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Reçu — 8 octobre 2026 ⏭ Actualités libres

Margaret Hamilton (1936-2026)

8 octobre 2026 à 12:29

Margaret Hamilton vient de s’éteindre à 90 ans. EMargaret Hamilton était la personne qui avait conçu le code du logiciel de navigation de la mission Apollo 11. Mais c’est aussi celle qui a contribué à populariser l’ingénierie logicielle. En 2024, LinuxFR lui avait rendu hommage dans une dépêche sur la conquête de l’espace et les missions Apollo.

À l’occasion de son décès survenu le 30 septembre 2026, on trouvera ci-dessous la partie qui lui avait été consacrée un peu retouchée et abondée d’une petite liste de nécrologies en français.

Ce qui a fait connaître Margaret Hamilton auprès du grand public, c’est une photo. On voit la jeune femme souriante à côté d’une pile de gros livres qui lui arrive jusqu’en haut de la tête. Cette pile de livres qu’elle maintient debout, c’est le code de la mission Apollo 11 dont elle a été responsable.

Margaret Hamilton à côté de son code

Margaret Hamilton intègre le MIT (Massachusetts Institute of Technology) en 1960 pour développer des logiciels informatiques. En 1961, la NASA confie au MIT la mission de réaliser un ordinateur embarqué de navigation et de pilotage avec un cahier des charges assez léger et permettant au MIT une grande créativité. Ce sera l’AGC (Apollo Guidance Computer) qui sera le premier à utiliser des circuits intégrés. Lourd, 32 kilos, il préfigure néanmoins les ordinateurs portables puisque tous les éléments, ordinateur, mémoire, écran et dispositif de saisie étaient réunis dans un seul boitier.

Mais avant de travailler sur l’AGC, Hamilton intègre, en 1961, le laboratoire Lincoln pour travailler sur le projet militaire ultra-secret SAGE qui devait produire en temps réel une image de l’espace aérien états-unien. Elle racontera ensuite avoir fait l’objet du bizutage que les nouveaux et nouvelles venues devait affronter. On lui avait demandé de travailler sur un programme piégé commenté en grec et en latin. Elle était la première à avoir réussi à le faire fonctionner. Et c’est ainsi qu’en 1963 elle est invitée à rejoindre le laboratoire Draper du MIT qui était en charge du développement des logiciels embarqués d’Apollo.

Elle évoquera aussi la fois où, emmenant de temps en temps sa fille au laboratoire, un jour, cette dernière, jouant à l’astronaute, fait planter le système : elle avait sélectionné le programme d’atterrissage alors qu’elle était « en vol » (un appui sur une mauvaise touche). Ce que voyant, Hamilton alerte la direction pour que l’on modifie le programme, réponse « ils sont expérimentés, ça n’arrivera pas ». Sauf qu’évidemment, c’est arrivé pendant la mission Apollo 8. On peut imaginer qu’Hamilton et son équipe étaient préparées à cette éventualité : les données de navigation seront renvoyées et la trajectoire corrigée. Elle codera aussi un système de priorité des tâches afin d’éviter que l’AGC ne sature et fasse le travail correctement. L’AGC pouvait ainsi interrompre des tâches pour faire passer celles qui étaient les plus prioritaires et c’est ce qui a permis à Apollo 11 d’atterrir correctement sur la Lune.

Hamilton quittera le MIT en 1974 pour co-fonder une entreprise de développement de logiciels, Higher Order Software (HOS) qu’elle dirigera jusqu’en 1984. HOS se spécialisait notamment sur les logiciels de détection des erreurs. Ensuite, en 1986, elle créera Hamilton Technologies et concevra le langage de programmation USL (Universal Systems Language).

Elle recevra en 2016 la médaille présidentielle de la liberté des mains de Barack Obama. Margaret Hamilton est considérée comme une pionnière de l’ingénierie logicielle et comme une des personnes qui ont contribué à la populariser. Un aspect moins connu du grand public, mais absolument essentiel dans un monde où l’informatique est partout.

Son décès a fait l’objet de nombre d’annonces dans les médias, quelques articles :

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Résultats des Big Brother Awards Allemagne 2026

8 octobre 2026 à 10:44

Vendredi 25 septembre a eu lieu la cérémonie officielle de nomination des Big Brother Awards Allemagne 2026 à Bielefeld (Westphalie Est-Lippe).

