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Stratasys fait condamner Bambu Lab aux US : 27.6 millions de dollars contre un peu de plastique

30 septembre 2026 à 10:42

Un tribunal Texan vient de condamner Bambul Lab à verser une coquette somme à l’entreprise de fabrication d’imprimantes 3D Stratasys pour violation de brevets.

Un objet imprimé et sa petite tour de purge au second plan.

Un objet imprimé et sa petite tour de purge au second plan.

En jeu le concept de « tours de purge » inventé par Stratasys selon le fabricant américain. Ces tours sont une solution élégante trouvée pour régler le problème du changement de filament dans une impression 3D. Mettons que vous imprimez un objet avec trois couleurs. À chaque changement de couleur, il faut changer de filament. L’imprimante rétracte donc la couleur précédente et appelle la nouvelle dans la buse en métal qui va la chauffer pour la faire fondre. Mais cette buse en métal contient toujours des résidus de l’ancienne couleur. Pour avoir un résultat net et pas un mélange de couleurs, la solution est simple, il faut « purger » la buse. 

Pour imprimer le petit bateau, il est possible de procéder en éjectant de petits bouts de filament ou d'imprimer la tour au second plan.

Pour imprimer le petit bateau, il est possible de procéder en éjectant de petits bouts de filament ou d’imprimer la tour au second plan.

Cela peut se faire de plusieurs manières et la première trouvée par les fabricants a été de pousser quelques centimètres de filament dans le vide puis d’éjecter ces déchets en dehors du plateau d’impression, en général dans un petit récipient que l’on pose à côté de l’imprimante. Une méthode qui a fait ses preuves mais qui a tendance à générer des déchets foisonnants et pas forcément simples à recycler. Puis sont arrivées les « tours de purge », éléments dont Stratasys réclame la paternité. 

Plus question d’éjecter un petit bout de filament fondu, il s’agit désormais d’imprimer une forme géométrique en hauteur de la taille nécessaire pour extruder suffisamment de filament et faire le ménage au changement de matériau. Cette purge se fait donc en parallèle de l’objet à imprimer et conduit à la construction d’une structure qui rappelle souvent une tour.

Stratasys a déposé un brevet sur le système de tour de purge aux US

Stratasys a déposé un brevet sur le système de tour de purge aux US

Stratasys gagne aux US mais perd en Europe

La plainte déposée par Stratasys a été jugée recevable aux USA et a mené ce 18 septembre au prononcé d’une amende de 27.6 millions de dollars que Bambu Lab devra lui verser… même si le constructeur chinois peut encore faire appel. Le tribunal ayant retenu la volonté de contrefaire intentionnellement ces brevets, la suite des évènements pourrait donner encore plus de fil à retordre pour Bambu. Il est bon de rappeler que la même plainte avait été déposée en Europe mais que Bambu Lab a obtenu l’annulation même de la plainte de Stratasys sur le territoire européen en avril dernier. Une décision pour laquelle Stratasys n’a pas fait appel.

Une collection de tours de purge.

Une collection de tours de purge.

L’amende concerne le préjudice subi par Stratasys à cause de l’emploi des brevets de la marque. Faute d’une solution amiable entre les deux entités, d’autres mesures encore plus dommageables pourraient être prises. On imagine assez bien l’impact d’une interdiction commerciale aux US pour Bambu Lab. Non seulement l’entreprise perdrait un énorme marché, mais les clients ne pourraient sans doute plus se procurer les pièces détachées nécessaires à l’entretien ou la réparation de leurs modèles.

L’impression 3D a débuté autour de technologies libres et partagées entre de nombreux acteurs, permettant à chacun de profiter des avancées des autres. Cette philosophie semble s’être effritée au fur et à mesure que le marché est devenu plus concurrentiel. Difficile de savoir si l’idée de la tour de purge vient réellement de Stratasys ou si la marque a simplement été la première à la breveter, mais la marque peut tout à fait demander des royalties pour son usage aux USA.

Il faudrait alors que Bambu Lab, comme d’autres, s’en acquittent. Ce qui aurait sans doute un impact sur le prix des imprimantes 3D. Si Stratasys demande le blocage de la commercialisation des imprimantes concernées, la poursuite du développement de Bambu Lab sera également difficile. Sans le marché US, la production sera sérieusement amputée d’un de ses plus gros débouchés. Même si les imprimantes continueront sans doute d’être vendues ailleurs, le risque d’une augmentation des prix est plus que probable.

Le logiciel open source OrcaSlicer permet de créer des tours de purge

Le logiciel open source OrcaSlicer permet de créer des tours de purge

L’open source au secours de Bambu Lab

Reste une solution simple et évidente… Et c’est peut-être la morale de cette histoire. Il y a quelques temps, Bambu Lab avait mis en branle ses propres juristes pour empêcher un développeur indépendant de proposer des solutions alternatives aux logiciels et services de la marque. Le retour de flamme a été assez colossal. En cherchant à s’enfermer dans un système de moins en moins ouvert, Bambu Lab se positionnait contre l’open source et cherchait à contrôler toutes les étapes de l’impression dans un tunnel propriétaire.

Pourtant, aujourd’hui la solution open source semble l’évidence. Rien n’empêcherait Bambu Lab de ne plus proposer via son logiciel de pilotage d’imprimante Bambu Studio de réaliser ces fameuses tours de purge. Ce qui rendrait les demandes de Stratasys évidemment caduques. Il suffirait que la marque compte sur les développeurs indépendants pour proposer cette fonctionnalité au travers de logiciels libres comme OrcaSlicer que l’utilisateur final pourrait télécharger sur des serveurs européens. Plus de tour de purge par défaut, plus de problèmes juridiques et un service tout à fait identique une fois le logiciel libre téléchargé.

Stratasys fait condamner Bambu Lab aux US : 27.6 millions de dollars contre un peu de plastique © MiniMachines.net. 2026

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