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Pourquoi l’État a beaucoup moins aidé les petits travaux de rénovation énergétique en 2024

24 février 2025 à 06:54

En 2024, l’Anah a aidé 40 % de foyers de moins que l’année précédente, en matière de rénovation énergétique ! Cette différence, très importante, s’explique en partie par une volonté de favoriser les rénovations d’ampleur, au détriment des foyers ayant de faibles capacités d’investissement. 

À l’occasion de ce début d’année, l’Anah vient de présenter son bilan de l’année écoulée. En 2024, l’Agence nationale de l’habitat a distribué un total de 3,77 milliards d’euros d’aides contre 3,12 milliards d’euros en 2023. Sur ce total, 3,29 milliards d’euros ont été attribués à MaPrimeRenov, et ont permis la rénovation énergétique de nombreux logements. Ce sont principalement les rénovations d’ampleur qui ont pu bénéficier du programme d’aide avec 20 000 logements supplémentaires concernés (91 000 rénovations d’ampleur en 2024, contre 71 000 en 2023).

En revanche, on est bien loin des 4 milliards d’euros d’aide initialement annoncés. Pire, le nombre total de rénovations énergétiques a drastiquement chuté, passant de 569 000 logements en 2023 à seulement 340 000 en 2024, soit une chute de 40 % ! De ce fait, le montant total des travaux énergétiques générés par l’Anah est passé de 8,46 milliards d’euros en 2023 à 7,34 milliards d’euros en 2024.

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Des aides moins accessibles ?

La favorisation des rénovations d’ampleur se comprend d’un point de vue énergétique, puisqu’elle permet d’obtenir des résultats plus intéressants en matière de performances. D’ailleurs, le gain moyen des rénovations d’ampleur, évalué par l’Anah, est passé de 54 % en 2023 à 65 % en 2024. Cette hausse a été rendue possible par une augmentation des aides totales par projet de rénovation d’ampleur, passant de 14 271€ en 2023 à plus de 36 000 euros en 2024 !

Néanmoins, la somme moyenne à débourser pour ce type de travaux est de plus en plus élevée, passant de 37 000 euros en 2023 à plus de 55 000 euros en 2024. Si le montant des aides a également beaucoup augmenté, l’investissement, très élevé, n’est pas à la portée de tous les foyers. De plus, la (très) longue durée d’instruction des dossiers peut mettre les demandeurs d’aide dans une situation financière difficile. À l’inverse, si la rénovation par geste est moins efficace, elle est beaucoup plus abordable d’un point de vue financier, et permet à un foyer d’étaler les investissements dans le temps.

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Aides Ma Prime Rénov’ : aucun versement pour les demandes après le 1er janvier 2025

Par : Ugo PETRUZZI
18 janvier 2025 à 15:45

Faute de budget, les dossiers de subvention déposés après le 1ᵉʳ janvier 2025, bien que traités, connaîtront des retards de versement, suscitant l’inquiétude des particuliers et représentant un revers majeur pour les professionnels.

L’absence de loi de finances pour 2025, conséquence d’un désaccord parlementaire et de la censure du gouvernement, empêche le déblocage des fonds nécessaires au paiement des aides à la rénovation énergétique accordées par le dispositif gouvernemental Ma Prime Rénov’. Bien que les dossiers déposés et validés avant le 1ᵉʳ janvier 2025 soient en partie honorés, ceux instruits après cette date subissent un retard d’une durée indéterminé. Selon Valérie Létard, ministre du Logement, « tant que le budget n’est pas voté, les délais de paiement des aides vont être rallongés », a-t-elle annoncé dans un entretien au Figaro le 9 janvier, insistant toutefois sur le fait qu’il s’agit d’un report et non d’un gel​​.

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Les impacts pour les particuliers et les professionnels

Ces retards alimentent l’incertitude chez les particuliers qui envisagent des travaux de rénovation énergétique, comme chez les professionnels du bâtiment. En 2023, la rénovation énergétique représentait 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 14 % du total du secteur​. Selon Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), cette situation risque de provoquer un attentisme chez les propriétaires, voire un abandon des projets en cours, regrette-t-il dans un communiqué.

L’Agence nationale pour l’habitat (Anah), responsable du versement des aides, tente de rassurer auprès d’Ouest France : les dossiers déposés continueront d’être instruits, mais les paiements nécessiteront « patience et compréhension ». L’organisme évoque également la nécessité de sécuriser le dispositif face à des fraudes potentielles, ce qui ajoute des délais​​.

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Un contexte politique et financier tendu

Le retard dans le versement des aides MaPrimeRénov’ est le symptôme d’un contexte budgétaire tendu. En décembre 2024, une loi spéciale avait été adoptée pour assurer la continuité des dépenses essentielles de l’État, mais cela excluait les « dépenses discrétionnaires », comme les aides à la rénovation énergétique.

Cette situation survient alors que la France doit intensifier ses efforts pour réduire les passoires thermiques, conformément à la réglementation interdisant leur mise en location. Si le gouvernement affirme ne pas vouloir abandonner les propriétaires face à ces obligations, le manque de visibilité financière remet en question la faisabilité des travaux nécessaires​​.

Le cas de MaPrimeRénov’ illustre les limites d’un modèle dépendant des arbitrages budgétaires annuels. Si le dispositif reste officiellement prolongé pour 2025, son exécution est freinée par un contexte politique instable. Les ménages doivent attendre ce déblocage politique, pour être remboursés.

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