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NVIDIA veut tenir les agents IA en laisse

28 septembre 2026 à 14:20
Libérez les agents
Le DGX Spark descend à 64 Go, NVIDIA moteur et « victime » de la pénurie de mémoire

Les agents IA exploitent des failles de sécurité, se coordonnent entre eux pour attaquer les plateformes et mettent le souk sur Internet. Le problème est donc assez sérieux et nécessite des garde-fous pour éviter le pire. NVIDIA vient de présenter Open Agent Safety Platform, pour garder le contrôle sur les agents.

L’industrie de l’IA se met en ordre de marche pour remettre les agents IA sur les bons rails. Certains acteurs, comme OpenAI et Anthropic, réclament une gouvernance mondiale, d’autres préféreraient éviter les régulations contraignantes et gérer le problème entre-soi. Anthropic, OpenAI et Google auraient ainsi l’intention de lancer d’ici la fin de l’année la Standards Authority for Frontier AI (SAFA), une organisation chargée d’élaborer des normes communes de sûreté pour l’IA.

Les agents IA ont accès à des fichiers, des outils, des API, et même à des appareils ; or, les consignes de sécurité intégrées au modèle ne sont parfois pas suffisantes. Un agent peut contourner une restriction pour accomplir sa mission. « Le potentiel extraordinaire de l’IA pour la société ne pourra se concrétiser que si nous parvenons à garantir sa sûreté », affirme Jensen Huang, le directeur général de NVIDIA.

Reprendre le contrôle des agents IA

Le diagnostic est connu, mais que faire ? NVIDIA a dévoilé ce lundi 28 septembre l’Open Agent Safety Platform, qui comprend deux outils principaux. Le premier est OpenShell, un logiciel open source (ici sur GitHub, licence Apache 2.0) qui définit des limites pour les agents fonctionnant sur des CPU. Il délimite un périmètre d’exécution sécurisé pour contrôler la manière dont les agents accomplissent leurs tâches (aussi bien avec des modèles propriétaires qu’à poids ouverts). OpenShell a été conçu pour les processeurs Vera, mais il peut aussi s’adapter à d’autres plateformes, Intel ou Arm.

Le second dispositif est Sentry, un logiciel qui tourne sur un composant matériel dédié et isolé : le DPU BlueField-4, qui surveille l’activité des agents en appliquant des règles de sécurité au niveau du matériel. Si un agent tente de sortir du périmètre défini par son environnement logiciel, Sentry le prend par la peau du cou et le place en quarantaine « en quelques millisecondes », promet NVIDIA.

La plateforme de l’entreprise contraint l’agent à travailler dans un environnement sécurisé dans lequel il ne contrôle pas les portes, les fenêtres, les badges d’accès et les systèmes de surveillance. OpenShell gère le logiciel, Sentry verrouille les serrures dans un composant matériel à part.

NVIDIA multiplie les exemples d’intégration de sa plateforme avec des infrastructures de partenaires. C’est ainsi le cas avec Anthropic : le système Claude Managed Agents pilote les actions des agents depuis un serveur séparé, dans des environnements isolés et étroitement contrôlés. Chez Salesforce, OpenShell permet à des humains de surveiller l’activité des agents dans Slack. Ils peuvent ainsi approuver ou rejeter les demandes de permissions supplémentaires d’un agent.

NVIDIA a embarqué la plupart des grands noms de l’industrie (Microsoft, Anthropic, Oracle, SpaceXAI, Mistral… Il manque Amazon, Google et OpenAI) dans cette annonce habile. Le géant du secteur cherche ainsi à établir l’architecture de référence de la sécurité dans le domaine agentique, tout en vendant les processeurs et les composants pour la faire tourner – en s’exonérant de tout procès en verrouillage propriétaire, par le biais de l’ouverture du logiciel.

NVIDIA veut tenir les agents IA en laisse

28 septembre 2026 à 14:20
Libérez les agents
NVIDIA veut tenir les agents IA en laisse

Les agents IA exploitent des failles de sécurité, se coordonnent entre eux pour attaquer les plateformes et mettent le souk sur Internet. Le problème est donc assez sérieux et nécessite des garde-fous pour éviter le pire. NVIDIA vient de présenter Open Agent Safety Platform, pour garder le contrôle sur les agents.

