comportait aucune date butoir à laquelle le pays devait l’atteindre. Mais la FCC aurait simplement pu en fixer une. Quant au deuxième argument, il semble étonnant. Mais il est confirmé dans le document officiel publié par la FCC la semaine dernière.

Ainsi, celui-ci affirme que cet objectif pourrait violer les obligations de l’agence de « rester technologiquement neutre », ajoutant étonnamment qu’« abaisser les normes pour garantir que certaines technologies puissent atteindre un niveau de référence va à l’encontre de la neutralité technologique ».

Pas de preuve qu’un objectif soit nécessaire, selon la FCC

On pourrait imaginer que cet objectif servirait plutôt, aux États-Unis, à pousser les débits vers le haut. Mais la FCC assume son désaccord avec de nombreux commentaires à ce sujet : « Nous ne partageons pas l’avis des commentateurs qui affirment, sans apporter de preuves, que la définition d’un objectif à long terme est nécessaire pour encourager l’innovation et renforcer la compétitivité américaine », indique le document. Une note de bas de page ajoute : « À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la nature des préférences futures des consommateurs et, étant donné que cet objectif n’est pas imposé par la loi et ne sert aucun objectif utile (comme expliqué dans le présent document), nous estimons qu’il est prudent de le supprimer ».

Ciblant, en creux, le lobbying de certains industriels, la commissaire démocrate Anna Gomez a apporté un point de vue différent dans le document officiel : « Abaisser les normes pour permettre à certaines technologies d’atteindre un seuil de référence va à l’encontre de la neutralité technologique », commente-t-elle.

« La neutralité technologique exige l’évaluation de toutes les technologies selon la même norme et le soutien de celles qui offrent les meilleures performances. Nous n’avons pas besoin d’abaisser les normes ni de les supprimer complètement pour permettre à certaines technologies de prospérer malgré leurs lacunes », a ajouté Anna Gomez.

Starlink, qui est à la peine face à ses concurrents concernant le débit ascendant mais aussi descendant selon Speedgeo, peut souffler : la FCC ne lui mettra pas de bâton dans les roues avec cet objectif maintenant abandonné.

❌