Si 4 des 6 gagnants sont Allemands, tous concernent par leur (mauvais) exemple de près ou de loin l’ensemble des Européens.

Découvrons ensemble les heureux élus.

Pour rappel les Big Brother Awards ont été initiés au Royaume-Uni en 2008 puis se sont essaimés dans de nombreux pays avant de se réduire à 3 pays ces dernières années. En Allemagne, ils sont organisés depuis l’an 2000 par DigitalCourage, une association de sensibilisation de la protection des données personnelles et fournisseur de quelques services libres, qu’on pourrait donc situer à mi-chemin entre La Quadrature du Net et Framasoft.
Ils visent à alerter le grand-public de quelques cas emblématiques d’atteinte illégitime à nos données personnelles, dont un certain nombre de cas a pu se traduire en sanctions concrètes et finalement revenir à une situation acceptable.

La dernière dépêche sur LinuxFR rapportant des BBA datant de 2013 (dernière édition des BBA France), il semblait intéressant de rapporter l’évènement ici.

Ont été déclarés vainqueurs pour 2026 :

  • l’Église protestante du Nord de l’Allemagne dans la catégorie Société civile pour imposer l’usage de Microsoft pour l’ensemble de ses services informatiques à l’ensemble des paroisses de Hambourg, du Schleswig-Holstein (pourtant désormais célèbre pour sa politique publique de migration vers Linux et les logiciels libres en général, et du Mecklembourg Poméranie. Concerne donc près de 17 000 personnes. Dont des confessions dont les fidèles seront bien contents de savoir qu’elles peuvent se retrouver dans la nature.

  • les opticiens Apollo et Fielmann dans la catégorie Technologie pour faire la promotion des lunettes perverses de Meta. La fabrication et la vente de moyens d’enregistrer des personnes tierces à leur insu est considérée comme un délit dans la loi allemande. Et bien que la Commission de protection des données de Hambourg a confirmé l’insuffisance de la LED signalant certains enregistrements, l’Agence Fédérale des Télécommunications chargée de vérifier la conformité aux lois semble préférer fermer les yeux sur ce délit de lunette.

  • Deutsche Telekom dans la catégorie Préventif pour son plan de fusion avec sa propre filiale T-Mobile US. Cette fusion rendrait la Deutsche Telekom et donc l’infrastructure de télécommunications allemande soumise à la législation américaine (FISA Act 702, Cloud Act, Executive Order 12333, etc). Les communications allemandes seraient donc directement accessibles au FBI comme c’est déjà le cas pour T-Mobile US depuis leur accord en 2001.

  • la Commission européenne dans la catégorie Europe pour son Digital Omnibus, un groupement de lois visant à déréguler les services numériques européens, au profit de la « compétitivité » et aux dépens de la protection numérique des Européens.
    En redéfinissant la notion de donnée personnelle, ces textes doivent permettre aux sociétés marketing et databrokers d’exploiter sans limites vos informations de navigation, de considérer l’entraînement des IA comme d’« intérêt légitime » (et donc sans nécessiter votre consentement !), etc.

  • le Ministre de l’Intérieur fédéral Alexander Dobrindt dans la catégorie Administration pour pousser l’implémentation d’un identifiant personnel unique (via le N° fiscal) dans l’ensemble des bases de données gouvernementales. Au nom de la modernisation de l’administration, cette mesure ouvre la voie a des recoupements entre services gouvernementaux au-delà des besoins fonctionnels. Il est rappelé que cette approche avait été prévue par le gouvernement nazi de l’époque. Et désormais implémenté en Russie donnant entre autres l’exemple des services des armées pouvant faire couper les services bancaires d’une personne qui voudrait pas combattre au front (tout parallèle avec un juge d’une cour pénale internationale serait fortuit).

  • Enfin la dernière catégorie Jeunes et surveillés est choisie par les « jeunes », qui ont choisi de critiquer leur exclusion des réseaux sociaux, comme mauvaise solution ne protégeant au final personne tout en nécessitant la divulgation de données personnelles supplémentaires.

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