L’industrie de l’IA se met en ordre de marche pour remettre les agents IA sur les bons rails. Certains acteurs, comme OpenAI et Anthropic, réclament une gouvernance mondiale, d’autres préféreraient éviter les régulations contraignantes et gérer le problème entre-soi. Anthropic, OpenAI et Google auraient ainsi l’intention de lancer d’ici la fin de l’année la Standards Authority for Frontier AI (SAFA), une organisation chargée d’élaborer des normes communes de sûreté pour l’IA.

Les agents IA ont accès à des fichiers, des outils, des API, et même à des appareils ; or, les consignes de sécurité intégrées au modèle ne sont parfois pas suffisantes. Un agent peut contourner une restriction pour accomplir sa mission. « Le potentiel extraordinaire de l’IA pour la société ne pourra se concrétiser que si nous parvenons à garantir sa sûreté », affirme Jensen Huang, le directeur général de NVIDIA.

Reprendre le contrôle des agents IA

Le diagnostic est connu, mais que faire ? NVIDIA a dévoilé ce lundi 28 septembre l’Open Agent Safety Platform, qui comprend deux outils principaux. Le premier est OpenShell, un logiciel open source (ici sur GitHub, licence Apache 2.0) qui définit des limites pour les agents fonctionnant sur des CPU. Il délimite un périmètre d’exécution sécurisé pour contrôler la manière dont les agents accomplissent leurs tâches (aussi bien avec des modèles propriétaires qu’à poids ouverts). OpenShell a été conçu pour les processeurs Vera, mais il peut aussi s’adapter à d’autres plateformes, Intel ou Arm.

Le second dispositif est Sentry, un logiciel qui tourne sur un composant matériel dédié et isolé : le DPU BlueField-4, qui surveille l’activité des agents en appliquant des règles de sécurité au niveau du matériel. Si un agent tente de sortir du périmètre défini par son environnement logiciel, Sentry le prend par la peau du cou et le place en quarantaine « en quelques millisecondes », promet NVIDIA.

La plateforme de l’entreprise contraint l’agent à travailler dans un environnement sécurisé dans lequel il ne contrôle pas les portes, les fenêtres, les badges d’accès et les systèmes de surveillance. OpenShell gère le logiciel, Sentry verrouille les serrures dans un composant matériel à part.

NVIDIA multiplie les exemples d’intégration de sa plateforme avec des infrastructures de partenaires. C’est ainsi le cas avec Anthropic : le système Claude Managed Agents pilote les actions des agents depuis un serveur séparé, dans des environnements isolés et étroitement contrôlés. Chez Salesforce, OpenShell permet à des humains de surveiller l’activité des agents dans Slack. Ils peuvent ainsi approuver ou rejeter les demandes de permissions supplémentaires d’un agent.

NVIDIA a embarqué la plupart des grands noms de l’industrie (Microsoft, Anthropic, Oracle, SpaceXAI, Mistral… Il manque Amazon, Google et OpenAI) dans cette annonce habile. Le géant du secteur cherche ainsi à établir l’architecture de référence de la sécurité dans le domaine agentique, tout en vendant les processeurs et les composants pour la faire tourner – en s’exonérant de tout procès en verrouillage propriétaire, par le biais de l’ouverture du logiciel.

ChatGPT et OpenAI au cœur d’une plainte après une tuerie dans une école au Canada

28 septembre 2026 à 06:48
Les excuses ne suffisent pas
ChatGPT et OpenAI au cœur d’une plainte après une tuerie dans une école au Canada

Le 10 février dernier, une fusillade a éclaté dans l’école secondaire de Tumbler Ridge, une petite ville de la province canadienne de Colombie-Britannique. La tireuse de 18 ans a tué huit personnes, avant de se donner la mort. Cette tragédie, une des plus meurtrières du Canada, implique ChatGPT et OpenAI, désormais ciblés par une plainte de la province.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique, province canadienne sur la côte ouest du pays, ainsi que le district scolaire dont relève l’école de Tumbler Ridge, ont porté plainte au civil contre OpenAI et Sam Altman [PDF]. En cause : le rôle joué par ChatGPT dans la tuerie qui a eu lieu le 10 février dans l’établissement scolaire.

Une alerte interne sans signalement à la police

Les plaignants demandent une indemnisation dont le montant devra être fixé durant le procès. La somme devra couvrir les frais de l’intervention policière, les soins médicaux et psychologiques, les services aux victimes, les frais de démolition de l’école et de la construction d’une nouvelle école ainsi que d’un centre de bien-être communautaire. Ils réclament également des dommages-intérêts punitifs et des changements pour ChatGPT.

Le lien avec le chatbot remonte à plusieurs mois avant la tuerie. En juin 2025, les systèmes de sécurité d’OpenAI avaient repéré des conversations entre ChatGPT et la future tireuse, Jesse Van Rootselaar, qui portaient sur des scénarios de violence avec armes.

L’entreprise avait alors suspendu le compte, sans alerter la police, en l’occurrence la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Cela a été confirmé par Ann O’Leary, la vice-présidente des affaires publiques mondiales d’OpenAI, dans un courrier du 26 février envoyé au ministre canadien de l’IA et de l’Innovation numérique, Evan Solomon. Elle écrit [PDF] :

« Le système automatisé d’OpenAI a détecté le compte, qui a ensuite fait l’objet d’un examen humain afin de déterminer si nos règles d’utilisation avaient été enfreintes et si son signalement aux forces de l’ordre était justifié. D’après les informations dont nous disposions lorsque le compte a été suspendu, en juin 2025, nous n’avons relevé aucun projet crédible et imminent atteignant le seuil requis pour saisir les forces de l’ordre. »

Sam Altman avait envoyé une lettre d’excuses adressée à la communauté de Tumbler Ridge fin avril, soit deux mois après la tragédie. Le directeur général d’OpenAI lui adresse ses condoléances et reconnait explicitement la décision de ne pas prévenir la police : « Je suis profondément désolé que nous n’ayons pas alerté les forces de l’ordre au sujet du compte qui avait été suspendu en juin. » En revanche, pas de reconnaissance d’une quelconque responsabilité juridique.

David Eby, le Premier ministre de la province à l’époque des faits, a qualifié ces excuses de « nécessaires, mais largement insuffisantes ». La plainte indique à plusieurs reprises que des membres de l’équipe chargée de l’examen des conversations auraient conclu à « un risque crédible et précis de préjudice pour autrui », et recommandé un signalement à la police. Des allégations qui reposent sur une enquête du Wall Street Journal.

Des conversations toujours hors de portée de la province

Lors de l’annonce de la plainte, Niki Sharma, la procureure générale de Colombie-Britannique, a expliqué que les autorités provinciales avaient demandé à consulter les échanges entre ChatGPT et la tueuse. OpenAI a refusé cette requête. « Nous devrions tous leur demander pourquoi », a-t-elle poursuivi. « Nous savons que, dans des affaires similaires, il a été établi que des agents conversationnels utilisant l’intelligence artificielle avaient conseillé à l’auteur de passer à l’acte », accuse-t-elle.

ArsTechnica rappelle qu’OpenAI a partagé ces conversations avec la police canadienne dans le cadre de l’enquête. « Il est important de comprendre que les enquêteurs pourraient disposer de détails qui ne sont pas divulgués publiquement. Nous devons préserver l’intégrité de l’enquête en cours, notamment dans la perspective d’éventuelles poursuites », précisait la GRC début juillet.

La plainte déplore les dispositifs de protection « insuffisants » et « pas appliqués » en interne par OpenAI : ChatGPT pouvait toujours produire des contenus dangereux. Elle décrit aussi un schéma récurrent, après une fusillade en Floride : « Chacune de ces mesures [de protection] a été adoptée après un cas documenté du risque qu’elle était censée traiter ; pourtant, aucune n’a empêché que ce risque se reproduise à Tumbler Ridge. »

La province et le conseil scolaire demandent au tribunal une série de changements pour ChatGPT : interrompre ou désamorcer les conversations violentes ; détecter automatiquement les projets violents ; empêcher le contournement des règles ; alerter les forces de l’ordre lorsqu’une conversation révèle une menace crédible de blessures graves pour autrui ; afficher des avertissements clairs indiquant que les dispositifs de sécurité peuvent perdre en efficacité durant de longues conversations ; rendre les exclusions durables pour les personnes bannies pour usage violent ; garantir que ChatGPT ne puisse jamais aider un utilisateur à commettre un acte violent ; mettre en place des contrôles vérifiables via des audits trimestriels.

La plainte, déposée à San Francisco, n’est pas la seule contre OpenAI dans ce dossier. Plusieurs procédures ont déjà été engagées contre OpenAI par des victimes, leurs familles et des membres du personnel scolaire. Au total, 37 actions avaient été déposées en Californie avant celle de la province.

ChatGPT et OpenAI au cœur d’une plainte après une tuerie dans une école au Canada

28 septembre 2026 à 06:48
Les excuses ne suffisent pas
ChatGPT et OpenAI au cœur d’une plainte après une tuerie dans une école au Canada

Le 10 février dernier, une fusillade a éclaté dans l’école secondaire de Tumbler Ridge, une petite ville de la province canadienne de Colombie-Britannique. La tireuse de 18 ans a tué huit personnes, avant de se donner la mort. Cette tragédie, une des plus meurtrières du Canada, implique ChatGPT et OpenAI, désormais ciblés par une plainte de la province.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique, province canadienne sur la côte ouest du pays, ainsi que le district scolaire dont relève l’école de Tumbler Ridge, ont porté plainte au civil contre OpenAI et Sam Altman [PDF]. En cause : le rôle joué par ChatGPT dans la tuerie qui a eu lieu le 10 février dans l’établissement scolaire.

Une alerte interne sans signalement à la police

Les plaignants demandent une indemnisation dont le montant devra être fixé durant le procès. La somme devra couvrir les frais de l’intervention policière, les soins médicaux et psychologiques, les services aux victimes, les frais de démolition de l’école et de la construction d’une nouvelle école ainsi que d’un centre de bien-être communautaire. Ils réclament également des dommages-intérêts punitifs et des changements pour ChatGPT.

Le lien avec le chatbot remonte à plusieurs mois avant la tuerie. En juin 2025, les systèmes de sécurité d’OpenAI avaient repéré des conversations entre ChatGPT et la future tireuse, Jesse Van Rootselaar, qui portaient sur des scénarios de violence avec armes.

L’entreprise avait alors suspendu le compte, sans alerter la police, en l’occurrence la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Cela a été confirmé par Ann O’Leary, la vice-présidente des affaires publiques mondiales d’OpenAI, dans un courrier du 26 février envoyé au ministre canadien de l’IA et de l’Innovation numérique, Evan Solomon. Elle écrit [PDF] :

« Le système automatisé d’OpenAI a détecté le compte, qui a ensuite fait l’objet d’un examen humain afin de déterminer si nos règles d’utilisation avaient été enfreintes et si son signalement aux forces de l’ordre était justifié. D’après les informations dont nous disposions lorsque le compte a été suspendu, en juin 2025, nous n’avons relevé aucun projet crédible et imminent atteignant le seuil requis pour saisir les forces de l’ordre. »

Sam Altman avait envoyé une lettre d’excuses adressée à la communauté de Tumbler Ridge fin avril, soit deux mois après la tragédie. Le directeur général d’OpenAI lui adresse ses condoléances et reconnait explicitement la décision de ne pas prévenir la police : « Je suis profondément désolé que nous n’ayons pas alerté les forces de l’ordre au sujet du compte qui avait été suspendu en juin. » En revanche, pas de reconnaissance d’une quelconque responsabilité juridique.

David Eby, le Premier ministre de la province à l’époque des faits, a qualifié ces excuses de « nécessaires, mais largement insuffisantes ». La plainte indique à plusieurs reprises que des membres de l’équipe chargée de l’examen des conversations auraient conclu à « un risque crédible et précis de préjudice pour autrui », et recommandé un signalement à la police. Des allégations qui reposent sur une enquête du Wall Street Journal.

Des conversations toujours hors de portée de la province

Lors de l’annonce de la plainte, Niki Sharma, la procureure générale de Colombie-Britannique, a expliqué que les autorités provinciales avaient demandé à consulter les échanges entre ChatGPT et la tueuse. OpenAI a refusé cette requête. « Nous devrions tous leur demander pourquoi », a-t-elle poursuivi. « Nous savons que, dans des affaires similaires, il a été établi que des agents conversationnels utilisant l’intelligence artificielle avaient conseillé à l’auteur de passer à l’acte », accuse-t-elle.

ArsTechnica rappelle qu’OpenAI a partagé ces conversations avec la police canadienne dans le cadre de l’enquête. « Il est important de comprendre que les enquêteurs pourraient disposer de détails qui ne sont pas divulgués publiquement. Nous devons préserver l’intégrité de l’enquête en cours, notamment dans la perspective d’éventuelles poursuites », précisait la GRC début juillet.

La plainte déplore les dispositifs de protection « insuffisants » et « pas appliqués » en interne par OpenAI : ChatGPT pouvait toujours produire des contenus dangereux. Elle décrit aussi un schéma récurrent, après une fusillade en Floride : « Chacune de ces mesures [de protection] a été adoptée après un cas documenté du risque qu’elle était censée traiter ; pourtant, aucune n’a empêché que ce risque se reproduise à Tumbler Ridge. »

La province et le conseil scolaire demandent au tribunal une série de changements pour ChatGPT : interrompre ou désamorcer les conversations violentes ; détecter automatiquement les projets violents ; empêcher le contournement des règles ; alerter les forces de l’ordre lorsqu’une conversation révèle une menace crédible de blessures graves pour autrui ; afficher des avertissements clairs indiquant que les dispositifs de sécurité peuvent perdre en efficacité durant de longues conversations ; rendre les exclusions durables pour les personnes bannies pour usage violent ; garantir que ChatGPT ne puisse jamais aider un utilisateur à commettre un acte violent ; mettre en place des contrôles vérifiables via des audits trimestriels.

La plainte, déposée à San Francisco, n’est pas la seule contre OpenAI dans ce dossier. Plusieurs procédures ont déjà été engagées contre OpenAI par des victimes, leurs familles et des membres du personnel scolaire. Au total, 37 actions avaient été déposées en Californie avant celle de la province.

F-Droid 2.0 : nouvelle interface, installation améliorée et quelques fonctions sacrifiées

28 septembre 2026 à 05:51
Tout change en façade et sous le capot
F-Droid 2.0 : nouvelle interface, installation améliorée et quelques fonctions sacrifiées

F-Droid fait peau neuve dans une version 2.0 qui représente la mise à jour la plus importante de ces dix dernières années pour la boutique alternative d’applications Android. Elle y gagne une nouvelle vitrine ainsi qu’un système d’installation simplifié.

Ravalement de façade complet pour F-Droid. La version 2.0 de la boutique d’apps spécialisée dans les logiciels libres et open source pour Android est en cours de déploiement depuis le jeudi 24 septembre. Les composants clés ont été retravaillés et réécrits avec Kotlin, le langage devenu un standard pour le développement Android. L’interface a été conçue avec la boîte à outils Jetpack Compose, elle aussi très utilisée par les développeurs Android. Ces fondations solides permettront de livrer plus rapidement des améliorations tout au long des prochaines années.

Une interface entièrement repensée

Le changement le plus visible est donc cette toute nouvelle interface. La navigation dans la bibliothèque d’apps est désormais découpée en trois piliers qui sont autant d’onglets en bas de la boutique. « Discover » met en avant les nouvelles applications et celles qui ont été récemment mises à jour, ainsi que les plus téléchargées. Les catégories ont été fortement remaniées, elles sont plus nombreuses et spécialisées (il y en a 17 uniquement pour les jeux !). À tel point qu’il existe maintenant des catégories qui en regroupent plusieurs.

Le moteur de recherche, second pilier de F-Droid 2.0, a lui aussi été amélioré : il peut ainsi fouiller dans les descriptions, les noms des catégories ainsi que dans les traductions des contenus. Un historique récent des dernières recherches est aussi présent. De nouvelles options de filtres font leur apparition pour combiner plusieurs critères (catégories, compatibilité…).

La boutique prend toujours en charge le téléchargement des mises à jour des apps installées, cette fois de manière automatique et par défaut (il reste heureusement possible de désactiver cette option). Le geste « tirer pour rafraîchir [les dépôts] », qui sert à vérifier la présence d’une mise à jour, tire sa révérence : l’opération se réalise en effet en tâche de fond. « Le meilleur bouton de rafraîchissement est celui sur lequel on n’a jamais besoin d’appuyer », explique F-Droid. On peut toujours lancer une mise à jour « à la main » en passant par les options.

Le contrôle des téléchargements et des mises à jour a lui aussi été revu. La boutique propose des réglages granulaires pour décider quand récupérer la nouvelle version d’une application et ainsi éviter de grever son enveloppe de données.

Des installations plus proches de celles du Play Store

Outre l’interface, l’autre grand chantier de F-Droid 2.0 a concerné le téléchargement et l’installation de nouvelles applications. La boutique utilise désormais l’API de pré-approbation inaugurée dans Android 14. Avant, un magasin alternatif devait télécharger l’APK de l’app, préparer une session d’installation puis seulement à la fin Android affichait la confirmation système.

Cette API permet aux installeurs de demander l’autorisation de l’utilisateur avant de valider la session et de télécharger l’APK. F-Droid 2.0 peut maintenant demander l’accord utilisateur tout de suite après avoir touché le bouton « Installer », puis télécharger et installer ensuite en arrière-plan si l’accord a été donné. « L’installation d’applications avec F-Droid sur les appareils Android se rapproche ainsi beaucoup de l’expérience proposée par la boutique intégrée », se réjouit l’équipe – bien sûr, sur les smartphones fonctionnant sur Android 14 ou au-delà.

Cela ne résout pas pour autant la question épineuse du nouveau système de vérification d’identité du développeur qui sera mis en œuvre par Google à compter du 30 septembre au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Le Google Play Store et les boutiques d’Honor, OPlus, Samsung, Transsion, Vivo et Xiaomi sont concernées, pas (encore) F-Droid. Mais à terme – c’est à dire à partir de 2027 et au-delà – le processus concernera toutes les sources d’installation sur les appareils Android certifiés.

F-Droid est en première ligne contre cette vérification d’identité, qui concerne aussi bien les développeurs d’apps distribuées dans le Play Store (où les dévs doivent de toute façon montrer patte blanche) que dans des boutiques alternatives.

Il reste possible d’installer des applications de développeurs non vérifiés via une procédure de « flux avancé ». Mais celle-ci nécessite beaucoup de manipulations (activation du mode développeur, confirmation que personne ne force l’utilisateur à installer l’app, redémarrage du smartphone) et surtout, une attente de 24 heures avant de pouvoir récupérer l’app.

Des fonctions de sécurité aux abonnés absents

En termes de sécurité, cette version 2.0 présente quelques régressions, notamment dans les fonctions d’urgence. L’utilisateur peut toujours camoufler l’icône de F-Droid et son nom par celui d’une banale app calculatrice, mais il suffit de la lancer pour afficher l’interface de la boutique. Auparavant, le mode camouflage de F-Droid présentait l’interface d’une vraie calculatrice.

La fonction protège contre un coup d’œil sur l’écran d’accueil, mais plus contre l’ouverture de la boutique en elle-même. « F-Droid restera visible dans la rubrique Applications des paramètres et pourra être détectée lors d’un examen approfondi de l’appareil », explique le billet de blog. « Ce changement devrait aider [les utilisateurs] à mieux comprendre les limites de cette fonctionnalité, tout en leur permettant de continuer à l’utiliser en cas de besoin », poursuit-il.

La fonction d’effacement d’apps à distance en situation d’urgence, qui pouvait par exemple s’activer via l’app Ripple, n’est pas encore disponible dans F-Droid 2.0. « Nous savons que certains utilisateurs comptent sur cette fonction pour protéger leur vie privée et leur sécurité personnelle, et qu’elle va bien au-delà d’une simple question de confort », admet la boutique. Le hic, c’est la maintenance de cette fonctionnalité qui exige « un travail très spécialisé ».

« Compte tenu du nombre limité de personnes qui l’utilisent, nous avons estimé qu’elle ne devait plus retarder autant d’autres améliorations importantes », se justifie l’équipe. Mieux vaut alors reporter l’installation de la version 2.0 si on utilise cette fonction. Tout n’est pas perdu pour autant : F-Droid souhaite recueillir des témoignages d’utilisateurs pour mieux comprendre dans quelles circonstances et de quelle manière ils s’en servent. Tout cela permettra de déterminer la meilleure manière de restaurer cette fonction.

Autre absente de cette nouvelle livrée, mais cette fois du côté des fonctions grand public : Nearby, qui permet à deux appareils proches de partager des apps, a été repensée pour F-Droid 2.0 mais reste encore en développement.

Si le client F-Droid n’est pas encore disponible dans la version 2.0 chez vous, on peut tout de même télécharger la version compilée et signée.

F-Droid 2.0 : nouvelle interface, installation améliorée et quelques fonctions sacrifiées

28 septembre 2026 à 05:51
Tout change en façade et sous le capot
F-Droid 2.0 : nouvelle interface, installation améliorée et quelques fonctions sacrifiées

F-Droid fait peau neuve dans une version 2.0 qui représente la mise à jour la plus importante de ces dix dernières années pour la boutique alternative d’applications Android. Elle y gagne une nouvelle vitrine ainsi qu’un système d’installation simplifié.

Ravalement de façade complet pour F-Droid. La version 2.0 de la boutique d’apps spécialisée dans les logiciels libres et open source pour Android est en cours de déploiement depuis le jeudi 24 septembre. Les composants clés ont été retravaillés et réécrits avec Kotlin, le langage devenu un standard pour le développement Android. L’interface a été conçue avec la boîte à outils Jetpack Compose, elle aussi très utilisée par les développeurs Android. Ces fondations solides permettront de livrer plus rapidement des améliorations tout au long des prochaines années.

Une interface entièrement repensée

Le changement le plus visible est donc cette toute nouvelle interface. La navigation dans la bibliothèque d’apps est désormais découpée en trois piliers qui sont autant d’onglets en bas de la boutique. « Discover » met en avant les nouvelles applications et celles qui ont été récemment mises à jour, ainsi que les plus téléchargées. Les catégories ont été fortement remaniées, elles sont plus nombreuses et spécialisées (il y en a 17 uniquement pour les jeux !). À tel point qu’il existe maintenant des catégories qui en regroupent plusieurs.

Le moteur de recherche, second pilier de F-Droid 2.0, a lui aussi été amélioré : il peut ainsi fouiller dans les descriptions, les noms des catégories ainsi que dans les traductions des contenus. Un historique récent des dernières recherches est aussi présent. De nouvelles options de filtres font leur apparition pour combiner plusieurs critères (catégories, compatibilité…).

La boutique prend toujours en charge le téléchargement des mises à jour des apps installées, cette fois de manière automatique et par défaut (il reste heureusement possible de désactiver cette option). Le geste « tirer pour rafraîchir [les dépôts] », qui sert à vérifier la présence d’une mise à jour, tire sa révérence : l’opération se réalise en effet en tâche de fond. « Le meilleur bouton de rafraîchissement est celui sur lequel on n’a jamais besoin d’appuyer », explique F-Droid. On peut toujours lancer une mise à jour « à la main » en passant par les options.

Le contrôle des téléchargements et des mises à jour a lui aussi été revu. La boutique propose des réglages granulaires pour décider quand récupérer la nouvelle version d’une application et ainsi éviter de grever son enveloppe de données.

Des installations plus proches de celles du Play Store

Outre l’interface, l’autre grand chantier de F-Droid 2.0 a concerné le téléchargement et l’installation de nouvelles applications. La boutique utilise désormais l’API de pré-approbation inaugurée dans Android 14. Avant, un magasin alternatif devait télécharger l’APK de l’app, préparer une session d’installation puis seulement à la fin Android affichait la confirmation système.

Cette API permet aux installeurs de demander l’autorisation de l’utilisateur avant de valider la session et de télécharger l’APK. F-Droid 2.0 peut maintenant demander l’accord utilisateur tout de suite après avoir touché le bouton « Installer », puis télécharger et installer ensuite en arrière-plan si l’accord a été donné. « L’installation d’applications avec F-Droid sur les appareils Android se rapproche ainsi beaucoup de l’expérience proposée par la boutique intégrée », se réjouit l’équipe – bien sûr, sur les smartphones fonctionnant sur Android 14 ou au-delà.

Cela ne résout pas pour autant la question épineuse du nouveau système de vérification d’identité du développeur qui sera mis en œuvre par Google à compter du 30 septembre au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Le Google Play Store et les boutiques d’Honor, OPlus, Samsung, Transsion, Vivo et Xiaomi sont concernées, pas (encore) F-Droid. Mais à terme – c’est à dire à partir de 2027 et au-delà – le processus concernera toutes les sources d’installation sur les appareils Android certifiés.

F-Droid est en première ligne contre cette vérification d’identité, qui concerne aussi bien les développeurs d’apps distribuées dans le Play Store (où les dévs doivent de toute façon montrer patte blanche) que dans des boutiques alternatives.

Il reste possible d’installer des applications de développeurs non vérifiés via une procédure de « flux avancé ». Mais celle-ci nécessite beaucoup de manipulations (activation du mode développeur, confirmation que personne ne force l’utilisateur à installer l’app, redémarrage du smartphone) et surtout, une attente de 24 heures avant de pouvoir récupérer l’app.

Des fonctions de sécurité aux abonnés absents

En termes de sécurité, cette version 2.0 présente quelques régressions, notamment dans les fonctions d’urgence. L’utilisateur peut toujours camoufler l’icône de F-Droid et son nom par celui d’une banale app calculatrice, mais il suffit de la lancer pour afficher l’interface de la boutique. Auparavant, le mode camouflage de F-Droid présentait l’interface d’une vraie calculatrice.

La fonction protège contre un coup d’œil sur l’écran d’accueil, mais plus contre l’ouverture de la boutique en elle-même. « F-Droid restera visible dans la rubrique Applications des paramètres et pourra être détectée lors d’un examen approfondi de l’appareil », explique le billet de blog. « Ce changement devrait aider [les utilisateurs] à mieux comprendre les limites de cette fonctionnalité, tout en leur permettant de continuer à l’utiliser en cas de besoin », poursuit-il.

La fonction d’effacement d’apps à distance en situation d’urgence, qui pouvait par exemple s’activer via l’app Ripple, n’est pas encore disponible dans F-Droid 2.0. « Nous savons que certains utilisateurs comptent sur cette fonction pour protéger leur vie privée et leur sécurité personnelle, et qu’elle va bien au-delà d’une simple question de confort », admet la boutique. Le hic, c’est la maintenance de cette fonctionnalité qui exige « un travail très spécialisé ».

« Compte tenu du nombre limité de personnes qui l’utilisent, nous avons estimé qu’elle ne devait plus retarder autant d’autres améliorations importantes », se justifie l’équipe. Mieux vaut alors reporter l’installation de la version 2.0 si on utilise cette fonction. Tout n’est pas perdu pour autant : F-Droid souhaite recueillir des témoignages d’utilisateurs pour mieux comprendre dans quelles circonstances et de quelle manière ils s’en servent. Tout cela permettra de déterminer la meilleure manière de restaurer cette fonction.

Autre absente de cette nouvelle livrée, mais cette fois du côté des fonctions grand public : Nearby, qui permet à deux appareils proches de partager des apps, a été repensée pour F-Droid 2.0 mais reste encore en développement.

Si le client F-Droid n’est pas encore disponible dans la version 2.0 chez vous, on peut tout de même télécharger la version compilée et signée.

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